YOU NEED TO BELIEVE IT
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Le 10/11/2017 : le forum a CINQ ans & sa saison 6 est mise en place. Nouveautés à découvrir ici (le tout accompagné d'un recensement au passage obligatoire).
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MessageSujet: YOU NEED TO BELIEVE IT Mar 12 Nov - 11:02

Ce furent d’abord des râlements, puis des gémissements et tout à coup un cri aigu. Un corps tombé à la renverse dans la violence de la lutte et des éclats de résistance d’un instant de survie. Les gouttes de sueur perlaient sur son front à l'allure d'une inondation; elle avait tellement de mal à garder le cap, c’était comme si d’un moment à l’autre elle allait tout simplement lâcher. Abandonner par son propre corps. Elle refusait d’être submergée par l’impuissance qui la guettait. Bientôt elle n’aurait plus la force pour le repousser mais pour l’instant elle devait continuer. Elle cherchait désespérément une idée mais elle était accaparée par ce poignard qui approchait trop vite. Par cette ordure qui la menaçait de toute son envergure. « Lâche-moi sale fils de p ». Soudain Heaven reprit ses esprits, légèrement déboussolée par cet assoupissement qu’elle ne vit pas venir. Elle était littéralement crevée, épuisée par les kilomètres qu’elle avait parcouru à pied, faute d’avoir trouvé une voiture. Non seulement elle avait égaré la carte qui lui indiquait le chemin à prendre mais elle avait surtout pris un monstrueux retard. Ne pouvant se fier qu’à sa mémoire, elle mit trois fois plus de temps qu’elle ne l’aurait imaginé. Et plus elle traînait, plus elle pestait.

Trouvant refuge dans une maison afin d’éviter une horde de rôdeurs, elle ne put résister plus longtemps à la fatigue. Sans même s’en rendre compte, elle finit par s’endormir devant la vitre, bercée par les derniers rayons du soleil. Lorsqu’elle s’extirpa de son sommeil, la nuit était tombée depuis une heure. La température extérieure avait diminué en vague, l’air frais remplaçait la chaleur de l’après-midi. Le ciel était bien noir malheureusement, à croire que le destin avait décidé de lui rendre la tâche délicate. Même s’il ne lui restait plus beaucoup à parcourir, elle n’était pas encore arrivée. Elle vérifia alors les alentours avant de s’aventurer dehors et reprit la marche la boule au ventre. Discrète et rapide, elle fit attention afin de ne pas être repérée, le but n’étant pas de tuer du rôdeur ce soir. Plus elle avança et plus elle fut inquiète, redoutant le dénouement de cette histoire. Allait-elle trouver Zéphir là-bas ? Béa encore en vie ? Qu’est-ce qui l’attendait ? Des morts ? Des morts-vivants ? Elle tenta en vain de ne pas imaginer le pire des scénarios …

Elle allait enfin en avoir le coeur net. Arrivée devant la propriété qui correspondait à l'adresse, elle demeura immobile un instant. Quelque chose avait attiré son attention. Malgré la pénombre dont la rue était victime, Heaven fut interpellée par un détail. Un énorme détail. Le portail était recouvert de sang séché tout comme l'allée centrale. Qu'est-ce qu'elle trouverait derrière la porte d'entrée ? Et si son bonhomme de neige n'était pas là ? S'il n'avait pas atteint la maison ? Qu'est-ce qu'elle ferait ? Si Béa était morte depuis des mois, achevée par le virus ou dépouillée par des humains malveillants ? Elle avala péniblement sa salive avant de pousser le portillon pour pénétrer sur le terrain. C'était calme, beaucoup trop calme. Un couteau à la main, elle avança, prudente et méfiante. Elle atteint la porte et prit une grande inspiration avant de tourner la poignée. « Oh mon dieu ». Les murs étaient recouverts de sang … on croirait voir les traces d’un génocide humain. Qu’est-ce qui s’était passé ici ? Heaven commençait à flipper pour de bon. A craindre le pire. Était-elle prête à l'accepter ? Chaque pas était un pas de plus vers la vérité. Elle parcourut le couloir dans un silence de mort, à l’affut du moindre mouvement. Tournant à droite, elle fit face à une porte toute blanche. Était-elle prête à franchir les portes les unes après les autres ? Alors qu’elle allait l’ouvrir, un bruit lui parvint de l’étage. Son cœur commença à battre si fort qu’elle n’entendit plus que lui. 


Dernière édition par Heaven Moore le Sam 16 Nov - 15:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Mer 13 Nov - 8:19



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L’obscurité baignait de son ombre macabre la bâtisse abandonnée. Théâtre de redoutables affrontements, les victimes de cette barbarie jonchaient littéralement le sol çà et là. Les projections de sang, et autres possibles hémorragies, recouvraient les murs de part et d’autre. Outre ce spectacle de désolation, Zéphir ressentit une vive douleur qui réanima ses vieux démons… Elle n’était pas là. Un hurlement bestial déchira l’apparent calme qui régnait en maître. A genoux, son corps secoué de violents spasmes, il fouilla nerveusement ses poches pour finalement en sortir son précieux sésame. Un bout de papier déchiré sur lequel était inscrite la fameuse adresse. Pas de doute. Il était au bon endroit. L’absence de cette gamine le rongeait bien plus qu’il ne l’admettrait jamais. Un peur irrémédiable s’insinuait en lui plus les jours passaient… Transpirant l’inquiétude par tous les pores de la peau, dans un élan de désespoir peu commun, l’imposante masse arpenta avec minutie chaque pièce. En vain. Alors qu’il se pensait seul, à tort, des grognements se rapprochaient de lui tandis que déjà sa main attrapait avec vivacité sa machette. Cette haine. Cette haine grandissante, brûlante… Elle ne pouvait pas être morte. Inimaginable. A ce moment précis, lorsque le flot d’émotion fut plus qu’il ne pouvait supporter, les synapses de son cerveau s’arrêtèrent. La faible lumière éclairant encore les méandres de son âme tortueuse s’éteignit… Quelques minutes, peut-être même quelques heures, plus tard, ses pupilles s’ouvrèrent de nouveau pour contempler… Son œuvre. Un vrai champ de bataille. Incapable de se souvenir avec exactitude des derniers évènements, il ne pouvait qu’observer l’ampleur des dégâts qu’il venait de causer sans en garder une quelconque trace en mémoire. Les battements de son cœur réanimaient ses muscles endoloris. Avec une certaine nonchalance, ses jambes peinaient à porter son corps engourdis par le froid mordant qui s’abattait peu à peu sur Washington en cette saison. Sans grande hâte, il rejoignit une chambre à peu près épargné par l’horreur de ce monde décimé et qui semblait ne plus avoir aucun sens. Avant de se laisser aller dans les bras réconfortants de Morphée, le jeune homme entreprit d’éclater plusieurs ampoules dans un linge et de répartir les débris aux endroits stratégiques. Si quelqu’un pénétrait ces lieux, il le saurait. Les kilomètres eurent raison de lui alors qu’il luttait pour rester éveillé, juste au cas où… Au cas où quoi au juste ? Pourquoi s’attendait-il à sa venue ? L’espoir n’était pas permis, pourtant il ne pouvait décemment se résoudre à cette idée…

Trois jours. Trois long jours qu’il attendait. La solitude était une compagnie à laquelle il se faisait très bien, l’inquiétude en revanche, c’était tout autre chose. Malgré les bénéfices non négligeables d’une douche, ce fut avec une certaine lassitude que Zéphir entreprit de dompter quelque peu sa tignasse blonde. Alors qu’il s’affairait à rafraîchir sa coupe et sa barbe avec un rasoir ébréché… Un bruit. Ses sens se mirent instinctivement, tendant l’oreille il s’avança à pas de loup vers la porte entrebâillé dont l’ouverture lui permettait aisément de surveiller le couloir de l’étage. Rien. Le manque de nourriture lui donnerait des hallucinations ? Second bruit. Là, ça ne venait pas de lui. L’adrénaline s’injecta presque automatiquement dans ses veines en demande. Retenant sa respiration, l’ancien taulard s’avança prudemment de la balustrade non sans tenir fermement le manche de l’improvisé rasoir. Ses pupilles se dilatèrent alors. Sa bouche s’entrouvrit. Etait-il vraiment éveillé ? Y avait-il réellement devant ses yeux... « Heaven… » D’un coup d’œil expert il repéra tout de suite la mal nutrition dont elle était victime… Ses joues étaient un peu plus creusées que la dernière fois qu’ils s’étaient vu. Les cernes sous ses yeux auburn ne trompaient guère non plus. Tel un automate, il descendit lentement les escaliers sans jamais laisser son regard échapper au sien. Ses mains trouvèrent refuge sur les joues de la gamine affamée, vérifiant machinalement si aucune blessure n’ornait son corps frêle. « Est-ce que tu es blessée ? Tu as vérifié que tu n’avais alerté aucun rôdeur en entrant ? » La froideur de sa voix n’était pas le reflet des émotions qui le submergeaient par vagues irrégulières. Quelle excuse émettrait-il lorsqu’elle lui demandera pourquoi il se trouvait ici ? Même si leurs adieu avaient été forcé, depuis le début c’était ce qu’ils avaient convenu. Elle était largement capable de se défendre et pourtant il se trouvait dans l’impossibilité de s’éloigner d’elle
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Mer 13 Nov - 10:23


Le cœur d’Heaven fit un bond en avant. Était-ce vraiment possible ? Elle crut d’abord à une hallucination due à la fatigue puis à un mirage du à l’espoir … mais quand elle sentit ses mains se perdre sur sa peau glacée, elle sut que c’était le fruit de la réalité. C’était un miracle. Elle lâcha immédiatement son couteau, le laissant tomber au sol sans chercher à le rattraper. Le choc l’en empêchait. A cet instant elle aurait voulu trouver les morts pour exprimer ce qu’elle ressentait mais rien ne sortait. Elle n’osait briser la beauté de ce moment et rompre le silence d’émoi qui régnait en maître. Il était en vie, il était là. Elle avait envie de rire et de pleurer, de lui dire combien elle regrettait d’être partie. Elle n’aurait pas dû décamper de cette façon … il n’aurait pas du le lui demander. Quand ils avaient commencé l’entrainement, il avait été très clair sur une consigne : peu importe ce qu’il lui ordonnait de faire, elle devait le faire. Petit à petit elle avait fini par l’écouter au doigt et à l’œil, ne remettant pas en cause son expertise. Mais à cette époque les ordres étaient anodins, ils permettaient seulement une bonne coopération. Jamais elle n’aurait imaginé recevoir l’ordre de l’abandonner à son propre sort et le pire c’est qu’elle l’avait fait.

C’était certainement son plus grand regret. Une erreur qu’elle ne pouvait oublier. Si seulement elle avait pris une initiative différente, elle n’aurait pas mis sa vie en danger. Durant les trois semaines qui passèrent, elle fut hantée par la vision de leur séparation. Elle était terrifiée à l’idée de ne plus le revoir. Etait-il mort ? Ou était-il parti ? Afin de retrouver cette tranquillité qu’elle lui avait volée. Cette quiétude qu’elle empiétait. Elle préférait l’imaginer vivant, en train de parcourir du chemin à la recherche de nourriture plutôt que d’accepter l’éventualité de sa disparition tragique. C’était inconcevable. Inconcevable parce que cela voudrait dire qu’il était mort à cause d’elle et ça elle ne pourrait jamais se le pardonner. Elle fut tellement en colère contre elle-même qu’elle ne pouvait plus regarder son reflet dans le miroir. On ne parlait pas d’une petite colère, on parlait d’une vraie haine. Une haine qui la hantait. Alors le retrouver ici-même, c’était inespéré. Elle crut recevoir une gifle en l’apercevant descendre les escaliers … la meilleure gifle de tous les temps.

Quand il prononça son prénom, elle eut envie de sourire mais la culpabilité l’en devança. Elle resta de marbre, immobile tel un meuble de la pièce coincée malgré elle. « Est-ce que tu es blessée ? Tu as vérifié que tu n’avais alerté aucun rôdeur en entrant ? ». Comme par réflexe, elle cacha discrètement ses mains derrière son dos pour masquer l’état de ses phalanges. Les cicatrices étaient encore visibles à l’œil nu, même si elles n’étaient plus douloureuses. Elle n’était pas prête à lui raconter ce qui s’était passé cette nuit … elle était trop gênée. Elle s’était défendue comme il lui avait appris, elle avait utilisé ses poings comme il lui avait montré, mais elle avait perdu le dessus. Et la suite des évènements n’était guère plus glorieuse. Elle avait tellement honte. Honte de cette mine qui ne reflétait que la fatigue et la famine. Honte de cette douleur dans l’épaule qui lui rappelait l’impuissance dont elle fut victime. « Je vais bien ». Alors elle préféra mentir plutôt que d’affronter la vérité, plutôt que d’avouer. Parce que c’était trop dur. Parce que ça faisait mal. « Je ne savais pas si je te reverrai ». Oubliant complètement de répondre à sa deuxième question, elle était submergée par l’émotion. Heaven était incapable de prétendre ne rien ressentir, incapable d’être froide avec lui.

« Tu as l’air en forme ». Elle était en calme. Trop calme. Elle avait envie d'hurler, de lui reprocher ce pour quoi elle ne pouvait le tenir responsable. Elle n’avait pas le droit d’être en colère contre lui, pourtant elle lui en voulait terriblement. Paradoxale n’est-ce pas ? « Tu es seul ? » Comme pour se détourner de cette colère, elle reporta son attention sur un élément qui  ne l’avait pas frappé plus tôt. Elle connaissait d’ores et déjà la réponse mais elle avait besoin de l’entendre … de sa bouche.
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Jeu 14 Nov - 4:16



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Comparable à une apparition divine, Zephir eut bien du mal à absorber le choc colossal que lui procura la seule présence d’Heaven. Son rythme cardiaque s’emballa nettement alors qu’extérieurement le masque d’insensibilité habituel était de rigueur. Depuis la mort de sa sœur, ou plutôt son assassina pur et simple, il ne s’autorisait aucune faille. Aucune faiblesse. Sans savoir que son possible anéantissement surgirait si un jour la grande faucheuse osait prendre pour cible cette gamine au débit de parole inhumain ! Pourtant, elle ne paraissait pas d’humeur loquasse. Le silence qui pesait en ces lieux n’avait rien de gênant. Comme s’ils avaient besoin d’un moment, même très court, pour profiter de la vision de l’autre dans un mutisme total. La chaleur de sa peau électrisa le texan qui dû légèrement déglutir difficilement pour chasser de son esprit les nombreux cauchemars au final meurtrier dont elle avait été l’actrice principale. Chacune des nuits passées sans elle avait été un véritable calvaire pour le jeune homme en proie à des chimères malsaines envahissant son cerveau, le torturant parfois jusqu’aux larmes, jusqu’aux hurlements rauques et primaires… Par ce simple contact, il vérifiait qu’elle était bien là. Devant lui. Vivante. Une bouffé de soulagement s’empara de son être alors que déjà le naturel revenait au galop, l’empêchant d’afficher une quelconque trace du bonheur éphémère de la savoir saine et sauve. Ses prunelles azuréennes cherchaient en vain des réponses dans le regard vide de sa protégée qui semblait catatonique face à ces retrouvailles inattendues. Sur la défensive, il ne manqua pas de relever ses réticences face à sa première question… Lorsqu’elle dissimula habilement ses mains derrière son dos, il ne pipa mot. « Je vais bien. » Peu convaincu par le manque d’entrain d’Heaven, une légère  appréhension se glissa en son for intérieur tant et si bien qu’il fit courir ses mains sur les épaules de cette dernière en découvrant quelque peu sa peau. « Je ne savais pas si je te reverrai. » Trop occupé pour répondre quoique ce soit, il ne put réprimer un soupir en secouant légèrement la tête de gauche à droite. La sensiblerie n’était pas son truc. Les aveux non plus à vrai dire. Répétant inlassablement les mêmes gestes pour vérifier son état physique réel. La douceur ne le qualifiait pas, ce fut donc sans ménagement qu’il continua sa fouille jusqu’à soulever le haut de la jeune femme… Son regard s’embrasa instinctivement. Sa mâchoire se crispa nettement. Sa veine temporale se gonfla soudainement… « Qui t’as fait ça ? » Le calme de sa voix ne laisser présager rien de bon alors que, du bout des doigts, il effleura les hématomes qui ornaient son ventre…

Son sang ne fit qu’un tour alors que déjà les jointures de ses mains blanchissaient à vue d’œil, exerçant une pression monstre sur sa propre paume. Des flashs lui vinrent alors… Des coups de pieds… Des coups de poings… Pire encore ? Son impuissance face à cet état de fait lui insufflait une rage peu commune. A la seule pensée qu’on ait pu lui faire du mal… Son bras droit se mit alors à trembler. Mauvais signe. « Tu es seul ? » Peu enclin à contenir sa colère, sa violence, maintenant que le monde n’était plus ce qu’il était, Zephir prenait sur lui pour ne pas laisser ses travers prendre le contrôle sur son cortex cérébral déjà bien mis en branle. Amer, ses lèvres se fendirent en un sourire en coin qu’elle ne connaissait que trop bien… « Non, je ne suis pas seul. Sur la route j’ai croisé un car de pom-pom girl et je me suis dit que ce serait cool de tous t’attendre ici pendant des jours histoire de faire la fête pour passer le temps. » Lui cracha-t-il au visage sur un ton qui ne laisser aucune équivoque concernant son état actuel.

Nerveusement, l’ancien taulard retira ses mains de la peau mutilée d’Heaven, réprimant un haut le cœur tant la possibilité qu’on ait levée la main sur elle lui était insupportable. Tout en essayant de rassembler ses esprits, le jeune homme sortit une cigarette et la première bouffée fut salvatrice. Inspirant longuement, il s’autorisa à clore un court instant les paupières afin de faire le vide. Elle ne méritait pas son emportement. Son jugement. Tout ceci était sa faute à lui… Comment avait-il pu lui ordonner de s’enfuir ? Sur le moment, cela lui avait paru être la meilleure solution. La plus viable en tous les cas. Elle avait été livrée à elle-même durant trois longues semaines… La haine monta crescendo alors que les craquements qu’occasionnaient ses vertèbres retentissaient déjà autour d’eux. « Tu es en retard. » Lâcha-t-il en lui tournant le dos, observant les alentours furtivement. Par réflexe. Et aussi pour éviter de croiser le regard de sa comparse qui lirait en lui bien trop facilement. Ce n’était ni l’heure, ni l’endroit, pour se relâcher ou craquer. S’il avait attendu trois jours ici, ce n’était pas pour la voir claquer la porte suite à l’une de ses nombreuses sautes d’humeur… La raison en était pourtant tout autre. La culpabilité le rongeait littéralement. Son regard plein d’eau… Son hochement de tête abattu… Il revoyait la scène en permanence. C’était un véritable calvaire. La revoir faisait remonter l’ensemble des sentiments qu’il avait enfoui pour sa propre survie. Elle était sans doute la meilleure et la pire chose qu’il pouvait lui arriver… Son seul regret résidait dans le simple fait de ne pas avoir été là pour la protéger.
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Jeu 14 Nov - 6:08


« Qui t’as fait ça ? » C'était la question à ne pas poser. Parce qu'elle amènerait naturellement une autre: qu'est-ce qui s'était passé ? Les hématomes bleutés sur son ventre n'était qu'une infime représentation de sa douleur. Les cicatrices sur ses phalanges une infime trace de sa révolte. Le stigmate sur son omoplate une infime marque de son impuissance. L'éminence de sa souffrance résidait en son esprit. Dans les parcelles de sa mémoire qui emprisonnait cette scène. Elle aimerait la faire disparaître de ses souvenirs, l'oublier définitivement. Hélas chaque fois qu'elle fermait ses paupières, elle se retrouvait dans cette maison, dans cette pièce ... hurlant dans un dernier élan de désespoir ... mais personne ne l'entendit, personne ne vint la sauver. C'était la réalité. C'était le monde. Et elle en avait fait l'expérience pour la première fois. Durant un an elle fut protégée du danger, ignorant la difficulté de rester en vie en solitaire. Jusqu'à cette nuit-là. Désormais elle savait à quoi s'attendre et ce n'était pas beau à voir.

Étrangement, quand il effleura du bout des doigts ses blessures, Heaven n'eut aucun mouvement de recul. Étrange car elle ne supportait plus d'être touchée. Elle s'en rendit compte en compagnie du groupe. Notamment lorsque l'apprenti médecin lui fit des points de suture, elle dut faire un ultime effort pour ne pas bouger. Mais cette fois c'était différent, comme si d'un simple toucher Zéphir soignait ses maux. Paradoxalement, elle était terriblement gênée. Elle ne prononça nul mot bien que la colère de son mentor était palpable. Il avait l'air ... démoli. Elle avala péniblement sa salive, évitant de croiser son regard plus longtemps. Elle était incapable de lui tenir tête quand il la fixait de cette façon, elle avait l'impression qu'il pouvait lire dans ses pensées.  « Non, je ne suis pas seul ». L'espace d'un instant, Heaven eut une lueur d'espoir ... avant de comprendre: il se foutait de sa gueule. Pire il lui crachait du venin tel une vipère ! Un mécanisme de défense certes mais elle était outrée malgré tout. De quel droit lui parlait-il comme ça ? Comme à une gamine ! Elle venait de parcourir des milliers de kilomètres pour être traitée de cette façon ? Elle eut envie de lâcher un rire nerveux mais crut bon de le retenir. Cependant la colère qu'elle tentait de calmer commençait à gagner en terrain. Combien de temps lui restait-il avant d'exploser ?

D'habitude Heaven était une grande bavarde, elle avait tendance à emmerder Zéphir. Ce soir, elle était à l'origine d'un extraordinaire silence. A croire qu'elle avait perdu la voix ! En réalité elle avait peur de s'emporter violemment. « Tu es en retard. » Ce fut la phrase de trop. La goutte d'eau qui fit déborder le vase. Elle brûlait de l'intérieur à la température d'un volcan en ébullition. Elle avait envie de crier mais pas d'ameuter tous les rôdeurs aux alentours, ce ne serait pas une très bonne idée ! « T'es sérieux ? ». Elle était d'autant plus énervée qu'il n'avait rien révélé sur Béa, pas même une information pour la rassurer. Ok en avant destination: la dispute du siècle. « Regarde-moi quand je te parle ! » Jamais Heaven ne lui avait parlé sur ce ton, sauf que ce soir elle était à cran et surtout à bout. « Je ne suis pas venue pour me disputer avec toi. Je suis venue pour m'assurer que tu es en vie alors ton putain de sarcasme je l'emmerde  ». Et voilà elle venait de s'enflammer et une fois l'incendie allumé, il fallait du boulot pour l'éteindre ! « Je t'emmerde Zeph ! Je suis en retard et alors ? Tu crois quoi ? C'était l'éclate totale ces 3 semaines ? J'ai pris mon pied ? ». Non, ce n'était vraiment pas la déclaration de ses sentiments à son égard. « Je me suis trouée le cul pour continuer à avancer chaque jour même si je savais que t'étais peut-être mort ... parce que j'ai été trop conne de t'écouter ! ». Ses propos étaient d'une vulgarité et d'une violence sans nom. « Alors je t'en prie, crache ton venin ! »
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Jeu 14 Nov - 7:00



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La nicotine estompait la nervosité latente du jeune homme qui peinait à garder son calme. Sa violence intérieure lui rendait la tâche particulièrement compliqué. Un vrai combat qu’il se livrait à lui-même. En mettant volontairement de la distance avec Heaven, il était loin d’imaginer les conséquences que cela aurait… Ca n’avait que peu d’importance à ses yeux. En boucle, encore et encore, défilait des images sanguinolentes, insupportable. Il n’avait de cesse d’entrevoir son corps inerte, sans vie… Sa peau laiteuse, presque cadavérique. C’était une véritable torture qu’il s’infligeait lui-même comme pour se rappeler qu’il n’avait d’autres choix que celui de tenir le coup jusqu’à Washington. Il s’était même surpris à prier… Comme si Dieu existait. Vu la merde sans nom dans laquelle la race humaine, ou du moins ce qu’il en restait, se trouvait il y avait fort à parier que sa seigneurie avait lui aussi foutu le camp ! La futilité de ses pensées enchevêtrées le fit presque sourire. C’était sans compter les réactions imprévues de la gamine. « T'es sérieux ? » L’air abasourdi par l’attitude exécrable du jeune homme, il n’y prêta guère attention bien trop occupé à remettre de l’ordre dans son esprit chaotique. La fumée blanchâtre envahissait ses poumons pour la plus grande joie du texan… Qui fut pour autant, de courte durée. « Regarde-moi quand je te parle ! » Heaven haussa significativement le ton, donnant une tournure inattendu à leur conversation. Zephir n’était pas homme à parler pour ne rien dire, allant toujours à l’essentiel il se réfugiait dans le mutisme le plus complet en raison du champ de bataille qu’était sa vie, ses souvenirs… Il était bien plus facile de garder le silence. Toujours était-il que jamais, au grand jamais, la jeune femme avait osé s’adresser à lui sur ce ton. Sa main agrippa le chambranle de la fenêtre, exerçant une pression monstre pour empêcher les mots de sortir. C’était sans compter l’acharnement dont fit preuve la demoiselle. Ne laissant pas le temps à Zephir de répondre quoique ce soit à sa verve venimeuse… Le mégot de cigarette s’échappa d’entre ses lèvres pincées. Son pied vint s’écraser au sol avec hâte tandis qu’il se tournait vers elle. Lui faisant face de toute sa hauteur. Bouillonnant, son cœur palpitait avec force contre sa poitrine. N’y tenant plus, il avala à grande enjambées les quelques mètres qui le séparait encore d’elle. Avec perte et fracas il écrasa son corps contre le sien, la plaqua avec violence contre le mur auquel elle tournait précédemment le dos. Ses mains se positionnèrent instinctivement de chaque côté du visage d’Heaven qui devait faire un effort supplémentaire pour atteindre le regard de son assaillant.

Son souffle chaud effleurait les traits tirés de son acolyte redevenu silencieux après ce débordement. Mais c’en était trop. Plus qu’il ne pouvait l’accepter. Plus qu’il ne pouvait supporter. « Je t’interdis de t’adresser à moi de la sorte. N’oublie pas où est ta place. » Articula-t-il avec difficulté à mesure que son animosité prenait le pas sur sa conscience… Son poing heurta avec rage le mur qui s’ouvrit sous l’impact. N’hésitant pas à frapper tout près du visage livide d’une gamine à présent réduite au silence. « J’ai pris la décision qu’il fallait. Si c’était à refaire, je referais exactement la même chose ! Tu ne veux plus que je te traite en gamine pas vrai ?! Alors arrête de te comporte comme tel ! » Lui hurla-t-il dessus, faisant fi des possibles rôdeurs qui ne tarderaient pas à faire leur apparition à l’entente des décibels. « Tu penses peut être que devoir t’abandonner à ton propre sort était un choix facile à prendre ?! La survie ! C’est tout ce qui compte ! A croire que je ne t’ai rien appris ! » Hargneux, sa poitrine se soulevait rapidement alors qu’il déversait son flot de parole. Il fallait que ça sorte. Encore faudrait-il que l’emportement ne lui fasse pas perdre le fil de ses pensées… « Dans ce supermarché, face à cette horde de monstre, j’étais seul je te rappelle. Mais j’ai survécu. Et je suis venu ici. Je t’ai attendu. Et tu oses me hurler dessus parce que j’ai froissé mademoiselle ? Va te faire foutre. » Sur ces derniers mots, son visage anormalement proche de celui d’Heaven, ce fut en réalisant leur proximité qu’il se détacha d’elle en emmenant des débris du mur qu’il venait d’endommager. Les propriétaires ne risquaient pas de demander réparation. Tout en s’éloignant il se ralluma une cigarette en s’asseyant sur l’une des chaises qui tenaient encore debout et, bien vite, les gorgées de son précieux nectar ambré glissèrent avec volupté en lui laissant une mordante brûlure sur son passage.
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Jeu 14 Nov - 9:45

Bravo Heaven. Tu mérites vraiment le prix de l’emmerdeuse de l’année. Jamais auparavant elle n’aurait tenu tête à quelqu’un. Jamais elle n’aurait été vulgaire. Jamais elle n’aurait cherché le conflit. En effet, on était loin de la douce et naïve infirmière de l’hôpital. Désormais c’était une boule de colère. Elle n’avait pas cherché à blesser Zéphir malgré la violence de ses propos. En réalité la seule personne qu’elle cherchait blesser c’était elle. Paradoxal n’est-ce pas ? Dis-le. Je suis prête à l’entendre. Contrairement à ce qu’elle pensait, il n’en fit rien. Il prit l’entière responsabilité de cette décision et ne lui reprocha que son attitude ingrate. Il avait tellement raison qu’elle ne pouvait le nier. Tellement raison qu’elle était encore plus énervée à chacun de ses mots. Pourtant elle fit preuve d’un silence du début à la fin. Ce n’était pas par peur ou par soumission mais par respect. Malgré les apparences actuelles, Heaven avait un profond respect pour son mentor. Son protecteur. Il était en droit de s’exprimer et d’élever la voix à son tour … car elle l’avait vraiment cherché. Comme une gamine. Il avait doublement raison. Cependant c’était la première fois qu’il réagissait comme ça. Avec tant de brutalité. Lorsqu’il cogna le mur, elle fut autant surprise qu’interpellée par ce geste. Elle ne craignait pas qu’il la frappe, elle n’avait peur de lui … elle avait peur pour lui.

Elle était allée trop loin mais tant pis. Il fallait que ça sorte, cette rage, cette amertume. Elle ne pouvait pas tout garder et lui non plus. Pour une fois elle avait l’impression qu’il communiquait ses impressions. « Va te faire foutre ». Elle avait amplement mérité cette insulte. Et plutôt que de le provoquer à nouveau, elle prit l’initiative de la fermer. A quoi bon continuer ? De toute évidence il ne lui dirait pas ce qu’elle voulait entendre ; il ne la considérait pas comme fautive. Elle demeura immobile, l’observant reprendre la distance qu’il avait effacée en quelques secondes. C’était rare qu’ils partagent une telle proximité, d’habitude ils respectaient une limite. Mais vu la situation, on imaginait aisément la limite disparaître. Tu as tout foiré ma fille. Effectivement, on ne pouvait pas parler de retrouvailles attendrissantes puisque le ton était tout de suite monté très haut. Malgré cet échange houleux, la colère d’Heaven n’avait pas disparu mais consciente de son erreur elle préféra la garder à l’intérieur. Elle laissa tomber son sac à dos par terre, soupirant par la même occasion. Elle quitta la pièce sans un mot, ouvrant la porte qui menait à l’extérieur pour finalement la refermer doucement. Elle l’aurait volontiers claqué mais le coup de poing de Zéphir avait fait suffisamment de bruit pour la soirée.

Inspirant l’air frais nocturne, elle fit quelques pas pour se rendre à l’arrière, près de la piscine. Elle avait besoin de trouver un peu de calme avant de rentrer. Elle balança ses bras en avant puis en arrière pour disperser les tensions de son corps. Elle s’attendait à voir un ou deux rôdeurs arrivaient suite à leur dispute tonnante, hélas aucun mort vivant à l’horizon. Bien sur ce soir ils se cachent Juste ce soir. Elle n’avait rien trouvé de mieux à faire que de pester … encore. Elle observa l’eau verte du bassin aussi sale que calme. C’était un foutu piège à zombie ! Plutôt que de risquer un bain de minuit, elle fit le tour de la propriété, marchant pour mieux décompresser. Combien de temps ? Jusqu’à ce qu’elle arrive à retrouver son sang-froid, autant dire un bon moment. La nuit était fraîche, elle avait carrément froid mais elle attendit tout de même d’être calme avant de revenir à l’intérieur. Elle aurait pu simplement s’excuser auprès de Zéphir, lui dire combien elle était désolée mais elle avait besoin de réfléchir avant de dire une autre bêtise. Alors elle traça tout droit sans lui porter un regard et grimpa les escaliers à la recherche de la salle de bains. Plus précisément d’une douche. Elle était venue deux fois ici, elle se souvenait à peu près de l’emplacement des pièces. Enfin elle eût de la chance, il lui suffit de tourner à gauche pour aboutir à sa recherche.

Soupirant à nouveau, elle fut contrainte de se retrouver face à la glace. Waouh. Vision d’horreur. Elle avait l’air d’un zombie … littéralement. Et toute cette crasse, tout ce sang qu’elle transportait depuis une semaine. C’était insupportable. Elle eût envie de tout déchirer, de faire brûler ses vêtements mais sa seule option pour le moment était l’eau. Afin de tout laver, de tout faire disparaître. Les traces, les preuves, les souvenirs. Elle enleva ses chaussures et entra entièrement habillée dans la cabine. Elle avait besoin de faire ça, de faire ce rituel d’épuration. Elle mit en marche la douche et serra les dents lorsque l’eau froide coula à flot. Elle sentit sa peau frémir comme elle frémissait au toucher de Zéphir. Elle ferma ses paupières, voulant être pleinement consciente de cette sensation. Elle avait l’impression que le mal coulait le long de sa peau et s’écroulait à terre pour mieux mourir. Elle aurait voulu que ce soit aussi facile. Que ce soit aussi rapide. Mais bientôt une odeur lui parvint, une odeur familière : celle du sang. Au secours, aidez-moi. Affolée elle ouvrit ses prunelles … ce n’était qu’une illusion de son propre esprit.
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Dim 17 Nov - 14:05



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L’air frais avait pénétré par la porte ouverte un court instant venant ainsi chatouiller le visage en sueur, empourpré par la colère, d’un homme épuisé. La faim tiraillait ses entrailles sans relâche alors que ses muscles fondaient à vue d’œil par manque d’alimentation. La morsure de l’alcool semblait réchauffer son corps engourdit. Une illusion qu’il savoura tout de même en ferma les paupières. Ses insomnies chroniques n’aidaient en rien, compliquant d’avantage les choses. Les nerfs à fleur de peau, il passa ses mains sur son crâne rasé en soupirant longuement. Les images de leur dispute lui revenaient en mémoire comme un coup de poignard en plein cœur, fouillant dans la plaie déjà ouverte… Les barrières qu’il érigeait lui-même, pour empêcher le flot d’émotion de déborder, lui avait causé plus de tord qu’autre chose. L’inquiétude, toutefois, était toujours présente malgré le soulagement qu’il avait ressenti en revoyant les traits si familier d’Heaven… Ses prunelles bleutées se posèrent alors sur la fenêtre et ce fut en silence, et sans prêter attention à sa cigarette qui se consumait, que Zéphir observa le lion en cage faire les cents pas au beau milieu d’un jardin en friche. Cette vision aurait pu le faire sourire, mais le cœur n’y était pas… En réalité, il regrettait amèrement de s’en être pris à la jeune femme qui avait sans doute subit un traumatisme… Loin de lui. Un voile d’eau lui obscurcissait la vue alors que déjà, une rage presque animal prenait d’assaut l’esprit torturé du texan. Ce fut le moment choisit par Heaven qui refit surface aussi vite qu’elle était parti, par chance Zéphir lui tourner le dos. Il s’attendait à entendre la voix cristalline de la demoiselle désolée mais seuls ses pas qui s’éloignaient, résonnaient aux oreilles du jeune homme. Quel con !

A son tour, il se leva sans manquer de dévisser à nouveau le bouchon métallique de sa flasque pour avaler une gorgée de ce nectar qu’il aimait tant. Après trois semaines à parcourir sans relâche les centaines de kilomètres qui le séparait de Washington, d’elle, il allait tout gâcher à cause d’une incapacité à gérer ses émotions comme un être humain normal ? Pitoyable. Le sentiment d’impuissance s’infiltrait jusque dans ses veines, l’immobilisant un instant en pensant aux possibles sévices qu’elle avait dû endurer. Il avait besoin d’en avoir le cœur net. A toutes enjambées, il rejoignit bien vite l’étage en se laissant guider par les bruits l’attirant vers la salle de bain. Sa main se posa sur la porte mais, il hésita. Si elle prenait réellement sa douche, ce n’était sans doute par le bon moment pour discuter… Pourtant, son corps se mouvait de sorte à entrer dans la pièce. Aucun de ses vêtements n’ornait le sol. En prenant une longue inspiration, il tira le rideau de douche pour y entrer. Lui tournant le dos, Heaven ne semblait pas réagir à cette intrusion dans son intimité. Tant et si bien qu’il referma le rideau sans bruit. Avec douceur, dans le plus parfait des silences, Zéphir s’approcha d’elle jusqu’à ce que son torse frôle son dos. Ses mains se posèrent alors sur ses épaules en refermant les doigts sur le tissus de sa veste qu’il guida jusqu’au sol. Puis, presque fébrilement, il souleva son tee-shirt alors qu’elle levait instinctivement les bras. Ce dernier rejoignant bien vite le reste… « Si tu ne veux pas en parler, nous n’en parlerons pas… » Lui chuchota-t-il d’une voix rauque.

Il chérissait ses moments d’accalmie et de complicité qui les avaient bel et bien unis depuis le premier jour, envers et contre toutes leurs différences. Nier cet état de fait n’était qu’une perte de temps et pourtant, le survivant ne comptait pas affronter cette aveuglante vérité. Outre son orgueil de mâle, le jeune homme n’avait jamais eu aucun don pour exprimer réellement ce qu’il pouvait ressentir. Cette maladresse remontait à l’enfance et les évènements dramatiques qui ont eu lieu par la suite n’ont fait que renforcer ses appréhensions. L’eau commençait tout juste à tiédir alors que la peau d’Heaven était glaciale… Les nombreuses contusions qui recouvraient ses côtes… Son ventre… Son dos… Sa lèvre inférieure trembla nerveusement alors qu’il en redessinait les contours du bout de ses doigts. Le spectacle qui s’offrait à lui était tout bonnement insupportable mais il continua à regarder comme pour se punir de l’avoir abandonner… Avec une certaine langueur, ce fut au tour de son jean d’être enlevé. En se retournant, il attrapa le savon pour s’en imprégner les mains. Il fit mousser le produit avant de l’appliquer sur les épaules de la frêle gamine. Tout en la savonnant il s’appliquait à masser les zones durcies en évitant celles qui lui étaient douloureuses. Peu à peu, le sang séché glissa le long de son corps pour disparaître dans la bonde. « Je ne te laisserais plus. » Lâcha-t-il simplement en continuant sa tâche, ses mouvements étant quelque peu entravé par ses propres vêtements alourdis par l’eau. Cet aveu était une première. Jamais il ne parlait de ce genre de chose. A vrai dire, Zéphir ne parlait pas souvent. Il se contentait de l’écouter jacasser à toutes heures en ayant toujours un sujet de conversation quelque soit le moment. Mais, parfois, certaines choses devaient être dites.
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Dim 17 Nov - 16:53

Elle l'entendit venir, ouvrir doucement la porte pour pénétrer dans la pièce. Elle l'entendit tirer le rideau de la cabine, avancer de quelques pas pour approcher au plus près. Elle aimait sentir sa présence, redoutant son absence. A peine posa t-il les mains sur elle que son coeur s'emballa à un rythme mortel. Dans ces moments elle avait l'impression que le chaos n'était plus. Elle pouvait enfin trouver du réconfort. Elle pouvait enfin revivre. Elle cherchait les mots à lui dire afin de s'excuser d'avoir dépassé la ligne. Heaven n'aurait pas du adopté une telle attitude, ni même lui manquer de respect. Comme hypnotisée par sa douceur, elle était omnibulée par ses gestes. Cependant elle avait honte de ce ce qu'il pouvait voir en un regard: ce corps meurtri par une nuit. Elle avait envie de le rassurer, de lui mentir sur ce qui s'était passé mais elle ne trouvait la force de le faire. Elle ne voulait le heurter, lui faire du mal. Elle voulait uniquement oublier. Comment ? Comment faire pour avancer ? Pour vivre avec ? Zéphir était l'unique rempart qu'elle avait. L'unique espoir. Elle n'imaginait affronter la vie sans lui. « Je ne te laisserais plus ». Elle fut tellement émue par l'aveu qu'il venait de formuler qu'elle ne put maintenir la barrière qui l'empêchait de tout lui divulguait. Elle n'eut qu'à fermer les paupières pour retourner en arrière. Pour lui faire découvrir ce qu'elle ne comptait lui dire. Hélas les mots commencèrent à apparaître telle une chimère, retraçant le récit de cette nuit: elle commençait à avoir de la fièvre et les courbatures devenaient de plus en plus pénibles. Elle devait à tout prix trouver une façon d’arrêter la maladie. Elle pénétra dans une nouvelle maison, cherchant des médicaments contre la grippe. En apparence la demeure avait l’air vide. En réalité ce n’était pas le cas.

Alors qu’elle sortait de la salle de bains déçue de n’avoir rien trouvé, elle le vit. Cet homme. Il était dans le couloir, immobile, droit comme un fantôme. Elle crut que c’était une hallucination, hélas non. Etrangement l'individu fut aimable, prévenant, gardant d’abord une certaine distance. Puis le tableau commença à prendre des couleurs obscures, plutôt inquiétantes. Il avait à manger, à boire, il tenait à lui procurer des vivres en échange d’un paiement … en nature. Heaven comprit qu’elle devait immédiatement quitter cette maison avant que les choses n’empirent. Elle déclina poliment l’offre, annonçant qu’un ami l’attendait … malheureusement elle ne parvint à partir. Le calme apparent de l’inconnu fut remplacé par une violence terrifiante. En temps normal elle n’aurait pas eu peur de lui mais elle était malade et vulnérable, elle avait conscience de l’ampleur de la situation. Les coups commencèrent à partir avec une féroce brutalité, elle le cogna comme lui avait montré Zéphir, elle le frappa avec l’envie de vivre, elle lutta malgré la fatigue. Mais fou de rage, il la lança de l’autre côté de la pièce et faute d’une bonne réception elle lâcha un râlement de douleur. Elle n’eut pas le temps de se relever qu’elle reçut une multitude de coup de pieds avant qu'il ne la plaque au sol telle une poupée de porcelaine. Face à lui, elle crut un instant que c’était un mauvais rêve. Un cauchemar. Mais à la vue du couteau qu’il détenait, elle comprit que c’était cette putain de réalité. Elle lutta avec toute la détermination dont elle était pourvue, pleinement conscience que ça ne durait pas. Il gagnait en proximité au fil des secondes, ce n’était qu’une question de temps avant que l’arme n’effleure son cou. Alors elle tenta le tout pour le tout et plutôt que de l’éloigner, elle approcha furtivement pour lui donner un coup de tête. C’était idiot de tenter cette attaque et pourtant ça fonctionna. Elle en profita pour quitter cette emprise malsaine puis face contre terre elle rampa à la force des bras. Elle fit quelques mètres avant qu’il ne la rattrape et ne lui enfonce le couteau dans l’omoplate.

Son cri déchira le silence de la nuit tel un agneau qu’on égorge. La douleur fut telle que la fièvre amplifia d’un coup. Le pire c’était certainement qu’elle n’avait plus d’énergie pour combattre. Pour l’empêcher d’enlever son pantalon comme une bête sauvage. Elle était piégée dans cette foutue maison. Dans cette sinistre situation. Avec cet odieux animal. Elle préférait mourir qu’être violée. Elle ne pourrait vivre avec cette plaie. Alors elle hurla, elle hurla avec l’espoir fou qu’on vienne l’aider, l’extirper de ce sort macabre. Le silence fut la seule réponse à ses hurlements, le silence pour punition. Et puis, tout à coup elle le vit. Zéphir. Il était là sans vraiment l’être ; à l’image d’une hallucination. Il lui parla comme on parle à une enfant et il lui dit exactement quoi faire. Ce couteau qui l’empêchait de bouger, qui la condamnait, elle devait le prendre, le retirer de sa peau mutilée. Elle devait affronter la douleur pour éviter l’horreur. Elle ignorait ce qui se tramait dans les arcanes de son esprit mais elle le fit. De sa main droite elle attrapa le manche du couteau et l’extirpa de son dos. Elle n’aurait été capable d’effectuer cet acte si elle n’avait été guidée par Zéphir. En tout cas, par son souvenir. « Il était en train d’enlever son pantalon quand je me suis emparée du couteau. J’ai attendu qu’il s’approche pour me le reprendre et je lui ai planté dans la gorge ». Elle raconta la fin du récit telle une machine dénuée d'humanité. En réalité elle tentait de retenir l'eau qui lui brûlait la rétine depuis qu'elle avait commencé à parler. Elle n'avait pas pleuré depuis tellement de temps ... elle avait préféré la colère à la peine. Mais ce soir elle était incapable de taire les larmes qui coulaient le long de ses joues de velours. Incapable d'être forte quand elle portait le sceau de la faiblesse sur sa peau meurtrie.  
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Lun 18 Nov - 4:29



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L’eau ruisselait paisiblement sur les deux corps marqués au fer rouge par la barbarie de ce nouveau monde dénué de sens, de morale. Malgré les vagues de douleur qui lui faisait monter la bile aux lèvres, ses iris ne pouvaient se détacher de ses courbes juvéniles… Bien qu’elle prétendait souvent le contraire, n’aimant guère le reflet que le miroir lui renvoyait depuis qu’elle endurait les affres de la faim, de la soif, de l’insomnie… Rien n’était beau dans ce monde. Rien en dehors de cette lumière qui, au détour d’une mésaventure, avait perdu de son éclat. Alors que le silence s’installait, Heaven eut soudain le souffle court. Leur proximité permettait à Zéphir de sentir l’écho de ses pulsations cardiaques élevées et irrégulières. D’abord dans un chuchotement, elle commença son douloureux récit qui commençait comme une banale histoire d’exploration. Chaque jour, durant un an, ils avaient dû fouiller les moindres recoins des habitations et autres magasins qu’ils trouvaient sur le chemin. Question de survie. A l’évocation de cet homme, de ce lâche, de ce monstre…Il réprima un nouveau hoquet de dégoût. Instinctivement, le jeune homme apposa ses mains, qu’il espérait dotées du don de la guérison, sur seuls vestiges physiques de cette fameuse nuit. Tremblante, elle évoquait les leçons que lui avait apprises son mentor en faisant preuve d’une incroyable détermination. Mais les symptômes de la maladie furent un désavantage considérable dans la bataille qu’elle menait contre un adversaire bien plus fort qu’elle…

Il imaginait sans mal la scène, la partie était perdue d’avance mais elle n’avait montré aucune faiblesse face à son assaillant. Au fur et à mesure de son récit, les mains de Zéphir parcourraient la peau violacée d’Heaven pour finir leurs chemins sur son omoplate en mauvaise état. Un détail attira l’attention du texan qui fronça un instant les sourcils en examinant de plus près sa blessure. Cette dernière avait été soignée. Et plutôt bien d’ailleurs vu la propreté de son bandage et de ses sutures… A l’entente de son prénom, ses pensées firent silence pour mieux comprendre ce qu’elle tentait d’expliquer avec ses mots. « Je n’aurais pas été capable d’effectuer cet acte si tu ne m’avais pas guidé. » Incapable d’ajouter quoique ce soit à ses dires, l’ancien détenu resta interdit. « Il était en train d’enlever son pantalon quand je me suis emparée du couteau. J’ai attendu qu’il s’approche pour me le reprendre et je lui ai planté dans la gorge. »  Courageuse la gamine. Il se contenta alors, pour seule réponse, d’accueillir la gamine entre ses bras qui se voulaient protecteur. Une main posée sur le dessus de sa tête qui elle-même reposait sur l’épaule du jeune homme, il la berçait doucement en se passant des mots pour exprimer sa fierté et sa compassion.

La tendresse de ce moment aurait pu faire taire l’agitation de ses neurones, pourtant il repensa à sa plaie parfaitement soignée alors qu’en ces temps la propreté était un luxe que peu pouvait s’offrir quotidiennement. Seule, malade et blessée, elle avait dû être incapable de se déplacer une fois les effets de l’adrénaline dissipés. Des rôdeurs auraient très pu arriver à tout moment et elle n’avait personne sur qui compter. La seule explication plausible était l’hypothèse qu’un groupe soit tombé sur elle… Une vive jalousie s’empara de ses tripes. Il n’avait pas pu la protéger alors d’autres l’avaient fait à sa place. Foutu caractère. L’important n’était certainement pas les sautes d’humeur de monsieur. La détresse ressentit s’écoulait en goutte d’eau qui perlait sur les joues rosies d’Heaven étroitement lové contre son rempart aux atrocités du dehors. La température de l’eau commençait à nettement baissé, forçant Zéphir à tendre le bras pour couper l’arrivée. « Sors de là. J’ai une idée. » Astucieux, il se débarrassa de ses vêtements alourdis par l’eau et rejoignit la chambre de Bé. Il se l’était tout de suite approprié. C’était en réalité la seule pièce de la maison à ne pas être maculée de sang ! Après avoir enfilé un jean noir, un tee-shirt manches longues gris foncé dont il releva les manches, et ses gants de cuir noir, le jeune se chaussa de ses lourdes boots militaires. Tout en réglant son holster, il appela Heaven… « Il faut absolument qu’on mange quelque chose alors je te propose de faire d’une pierre deux coups en nous défoulant également sur les rôdeurs qui croiseront notre chemin ! » Une dernière chose. Il n’utilisait son pistolet qu’en cas d’extrême urgence. Habilement, il coinça la machette dans son dos pour être facilement accessible et rangea son couteau de chasse dans l’étui accroché à sa cuisse droite. Un vrai guerrier. Au début de l’épidémie, il avait eu de la chance de tomber rapidement sur des armes ne nécessitant aucun chargeur. Depuis il ne s’en était jamais séparé allant même à en prendre grand soin. Heaven devait très certainement fouiller dans les affaires restantes de son amie pour trouver quelque chose à se mettre. D’ailleurs, ils n’avaient pas encore discuté de Béa. Et de son absence criante en ces lieux. Le seul indice qu’il ait trouvé était encore dans la chambre de la principale intéressée, un mot laissé sur la commode et qui disait « ZONE 51 ». Le nombre de dépouilles humaines à son arrivée, autrement dit avant de faire le ménage, ne laissait pas grand espoir sur la possible survie de la fameuse Béa.
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MessageSujet: Re: YOU NEED TO BELIEVE IT Lun 18 Nov - 10:36

Durant cet intervalle de temps, Heaven eût l’impression que rien ne pouvait l’atteindre. Ni l’eau glaciale qui revenait, ni la douleur endurée ; ni le traumatisme vécu, ni la famine perçue. Rien. Car elle était avec lui ... dans ses bras. Et personne ne pouvait lui faire le moindre mal. Aucun homme. Aucun rôdeur. C’était comme une dimension parallèle, un autre monde. Un refuge. Elle aimait tellement ces moments de partage et de complicité que le temps renforçait. Jamais elle n’avait vécu quelque chose de si fort depuis que le chaos était apparu. « Sors de là. J’ai une idée ». Elle aurait aimé que cet instant dure éternellement hélas il avait autre chose en tête. Quoi ? Elle était plutôt interpellée par son comportement, ne s’attendant pas à cette réaction. Mais c’était une bonne chose, une bonne initiative. Elle l’imita, quittant la cabine pour attraper la serviette qui pendait le long du radiateur. Elle ne voulait pas attraper froid en allant à l’extérieur les cheveux trempés, être malade une fois fit office de bonne leçon. Elle prit donc le temps dégouter l’eau avant d’être appelée par Zéphir. Je me dépêche, je me dépêche. Elle fut tout de suite motivée par le plan de la soirée, non seulement elle mourrait de faim mais en plus elle avait envie de tuer du rôdeur. Elle retrouva son compère dans la chambre de Béa ... c’était tellement étrange de venir ici. Tellement déstabilisant. « Zone 51 ». En ouvrant le premier tiroir de la commode, son regard fut attiré par le mot qui ornait le meuble. « J’ai déjà entendu ça » dit-elle à voix haute sans en avoir conscience. Elle était tellement fatiguée qu’elle avait du mal à connecter ses neurones. Tout en cherchant des vêtements à mettre, elle réfléchissait à cette appellation.

Zone 51. Qu’est-ce que c’était ? Enfilant un pull brun puis un legging noir, elle dut retourner à la salle de bains pour récupérer ses bottes, puis repartir dans la chambre pour les enfiler sur le lit. « Je sais ! Bonhomme de neige ! ». Le fameux surnom de son compagnon de route. Pour l'anecdote, ce fut davantage un accident qu'un acte volontaire et réfléchi. A cette époque ils ne se connaissaient pas beaucoup, ils parcouraient les villes ensemble depuis un mois tout au plus. Et par chance en fouillant le frigo d'une maison, Heaven trouva du chocolat. Fière et ravie de ce miracle, elle eut du mal à contenir son excitation et plutôt que d'appeler Zéphir par son prénom, elle l'appela bonhnomme de neige. Bien entendu, ce ne fut pas sans conséquence mais étrangement le surnom demeura jusqu'à devenir familier. Cependant elle ne lui expliqua jamais pourquoi. Pourquoi celui-là et pas un autre ? Ce n'était pas pour l'embêter ou le prendre de haut, au contraire il partait d'une bonne intention. Même si son mentor était froid comme la neige, au fond il était très attentionné et protecteur à son égard. Donc depuis elle prit l'habitude le nommer ainsi. Et si aujourd'hui elle le fit de nouveau c'était pour une raison. Y’avait aucun doute : elle avait retrouvé sa spontanéité enivrante. Elle savait exactement où et quand elle avait entendu parler de cette zone. « C’est dans le Névada ! La zone 51 c’est dans le Névada ! Hum … j’ai rencontré un groupe de survivants qui allait là-bas. Ils avaient une radio et j’ai entendu le message qui parlait d’un camp de réfugiés ». Pourquoi n’avait-elle pas évoqué ce détail plus tôt ? Bonne question. Pour tout dire, cette information ne lui avait pas effleuré l’esprit avant qu’elle n’aperçoive le mot de Béa. Elle reconnut immédiatement son écriture … elle était donc vivante et en route pour le Névada. En espérant que ce camp existe.

Heaven était venue ici pour trouver son amie Béa. A la place elle avait retrouvé son protecteur. Son espoir. Et c’était la meilleure chose qui aurait pu lui arriver. Mais qu’allaient-ils faire ? Reprendre la route en cherchant des vivres et en tuant des rôdeurs ? Ou tenter leur chance dans ce nouveau camp ? Il ne la laisserait plus, il l’avait dit. Alors peu importe ce qu’ils étaient décidés de faire, ils le feraient ensemble. Cette pensée lui procurait davantage de plaisir que celle d’être en vie. Être en vie c’était bien mais être avec lui c’était mieux. Durant ses trois semaines, elle avait imaginé tous les scénarios possibles de leurs retrouvailles. Elle avait prié pour lui chaque fois que le soleil fut détrôné par la nuit. Ce soir elle n’aura plus besoin de le faire, mais elle le fera. Priant pour qu’il continue de survivre dans ce monde infâme. Priant pour qu’il ne perde pas son âme au détour du mal. Zéphir était la meilleure personne qu’elle ait eu la chance de rencontrer et ce malgré les hauts et les bas qu’ils eurent dès le début. Qui aurait-cru qu’ils parcourraient autant de kilomètres ensemble ? Lui et elle. Le grand solitaire et la gamine bavarde. Le mentor et l’apprentie. Le protecteur et la protégée. Même s’il refuserait de l’admettre, Zéphir était davantage protecteur que violent, doux que brutal. Elle ignorait tout de sa vie d’avant, comment il se comportait, qui il fréquentait, qui il était, mais elle avait l’impression d’avoir réussi à l’apprivoiser. Réussi à rompre la distance qu’il avait mise entre eux. Et d’être parvenue, au final, à découvrir son vrai visage.
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