New Mexico | Un pas après l'autre.
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MessageSujet: New Mexico | Un pas après l'autre. Mer 16 Oct - 16:38

Il ne faisait pas froid, environ sept degrés Celsius. Déjà, c'était un point positif. Si la température était vraiment trop froide, nous serions déprimé, quoi que cela nous rapprocherait peut-être encore un peu plus de l'odeur des rôdeurs. Chacun de mes pas était un peu plus lourd que le précédent. Nous étions encore seuls à l'horizon. Peut-être étions nous à des kilomètres de Roswell. Être seuls à trois, cette notion ne m'était pas familière. Lorsque je m'isolais, c'était complètement. Là, j'avais l'impression que nous étions les trois dernières personnes au monde. Nous avions décidé d'éviter les villes, car logiquement, ayant plus d'habitants que dans les coins désertiques, il y aurait sûrement plus de morts, donc de rôdeurs. Ainsi, on avait plus de chance de ne pas les croiser, même si le revers de la médaille n'était pas brillant non plus.

Tout comme mes camarades de route, j'étais fatigué, mes yeux me brûlaient. Si j'en avais eu la possibilité, je me serais peut-être mis en position fœtale, sur ce sol qui ne connaissait pas encore les grands froids cette année. Je marchais comme si j'avais mis le pilotage automatique en route, très mécaniquement et régulièrement, avec une petite musique qui passait en boucle dans ma tête. La mort de Äse. J'avais déjà ressassé des airs un peu plus entraînants même si sur le coup, cela me paraissait presque approprié. Cela faisait plus de deux jours que nous n'avions pas mangé et nos estomacs protestaient bruyamment.

On avait trouvé de quoi se nourrir notamment grâce aux quelques fermes que nous avions trouvé jusque-là et les provisions du départ. Nous avions essayés de prendre la voiture à un moment donné mais après un accident sans gravité, nous étions répartis à pied. Je pouvais constater que tous ces kilomètres faits pendant presque dix mois avaient considérablement musclé nos corps d'adolescents et nous transformait un peu plus rapidement en adultes. Seuls nos visages restaient entre l'enfance et l'âge mûr. Mes pieds me faisaient mal mais j'avais appris à passer outre la souffrance et à ignorer les ampoules. Il était sûr que nous en avions. Sans parler des vêtements, les semelles de mes chaussures étaient de plus en plus usée. Au moins il me restait encore une paire, celles de sport qui étaient encore relativement en bon état.

Quelques pas avant mes deux camarades, je sortis mon China type 54 et caressa un peu le métal, tout en pensant au 9mm qui dormait tranquillement dans le sac que je gardais toujours. Mon pistolet me rappelait de doulereux souvenirs mais également la promesse d'exploser tous les rôdeurs qui venaient à moi. Finalement, après avoir jeté un œil sur les environs, comme si je regrettais de ne pas pouvoir faire couler le sang, je remis mon arme là où je pouvais la sortir très rapidement. Je lançai alors un regard à mes camarades de route.

Je savais qu'ils étaient là, alors je n'éprouvais pas le besoin constant de les regarder, détailler leurs visages en permanence... Je passait tout de même mon regard sur eux, médias épandant s'uls voulaient une halte. Je transportais moins de choses que Loup et Julian. L'un voulait aller à New York... Que ferait il s'il retrouvait son père là-bas? Perdre un compagnon de voyage serait démoralisant mais il se sentirait sûrement mieux s'il retrouvait son paternel... A voir.

-Vous voulez faire une halte? leur chuchotais- je le plus bas possible, sans qu'on puisse savoir si cela me soulagerait ou non.
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Mer 16 Oct - 19:45

Si l'un de ses proches avait vu Loup Vango il ne l'aurait sans doute pas reconnue, la coupe de cheveux de la jeune fille était hirsute et ses cheveux semblaient constamment en bataille. L'adolescente était couverte de crasse, à quand remontait la dernière douche était une question épineuse. Les grands yeux bleus de la jeune fille semblaient fatiguer, sur sa peau blanche une bonne dizaine de bleus et de coupure étaient présents. Elle portait un t-shirt noir imbibé de sueur, une veille veste de polaire noir et un pantalon de treillis. À la base elle n'était pas spécialement attentive à son apparence physique, mais là l'adolescente s'en fichait au plus haut point.

Cela faisait dix mois que l'invasion de zombie avait commencé, Loup ne se faisait pas d'illusion, trouver un remède dans de telles conditions, et le faire prendre à tout le monde semblait improbable, ainsi la race humaine était destinée à s'éteindre, et la terre à finir peupler de zombies qui finiraient eux-mêmes par se dévorer entre eux. Alors la gamine voulait juste rester en vie le plus longtemps possible et retrouver celle qu'elle aimait. Ce projet de retrouver Ève dans le Maine était fou, et rien ne prouvait qu'elle y était toujours. Mais vivre pour survivre était pour Loup impensable, il lui fallait un objectif ou la brune allait devenir folle.

L'estomac de celle-ci se mit à grogner bruyamment, supporter la faim pendant quelques heures était une chose fréquente et tout le monde le faisait régulièrement, mais supporter la faim deux jours de suite était une torture. Une vraie, sa gorge était sèche, plus rèche que le carton, ils avaient encore de l'eau mais pour combien de temps ?

Un être humain pouvait tenir trois semaines sans manger et seulement trois jours sans eau. Et puis Loup doutait que l'on puisse passer trois semaines sans manger tout en marchant tout le temps. En dix mois ils avaient fait 1400 Km, sur une durée aussi longue une telle distance pouvait paraître faible. Pourtant parcourir tout cela en sachant que les rôdeurs pouvaient surgir à tout moment, qu'ils ne dormaient jamais plus de six heures par nuit et qu'ils mangeaient peut était en soi exploit, surtout à leur âge. Et, preuve ultime que la faim ravageait la grosse mangeuse qu'était la jeune fille : elle n'avait rien dit depuis au moins... Cinq minutes! Non, si la fatigue ne l'empêchait pas de s'agiter la faim y parvenait très bien.

-Vous voulez faire une halte? Déclara soudain Killian

Le regard que lança Loup à son compagnon de route fut d'une incroyable intensité! Le besoin d'agitation constante de cette dernière lui faisait régulièrement oublier la fatigue, cela pouvait être un avantage comme un inconvénient. Loup appréciait beaucoup son compagnon de route, dans la mesure où souffrir ensemble rapprochait une amitié forte s'était créé entre eux. La brune savait bien qu'elle l'agaçait, elle énervait tout le monde de toute façon.

Avec Julian c'était différent, une amitié forte les liait aussi, seulement l'agressivité du garçon au moindre truc paraissait tout bonnement insupportable aux yeux de l'adolescente. Elle ne se laissait jamais marcher sur les pieds et ce n'était pas maintenant que ça allait commencer. Les chamailleries étaient souvent au rendez-vous mais les vraies disputes rares. Se chamailler était pour les deux le moyen de se détendre un peu, mais les membres savaient que l'heure n'était plus aux disputes stupides. Ils ne parviendraient à leur objectif qu'ensemble, se disputer ne pourrait que les ralentir.

-Mec c'est une super idée! s'exclama Loup
Moins de deux minutes plus tard les adolescents étaient assis au sol, ils étaient sur une route désertique. La jeune fille ôta son sac à dos, le posa sur le sol puis s'allongea, se servant de l'objet comme oreiller. C'était un véritable bonheur de pouvoir enfin s'arrêter un peu, de poser ses jambes et de souffler. Il y avait fort à parier que dans quelques minutes l'allergie de Loup à l'immobilité revienne, mais pour l'instant elle était bien.

-Merde les gars, j'ai TELLEMENT faim, je boufferais n'importe quoi là, même du chien ou du chat, c'est comme si je n'avais rien mangé depuis quatorze générations! Je e demande d'ailleurs comment on a pu se retrouver sans bouffe! Enfin si je sais, on avait rationné, mais les dernières fermes étaient vides. M'enfin bon c'est carrément chiant vous trouvez pas . Et puis je trouve que mourir de faim après tout ce temps à échapper à des rôdeurs en furie se serait con non . Putain j'aimerais tellement manger un énorme steak!

Puis la future femme lança un regard appuyé à Killian en disant.

-Et ne faite pas genre "ça ne m'atteint pas du tout je suis trop fort" je sais que vous crevez la dalle! Il faut vraiment qu'on trouve des trucs à manger, et un endroit ou passer la nuit bien sur. Ce ramassis de macchabée ne mérite pas de si bon repas.
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Mer 16 Oct - 21:24


- Julian marchait. Il marchait, quelques pas derrière Loup, quelques pas derrière Killian, un peu décalé par rapport aux deux autres, mettant un point d'honneur à emprunter un chemin différent d'eux même si cela devait ne se jouer qu'à un mètre tout au plus. Il montrait ainsi son indépendance ; le fait que même après ces mois de voyage en groupe, il n'était pas comme eux, il n'était pas eux, et il tenait à conserver cette distance, si insignifiante soit-elle. À le voir on aurait pu croire qu'il s'en fichait, de ses compagnons de route. À vrai dire, à l'entendre aussi, on aurait pu le croire. Et peut-être même les deux adolescents qui marchaient avec lui le pensaient, après toutes ces piques agressives et ce caractère renfermé et solitaire. Pourtant, ce n'était pas le cas. Julian avait tendance à œuvre en solitaire ; à ne pas toujours informer ses compagnons de ses intentions ; à rester en retrait ; à parler peu ; à être agressif ; à montrer de l'indifférence voir parfois même un certain mépris ; mais pourtant il tenait à eux. Ils étaient devenus comme une seconde famille pour lui. Mais jamais, jamais il ne l'avouerait. Il ne pouvait pas se permettre de le montrer : ce serait montrer un signe de faiblesse, et ainsi risquer d'être blessé, trahi, d'avoir à nouveau mal comme il avait eu mal en tuant sa famille, comme il avait toujours mal dès qu'il y repensait. Il y avait toujours cette plaie béante dans son cœur, une douleur sourde qui pourtant ne le lâchait jamais. Une douleur à laquelle il s'accoutumait mais qui l'empêchait d'être lui-même. Il cachait ses émotions derrière ce masque impassible, il répondait méchamment pour ne pas laisser ses sentiments transparaitre ; mais cela ne l'empêchait pas de ressentir des choses. « La meilleure défense, c'est l'attaque. » Cette phrase, qu'il avait intériorisée depuis le début de l'invasion, était valable certes pour les zombies, qu'il attaquait dès qu'il en avait l'occasion, mais aussi pour les humains. Y compris les seuls en qui il ait confiance. Attaquer, pour ne pas être attaquer.

Certes Julian n'était pas non plus constamment agressif et de mauvaise humeur. Il lui arrivait de discuter normalement avec ses compagnons de route, et généralement lorsque quelque chose le contrariait ou l'énervait, il préférait se taire plutôt que hurler sa rage. Mais il y avait des jours, où toute la douleur et la haine qu'il avait emmagasiné ne pouvaient que ressortir. Contre des innocents, contre les seuls qui le soutenaient encore ; mais elle ressortait. Alors là, il était blessant. Froid. Son regard bleu clair devenait bleu glacial ; il pouvait regarder les autres comme s'il avait voulu les tuer. Ses moindres paroles devenaient des piques dangereuses, et si les deux autres n'avaient pas été très patients envers lui, et indifférents à tout ce qu'il disait, alors il aurait probablement été condamné à voyager seul depuis longtemps.

Ce jour-là, il était justement de mauvaise humeur. Il avait passé la nuit à cauchemarder, revivant sans cesse la mort de sa mère et de sa sœur, revoyant encore et encore le sabre s'enfoncer dans leur crâne. Cela avait réveillé sa douleur, et à chaque pas elle semblait se faire plus forte. Depuis le début de la journée, et il était maintenant le milieu de l'après-midi, Julian n'avait pas décroché un seul mot. Il s'était contenté de regards noirs, s'en voulant toujours plus devant les mines de ses deux compagnons, sachant qu'il les blessait en faisant ça mais incapable de changer son attitude. Il aurait aimé, pourtant. Leur exprimer toute sa gratitude de ne pas l'abandonner, s'excuser pour tout ce qu'il disait lorsqu'il était dans cet état. Mais il ne pouvait tout simplement pas. Alors il essayait d'ouvrir sa bouche le moins possible, de rester à l'écart autant qu'il le pouvait, et n'attendait que le lendemain où, peut-être, il irait enfin mieux. Le jeune homme marchait, pas après pas. Au moins, il ne faisait pas trop chaud, ni trop froid. Le trio n'avait pas le soleil dans les yeux ; ce qui était le cas à certains moments de la journée, et particulièrement désagréable. En revanche, ils avaient tous faim, et Julian ne faisait pas exception à la règle. Il sentait son ventre geindre, gémir, se plaindre, mais rien ne venait le remplir. Heureusement, il avait appris depuis longtemps à faire abstraction de toutes les sensations négatives envoyées par son corps, et ainsi il ignorait les appels désespérés de son estomac pour continuer d'avancer. Il avait fixé le fourreau de son sabre dans son dos ; comme il l'avait si souvent vu dans les dessins animés, les films, ou lu dans les livres. Il s'était vite rendu que c'était l'endroit le plus pratique : pas de difficultés pour dégainer, pas de gène s'il devait courir. Le seul inconvénient était qu'il avait failli s'auto-tuer quelques fois lorsqu'il s'entrainer ; mais au bout de dix mois de pratique il était devenu expert dans le maniement de cette arme. Son ancien entrainement de Jujitsu l'avait beaucoup aidé, et le reste, il avait appris sur le terrain, combattant conte des ennemis imaginaires, contre ses compagnons en entrainement, ou, et surtout, contre de véritables zombies. Il ne comptait plus le nombre de morts-vivants qu'il avait définitivement envoyé de l'autre côté.

Jamais Julian n'avait autant changé qu'en ces dix mois. Pour tenter d'oublier la fatigue et la faim, la peur et la douleur, il énumérait tous les changements. Déjà, son apparence physique. Ses cheveux bruns avaient toujours été en bataille, mais là, plus une mèche n'était même un minimum ordonnée. Il s'était musclé, mais il avait aussi beaucoup maigri, et ses joues s'étaient creusées. Il y avait aussi les changements dus à son adolescence : il avait encore pris quelques centimètres, ce qui l'avait contrait à récupérer des vêtements à sa taille dans une ferme qu'ils avaient « visitée ». Ses traits devenaient de plus en plus ceux d'un homme ; bien qu'il soit toujours un adolescent. Autrefois, s'il n'était pas particulièrement sensible à la mode, il faisait tout de même attention à porter des vêtements un minimum propres et en bon état. Son jean, maculé de terre et de quelques tâches plus sombres de sang, était déchiré en de multiples endroits. Son sweat, dont la capuche rabattue sur sa tête comme pour se protéger du monde extérieur plongeait son visage dans l'ombre, n'était pas en meilleur état. Mais les plus gros changements étaient mentaux. Plus aucune pitié pour les zombies, plus de dégoût face au sang, une rage incontrôlable, une douleur infinie, un sang-froid qu'il n'aurait jamais cru avoir un jour, et une nouvelle froideur.

« Vous voulez faire une halte ? »

La voix de Killian sortit Julian de ses pensées. Il releva la tête vers le jeune homme et, ne trouvant rien à redire à cette proposition malgré son mauvais caractère, il se contenta de ne pas ouvrir la bouche. Loup fut moins indifférente à cela :

« Mec c'est une super idée ! »

Un peu plus tard, les trois adolescents étaient assis à même le sol. Julian commença par étirer ses jambes, puis il s'assit en tailleurs, son sac à dos posé à côté de lui. S'il tentait de se détendre, il ne pouvait s'empêcher d'être sur le qui-vive : après des mois passés à craindre les zombies, même au milieu d'une étendue désertique où rien ne venait troubler la monotonie du paysage, il ne pouvait s'empêcher d'être anxieux.

« Merde les gars, j'ai TELLEMENT faim, je boufferais n'importe quoi là, même du chien ou du chat, c'est comme si je n'avais rien mangé depuis quatorze générations! Je e demande d'ailleurs comment on a pu se retrouver sans bouffe! Enfin si je sais, on avait rationné, mais les dernières fermes étaient vides. M'enfin bon c'est carrément chiant vous trouvez pas . Et puis je trouve que mourir de faim après tout ce temps à échapper à des rôdeurs en furie se serait con non . Putain j'aimerais tellement manger un énorme steak ! Et ne faite pas genre "ça ne m'atteint pas du tout je suis trop fort" je sais que vous crevez la dalle! Il faut vraiment qu'on trouve des trucs à manger, et un endroit ou passer la nuit bien sur. Ce ramassis de macchabée ne mérite pas de si bon repas. »

Julian était peut-être apaisé par cette pause bien appréciée. Ou peut-être que cette longue plainte de Loup lui rappelait les dix mois passés en sa compagnie, à s'entraider mutuellement. L'arme qu'elle lui avait donné et dont elle lui avait appris à se servir, à sa ceinture, en témoigner. Lui-même lui avait appris les notions de Jujitsu qu'il connaissait. Ils s'étaient plusieurs fois sauvés la vie durant une attaque ; et c'était la même chose pour Killian. Et plus il y réfléchissait, plus Julian se rendait compte que malgré ses sautes d'humeur fréquentes et autant désagréables pour lui que pour eux, malgré les petites disputes sans gravité qui en résultaient, il tenait énormément à ses deux compagnons de route.

« On a faim aussi, mais on sait se contenir les plaintes de notre estomac, nous... Et après on dit que ce sont les hommes les ventres sur pattes. »

Un voile nostalgique passa dans les pensées du jeune homme. C'était le genre de choses qui se disaient... Avant. En attendant, il s'agissait de ses premières paroles de la journée... Et même pas agressives, s'il-vous-plait.
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Jeu 17 Oct - 11:25

A l'exclamation sur-enthousiaste de Loup, je finis par m’asseoir, gardant mon sac accroché à mon épaule. Les coudes posés sur mes genoux, je passais une main dans mes cheveux blonds très sales. Ma main n'était pas dans un meilleur état d'ailleurs. Tout comme les autres, mes vêtements étaient dans un état déplorable, voir même plus que ceux des autres, vu que je n'avais eu le temps de ne prendre que deux tenues. Là, mon jean était tâché, maculée de boue séchée et des traces sanglantes étaient largement visibles, comme si les traces étaient toutes fraîches. Je passais ensuite la main gauche sur mes bras presque nus. Il devenait difficile de deviner la couleur originelle de mon t-shirt, et les manches étaient presque entièrement coupées. Si Julian était en tailleur, Loup semblait être la plus décontractée en s'allongeant, son sac sous sa nuque. Je n'attendais pas spécialement de paroles de la part de l'autre garçon du groupe, du fait qu'il n'avait pas décoché encore une parole de la journée. Au final, c'était Loup qui avait alimenté la "conversation"...

Je pouvais presque me sentir seul, avec des cheveux blonds alors que mes deux compagnons de route, avec leurs yeux bleus électrique et leurs cheveux bruns auraient presque pu passer pour des frères et sœurs. Leurs visages démentaient par contre ces propos. Loup se lançant dans une tirade. J'écoutais le début pour décrocher et passer ensuite à autre chose. Notre camarade de route n'arrêtait pas de parler, et lorsqu'elle se lançait dans un discours, il était impossible de l'arrêter. Ou du moins, je n'y arrivais pas. Je considérais les longs monologues ou discours, appelez-les comme vous le voulez, comme totalement inutiles et ennuyeux. Il s'agissait de tourner autour du pot. La plupart du temps, aucun sentiment véridique n'animait ces belles paroles, aucune sincérité. Si la spontanéité était au rendez-vous lorsque Loup parlait, la majorité des mots qu'elle utilisait étaient inutiles. A mon avis, les paroles de la jeune fille manquaient de percutant, car en une phrase, il était possible de résumer toutes les plaintes et lamentations de la brune. De ce point de vue là, les paroles de Julian étaient beaucoup plus justes et savaient atteindre son interlocuteur, mais je trouvais qu'elles manquaient d’authenticité. Ou n'était-ce qu'une impression. En tout cas, c'était la principale raison qui faisait que je n'écoutais pas la moitié de ce que mes "amis" disaient.

Aussi, je ne devinais le sous-entendu de Loup que par la réponse de Julian. Je détournais la tête, dissimulant ainsi une sorte de demi-sourire. La phrase que le lycéen avait prononcée, elle aurait pu être dite avant d'aller au réfectoire, après une série de cours et peut-être de contrôles. Là, un sourire ironique apparut sur mes lèvres et je ne chercha pas à le dissimuler d'une quelconque façon. Je me sentais si loin de ces problèmes quotidiens que j'avais l'impression que ce que je faisais plus de dix mois plutôt n'avait aucun sens et n'était qu'un autre amer souvenir parmi tant d'autres. Un souvenir presque sans importance vu qu'il était certain que ma vie ne serait plus jamais la même après ce que j'avais vécu en compagnie des deux autres californiens. Je crois que je n'aurais jamais tenté de les approcher si nous n'avions pas vécu tout cela. Et quand bien même je leur aurais parlé, je pense que nous nous ne serions pas supportés.

Ensuite, je pensais à des choses autrement plus importantes. Je me demandais si seules les générations qui vivaient aujourd'hui étaient touchées par l'épidémie et si quelqu'un mettait au monde un enfant, serait-il atteint aussi? Il serait bien de savoir si l'épidémie avait également un caractère héréditaire ou non... Dans tous les cas, le problème serait très compliqué à résoudre, mais plus qu'important pour l'avenir de l'humanité. Je me disais aussi que si tous les enfants que nous pouvions avoir seraient immunisés, il aurait fallu qu'ils nous tirent deux fois chacun dans le crâne pour rétablir une harmonie. Or, en prenant en compte le facteur humain, et le fait qu'il était sûrement impossible de concevoir un enfant, l'élever et lui faire comprendre qu'il faut tuer tout le monde sauf ceux de son âge, l'entreprise était irréalisable. Quand à savoir si l’hypothétique futur être était "sain", il fallait déjà que les parents acceptent de le laisser mourir, vu que je n'étais pas sûr qu'on puisse repérer le virus et l'identifier. Je portais ma main droite à la bouche et commençait et arracher des peaux mortes. Ensuite, venait le cas de conscience. Pouvait-on tuer quelqu'un d'innocent pour éventuellement en sauver d'autres?

Au final, si le seul but était de conserver le plus longtemps possible l'espèce humaine, il faudrait arriver à élever des enfants qui essayeraient de survivre le plus longtemps possible et vice-versa... J'inspirais longuement avant d'expulser lentement l'air de mes poumons, camouflant un discret soupir de découragement. Je finis par retourner la tête vers Loup et Julian. Pourquoi pas lancer un sujet, histoire que la jeune fille rebondisse dessus? Autant ne pas tomber dans la monotonie...

-Je me demande si les rôdeurs sont comestibles... Pas vous?

Avec un sourire en coin, je scrutais leur réaction et me sondait moi-même pour savoir si j'aimerais goûter à un macchabée...
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Jeu 17 Oct - 21:48

Merveilleux, Loup avait enfin réussi à faire réagir ses camarades de route, la brune détestait le silence. Enfin, avant il lui arrivait de faire de longues balades solitaires qu'elle appréciait beaucoup, ou alors de se laisser aller à des rêveries toujours agréables. Or le temps des rêves était fini, il fallait maintenant resté ancré sur la cruelle réalité du monde post apocalyptique qui l'entourait, en un instant un rôdeur pouvait lui sauter dessus. Et une morsure et tout serait terminée, d'abord il y aurait la fièvre qui devait être aussi terrible qu'insupportable puis la transformation. Les zombies n'avaient évidemment ni pensé ni émotion, leurs capacités se limitaient au strict minimum nécessaire pour tuer. Pire des chiens en somme. Plutôt que de répondre à la longue complainte de la brune, le blond du trio préféra lancer un sujet.

La première pensée de Loup fut un dégout total, manger des rôdeurs ? Cela s'apparenterait tout bonnement à du cannibalisme. Cela même en cas de famine absolue elle n'en serait tout bonnement pas capable. Et puis il s'agissait tout simplement de logique, si jamais la morsure d'un zombie provoquait la fièvre puis la transformation, il y avait fort à parier qu'ingérer une partie d'eux les transformerait. La brune se doutait bien de l'ironie de son camarade, le contraire aurait été, malgré la fin ultime qu'ils subissaient totalement inquiétant. Alors ce fut avec le sourire en coin qu'elle répondit.

-Hum... Des tripes pour le diner, au moins on aurait enfin un truc consistant à se mettre sous la dent! Et puis il doit y avoir pas mal de viande sur un rôdeur, pas comme sur l'un de ses poulets rachitiques qu'on bouffe parfois, m'enfin, qu'on bouffait vue que maintenant ils sont a priori tous morts... Enfin bon les rôdeurs doivent avoir un gout de viande périmé... Personnellement je préférais de la viande fraiche fit elle en lançant un regard carnassier à Julian.

Les yeux bleus de la jeune fille scrutèrent l'horizon, il n'y avait rien devant eux, hormis une route qui ne semblait pas vouloir finir. La longueur de ce voyage était déprimante, la brune avait conscience qu'ils auraient pu aller beaucoup plus vite, pourtant il fallait toujours échapper aux rôdeurs. Et y échapper cela sous-entendait à avoir chaque soir un endroit ou dormir, et le barricader. Il fallait aussi tenter parfois des excursions dans les villes afin de trouver de la nourriture et d'autres objets indispensables.

Et puis ils avaient parfois fait des erreurs, avaient eu des accidents comme ce fameux accident de voiture qui avait fait passer l'envie au trio de jouer les Speedy Gonzales. Avant l'invasion elle n'avait jamais été fan de films apocalyptique, les considérant comme trop pessimiste. Loup avait toutefois vu quelques films du genre et elle avait maintenant la certitude qu'entre les films post apocalyptique où, malgré des conditions de vie atroces le héros parcourt des dizaines de kilomètres à une vitesse folle, a toujours une coupe de cheveux parfaite et ne souffre bien sur pas du tout des petits tracas du quotidien comme la pénurie de papier toilette et la vraie vie la distance était grande.

Un vent frais souffla, faisant chuter la température de manière temporaire, la brune frissonna, elle n'était spécialement sensible au froid, et la température était loin d'être extrême, mais rien à faire, la survivante n'était pas faite pour les températures plus faible que quinze degrés, et plus haute que 23 ou 24. Loup détestait tout simplement ça, pourtant elle relativisait pour elle marcher sous un soleil de plomb aurait été bien plus chiante que de marcher dans un léger froid.

Toujours aussi incapable de ne rien faire l’adolescente sortit son poignard et commença à le manipuler, il était maculé de sang séché, au début de l’invasion Loup avait cru que le fusil d’assaut qu’elle portait en permanence sur le dos lui serait plus utile que ce poignard or cela s’était avéré être une erreur, chaque coup attirait les rôdeurs, en dehors des moments de frénésie les tirs étaient à bannir. En manipulant le couteau la brune songeait qu’elle avait eu de la chance que Julian puisse lui apprendre à manier les armes blanches. Une partie d’elle-même restait persuadée que de toute façon, porter un coup de couteau n’était pas compliqué, mais l’autre lui faisait remarquer que les feinte qu’elle avait appris à maîtriser se révélaient utile. Mais au fond notre jeune protagoniste préférait les armes à feu, plus radicales, plus fiables et au moins après l’utilisation l’arme n’était pas couverte de tripes.
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Sam 19 Oct - 21:54

- Julian ferma les yeux un instant. Il sentait une brise légère lui caressait la peau et passer dans ses cheveux sales. Il aurait tout donné pour un peu d'eau chaude, pour une bonne douche, voir même un long bain chaud. Mais à bien y réfléchir, beaucoup de choses de sa vie banale lui manquaient. Il aurait aimé pouvoir entrer dans un snack, commander un bon hamburger et une énorme ration de frites, avec en prime un Ice Tea. Ou même simplement un verre de jus de pomme. De belles tartines de Nutella. Un bol de chocolat chaud avec des biscuits à tremper dedans. Un bon film avec de l'action – mais tout, tout sauf des zombies. Mais à la place d'un lit confortable dans une jolie petite maison, avec un ordinateur et une connexion internet, l'adolescent n'avait que deux compagnons tout aussi paumés que lui, un sabre, un sac à dos, et un long chemin devant et derrière lui, sans oublier de douloureux souvenirs. Il ne savait plus où il en était, il ne savait pas ce qu'il pouvait ni ce qu'il devait faire. S'il suivait les deux autres c'était parce qu'il n'avait nul part où aller. Il aurait aimé croiser un grand groupe, dans, par exemple, une base militaire ultra-protégée, avec des soldats armés de partout pour veiller à leur sécurité. Et ils auraient subi une série de tests, avant que les médecins concluent qu'ils n'étaient pas contaminés. On leur aurait alors laissé une chambre chacun, avec des douches, de l'eau chaude et même de l'électricité. Il y aurait eu trois repas par jour, avec des quantités de nourriture suffisantes, et ils auraient pu dormir en paix sans craindre de se faire dévorer. Mais ils ne croisaient personne. Même pas un petit groupe enfermé dans une maison, non. Ils avaient croisé des gens au début de leur périple, mais cela faisait plusieurs jours qu'ils ne détectaient aucune présence humaine.

Des images de rôdeurs affamés et grognant, d'humains dévorés vivants et de cadavres pourrissant au soleil envahirent les paupières closes du jeune homme, qui rouvrit les yeux en luttant contre ses scènes toutes droites sorties de ses propres souvenirs. La situation dans les villes était une véritable catastrophe. Des morts, des morts de partout. Et beaucoup trop qui étaient encore vivants d'une certaine façon, qui se relevaient et qui couraient en direction du moindre bruit qu'ils entendaient, de la moindre odeur de chair fraiche. Et ceux qui avaient reçu une balle ou n'importe quel autre projectile dans le cerveau se contentaient d'être étendus dans les rues, sans personne pour venir les enterrer. Cela n'était peut-être qu'un détail, mais Julian n'aimait pas ça. Tous ces corps laissés sans tombe, laissés à pourrir dans la rue, sans le moindre respect, sans ne serait-ce qu'un bout de bois gravé de leur nom et quelques fleurs. Ce nouveau monde était cruel, froid et sans pitié. On y mourait jeune, on y revivait sans conscience, et lorsque finalement on s'étendait pour ne jamais plus se relever, c'était pour que son corps reste là, en plein milieu, piétiné par ceux qui étaient toujours debout.

Julian sortit une bouteille d'eau de son sac, et en but quelques gorgées, en prenant garde à bien la rationner. Il n'en avait plus énormément, et il ne savait pas combien de temps il lui fallait encore tenir sans pouvoir la remplir à nouveau. Il vérifia qu'il ne lui restait rien à manger dans son sac ; mais effectivement il n'y trouva rien à se mettre sous la dent. Seulement des habits, quelques photos, et tout ce qu'il avait récupéré qui pouvait éventuellement être un jour utile. Soit des outils, une corde, plusieurs boîtes d'allumettes ainsi que deux briquets, une barre de métal, une trousse de premiers secours. Il y avait aussi les clés de chez lui, son Mp3 totalement déchargé, son téléphone portable dans le même état, son passeport, ainsi que son passeport de Judo, qu'il avait depuis le premier jour mais qu'il ne pouvait se résoudre à jeter. Mais absolument rien qu'il pourrait manger. Alors il referma d'un coup sec la fermeture éclair, puis releva ses cuisses contre sa poitrine avant de poser sa tête sur ses genoux, enserrant ses jambes de ses bras. Son ventre hurlait de ce manque de nourriture auquel il était soumis, protestant bruyamment, comme si ces crampes incessantes allaient changer quoique ce soit à la situation désespérée des trois jeunes gens.

Ce fut Killian qui reprit la parole le premier, lançant un nouveau sujet de conversation. Julian appréciait bien le silence qui régnait, et maudissait tous ces gens pour qui l'absence de paroles paraissaient forcément gênantes, et qui cherchaient donc continuellement à combler ces moments de vide sans en comprendre la valeur. Il aurait aimé pouvoir reposer son esprit en même temps qu'il reposait son corps, mais d'un autre côté il aimait entendre la voix des autres, même s'il ne participait pas particulièrement aux conversations. Ainsi la solitude ne l'oppressait pas, et il devait avouer que cela le rassurait. Et après tout... Pourquoi ne pas essayer de participer un peu à la discussion, pour une fois ? Surtout qu'on pouvait dire que, lorsque Killian avait faim, il en devenait très – trop ? – imaginatif.

« Je me demande si les rôdeurs sont comestibles... Pas vous ? »

Non. Non, Julian ne se demandait pas si les rôdeurs étaient comestibles ; la réponse paraissait tellement évidente que cette question ne lui effleurait même pas l'esprit. Comment un tas de chair et de boyaux en pleine décomposition pourrait-il être comestible ? Surtout que lorsque ce tas en question plantait ses dents dans votre corps, vous vous retrouviez fiévreux avant de mourir et de devenir un rôdeur à votre tour. Il n'y avait pas la moindre chance que ces bestioles affreuses soient comestibles ; et même si cela avait été le cas, Julian aurait préféré mourir de faim plutôt que de porter à sa bouche ne serait-ce qu'une bouchée de cette viande repoussante.

« Hum... Des tripes pour le diner, au moins on aurait enfin un truc consistant à se mettre sous la dent! Et puis il doit y avoir pas mal de viande sur un rôdeur, pas comme sur l'un de ses poulets rachitiques qu'on bouffe parfois, m'enfin, qu'on bouffait vue que maintenant ils sont a priori tous morts... Enfin bon les rôdeurs doivent avoir un gout de viande périmé... Personnellement je préférais de la viande fraiche. »

Le jeune adolescent ne répondit pas aux deux autres, ce qu'il pensait étant probablement parfaitement lisible sur l'expression de dégoût qu'il avait affichée, pas plus qu'il ne réagit face au regard carnassier que Loup lui jeta en prononçant sa dernière phrase. Lorsque la jeune fille sortit son poignard, Julian ne put s'empêcher de faire de même, tirant le sien de son sac. Il l'avait trouvé dans une maison remplie d'armes blanches magnifiques et parfaitement affutées. C'était bien plus efficace et agréable à manier que le gros couteau de cuisine qu'il avait utilisé dans un premier temps, et bien que son arme de prédilection soit son sabre, un poignard pouvait aussi faire l'affaire. Et bien sûr il y avait le pistolet donné par Loup, qu'il évitait cependant d'utiliser. Déjà parce que les munitions n'étaient pas infinies, ensuite parce que même s'il s'était grandement amélioré depuis le début de l'invasion il n'était toujours pas un viseur exceptionnel, et enfin et surtout parce que les détonations bruyantes attiraient les rôdeurs à des kilomètres à la ronde. Et lorsque l'on était en pleine ville, là où la concentration de zombies étaient la plus importantes, tirer un coup de feu était tout simplement suicidaire. Alors Julian préférait les armes blanches, qui avaient l'avantage de faire suffisamment peu de bruit pour éviter que la moitié de la population transformée de la ville ne rapplique en grognant pour venir chercher leur repas.
Le jeune homme faisait tourner le poignard entre ses mains. Au bout d'un certain temps, il se le lança dans le sol, à quelques dizaines de centimètres de hauteur, pour le planter dans la terre. Contrairement à l'arme de Loup qui était toujours maculé de sang, celle de Julian était parfaitement propre, excepté les trainés brunes de terre qui venaient d'apparaitre, conséquence du jeu machinal de son propriétaire. Il nettoyait la lame après chaque combat, dès qu'il se retrouvait en sécurité dans un endroit calme. Visiblement, ce n'était pas le cas de sa compagne de voyage...

Son estomac se rappelant une fois de plus à son bon souvenir, Julian se résolut enfin à envisager la dernière solution : retourner en ville pour y trouver de la nourriture, ou tomber sur une nouvelle ferme. La première solution était la plus dangereuse, mais au moins la ville n'était-elle pas trop dur à trouver : les trois jeunes gens tombaient régulièrement sur des panneaux indiquant telle ou telle commune. La seconde option était plus sûre : il y aurait tout au plus trois ou quatre rôdeurs dans une habitation isolée, et cela ne constituait pas un réel danger pour des combattants prévenus, vigilants et plus ou moins expérimentés. En revanche, c'était beaucoup plus hasardeux, les voyageurs n'ayant aucune idée de la distance les séparant de la prochaine maison en pleine campagne... Julian pesa rapidement le pour et le contre, avant de lancer finalement :

« Bon... Si on veut pas crever de faim, et ce serait plutôt bête d'avoir échappé aussi longtemps aux rôdeurs pour finalement mourir d'une façon aussi nulle, faudrait peut-être se trouver de la bouffe. Et... Je pense qu'un petit tour en ville est la seule solution que l'on a. »
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Jeu 24 Oct - 12:36

Loup rebondit évidemment sur le sujet, ce qui me permis de m'allonger à mon tour en soupirant. La faim se faisait sentir, et ma précédente remarque était plus un aveux qu'autre chose. Ainsi, sans le dire clairement, j'avais rejoins l'avis de mes camarades, et aucun d'entre eux n'avait semblé le remarqué. Je me dis que moi non plus, je ne voudrais pas, quand bien même consommer cette nourriture était sans danger, manger un rôdeur. Entre la puanteur et le dégoût... Je ne savais plus si je pouvais prendre ça pour du cannibalisme. Après tout, les macchabées n'étaient plus des humains, juste des créatures immondes qui ne s'apparentaient plus aux survivants. Peut-être qu'un mort-vivant avait été une personne incroyable et honorable dans le passé, mais maintenant, je ne reculerais pas à tirer sur le cadavre d'une star transformée en zombie. Ni même d'un ancien camarade de classe, ou même de tuer Loup ou Julian, s'ils se transformaient.

C'était tuer ou être tué. Je ne dirais pas que ma vie passait avant tout, car je ne vivais plus. Je ne faisais que survivre, et nous étions parfois transformés en animaux, à agir comme des cro-magnons. On ne cherchait qu'à bouffer et rester le plus longtemps possible en vie. Avoir un objectif était la seule chose qui nous faisait tenir, alors que bien des personnes ont succombé à ces horreurs. Et mon objectif était plus que métaphorique. Pourtant, il me faisait marcher, comme un enfant à qui on promet une récompense s'il termine son devoir. C'était plus une promesse faite à moi-même qu'un objectif. C'était la différence entre mes compagnons de route et moi. Julian recherchait son père à New-York. Il voulait sûrement avoir encore une trace de sa famille, quelqu'un pour lui rappeler... Quelque chose.

Loup voulait "sauver" son amour, appelée Eve... Eve. Ce nom me fit doucement sourire, un sourire à peine perceptible ou seul le coin gauche de ma bouche se releva d'à peine quelques millimètres. La religion, c'était dégoûtant. Essayer de faire croire aux gens qu'un Dieu ou autre entité surnaturelle avait crée un phénomène alors que ce phénomène en question était scientifique... Et pourquoi cet être parfait, avec son longue barbe et compagnie n'irait pas supprimer les zombies de la planète vu que l'être humain était sa créature parfaite? Tout cela prouvait qu'il n'existait pas, pas plus qu'Eve, qu'Adam, et en plus, ces imbécillités avaient donné une mauvais réputation aux serpents. J'aimais bien ces reptiles qui vivaient malgré la haine collective qu'on leur vouait. Un jour, nous avions dû dépecer une vipère pour satisfaire nos besoin naturels.... Comme quoi cet animal avait plein d'utilité. Enfin, personne n'était enchanté de la manger, malgré la faim qui tenaillait notre estomac.

Manger un serpent n'était pas pire que de manger un poulet. C'est juste que la plupart des gens se sentaient plus à l'aise avec ce qu'ils ont gâché. La volaille faisait parti de leur chaîne alimentaire, alors évidemment, ils préféraient. Les végétariens et ceux dont leur religion leur interdisait de manger un certain types de viande, s'ils avaient encore de tous ces scrupules étaient sûrement encore plus affamés que nous, s'ils n'étaient pas déjà tous morts. Je glissais un oeil du côté de Loup et Julian. Les deux avaient sortis leurs couteaux et jouaient avec. Je remarquai que l'arme de la jeune fille était encore maculée de sang. La mienne était plus propre, car à force d'accumuler la crasse, le tranchant se perdait peu à peu. En revanche, mon pantalon était bien plus rougeoyant.

-Gamins.

Ensuite, Julian proposa d'aller en ville. De toute façon, quitte à mourir, autant le faire en se battant. Mourir en emportant un zombie dans sa chute, c'était un match nul, car on ne ferait que se remplacer. Mais s'il était possible d'en tuer une dizaine, je n'hésiterais pas une seconde. Cela aiderait à la fois mes propres compagnons de route que les autres survivants. Il fallait agir de cette manière, avec la responsabilité collective. Personne ne voulaient qu'ils remportent à la fin de l'histoire. Car toute chose à une fin. L'humanité en aura une, à un moment donné, tout comme les zombies disparaîtrons de la surface de la terre, peut-être aussi soudainement qu'ils étaient apparus.

-Je suis d’accord. La majorité a parlé, on y va.

La majorité, je m'en foutais un peu, mais je ne supporterais pas de mourir d'une manière aussi pitoyable, à cause de la couardise alors qu'on avait déjà fait tout ce chemin. Ce n'était pas grand chose, mais c'était l'oeuvre de notre vie, la seule chose notable que nous avions faite : être arrivé au New-Mexico en partant de la Californie. Je n'avais pas l'intention de gâcher mes efforts, nos efforts, maintenant. Le plus dur était fait. On s'était habitués à cette vie de merde, on avait pris les mesures nécessaires pour survivre. Il n'était pas question de se laisser avoir par la faim. On irait en ville et on ressortirait, rassasiés et avec des provisions.
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Dim 27 Oct - 10:58

Les sourcils de Loup se froncèrent, elle n'aimait pas d'aller en ville, et ils n’évitaient pas ce genre d’endroit pour rien. C'était dangereux, non pas que Loup n’était pas courageux mais qui aimait frôler la mort ?

Les zombies y grouillaient par centaines et le moindre coup de feu réduisait considérablement l'espérance de vie. Toutefois, rien ne permettait de savoir quand est qu'ils arriveraient à une ferme, et de toute façon ils seraient obligés d'en passé par là, et imaginons que la ferme la plus proche soit à deux jours de marche, la pénurie de nourriture serait encore plus problématique ! Bientôt ils n'auraient plus d'eau, des vertiges commenceraient à se faire sentir et ils auraient des hallucinations. En vérité ce que la brune détestait le plus n'était pas le fait d'aller en ville car elle avait pris l'habitude de se battre, non ce qu'elle n'aimait pas c'était qu’aller dans une ville, y trouver de la nourriture et surtout en sortir prenait du temps. Ils étaient déjà très lents, et cette foutue pénurie de nourriture allait encore les ralentir. Mais c'était ça ou la mort imminente, la Californienne devait l'admettre.

-Quitte à crever, autant crever le ventre plein... Il faudra faire vite si on veut avoir une chance de sortir de la ville et d'atteindre une ferme avant la fin de la nuit, dormir sur place semblerait plus envisageable.


Rapidement l'adolescente se leva puis passa les bretelles de son sac sur ses épaules, le sac pesait quelques kilos, matériel de survie oblige mais la brune y était parfaitement habituée. Elle se souvint alors qu'au collège une mode voulait que tout le monde porte le sac à dos sur une épaule, au début quelques-uns avaient commencé à faire cela puis tous les autres avaient suivi, en bon mouton qu'ils étaient *quelle bande de bouffons*.

Elle se demandait parfois combien d'entre eux avaient réussi à survivre, sachant que la maladie avait décimé dès le début quatre vingt dix pour cent de la population et que survivre dans de telles conditions exigeait un courage et une détermination de fer, ils devaient être pratiquement tous morts. Ou alors certains survivaient en ayant intégré un groupe.

Loup était réaliste, ils devaient être les trois seuls adolescents à ne pas avoir choisi de dépendre d'un groupe comme tout le monde. Tout simplement par ce qu'aucun d'entre eux ne voulait dépendre de forts ou avoir à aider des faibles. Et puis il y avait ce refus de l'autorité et Loup le refus de la société en général. Elle ne s'était jamais pliée au système, la brune restait toujours différente des autres, ne supportant pas le mode de vie de mouton imposé par celui-ci. Et la jeune femme était trop individualiste pour être une chef de bande. Loup le savait, si jamais la vie avait continué elle aurait fini par sortir totalement du système et aurait vécu en tant que marginal, elle en était actuellement sortie mais d'une façon différente. Si sur le plan affectif la rebelle avait besoin de ses camarades, l'être humain avait besoin d'autres pour vivre c'était un fait. Mais elle aurait été capable de survivre matériellement seule par elle-même, et au sein d'un groupe il devait y avoir des gens incapables de se défendre ce qui n'était pas le cas ici. Cette espèce d'autonomie lui convenait bien, les trois adolescents marchaient maintenant rapidement ,motivés par l'idée d'avoir à manger.

Au bout d’un moment, ils tombèrent sur un panneau indiquant que la ville la plus proche était située à une dizaine de kilomètres. En maintenant un rythme rapide ils pourraient y être en une heure, une heure trente maximums. D’un geste Loup placa son couteau dans sa ceinture, une heure quinze plus tard ils arrivaient en ville. Comme toujours l’atmosphère était inquiétante, une odeur de cadavre en décompositions régnait, les adolescents le savaient ils allaient encore une fois jouer avec leur vie. Comme d’habitude ils tacheraient de progresser d’une manière furtive, si tuer un ou deux zombies était faisable, se retrouver face à une meute de plus d’une trentaine zombies énervés était synonyme de mort rapide.

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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Mar 29 Oct - 20:27

- Finalement, cela ne changeait guère. Ce qu'il faisait, jour après jour, c'était, en somme, toujours la même chose. Même maintenant qu'ils avaient décidé d'aller en ville. Ils marchaient, et Julian était, comme un peu plus tôt, légèrement en retrait par rapport aux deux autres. Il marchait comme il avait marché toute la journée, il marchait comme il avait marché la veille, il marchait comme il avait marché deux mois plus tôt, il marchait comme il marcherait encore dans les jours à venir – en supposant qu'il ne soit pas mort d'ici là. Cela en devenait presque lassant, de marcher ainsi. On avance un pied, on transfère le poids dessus, puis on avance l'autre. À bien y réfléchir en fait, il fallait réquisitionner beaucoup de muscles pour simplement faire ce mouvement qui, au bout d'autant de temps à le faire sans cesse, paraissait si simple. Pourtant, à l'aube de la vie, ce n'était pas si simple : les enfants mettaient tant de temps avant de parvenir à enfin avancer, ils chutaient un grand nombre de fois avant d'être capable de garder l'équilibre, et se n'était qu'après s'être relevés encore et encore qu'ils apprenaient à marcher. C'était à l'issu d'un long et parfois douloureux apprentissage que la marche devenait un automatisme que l'on accomplissait sans même s'en rendre compte, sans avoir besoin d'y réfléchir. Julian pensait à tout ça, alors qu'il marchait, justement. Il tentait de comprendre comment il faisait, mais plus il y réfléchissait et plus sa démarche devenait gauche, maladroite. En fait, il ne savait pas comment marcher. Il savait marcher, mais il ne savait pas comment. Quel muscle fallait-il solliciter pour lever la jambe ? Et d'ailleurs, jusqu'à quelle hauteur ? Juste assez pour que le pied ne traine pas par terre, mais pas trop pour ne pas se compliquer inutilement la tâche, mais justement, jusqu'où exactement ? C'était le genre de question que l'on ne se posait pas, parce que cela paraissait stupide, cela paraissait simple, et on pense tous connaître la réponse. Alors on ne se donne même pas la peine de la donner, ni de la formuler ne serait-ce qu'en esprit : on pense la savoir, alors on répond que la question est débile, et on continue de marcher sans la moindre difficulté. Mais personne ne le savait réellement, finalement. Tout le monde savait le faire, mais pas comment le faire.

On peut se poser des questions étranges, parfois, lorsque l'on marche pendant un trop long moment en silence. Et depuis de nombreux mois, c'était énormément le cas pour Julian. Il cherchait simplement à occuper son esprit, pour ne pas repenser à toutes les choses horribles qui avaient pu lui arriver. Ce n'était pas facile, mais généralement, il y arrivait plus ou moins bien. Mais il en avait marre, marre de marcher sans but, d'avancer sans savoir où il allait, sans savoir s'il trouverait finalement quelque chose au bout du chemin. Loup espérait retrouver Ève, mais, et si elle ne la retrouvait pas ? Ou même, si elle la retrouvait, et ensuite ? Une fois qu'ils auraient atteint l'endroit où ils tentaient d'aller, ils n'auraient plus de destination, plus d'objectif, et alors, que feraient-ils ? Ils continuerait de marcher. La vie est un perpétuel recommencement, et c'était toujours vrai, même après tout ce qu'il s'était passé. Avant, Julian se réveillait le matin, prenait son petit-déjeuner, allait au lycée, rigolait avec des amis, s'ennuyait en cours, rentrait chez lui, faisait ses devoirs, allait à l'entrainement de Judo, lisait une histoire à sa sœur, trainait un peu sur l'ordinateur, puis il allait se coucher et tout recommençait. Encore et encore. Cette petite routine, ce train-train quotidien, cette monotonie, cela lui avait toujours convenu, jamais il n'avait cherché à remettre ça en question. Mais il s'était attendu, au début de l'invasion, à ce que tout soit totalement bouleversé. Alors que finalement, tout formait encore une longue boucle, qui se répétait inlassablement. Ils marchaient, ils cherchaient de la nourriture, ils marchaient, ils tuaient des zombies, ils marchaient, ils dormaient, et ils marchaient encore. Une routine plus dangereuse, mais une routine tout de même. Un perpétuel recommencement, mais à quoi menait-il ? Même une fois qu'ils auraient retrouvé Ève, qu'ils auraient trouvé un endroit paisible et isolaient, que feraient-ils ? Ils n'avaient, en vérité, aucun véritable avenir. Ce n'était pas à trois, ou quatre en comptant la copine de Loup, qu'ils allaient se construire un nouveau bonheur. Le couple pourrait être heureux, certes. Mais une fois qu'ils seraient installés, qu'ils auraient de la nourriture... Julian s'était beaucoup attaché à ses deux compagnons de route. Il les aimait réellement, et leur faisait confiance. Mais il ne se voyait pas passer le restant de ses jours uniquement avec eux, il ne serait pas capable de vivre des années uniquement avec ces deux personnes. S'il voulait pouvoir un jour être heureux et réapprendre à vivre un tant soit peu normalement, il n'aurait pas d'autres choix que de rejoindre un groupe, de rencontrer des nouveaux gens, de nombreux gens. Mais en attendant, marcher vers quelque part, c'était avoir un objectif, et avoir un objectif, c'était avancer. Dans le sens propre comme le sens figuré du terme. Et à cet instant présent, avancer, avoir un but, aussi subjectif soit-il, c'était le seul moyen qu'il avait pour continuer à vivre.

Aller en ville, c'était leur nouvel objectif à court terme. Aller en ville, y trouver de la nourriture, et en ressortir. Si possible, en un seul morceau, et avec un cœur qui bat encore. Au fur et à mesure qu'ils s'approchaient, Julian sentait l'appréhension monter en lui. Une telle excursion n'était jamais une partie de plaisir, et ils couraient toujours un grave danger lorsqu'ils s'aventuraient dans des lieux pareil. L'adolescent se souvenait d'avoir plusieurs fois regardé une rue, avant de se rendre compte que celle-là abritait tout simplement une foule de rôdeurs. Et par foule, il entendait... Des centaines de ces êtres terrifiants, dangereux et affamés de chair humaine. Dans ces moments-là, il fallait avoir suffisamment de sang froid pour faire simplement quelques pas en arrière. Surtout ne pas hurler, ne pas se mettre à courir, ou bien c'était la mort assuré. Il fallait reculer sans faire de bruit, en espérant qu'aucun rôdeur ne vous ait vu dans le coin de la rue, et surtout faire bien attention à ne pas les attirer. Ce qui signifiait aussi ne pas utiliser une arme à feu, sous peine d'être presque aussitôt condamné : une détonation dans le silence morbide des villes désertées par les vivants, c'était comme hurler « venez me manger, je suis là ! », et attendre en se menottant à un poteau électrique. Les chances de survie dans ces deux situations étaient à peu près équivalentes. Cela ne posait pas trop de problèmes à Julian : il n'aimait pas les armes à feu, préférant utiliser son sabre, plus discret et ne nécessitant aucune munition qui se ferait rare au bout d'un moment. Cependant, ce n'était pas forcément le cas des deux autres. Ils savaient manier les armes blanches, mais d'après ce que savait l'adolescent – et à vrai dire il n'avait jamais posé la question à ses compagnons – ils préféraient tirer une balle dans le visage des rôdeurs. Il fallait dire que c'était efficace, et faisable même à distance : un avantage non négligeable.

Quoiqu'il en soit, le petit groupe arriva finalement aux abords de la ville. Pour le moment, aucun rôdeur, mais Julian dégaina tout de même son sabre, le tenant d'une main, devant lui, tandis que l'autre main restait à proximité de son poignard pendant à sa ceinture. Il préférait ne pas prendre de risque, et l'appréhension se mua en angoisse. Angoisse contrôlée, certes, qu'il ne montrait pas et qui ne le paralyserait pas – mais angoisse tout de même. Il prit une profonde inspiration pour refouler tout ses sentiments au fond de son être. Il devait simplement explorer une maison, et y trouver de la nourriture. Après tout... Rien de plus simple, non ? Sans faire le moindre bruit au cas où l'une des rues voisines serait envahie par les rôdeurs, Julian indiqua une maison à ses deux amis, et ils s'y dirigèrent en silence. Une fois parvenus à l'intérieur, ils fouillèrent méthodiquement chaque pièce, sans trouver aucun rôdeur. C'était une bonne chose. Mais lorsqu'ils se dirigèrent vers la cuisine, ils furent vite déçus : tous les aliments non périssables avaient disparu, et les autres n'étaient plus comestibles depuis longtemps. Ils rataient donc une occasion d'avoir de quoi manger sans trop se fouler : cette maison n'était pas non plus en centre-ville, ils auraient pu, avec un peu de chance, retourner en pleine campagne sans avoir à tuer un seul rôdeur. Mais ils durent sortir, et tenter de trouver de quoi manger ailleurs.

En espérant qu'ils ne croiseraient toujours pas la route de l'un de ces créatures affreusement dangereuses.
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Ven 29 Nov - 10:35


Le doute nous taraudait alors qu'on marchait. Des hésitations sur l'avenir, alors qu'on aurait dû ne penser qu'au présent. En y pensant, j'avais toujours rêvé d'un avenir différent. On était dans le cas d'un avenir différent. Pas celui dont j'avais rêvé, certes, mais un avenir devenu présent qui restait plus intéressant que la réalité à laquelle j'avais échappé, grâce ou à cause de cette catastrophe? Je ne savais pas vraiment comment dire ça. Le poids d'un quotidien répétitif, ennuyeux et parfaitement déprimant avait disparu pour être remplacé par une autre forme. Toujours le stress mais  partagé entre nous tous. Je ne savais pas. Ce que je préférais. Evidemment, la vie d'avant était meilleur, plus confortable et évidemment plus évolué. Là, on avait parfois l'impression d'être simplement des animaux qui s'accrochent bêtement à la vie, alors qu'on aurait pu se tuer bien avant. Certains d'entre nous avaient peut-être songé au suicide avant, et maintenant qu'on pouvait mourir sans avoir à chercher trop loin la méthode à utiliser, on s'accrochait à la vie comme un koala sur une branche. A croire que l'on n'était que de simples contestataires. Lorsqu'on a une vie des plus tranquilles avec un ordinateur, une télé, des jeux vidéos et que la seule chose qu'on avait à faire en Amérique pour se nourrir en tant qu'adolescent, c'est faire trois pas pour ouvrir le frigo, à ce moment là, on préfère ce lamenter pour se tuer, d'une manière ou d'une autre. Et lorsqu'une grande catastrophe arrive comme la nôtre, on se transforme en animaux. On est sale, on a faim, on marche, on se bat, on tue pour manger et le danger nous guette à chaque seconde. Franchement où est la logique maintenant? En ajoutant un énorme problème, on relègue les "petits" soucis d'envie meurtrière, dépression et compagnie au dernier plan et on se contentait d'essayer de survivre.

Oui, de survivre. Personne ne s'était jamais dit : "et si j'essayais de vivre avec cette catastrophe? Après tout ce n'est pas tout à fait la fin du monde". Mais non. La situation était trop critique pour que se sente de faire ça. Et pourtant, ce n'était pas si étrange que ça comme pensée. Vivre, qu'est-ce que c'était? Se réveiller, se lamenter parce qu'une équipe de foot a perdu, puis aller au lycée, au collège ou au travail, gâcher les trois-quart de la nourriture que l'on nous donne puis retourner chez soi ou traîner avec ses potes, aller sur l'ordinateur et faire ses devoirs. Et voilà comment on pouvait résumer une journée simple et sympathique. Comment j'ai pu en avoir marre moi, de ces journées monotones où ma seule joie consistait à utiliser un outil électronique? Ceci était une question rhétoriques, évidemment. Aujourd'hui aussi, les journées se résumaient en quelques mots. Marcher, chercher à manger et pas forcément en trouver, rencontre ou non des zombies et essayer de dormir un peu. Sauf que comme on n'avait pas le choix et qu'à cause de la tension en ambiante on ne s'ennuyait pas et du fait que tout le monde était dans le même cas, il semblerait qu'on n'ait pas idée de se plaindre. Ce qui vient de faire une phrase à rallonge, c'est exact et c'est fait exprès, merci, au revoir. Avant, on avait une toute autre image des States. Des buildings, la statue de la Liberté, ou les plages de Floride... En tous cas, quelque chose de rayonnant, de magistral. Pas une noirceur, avec une odeur de mort à chaque coin de rue, dans chaque ville et chaque lieu n'étant pas sensé être désert. Non, franchement, il était bien le désert du Nevada finalement. D'ailleurs, à quoi ressemble notre Statue de la Liberté maintenant? Sûrement comme dans la planète des signes, un pauvre vestige de notre vie passée. A moins qu'elle se tienne encore droite, debout avec des rôdeurs à ses pieds, juste pour nous aider.

On plaignait la cause des animaux en voix d’extinction. Les tigres, les ours polaires, les pandas. On s'occupait d'essayer de les garder en vie. Aujourd'hui, est-ce qu'ils sont encore vivants? Personne ne le sait, tout le monde s'en fiche. On dénonçait tout ce qui pouvait polluer et être une menace pour l'éco-système. Maintenant, ce n'était plus un problème. Tout avait changé, même les plus grands problèmes politiques des pays étaient inexistants. Qui savait encore si le président était encore vivant? Et si c'était le cas, on ne pouvait pas dire qu'il cherchait à tout pris à communiquer avec nous, ses humbles compatriotes. Et si ce n'était pas le cas, personne n'allait élire quelqu'un d'autre. Les frontières n'existaient plus. On était un pays fragmenté par groupe de trois, de dix, mais pas de milliers de personnes, non, sûrement pas. On n'avait chacun notre leader, à moins que l'on n'en ait justement aucun. Dans notre groupe, il n'y avait pas de chef car personne n'était capable d'assumer ce rôle, de dire aux autres ce qu'ils doivent faire sans se tromper. Lorsqu'on mène, l'erreur bien qu'humaine est interdite. Si on rate, on amène les autres à la mort, et c'est la fin pour tous. Il y aurait bien des rôdeurs pour en profiter. Et tous les reproches sont pour nous. Après être aimé, on est haï par ceux qui nous aurons adulés, puis c'est la fin.

Qui sait ce qu'il y a après la mort? Personne, bien entendu. Mais ce n'est plus le genre de questions qu'on peut se poser maintenant, puisqu'on n'est même pas capables de savoir combien de personnes vivantes étaient encore en Amérique. Les plus fort, les plus déterminés sûrement. Eve, peut-être. Le père de Julian, éventuellement. Sauf que s'ils on décidé d'aller en Californie, mes deux camarades, ils étaient mal. Et pourquoi on marchait, au lieu de conduire trop vite avec un 4x4? Ah oui, l'accident. Une ferme. Notre dernière chance avant d'arriver dans une ville de trouver de la nourriture. Je n'y croyais plus tellement, à ce stade. Tout ce qu'on avait vu jusque là était vide. Je fouillais méthodiquement la demeure, tout comme mes compagnons de route. Au moins, il n'y avait pas de rôdeurs. Si on l'avait voulu, on aurait pu y passer la nuit, mais avec la faim, on était sûrement incapables de s'endormir, ne serait-ce que quelques petites minutes. Bientôt, on ressentirait plus qu'un tiraillement, une douleur forte. En théorie, on pouvait se passer de nourriture pendant quelques semaines, mais sûrement pas en marchant comme on le faisait en ce moment. Qui sait, peut-être qu'on deviendrait fou à un moment donné et qu'on commencerait à pratiquer l'auto-cannibalisme. Quel goût pouvait bien avoir la chair humaine? Je n'étais pressé de le savoir. On ressorti. Evidemment, il n'y avait rien en ce lieu. On reprit notre marche, doucement, un pas après l'autre pour ne pas tomber ou s'épuiser, Julian marchant en décalé pour rapport à nous, comme toujours. On finit alors par parvenir à une ville.

J'anticipais l'odeur de la mort et de cadavre en décomposition qui me saisirait à la gorge dès le premier pas dans l'endroit. Je refermais un peu plus ma main sur mon couteau. Si on croisait un rôdeur, on pourrait s'en sortir, deux ça marcherait aussi. Trois à la rigueur, mais une dizaine, on se ferait manger, et le noir nous aveuglerait. J'aurais pu penser à la peur du noir, à ce moment, mais à cause du danger imminent, je restais concentrait. En entrant dans la ville, je scrutais les ombres, à l'affût d'un déplacement qui aurait pu attirer mon regard, avec de regarder sur les côtés les hauteurs. On progressait lentement et discrètement, s'y reprenant à deux fois avant de passer un endroit à découvert. On ne connaissait pas les lieux mais on savait se débrouiller dans les citées.
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Mer 4 Déc - 15:46

Étrangement, les souvenirs de la vie que Loup avait vécus avant l'invasion s'effaçaient peu à peu, certains visages qu'elle avait côtoyés avaient définitivement disparu de sa mémoire. Pourtant, certains souvenirs, certains actes vous marquent parfois à vie. Il peut s'agir de choses anodines et sans réel intérêt, mais certaines restent sans que l'on sache réellement pourquoi. Et la brune se souvenait de sa recherche constante d'adrénaline, aussi bien lors de fêtes ou elle consommait parfois des produits illégaux ne serait-ce que pour voir quel effet cela ne procurait que durant des longues virées en BMX ou à travers l'art de la boxe. Elle se rappelait de l'ennui que les journées sans aucune trace d'adrénaline lui procuraient. Aujourd'hui cette sensation pouvait revenir à chaque coin de rue, mais elle n'était pas provoquée par une prouesse physique, ou par la consommation de stupéfiants. La mort pouvait tout simplement arriver n'importe ou, n'importe quand. Et on s'habitue jamais vraiment à cette instabilité permanante, à cette vie sur une corde raide. On aurait d'ailleurs pus croire qu'au fond, l'adolescent appréciait le fait de prendre des risques tous les jours compte tenu de son caractère. Ce n'était pas le cas, elle aurait vendu son âme au diable pour retrouver sa vie d'avant et passer ses journées sans aucune réelle prise de risque. "On ne se rend compte de la valeur de l'eau qu'une fois que la source est tarie" cette citation était amère au même titre que le constat que Loup avait fait.

Les adolescents avaient finit par rejoindre une ville, à force d'expérience ils savaient comment progresser dans une ville sans se faire repérer ou bien blesser. La discrétion, le sang froid et la ruse étaient les trois choses les plus importantes. Si bien que notre jeune protagoniste d'habitude si bavarde et prompte à la déconcentration se taisait et restait à l'affut, son couteau prêt à jaillir et s'acharner sur un mort-vivant en putréfaction. Ici comme dans toutes les endroits

Ici comme dans toutes les endroits fréquentés l'odeur était tout simplement atroce et prenait à la gorge, rappelant encore plus cruellement à Loup dans quel monde elle vivait. Un monde ou survivre était devenu le seul objectif, en quelque sorte l'humanité avait régressé. Durant des centaines d'années l'Homme avait vécu une vie confortable, son objectif n'était pas de survivre, mais de vivre de la façon la plus confortable possible. La survie avait été effective durant la préhistoire ou la race humaine avait dû s'adapter et évoluer pour subsister. Peut-être que les humains finiraient par développer des génes résistants à la transformation, peut-être qu'au fil des années ils acquerraient des capacités supérieures, et renverseraient la situation. Et peut-être que la race humaine s'éteindrait. L'adolescente maudissait ce genre de pensée, son objectif premier devait être sa propre survie, et celle de ses compagnons. C'était égoïste, mais nécessaire.

Après quelques minutes de marche ce qui devait arriver arriva, les rôdeurs, la rue que le trio avait en ligne de mire avait sans doute été une rue centrale où des familles entières se baladaient et faisaient leurs courses. Maintenant, une bonne dizaine de rôdeurs s'y mouvaient. Pour l'instant ils étaient en sécurités, mais il fallait agir vite s'ils voulaient trouver à manger. Ils décidèrent d'abord d'aller inspecter des maisons, les magasins étant à garder en dernière option alors ils trouvèrent une rue moins fréquentée. Loup marchait en tête, scrutant les moindres détails de ce qui les entourait. Ils arrivèrent dans un quartier pavillonnaire qui semblait dépourvu de zombies. Lentement, ils pénétrèrent vers une maison familiale, l'endroit était comme tout les maisons qu'ils voyaient. Glauque et morbide, du sang séché se trouvait sur le sol, créant un contraste saisissant avec des jouets d'enfants encore présent sur le canapé.

Tout en refusant de penser aux jeunes etres qui y étaient sans doute mort dans d'atroces souffrances, Loup se dirigea vers la cuisine. Tout aurait pu bien se passer, ils auraient pu trouver de la nourriture, se rassasier, chercher des denrées à conserver puis repartir et marcher, mais, même après avoir poussé l'humanité dans ses derniers retranchements, la vie semblait toujours aussi décidée à etre spécialiste des crasses. Ainsi, la brune ouvrit la porte. Quatre rôdeurs se tenaient dans la cuisine, titubants, marmonnant, maudissant le destin et l'insonorisation de la cuisine l'adolescente se jeta sur l'un d'eux, son couteau à la main, bien décidée à en découdre. Presque sauvagement elle se jeta sur l'un des rôdeurs et lui asséna plusieurs coups dans les yeux, s'éclaboussant ainsi de sang. Les coups de pied, les coups de poing tous y passaient, elle devait avoir le dessus. Après deux coups de poing à la tete, faisant joyeusement ricocher la tete du rôdeur contre le mur Loup lui asséna plusieurs coups de couteau à la tempe. Une fois le mort-vivant neutralisé elle se tourna vers ses camarades.
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MessageSujet: Re: New Mexico | Un pas après l'autre. Mer 18 Déc - 21:42


- Le trio marchait dans les rues. Les adolescents étaient sur leurs gardes, prêts à réagir au quart de tour si le besoin s'en faisait sentir. Julian avait sorti son sabre, qu'il tenait devant lui, des deux mains, en avançant prudemment. Il jouait ainsi avec la règle élémentaire de sécurité qu'on lui avait apprise lorsqu'il était petit : lorsque l'on tient un objet avec une lame, toujours tenir ladite lame orientée vers le bas. C'était un peu comme ne pas courir avec une sucette ou une brosse à dents dans la bouche : le genre de chose que l'on apprend petit, mais qui ont tendance à rester incruster dans la mémoire. Ainsi Julian y repensait, alors que la lame de son sabre était pointée vers le ciel, légèrement orientée en avant aussi. Il ne baissa cependant pas l'arme : c'était bien trop risqué. Et puis, à quoi bon ? Il n'allait pas trébucher et s'empaler lui-même. Il avait plus risques de se faire manger par un rôdeur, et si l'un d'eux arrivait, il préférait avoir, justement, son sabre prêt à faire sauter une tête. S'il avait pu, Julian aurait d'ailleurs lâché l'arme pour lever son T-shirt devant son visage, et surtout son nez. L'odeur était insupportable. Les vestiges des cadavres pourrissaient sur le bitume, à quelques mètres des adolescents, et diffusaient leur désagréable parfum dans les airs. Cela brûlait la gorge, piquait les yeux, et donnait la sensation de suffoquer. Néanmoins, ils ne pouvaient pas s'autoriser à tousser : dans le silence de la ville fantôme, cela ferait bien trop de bruit. Déjà, le simple claquement des chaussures sur le goudron résonnait trop aux oreilles de Julian. Au moins s'était-il déjà plus ou moins habitué à l'odeur atroce. Elle lui était toujours désagréable, mais il était capable de respirer, et d'en faire abstraction en cas de besoin. Mais cela ne l'empêchait pas de préférer l'air pur des campagnes plus ou moins préservées des  empilements de corps en décomposition.

Tout était calme, bien trop calme. Tellement calme que l'angoisse prenait encore plus d'ampleur, dans l'attente d'une catastrophe qui, dans ce monde amusé par les mauvaises surprises, n'allait probablement pas tarder. Et effectivement... Le groupe arrive à un croisement. Il était loin ce temps où tout ce que l'on risquait au croisement, c'était de se retrouver face à quelqu'un que l'on n'appréciait pas, ou d'être surpris par une voiture passant tout proche. À présent, il fallait être un petit peu plus méfiant. S'arrêter un petit peu avant. Tendre l'oreille pour entendre les grognements, si grognements il y avait. Avancer prudemment, avancer la tête, tourner le regard, et vérifier qu'il n'y avait pas une grande horde de rôdeurs affamés. Et en l'occurrence, elle était bien là, cette horde de rôdeurs affamés. À quelques mètres à peine des trois adolescents. Julian poussa un juron à mi-voix, mais cela suffit pour faire tourner la tête de la dizaine de morts présents ici. Un simple coup d’œil permit au jeune homme de comprendre qu'il valait mieux faire demi-tour. Les autres le comprirent d'ailleurs aussi rapidement, et sans courir pour ne pas faire de bruit ils s'éloignèrent. De toute manière, les rôdeurs n'avaient pas entendu grand chose ; il suffirait de quelques instants sans autre nouvelle de leurs proies pour qu'ils replongent dans cet état de semi-hibernation, jusqu'à ce qu'un autre humain infortuné passe par ici.

En attendant, les trois jeunes avaient échappé à la menace – provisoirement du moins. Ils s'éloignèrent rapidement de la rue jugée trop dangereuse. Julian sentait toujours son cœur battre trop rapidement dans sa poitrine, conséquence de la monté d'adrénaline, mais peu à peu le calme revenait. Il repensa alors à la rue. Elle était plus large, et devait donc être plus fréquentée – ce qui expliquait le nombre de rôdeurs. Encore que, une dizaine, cela aurait pu être pire. Une foule entière qui grognerait et se précipiterait dans le désordre le plus complet en avant. Une vision d'horreur, qui jusqu'à pas si longtemps était réservée aux films post-apocalyptiques. Dire qu'il aimait bien ces films, avant... Julian se promit mentalement que si un jour, tout cela finissait, alors plus jamais il ne regarderait ou lirait une histoire parlant de morts-vivants. Il en avait assez vu pour le restant de sa vie.

Finalement, les trois jeunes arrivèrent dans un quartier relativement propre. Aucun bruit ne parvenait à leurs oreilles, et aucun rôdeur ne rampait laborieusement sur le goudron. Il y avait bien quelques corps étendus sur le bitume, mais c'était monnaie courante. Même l'odeur paraissait un peu moins appuyée, un peu plus supportable – mais peut-être était-ce simplement une illusion, ses capteurs olfactifs qui saturaient et n'apportaient donc plus cette information précise à son cerveau. Toujours est-il que ce fut dans ce quartier que le trio se choisit une maison à fouiller. À piller même, c'était le terme exact à vrai dire. Ils essayaient simplement de ne pas trop l'utiliser parce que bon, ils pouvaient culpabiliser après.

C'était une jolie maison. La façade avait été peinte en blanc, et elle était plutôt propre. Dans le jardin, la pelouse avait poussé, trop désordonnée et peu arrosée pour ressembler toujours à quelque chose. Les mauvaises herbes avaient envahi le terrain. Pourtant, cela conférait un certain charme, toutes ces fleurs qui n'avaient rien à faire ici mais apporter quelques touches de couleur – même si la plupart étaient déjà mortes, sèches et mornes. Un grand arbre se dressait, tendant ses longues branches vidées de leurs feuilles vers le ciel. Son tronc sombre se détachait sur la blancheur du mur, étrange contraste entre une maison des plus banales et un arbre sinistre, semblant recroqueviller ses branches comme des doigts. Sans prêter plus attention aux différents végétaux qui avaient poussé dans la propriété, Julian avança. Le petit groupe entra dans la maison, dont la porte n'était, par chance, pas verrouillée. L'image de la jolie maison blanche abritant une famille heureuse s'arrêtait là. Du sang séché depuis longtemps recouvrait le sol, et des éclaboussures étaient même venues décorer sinistrement un pan de mur. En revanche, aucun cadavre de rôdeur – bonne ou mauvaise nouvelle ? Des jouets gisaient sur le sol, privés de leurs propriétaires. Julian eut un pincement au cœur. Les enfants étaient probablement morts depuis longtemps.

Le jeune homme passa ses doigts sur la tête d'un ours en peluche qui semblait le fixer avec les deux billes noires lui servant d’œil. Il avait quelque chose de morbide, à un mètre à peine d'une flaque de sang. Soudain, Julian fut tiré de sa contemplation par un bruit de lutte venant d'une pièce proche. Il leva son sabre, rejoint en quelques enjambées rapides la porte. Loup était là, et venait visiblement d'achever violemment un rôdeur. Trois autres avaient tourné la tête vers la jeune fille, et poussaient leurs râles caractéristiques. Sans hésiter, l'adolescent fit un pas en avant et tendit le bras. La longue lame de son sabre s'enfonça dans la boîte crânienne. Mais il avait fait une erreur qu'il ne faisait pas pour la première fois : il avait planté son arme. Ainsi, il perdait une précieuse seconde à la retirer de la tête de sa victime, alors que s'il donnait un simple coup pour décapiter le rôdeur, il pouvait passer au suivant dans le même mouvement. Mais l'avantage d'être trois, c'était qu'il y avait toujours quelqu'un pour vous venir en aide – et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les deux derniers morts étaient sur le sol. Leurs visages avaient été totalement détruits, mais à la taille des corps, Julian ne put s'empêcher de remarquer qu'il y avait deux enfants, visiblement assez jeunes. Puis il détourna la tête, et regarda les placards.

« Allons-y. »


Il ouvrit le tiroir le plus proche de lui, espérant ne pas être venu ici pour rien.
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