Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry]
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MessageSujet: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Dim 11 Nov - 21:57

La perpétuelle remise en question. L'envie, l'horreur, puis ce rêve, ce rêve qui prend aux trippes. La mort qui tourne, qui retourne au coin de la rue. Ses bruits quand elle s'élève. Cette respiration saccadée. L'achèvement d'une vie, l'envie de périr. Westerfield se revoit. Une belle journée au milieu de cette horreur. Un peu d'eau, une bonne tasse d'un café noir et sans sucre, et tout va bien. Au dehors, alors que la ville est en feu, que des volutes épaisses s'échappent au loin, la radio fredonne encore. Et sa femme qui rentre, le bras ensanglanté d'une âme aveuglée, la moitié de son bras n'est plus en place, et la chair flotte dans l'air, calcinée. L'horreur des injures, ça se bouscule dans l'entrée, tout le monde est affolé mais seul un militaire comme lui peut prendre la situation en main.

La conduire dans les hospices ne serviraient à rien, ils sont tous aux mains de ces choses qui marchent au dehors, ces créatures d'un autre monde, des créatures qui ne sont que la terrible, l'affreuse oeuvre d'un démon malsain. Dieu n'existe pas, le Diable non plus, ce virus n'a pas de cause surnaturelle, il est une création de l'Homme, et même si le militaire n'en sait rien, il en est convaincu, après tout, tout est de la faute de l'Homme, des marées noires jusqu'aux accidents en haute montagne. Le militaire ne sait que faire, il monte sa femme à l'étage, s'occupe de panser ses plaies, faisant le vas et viens entre les toilettes (où il rend) et la chambre où il nettoie sa femme en attendant la salve prochaine de vomit. Mais au fond de lui, il sait qu'avant même de s'endormir, la bonne femme sera foutue et qu'il faudra que rapidement, il se décide à prendre la plus dure des décisions. Il ne le veut pas, mais ainsi va la vie, et il s'en résout tristement.


***
Lorsqu'il posa le pied à terre, après avoir repoussé les draps tachetés de transpiration et chiffonnés, Chuck se demanda si ce cauchemar allait cesser un jour. Sa réponse fut, que dans l'état actuel de sa propre conscience, la scène qu'il se jouait encore et encore et qui terminait toujours par cette balle sifflante dans le crâne de sa femme n'allait pas cesser et qu'il faudrait vivre avec ce poids en son cœur saignant. Après avoir voté avec ses voix intérieures qu'il valait mieux prendre sa douche avant d'enfiler l'uniforme, il repensa encore un peu à sa femme, et très vite, cela laissa place à d'autres choses autrement joyeuses. Il pensa d'abord à sa fille qui dans un désir de le rendre fou l'ignorait complètement, en se baladant dans le Complexe comme si, en plus d'avoir perdue sa mère, elle venait de perdre son père.

Il pensa également à la journée qui s'annonçait, et cela fait, il se prit à vouloir boire, à se gaver d'un alcool fort, qu'importe la marque et la sorte, tout ferait l'affaire pourvu que son état soit celui d'un débauché. Malheureusement pour ses envies, les seules bouteilles qu'on trouvait en dehors du bar étaient dans son bureau, quelques étages plus bas et il était certain qu'on ne pourrait pas le laisser se saouler, ses seconds avaient été formés pour lui ternir tête lorsqu'une envie de devenir quelqu'un d'autre lui prenait, en ce moment, ce genre de comportements douteux et immatures étaient des choses fréquentes. Il ne supportait plus l'idée de porter un poids aussi lourd sur ses épaules et il arrivait à user de tous les moyens pour rendre les autres dingues, pour qu'ils subissent un peu de son calvaire. Il avait décidé de son planning au dernier moment hier, avant de monter se pieuter.

C'était l'hôpital et le laboratoire de recherches qui allait subir sa visite aujourd'hui, et ce n'était pas pour une bonne raison. Une épidémie de rhume avait été détectée, et il était hors de question que lui, le fondateur de cet Empire de désillusion, de dictature puisse avoir le nez bouché. Hypocondriaque, il pensait qu'à chaque nez bouché, il allait se taper une pneumonie, et aujourd'hui, ce genre de maladies était mortel à cent pour cent. Il devait également s'occuper de la promulgation d'une loi martiale encore plus stricte, des civils avaient été vu en dehors des bâtiments après le couvre-feu, ce qui était le meilleur moyen d'attirer zombies et autres créatures terrifiantes de la nuit.

Autant dire qu'un emploi du temps comme le sien n'était pas chose aisée, et s'il avait pu être gouverneur, ministre ou président avant cette merde, il se serait accordé des pauses pour se détendre, jouer au golf, serrer les seins de putes entre ses doigts, ce genre de trucs embarrassants qu'un politicien adorait faire. Malheureusement, c'était terminé le temps des sextapes et des femmes à poil sur le net, aujourd'hui, la seule manière de consulter des sites pornos étaient d'en tourner un sans caméra. Du live porno, CNN aurait pu en inventer le concept s'ils n'étaient pas tous morts. Ahah.

Le militaire fin prêt était descendu de sa démarche féline, jusqu'à l'étage où il prenait son petit déjeuner, en compagnie de ses meilleurs lieutenants. Cependant, ce matin, il fut seul avec lui-même. Il se fixa dans le miroir, redressa son calot et se prépara à aller affronter la harpie qui dirigeait le service médical.

Il ne la connaissait pas bien, elle était relativement nouvelle sur la base mais semblait connaitre son métier comme sa poche, c'était tout naturellement que le Conseil avait décidé de la nommer à la direction du service médical, cependant, on savait tous qu'un faux pas et Chuck décidait de vous offrir un sac avec des pierres et le droit express de dégager des lieux. Après avoir avalé des œufs sans goût et un verre de lait arrosé de Whisky, il était passé par son bureau pour y prendre quelques affaires dont une arme. Il ne se baladait jamais sans car il n’avait confiance en personne, sauf sa fille et cela même si elle avait perdu son amour pour lui.

Devant le bâtiment se tenait une voiturette de golf et un soldat. Ce dernier l’invita à monter, puis prit le volant. Pendant le trajet, il se grilla une cigarette parce que c’était le seul truc qui pouvait le calmer avant de se battre à coup de phrases et de mots. Il fit le vide, mais il arriva trop vite devant le portail qui séparait les installations. Il mit le pied à terre, et avant même d’entrer, il vit la jeune femme attendre sur les marches, apparemment, elle avait été prévenue. En s’approchant, il se mit à gueuler.

« Il va falloir qu’on parle, ma petite dame ! »
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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Lun 12 Nov - 21:32




Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi...
Ft. Chuck&Blueberry
Elle savait au plus profond d’elle que rien n’allait changer, qu’elle ressentirait toujours ce trou béant dans son cœur et que toutes ses pensées seraient occupées par Danny et Aaron, mais elle faisait semblant. Devant les autres, elle se montrait pleine d’espoir et de bonnes volontés. C’est dans cette optique qu’elle se rendit à son travail. Son job était bien la seule chose qui arrivait encore à la faire se lever le matin, même si les conditions avaient changées, elle continuait à soigner les autres et ça la faisait se sentir mieux.

Blueberry enfila un jeans et le premier t-shirt qui lui venait sous la main. Elle remarqua bien évidemment qu’il avait un trou au niveau de la taille, mais n’y prêta pas attention. La mode n’avait plus aucune raison d’être et plus personne ne se souciait de l’apparence d’autrui. Cela arrangeait bien la jeune femme, elle qui avait toujours eu horreur d’être habillée comme ces jeunes anglaises qui se croient perpétuellement au-dessus des autres. Cette pensée la fît sourire, elle avait quand même réussi à séduire son mari en étant accoutrée comme une adolescente. Et puis, comme à chaque fois où son esprit se posait sur le prénom « Danny », elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle tenta de vider son esprit en pensant au boulot qui l’attendrait pendant cette matinée et continua à se préparer. Sa garde-robe ne contenait que très peu d’affaires ce qui, en quelques sortes, lui permettait de s’y retrouver beaucoup plus facilement. Ses armoires d’autrefois débordaient de tous types de vêtements et pourtant, elle n’en portait jamais la moitié. C’était tellement difficile de ne plus penser à sa vie passée quand la moindre poussière vous ramenait à un souvenir quelconque.

Comme toujours, elle arriva bien trop tôt, mais elle ne s’en souciait guère, tout ce qui lui importait c’était d’occuper son esprit à autre chose qu’à penser. Elle caressa son alliance et se décida à entrer. A peine après avoir ouvert la porte, on lui fit signe pour la prévenir qu’elle avait déjà un patient qui l’attendait tranquillement. « Bonjour monsieur Hamilton, que puis-je faire pour vous ? »

Il se contenta de sourire en lui montra son énorme coupure sur l’avant-bras. Hamilton était âgée de quatre-vingt-dix ans mais il n’arrêtait jamais de bricoler et étant doté d’une énorme maladresse, il venait souvent rendre visite au service médical. Comme d’ordinaire, elle l’accueilli avec sa bonne humeur habituelle et elle l’écouta attentivement déblatérer son histoire de cisaille qui avait dérapée. Elle alla chercher ensuite tout ce qui serait nécessaire pour le recoudre, Blueberry s’affaira ensuite et en moins de quinze minutes c’était terminé. Harry ne s’en alla pas immédiatement, il discuta d’abord avec tout le personnel, ce qui fit sourire la brunette. Cet homme aimait voir du monde et la seule compagnie de sa femme ne lui suffisait visiblement pas. Une fois qu’il sentit qu’il avait assez parlé pour la matinée, il se dirigea fièrement vers la porte, fît une révérence en adressant un signe de tête à Blue.

La visite qu’elle reçut ensuite était très loin de l’enchanter autant, un des hommes de Westerfield vint la prévenir que le chef n’allait pas tarder à arriver pour lui parler. Blueberry tenta de cacher sa déception et attendit sagement que l’homme s’en aille avant de soupirer. Elle nettoya et rangea les ustensiles dont elle venait de se servir puis se dirigea à l’extérieur pour attendre Chuck sur les escaliers. A coup sûr il venait pour la virer de son poste de responsable médical ou alors simplement pour tout contrôler comme à son habitude.

Il ne tarda pas à arriver avec son air autoritaire dans une voiturette de golf, elle se força à ne pas glousser même si la situation lui en donnait réellement envie. « Il va falloir qu’on parle, ma petite dame ! » Blueberry lui adressa un énorme sourire, lui sera la main et répondit sur un ton serein. « Je vous écoute. » Elle ne connaissait pas très bien ce jeune homme, mais il avoit tout du genre de mec que l’on déteste très facilement. Et même si jusque-là, elle ne l’avait que très peu croisé, elle était loin de le porter dans son cœur et il serait probablement l’une des rares personnes à qui elle oserait montrer son désaccord.
© Belzébuth
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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Mer 14 Nov - 23:31

Deux sbires s’étaient positionnés de chaque côté de la petite voiture. Ca aurait pu être comique si le public ahurit était à la première représentation de la très célèbre série Papa Schultz mais ce n’était en rien la célèbre production hilarante dont les oncles de Chuck raffolaient tous durant ses longues périodes de songes, à l’adolescence où son gourdin commençait à le démanger sérieusement, à cette époque où une fille en fleur croisée sur le parvis d’une église, dans le coin sombre d’une ruelle ou dans l’éclairage trop virulent d’un rayon charcuterie pure porc au WallMart du coin venait lui chatouiller ses désirs les plus secrets, ce jardin aux mille et un fantasmes dont personne, pas même le curé le plus avisé n’avait vent, quelque chose d’aussi mystérieux qu’une fleur poussant sur les roches d’un sol trop dur.
Cette époque était peut-être la plus innocente de sa vie, la période la plus calme et la plus resplendissante. Cette innocence d’adolescent coupable de rien d’autre que de plaisirs solitaires, cette puérile idiotie de rebelle qui lui faisait écouter des groupes de Rock N’Roll et des blasphèmes à la Ray Charles à longueur de temps. Si Elvis était déjà mort lorsqu’il le découvrit véritablement, il n’eut aucun mal à obtenir les collectons de la part de sa mère, en l’hommage à un certain King.
Avant de voir la vie en face des trous, avec le lot d’inconsolables misères qu’elle apportait, il était le plus heureux des hommes. Surfant sur une planche à roulette, pédalant sur un tricycle jaune, peignant le monde et la société avec une guitare, se touchant parfois sur les photos de mannequins dénudés. Dommage que personne n’eut inventé la femme nue dans un cadi avant, parce qu’il aurait trouvé ça réellement plus intéressant que les modèles préférés d’Hugues Hefner dans son très célèbre magasine au lapin rose (dérivés en plusieurs coloris depuis le temps). Il aurait voulu voyager pour rencontrer les autres, déguster d’excellents tacos dans un Mexique désavoué par des conquistadors fous, il aurait voulu saboter les plans de la junte militaire de Birmanie et rencontrer des gens aussi peu agréables que l’Adolf Hitler, juste histoire de lui toucher un peu la moustache avant que le petit homme aille rendre visite au ciel ou à l’enfer, ça c’était selon le point de vue et Chuck ne critiquait rien, pas même les goûts avoués pour les moustaches trop courtes, les mèches ringardes et les talonnettes. Après tout, son père se rehaussait aussi de talonnettes et il avait gardé les deux instruments en bois, histoire d’avoir un petit souvenir du type.

Lorsqu’un cheval traversait le désert sans aucun nom, c’était les cieux qui rendaient grâce à la Terre. Autant de beauté d’un coup, ça rendait Dieu et le Diable complètement dingues. Ces derniers, face à ce cheval que l’on appelait Amérique étaient dépassés par temps de progrès. En quelques années, en deux guerres, le Cheval était passé de bouseux à carrément cool. De régional à international. Un génie, une boule de poil que l’on frottait contre soi pour obtenir pétrole, chewing-gum et plaisir. La vie d’un sombre paysan rimait souvent à ça, tirer sur les bienfaits d’une connerie pour obtenir tout son jus, et c’était comme ça que les Européens avaient vu les Américains jusqu’à l’explosion de cette foutue épidémie qui avait tendance à rendre les gens un peu frigides…
Depuis quelques mois, Chuck n’avait jamais autant croisé de gens aussi impolis, qui voulaient tous le bouffer lorsqu’ils surgissaient d’une forêt enflammée, d’un puits asséché ou d’une usine abandonnée. Tous avaient tendance à être complètement old-shcool, psychorigides et ils avaient tous envie d’humain… Hannibal Lecter avait enfin pu baiser Clarisse et de parfaits petits clones en plus dingues avaient implosé dans le ventre de Jodie Foster. C’était la seule explication rationnelle, la descendance d’un criminel canonisé avaient décidé de venger le père, récemment décédé à cause d’un violent accrochage avec sa femme. Cette dernière qui était formée à ce genre de situations n’avait pas hésité une seconde, elle avait décidé de le tuer, déclenchant ainsi l’apocalypse la plus réelle.

L’autre explication était un dérapage d’Umbrella Corp, quelque part à Racoon City. Pas persuadé que cette ville existe, Chuck avait penché pour la violence des bébés de Lecter et de sa bonne femme. Peut-être qu’un savant fou, passionné par les jeux-vidéos avait eu dans l’idée de rentre populaire le genre zombie en mélangeant des hormones de taurreau et du jus de pomme. Les amateurs de RedBull avaient vu leurs corps mourir et leurs cerveaux devenir des puits à bouffe humaine Des humains dégueulasses pour lesquels les dates limites de consommation n’avaient rien d’intéressant Un brin assommé par des phénomènes physiques qu’on ne pouvait expliquer…

En réalité Chuck Westerfield n’en savait pas plus que les autres sur ce qui rongeait le monde depuis des mois entiers. Des jours et des nuits, il avait eu vent à réfléchir, il avait maudit cette invasion, il avait prié pour le salut de son âme, de celle de sa fille et à d’autres moments, l’alcool avait pris le dessus, le laissant comateux dans son divan décharné. C’était une période creuse pour lui, aucune bonne nouvelle à l’horizon, alors que le camp prenait de l’importance, de nouvelles têtes étaient là, arrivants à flot continu, les réserves devenaient faibles et ils avaient du apprendre à chasser loin des terrains de la caserne, aucun bruit, aucune odeur humaine. On conservait des marcheurs dans des lieux secrets, et on rependait souvent l’odeur de ces derniers sur les grillages, car cette odeur puante, cette horreur de la nature avait pour don d’éloigner ces machins, de les tenir à distance. Bien plus radical, et bien plus secret, Chuck décidait avec ses hommes de capturer deux ou trois personnes pendant la nuit, dans le plus grand secret et de les offrir en sacrifice aux bestioles, comme ça, ils n’avaient aucun besoin de venir voir de plus près ce qu’il se passait. Ils étaient loin et peu importait le sacrifice, le plus grand nombre se trouvait à l’abri et c’est ce qui importait, au fond.
Chuck regarda ses hommes et l’assemblée qui venait de se former devant les locaux de l’hôpital de fortune. En la fixant de la tête aux pieds, il ne put s’empêcher de rire.

« Vous êtes cons les mecs ! C’est le carnaval et personne me le dit, j’ai l’air de quoi maintenant ? »
Il venait d’exploser de rire à sa remarque, mais sans attendre de réponse concrète, il se mit à reprendre la parole, d’un ton plus sérieux cette fois.

« Vous allez me faire des piqûres, vous allez me droguer, vous allez pisser dans ma bouche, mais si je choppe un éternuement, je vous jure que je vous tue de mes propres mains après avoir arraché vos dents avec mon cul. C’est clair, Arlequin ? »
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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Jeu 15 Nov - 19:29


Il n’y a rien de plus douloureux que de perdre un être cher. C’est comme une lame qui vous transperce, le sang s’écoule et rien n’arrive à l’arrêter. Et pourtant il faut continuer à vivre avec cette blessure comme si tout était absolument normal, comme si rien n’était jamais arrivé. Elle a essayée. Elle ne comptait plus combien de fois par jour elle se persuadait de faire comme si elle n’avait jamais été mariée, comme si elle n’avait jamais donnée naissance à un petit garçon, comme si elle n’avait jamais eu cette maison au coin d’une rue avec un portail blanc, comme si tout n’était qu’un rêve. Rien n’y faisait, elle n’y arrive pas. Vivre sans lui lui paraissait impossible même bien avant la mort de Danny, mais elle en avait la confirmation aujourd’hui. Dès qu’elle avait posé son regard sur lui et qu’un sourire était venu tordre son visage, elle avait su qu’il était fait pour elle, qu’il était son âme sœur. Avait-elle réellement eu besoin qu’il meurt pour découvrir si c’était vrai ou non?

Blueberry descendit d’une marche observant malicieusement les hommes de main du grand Westerfield. Toute cette petite mise en place là faisait bien rire, comme si il ne pouvait pas faire deux pas seul. « Vous êtes cons les mecs ! C’est le carnaval et personne me le dit, j’ai l’air de quoi maintenant ? ». La jeune ne prit même pas la peine de lever les yeux au ciel. Autrefois, ce genre de remarque la blessait énormément, elle aurait été capable de se mettre à pleurer en plein public. Mais auparavant, elle aimait les gens, aujourd’hui ce que tous ces cons pouvaient bien penser, cela lui importait peu. Il n’y avait que quelques rares personnes qui retenaient vraiment son attention. D’ailleurs la fille de Chuck en faisait partie, cette blondinette n’adressait plus un mot à son père et Blueberry n’avait aucun mal à le comprendre.

La jeune femme avait toujours eu de très bonnes relations avec ses parents, elle ne savait donc pas comment on pouvait éprouver du dégout pour quelqu’un qui vous a donné la vie. Mais plus elle observait la relation de Chuck et Mirage, plus elle comprenait. Ne pouvant s’empêcher de lâcher un soupir, elle attendit la suite de son discours qu’il s’empressa de rajouter. «Vous allez me faire des piqûres, vous allez me droguer, vous allez pisser dans ma bouche, mais si je choppe un éternuement, je vous jure que je vous tue de mes propres mains après avoir arraché vos dents avec mon cul. C’est clair, Arlequin ? ». « Lui pisser dans la bouche » était une proposition presque tentante et qui ne manqua pas de la faire rire. Elle reprit ensuite un air sérieux, après tout c’est ce qu’il affichait en permanence sur son visage, autant faire pareil.

« Vous voulez que je fasse quoi ? Que j’enferme les malades en quarantaine ? Que je les tue ? Je vous écoute c’est vous le chef ! » Elle lui sortit son plus joli sourire hypocrite, elle vit rapidement qu’il s’attendait à une suite. Elle s’attela donc à lui en trouver un des plus dignes. « Entre parenthèses, je les côtoie tous les jours et je ne suis pas tombée malade. Seriez-vous plus faible que moi, monsieur Westerfield ? »

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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Lun 19 Nov - 21:34


Flashback.

La télévision crache encore et toujours. Les hélicoptères passent et repassent au dessus des maisons. Le lieutenant-colonel se tient debout dans l’entrebâillement de la porte. Son arme à la main, il n'est pas d'humeur à rire et un rien le met en branle. Alors que sa femme prépare les dernières provisions avant de partir, il sait qu'elle n'est pas bien, piquée par un mal qui semble différent. Il ne veut pas y croire et fait comme si tout allait bien.

La situation a dégénérée en quelques jours, même pas le temps de faire une dernière fois les courses que le monde est complètement assommé. Les nouvelles qui parviennent encore du reste du monde ne sont pas bonnes du tout, l'armée patrouille dans chaque région d'un monde perdu. Ils semblent complètement assommés par la situation, comme si réfléchir aux situations n'avait rien de suffisant et en effet, rien ne peut palier à cette maladie. De sources sûres, Chuck sait que ça va empirer, et déjà, les pilleurs font ouvrage dans les rues, la peur de l'uniforme et de l'arme ne fait même plus son effet, les voleurs des rues courent à d'autres mains tendues.
Le militaire n'est pas dupe, il sait comment cela va finir, par un vaccin et les casseurs seraient punis, bafoués. Les grandes enseignes prudes et responsables de la panique seraient mise à mort en place public et un virus serait guéri, un de plus. Malheureusement, il ne se doutait pas que le monde comme on le connaissait n'allait plus être, il ne savait pas que lui même devrait vivre sans sa relative tranquillité en Afghanistan, en Irak, en Chine ou n'importe où.

Chuck se prit à regretter la Guerre, là, à l'entrée de son salon aux odeurs maladives, il se prit à regretter de ne plus être heureux d'y partir et encore plus heureux de revenir, de flâner dans les rayons du supermarché, de regarder quelques bons Blu-Rays en compagnie des siens. Il savait que pendant énormément de temps, ce genre de choses n'allait plus être possible. Le journaliste venait de donner la parole à un certain Adonis Sanders, chercheur au CdC.

«La situation évolue plus vite que nos recherches. Nous demandons aux populations de ne se déplacer qu'en cas d'extrême urgence. Nous ignorons encore tous les effets de ce virus et nous tentons d'isoler une souche pour des études. En attendant, Batman veille sur vous ! » Ce type semblait complètement déconnecté de la réalité. Derrière sa combinaison hermétique, son visage se voyait à peine, quelques traits esquissés, mais on pouvait y lire un air prétentieux qui insupportait Westerfield et ce depuis sa tendre enfance.

Lorsque sa femme prit la peine d'éteindre la télé, il la sentait fébrile de plus en plus, comme si quelque chose n'allait pas. Elle devait se faire du soucis, ça ne pouvait être que ça... Et pourtant son arme se serra autour de son poignet, sa détente lancinante, son doigt brûlant. Il la fixait, dans le silence le plus morne au monde. Ce genre de silence d'enterrement que l'on croise au détour d'une ballade par un dimanche pluvieux.

Fin Flashback.

Lorsqu'il revint à la réalité, quelques secondes venaient de s'écouler depuis la dernière réponse de la jeune femme. Il semblait complètement à l'ouest, comme si les mots de la donzelle l'avait plongé dans des songes oubliés. Ce n'était pas vraiment le cas, les absences qu'il avait, c'était depuis le début de cette merde, bien avant que la doctoresse pointe le bout de son nez au camp de réfugiés. Depuis que cette balle avait tué sa femme, il n'était plus le même et ses pensées étaient les seuls moyens qu'il avait pour rester proche d'elle, de sa vie d'avant. «Je vous prête même mon arme pour les tuer si vous voulez. J'en ai rien à foutre d'où ils sont tant qu'ils sont loin » Un regard, aucun sourire. Un air froid, un air de dire "va te faire foutre, la conne", mais rien d'aussi vulgaire ne pouvait se permettre de sortir de la bouche d'un homme pareil. Pourtant il le pensait sérieusement.

Le rouquin prit la peine de se contenir, alors qu'il sentait la violence de ses propos monter jusqu'à ses lèvres, il fouilla rapidement dans sa poche pour extirper un cigare de grande qualité. Il ne prit pas la peine de le sentir ou de l'humidifier, il se le mit dans la bouche et à la manière d'un quelconque bout de pacotille en liège, il en fit un bouchon provisoire. Il s'en voudrait vie s'il l'insultait de conne devant des gens, les badauds, attirés par les cris étaient arrivés en pleurant de rire face à cette situation. Beaucoup n'avaient pas Westerfield dans la tête, même si l'homme avait bâti un Empire pour eux, certains voulaient partir sans le pouvoir vraiment. D'autres au contraire étaient des fans relatifs, prêts à s'enrôler dans l'armée pour le servir. Il s'en foutait, il se fichait de tout le monde. Seulement ses propres intérêts étaient de mise, et aujourd'hui, c'était de ne pas tomber malade. «C'est clair qu'un rat, ça ne tombe pas souvent malade. Avez vous du sang de rat, Christine Boutin ? »

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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Jeu 22 Nov - 10:54



«Je vous prête même mon arme pour les tuer si vous voulez. J'en ai rien à foutre d'où ils sont tant qu'ils sont loin ». Et dire que ça supposait être les paroles d’un chef responsable veillant sur toute sa colonie. Blueberry perdit son sourire, Chuck devait être certainement la seule personne qui arrivait à la mettre de mauvaise humeur. Ses yeux sournois, sa bouche se tordant dans un étirement presque vulgaire, tout ça l’écœurait au plus profond d’elle-même. Malheureusement, si elle voulait garder sa place et rester active au sein de complexe, elle se devait de se plier à toutes les bonnes volontés de monsieur sans dire un mot. Elle baissa les yeux, se préparant à une nouvelle attaque qui ne tarda pas à arriver. «C'est clair qu'un rat, ça ne tombe pas souvent malade. Avez-vous du sang de rat, Christine Boutin ? ». Elle ne put contrôler son réflexe qui la fît éclater de rire, elle voyait la tête de cette chère madame Boutin et ne pouvait s’empêcher de trouver cette comparaison hilarante. Elle eut du mal à reprendre ses esprits, mais au bout de cinq bonnes minutes, elle s’y força. « Non je ne crois pas. Mais si cela me permet de rester en vie plus longtemps que vous, je n’y vois aucun inconvénient. »

Blueberry jeta un coup d’œil rapide aux autres sbires qui semblaient encore plus sérieux que Chuck, ça ne devait pas rigoler toute la journée. A nouveau perdue dans ses pensées, elle se demanda combien de ses hommes Westerfield avait déjà butté. Parce que oui, il devait forcément y avoir quelqu’un qui n’avait pas été d’accord avec sa façon d’agir et qui n’avait pas hésité à le faire savoir, du coup le rouquin n’avait pas eu d’autre solution que de l’abattre. Toute cette petite histoire coulait de source et la jeune femme était persuadée qu’avec tous les autres récits du complexe, on pouvait aisément faire un feuilleton à succès. Bien évidemment il n’y aurait eu personne pour le regarder, mais ça c’était une autre affaire.

La brunette se rendit compte qu’elle avait été absente pendant un bon moment et qu’il était temps qu’elle ouvre la bouche à nouveau. « Vous désirez entrer ? ». En un signe rapide elle désigna les portes de l’infirmerie. Même si elle doutait très fort que le chef voudrait se retrouver encore plus près des microbes, il était poli de l’envisager. Elle recommença à sourire. Ca faisait quelques minutes qu’il ne l’avait plus insulté, quelle aubaine ! Elle enfonça profondément son regard dans le sien comme si elle pouvait lire à travers lui comme dans un livre ouvert. Ca n’était effectivement pas le cas, mais la moue que cela lui fit faire, donna quelque chose d’assez drôle.

Elle monta d’une marche supplémentaire, elle pouvait, pour une fois, se sentir supérieur à lui, même si ça n’était pas dans le sens du terme qu’elle aurait désiré…


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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Mer 5 Déc - 17:37


Il n'est même plus question de dire quoi que ce soit. Il n'est plus question d'invoquer les esprits pour le salut de l'âme. Tous ne sont pas morts, certains ne flottent pas, béats, sans vies prêts à arracher un membre au premier qui se pointe. Contrairement aux prédictions, rien n'est plus certain que la planète abrite encore la vie... Alors que tout va mal, ils sont là, les fiers héros de la résistance, les valeureux hommes et les autres, femmes et enfants qui tapissent cette société détruite par le feu et l'odeur de la mort.

Les hommes sont réunit. Un groupe de vingt personnes qui se déplace, qui s’émit ensemble au fil des catastrophes qu'ils endurent. La terrible nouvelle d'un soldat qui n'est pas revenu du combat, la mort d'un enfant qui s'est noyé en glissant dans un lac glacé... Le mois de décembre était le plus rude depuis des années, alors que l'implosion du monde venait à peine de se produire, tous les visages étaient déjà marqués par les traces dures et affreuses de la mort. Une femme pleurait un enfant, un frère pleurait son cadet et ainsi de suite. Parfois, certains avaient la chance d'être tous ensemble, cette terrible maladie, les sbires du virus n'ayant pris personne dans leur entourage...
Et c'était ainsi qu'un groupe de soldats et de familles avaient pris la route pour se diriger vers un endroit sûr. Voulant tous trouver un lieu sûr pour s'établir et pour survivre, deux hommes étaient sorti du lot.

Deux soldats, francs camarades portant les noms de Diaz et Westerfield. Les deux hommes étaient les plus gradés parmi les soldats et ils avaient eu la même idée, se diriger vers les contrées à la sortie de la ville, une base militaire ultra-sécurisée s'y tenait et on pouvait aisément si établir pour la vie, les lieux n'étant que très peu fréquentés, les zombies auraient eu vite fait de se faire dégager à coup de hache dans le crâne. Cependant, la cohabitation des deux hommes ne dura que très peu de temps. Westerfield s'était mis une partie de la foule dans la poche en présentant des idées novatrices : on voterait chaque décision alors que Diaz se voyait pourfandeur d'une autocratie complète... C'était ainsi que le dirigeant actuel du clan qui s'était établi dans l complexe avait eu gain de cause... La première victime était son meilleur ami, condamné arbitrairement et abbatu d'une balle dans la tête par l'ensemble des protagonistes.

C'était le retournement de situation le plus épique qu'on eut connu jusque là, et petit homme était devenu grand... Chuck s'était montré autoritaire comme jamais, d'une froideur sans extrême et il s'était tiré tous les mérites, il se voyait comme un type rusé et personne ne pourrait lui marcher sur les pieds sans quoi il aurait à subir les foudres du nouveau dirigeant... Et c'était ainsi que le Complexe était né, dans le sang de celui qui aurait été le véritable dirigeant de ce groupe, dans le sang d'un héros que Westerfield avait eu facilité à démolir. Nul ne pouvait se dresser entre le pouvoir et Chuck sans en subir les conséquences...

C'était un peu le même cas avec la jeune femme. Elle tentait de lui tenir tête, à lui... Ca ne pourrait pas passer éternellement et tous le savait. Les soldats privés du commandant de la base avaient appris à se taire et à ne rire que lorsque la situation s'y prêtée. Timidement, l'armée de la base avait appris à faire avec, à tirer avantage des nouvelles lois pour les civils et très rapidement, tous les sbires, qu'ils soient troufion ou ingénieur n'avaient eu de cesse qu'à satisfaire celui dont seule l'opinion comptait en ces lieux...

Aujourd'hui encore, la gamine qui se tenait devant lui se croyait tellement douée pour lui donner des leçons. Son air béat, de bêtise parfaite, ces dents de vampire, les cheveux drus, ce teint pâle, cette tête à claques étaient tant de choses que Chuck ne supportait pas... Tant de choses pour lequel il aurait pu la tuer, mais malheureusement, elle faisait bien son boulot et aucun faux pas ne lui échappait, cela voulait forcément dire que pour le moment, le compteur des conneries était à zéro et les médecins ne couraient pas les rues... Elle était un atout de taille ici, il fallait mettre les soldats sur pied lorsque ces derniers avaient un méchant rhume ou une connerie dans le genre, il fallait que cette gonzesse s'en charge.
«Je me demande comment vous avez eu la direction de cette infirmerie. Je n'ai pas souvenir de vos lèvres sur ma bite pourtant ? »Elégant comme à son habitude, il ne pouvait s'empêcher quelques remarques déplacées, c'était son fer de lance, un peu comme le "Ouvre un coca, ouvre du bonheur"' de la marque de boissons... C'était passionnant et con à la fois. Pouvoir tout dire, sans remarque aucune... Lorsqu'elle l'invita à rentrer, il prit la parole.

«Oui, je rentre. »

En faisant signe à deux de ses hommes de venir avec lui, il dépassa la jeune femme, et poussa la porte.
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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Mer 5 Déc - 21:02



Les jours se ressemblent tous, l’impression de tourner en rond faisait sans cesse son entrée dans mon esprit. Je ne savais pas où j’allais, ni pourquoi j’y allais. Pourquoi vouloir encore vivre dans un monde tel que celui-ci ? La même question faisait son apparition à chacun de mes pas. Je piétinais les brindilles sans me soucier du bruit que cela pourrait faire, une erreur comme celle-ci me coutera la vie un de ces jours, j’en était persuadée. Mon front dégoulinait de sueur, marcher un jour aussi chaud que celui-ci n’était pas une bonne idée, j’en étais consciente et pourtant je n’avais aucune envie de rester allongée près d’un tronc d’arbre à guetter la moindre respiration comme j’avais pu le faire les jours précédents. L’attente était la pire des choses, je préférais encore marcher jusqu’à ma mort plutôt que de rester inerte à attendre que le faucheur vienne m’enlever. La vie était si douloureuse que je ne sentais même plus mes muscles endoloris, ça avait du bon, ça me permettait d’avancer sans me soucier de mes maux physiques. Je m’agenouillai un instant, soufflant profondément, une légère brise fît bouger mes cheveux noirs, je replaçai mes mèches rapidement puis me décida à ouvrir mon sac à dos. Heureusement pour moi, j’avais pu préparer mon expédition contrairement à de nombreuses personnes. Il ne me restait quasiment plus rien, mais au moins ces quelques affaires m’avaient aidé à survivre plus longtemps que je n’aurais dû. Je sortis le paquet de cigarettes posé négligemment dans le fond de mon sac. Je ne fumais pas avant, j’avais même horreur de ça, surtout lorsque mon ventre était aussi gonflé qu’un ballon de plage et que j’attendais mon cher fils. Danny, lui, fumait comme un pompier quand je l’avais rencontré. Il avait progressivement arrêté lorsque nous nous étions mis en couple, à force de lire le dégout dans mes yeux, il en commença lui-même à en avoir horreur. Lorsque je lui appris qu’il allait être papa, sa première réaction fût d’aller chercher son paquet de cigarettes et de le foutre à la poubelle comme s’il n’en avait jamais été dépendant. Bien évidemment, il n’avait pas repris après la naissance d’Aaron, même s’il lui arrivait d’en tirer une ou deux pour se détendre lorsqu’il avait de gros contrats sur les bras. Danny était vendeur commercial et même si son patron l’avait à la botte, il lui arrivait souvent de ne pas se soucier du bien être de son employé et de le forcer à rester de longues heures au boulot. Je détestais ça, je détestais le voir rentrer à des heures impossibles et devoir repartir aussi tôt. Sa santé n’était pas au beau fixe lorsque Monsieur Johnson abusait de sa gentillesse, mais Danny lui était bien trop reconnaissant de lui avoir donné ce poste qu’il n’osait jamais lui dire non. Si j’avais eu mon mot à dire, je lui aurais téléphoné et lui aurait gentiment demandé d’aller se faire voir, malheureusement mon mari tenait trop à son travail pour que je lui fasse ça.

Je le revoyais fièrement assis sur son fauteuil en cuir, en train de potasser sur ses prochains dossiers, une cigarette à la bouche. Cette image me fît automatiquement ouvrir le paquet, il n’en restait qu’une seule. Une seule et unique que j’allais gaspiller à ce moment précis. Je la pris, mes mains tremblaient sous la fatigue et je manquai de la faire tomber de nombreuses fois au sol. Un sourire aux lèvres, je l’approchai de ma bouche, mais avant, je la passai sous mon nez pour sentir une dernière fois cette odeur si délicieuse. Mes lèvres s’entrouvrirent, je la glissai à l’intérieur tout en recherchant les allumettes. J’avais fait tomber l’emballage quelques jours plus tôt, il fallait donc que je sorte tout mon bric-à-brac avant d’en dénicher une seule. Je l’allumai rapidement et la dirigea vers cette dernière cigarette, en moins de deux secondes, elle fût elle aussi allumée. Je pris la plus grande inspiration de toute ma vie et laissai doucement la chaleur pénétrer à l’intérieur de moi, je recrachais ensuite la fumer, les larmes me montaient aux yeux. Il n’y avait pas un jour où j’arrivais à me retenir, je pleurais sans cesse, surtout lorsque des souvenirs refaisaient surface. C’était pourtant inévitable, je ne pouvais pas arrêter de penser à mon mari et à mon fils et je ne le voulais pas. Le dernier regard de Danny me revenait souvent en mémoire, ses yeux étaient tristes mais ils me demandaient de ne pas lâcher prise et de continuer à survivre tant que je le pouvais. Sa bouche avait murmuré un « je t’aime » et puis tout était finis, le reste n’était que cris et pleurs.

Sur cette notre très dramatique, je me décidai à me lever et à continuer à avancer. J’essuyai rapidement mes larmes de mon poignet noircit par la terre. Mes genoux étaient devenus noueux et je mis beaucoup de temps avant de pouvoir me remettre en route. C’était à chaque fois un peu plus dur, un jour je n’arriverais pas à me relever et ce jour-là toute cette souffrance serait terminée. Mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’à ma mort, je serais déchiquetée par ces monstres et mes membres éparpillés un peu partout. Cette pensée tordit mon visage en une grimace dégoutée et je pris un peu plus de vitesse. Il m’était déjà arrivée de rencontrer de nombreuses fois ces zombies, j’en avais tué certains, échappé à d’autres. Ma seule arme était un couteau et Dieu sait comme il n’est pas facile de percer le crâne d’un être humain avec un simple couteau. Une hache m’aurait été bien plus pratique, mais elle aurait été nettement plus lourde aussi. J’avais fait le choix du plus utile, j’avais beaucoup plus de chance de m’en sortir en courant qu’en me battant, il fallait donc une arme légère. La sensation de tuer un véritable être humain était rapidement partie, j’avais rapidement pris conscience que c’était eux ou moi. Et je préférais les achever plutôt qu’il n’aille se nourrir chez l’un de mes voisins.

Ma vitesse avait à nouveau ralentie, le poids de mon sac devenait de plus en plus lourd et j’avais encore plus de mal à avancer. Ma gorge était sèche, tellement sèche que l’idée de boire mon urine en devenait presque intéressante. Je continuais d’avancer, tentant de ne pas penser à toute cette fatigue accumulée, ces nuits sans sommeil et cette absence d’eau ou de nourriture. Mon ventre avait cessé de gargouiller depuis quelques kilomètres maintenant, il avait bien compris qu’à part de la boue, je n’avais rien à lui offrir. Je savais pertinemment que je ne l’allais plus tenir très longtemps si je ne trouvais aucun point d’eau. Mais j’avais beau chercher depuis mon départ, ma gourde avait été la seule chose remplie d’une eau potable. Le deuxième jour, j’avais également trouvé une flaque et m’y étais abreuvé sans inquiétude, évidemment je n’avais pas tardé à tout rendre sur le sol. Une erreur que je n’avais pas commise deux fois. Mon corps réclamait ma pitié, il voulait que je m’assoie ne serait-ce qu’un court instant, même si je ne devais jamais me relever. Je continuai à marcher pendant quelques heures, de moins en moins vite, priant pour quelqu’un vienne me sauver. Je levai même les yeux au ciel espérant apercevoir le visage de Dieu me promettant un futur meilleur. Soudain la lumière s’éclairci encore, devenait de plus en plus blanche, quelques secondes plus tard, je me retrouvai à terre, à moitié consciente. Mes yeux entrouvrirent légèrement, j’aperçu une petite route à quelques mètres à peine, il n’y avait aucune chance que quelqu’un passe par là, mais dans le doute, je me mis à ramper. Mes doigts s’agrippaient fermement sur le sol, mes jambes n’étant quasiment plus capables de pousser mon corps en avant. Ma respiration était de plus en plus faible, obstinée, je continuai encore d’avancer. Je tentai de me blottir contre un arbre creux et ferma doucement les yeux sans savoir si j’allais les rouvrir un jour. Sans être totalement consciente, je me rendis compte que quelqu’un souleva mon corps, il tenait avec fermeté mes jambes et au creux de ses bras je me sentais en sécurité.

Repensant à cette fameuse journée, je me rendis compte que je ne savais toujours pas qui m’avait sauvé. Une fois arrivée au complexe sécurisé, la question s’était échappée et je ne l’avais jamais posée à qui que ce soit. Mon sauveur était inconnu et pourtant, j’avais énormément envie de le remercier. Les premiers jours ici avaient été difficiles, certes, mais sans cet endroit je serais morte sur le bord d’une route quelconque. Et puis le travail que l’on m’avait proposé m’avait permis de prendre soin des autres, de faire plus attention à eux qu’à mon propre sort. Etre le médecin en chef était un métier très prenant et le seul point négatif n’était autre que la vraie plaie qui se trouvait devant moi en ce moment. Chuck Westerfield pouvait se montrer insupportable à souhait et je n’avais encore jamais eu l’occasion de le voir de bonne humeur. A moins que faire souffrir les autres le rendait heureux… Je lui fis un large sourire, c’était ma seule arme contre sa méchanceté. Ici, mon couteau ne me servait plus à rien, il n’y avait que d’une chose dont je devais me défendre ; le chef et aucune arme ne me serait utile avec lui. «Je me demande comment vous avez eu la direction de cette infirmerie. Je n'ai pas souvenir de vos lèvres sur ma bite pourtant ? » Il cherchait probablement à ce que je m’offusque de telles paroles, il pouvait attendre bien longtemps. J’avais cessé de me soucier de son opinion depuis quelques mois, du moment qu’il me laissait à mes fonctions, je l’évitais le plus possible. Mon regard ne vacilla pas et je le soutins pendant plusieurs secondes avant de rétorquer paisiblement. « Peut-être parce que je suis étonnement rare et douée ? Vous n’en avez aucun souvenir, parce qu’il n’y en a eu aucun. Mais si cela peut me permettre d’avoir une promotion… Jouer à son propre jeu était la meilleure chose qui me restait à faire à présent. Je me demandais cependant qu’elle fût la vie de Chuck avant l’épidémie. Je le voyais bien en tant que célibataire endurci, sautant sur tout ce qu’il pouvait trouver de plus au moins potable à ses yeux, écumant les bars tous les soirs et s’affalant bourré sur son canapé. Mais peut-être fût-il autrement, un père de famille veillant sur sa femme et ses enfants. La vie avait tellement changée que quelqu’un de foncièrement gentil aurait rapidement pu déraper et devenir un homme sans limite.

« «Oui, je rentre. » Je me décalai légèrement pour qu’il n’ait pas à me pousser pour pouvoir passer les deux portes. Ses deux sbires le suivirent immédiatement sous ses ordres et l’accompagnèrent à l’intérieur. L’envie irrésistible de rester à l’extérieur de l’infirmerie m’apparue, mais mieux valait que je rentre moi aussi. Je levai les yeux au ciel et poussai les portes à mon tour. « Il vaut peut-être mieux que je vous prévienne des patients qu’il ne faut pas approcher ? » Ma question était tout à fait légitime, bien que lui refiler la grippe ne m’aurait pas dérangé plus que ça, je craignais qu’il ne me jette aux zombies pour la peine. Je dépassai donc ses hommes et m’approchai de lui, même si j’avais oublié mon collier d’ail dans ma chambre, je ne m’inquiétais pas trop, il y avait bien trop de monde autour de nous pour qu’il ose se faire mal voir. Je pris les devants, tentant de le diriger pour qu’il n’aille pas discuter avec certains patients. La moitié des personnes qui se trouvaient ici était seulement atteinte d’un rhume, rien de bien grave, même si avec le peu de médicament dont je disposais, cela pouvait facilement dégénérer et tuer un homme. J’avais la chance d’être très résistante, il le fallait bien pour un métier tel que le mien. Depuis mon plus jeune âge, je tombais rarement malade. La seule fois où j’avais été incapable de bouger fût lors de ma grossesse. Danny avait d’ailleurs souffert autant que moi, il devait satisfaire mes moindres désirs, même si ceux-ci nécessitait d’aller au magasin à quatre heure du matin.



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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Mar 18 Déc - 12:10


Sempiternelle rêverie. Délices féminins aux courbes oscillantes, danseuses aux musiques endiablées, fesses qui se trémoussent, seins pointus. Des petites gamines qui se vendent pour le corps d’un malin et l’horreur absolue. Le type regarde les gamines de loin sans trop s’approcher. Sa mission n’a rien avoir avec elles… Voilées jusqu’aux cheveux, les deux jeunes femmes s’abandonnent aux véhicules qui défilent devant leurs corps halés. Le type est dans sa voiture, à quelques mètres de là, il regarde de ses deux yeux grands ouverts. Pour ne pas éveiller un quelconque soupçon, il a revêtu un costume local. Ses cheveux roux se noient parfaitement sous un traditionnel petit chapeau islamique, ses vêtements sont recouverts par une djellaba blanche et crème. A la ceinture, son arme lui lacère le bas ventre, ce dernier complètement écrasé contre les parcelles de son ventre mince. L’homme tapote nerveusement sur un portable à deux francs, alors que les rues de Bagdad s’animent à ces heures tardives, les frères musulmans se rendent aux séances de prières nocturnes, les jeunes femmes suivent afin d’occuper les salles annexes à la Mosquée et quelques enfants de la rue s’apprêtent à faire le tour des quelques voitures de touristes inconscients pour y glaner quelques objets aux valeurs importantes.
Contrairement à ce qu’on disait aux informations télévisées là-bas, aux Etats-Unis , ce n’était pas les terroristes les pire, c’était la non collaboration des populations locales. Alors que certains étaient des types collaboratifs et plutôt agréable, beaucoup n’avaient aucune envie de dire quoique ce soit aux troupes américaines. Les gamins n’avaient aucune peur, même celle de voler sous le nez des patrouilles US Army.

Dans la voiture, le militaire en infiltration se hâte de ranger son portable, on ne sait jamais, quelqu’un serait capable de l’agresser pour un téléphone datant de presque dix ans… En réalité, ce n’était pas un téléphone si normal que cela, d’apparence vétuste, l’objet était en réalité un appareil photo digne de prendre d’excellents clichés de nuit et cela sans le nécessaire recourt à un flash aussi visible que l’affaire DSK. Le type fait mine de démarrer et lorsque le groupe de gamins s’éloigne de sa voiture, il reprend son travail de sous-marin, un café à la main et une cigarette dans l’autre, il guette l’arrivée de ses cibles, ceux qui paieraient les jeunes tapines en liquide et qui en feraient monter deux ou trois dans une limousine de grande classe. Une voiture qu’un américain de classe sociale assez aisée ne pourrait même pas se payer. Une limousine finançait par la vente d’armes et par le terrorisme. Du moins, c’est exactement cela qu’on disait aux militaires, on se gardait bien de dire que les armes biologiques stationnées en Irak n’était qu’une farce pour conduire Oncle Sam à une guerre, à une croisade contre les exploitants du pétrole. On faisait croire à la fin du monde pour attirer les troupes dans de véritables embuscades, lorsque l’As de Pique serait là, ce serait à Chuck d’agir. C’était une mission sans peine qu’ils disaient tous… L’état-major avait mis de côté le fait que ces types avaient un arsenal digne d’une grosse production Hollywoodienne.

FIN FLASHBACK.
Quand Chuck revint à lui, il était dans l’antichambre à l’entrée de l’infirmerie. Il n’était venu ici que très rarement, à quelques occasions auparavant et cette odeur déplaisante lui remontait directement aux narines. Cette odeur de désinfectant, ce bruit sourd des ventilateurs lancés à pleine vitesse. Immédiatement, il se rappelait la dernière fois qu’il était venu ici. C’était dans des circonstances très particulières. Westerfield avait décidé de partir au loin avec ses hommes, laissant la base à la direction de son plus fidèle soldat durant quelques jours, il était parti en mission pour trouver des vivres ainsi que des munitions, et aux abords d’une route dévastée, ils avaient trouvé une jeune femme qui était au bord de mourir et Chuck avait eu pitié d’elle, franchement attiré par la gonzesse. Fesses rebondies et seins fermes, il avait décidé qu’il finirait par l’avoir si jamais elle survivait au voyage… Ils étaient rentré avec elle sans les vivres, sauver une belle jeune femme était plus important à ses yeux qu’un tas de bouffe périmé et quelques armes…

Il avait visité l’hôpital plusieurs fois pour prendre des nouvelles sans jamais s’en approcher, il estimait que ce n’était pas le moment de la voir, il voulait rester un sauveteur anonyme pour le moment, peut-être à cause de sa réputation qui n’avait rien en commun avec celle d’un enfant de chœur. Il avait besoin de la défendre, de s’entourer d’une carapace énorme, de ne jamais montrer son bon côté, sinon il se ferait bouffer dans la main et on aurait fini par l’avoir, le déchoir de ses fonctions de grand berger.

Rien n’était plus normal, les vautours se nourrissaient de la faiblesse pour tourner les évènements aux avantages des plus forts, et s’il montrait qu’il était encore capable de se prendre de pitié et d’admiration pour une femme, on aurait vu qu’un esprit encore sensible et parfaitement normal se cachait derrière la silhouette élancée et robuste du dictateur en devenir. Chuck ne pouvait pas se permettre de se montrer ainsi. C’était comme si la Miss Décembre d’un catalogue de vêtement s se montrait nue. Elle aurait été frêle et jamais plus on aurait pu lui mettre sa couche de vêtements chauds.

Il ne gagnait pas parce qu’il se montrait comme un cœur tendre mais parce qu’il se dévoilait peu, et qu’on avait l’impression qu’il était une peu mystique, froide et très éloigné de sa propre société. Il n’avait rien en commun avec la plupart des gens ici, si eux voulaient survivre, lui voulait assouvir son complexe de supériorité, il voulait enfin pouvoir prendre les choses en main, pour s’excuser peut-être de n’avoir pas été présent durant la jeunesse de sa fille. Il ne s’expliquait même pas sa nouvelle fibre de dirigeant totalitaire, c’était ainsi qu’il voyait sa nouvelle vie, à la tête d’un état militaire qui se reconstruisait. Alors que tout n’était qu’Apocalypse au dehors, Chuck était un précurseur qui promettait un monde structuré quand l’horizon n’était que feu et débauche. Alors qu’on promettait la belle vie aux habitants des lieux, c’était totalement autre chose qu’ils voyaient se dessiner devant leurs yeux ébahis.

Reconstruire une société digne de ce nom ne se faisait pas en un jour et il fallait faire avec les attentes des uns et les demandes des autres, c’était pour cette raison principalement que très rapidement, la junte militaire s’était mise en place. Il fallait regarder l’intérêt du plus grand nombre et réduire au silence ceux qui n’en voulaient pas. Il fallait les faire réagir ou dans le pire des cas, lorsque les négociations avaient échouées, les faire taire était nécessaire. La vie n’était plus rose et tous n’avaient pas compris cette notion essentielle à la nouvelle vie. Personne ne comprenait sauf ceux qui avaient la direction du complexe entre leurs mains ainsi que sa sécurité…
Westerfield regarda la jeune femme sans aucune autre émotion que le mépris. Pour qui elle se prenait ? Une doctoresse douée certes mais elle n’était rien dans la nouvelle vie qui s’organisait peu à peu et si le célèbre Docteur Mamour de la série Grey’s Anatomy venait à e pointer, il serait le fier remplaçant de la gamine qui tenait tête au chef. Malheureusement pour Westerfield, le complexe ne pouvait pas se passer de la responsable des services médicaux de l’endroit, pour le moment du moins…
Il la fixait toujours et répliqua à ses premières paroles. A la manière d’une fouine, elle se prenait pour la sainte-mère de la pipe. « Les promotions n’existent plus malheureusement. La seule chose qu’une pipe peut vous procurer dans votre cas, c’est d’avoir le droit de conserver votre position de patronne dans les locaux. » Il avait presque souri, ce n’était pas exactement cela qu’on attendait d’un vrai sourire mais ça prenait presque forme sur ses lèvres moroses. On aurait pu dire qu’il plaisantait si on avait une idée de comment son sourire se formait en de pareilles circonstances…
Après plusieurs secondes dans ce vestibule inquiétant tellement il respirait l’éther concentré et la morphine de façon exsangue, il prit de nouveau la parole avec un air pincé mais pourtant sérieux, un air qui faisait de lui un adepte parfait de Frederic Tadeï et son émission française intellectuelle, une certaine « Ce soir ou jamais ». « Il n’y a pas de patients dangereux ou non. Il y a des patients et je ne veux m’approcher d’aucun d’eux. Je ne veux même pas voir leurs tronches déconfites. Vous n’avez qu’à les tuer, j’en ai rien à foutre. »

Alors qu’ils restaient là, il demanda à ses gardes de faire une ronde derrière la porte qui s’ouvrait directement sur le hangar plein de malades, il n’était pas question qu’il s’approche trop prêt des gros tuberculeux ou des infectés par un quelconque virus comme le rhume ou son pire ennemi, la grippe. Lorsqu’ils furent hors de la pièce, Westerfield resserra un peu son étau autour de la jeune femme.
« Vous savez Parker, je vous aurais un jour ou l’autre. Vous êtes bien trop jolie pour rester seule à broyer du noir. Et vous avez une dette envers moi, alors accordez moi un rendez-vous. »
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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Mer 19 Déc - 10:26



Mes yeux s’entrouvrirent légèrement, j’aperçu brièvement une lueur blanche avant qu’ils ne se referment. Je n’avais aucune idée d’où je me trouvais, mais si j’étais morte, j’espérais sincèrement que je ne sentirai pas cette odeur de désinfectant toute l’éternité. Mes yeux s’ouvrirent un peu plus longtemps cette fois-ci et je pu apercevoir certaines ombres, elles devenaient de plus en plus nettes et précises. Une femme d’une cinquantaine d’année, les cheveux blonds tirant vers le gris, se pencha vers moi. Elle me sourit, vérifia ma température avant de repartir aussi vite qu’elle avait fait son apparition. Je soulevai doucement ma tête et me rendit rapidement compte que je me trouvai dans un hôpital de fortune. Je n’étais pas la seule patiente, deux autres lits étaient occupés, mais je n’arrivais pas à distinguer le visage de ces personnes.

Ma tête se déposa à nouveau sur le coussin, j’essayais de me rappeler ce qui c’était passé et comment j’avais bien puis atterrir ici. Mes derniers souvenirs remontaient à ma perte de conscience dans la forêt, je me rappelais aussi de bras musclés m’enserrant et me portant jusqu’à un véhicule. Mes pupilles s’écarquillèrent, il fallait absolument que je retrouve cet homme pour le remercier. Je me décidai à m’assoir, ma couverture se déplaça légèrement, me faisant remarquer que j’étais quasiment nue. Je m’empressai de me couvrir et tenta d’attirer l’attention de l’une des personnes se trouvant dans la pièce. La personne qui était venue vérifier mon état quelques minutes plus tôt, s’approcha à nouveau. « C’est ce qu’on appelle dormir ! » dit-elle avec humour. Je lui souris rapidement et lui expliquai directement pourquoi j’avais besoin d’elle. « L’homme qui m’a sauvé et ramené ici, je voudrais le rencontrer. » Elle me regarda étonnée, je ne m’inquiétais même pas de savoir où je me trouvais. « J’ai bien peur que ça soit impossible très chère. Il a tenu à garder son identité confidentielle. Je leva les yeux au ciel et m’enfouie à nouveau dans les couvertures. Mes yeux se fermèrent immédiatement, la chaleur me fit sombrer dans un sommeil profond.

Ce n’est que quelques heures plus tard que je questionnai Ingrid sur les lieux. Elle me raconta l’histoire du complexe sécurisé, de ses dirigeants, des différents lieux que l’on pouvait trouver ici. J’étais fascinée et je me demandais si mes prières avaient réellement marchées. Après tout ce temps, j’avais enfin trouvé un endroit où je pourrai vivre et trouver le sommeil sans avoir un zombie comme réveille matin. J’attendis quelque jour avant de rencontrer le chef du complexe, je voulais avoir ma place ici et me rendre utile. Il n’y avait aucun réel médecin et étant la seule diplômée, je devins rapidement directrice du centre médical. Bien évidemment, on ne me laissa travailler que quelques semaines après mon arrivée, pour être sûre que je sois bien remise de mes aventures.

Les premiers jours furent difficiles, j’étais médecin généraliste et je n’avais jamais eu personne sous mes ordres. En plus de mes nouvelles fonctions de dirigeante, je dû rapidement apprendre à développer des compétences presque chirurgicale. Je le compris vite lorsqu’un patient avec un bras quasiment arraché était entré dans le complexe, malheureusement, la plaie était bien trop profonde et je n’avais pas encore réellement compris mon rôle pour arriver à le soigner.

Les souvenirs de mes premiers jours ici refaisaient surface alors que je me baladais en compagnie de ce cher Westerfield dans le centre médical. Il s’était senti obligé une nouvelle fois de me montrer que c’était lui et uniquement lui qui prenait les décisions ici. Tout le monde était cependant au courant, il suffisait de voir la peur qui traversait le regard de ses sbires à chacune de ses paroles pour le deviner. J’étais, moi aussi, bien assez au courant qu’au moindre faux pas, je pourrais très vite me retrouver dehors avec quelques morts-vivants pour seule compagnie. Je gardai depuis mon entrée dans le centre, un petit sourire au coin des lèvres. Entre Chuck et moi, ça avait toujours été très tendu, je n’approuvais pas ses pratiques et il n’approuvait pas les miennes. Il s’arrêta un instant, se rapprocha de moi et me glissa près de l’oreille ; « Vous savez Parker, je vous aurais un jour ou l’autre. Vous êtes bien trop jolie pour rester seule à broyer du noir. Et vous avez une dette envers moi, alors accordez moi un rendez-vous. » Aucun mot ni son, ne daigna sortir de ma bouche pendant les quelques secondes qui suivirent. Chuck me proposait un rencard, alors qu’il ne se gênait pas pour dire qu’il me détestait au plus haut point à qui voulait l’entendre. Je sentis mes joues devenir écarlates, la situation était déjà assez gênante, mais en plus ses soldats ne se tenaient qu’à quelques mètres de moi. « De quelle dette parlez-vous ? ». Je baissais les yeux, faisant subtilement semblant d’admirer mes chaussures. Je ne savais pas quoi lui répondre. Lui répondre que j’acceptais son invitation revenait à dire que j’étais toute à lui et ce sentiment m’écœura. Mais lui dire non, prouvait que je m’arrêtais à mes premières impressions. Sur un ton de défis je lui lâchais un ; « J’accepte le rendez-vous. »




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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Mar 1 Jan - 17:56


C’était une journée en enfer presque commune. Comme lorsque Bruce Willis s’extasiait à sauver le monde en compagnie d’un noir à lunettes, Chuck avait pris son affectation. Ce n’était pas spécialement Bagdad qui le dérangeait, même si l’Irak puait, que les routes n’avaient plus été refaites depuis des millénaires, c’était d’une atrocité presque courante. Non, ce n’était pas ce pays de merde qui lui faisait mal au cœur parce qu’après tout, on se faisait très rapidement à l’eau qui foutait la courante, au ciel qui se déchirait sous le poids d’attentats particulièrement violents, on arrivait encore plus à s’adapter aux dialectes locales, mais dans l’esprit du héros de guerre, il y avait une chose contre laquelle on ne pouvait rien, une chose pour laquelle il aurait tout pu donner, une raison qui faisait que l’Irak était horrible. C’était simplement la guerre. Cette guerre était pire qu’affreuse et tuer n’avait jamais été un véritable rêve pour lui, du moins à cette époque.

Pour lui, être militaire était une véritable vocation et non un simple jeu pour s’extasier devant des centaines, des milliers de cadavres qui venaient à s’entasser, bras défaits, corps explosés par l’impact de balles perforantes. Il n’avait jamais rêvé de devoir abattre des petites filles de cinq ans qui se pointaient avec des harnais plein de bombes. Ce n’était pas ça qu’une guerre pour lui. Non, c’était bien autre chose que d’être militaire. C’était bien plus, ça prenait votre cœur sans jamais vous le rendre, être militaire était surtout une façon de penser. On ne pouvait résister à l’appel du devoir. Défendre sa patrie avait quelque chose d’excitant, surtout lorsque sous les ordres du président le plus laborieux des Etats-Unis, la défense du territoire devenait quelque chose de complètement réaliste. Ça avait été excellent les premiers temps mais après plusieurs mois sur le terrain, la guerre n’avait plus le même goût. Au bout de soixante enfants massacrés, après des tas d’attentats d’un grand danger, l’Irak commençait franchement à lui courir sur la courge.

De plus, c’était l’éloignement du pays qui avait du mal à passer. Lui qui était un américain parfait, marié, un enfant et un chien. Ils vivaient dans une parfaite harmonie dans les recoins perdus d’une banlieue en Alabama. Ca avait quelque chose de formidable que cette stabilité parfaite. Chuck n’aimait pas la tranquillité avant mais aujourd’hui cela lui manquait véritablement. S’assoir sur le canapé pour regarder un télé crochet stupide ne lui avait jamais manqué et aujourd’hui, il était prêt à regarder des idioties comme « Danse avec les Stars ». Aujourd’hui, il aurait signé le contrat si on lui proposait de s’abrutir devant des programmes télévisés à toute heure de la journée, il aurait bien voulu entrer dans une téléréalité pour échapper à l’horreur froide et manipulatrice de la guerre. C’était horrible de vivre ici, après l’odeur des rues, il y avait l’intégrisme religieux qui n’avait jamais eu son avantage. Il détestait de plus en plus ce pays à la noix, c’était l’horreur de vivre ainsi, dans une base militaire à la noix, au milieu de nombreux collègues qui n’avaient pas eu la compagnie d’une femme depuis qu’ils étaient arrivés. C’était donc dans ce climat plein de testostérone, d’hormones complètement ahuris par les films pornographiques que pouvaient distribuer les colis de l’armée. Ce n’était pas seulement cela, c’était également les tensions engendrées par les différentes nouvelles qui parvenaient aux oreilles des militaires, rien n’allait plus au pays et la politique s’enlisait encore une fois, démontrant à quel point son incompétence était grandiose. Militariste jusqu’au bout, Chuck avait soutenu le candidat Bush lors des élections et notamment pour la guerre. Aujourd’hui, il n’était plus certain qu’il eut fait le bon choix, c’était peut-être une erreur que de penser de la sorte, mais face à Bush se dressait son propre fléau, à l’image d’Alduin pour les rois de Tamriel, Al Gore était le pire homme que l’Amérique eut à présenter. Mélange entre le trip écolo et bobo, sa parodie dans la célèbre série South Park n’était même plus très éloignée de ce qu’il était réellement : un type sans visage, un abruti qui ne pensait pas plus aux dérives écologiques qu’aux strings de Suzanne Boyle. C’était simplement une espèce de fausse bonne idée pour accéder au pouvoir. C’était cela qui avait convaincu Chuck de revoter pour le bon vieux George, ça et le fait que parler de « démocrate » lui foutait complètement les nerfs.


Chuck n’avait pas bougé d’un poil. Il regardait toujours la jeune femme avec attention. Il venait à peine de prendre la peine de fouiller dans ses poches pour en retirer un étui à cigarettes. A tâtons, il avait également pris le soin de trouver son briquet « Hello Kitty » dont il avait pris grand soin. L’objet lui rappelait peut-être l’Humanité d’avant, les grandes marques pour jeunes pucelles, la consommation et tout cela. Il ne pensait pas pouvoir le dire un jour, mais cette société où le paraitre était le seul maitre à bord venait à lui manquer. Dans sa futilité, l’Homme perdait complètement son instinct pour devenir un petit mouton parfait, un Dieu de l’achat inutile et c’était cela que Chuck voulait revoir. Il se disait très souvent qu’il regrettait les mois où les magasins étaient en soldes, lorsqu’il tentait de rentrer chez lui pour retrouver sa femme et sa fille et qu’il restait une bonne heure et demie dans les embouteillages. Ca avait quelque chose de très agréable que de voir l’autre vivre, sauf que sur le moment, il ne pouvait s’empêcher de pester contre cela, à chaque heure du jour ou de la nuit lorsqu’il s’éveillait, il n’avait pas d’autres pensées. Il avait envie de revoir ça, de revoir cette pourriture de vie.

La fumée lui sortant par les narines, il fulminait en silence contre tout. Il n’avait pas l’habitude de douter de lui, mais il doutait aujourd’hui. De qui ? De quoi ? Il n’en savait rien, mais il n’était pas au mieux de sa forme. Les deux sbires revinrent quelques minutes plus tard et Chuck congédia ces derniers d’un petit signe de la main. Il fut heureux de découvrir qu’elle avait accepté le rendez-vous sans chichi et tant mieux parce qu’il détestait le chichi. Il n’avait plus vingt ans et l’idée de tirer un coup n’avait rien d’extraordinaire, mais il n’avait pas envie de lui courir après pendant dix ans pour cela. Ca devait se faire parce que le patron l’avait décidé. Point barre. « Vous avez une dette, c’est tout. » Lorsqu’il parlait, on ne pouvait le faire changer d’avis, il était ainsi. Et même si la jeune femme ne s’en doutait pas, leurs destins étaient liés, mais aujourd’hui, seule l’envie de la séduire lui plaisait.
En tirant une bouffée sur sa sèche, il s’avança de deux pas en sa direction puis d’un air presque délicieux se mit à lui passer une main au visage. « Je vous aurais Parker, vous le savez. » Puis tout en continuant à lui caresser le visage, il plaqua une de ses mains sèches et drues sur sa fesse droite.
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MessageSujet: Re: Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry] Lun 7 Jan - 16:03




Ses yeux brillants se posèrent pour la seconde fois sur le visage de son petit garçon. Elle le tenait tendrement dans ses bras, ne les serrant pas trop fort de peur que le petit blondinet ne se brise, mais assez pour être sûr qu’il ne tomberait pas. Blueberry avait pendant plusieurs heures luttée pour réussir cet accouchement. Son gynécologue était d’ailleurs étonné, qu’ils n’aient pas eu recours à la césarienne au final. La brunette avait précisé depuis le début qu’elle désirait donner naissance à son enfant de façon naturelle. Elle était arrivée trop tard à l’hôpital et n’avait même pas eu droit à une péridurale, mais rien ne l’arrêta et c’est ainsi qu’Aaron vint au monde pendant que sa mère subissait d’atroces souffrances. Mais lorsqu’elle aperçut pour la première fois son fils, toutes ses douleurs s’évanouirent, elle n’avait plus qu’une envie, le serrer dans ses bras et déposer de doux baisers sur ses petites joues bien charnues.

Profitant du calme qui régnait dans la pièce, alors que Danny était parti chercher quelques petites friandises à grignoter, Blueberry se mit à chanter doucement tout en berçant son enfant. Un sourire se dessina sur ses lèvres et ne fît que s’agrandir lorsqu’elle vit Danny franchir le pas de la porte. Il lui tendit rapidement des barres de chocolat, ses préférés, et s’assit auprès d’elle. Caressant délicatement le haut de son crâne, il lui déposa un baiser sur le front. La brunette caressa les joues d’Aaron et se rendit compte à ce moment précis de la vraie signification du mot « bonheur ». Une larme coula le long de sa joue et atterrit sur son chemisier blanc, elle leva ensuite la tête, quémandant un bisou à son mari.

Sa mère l’avait mis en garde bien avant son mariage, L’amour c’est chouette au début, mais après tu n’as qu’une seule envie ; te barrer au plus vite., avait-elle dit. Bien sûr, en tant que grande romantique, Blueberry n’avait écoutée aucune des phrases de sa chère mère qu’elle percevait plus comme du venin que de véritables conseils. Elle avait eu raison, car jusqu’au dernier jour, elle l’avait aimé de toutes ses forces et encore aujourd’hui, il ne se passait pas un seul jour sans que ses pensées ne le rejoigne.

Lorsque Chuck déposa ses mains sur son postérieur, elle ne put refreiner un certain dégout, mais surtout, elle ne pût s’empêcher de penser à son mari et à son fils. C’était la première fois depuis leurs morts qu’un homme lui faisait des avances. « Je vous aurais Parker, vous le savez. » Elle recula rapidement, tentant de se démêler de ses mains. Elle avait l’impression de trahir l’homme qu’elle avait épousée, pourtant elle savait très bien que Danny ne voudrait qu’une seule chose, qu’elle soit heureuse. Il le lui avait répéter mille fois et même dans son dernier regard, elle avait compris, dans la lueur de ses yeux, qu’il voulait qu’elle continue à vivre. Malgré tout, elle s’en voulait énormément. Pas parce qu’elle avait laissé Westerfield faire à sa guise, mais surtout parce que lorsqu’il avait caressé sa joue, elle avait ressenti un énorme frisson. « On verra ça » Elle tourna rapidement la tête pour vérifier que personne ne pourrait les entendre. Puis elle se pencha doucement vers l’oreille de Chuck et lui murmura ; « On se donne rendez-vous où et quand ? »

Elle ne savait pas du tout où cela pouvait bien la mener, mais elle en avait marre de passer toutes ses soirées en solitaire à broyer du noir. Blueberry ne supportait pas Chuck et cela depuis son arrivée au complexe, mais il y avait néanmoins quelque chose en lui qui l’intriguait grandement. Peut-être que sa méchanceté n’était en fait qu’une façade qui le protégeait. Elle savait bien qu’elle n’allait pas le découvrir en une soirée, mais elle pouvait toujours essayer d’en savoir un peu plus.

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Pas trop vite le matin, et doucement l'après-midi... [Blueberry]

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