{{ Run with the wolves
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Le 10/11/2017 : le forum a CINQ ans & sa saison 6 est mise en place. Nouveautés à découvrir ici (le tout accompagné d'un recensement au passage obligatoire).
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{{ Run with the wolves

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MessageSujet: {{ Run with the wolves Dim 30 Juin - 0:51



what you gonna do when the hounds are calling ?
La famille Zellenwiller n'avait jamais été simple. Tout d'abord à cause du père, ce leader qui dirigeait l'ensemble qu'ils formaient d'un poigne de fer dans un gant de fer, mais aussi à cause de cette compétition implicite qu'il avait instaurée entre ses enfants. Si sa femme avait quitté Allan, c'était pour une raison évidente aux yeux de tous, et Isla avait composé avec l'imposé, s'était appropriée la famille qu'on lui laissait, mais elle n'en demeurait pas moins fragilisée par le jugement perpétuel. Au delà de la faculté de médecine et de cette perfection qu'elle s'efforçait d'approcher, il y avait le regard d'un père qui vénérait son fils ainé pour négliger ses autres enfants, les cantonnant à une case de suiveurs. Pourtant, les efforts, elle les avait faits. Constamment. Alors qu'elle n'aimait pas travailler et préférait de loin faire la fête, elle s'était forcée à atteindre un niveau qui rendrait Zellenwiller père fier d'elle, mais c'était mal connaître cet énergumène. Il la jugeait, voilà tout ce qu'elle avait récolté. Son jugement. Et le début de cette vie remplie de zombies n'y avait rien changé. Ou plutôt, si : elle avait accentué cette impression que son père la dénigrait de plus en plus. Tuer Clyde avait déjà été assez douloureux, et pourtant, Allan n'avait pas hésité à exacerber le sentiment de culpabilité qu'elle ressentait déjà. Même s'il ne l'avait jamais aimé, les faits restaient tels qu'ils étaient, et Isla était maintenant la maladroite des Zellenwiller à ses yeux. C'était Irving qui l'avait ramassée en petits morceaux à de nombreuses reprises. C'était lui qui, avec douceur, l'avait rassurée, et l'avait bercée lorsqu'elle ne trouvait pas le sommeil. Et bien malgré elle, Isla n'avait pas vu ce frère tapis dans l'ombre, qui avait eu ce geste furtif.

Ian avait toujours été celui qui souffrait le plus des remarques de leur père, et ça, Isla s'en rendait bien compte. Mais elle avait parfois l'impression de ne pas connaître son propre frère. Elle ne savait pas ce qu'il pensait à chaque instant, comme c'était le cas pour Irving ou Iona. C'était comme s'il lui était connu, son regard était indéchiffrable. Mais ce jour-là, il n'était pas questions de rivalités quelconques. Il était question de refaire les provisions du groupe. Plus de nourriture, plus de médicaments. Et dans la rue où ils étaient installés, ils avaient repéré en arrivant une grande épicerie avec un coin pharmacie, qui, et c'était le plus étonnant, semblait intacte de l'extérieur. Il ne pouvait alors s'agir que d'une mine d'or pour eux. Et Ian avait été le premier à se décréter volontaire pour l'excursion. Isla, timidement, avait alors demandé à se joindre à lui. Il était temps pour elle de faire ses preuves, de prouver qu'elle pouvait servir à quelque chose. Elle pourrait au moins aider à trouver les médicaments utiles. Quelle que soit la mission qui lui serait attribuée, elle se devait de s'y montrer irréprochable.

Au début, Ian et Allan avaient tiqué. Ensemble, ils avaient tenté de la convaincre que sa participation serait une pure perte de temps. Si le premier s'était contenté de lui dire qu'il serait plus efficace tout seul, le second n'avait pas manqué l'occasion de lui confirmer qu'elle ne servirait à rien et que, de toute façon, il y avait plus de chances qu'elle tue son frère qu'elle ne ramène les antibiotiques dont ils manquaient.

Et finalement, sans qu'elle ne comprenne trop pourquoi ni comment, Isla s'était retrouvée à traverser la rue déserte, armée, avec Ian à ses côtés. Dans le silence, elle l'avait regardé, hésitante, avant de fixer l'épicerie qui leur faisait face. Les vitrines étaient intactes, et l'intérieur semblait encore ordonné. C'était à elle de prendre les devants... de montrer qu'elle n'était pas faible, de prétendre qu'elle n'avait pas peur. Elle s'avança, son colt devant elle, et tenta de tourner la porte de la boutique, qui ne se laissa pas faire. Inquiète, elle ne pouvait s'empêcher de trouver étrange que la boutique ait été préservée depuis les longs et nombreux mois qui avaient passé dans ces nouvelles conditions de vie. « Tu te charges de la bouffe, c'est ça, hein ? » demanda-t-elle à son frère qui était en retrait, comme pour se rassurer, alors qu'elle connaissait pertinemment la réponse. C'était à elle d'assurer, au moins cette partie-là. Méfiante, elle jeta un coup d’œil instinctif à l'intérieur de la boutique. Toujours rien de notable, à part le calme absolu qui ne l'inquiétait que trop. Elle respira un coup et donna un coup de colt dans la porte en verre, dont la vitre vola en éclats. Elle passa la main à l'intérieur de la porte pour l'ouvrir et s'engagea dans la vaste pièce en attendant une marque d'approbation rassurante de son frère. Et si elle avait fait une erreur en forçant la main des deux hommes ? Ian aurait préféré travailler en solitaire, elle le savait pertinemment, et son père aurait simplement préféré qu'elle ne se tente pas à des mission trop périlleuses pour son niveau. Au final, même elle, la seule motivée par cette affaire, n'était plus tellement sûre de l'être...
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Lun 1 Juil - 20:48

« they don't sell a lot of brains in the local 24-hour grocery store... »
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Ils avaient besoin de nouvelles provisions. Encore, pensa Ian. A cette allure, ils allaient finir par épuiser les stocks de toutes les petites villes aux alentours et finiraient par ne plus avoir d’autre choix que de retourner dans une grande ville pour ne pas mourir de faim. Et là, les choses allaient se corser ! Une dizaine de zombies qui vous tombent dessus dans un bled pommé deviendrait rapidement une centaine dans une ville plus imposante. C’était d’ailleurs pour cette raison que les Zellenwiller avaient fuit Detroit le plus tôt possible. Toutefois, dès que Ian faisait part de ses inquiétudes à qui que ce soit, la seule réponse qu’il obtenait se résumait à « On est plus nombreux maintenant, on a donc besoin de plus de nourriture, fais-toi une raison. » Oui, il fallait qu’il se fasse une raison, la petite troupe de Zellenwiller n’était désormais plus seule. Mais cela ne l’empêchait pas de s’inquiéter pour leur avenir, loin de là. Il rechignait d’ailleurs le fait que la plupart des survivants ne vivaient plus que dans le présent, ne pensant jamais au futur, comme si l’Apocalypse les avait privé de ce droit.

Comme à son habitude, Ian s’était immédiatement proposé pour l’excursion. Ses petites aventures en solitaire lui permettaient de se sentir utile auprès du groupe, mais surtout vivant dans ce monde rongé par la mort, et il aimait cela. Toutefois, à la grande surprise de tout le monde, Isla avait proposé de l’accompagner. Pour Ian, ce qui le surprenait le plus était qu’il s’agissait de la première fois depuis très longtemps (si ce n’était depuis toujours) qu’elle demandait de faire quoi que ce soit en sa compagnie. Mais pour leur père, la surprise venait surtout du fait qu’Isla pensait pouvoir se rendre utile. Ian connaissait ce genre de reproches, il en avait eu toute sa vie et savait à quel point ils étaient destructifs. Alors même si l’idée ne l’enchantait guère et qu’il aurait préféré partir tout seul, il plaida la cause de sa sœur auprès du patriarche, en utilisant une tournure de phrase qu’il trouvait acceptable :

« Donne lui une chance de faire ses preuves, il faut bien qu’elle se rende un peu utile parfois. »
« Si tu te retrouve blessé par sa faute, qu’elle te tire dessus ou qu’elle manque de protéger tes arrières, ne vient pas pleurer sur mon épaule. » avait soupiré son père.

Ian n’avait jamais été du genre à pleurer et si Allan avait payé un peu plus d’attention envers son fils, il le saurait déjà. De toute façon, Ian pensait que si quelque chose devait mal tourner à cause d’Isla, il y avait plus de chances qu’il se fasse tuer plutôt qu’il ne revienne blessé. Ce n’est pas qu’il n’aimait pas sa sœur, détrompez-vous, mais elle le mettait quelque peu mal à l’aise ces derniers temps. Depuis qu’elle avait accidentellement abattu Clyde, il avait du mal à lui faire confiance pour couvrir ses arrières. Pourtant, elle avait fait de réels progrès quant au maniement de ses armes, mais cela n’empêcha pas Ian de la faire passer devant pendant que lui surveillait leurs arrières.

Le trajet jusqu’à la petite épicerie fut très silencieux. Ian et Isla n’avaient pas vraiment l’habitude de passer du temps ensemble et ça se voyait : ni l’un ni l’autre ne savait vraiment comment engager la conversation. Ils étaient comme deux fréquentations qui se connaissaient à la fois trop et pas assez pour avoir quoique ce soit d’intéressant à se raconter. En fait, plus ils avançaient vers le magasin et plus Ian regrettait d’avoir accepter d’emmener Isla avec lui, ne serait-ce que pour son propre bien à elle. Quelque chose clochait dans ce tableau, la boutique était encore intacte, ce qui était beaucoup trop beau pour être vrai. Cela ne voulait dire qu’une chose : il y avait quelque chose à l’intérieur qui avait empêché les habitants de la ville et les autres passants de se ruer dessus, quelque chose de dangereux. Peut-être une horde de zombies ? Pourtant, depuis l’extérieur, l’endroit semblait vide, il n’y avait aucun mouvement perceptible. Une autre pensée, bien pire, traversa l’esprit de Ian : il y avait peut-être quelqu’un de bien vivant à l’intérieur, quelqu’un de beaucoup plus dangereux, prêt à tout pour protéger son pactole de provisions.

Il n’eut pas le temps de partager ses craintes qu’Isla avait déjà forcé la porte et posé un pied à l’intérieur du bâtiment. Ian aurait préféré prendre plus de précautions, s’assurer de la sureté des lieux avant d’entrer, peut-être même chercher la porte de derrière pour parer à toutes les éventualités. Mais non, à son plus grand dam, sa sœur s’était précipitée tête baissée dans ce qui pouvait devenir un piège mortel. Ian avança vers elle, hache en main, prêt à arracher la tête de la première personne qui se jetterait sur eux, morte ou non. Les deux Zellenwiller attendirent quelques instants, le souffle court, un signe de mouvement quelque part dans le magasin. Rien. Sauf peut-être une odeur nauséabonde de pourriture, mais qui pouvait très bien venir de la nourriture en décomposition. Ian se retourna vers sa sœur pour la réprimander, lui faire comprendre qu’elle avait agit de façon stupide, mais il fut stoppé net dans son élan. Cette fois, le danger ne venait pas de l’intérieur, mais de l’extérieur. De nombreux zombies avançaient vers eux depuis la rue, vraisemblablement alertés par le bruit qu’ils avaient fait en voulant rentrer dans la boutique. Un sentiment étrange envahi Ian, quelque part entre la peur et la rage. La porte étant cassée, elle ne retiendrait pas la meute de rôdeurs qui commençaient à s’approcher bien longtemps. Ils n’avaient pas d’autre choix, il fallait qu’ils barricadent les lieux, et vite.

« Il faut bloquer la porte. Aide-moi à déplacer cette étagère. »

A l’entrée du magasin, non loin de la porte, se trouvait un petit présentoir sur lequel on pouvait trouver les offres du jour, « à saisir immédiatement » annonçait une petite affiche en carton. L’étagère était petite, mais lourde. Même à deux, ils eurent beaucoup de mal à la déplacer. Ils durent à plusieurs reprises repousser des zombies trop avenants. Ils parvinrent enfin à bloquer la porte, mais Ian restait inquiet. Les zombies s’entassaient sur la porte du magasin, ils ne pourraient pas sortir par là et leur barricade de fortune ne tiendrait pas éternellement.

« Merde ! Fait chier ! » s’énerva-t-il en donnant un coup de pied dans une boite de chocolats tombée sur le sol. Il inspira un grand coup pour se calmer et se tourna vers sa sœur. « On va d’abord faire le tour, histoire de s’assurer qu’on ne tombera sur aucune autre mauvaise surprise. Tu prends la droite, je prends la gauche. » lui dit-il d’une voix qui se voulait faussement calme.

Alors qu’ils commençaient à avancer chacun de leur côté, arme en main, Ian se tourna une dernière fois vers Isla :

« Et surtout, pas un bruit de plus. » lui ordonna-t-il sur un ton accusateur.


© citation : Rusty Fischer, Zombies Don't Cry
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Lun 1 Juil - 22:11



what you gonna do when the hounds are calling ?
Isla n'avait pas réfléchi, voilà la vérité. Tout ce qu'elle avait cherché à faire, c'était faire ses preuves. Et si elle arrivait à montrer à Ian qu'elle était capable de faire quelque chose de correct, ce serait déjà un point non négligeable. Seulement, voilà. Dès qu'ils avaient mis les pieds dehors, Isla s'était bien rendue compte que ça ne serait pas aussi simple que prévu. Oublié son optimisme, oubliés se résolutions. Le silence dans lequel chacun s'était terré le temps de retrouver l'épicerie ne présageait rien de très positif, au moins au niveau de leurs rapports fraternels. Ils ne se connaissaient pas tant que ça, finalement. Ils avaient toujours vécu ensemble, avait partagé les galères familiales, traversé les études de médecine... mais au final, c'était comme s'ils étaient deux étrangers. Et un instant, Isla se demanda pourquoi Ian restait en retrait pendant leur trajet. Elle se retourna à plusieurs reprises pour vérifier qu'il était encore là. Le fait qu'il ait pris sa défense face au patriarche aurait pu la rassurer, mais en réalité, il avait profité de l'occasion pour l’assommer du même jugement. « Il faut bien qu’elle se rende un peu utile parfois » avait-il argumenté alors qu'Isla ne savait pas tellement si c'était positif ou négatif. De toute façon, c'est la surenchère de son père qui la fit sombrer. C'était peine perdue de tenter de lui prouver quoi que ce soit... Elle avait jeté un coup d’œil orageux à Irving, alors qu'il était déjà temps pour eux de se préparer pour leur excursion.

Son premier geste était déjà de trop. Trop bruyant, trop imprudent, trop irréfléchi. Comment aurait-elle penser prouver quoi que ce soit à Ian avec une telle démarche ? Aucune idée. Les lieux semblaient déserts et calmes, et malgré l'odeur nauséabonde qui en émanait, Isla ne se montrait pas tant sur ses gardes que son frère, qui se tenait à ses côtés, la hache prête à s'abattre sur un être opportuniste. La jeune femme observa d'un regard circulaire le contenu de la vaste pièce. Tout était encore parfaitement en ordre, comme si la boutique avait échappé aux six derniers mois. Seule l'odeur trahissait le temps qui avait passé. Le calme qui régnait, par contre, ne lui inspirait que dela confiance. Pas un mouvement, pas un membre détaché d'un corps, pas une seule tâche de sang. Comment ne pas se sentir rassurée ? Le regard de la brunette fut attiré par le mouvement de son frère, qui se tournait vers elle, la bouche déjà ouverte, prêt à ... lui parler. Ouais, elle savait ce que ça voulait dire. Il n'allait pas la féliciter, et elle chercha instinctivement le reproche qu'il pourrait lui faire -question d'entrainement, elle se préparait toujours à répliquer à ce qu'on pouvait lui asséner. Cependant, l'arrêt de son frère dans son élan la fit stopper net dans ses réflexions. Elle se retourna vivement vers la rue, qu'il fixait, visiblement déjà prêt à en découdre. « Putain ! » fut son second réflexe, alors qu'elle oubliait déjà bouffe et antibiotiques. Il y avait plus urgent, et Isla se sentit subitement mal en réalisant que c'était peut-être elle qui les avait attirés dans le coin. « Il faut bloquer la porte. Aide-moi à déplacer cette étagère » lui ordonnait déjà Ian, dont l'organisation n'était plus à prouver. Elle sentait le reproche dans sa voix, mais elle n'avait pas l'esprit pour s'en défendre à ce moment précis. Elle avait honte. Pourquoi et comment avait-elle compté prouver qu'elle n'était plus celle qui avait abattu son petit ami quelques mois auparavant ? Isla ne se fit donc pas prier et se jeta sur l'étagère en question avec énergie pour la déplacer. Bon, énergie, tant qu'elle pouvait. Parce qu'il fallait avouer que la-dite étagère était plus lourde que prévue, mais ils parvinrent à leurs fins, non sans quelques pertes du côté de leurs adversaires. Le soulagement ne fut que temporaire, car maintenant, il fallait bien se rendre compte d'autre chose : si la porte était pour le moment bien bloquée et l'accès à la pièce restreint, ce n'était déjà que provisoire, et ensuite... la sortie était également limitée. Constatant tout ça, figée à quelques mètres de la porte, Isla eut quelques difficultés à avaler sa salive. « Merde ! Fait chier ! » entendit-elle à côté d'elle alors qu'elle cherchait une idée. Une idée, une idée... Le théorique, elle connaissait, d'habitude. Mais là, on était bien au-delà des livres et de l'apprentissage. Là, c'était leur vie qui était en jeu, et c'était sa faute. Et rien ne serait résolu par la pose d'une intraveineuse ou une petite chirurgie. Elle jeta un coup d’œil apeuré à son frère qui continuait déjà : « On va d’abord faire le tour, histoire de s’assurer qu’on ne tombera sur aucune autre mauvaise surprise. Tu prends la droite, je prends la gauche. » Ouais... ouais. Mais là, la surprise était devant eux. Et elle n'avait pas pensé une seule seconde qu'elle pouvait venir d'ailleurs. « Et surtout, pas un bruit de plus. » ajouta-t-il pour l'achever. « Ce serait trop risqué de remplir les sacs maintenant et de chercher une sortie le plus vite possible ? » tenta-t-elle timidement sans pouvoir s'empêcher de regarder un des "visages" plaqués contre la vitrine. Mais à vrai dire, elle espérait qu'il ne l'avait pas entendue. Elle ne voulait plus rien tenter. Elle ne voulait plus se ridiculiser. Déjà face à son frère, qui l'avait toujours impressionnée, mais aussi face à son père, qui saurait tôt ou tard ce qui s'était passé -ou plutôt, ce qui était en train de se passer.

Aussi, elle obéit à Ian et ne rajouta pas un seul mot, tout en se dirigeant vers la droite, entre les rayons. « Dis, dans ce genre d'épiceries américaines, y'a pas des arrières-boutiques un peu foireuses ? » chuchota-t-elle en criant -tout un concept, je vous laisse imaginer la chose, je ne peux moi-même pas la décrire. Son colt rangé pour plus de discrétion, c'était son fidèle poignard encore ensanglanté qu'elle tendait maintenant devant elle. S'avançant lentement et prudemment entre les rayons, Isla finit par se taire, concentrée sur ses recherches. Elle s'approchait maintenant des hauts rayons de la pharmacie, derrière le comptoir en bois. Lançant un coup d’œil rapide au reste de la boutique, elle grimpa au-dessus de comptoir pour passer de l'autre côté. Elle s'occuperait du côté droit de la pharmacie, voilà tout... elle ne désobéirait pas à son frère. Les rayons étaient par contre incontestablement plus hauts, et en s'y aventurant, Isla savait que son frère ne la trouverait pas s'il était amené à la chercher pour une raison ou une autre. Mais elle réussirait au moins ça...

Se penchant sur sa grande besace en bandoulière, Isla baissa sa garde quelques instants pour l'ouvrir et le préparer à y accueillir les médicaments dont le groupe avait ou était susceptible d'avoir besoin... Il fallait faire vite, la troupe de dehors finirait pas avoir raison de la porte précaire qu'ils avaient ré-installée après leur entrée. Et Ian avait peut-être raison, peut-être qu'ils n'étaient même pas les seuls dans les parages... Sans compter sur le calme de la boutique avant qu'ils y mettent les pieds. Redressant son poignard, elle se mit en quête des antibiotiques les plus nécessaires avec prudence, passant chaque rayon avec une angoisse terrifiante.
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Mar 2 Juil - 17:36

« they don't sell a lot of brains in the local 24-hour grocery store... »
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De plus en plus, Ian regrettait d’avoir convaincu son père de laisser Isla l’accompagner lors de sa mission de ravitaillement. Pas seulement parce qu’elle avait attiré une meute de zombies jusqu’à eux, il l’aurait certainement fait lui-même si elle n’avait pas été là. Mais surtout parce qu’il l’avait involontairement mise en danger. A quoi avait-il bien pu penser ? Qu’ils allaient juste rentrer, se servir et ressortir sans problème ? Certes, ça avait souvent été le cas ces derniers temps, mais il devait se souvenir que chaque ville était différente et présentait des problèmes qui lui étaient propres. Rien n’était jamais simple, surtout lorsqu’un zombie pouvait vous sauter dessus à tout moment. Ils se devaient de rester sur leurs gardes. Pas question que l’un d’eux ne revienne avec la moindre égratignure. Ian ne voulait pas avoir à expliquer à leur père comment ils avaient failli mourir. Il était hors de question de lui donner une autre raison de les rabaisser davantage. Aussi était-il nécessaire de rester le plus vigilant possible.

« Ce serait trop risqué de remplir les sacs maintenant et de chercher une sortie le plus vite possible ? » proposa Isla d’une petite voix, alors qu’il commençait à s’éloigner de son côté.
« Il vaut mieux commencer par faire une ronde rapide. Un sac plein et lourd, auquel s’ajouterait la peur, ne ferait que ralentir tes gestes en cas d’attaque surprise. » lui répondit-il doucement, cachant tant bien que mal son exaspération. Il se tourna dans sa direction, pour voir si elle avait bien compris, mais sa sœur s’était déjà éclipsée derrière un autre rayon.
« Dis, dans ce genre d'épiceries américaines, y'a pas des arrière-boutiques un peu foireuses ? » marmonna-t-elle dans sa barbe.
« T’as trop regardé la télé. » se contenta-t-il de répondre en espérant qu’elle se taise.

D’un autre côté, il fallait avouer qu'elle n’avait pas tout à fait tort. Un magasin possédait toujours une pièce de stockage avec, en général, un accès vers l’extérieur. Si ils parvenaient à trouver la salle, ils pourraient peut-être sortir de là en vie. Peut-être. Ian espérait avoir pris la bonne décision en suggérant de se séparer et qu’Isla ne leur créerait pas plus de problèmes. Non, il fallait qu’il lui fasse un peu confiance parfois. Ce n’était pas parce qu’elle avait fait une ou deux bêtises qu’elle en ferait toute sa vie. Après tout, lui même n’avait pas toujours été à la hauteur. Bon sang, il commençait à se comporter comme leur père, à penser que quiconque faisant quelques erreurs n’était pas digne de confiance. Ce genre d’attitude l’agaçait plus que tout chez ce-dernier et pourtant Ian ne pouvait s’empêcher d’agir de la même façon, malgré tous ses efforts, c’était plus fort que lui. Ne pas avoir sa sœur à l’œil l’inquiétait, mais il décida néanmoins de la laisser se débrouiller seule quelques minutes. Qui sait, peut-être la surprendrait-il ? De toute façon, si elle se retrouvait en danger et qu’elle avait besoin de son aide, elle n’avait qu’à crier.

De son côté, Ian parvint à trouver une petite porte entre deux étagères, avec une petite pancarte indiquant « privé » accrochée  à hauteur d’yeux. D’expérience, il s’agissait soit du bureau dans lequel le gérant venait faire ses comptes à la fin de la journée, soit de l’entrepôt tant convoité où les livraisons étaient stockées, voire même dans certains cas des deux en même temps. Toujours était-il qu’entrepôt était le plus souvent synonyme de sortie. Les magasins de ce genre étaient souvent bordés d’une ruelle où les livreurs se garaient pour décharger leurs véhicules sans être gênés par les clients. La seule chose à espérer était que ladite ruelle ne soit pas elle aussi bondée de morts à la recherche de chaire fraiche. Mais à moins qu’Isla ne trouve autre chose de son côté, il pouvait s’agir là de leur unique chance de sortir du magasin sans avoir à affronter l’armée de zombies qui s’était amassée à l’entrée du magasin et qui s’appuyait dangereusement contre la vitrine. Le cœur battant, Ian posa son oreille contre la porte pour voir si la pièce était habitée. Il n’entendit pas le moindre bruit. Mais encore une fois, cela ne voulait rien dire, la porte était peut-être épaisse ou bien insonorisée. Il releva sa hache en position de défense et, prenant une grande bouffée d’air, tourna la poignée, prêt à toutes les éventualités. Fermée à clef. Il soupira, c’était bien sa veine. Deux choix s’offraient désormais à lui : abattre la serrure à coups de haches maintenant, au risque de faire plus de bruit, mais d’être sur d’avoir une sortie de secours en cas d’attaque, ou attendre d’avoir terminé de récupérer toutes les provisions dont ils avaient besoin, sans savoir si leur barricade tiendrait encore longtemps. Dur dilemme, et ne pas savoir ce qui se trouvait derrière cette porte rendait les choses encore plus difficiles. Il aurait préféré que la porte s’ouvre tout de suite, au moins il aurait su à quoi s’en tenir. Mais non, il devait faire un choix, un choix qui s’avérerait crucial pour sa survie ainsi que pour celle d’Isla. Tiens, d’ailleurs, où était-elle ? Ca faisait un moment qu’il ne l’avait ni vue, ni entendue, et elle aurait déjà dû finir de faire le tour du magasin. Devait-il prendre ce silence comme une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Finalement, il décida qu’il serait peut-être bon, pour une fois, de demander l’avis de sa sœur avant de faire quoi que ce soit. Il avait bien envie d’ouvrir la porte tout de suite, ne serait-ce que par curiosité, mais il préférerait qu’Isla soit à portée de vue lorsqu’il forcerait la serrure. L’effet papillon, il en connaissait bien la définition et il ne voulait pas qu’un coup de hache trop bruyant de son côté n’attire un rôdeur jusqu’à sa sœur. Lors d’une apocalypse zombie, personne n’est jamais trop prudent. Ian la chercha alors des yeux. Où était-elle donc passée ? Il fit le tour du magasin, sans parvenir à la trouver. Pris d’un élan de panique, il se mit à imaginer non seulement la réaction de son père si il devait revenir seul, mais aussi celle d’Irving. Ils lui feraient sans doute tous deux payer bien cher son manque d’attention.

« Isla ?! » appela-t-il alors à travers le magasin.

© citation : Rusty Fischer, Zombies Don't Cry
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Sam 6 Juil - 19:20



what you gonna do when the hounds are calling ?
Bon, c'était peut-être une erreur de fouiller dans des rayons qui faisaient deux fois sa taille. Pas très prudent, ce réflexe avait même quelque chose de puéril. Vouloir montrer à ses ainés qu'elle était capable de quelque chose, comme un enfant cherche la fierté de ses parents en prouvant qu'il sait lire. Mais les enjeux étaient ici bien différents. Au détour de chaque rayon, elle craignait de retrouver un zombie solitaire, ou une horde de plusieurs d'entre eux. Pour contrer cette éventualité, elle dressait l'oreille comme jamais, mais ce qui retentissait, c'était les battements saccadés et paniqués de son cœur. Non, elle ne devait pas avoir peur. Elle devait être forte, sinon, elle n'arriverait jamais à rien prouver.

Isla tenait maintenant son sac fermement, comme s'il risquer de glisser de son épaule et de faire une cascade pour s'échapper. Même si Ian avait parfaitement argumenté sa décision de déjà repérer les dangers potentiels, Isla, têtue comme elle l'était, partait à la recherche des médicaments qu'elle était chargée de trouver. Et puis, le coin des hautes étagères de la pharmacie avait l'air calme. Comme le reste de l'épicerie, me direz-vous, cette épicerie qu'ils suspectaient d'accueillir des créatures qui ne leur voudraient pourtant pas que du bien. Au pire, elle ferait vite, voilà tout. Mais elle voulait montrer à Ian qu'elle était capble d'être efficace à défaut d'être réellement prudente. Son poignard dressé face à elle, elle s'avançait doucement, (presque) prête à parer à l'éventualité de la présence d'un inconnu avide de chair. Et bientôt, elle trouva le rayon qu'elle cherchait en priorité. Celui des antibiotiques. Réfléchissant quelques instants à ceux qu'il était prioritaire de ramener, Isla s'immobilisa juste au moment où elle entendit la voix de Ian retentir dans l'épicerie. « Isla ? » la cherchait-il alors qu'elle devinait déjà son air agacé et impatient. « Je suis là, j'ai trouvé les antibios ! » répondit la brunette, victorieuse, en réalisant seulement après coup qu'elle aurait mieux fait de quitter la pharmacie pour faire croire qu'elle s'était perdue entre le dentifrice et les chips. Mais c'était trop tard. Alors paniquée, elle s'approcha des boîtes de médicaments qu'elle venait de décréter prioritaires et les fit violemment glisser dans son sac d'un revers de bras énergique. Laissant de côté toute prudence, elle se dirigea vers la sortie du dédale pharmaceutique pour retrouver son frère. « C'est vide, y'a pas un seul zombie ici. Par contre, des antibios, des antiinflammatoires, de l'épinéphrine... y'a tout ce dont on a besoin, et même plus niveau médicaments. T'as commencé à regarder la bouffe ? » tenta-t-elle d'éluder en espérant qu'il ne lui sauterait pas à la gorge comme il devrait le fairep pour contrer son manque de prudence et de d'obéissance.

Une dizaine de mètres derrière se tenait toujours la porte précaire qu'ils avaient tenté de mettre en place dans la panique. Les zombies, aussi lents soient-ils dans leurs mouvements, lui faisaient tout à coup assez peur. La pancarte qui servait de barrière ne ferait pas long feu, et alors qu'elle était à peine arrivée devant Ian, elle regarda son sac et, subitement très pressée, proposa : « T'as trouvé une sortie de secours ? On devrait peut-être prendre ce qu'on peut et déguerpir comme on peut, non ? Il y en a de plus en plus dehors... ». Effrayée par l'image des zombies en arrière plan, elle était bloquée sur le sac qu'elle maintenait ouvert, déjà prête à aller le remplir d'autres boîtes de médicaments. Elle se mettait à trembler, tendant le dos en attendant les reproches de Ian, qu'elle sentait prêts à venir. Elle n'avait pas suivi ses instructions, ses conseils, ou peu importe comment elle appellerait ça. Elle qui avait voulu l'aider se comportait davantage comme un poids, et elle regretta de s'être imposée face à leur père comme elle l'avait fait. Si elle faisait tout foirer, en plus de donner raison au patriarche, elle donnerait tort à son grand frère, qui avait défendu sa cause aux yeux de ce premier. Elle ne pouvait plus s'empêcher de fixer la horde de créatures à l'extérieur alors qu'elle perdait doucement son sang-froid. Encore un peu et elle serait prête à faire ses adieux à son frère pour mourir en paix...
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Dim 7 Juil - 20:27

« they don't sell a lot of brains in the local 24-hour grocery store... »
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« Je suis là, j'ai trouvé les antibios ! » lui répondit Isla depuis l’autre côté de la boutique.

Soulagé, Ian se tourna en direction de la voix. Il aperçut alors sa sœur émerger des rayons en portant son sac devant elle. Dieu merci, elle était toujours en un seul morceau. Ian put enfin reprendre son souffle.

« C'est vide, y'a pas un seul zombie ici. Par contre, des antibios, des anti-inflammatoires, de l'épinéphrine... y'a tout ce dont on a besoin, et même plus niveau médicaments. T'as commencé à regarder la bouffe ? » continua-t-elle avec un tressaillement dans sa voix pendant qu’il s’approchait.
« J’ai peut-être trouvé une porte de sortie, mais elle est verrouillée, j’ignore si… »
« T'as trouvé une sortie de secours ? On devrait peut-être prendre ce qu'on peut et déguerpir comme on peut, non ? Il y en a de plus en plus dehors... » s’empressa-t-elle de le couper en regardant autour d’elle comme un enfant perdu à la recherche de ses parents.

Il y avait quelque chose d’inquiétant dans le son de sa voix. La voir en vie avait beau l’avoir rassuré quelques instants, Ian ne pouvait s’empêcher de penser que quelque chose n’allait pas chez elle. Plus il s’approchait d’elle et plus il parvenait à percevoir son corps tremblotant. Elle paraissait si fragile à cet instant… Ian trouva cela étrange qu’Isla ait subitement si peur de la troupe de rôdeurs qui menaçait de renverser toute la devanture du magasin, alors qu’ils étaient là depuis déjà plus d’une dizaine de minutes et que les Zellenwiller n’en étaient pas à leur première attaque. Certes, un zombie restait un zombie et c’était toujours effrayant de se retrouver face à l’un d’entre eux… A moins qu’il ne s’agisse d’autre chose… Mais quoi ? Ian chercha des yeux un indice de ce qui aurait pu faire changer sa sœur de comportement aussi rapidement, mais le coin d’où elle venait était presque complètement caché par les rayons. Il se tourna ensuite vers la foule de zombies qui s’agglutinaient  vers la porte. L’étagère qu’ils avaient renversée pour faire barrage commençait à chanceler sous leur poids, mais elle tiendrait certainement encore quelques minutes. Toutefois, Ian avait besoin de calmer sa sœur. Il ne pourrait pas réussir à les faire sortir d’ici en vie tout seul. S’il y avait quelque chose derrière la porte de leur sortie de secours, il aurait besoin d’une Isla sur le qui-vive, attentive au moindre mouvement et prête à réagir au quart de seconde en cas de danger, chose qui était pour l’instant tout bonnement impossible. Alors, comme pour changer de sujet, Ian attrapa un flacon au hasard dans le sac d’Isla. Visiblement, elle s’était dépêchée à le remplir. Si la plupart des médicaments pouvaient s’avérer utiles dans les prochains jours, certains l’étaient peut-être un peu moins.

« De l’insuline ? J’ignorais qu’on avait un diabétique dans le groupe. » lui dit-il avec un petit rire moqueur pour tenter de lui changer les idées.

D’un autre côté, il ignorait réellement si l’un des membres du groupe souffrait d’une quelconque maladie, puisqu’il n’avait jamais vraiment cherché à faire la connaissance de personne. Isla quant à elle sembla se fermer encore plus dans sa coquille, elle semblait incapable de bouger, sauf peut-être ses jambes qui tremblaient involontairement. La dernière fois qu’il l’avait vue comme ça, c’était lors de la mort de Clyde.

« Hey ! T’es sûre que ça va ? » s’enquit-il en cherchant à attraper son regard.

Il ne pourrait pas s’aventurer à ouvrir la porte. C’était trop dangereux. Ils ne savaient pas ce qui se cachait derrière, ça pouvait être rien, comme ça pouvait être plusieurs rôdeurs prêts à leur sauter dessus au premier coup de hache contre la poignée. Avec Isla dans un tel état de torpeur, il n’était pas question de prendre un risque aussi stupide. Ian devait détourner son attention du groupe de zombies, et vite. Il attrapa alors sa sœur fermement par le bras et la força à tourner le dos aux morts-vivants.

« Ils sont dehors et nous dedans, ils ne peuvent rien te faire pour l’instant, mais il faut qu’on se dépêche. Sauf que j’ai besoin que tu sois en pleine maîtrise de tes moyens. » commença-t-il à lui expliquer doucement. « On va commencer par s’approvisionner en nourriture, le temps que tu retrouves ton calme. On a pas le temps de regarder les dates de péremption, alors prend des choses qui se périment lentement, comme des conserves, mais attention à ne pas prendre des boites trop lourdes. Les produits secs comme les pâtes et le riz sont aussi de bonnes provisions. Et quand tu te sentiras prête, on défoncera la porte de derrière, mais pas avant. Tu comprends ? »

Ian tenta de lui adresser un sourire qui se voulait rassurant, mais à dire vrai, il commençait lui-même à douter qu’ils aient autant de temps que cela. Si Isla ne retrouvait pas ses esprits rapidement, il devrait la forcer à le faire, et il savait que cela n’était jamais la meilleure des solutions. Alors, comme pour se donner courage, autant pour elle que pour lui, il ponctua par :

« On va sortir de là vivants, tous les deux, je te le promets. »

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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Mar 16 Juil - 2:34



what you gonna do when the hounds are calling ?
Bon, ok, là, elle paniquait. Parce que les zombies étaient aussi pressés de rentrer dans l'épicerie qu'elle l'avait été de rentrer dans les boutiques le premier jour des soldes. S'il y avait une autre sortie ? Elle ne le savait même pas. Sa priorité n'était pas de sortir de ce foutoir dans l'immédiat, c'était de trouver et de réunir ce pour quoi ils étaient venus. Les risques avaient été pris et les statistiques ne jouaient plus en leur faveur depuis un long moment déjà ; mais tout cela n'aurait aucun sens s'ils ne jouaient pas le jeu jusqu'au bout, s'ils ne récupéraient pas ce qu'ils étaient venus chercher, ce pour quoi ils avaient été prêts à prendre les risques qu'ils avaient pris. Mais en rejoignant Ian à l'entrée de la pharmacie de l'épicerie, elle voyait, au loin, au-dessus de l'épaule de son frère, le groupe de zombie qui s'agglutinait derrière les vitres et l'étagère qu'ils avaient installée en guise de pare-zombie. Et la panique s'était saisie d'elle, sans pitié. Elle avait des antibiotiques, des conneries auxquelles elle n'avait pas fait attention, et encore d'autres traitements inutiles, mais cela n'avait plus guère d'importance maintenant qu'elle réalisait qu'ils ne pourraient probablement pas ramener tout ça auprès de leur famille, de leur père, de leur groupe. « J’ai peut-être trouvé une porte de sortie, mais elle est verrouillée, j’ignore si… » l'avait pourtant rassuré Ian au milieu de ses questions sans fin. Mais elle, c'était sur la porte de la boutique que s'était fixé son regard, qui n'en bougeait plus. Revenait en plein visage d'Isla toute cette incapacité qui la caractérisait, celle que pourtant, son père n'arrêtait pas de lui rappeler. Peut-être avait-il toujours eu raison, après tout. Elle avait attiré le groupe ici, et à l'instant, elle avait priorisé le but de leur mission à leur propre survie. Au milieu de ses réflexion, la jeune femme sentit l'équilibre de son sac vaciller entre ses mains, troublé par la recherche de son frère. Elle adressa à peine un coup d’œil à sa besace avant de reporter son attention sur l'étagère, qui, clairement, ne tiendrait plus très longtemps face à la ténacité des attaquants. « De l’insuline ? J’ignorais qu’on avait un diabétique dans le groupe » entendit-elle finalement. Elle leva ses yeux vers son frère, muette, happée par les mots comme s'ils étaient sortis de la bouche de leur paternel. Ils étaient les mêmes, ils sonnaient pareil, aussi condescendants et moqueurs. Elle n'avait pas été capable d'être discrète, et elle n'avait pas suivi ses instructions de se cantonner à la fouille de la boutique. Mais en plus de ça, lorsqu'elle avait récupéré des médicaments, elle n'avait pas été foutue de tenir son rôle de médecin. Voilà comment elle traduisait tout ça, elle. Mais ce n'était pas le moment de se laisser attaquer par ça, aussi. Pourtant, il avait ce sourire auquel elle n'avait jamais su réagir, ce sourire qu'elle n'avait jamais parvenu à lire ou à traduire. « On sait jamais, ça peut toujours arriver... ou alors on peut avoir besoin d'entrainer un choc insulinique à quelqu'un » se défendait-elle en sachant pertinemment d'une part que les repas limités de ces derniers mois limitaient le surpoids et autres facteurs corrélés à l'apparition de diabète de type 2, et d'autre part qu'il y ait très peu de chances qu'ils aient à traiter une quelconque psychose par un coma hypoglycémique. Mais se défendre, c'était tout ce qu'elle pouvait faire. Quitte à afficher toute la mauvaise foi du monde et à espérer que Ian ne renchérisse pas derrière.

Seulement, voilà, il y avait plus important que tout ça. Et Ian l'avait compris avant elle, bien plus terre-à-terre. « Hey ! T’es sûre que ça va ? » lui avait-il demandé en plantant son regard dans le sien. Blême, tremblante, elle ne répondait toujours pas. En arrière-plan, ils étaient toujours là... jusqu'à ce qu'il l'attrape par les épaules pour la faire pivoter. Elle ne les voyait plus. Ils étaient là, elle le savait, et ça ne suffisait pas à la calmer. Et la fugacité avec laquelle il avait agi l'avait surprise et l'effrayait encore davantage. Elle fuyait le regard de son frère. Qu'allait-il lui assénait en coup de grâce ? « Ils sont dehors et nous dedans, ils ne peuvent rien te faire pour l’instant, mais il faut qu’on se dépêche, lui expliqua-t-il pourtant, « sauf que j’ai besoin que tu sois en pleine maîtrise de tes moyens. » Ces paroles-là n'étaient pas celles escomptées, loin de là, à la plus grande surprise de la brunette. Et l'effet évident qu'il recherchait en lui parlant de la sorte, et bien... il arrivait. Elle se calmait au fur et à mesure qu'il élaborait les plans à suivre. « On va commencer par s’approvisionner en nourriture, le temps que tu retrouves ton calme. On a pas le temps de regarder les dates de péremption, alors prend des choses qui se périment lentement, comme des conserves, mais attention à ne pas prendre des boites trop lourdes. Les produits secs comme les pâtes et le riz sont aussi de bonnes provisions. Et quand tu te sentiras prête, on défoncera la porte de derrière, mais pas avant. Tu comprends ? » Regardant son frère à présent droit dans les yeux, elle acquiesça timidement. Heureusement que l'un avait assez de jugeote pour les deux... « Tu... Enfin... Y'a encore plein de médicaments, jpeux sûrement en enlever dans ceux que j'ai pris, histoire de... d'être efficaces » tenta-t-elle en avouant à demi-mots que l'insuline ne servirait probablement jamais. « On va sortir de là vivants, tous les deux, je te le promets » asséna Ian en guise de conclusion, avec un autre de ces sourires, un de ceux qu'elle lui connaissait moins, mais qui... la rassuraient. Comme un grand frère prend soin de sa sœur cadette. « Alors... C'est le moment de s'y mettre », lança-t-elle avec une vois qu'elle souhaite la plus sûre possible, tentant d'oublier les rôdeurs auxquels elle faisait dos. « J'm'occupe des conserves. » Passant une main reconnaissante sur l'épaule de son frère, elle déguerpit vers le fameux rayon. Parce que même s'il se voulait optimiste, ils savaient tous les deux que le temps leur était compté. Se retrouvant finalement devant le rayon de conserves, Isla fouilla dans son sac pour en ôter le plus rapidement possible les médicaments qui leur seraient inutiles, histoire de ne plus avoir à retourner le sac par la suite, et de gagner de la place. Elle y enfourna ensuite des dizaines de conserves en pensant au poids que cela représenterait. Des deux catégories d'aliments que Ian avait privilégiées, il avait fallu qu'elle choisisse ce qui se conservait dans des boîtes métalliques. Elle ne remplit pas le sac à ras bord, par précaution, mais aussi dans l'espoir de pouvoir passer à nouveau par la pharmacie. « Ian ? » appela-t-elle enfin son frère. « Ils en sont où dehors ? » Elle tassait son sac et répartissait le poids, prête à décoller. Soit vers la possible issue que Ian avait repérée, soit vers cette pharmacie idyllique dans laquelle tout était encore trouvable...
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Dim 21 Juil - 20:33

« they don't sell a lot of brains in the local 24-hour grocery store... »
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Doucement, Isla commençait à se calmer au fur et à mesure que les paroles de Ian faisaient effet. Pour une fois, il avait su trouver les bons mots et surtout, il ne s’était pas emporté, comme aurait pu le faire leur père. En fait, même Irving n’aurait pas fait mieux, se mit-il à penser. Malgré la situation présente, il se sentait fier de lui, un sentiment qu’il n’avait pas éprouvé depuis longtemps, mais qu’il appréciait tout particulièrement. Toutefois, il s’empêcha d’afficher un énorme sourire sur son visage, l’heure n’était pas vraiment à l’autosatisfaction et ils n’étaient même pas encore certains de pouvoir sortir de ce magasin en un seul morceau. Même si Isla – ou même lui d’ailleurs – avait été une bête de guerre, il n’en demeurait pas moins qu’ils étaient deux contre dix, quinze, vingt zombies, peut-être plus. Chuck Norris lui-même n’aurait sans doute pas pu passer cette porte sans peine. Tiens, au fait, il est devenu quoi le costaud après l’épidémie ? se demanda alors Ian. Secouant rapidement la tête, il chassa cette réflexion incongrue de son esprit. Ce n’était pas de Chuck Norris qu’ils avaient besoin en ce moment, mais plutôt de MacGyver, et il s’avérait que ni l’un ni l’autre ne se trouvait dans les parages.

« Tu... Enfin... Y'a encore plein de médicaments, jpeux sûrement en enlever dans ceux que j'ai pris, histoire de... d'être efficaces » Isla finit-elle par dire entre deux tremblements.
« Oublie les médicaments, t’en as assez pris. On se concentre sur la nourriture maintenant. » répondit-il précipitamment, ayant très envie de quitter les lieux le plus rapidement possible et se disant que de toute façon, si elle n’avait pas été capable de se rendre compte de ce qui leur serait utile ou non la première fois, elle ne ferait pas beaucoup mieux maintenant. « On a déjà assez perdu de temps. » ajouta-t-il, presque plus fort que lui.

A peine ces derniers mots furent-ils sortis de sa bouche qu’il regretta les avoir dit à haute voix. Il avait peur que sa sœur ne se remette à paniquer à la simple mention du fait qu’il ne leur restait plus beaucoup de temps. Ian ne voulait pas être méchant, mais c’était pourtant bien la vérité. Les rôdeurs amassés vers la porte étaient de plus en plus nombreux et le barrage commençait à glisser millimètre par millimètre dans un grondement sourd. Leur nombre, c’était ça la force de ces choses, et Ian le savait, il avait déjà vu des zombies passer des murs qu’il avait jusqu’alors pensé infranchissables juste parce qu’ils étaient assez nombreux pour exercer la force suffisante pour faire basculer leur obstacle. Mais Ian préféra ne pas mentionner ce petit détail à sa sœur. Inutile de l’effrayer plus qu’elle ne l’était déjà. Et de toute façon, elle devait en être déjà parfaitement consciente puisqu’elle était déjà en train de se faufiler de nouveau dans les rayons à la recherche des provisions qu’ils convoitaient.

« J'm'occupe des conserves. » avait-elle dit avant de se glisser en direction des-dites boites.

Ian voulait lui répondre que les conserves étaient peut-être un peu lourdes pour elle, mais sa sœur s’était précipité avec tellement d’entrain qu’il ne pouvait se résigner à le faire. Et de toute façon, les kilos de pâtes et de riz qu’il s’apprêtait à récupérer devaient peser tout aussi lourd. D’un certain côté, il était content qu’elle l’ait accompagné. Tout seul, il n’aurait certainement pas été capable de rapporter autant de vivres, alors que le magasin en était encore plein. Suivant l’exemple de sa sœur cadette, Ian marcha d’un pas rapide jusqu’au rayon des produits secs. De loin, tout avait l’air tranquille, mais plus il avançait, plus il se rendait compte que ce n’était pas tout à fait le cas. Il trouva certains paquets parsemés de trous plus ou moins grands. Ils n’avaient vraisemblablement pas été faits des zombies : beaucoup trop petits, beaucoup trop propres et de toute façon, ce n’était pas du riz qu’ils mangeaient, c’était bien connu. Visiblement, Ian et Isla n’avaient pas été les premiers êtres vivants à découvrir cet Eden de nourriture. De petites créatures, des souris, voire même des rats, étaient déjà passer par là. Espérons désormais qu’ils n’aient pas été trop gourmands et que certains paquets soient restés en bon état. Alors qu’il cherchait des yeux un emballage intact, Ian se demanda par où ils avaient bien pu rentrer. La boutique avait pourtant eu l’air bien scellée avant qu’Isla ne fracasse la porte. A moins qu’ils ne furent déjà là avant l’épidémie ? Beurk, mieux valait ne pas y penser. Ian finit par trouver quelques paquets en bon état au fond du rayon. Il dut pousser le reste par terre pour pouvoir se servir, mais il parvint à remplir son sac de pâte, riz et autres produits secs. Il était en train de passer une dernière fois sa main au creux du rayon pour récupérer une dernière boite lorsqu’il sentit soudainement quelque chose bouger près de sa main. Surpris, Ian sursauta et en lâcha son sac qui tomba au sol dans un grand boom. Il espérait qu’Isla n’ait rien remarqué. Il ne voulait pas l’affoler pour un simple rat, d’autant plus qu’elle se moquerait certainement de lui. Il ramassa rapidement son sac et entreprit de retourner vers Isla.

« Ian ? Ils en sont où dehors ? » entendit-il de l’autre côté du magasin.

Avec cette histoire de rongeurs, il en avait presque complètement oublié le danger qui s’amenuisait dehors.  Il se retourna alors vers la porte pour vérifier si tout allait bien de ce côté-là. Il déglutit avec difficulté, les rats étaient désormais devenus le dernier de ses soucis.

« Oh oh… »

Devant lui, les zombies avaient réussis à écarter leur barricade. Très peu, mais suffisamment pour commencer à passer quelques membres, un bras, une jambe, une tête… L’un d’eux alla jusqu’à s’écarteler pour pouvoir passer par l’entrebâillement. Et ils étaient loin d’avoir terminé de pousser l’étagère qui les bloquait. Cette dernière continuait d’avancer de plus en plus en grinçant. Avec horreur, Ian dégaina sa hache et l’abattit sur le crâne du morceau de zombie qui se trainait lentement jusqu’à lui.

« Il faut qu’on se dépêche ! » hurla-t-il à l’adresse d’Isla en se précipitant vers elle.

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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Ven 26 Juil - 1:50



what you gonna do when the hounds are calling ?
Vouloir faire ses preuves n'avait pour Isla rien d'un caprice de jeune fille trop gâtée. Pourtant, elle n'avait jamais manqué de rien, au contraire. Les Zellenwiller était une famille réputée à Port Charlotte, et riche, de surcroît. Leur mère avait quitté le foyer des années auparavant, et pourtant, Isla avait toujours considéré ses frères et sœur comme un soutien incommensurable. C'était du côté paternel que rien n'allait vraiment. A son besoin d'être reconnu comme le meilleur dans tout ce qu'il entreprenait, il avait ajouté, après le départ de sa femme, une nécessité de contrôler la vie de ses enfants plus encore qu'auparavant. Chacun d'eux y avait réagi différemment, et y réagissait, encore différemment. Probablement parce qu'Allan, de ce côté, leur prêtait une attention toute différente. Il y avait Irving, l'ainée, le prodigue qui réussissait, à l'image de son père, ses études avec brio ; il y avait ensuite Ian, plus secret, plus sombre, qui semblait se plaire à s'éloigner tant que possible de sa famille. Venaient ensuite les deux filles, Isla la première, qui, elle, faisait son possible pour suivre les traces de ses frères, et réussir ses études, même si elle ne les avait pas choisies d'elle-même. Elle voulait juste prouver à sa famille qu'ils avaient de quoi être fiers d'elle, qu'elle représenterait leur nom le mieux possible. Seul Irving semblait avoir trouvé quelque chose en elle, et pour cela, elle lui serait infiniment reconnaissante, et ce, même si elle ne l'avouerait jamais... Iona, quant à elle, semblait au-delà de ces histoires, sans doute trop innocente, à la découverte d'un monde extérieur qu'aucun des trois premiers Zellenwiller ne s'était autorisé à visiter.

Voilà pourquoi, une fois de plus, ce jour-là, elle souhaitait prouver qu'elle était capable de quelque chose d'autre que de tirer sur son copain. Il n'était plus question d'études depuis longtemps ; il ne s'agissait plus d'arborer fièrement les meilleurs résultats de sa promotion pour prouver à Allan qu'on valait quelque chose. Le travail, ici, était une course d'endurance, et Isla avait bien compris, à force des mois, qu'elle n'y était pas suffisamment résistante. Ces combats de tous les jours, ils l'épuisaient. Mais son but, inconscient, restait le même, et sa famille restait prioritaire, d'autant plus maintenant que Clyde ne faisait plus partie de ce monde...

Mais au bout d'un moment, même avec toute la bonne volonté du monde, faire ses preuves devenait impossible. Et le moment concerné, c'était par exemple lorsque, par sa faute, un groupe de zombies s'accumulait à la porte de l'épicerie dans laquelle on était enfermé ; potentiellement l'unique porte et donc issue. Ça avait été trop pour la brune, qui s'était figée sur place en réalisant qu'ils allaient périr par sa faute. Et de ses trois frères et sœur, Ian était celui qui, elle le savait, la jugeait le plus ; la considérait sans aucun doute comme faible et non digne de confiance. Il lui avait clairement fait comprendre à maintes reprises ; pourtant, lorsqu'elle s'était raidie, apeurée de ce qui se présentait à eux, il avait été celui qui lui avait remis les idées en place, comme Irving l'aurait fait. Il avait été celui qui avait trouvé les mots juste, qui avait réussi à la détendre au moins un peu, juste suffisamment pour qu'elle se rende utile et ne reste pas plantée comme un piquet près de la porte d'entrée à attendre fatalement la mort.

Assez de médicaments, lui avait-il ensuite dit, avant qu'ils n'attaquent, chacun de leur côté, la recherche de nourriture. Isla s'était portée sur les conserves, elle ne savait trop pourquoi, et elle se posa d'ailleurs la question en réalisant le poids des boites qu'elle enfournait dans son sac, au-dessus de la multitude de médicaments, au poids déjà conséquent, qu'elle avait empaquetés auparavant. Alors qu'elle calait ses conserves au mieux dans son sac, elle entendit un bruit sourd dans l'épicerie, qu'elle mit sur le compte d'un Ian maladroit et trop rapide dans ses mouvements. Ce qui, au passage, ne la rassura guère... Ian n'était pas maladroit, elle ne le savait que trop bien ; sa rapidité ne présageait donc rien de bon. Elle traduisait plutôt l'urgence de la situation... et ça tombait bien, elle venait de finir de remplir son sac, qu'elle tenta d'attraper en demandant à son frère où ça en était, du côté de l'extérieur, de l'entrée, de l'étagère, des zombies et tout ça... « Oh oh… ». Isla se figea, accrochée à la lanière de son sac, qui était toujours lourdement posé à terre. Elle aurait aimé en entendre un peu plus, quelques mots supplémentaires pour la rassurer, juste lui dire que l'étagère tiendrait genre, allez, trois minutes de plus... Mais juste un silence ponctué par les râles des zombies, puis un bruit sec, qui arracha un haut-le-cœur à la jeune femme, qui devinait la scène qui venait de se produire... C'est cependant ce bruit qui la fit, encore plus que réaliser, agir. Elle ajusta la prise de son sac, qu'elle souleva, grimaçant sous son poids, alors que Ian hurlait : « Il faut qu’on se dépêche ! ». Oui... elle l'avait deviné, et là ça semblait vraiment relever de la vie ou de la mort. Tanguant sous le poids du sac, plein à craquer, Isla en attrapa finalement le fond, qu'elle plaqua contre sa poitrine, pour se rééquilibrer, et aussi pour éviter que la lanière ne lâche en route. C'était insoutenable, et pourtant, elle ne voulait absolument pas céder. Oh, elle était ralentie... et elle s'en rendit compte alors que, grimaçante, elle arrivait devant Ian.

S'accordant quelques instants -peut-être de trop, vus les zombies qui commençaient à s'infiltrer, mais elle ne tiendrait pas davantage-, Isla posa son sac, pour passer la lanière autour de son coup et placer le poids dans son dos, quitte ce que le morceau de cuir qui supportait celui-ci ne cède. Elle ne pouvait pas rester les bras occupés par autre chose que des armes, et elle venait de le réaliser encore davantage avec ces rôdeurs qui s’insinuaient doucement à l'intérieur... De sa ceinture, elle extirpa rapidement poignard et colt, ses deux armes de prédilection, avant de regarder Ian, inquiète. « Elle est où cette sortie ... ? » Un zombie, qui avait profité du temps qu'Isla s'était donné pour se remettre d'aplomb pour la fuite, venait de lui saisir la cheville d'une poigne qui la répugna. Elle ferma les yeux avec dégoût avant de lui asséner un coup de poignard fatal, lui coupant un demi-bras avant de prendre la fuite. S'ils ne bougeaient pas, ce ne serait que le début... Aussi Isla, dégoûtée par ce geste, pourtant répété des dizaines et des dizaines de fois ; et déséquilibrée par son sac, collé lourdement à ses reins, suivit Ian rapidement, trottant comme elle ne pouvait. Ils passèrent devant une multitude de rayons, qui, en temps normal, lui auraient fait envie... Et par "en temps normal", j'entends même actuellement, s'il n'y avait pas eu des ennemis à fuir... C'était comme traverser un monde irréel, un monde qu'on avait considéré comme acquis pendant trop longtemps pour se rendre compte de ce que ça ferait de le perdre. Il y avait un rayon d'hygiène et de beauté, resté intact, qui aurait pu la faire rêver encore, si le temps n'avait pas pressé. Qu'est-ce qu'elle n'aurait pas donné pour un déodorant... Bah, sa vie, en fait. Aussi, elle ne s'attarda pas plus devant ce rayon que n'importe quel autre, mais c'est avec un pincement au cœur, lui rappelant ses années innocentes, qu'elle le dépassa.

Derrière eux, Isla ne pût s'empêcher d'entendre d'autres râles, des bruits secs, aussi, d'une étagère qui cédait. Les zombies entraient, se rapprochaient... Et bientôt, ils arrivèrent devant une porte. C'était comme si le trajet avait duré une éternité -sans doute le côté flashback qu'avaient impliqué les rayons devant lesquels ils étaient passés... Pourtant, et elle le savait, les zombies auraient vite fait de les rejoindre. Trop vite fait. « C'est là ? » demanda-t-elle naïvement, alors qu'elle connaissait déjà la réponse à cette question idiote. Sinon, pour quelle autre raison Ian se serait-il arrêté à cet endroit précis ... ? Parce qu'elle était jolie, la porte ? Aha, bien sûr. Et elle, elle dresseuse de pokémons. Aussi, sans attendre, Isla pointa son colt vers la porte, au-dessus de l'épaule de son frère, y accompagnant le poignard. Elle jeta un coup d'oeil catastrophé au-dessus de sa propre épaule, pour surveiller l'avancée des zombies. Le premier arrivait dans leur direction, il était à une petite dizaine de mètres... Et elle le savait, si quelque chose d'aussi beau que ce qui les suivait se trouvait derrière cette porte, tout était foutu. Il ne pourraient pas faire face aux deux fronts.

Isla ferma les yeux un dixième de seconde, et se surprit à supplier une force supérieure de leur laisser une autre chance. Elle n'avait pas dit au revoir à Irving, à Iona... elle n'avait rien prouvé à Allan, et elle n'avait pas dit à Ian qu'il était son frère, et qu'elle l'aimerait comme tel même si elle n'avait pas la force de le lui montrer...
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Jeu 1 Aoû - 20:30

« they don't sell a lot of brains in the local 24-hour grocery store... »
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Le souffle court, Ian s’arrêta devant sa sœur. Elle semblait prête à déguerpir le plus rapidement possible. Très bien, pensa Ian, elle a l’air d’avoir retrouvé ses esprits. Il n’aurait pas besoin de la traîner de force jusqu’à la sortie. Quoique… il la vit avancer vers lui d’un pas lent et gauche, visiblement ralentie par le poids de son sac. Isla était peu habituée aux missions de ravitaillement et avait sans doute trop rempli son sac et mal réparti son poids. L’erreur du débutant. Quantité n’était pas toujours synonyme d’efficacité. Les premières fois, lui aussi avait voulu, par souci de bien faire, vider tout le magasin. Sauf que voilà, il n’avait pas de temps à perdre à faire de pareilles leçons, pas quand une horde de zombies s’avançaient déjà vers eux en grognant leur faim. Non, ce serait pour plus tard, même s’il voyait bien qu’Isla avait déjà bien compris son erreur.

« Elle est où cette sortie ... ? » demanda-t-elle, armes aux poings, prête à tuer le premier zombie qui s’approcherait d’un peu trop prêt.
« Suis-moi. » lui répondit-il, alors qu’il commençait déjà à s’enfiler dans les rayons en direction de la porte qu’il avait trouvé un peu plus tôt.

Il se retourna quelques fois vers Isla pour s’assurer qu’elle n’avait rien. Voyant qu’elle avait un peu de mal à avancer à cause de son sac, Ian l’attrapa par le bras pour la faire avancer plus vite. A plusieurs reprises, il dut toutefois la lâcher pour donner un ou deux coups de hache aux rôdeurs les plus rapides qui s’approchaient déjà d’eux et tendaient le bras pour les attraper. Isla aussi se débrouillait pour les faire reculer, plutôt bien, ce qui le surprit un peu. Mais dès qu’ils en avaient terminé avec les zombies, Ian reprenait le bras de sa sœur, principalement pour s’assurer qu’il ne la perdrait pas au milieu de tout ce bazar.  C’était un sentiment étrange que de se soucier de la survie de quelqu’un d’autre. Ian n’en avait pas l’habitude. C’était la première fois depuis le début de l’épidémie (et peut-être même depuis toute sa vie) que le bien de quelqu’un dépendait de lui. En règle général, il n’avait que sa propre survie à l’esprit, soit parce qu’il était seul, soit parce qu’il y avait toujours quelqu’un d’autre (à savoir leur satané grand-frère) pour se soucier des autres. Mais ce jour-là, ça n’était pas le cas. Il était seul avec sa sœur et, bien que la survie de Ian ne dépendait pas forcément de celle d’Isla, il savait que celle de cette dernière dépendait bien de lui. Ce qu’il ressentait de cette situation le perturbait grandement, un mélange de satisfaction et d’angoisse. La satisfaction, ça lui plaisait, parce qu’il savait qu’Irving n’étant pas là en ce moment, Isla ne pouvait s’en remettre qu’à lui. L’angoisse en revanche, Ian détestait, ça lui donnait mal au ventre et l’empêchait de réfléchir. Il se promit mentalement de ne plus se retrouver dans ce genre de situation. La prochaine fois qu’il s’aventurerait hors du camp, il ferait en sorte de n’être accompagné que par des personnes dont il n’aurait pas besoin de s’inquiéter, quelqu’un qui savait se débrouiller sans lui ou quelqu’un dont la disparition ne lui donnerait aucun remord. En deux mots, pas Isla. Malgré tous les efforts que Ian avait pu faire tout au long de sa vie, depuis le départ de leur traitresse de mère, pour éviter de s’attacher à qui que ce soit, pour éviter d’avoir à de nouveau perdre quelqu’un qui comptait pour lui, il venait de réaliser que sa sœur entrait précisément dans cette catégorie et Dieu seul savait qui d’autre pouvait s’y trouver. Dans de telles circonstances, en plein milieu de la fin du monde, il ne pouvait se permettre une telle faiblesse. Une fois de retour au camp, il tâcherait de reprendre ses habitudes et refourguerait Isla au grand-frère, ou plutôt, il la laisserait courir dans ses bras en pleurant qu’ils avaient bien failli mourir et qu’elle était finalement mieux avec lui qu’avec Ian (parce que oui, c’était comme ça qu’il s’imaginait la scène). En fin de compte, réalisa-t-il avec amertume, leur père avait eu raison, il aurait fait un très mauvais cardiologue, il ne se souciait pas assez de la vie des autres et beaucoup trop de la sienne pour réussir dans ce domaine.

Ils parvinrent finalement à arriver devant la porte sans trop de problèmes. Ian abattit sa hache sur un dernier zombie avant de se tourner de nouveau vers sa sœur. Derrière elle, il pouvait apercevoir les zombies avancer en masse, pousser les étagères sur leur passage pour avancer plus vite et se bousculant même les uns les autres pour être les premiers à goûter à ce succulent diner. Mentalement, il pria pour qu’ils puissent s’en sortir. Il n’avait jamais été croyant, mais si il y avait un Dieu dans l’univers, c’était peut-être le moment de s’y mettre. A la vue du nombre de zombies qui avaient envahi le magasin, il faudrait bien un miracle pour qu’ils sortent tous les deux de là en un seul morceau si la porte se révélait n’être qu’un placard ou un toilette.

« C’est là ? » s’enquit Isla d’une voix faible.

Ian se contenta d’acquiescer d’un signe de tête. Il avait peur, mais il redoutait que cela ne s’entende dans sa voix. Et si Isla le remarquait, c’était fini, car si lui était effrayé, cela ne voulait dire qu’une chose : ils étaient vraiment dans la merde. Elle avait déjà paniqué plus tôt alors que les rôdeurs n’étaient pas encore rentrés, il l’avait remise sur ses pieds du mieux qu’il avait pu, mais comment réagirait-elle si elle apprenait que même lui ne croyait pas vraiment en leur survie ? D’un regard en sa direction, il remarqua qu’elle était déjà prête, l’arme au poing par dessus son épaule, à s’attaquer à ce qui pourrait sortir de cette porte. Elle avait compris sans qu’il n’ait besoin de lui expliquer. Très bien, le temps leur était beaucoup trop précieux désormais. Avalant une grande bouffée d’air, Ian donna un premier coup de hache sur la poignée. Elle ne frôla qu’à peine le bois. Sa main tremblait, aussi dût-il en donner un second. Il jeta un rapide coup d’œil derrière eux, les zombies s’approchaient dangereusement. La poignée finit par se disloquer. Ian tira sur la porte d’un coup sec pour l’ouvrir, prêt, tout comme Isla, à abattre tout ce qui se trouverait sur leur passage.

© citation : Rusty Fischer, Zombies Don't Cry
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Mer 7 Aoû - 18:50



what you gonna do when the hounds are calling ?
Là, il était vraiment temps de paniquer. Avec la horde de zombies à leurs trousses, Isla ne savait même pas comment elle faisait pour continuer à trotter comme elle le faisait, ralentie par le poids des provisions qu'elle avait récupéré. L'adrénaline, sans doute. Et peut-être aussi cette motivation supplémentaire que lui apportait Ian, qui, à ses côtés, avait été des plus stimulants au moment où elle en avait eu besoin. Maintenant, c'était sans aucun doute son instinct de survie qui avait pris le dessus. Pendant leur course, Ian se retournait pour s'assurer qu'elle suivait, abattant au passage quelques rôdeurs dont la vitesse leur avait permis d'arriver à leurs côtés plus vite que d'autres. A cet instant, elle n'était plus tellement sûre qu'ils puissent s'en sortir vivants. Leur survie ne dépendait que d'une porte : une seule porte, qui leur réservait un inconnu des plus inquiétants. Elle pouvait représenter leur salut, tout comme elle pouvait s'ouvrir sur la fatalité et, à fortiori, la mort. Pour la première fois depuis des années, cependant, Isla se sentait proche de son frère. Plus proche qu'elle ne l'avait jamais été de lui, sans aucun doute. A ce moment-là, ils formaient une équipe. Un duo qui périrait ou survivrait ensemble. Et quelque part, c'était ce qui lui donnait la force de continuer, cette force qu'elle avait perdue un moment auparavant, et que Ian lui-même l'avait forcée à retrouver en trouvant exactement les mots qu'elle avait eu besoin d'entendre. Comme Irving le faisait si bien en temps normal. Et maintenant qu'ils étaient tous les deux, juste tous les deux, Isla pouvait voir une nouvelle facette de son frère, une facette qu'elle ne lui avait jamais connu. Peut-être, évidemment, que ses seules motivations étaient de pouvoir transporter un maximum de ravitaillement, ou de ne pas avoir à défier leur père pour lui annoncer qu'elle n'était plus là, lorsqu'ils rentreraient. Les raisons pour cet élan de fraternité pouvaient être toutes aussi nombreuses que diversifiées, et pourtant, Isla n'en retenait qu'une, à un cet instant : il tenait à elle. Et c'était la première fois qu'elle s'en rendait compte. C'était ce simple éclair de solidarité qui lui avait donné le courage de courir, la force de trainer toutes ces boites de conserve malgré l'équilibre précaire et le mal de dos que cela impliquait dans sa fuite des rôdeurs.

Pourtant, rien n'allait. Derrière eux, les zombies qu'ils abattaient dès qu'ils franchissaient une distance de sécurité fictive, et devant eux, une porte qui pouvait cacher encore pire. Isla ne put s'empêcher de poser une question plus rhétorique que réellement censée : elle demanda si c'était bien cette porte qui était supposée les sauver de la situation dans laquelle ils semblaient coincés. Elle remarqua l’acquiescement de son frère, mais la réponse avait pourtant été évidente dès le début : si Ian s'était arrêté devant une porte de la sorte, ce n'était clairement pas pour admirer le travail de l'ébéniste qui avait du la tailler à l'époque. Mais lorsqu'elle paniquait, Isla préférait parler, peut-être pour être sûre qu'elle était encore vivante. Et là, inutile de préciser qu'elle paniquait clairement. Les autres étaient derrière eux, elle le savait, et elle s'efforçait d'occulter les râles qui se faisaient entendre en fond, préférant se concentrer sur les plus proches, mais également sur la porte qui leur faisait face, et ce qu'elle pouvait cacher. Ian, avec sa hache, s'efforçait de donner des coups pour la faire céder, et pendant ce temps-là, en plus de se sentir impuissante, la jeune femme ne put empêcher une nouvelle bouffée d'épouvante la submerger. Ils pouvait clairement tomber sur tout et n'importe quoi, tout comme ils pouvaient tomber sur ... rien du tout. Et la seule penser qu'ils puissent tous les deux périr par sa seule faute lui donner envie de pleurer. C'était de sa faute, comme d'habitude. Elle lui aurait bien dit quelque chose, à Ian. Là, maintenant, tout de suite, alors qu'ils avaient à peu près sept chances sur dix de se retrouver face à un autre troupeau de rôdeurs ou à un groupe de survivants desespérés. Elle lui aurait bien dit ce qu'elle avait sur le cœur, qu'elle l'aimait malgré tout, qu'elle était désolée, que tout était de sa faute... Mais elle restait figée, concentrée sur ce que pouvait dévoiler la porte. Son arme à la main, élevée au-dessus de l'épaule de son frère, elle était prête à faire feu. Pendant ce temps-là, ses tripes se tordaient d'impatience et de de panique dans son abdomen, et si elle n'avait pas conservé une once de prudence et de bon jugement, elle aurait donné un coup de pied énervé à la paroi boisée qui les empêchait de savoir si oui ou non, cette option serait salvatrice.

Au bout de plusieurs attaques violentes, Ian finit par permettre l'ouverture de la porte. Le choc fut violent, l'ouverture brusque, et l'inquiétude omniprésente. Derrière, quelques zombies approchaient encore, et Isla sentit la pression du choix : soit elle s'inquiétait de ce qui était de l'autre côté de la porte, soit elle accordait quelques secondes au terrassement des rôdeurs qui arrivaient derrière eux. C'était le moment de faire quelque chose. Alors, et empressement, elle jeta un coup d’œil rapide à la petite pièce qui se présentait à eux. Elle était ravagée, mais rien n'y bougeait. La brunette restée sur le qui-vive, mais l'option la plus avantageuse, à ce moment-là, était de s'aventurer de l'autre côté de la porte, là où l'avenir n'était pas le plus incertain -de ce qu'elle pouvait constater, tout du moins. Elle suivit donc Ian à l'intérieur, abattant au passage un zombie qui s'était approché de trop près. La pression de l'inconnu était toujours là, et le fait que rien ne semble bouger dans la pièce n'était pas des plus rassurants. Était-ce alors prudent de se protéger du reste de l'épicerie en fermant la porte ? La suite se jouerait au hasard, sans aucun doute. Et Isla, tendue comme jamais, était prête à faire feu si le moindre élément du décor se mettait bouger. La pièce était petite et exigüe, mais pas réellement carrée et donc difficilement évaluable. Des hauts rayons en métal trônaient entre ce qui représentait sans doute des petites allées, mais ils n'étaient pas aussi bien rangés que ce qui était du côté traditionnellement réservé aux clients. Une grande parti du contenu des étagères était à terre, réparti de façon plus ou moins ordonnée. Malgré tout, ce qui était prépondérant dans cet endroit ce n'était ni le fouillis observé, ni la complexité de l'organisation de la pièce... c'était l'odeur. Une odeur de mort, une odeur de merde. Odeur qui laissa échapper à Isla un haut-le-cœur et une grimace, qu'elle s'efforça cependant de masquer. Son arme au poing, prête à intervenir, elle se retourna vers la porte qu'ils venaient de franchir, observant un zombie qui n'en était plus qu'à quelques mètres. « Ian... » murmura-t-elle avec inquiétude, comme se mettre d'accord sur la démarche à suivre. Elle lui jeta un coup d’œil entendu, tremblante et au bord des larmes, avant de rejoindre, en deux enjambées, la porte, et de la claquer. « J'vais avoir besoin de toi... » ajouta-t-elle en observant la haute étagère à côté d'elle qui aurait une place parfaite devant la porte, pour la bloquer. Ce choix était clairement risqué, mais elle n'avait pas le temps d'exposer ses arguments à Ian. Soit ils ne scellaient pas la porte et finiraient enfermés ici en compagnie de tous les rôdeurs qui arrivaient... soit ils tentaient le tout pour le tout, prenant le risque de faire face à autre chose ici, mais envisageant également la possibilité de s'en sortir vivants. Bloquer l'accès qu'ils venaient de prendre ne retarderait que l'échéance, elle en était consciente, tout autant qu'elle réalisait que si quelque chose se trouvait ici, cette issue qu'elle comptait bloquer aurait peut-être été leur seul échappatoire. Et pourtant... Elle attrapa le meuble en métal qui faisait deux fois sa taille et s'efforça de le tirer vers la porte, sans grand succès. « Ian... » supplia-t-elle presque, alors qu'elle se retenait de vomir tant l'odeur se faisait intense. L'étagère finir par bouger, légèrement, juste pour qu'elle sente quelque chose glisser avec. « OH PUTAIN ! » cria-t-elle en lâchant le meuble, se réarmant pour pointer son colt vers... le cadavre humain qui, quelques instants plus tôt, était sans doute adossé de l'autre côté du meuble. Et si cette personne était morte ici, c'était qu'elle n'étais sans doute pas sortie s'approvisionner dans l'épicerie, surtout étant donné l'état de celle-ci à leur arrivée... Il y avait un autre accès à cette pièce, et donc une potentielle sortie. Ne restait qu'à la trouver. Une fois qu'Isla aurait vomi toutes ses tripes de damoiselle raffinée.
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves Jeu 26 Sep - 20:15

« they don't sell a lot of brains in the local 24-hour grocery store... »
.

La porte ne voulait pas s’ouvrir au premier coup de hache. Il avait fallu insister, ce qui leur avait fait perdre du temps. Les zombies se rapprochaient. Les râles affamés se faisaient de plus en plus nombreux et de plus en plus oppressants. Ian pouvait les entendre, sentir leur odeur nauséabonde à quelques pas seulement. Il retint son souffle, hache au point, lorsqu’il ouvrit la porte. Quoiqu’ils puissent trouver derrière celle-ci, il espérait que ça ne soit pas pire que ce qui se trouvait actuellement derrière eux. Il pouvait sentir la respiration haletante de sa sœur sur sa peau. Elle ressentait la même appréhension, il le savait. Ils prirent quelques secondes pour observer l’intérieur de la pièce qu’ils venaient de découvrir. Aucun mouvement. Cela ne voulait pas dire qu’elle était vide, mais ça leur laisserait un peu de répit pour faire reculer la horde qui s’entassait dans leur dos. D’un même mouvement, les Zellenwiller pénétrèrent dans la salle. Toujours rien. Mais la pièce était grande et entrecoupée d’énormes étagères bien remplies qui ne laissaient aucune place à leur champ de vision. Quant à leur ouïe, elle était complètement obstruée par les cris des zombies qui se trouvaient déjà dans le magasin. Seule l’odeur répugnante d’un mélange amer de renfermé, de chaleur et de pourriture ne présageait rien de bon. Mais comment savoir si elle venait vraiment de l’intérieur, ou si l’un de ces monstres s’était de nouveau aventuré un peu trop près d’eux ? Impossible de réellement évaluer le danger que représentaient ces lieux. Toutefois, une chose était sûre, ils mourraient moins vite enfermés dans cet entrepôt plutôt qu’en attendant sagement qu’un zombie les bouffe dans le magasin. Ils n’avaient plus le choix, c’était le danger de ne pas savoir ce qui se tapissait dans l’ombre ou la mort. Et Ian n’ayant ni envie de mourir, ni envie de voir Isla l’accompagner dans ce trépas, il opta pour la solution la moins fatale. D’un simple regard d’abord vers les zombies qui s’approchaient dangereusement de la porte, puis vers sa petite sœur, il se mit d’accord avec elle sur la marche à suivre. Il fallait qu’ils empêchent la horde de morts de les suivre plus loin. Ils étaient déjà beaucoup trop près, presque au niveau de l’entrée. Isla, plus proche que lui, se précipita vers la porte pour la fermer. Elle la claqua juste à temps pour bloquer le passage à un premier zombie. Mais vu l’état dans lequel se trouvait le verrou (et le reste de la porte d’ailleurs), elle ne resterait pas longtemps fermée. Les rôdeurs finiraient par s’entasser sur le morceau de bois qui la constituait et la ferait tombée. Peut-être seraient-ils même capables de faire s’écrouler le mur, si leur nombre devenait suffisamment important. Ian pouvait voir la porte trembler à chaque coup donné par les zombies, il pouvait même entendre quelques craquements de bois au milieu des râles qui se faisaient de plus en plus nombreux. La porte commença à s’ouvrir de quelques millimètres, Ian se précipita pour la bloquer du poids de son corps et empêcher encore quelques minutes l’attaque zombie imminente. Il pouvait sentir les zombies taper sur la porte et la pousser derrière lui pour rentrer, il ne tiendrait pas longtemps, il fallait trouver quelque chose pour définitivement bloquer l’accès. Ni une, ni deux, Isla était déjà à côté de l’étagère la plus proche, en train d’essayer de la tirer vers la porte, comme ils avaient fait pour la vitrine. Mais lui ne pouvait pas l’aider, si il bougeait, les zombies entreraient et ils ne pourraient plus rien faire pour les éloigner. Il pouvait la voir, en train de se battre avec l’imposante étagère qui refusait de bouger. Il pouvait l’entendre le supplier de lui venir en aide, bien qu’il ne puisse pas.

« Isla, c’est pas la peine, elle est trop lourde ! » indiqua-t-il, comme si cela n’était pas assez évident. « Trouve autre chose ! »

Mais sa sœur se borna, l’étagère avança de plusieurs centimètres. Mais à un tel rythme, jamais ils ne parviendraient à bloquer la porte à temps. Exaspéré, Ian allait faire une nouvelle réflexion lorsqu’il entendit Isla hurler à pleine voix. Derrière l’imposante étagère, il parvint à distinguer une paire de bras en décomposition cherchant désespérément à agripper Isla pour en faire leur quatre heures. Merde, il allait devoir lâcher la porte. Si il se dépêchait suffisamment, il pourrait peut-être abattre ce zombie avant que les autres ne fracassent la porte. Peut-être. Mais il ne pouvait pas laisser sa petite sœur dans cette situation. Elle était blême, tremblante, effrayée. Même si elle parvenait à tirer sur cette chose, rien ne disait qu’elle ne se ferait pas mordre avant de la tuer pour de bon. Sans attendre plus longtemps, Ian dégaina sa hache. Il quitta son poste et se précipita vers sa cible. Il commença par couper les bras du zombie, évitant ainsi qu’il ne s’accroche à Isla, puis il leva son arme et l’abattit sur le crâne de la créature qui s’écroula sur le sol telle une vieille loque. Reprenant son souffle, il jeta à peine un regard en direction de sa sœur et se tourna de nouveau vers la porte. Par chance, les zombies ne l’avaient toujours pas défoncée. Ian réfléchit quelques secondes. Impossible de la bloquer avec l’étagère, tous ces cartons qui y étaient entreposés la rendaient beaucoup trop lourde. Les cartons ! Peut-être pouvaient-ils bloquer la porte avec ? Ils étaient larges et leur poids conséquent empêcherait peut-être aux rôdeurs de passer pendant un certain temps. Ian jeta son dévolu sur un carton en bas de l’étagère. Il le fit trainer avec une certaine difficulté et le poussa contre la porte. En général, ce genre d’entrepôt était équipé de chariots élévateurs pour effectuer ce genre de déplacement, mais il n’avait ni le temps de chercher l’engin, ni le besoin de faire le travail proprement. Pour plus de sécurité, il fit également glisser une deuxième caisse à côté de la première. Bien que la porte continua de trembler sous les coups de poings des zombies, les cartons avaient au moins l’avantage de l’empêcher de s’ouvrir plus. Essouffler, Ian en profita pour se reposer un peu contre le mur. Puis, avec rage, il récupéra sa hache et entreprit de déverser toute sa haine sur le mort étalé à leurs pieds sous le regard écœuré d’Isla. Le sang giclait dans toutes les directions. Mais il s’en fichait, il avait besoin de se soulager. Il attaqua le cadavre à coups de pieds et de hache jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de visage sur lequel frapper.

« C’est bon, j’en ai plus qu’assez. On trouve cette putain de sortie et on se barre au plus vite. » annonça-t-il, irrité par toutes ces complications.

Jamais dans toutes ses excursions s’était-il retrouvé dans une pareille situation. Le danger avait toujours été grand depuis le début de l’épidémie, mais pour la première fois, Ian se rendait compte qu’il était réellement partout, qu’ils ne seraient jamais complètement en sécurité. Cette mission de ravitaillement aurait dû être simple : rentrer, se servir, sortir, point final. Un ou deux morts à abattre, rien de plus. Mais non, il avait fallu qu’ils attirent tous les rôdeurs du coin jusqu’à eux avant de s’enfermer dans un entrepôt, lui aussi visiblement infesté de zombies. Sortir d'ici n'allait pas être gagné...

© citation : Rusty Fischer, Zombies Don't Cry
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MessageSujet: Re: {{ Run with the wolves

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