julian ∆ nothing to loose.
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julian ∆ nothing to loose.

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MessageSujet: julian ∆ nothing to loose. Mar 12 Nov - 18:19



nothing to loose
(thirty seconds to mars) ▽ In the middle of the night when the angels scream; I don't wanna live a lie that I believe; Time to do or die. I will never forget the moment.
Quoi que j'en dise, et en pense réellement, la zone 51 était une aubaine pour chacun de nous. Nous étions extrêmement nombreux à y être, bien plus que je n'aurais jamais pu l'imaginer. Je ne savais pas comment tous ces gens avaient faits pour s'en sortir, mais cela avait forcément été au péril de nombreuses autres vies. Pour ma part, j'avais eu la chance de croiser, peu de temps après l'invasion, un groupe plutôt conséquent de survivants qui m'avaient accueilli sans trop se poser de question. Le principal était, après tout, que je parvienne à leur prêter main forte et à récupérer divers objets nécessaires à la survie de tous. Et puis, nous avions entendu cet appel radio, émis depuis des fréquences jusqu'alors inutilisées. J'avais eu du mal à y croire, dans un premier temps, comment cela était-il possible ? Pourquoi maintenant, après des mois et des mois de silence ? Tout cela m'avait paru étrange, trop beau pour être vrai, peut-être. Mais il nous fallait tenter, la majorité du groupe avait voté pour une virée direction la zone 51. Je n'avais pas eu franchement le choix, parce que je ne me voyais pas me séparer d'eux pour aller faire mon propre chemin. Autant les suivre, plutôt que de risquer ma vie de manière inconsidérée. Tout devait être pris en compte. Et puis, de toute façon, ce n'était pas comme si nous avions énormément de choix ... Il nous fallait nous déplacer un minimum pour survivre et à choisir entre les villas de stars et la zone 51, je préférais tenter la deuxième option.

Il nous avait donc fallu faire demi-tour, et prendre de nouveau la route, à bord de nos vieilles voitures presque vides en carburant. Le chemin avait été long, chaotique, et semé d'embûches, mais nous y étions finalement parvenus : la zone 51. Nous avions perdu quelques personnes sur la route, mais le plus important était que nous y soyons. Pourtant, aussitôt arrivé, j'avais ressenti le besoin de m'isoler, de m'éloigner de tout cela. Il y avait trop de monde, trop de bruit, trop de règles, trop de tout ... Je n'étais pas certain, en plus de cela, de pouvoir me contrôler sans prendre quotidiennement des anti-dépresseurs. Or, je me voyais mal me pointer comme une fleur à l'infirmerie, pour leur demander des cachets. A tous les coups, il m'aurait refoulé et demandé d'aller voir ailleurs si j'y étais, voir même il m'aurait empêché de sortir par la suite. C'était tout ce que je voulais éviter, du coup. Je ne passais donc que peu de temps dans la zone même. Généralement, j'étais à l'extérieur, à naviguer un peu partout dans les alentours, à bord d'une voiture qu'ils avaient très généreusement mise à ma disposition. En échange, bien sûr, je leur ramenais fréquemment de la nourriture, des vêtements, bref tout ce qui était utile à la survie du groupe. Je passais donc la plupart de mes nuits dehors, dans ma voiture ou bien dans une maison que j'investissais temporairement. Cela m'avait permis de noter dans un coin de ma tête les endroits où je devais absolument retourner pour fouiner.

Et c'était exactement ce que j'allais faire cet après-midi. Mon fusil à pompe posé sur le siège côté passager, je roulai en direction d'une pharmacie dans un village voisin à la zone 51. Il fallait tout de même faire quelques kilomètres et cela ne me dérangeait pas le moins du monde. Bien au contraire, même, cela me permettait de m'aérer l'esprit et de me tenir à distance du brouahah causé par les survivants. En un crissement de pneus, je me garai devant la fameuse pharmacie. Après m'être assuré qu'il n'y avait personne dans le coin, ou en tout cas aucun rôdeur, j'attrapai mon fusil à pompe, un couteau, mon sac à dos, et claquai la porte derrière moi. Il ne me fallut pas bien longtemps pour débarquer à l'intérieur. Je balayai l'espace du regard, notant sans mal que la plupart des rayons étaient vidés, mais, par chance, il restait quelques boîtes sur les étagères. Sans lâcher mon arme, je me positionnai devant l'un des-dits rayons, et attrapai la première boîte sur laquelle je tombai. Oh non, cela n'allait pas être juste disposé là. C'était peut-être dans le fond du magasin, ou bien dans la réserve. Je fis quelques pas, mais me retournai brusquement, le fusil à pompe pointé devant moi quand la porte d'entrée de la pharmacie s'ouvrit dans un tintement. « Ne bougez surtout pas. » Je restai parfaitement immobile face à la porte, encore incapable de distinguer le visage du visiteur impromptu, à cause du reflet du soleil, très présent aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Dim 17 Nov - 10:02


« Nothing to loose »
Joshua M. Fitzgerald & Julian E. Delson



    This city's buried in defeat, I walk along these no name streets, And wave goodbye to all, As I fall...
    At the dead end I begin, To burn the bridge of innocence, Satisfaction guaranteed, A pill full of catastrophe.

    (Sum 41)


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Julian marchait depuis une éternité. Chaque pause rendait le départ suivant plus difficile encore, et il commençait à désespérer d'arriver un jour à la destination du groupe : le Maine. D'autant plus que lui, il s'en fichait d'arriver là-bas. Il n'avait personne à y retrouver. Il n'était même pas vraiment sûr de ce qui l'avait poussé à suivre Loup et Kilian dans cette aventure hasardeuse, qui probablement ne mènerait à rien du tout. Au départ, c'était simplement pour échapper à la solitude. Parce qu'il avait eu peur, il avait même été totalement terrifié, au début de l'invasion, lorsqu'il s'était retrouvé face à sa mère et sa petite sœur transformées. Lorsqu'il avait compris que sa vie, maintenant, cela serait ça : tuer d'anciens humains, en essayant d'enfouir tous les doutes et toutes les peurs, toute la culpabilité et toutes les hésitations. Les tuer comme s'ils n'avaient jamais été d'autres que des cadavres qui s'étaient relevés. Il avait donc été envahi par cette peur, cette angoisse douloureuse, qui vous prend au ventre et vous tord les tripes, qui vous fait monter les larmes aux yeux, qui vous donne l'impression d'être vide, sourd et totalement perdu dans votre nouvelle existence, qui vous empêche de respirer, qui augmente votre rythme cardiaque au point que le monde tourne autour de vous. C'était cette peur qui le suivait, qui le réveillait en sursaut durant des cauchemars, qui le faisait se retourner sans cesse dès qu'il était debout, de peur d'être suivi par l'un de ces monstres. Durant des semaines, elle ne l'avait pas quitté une seule seconde. Alors non, jamais il n'aurait supporté d'être seul. Il n'avait pas pu s'éloigner de la première personne qu'il ait croisé ce soir-là : Loup. Et ensuite, il s'était attaché à elle, il s'était attaché à Kilian qui les avait rejoint plus tard, et il n'avait plus pu faire machine arrière.

Mais tout avait changé. Par hasard, ils avaient entendu ce message radio. La zone 51. Le seul espoir de survie dans ce monde devenu si dangereux. C'était une aubaine, l'occasion de pouvoir enfin faire taire un peu la peur qui les étreignait depuis si longtemps, même s'ils avaient appris à faire avec. Julian rêvait d'avoir enfin la possibilité de s'allonger tranquillement dans un lit confortable, après un bon repas chaud, et de dormir profondément, sans avoir cette crainte d'être réveillé par des mains sur sa gorge, des mâchoires autour de son bras, et des grognements sinistres dan ses oreilles. Tout pouvait changer, grâce à cette zone. C'était un nouvel espoir.

Mais les deux autres ne semblaient pas avoir envie de rejoindre l'endroit. Loup voulait, de toute manière, absolument retourner au Maine pour trouver Eve. Si durant les premiers mois de leur périple, Julian n'avait pas vraiment pensé à tout cela, se contentant de suivre le mouvement puisque de toute façon, il n'avait nul part d'autre où aller, il commençait à présent à se questionner. À quoi bon ? Il y avait déjà peu de chance que la jeune fille soit encore en vie, et même si elle l'était, comment pourraient-ils la retrouver ? Elle n'était probablement même plus là, et il était même possible qu'elle soit en route pour la zone, toutefois si elle était toujours en vie. Il n'avait évidemment rien dit à Loup, pour ne pas la faire souffrir et parce qu'il ne considérait pas que cela le regardait, et n'en avait même pas parlé avec Kilian. Mais maintenant qu'il y avait la possibilité de retourner dans un lieu sûr... Il savait qu'il faudrait en discuter avec les deux autres. Peut-être y avait-il une chance de les convaincre que c'était la meilleure solution... Mais il en doutait. Alors il commençait à se poser l'inévitable question : est-ce que je serais capable de les quitter pour trouver un endroit sûr ? Evidemment, il tenait énormément à eux, il ne voulait pas les abandonner. Il ne voulait pas se retrouver dans une chambre entre de solides murs, si c'était pour s'angoisser à l'idée que dehors, ses deux compagnons soient en danger, en train de se battre contre une foule de rôdeurs affamés.

Toutes ces pensées embrouillaient l'esprit de Julian. Les trois jeunes étaient arrivés près d'une ville, et l'adolescent avait décidé de partir seul récupérer quelques trucs utiles. Ils avaient hésité avant de se séparer, mais les deux autres semblaient avoir compris que Julian avait besoin d'être seul. Parce que si elle lui faisait peur, il avait aussi besoin d'un peu de solitude. Pour remettre de l'ordre dans ses pensées, pour retrouver son calme, apaiser ses doutes, supprimer ses hésitations. Il avait besoin d'être seul, et il appréciait que ses amis l'aient compris. Il se retrouvait donc en chemin vers la ville, ou plutôt le village. Cela lui paraissait grand, mais c'était simplement parce qu'il avait l'habitude de ne croiser que quelques fermes, étant donné qu'ils fuyaient les grands espaces urbains comme la peste. Tout semblait calme, les rues étaient désertes. À part le soufflement du vent dans les tuiles des maisons, il n'y avait aucun bruit. Mais c'était peut-être ce qui faisait encore plus peur. Cela ressemblait à ces images de films post-apocalyptique qu'il aimait regarder, des mois plus tôt. Quelques feuilles imprimés voletaient sur la route. Des voitures étaient garées, certaines en plein milieu de la chaussée. Il y avait encore des portières ouvertes, comme la dernière preuve d'une tentative de fuite désespérée. La vitrine d'un magasin d'armes étaient complètement brisée, et les éclats de verre crissèrent sous les chaussures de Julian, rendant le silence qui s'ensuivit encore plus sinistre. La plupart des armes semblaient avoir disparu, mais l'adolescent décida d'y faire un tour au retour. Mais au bout de la rue, il voyait l'enseigne d'une pharmacie, et il aurait aimé y passer.

Les maux de tête, dont il souffrait déjà avant l'épidémie, commençaient à le reprendre. Et combattre une horde de rôdeurs en ayant la tête qui tournait à cause de la douleur, ce n'était pas forcément la meilleure chose à faire lorsque l'on espérait survivre. Il aurait aimé trouvé quelques boites de médicaments, n'importe quoi qui pourrait lui permettre d'apaiser un peu ses migraines, qui revenaient au moins une fois tous les deux ou trois jours. Cependant, il avait peu d'espoir : les pharmacies avaient été tout aussi vandalisées et pillées que les magasins d'armement et les supérettes. Mais peut-être restait-il encore quelques traitements...

Il poussa la porte vitré, dont le verre était fissurée mais pas brisée, et sursauta lorsque le tintement caractéristique de ces endroits résonna. Il sortit son couteau, qu'il portait jusque là à la ceinture, attendant de voir si un rôdeur allait venir, attiré par le bruit. Mais le mouvement qu'il aperçut n'était pas celui d'un de ces dangereux zombies ; parce que ces monstres ne pouvaient pas pointer de fusil à pompe sur leurs victimes.

« Ne bougez surtout pas. »

Julian baissa la main qui tenait son poignard, sans pour autant lâcher l'arme. Il dévisagea l'autre, un homme, d'une vingtaine d'années peut-être. Il n'en savait rien, à vrai dire. Même avant l'épidémie il n'avait jamais été fort pour ça ; et maintenant... Ils étaient le genre de monde qui faisait vieillir plus rapidement qu'une existence normale.

« Je te déconseille de tirer, si tu ne veux pas te retrouver face à une horde déchaînée. Et puis, ça m'arrangerait aussi... T'inquiète pas, je vais rien te faire, je ne tue que les rôdeurs, je vois trop peu d'humains pour avoir envie de leur planter un couteau dans le crâne. »
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Lun 18 Nov - 23:55



nothing to loose
(thirty seconds to mars) ▽ In the middle of the night when the angels scream; I don't wanna live a lie that I believe; Time to do or die. I will never forget the moment.
Marcher et ne surtout pas regarder derrière moi. Marcher sans objectif précis, sans but initialement prévu. Marcher jusqu'à en perdre tous mes sens, pour ne plus avoir à faire face à la réalité de notre monde. Tout cela me tentait bien trop, mais ce n'était pas possible ... Malheureusement. Je devais continuer à marcher, certes, mais je ne pouvais pas juste fermer les yeux et oublier que le monde était tombé en ruines, ne laissant derrière lui que des âmes en peine, des âmes perdues et isolées. Est-ce que tout cela en valait encore le coup ? Je n'en étais pas certain ... Pas du tout. Mais pour autant, je ne voulais pas abandonner. Je n'abandonnerai pas. L'instinct de survie humain permettait encore à quelques survivants de subsister, de résister, et de tourner le dos à la mort, de lui donner, dans un dernier élan, toutes nos forces. Trouver des vivres était difficile. Survivre l'était d'autant plus. Et pourtant, je n'étais pas prêt d'abandonner, ni de laisser qui que ce soit baisser les bras. Mon plus grand point d'ancrage était, indéniablement, les anti-dépresseurs. Anti-dépresseurs qui se faisaient de plus en plus rares, et sans lesquels je ne pourrais sans doute pas tenir bien longtemps. Ils étaient tout ce qui me permettait encore d'avoir un minimum de contrôle, sur mon corps et mon esprit. C'était tout ce qui m'empêchait de péter un câble une bonne fois pour toute, de ne pas envoyer balayer d'un revers de main les espoirs et les envies ridicules de tous ces survivants. Comme si nous pouvions reconstruire des villes, des pays, des gouvernements, quelque chose de solide et de stable, un peu comme ce que nous avions à l'époque ...

C'était impossible, c'était trop tard pour tout cela. Nous avions tout perdu depuis bien longtemps, et un simple retour en arrière, un retour aux sources ne nous ramènerait certainement pas tous les gens que nous avions perdus. Pourtant quand je fermais les yeux, l'espace d'un instant, un bref et éphémère instant, je pouvais encore revoir le visage de ma petite amie, de mes divers amis, proches ou non, et même de mes voisins. D'une façon, ils étaient toujours là, avec moi. Ils étaient peut-être ceux qui me poussaient à continuer à me battre, qui me maintenaient en vie et m'empêchaient de sombre dans l'infini néant du monde. Non. J'étais toujours là, et je comptais bien le rester coûte que coûte. Mais bien sûr, pas sans les anti-dépresseurs qui me paraissaient plus que vitales. C'était d'ailleurs dans la recherche des divins médicaments que j'usais la plupart de mon temps. Je me jugeais chanceux d'avoir entendu ce message radio. Et si je ne l'avais pas entendu et étais purement et simplement passé à côté ? Je n'osais pas même l'imaginer. Le groupe dans lequel j'avais été tous ces mois ne me déplaisait peut-être pas, mais cela ne signifiait pas pour autant que je me voyais passer plus de temps avec eux. Je ne comprenais pas la plupart d'entre eux, et inversement. Nous n'avions pas vraiment la même conception de la survie, ou pas toujours en tout cas, et je n'aurais pas pu supporter plus longtemps le fait de rester dans les villas de Los Angeles.

Parce que rester là-bas signifiait aussi moins de temps pour ma quête. Ma chance ne s'arrêtait pas là puisque, depuis mon arrivée dans la zone 51, la plupart de mes sorties avaient été fructueuses. J'avais, dès le départ, clairement insisté pour que l'on me laisse m'aventurer à l'extérieur seul. Je n'avais besoin de personne et surtout, je ne voulais pas que la présence d'une seconde personne me perturbe, et m'empêcher de chercher ce que je désirais. C'était peut-être un peu risqué, mais je ne m'en faisais pas trop pour cela. Entre mon fusil à pompe, et mes quelques couteaux cachés un peu partout sur moi, j'avais toutes mes chances de m'en sortir. De toute façon, ce n'était pas comme si j'avais grand chose à perdre ... En fait, je n'avais plus rien ... Hormis les quelques anti-dépresseurs, qui me maintenaient en vie. Malheureusement, les miracles n'existaient pas, et mon stock, comme tout le reste, s'épuisait de jour en jour. Et comme je n'avais pas d'autres choix que d'en trouver d'autres, j'avais tout prévu et repéré une pharmacie, à quelques kilomètres tout au plus de la zone. Nous n'étions pas dans le coin depuis bien longtemps, ce qui était un avantage considérable ... Pour l'instant, en tout cas. Et comme je me l'étais d'ores et déjà imaginé, je ne rentrerai pas bredouille de cette excursion à l'extérieur. Un petit tour rapide dans la pharmacie m'apprit que plusieurs boîtes de ces fameux cachets étaient toujours là. Une chance que personne n'ait eu l'idée de s'attarder sur cette étagère-là, et surtout, une chance que personne n'ait ressenti le besoin de prendre tout cela !

En revanche, ce à quoi je ne m'étais pas attendu, c'était de me retrouver face à un autre survivant. Qui plus est, un survivant que je n'avais jamais croisé dans la zone. Quoi qu'en même temps, il y avait sans doute trop de monde pour que je puisse rencontrer tout le monde en si peu de temps. Peu désireux de me laisser surprendre par qui que ce soit, je pointai mon arme sur lui. Je ne mis pas bien longtemps avant de déduire que non, il n'était pas un rôdeur, il ne semblait même pas avoir été mordu. Mais on ne se méfie jamais assez, après tout, hein ? « Je te déconseille de tirer, si tu ne veux pas te retrouver face à une horde déchaînée. Et puis, ça m'arrangerait aussi... T'inquiète pas, je vais rien te faire, je ne tue que les rôdeurs, je vois trop peu d'humains pour avoir envie de leur planter un couteau dans le crâne. », dit-il, son couteau toujours en main mais suffisamment mis en évidence pour que je ne m'en méfie pas trop. Je l'observai pendant une minute supplémentaire, prêchant le vrai du faux, et m'assurant que ses intentions n'étaient pas mauvaises. Je finis par baisser mon arme, lentement, mais sans perdre mon attention constante sur lui. Il était hors de question que je me laisse surprendre, aussi innocent paraissait-il. Après tout, on disait souvent, à l'époque, qu'il fallait se méfier des apparences ...

Mon fusil à pompe maintenant pointé face au sol, je glissai mon autre main dans mes cheveux, sans cesser d'observer le jeune homme face à moi. Quel âge avait-il, au juste ? Pas même vingt ans. Comment avait-il pu survivre jusque-là ? Sans doute n'était-il pas seul, et peut-être même pas de la zone ... Ils n'auraient quand même pas laissé un gamin s'aventurer à l'extérieur, si ? « Désolé, on est jamais trop prudents. », dis-je d'un ton passif, en haussant les épaules. Quelle importance, hein ? « Tu es tout seul ? », demandai-je ensuite, curieux de savoir si je devais m'attendre au pire, ou non. Bien sûr, si une armée de potes à lui devait arriver pour me descendre, il ne me le dirait sans doute pas mais c'était pas plus mal de lui demander ... Certainement. « Si t'es venu pour quelques médicaments, c'est sans doute pas ici que tu trouves quelque chose : c'est vide. Y a toujours la réserve, dans le pire des cas. », ajoutai-je en accompagnant le tout d'un vague mouvement de tête en direction de l'arrière de la pharmacie. En voyant que personne ne débarquait et que je n'allais sans doute pas me faire attaquer dans l'immédiat, je reposai le fusil à pompe sur le sol, debout, contre l'une des nombreuses étagères. Je n'étais pas en confiance, mais il ne devait pas l'être non plus.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Jeu 21 Nov - 17:47


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Avoir le canon d'une arme à feu braqué sur soi n'est pas la sensation la plus agréable, ni la plus rassurante, que l'on puisse ressentir. Julian n'était donc pas particulièrement à l'aise dans cette position, la porte de la pharmacie encore à moitié ouverte derrière lui, qu'il relâcha. Un nouveau tintement résonna dans le silence sinistre qui avait pris place dans l'ancien magasin, et l'adolescent tenta un petit sourire. Il avait beau avoir tenté de paraître détendu et sûr de lui dans ses paroles, il devait bien avouer qu'il avait peur. Le monde était devenu fou, totalement fou, depuis le début de l'invasion. Les zombies étaient des monstres, sans conscience ni pitié, qui n'hésitaient pas à dévorer tout ce qui pouvait passer à leur portée. Ils étaient dangereux, très dangereux, et aussi particulièrement effrayants. C'était une certitude, tout le monde l'avait compris depuis longtemps, mais il fallait se résoudre à admettre l'évidence : les vivants pouvaient se révéler plus dangereux encore que les morts qui se relevaient.  Surtout lorsqu'ils étaient poussés par la peur, ou que plus aucune loi, ou en tout cas personne pour les faire respecter, ne venait les empêcher de faire quelque chose. Julian avait vu des rôdeurs tuaient et dévoraient des gens, sans être ralenti par les cris et les gémissements suppliants, qui feraient pleurer une pierre. Mais il avait aussi vu des humains, loin de la décomposition, faire des choses bien pires encore. Les humains étaient devenus fous, qu'ils soient vivants ou morts. Ils n'hésitaient pas à tuer, pour sauver leur peau ou pour piller nourriture, eau, et médicaments.  C'était tuer pour ne pas être tué, la loi du plus fort. Les groupes déjà formés n'hésitaient pas à abandonner ceux qui étaient seuls, pour éviter d'avoir une bouche de plus à nourrir.  L'invasion avait fait ressortir les pires côtés de l'esprit humain. Cruauté, égoïsme. On ne se préoccupait plus de la santé de ses voisins : seule comptait sa propre survie.  Mais si les hommes n'hésitaient plus à tuer pour protéger les leurs, certains étaient capable de tuer simplement comme ça, sans raison. On ne pouvait plus faire confiance à personne, dans ce monde où les rares survivants auraient plutôt dû se serrer les coudes.  L'individualisme prônait ici-bas, et les zombies n'étaient pas les seuls tueurs en série.

Julian ne pouvait donc pas se permettre de faire confiance au jeune homme qui se dressait en face de lui. Il pouvait encore moins lui faire confiance avec cette lourde arme pointée sur lui, sûrement prête à tirer et à lui ôter cette vie qu'il avait eu tant de mal à protéger. Il avait passé de longs mois à échapper à tous ces rôdeurs, et voilà que maintenant, il allait simplement se recevoir une balle en pleine poitrine et s'effondrer sans vie sur le sol carrelé de la pharmacie. Tout ça à cause de ses maux de tête. Il aurait pourtant pu tenir le coup sans paracétamol, ce n'était pas grand chose après tout. S'il n'était pas venu ici, peut-être aurait-il eu la chance de vivre plus longtemps. Parce qu'il était fort probable que le jeune home en face décidât de le tuer. Pourquoi l'aurait-il épargné ? À moins qu'il ne préfère éviter d'attirer tous les rôdeurs... Ou peut-être s'agissait-il d'un de ces hommes qui avait encore en eux une étincelle d'humanité, qui ne tuaient pas les autres survivants sans raison, simplement parce qu'ils aimaient voir le sang couler. Oui, avec un peu de chance, il était comme ça. Mais durant son long périple, Julian avait vu tant d'atrocités qu'il ne faisait plus confiance à personne, en dehors de Loup et Kilian. Il ne pouvait pas se permettre d'offrir sa sécurité à quelqu'un d'autre que ses deux camarades, et pourtant voilà qu'il se retrouvait à la merci 'un inconnu. Il y avait tant de petites villes ici, tant de pharmacies vidées et pillées, tant d'endroit dépeuplés. Pourquoi avait-il fallu qu'il vienne ici, le seul endroit à des kilomètres à la ronde où, peut-être, il pouvait croiser le chemin de quelqu'un ?

Pourtant, la chance sembla être avec lui. Parmi tous les meurtriers sanguinaires, assoiffés de violence et heureux de tuer les survivants qui croisaient leur route, il tomba sur quelqu'un qui choisit plutôt de baisser son arme. Julian, qui retenait son souffle depuis qu'il avait terminé ses quelques phrases, se remit à respirer calmement. Il était en vie, il n'avait plus ce trou noir prêt à cracher une balle pour lui transpercer la poitrine en face de lui, tout allait bien. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Enfin, la dernière partie n'était pas forcément vrai, mais il fallait bien avouer que pour ce genre d'endroit, il s'en sortait plutôt pas mal. Aucun rôdeur en vue, et quelqu'un d'assez compréhensif et sympathique pour ne pas le tuer... La situation aurait pu être pire, en réalité. Avec un peu de chance, la journée continuerait comme ça – mais l'adolescent avait bien compris qu'il ne fallait pas trop espérer, depuis le changement radical qui avait eu lieu sur la surface de la Terre. Depuis le moment où la frontière entre la vie et la mort s'était faite un peu trop ténue ; du côté des morts qui revenaient et de celui des vivants qui avaient tendance à mourir un peu plus rapidement qu'auparavant.

Julian se demanda si l'autre était seul. Peut-être était-il de la zone ? Ce serait l'occasion d'en parler avec quelqu'un, il préférait ne pas trop aborder le sujet avec ses deux compagnons, préférant être d'abord sûr que ce n'était pas un stupide faux espoir. Peut-être que la zone n'existait pas, ou plus, après tout. Et puis, s'il voulait espérer convaincre les autres, il allait devoir avoir des arguments – et même être convaincu lui-même. Il aurait donc apprécié rencontrer quelqu'un de là-bas, histoire d'être certain que l'histoire était vraie, et qu'il avait vraiment une chance de retrouver un jour une vie paisible en compagnie d'autres personnes. À condition, évidemment, qu'il soit prêt à retourner en communauté pour devoir à nouveau obéir à toutes ces lois qui régissaient les vies en société. Mais dans le pire des cas, rien n'empêchait d'aller voir à quoi ressembler les lieux, et décider plus tard de rester ou non... C'était en tout cas une option qu'il fallait envisager longuement, car cette occasion ne se représenterait peut-être plus.

« Désolé, on est jamais trop prudents. »

Julian eut un petit rire sans joie et haussa les épaules en même temps que l'autre. Chaque jour il comprenait plus encore à quel point le monde avait changé. Quelques mois plus tôt, il n'aurait pas considéré cela comme quasiment normal d'avoir un fusil à pompe braqué sur lui parce qu'il arrivait dans une pharmacie. Quelques mois plus tôt il avait encore une famille et une chance de survivre jusqu'à un âge avancé. Il reporta son attention sur l'homme en face, refoulant ces pensées douloureuses. Pas le moment de sombrer dans la nostalgie.

« Tu es tout seul ? »

Méfiant ? Probable. Et normal. Julian aussi l'était, il gardait son poignard dans sa main, les phalanges blanchies tant il serrait le manche, pas vraiment rassuré. L'autre avait beau avoir posé son arme, on n'est jamais trop prudent, comme il l'avait fait remarqué à juste titre. L'adolescent allait répondre, mais son interlocuteur enchaîna rapidement.

« Si t'es venu pour quelques médicaments, c'est sans doute pas ici que tu trouves quelque chose : c'est vide. Y a toujours la réserve, dans le pire des cas. »

Il eut une petite grimace. Il s'en doutait, en effet, mais avait quand même gardé espoir de trouver de quoi faire passer ces maux de tête – et pourquoi pas quelques médicaments en plus, au cas où. Mais avec un peu de chance y aurait-il quelque chose dans la réserve... Julian jeta un bref coup d’œil derrière lui, dans la rue, pour vérifier qu'il n'y avait pas les compagnons de l'autre prêt à l'entourer pour, finalement, le tuer. Mais personne, ni vivant ni mort.

« Je ne voyage pas seul, mais ici non il n'y a personne d'autre, les deux autres sont restés plus loin. Et toi ? »

Il regarda derrière l'épaule de l'homme qui lui faisait face, vérifiant qu'il ne restait rien d'utile sur les étagères. Sur le mur opposé, la porte de la réserve, fermée, lui fila des frissons. Peut-être y avait-il des rôdeurs là-bas, qui attendaient que ces deux proies approchent...

« Je m'en doutais un peu, y a plus rien nul part de toute manière. Mais bon, ça vaut bien le coup d'aller vérifier. »

Malgré cela, il ne fit pas un geste. Il aurait aimé pouvoir se détendre, faire confiance à l'autre, mais était forcé de rester méfiant. Il était jeune, mais il en avait trop vu pour croire encore en l'innocence, la joie, et le bonheur.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Sam 23 Nov - 14:23



nothing to loose
(thirty seconds to mars) ▽ In the middle of the night when the angels scream; I don't wanna live a lie that I believe; Time to do or die. I will never forget the moment.
Je n'avais pas pour habitude de me faire accompagner par qui que ce soit lors de mes sorties de la zone. J'avais pris une sorte de routine depuis mon arrivée ici, et ce n'était pas du tout pour me déplaire quand je me retrouvais seul, autrement dit très souvent. Bien au contraire même, j'adorais cela, et j'en redemandais. Ce n'était pas tant que la compagnie des autres me dérangeaient plus que de raison mais ... Si peut-être un peu, en un sens. Mais cela ne datait pas d'aujourd'hui, j'avais toujours eu cette part sombre, et solitaire, enfouie en moi. Ma fiancée était la lumière de ma vie, celle qui me permettait de me lever chaque matin et surtout, qui faisait toujours en sorte de me bouger pour que j'aille à droite et à gauche. Depuis que je l'avais perdue, tout était différent. Mais il n'y avait rien que je puisse faire pour la ramener et c'était, sans doute, ce qui me poussait à continuer ma route malgré tout. Je n'avais plus de réelle raison de vivre, si ce n'est mes anti-dépresseurs et l'idée, peut-être, d'être utile à ma désormais communauté. Parce que quand je sortais seul de la sorte, et qu'on me permettait d'emmener avec moi un peu de vivres, il paraissait évident que je ne revenais jamais les mains vides. Il en était tout simplement hors de question, pour eux, mais aussi pour moi. Je me voyais mal agir de la sorte alors que l'on m'offrait déjà un endroit où dormir - quand je ne préférais pas rester à l'extérieur, cela dit -, sécurisé, qui plus est. Tout cela n'était pas négligeable, mais ce n'était pas non plus pour autant que je voulais me ramollir, à rester enfermé dans la zone, à attendre tout simplement que les choses se tassent. Je ne voulais pas perdre l'habitude - si seulement je pouvais appeler cela ainsi -, la manie que tout survivant se devait d'avoir : celle d'être sur ses gardes constamment. Au cours de ces dernières semaines, j'avais très largement eu le temps de voir pas mal d'entre nous devenir faibles, incapables de se défendre, et incapables de tuer un quelconque rôdeur.

Heureusement, je savais aussi que je n'étais pas prêt de passer par là. Parce qu'il fallait sans arrêt que je sorte, si je voulais continuer à prendre des anti-dépresseurs, chose que je ne pouvais clairement pas demander aux dirigeants de la zone. Je me voyais franchement mal arriver vers eux pour les supplier de m'en filer. Se débrouiller seul ne pouvait pas faire de mal à qui que ce soit, et surtout pas à moi. Mais cela pouvait aussi être un sacré point faible. Je pus en témoigner sans mal, quand un parfait inconnu débarqua dans la pharmacie où je me trouvais. Je ne m'étais pas attendu à avoir de la visite, mais cela ne m'empêcha pas d'être très réactif, et de pointer immédiatement mon fusil à pompe sur le jeune homme, qui semblait pourtant inoffensif. C'était tout cela que je ne voulais pas perdre, et que je ne perdrais, à coup sûr, pas. Je finis, malgré tout, par baisser ma garde, bien conscient que le jeune homme arrivé de manière parfaitement inopportune était inoffensif. Enfin ... Je n'avais aucun moyen d'en être parfaitement sûr, il allait donc falloir que je me fie à mon instinct, et à mon instinct uniquement. Je m'enquis auprès de l'inconnu, histoire de savoir si je devais m'attendre au pire ou non. Devais-je me préparer à l'attaque imminente d'autres survivants ? J'osais espérer que non, à présent que mon arme était posée, bien trop loin pour qu'une réaction spontanée soit suffisante. « Je ne voyage pas seul, mais ici non il n'y a personne d'autre, les deux autres sont restés plus loin. Et toi ? » Je me retins difficilement de soupirer de soulagement. En voilà, une bonne nouvelle. Enfin, je me doutais que lui aussi devait être inquiet à propos de tout cela. Il n'était pas censé savoir si j'étais seul ... Ou non. « Je suis dans un groupe aussi, mais je suis seul ici. », le rassurai-je, tout en sachant parfaitement qu'il ne pouvait pas l'être complètement. La confiance en autrui était devenu une notion totalement obsolète ...

Il ne pouvait donc pas être totalement convaincu de la véracité de mes propos, et inversement. Mais cela ne nous empêchait pas - bien au contraire, même - de nous comporter comme deux êtres "civilisés", présent ici dans un but bien précis. Je m'efforçai donc de ne plus poser le moindre regard sur mon fusil à pompe, sans pour autant laisser l'inconnu s'en approcher de trop près. Je ne voulais pas que ma propre arme se retourne contre moi, tout de même. En jetant un bref coup d'oeil autour de moi, je le prévins que la pharmacie était vide ... Ou presque. « Je m'en doutais un peu, y a plus rien nul part de toute manière. Mais bon, ça vaut bien le coup d'aller vérifier. », dit-il, alors que je détournai le regard, pour le poser sur une nouvelle étagère. Pas la moindre trace d'anti-dépresseurs. Bordel. Il m'en fallait ... Et vite ! La réserve ne m'avait jamais paru aussi tentante. J'allais devoir y aller, avec ou sans lui. « Je pense qu'on a toutes nos chances dans la réserve. », lâchai-je dans un souffle, convaincu que c'était la bonne décision à prendre, tout en sachant parfaitement que les risques d'y laisser notre peau n'étaient pas négligeables. « En fait, moi c'est Joshua. », me présentai-je finalement, le regard planté dans le sien, pas encore totalement certain de pouvoir lui faire confiance. Le serais-je seulement un jour ? J'avais une très nette tendance, comme la majeure partie des survivants sans doute, à ne pas vouloir accorder ma confiance à qui que ce soit. Parce que tout était désormais une question de vie ou de mort. Une question de chance, ou de malchance. Et je ne voulais pas laisser un quelconque imprévu venir détruire tout ce que j'avais commencé à bâtir dans la zone, tous les efforts que j'avais faits pour en arriver là, pour m'en tirer vivant, et ne pas devenir complètement fou. Bizarrement, je ne doutais pas un seul instant qu'il en allait de même pour ce jeune homme. Après tout, c'était le lot de tous les survivants, n'est-ce pas ?

Je passai une main tremblante dans mes cheveux, avançai de quelques pas en direction du sac que je trimbalai à peu près partout avec moi. « Tu as de quoi te défendre ? Un couteau de préférence ? », le questionnai-je avant de revenir vers lui, mon sac en main. Je ne voulais pas l'effrayer ou le braquer en sortant un couteau de manière abrupte et incontrôlée alors ... Je préférais prendre mon temps, et lui demander si, de son côté, il était armé. Après tout, je n'avais pas eu de flingue pointé sur moi, pour ma part. « Si tu veux, on peut aller dans la réserve tous les deux, et on se partagera ce que l'on trouvera ... » ... Excepté les anti-dépresseurs, me retins-je d'ajouter. Mais il ne me faisait déjà clairement pas confiance, alors il valait mieux pour moi que j'évite d'en rajouter une couche.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Sam 23 Nov - 18:32


« Nothing to loose »
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    This city's buried in defeat, I walk along these no name streets, And wave goodbye to all, As I fall...
    At the dead end I begin, To burn the bridge of innocence, Satisfaction guaranteed, A pill full of catastrophe.

    (Sum 41)


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La haine. Une haine profonde, brûlante, dévorante, qui semblait enflammait chaque parcelle de son corps. Tellement forte qu'elle remplaça aisément la peur. Julian haïssait ce monde, et il le haïssait plus encore à chaque seconde. Il avait tant de raison pour le détester ainsi ! Comment aurait-il pu en être autrement ? C'était à cause de ce nouveau monde qu'il avait perdu sa mère et sa sœur. Pire encore, qu'il avait dû tuer les deux, de ses propres mains. Il ne pouvait oublier aucun de ces instants, et même maintenant, de longs mois plus tard, il se réveillait encore en sursaut, la bouche ouverte en un cri muet pour hurler à la petite fille de s'enfuir, le bras tendu pour abattre sa propre mère, en lui plantant la lame effilée d'un sabre dans le crâne. À chaque fois la même culpabilité revenait, si forte que tout ce qu'il désirait, c'était se recroqueviller en position fœtale et attendre la mort sans faire le moindre mouvement. Si forte que les larmes venaient lui brûler les yeux et les joues, tandis qu'il faisait de son mieux pour se relever et repousser ce sentiment au fond de lui-même. Jamais il n'y arrivait. Pourtant, il savait parfaitement qu'il avait fait ce qu'il devait faire, qu'il n'avait pas eu d'autres choix que de tuer ces deux rôdeurs. À ce moment-là ce n'était déjà plus sa mère, ce n'était déjà plus sa sœur. Ce n'étaient que deux monstres sans plus d'intelligence, sans plus d'humanité, animés seulement par une faim qui, vu la férocité avec laquelle ils tentaient de se nourrir des survivants, devait être dévorante. Mais en aucun cas ce n'était la femme chaleureuse qui le prenait dans ses bras quand, petit, il faisait des mauvais rêves ou s'écorchait le genou en tombant, ou la petite fille qui tirait sur sa manche pour lui demander de sa voix fluette si il voulait bien jouer avec elle. Il le savait bien, tout cela. Après tout, depuis des mois il pouvait observer les conséquences désastreuses de ce qui pouvait être nommé une épidémie. Il pouvait voir tous les dégâts et tous les morts qu'avaient provoqué les rôdeurs, et il avait aussi pu observer de profonds changements dans les mentalités et comportements humains. Il n'éprouvait plus la moindre pitié ni la moindre compassion lorsqu'il croisait l'un de ces êtres en état de décomposition, qu'il entendait leurs grognements sinistres. Les premiers mois il imaginait, sans le vouloir vraiment, comment pouvaient être ces anciens êtres humains, avant. Il pouvait les voir très clairement en pensées avec une apparence normale, portant leur enfant dans les bras ou enlaçant la personne qu'ils aimaient. Mais à force... Il avait forgé comme une muraille autour de lui, pour se protéger. Il n'avait pas pu faire autrement, c'était le seul moyen qu'il avait trouvé de ne pas éprouver de la compassion envers tout le monde. Il avait toujours été empathique, même avec les inconnus, s'appropriant souvent leur douleur pour la ressentir lui aussi, et ce parfaitement involontairement. Mais à présent, il ne pouvait plus se le permettre. Il ne pouvait plus se permettre d'approcher les gens – alors les plaindre ?

C'était pour cela aussi qu'il haïssait ce monde. Parce que même sans le vouloir, il avait dû changer pour survivre, ou en tout cas pour avoir une chance, aussi infime soit-elle, de survivre. Il aimait se dire que s'il voyait quelqu'un en danger, il n'hésiterait pas à tenter de le sauver même au péril de sa vie. Mais il savait parfaitement que c'était faux, qu'il serait capable de regarder un inconnu mourir pour protéger sa vie et celle de ses deux compagnons de route. Il avait cessé de faire confiance aux gens qu'il ne connaissait pas, il avait cessé de faire confiance tout simplement. Les seuls à qui il confierait sa vie, c'était Kilian et Loup. C'était d'ailleurs peut-être pour cela que Julian n'était pas encore certain de vouloir gagner la zone. Comment pouvait-il être sûr qu'il pourrait faire confiance à ceux de là-bas ? Comment être sûr qu'il n'allait pas se recevoir une balle dans la tête dès qu'il s'approcherait des fortifications ? Après tout, le monde entier était devenu fou. Tous les survivants étaient devenus fous, autant si ce n'est plus que les rôdeurs. Cela ne l'aurait même pas étonné, d'ailleurs, de se faire abattre ainsi comme une vulgaire proie, un simple gibier effrayé. C'est pourquoi il ne pouvait tout simplement pas se détendre, face à l'autre jeune homme. Il aurait aimé, tant aimé. Maintenant que l'autre avait baissé son dangereux, mortel même, fusil à pompe, il aurait peut-être pu être, un tant soit peu, apaisé. Après tout, si l'inconnu avait eu l'intention de le tuer, il l'aurait déjà fait. Mais Julian était incapable d'accorder, même si peu, sa confiance. Il essayait, pourtant. Il essayait de se persuader que tout le monde n'était pas forcément un monstre, un assassin de sang-froid. Il avait d'ailleurs révélé à son interlocuteur le nombre de ses compagnons de route, alors qu'il aurait pu garder cela secret. Cependant, ce n'était pas grand chose, comparé à ce couteau qu'il serrait toujours le plus fort possible dans sa main. Le manche enfonçait la peau de sa paume, et ses doigts étaient crispés de forcer si longtemps, mais c'était la seule façon de se sentir un minimum en sécurité.

Julian s'efforçait de garder en apparence un masque d'impassibilité, de ne dévoiler aucun de ses sentiments, mais mentalement il était en colère, toujours plus à chaque seconde. Il se haïssait d'avoir laissé cette nouvelle existence le changer aussi profondément. Pourquoi n'avait-il pas été capable de garder son humanité ? Comment avait-il pu se transformer aussi radicalement, devenir quelqu'un qu'il n'était pas, une personne qu'il détestait ? À vrai dire, il était devenu un monstre, lui aussi. Il était prêt à tuer froidement un humain si sa vie était en danger. C'était impressionnant le nombre de changements, physiques et mentaux, qui avaient opéré sur lui. Il avait grandi, s'était musclé, et ses traits durcis. Il était plus mince aussi, ne mangeant pas toujours complètement à sa fin, et ses joues étaient plus creuses qu'auparavant. Son corps était couvert de bleus et de coupures sans gravité, plusieurs cicatrices étaient aussi apparus. Il avait dû se couper lui-même les cheveux, sa coiffure ne ressemblait donc plus à grand chose, les mèches partant généralement dans tous les sens. Mais son esprit avait encore plus radicalement changé. Moins empathique, plus froid et calculateur dans sa façon de pensées, ses capacités à réfléchir rapidement dans des situations d'urgence s'était aussi développées. Il n'avait pas eu le choix pour survivre. Plus de sang-froid, plus d'endurance et de tolérance à la douleur, de meilleures aptitudes au combat, et surtout la capacité de déconnecter sa conscience pour éviter la culpabilité.

« Je suis dans un groupe aussi, mais je suis seul ici. »

Julian lâcha un léger soupir de soulagement, et se surprit lui-même en remarquant qu'il croyait l'inconnu. Celui-ci aurait très bien pu mentir, mais pourtant dans son regard qui semblait se vouloir rassurant, l'adolescent avait l'impression de voir la sincérité. Peut-être n'était-ce qu'une illusion, et peut-être que des comparses de l'autre allaient surgir pour l'abattre silencieusement. Mais il avait la conviction que cela ne serait pas le cas. Finalement... Il était peut-être toujours capable d'accorder sa confiance. Cependant, si ses doigts relâchèrent légèrement la pression sur le manche du poignard, il ne le rangea pas pour autant, et appréciait la lourde présence de son sabre, rangé dans son fourreau, qui pendait à son dos.

L'inconnu regarda une étagère, la fouilla du regard, mais à part une belle couche de poussière, il n'y avait rien. Il parut contrarié, peut-être même plus que ça. Cherchait-il quelque chose en particulier ? Julian effaça cette question de son esprit. Cela ne le regardait de toute manière pas.

« Je pense qu'on a toutes nos chances dans la réserve. En fait, moi c'est Joshua. »

À nouveau cet accent de sincérité dans sa voix, et la conviction qui brillait dans ses yeux. Quelques mois plus tôt, Julian n'aurait pas hésité un instant avant de faire confiance à cet homme, Joshua donc. Maintenant, il ne pouvait que être un petit peu moins méfiant – ce qui était déjà une avancée, malgré tout. Mais l'adolescent se doutait que c'était la même chose pour l'autre, de toute manière. Ils en étaient tous arrivés à ce point là, à ne faire confiance à personne. Ceux qui n'avaient pas réussit à intégrer cette façon de penser étaient morts depuis longtemps.

« Je suis Julian. »

Se présenter, n'était-ce pas déjà un premier pas vers la confiance, après tout ? Certes ce n'était pas grand chose, mais c'était toujours autre chose que de se coller une balle en pleine figure dans les minutes suivant la rencontre.

« Tu as de quoi te défendre ? Un couteau de préférence ? Si tu veux, on peut aller dans la réserve tous les deux, et on se partagera ce que l'on trouvera ... »

Julian acquiesça, puis leva son arme, sans cependant faire de gestes brusques ni l'orienter vers Joshua, simplement pour montrer que oui, il était armé. Il comprenait que l'autre ait posé la question, et aurait d'ailleurs été probablement sur la défensive s'il l'avait vu sortir une arme sans un mot. Peut-être le fait d'avoir été braqué avec un fusil à pompe quelques minutes plus tôt n'y était pas étranger... Mais il devait avouer que l'étranger n'avait pas esquissé le moindre geste en direction de son arme, ce qui était assez appréciable, dans ce nouveau monde.

« Ça me va, on peut pas faire grand chose d'autre de toute manière. Reste à espérer qu'il n'y ait aucun rôdeur là-dedans... »

Julian hésita à sortir son sabre, mais entre les étagères trop rapprochées, ses mouvements étaient limités et une lame courte était préférable. Il garda donc son couteau et toujours sans geste menaçant en direction de Joshua, marcha jusqu'à la porte. Là, il se tourna vers l'autre, d'une part pour être sûr qu'il ne s'apprêtait pas à lui enfoncer une lame dans le dos, d'autre part pour demander son accord silencieux, et finalement, il frappa quelques coups secs à la porte, avant de retenir son souffle. Si un rôdeur attendait là-dedans, il allait faire suffisamment de bruit pour que les deux jeunes ne soient pas pris par surprise.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Dim 24 Nov - 21:36



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Avant l'épidémie déjà, la confiance était un sujet des plus complexes. Qui pouvait-on réellement croire ? A qui pouvions-nous laisser une porte ouverte ? Comment lire et voir la sincérité dans les yeux et gestes de chacun ? Plus que complexe, ce sujet était sans fin ... Un véritable cercle vicieux duquel nous ne pouvions pas voir la fin, malgré des efforts incessants. Je faisais partie de ces gens qui préféraient avoir deux ou trois amis, des vrais, plutôt qu'une dizaine qui ne nous aurait pas même sauvé de la noyade. Pire encore, j'avais toujours été du genre à apprécier beaucoup plus des moments en tête à tête avec ma petite amie plutôt qu'avec qui que ce soit d'autre. Dans le fond, j'avais peut-être été quelque peu préparé depuis bien longtemps à ce nouveau monde. J'avais longtemps baigné dans la violence à cause de mon père, j'adorais plus que tout être seul et je n'accordais ma confiance que très rarement, aux personnes qui le méritaient vraiment. Aujourd'hui, c'était ce qu'il fallait être capable de faire à tout prix. S'il le fallait, j'étais prêt à tuer un survivant, peut-être pas pour lui voler ses vivres ou un truc dans le genre, mais pour me défendre, si le besoin était. Après tout, dans un monde tel que celui-ci, tout le monde pouvait avoir totalement déraillé. J'avais eu quelques fois l'occasion - ou la malchance, selon les points de vue - de croiser la route de gens complètement fous. La solitude, le désespoir, la perte d'êtres chers. Tout cela causait des réactions différentes selon les personnes, selon les passés et les caractères. Je n'étais pas encore totalement certain de savoir ce que cela avait changé en moi, si seulement j'avais été transformé, ne serait-ce qu'un peu. Peut-être que tout cela ne faisait que ressortir mes plus mauvais côtés, et mes meilleurs en même temps. Parce que si je n'accordais pas ma confiance à n'importe qui, j'étais aussi prêt à tout pour venir en aide à ceux qui la possédait. Je n'aimais pas laisser qui que ce soit isolé, peut-être à cause de mon passé, et je n'étais pas non plus du genre à partir au quart de tour.

C'était peut-être ce qui me permit de ne pas faire de crise de nerfs immédiate en voyant un parfait inconnu débarquer dans la pharmacie dans laquelle je me trouvais déjà. Une chance que je sache garder mon sang froid dans les situations telles que celles-là. Ou alors, il avait juste de la chance que je sois dans une "bonne journée". Une de celles durant laquelle j'avais pu prendre un ou deux anti-dépresseurs, ce qui m'apaisait, me calmait, voir me rendait à moitié stone. Je n'étais pas méchant, loin de là même, mais j'avais la très nette tendance à vouloir tout contrôler dans ma vie, et à être complètement déstabilisé quand quelque chose de nouveau faisait irruption. Tout ce qui était nouveau me faisait peur, voilà tout ... Mais par chance, ce jeune homme n'était pas effrayant. Il ne fallait pas se fier aux apparences, comme je le savais parfaitement, mais cela ne devait pas m'empêcher de me méfier. Je préférais d'ailleurs rester sur mes gardes, notamment en restant relativement proche de mon arme et surtout, entre celle-ci et l'inconnu, histoire qu'il ne puisse pas s'en emparer par surprise. Etrangement, il m'inspirait confiance. Il n'avait pas une tête de méchant, me rappelait peut-être un de ces gars qui adorait se foutre de moi au lycée, avant de me supplier d'arrêter de le frapper quand je lui cassais la gueule. Mais j'étais passé au-dessus de tout cela depuis bien longtemps. Depuis la perte de ma petite amie, en fait. C'était tout ce qui me poussait à continuer à me battre : l'idée qu'elle ne soit pas morte pour que je la suive. Cela aurait été complètement ... Catastrophique. Et puis, l'autre con devait être mort depuis, tout comme mon père. Autrement dit, je n'avais plus rien sur cette Terre : ni famille, ni amis. Je n'étais qu'un vagabond, à la recherche de ... Et bien de plus grand chose, en fait. Je continuais à avancer par pur principe, et c'était déjà pas mal. Me suicider alors que d'autres auraient rêvé d'en être où j'en étais était complètement stupide. Je n'étais pas assez lâche pour en finir de cette façon.

Prendre des risques, en revanche, me plaisait davantage. Je contribuais à ma perte, je continuais à avancer dans cette pente, sans pour autant le faire de manière éhontée. Je n'en étais pas à me tirer une balle dans le crâne, mais si un rôdeur réussissait à me mordre, je le ferais sans la moindre once d'hésitation. Mais l'heure n'était pas à de telles divagations. Je devais tout de même garder à oeil sur le jeune homme face à moi ... Juste au cas où. Malgré cela, je sentais que je lui faisais déjà confiance. C'était plus fort que moi, et puisque cela était rare, je savais que je pouvais compter sur ce premier ressenti. S'il me voulait du mal ... Il l'aurait fait à l'instant même où j'avais posé mon fusil à pompe, non ? « Je suis Julian. », se présenta-t-il à son tour. J'esquissai un vague souriant, tout aussi éphémère que l'espoir, avant d'attraper mon sac. Un couteau. Je relevai la tête, observai ses gestes. Ils étaient tout aussi légers que les miens, sans doute pour me montrer qu'il n'avait pas l'intention de m'attaquer. Il était seul et armé, mais je l'étais aussi. Et puis ... nous avions un objectif commun vers lequel avancer. Il me semblait que c'était un bon début, et peut-être même quelque chose qui allait nous empêcher de nous entre-tuer. A quoi bon quand la population mondiale avait déjà été décimée par les rôdeurs ? Il fallait être solidaire avant toute chose. « Ça me va, on peut pas faire grand chose d'autre de toute manière. Reste à espérer qu'il n'y ait aucun rôdeur là-dedans... », accepta-t-il. Bien. Nous allions donc pouvoir passer aux choses sérieuses. Dans un mouvement fluide et calculé, j'extirpai un couteau de mon sac. Un large et assez long couteau, qui me permettait de me débarrasser des rôdeurs sans prendre de risques inutiles. Je laissai tomber mon bras le long de mon corps, toujours dans le but de lui prouver que je n'étais pas méchant, et que je n'avais aucunement l'intention de lui planter dans le dos.

Il semblait avoir compris le message, puisqu'il passa le premier, et s'arrêta devant la porte qui menait à la réserve avant de se tourner vers moi. Je me contentai d'un hochement de tête. Nous n'avions plus grand chose à nous dire. Les faits étaient là, nous allions entrer dans cette réserve à deux et, tant qu'à faire, nous allions en sortir à deux. Il m'avait suffisamment prouvé que je pouvais lui faire confiance, et inversement. Quelques secondes seulement après qu'il eut frappé à la porte, des bruits se firent entendre derrière celle-ci. Je m'en approchai à mon tour, me positionnai aux côtés du dénommé Julian et tournai la tête dans sa direction. « A trois, j'ouvre la porte ... Un ... », murmurai-je histoire d'éviter de trop exciter les deux zombies qui se trouvaient derrière la porte. « Deux ... » Je levai le couteau, de sorte à le mettre suffisamment en hauteur pour pouvoir attaquer à l'instant même où la porte serait ouverte. Le coeur battant à tout rompre, je jetai un rapide coup d'oeil en direction de Julian, et estimai la distance qui nous séparait tous deux de la porte. Pas trop loin pour pouvoir être réactif, et pas trop près non plus pour ne pas nous faire mordre aussitôt les rôdeurs libérés. Ils ne semblaient pas être trop nombreux. Peut-être deux ou trois. Quatre, grand maximum. « Trois ... », soufflai-je avant de tourner la poignée brusquement, et de pousser la porte. Le rôdeur qui en sortit eu à peine le temps de pousser un grognement en nous voyant - ou sentant, plutôt -, je lui enfonçai le couteau dans le crâne avant de repousser son corps pour m'en prendre au second ...
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Lun 25 Nov - 18:34


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Julian avait donc demandé silencieusement l'approbation de Joshua. Les deux jeunes gens ne se connaissaient pas quelques minutes plus tôt, et leur première approche s'était faite d'un côté et de l'autre d'un fusil à pompe qui était, sans aucun doute, chargé. Pas la meilleure façon d'entrer en contact, donc. Pour ne rien arranger, ils étaient plongés dans un monde peuplé de rôdeurs affamés de chair humaine, dont une seule morsure vous condamnez à mourir pour rejoindre leurs rangs. Ils étaient tout deux sur les nerfs, probablement pas très rassurés, et avaient appris à craindre aussi bien les infectés que les humains en pleine forme – peut-être plus encore cette dernière catégorie parce que eux bénéficiaient d'une intelligence dangereuse. Ils n'étaient pas du même âge, ne venait probablement pas du même endroit, et il y avait beaucoup de chance, statistiquement parlant, qu'ils n'aient pas de centres d'intérêt communs. Pourtant, malgré toutes ces différences, ils se comprirent sans difficulté. Julian n'eut pas besoin de formuler sa question pour que l'autre jeune homme donne son accord, et ne fut pas craintif en sentant qu'il approchait pour se poster de l'autre côté de la porte. Parce qu'il sentait qu'ils n'étaient plus ennemis, ni même adversaires. Un bref instant, liés par leur quête semblable, ils devenaient alliés. Et si la confiance que Julian plaçait ce court laps de temps en Joshua était éphémère et disparaîtrait sitôt les rôdeurs éliminés, elle lui permettait au moins de ne pas être effrayé par le moindre des gestes de l'autre. Les trois coups que l'adolescent avait frappé contre la porte résonnaient encore dans ses oreilles. Le poing, les phalanges, contre le bois dur et sec. Dans le silence qui avait envahi la pharmacie depuis la fin de quelques phrases échangées, ces coups secs avaient paru bien plus fort qu'ils ne l'étaient. Seuls troubles au calme qui régnait dans cette ville-fantôme. Deux humains, vivant, aux cœurs bien battant dans la poitrine, le sang circulant dans leurs veines et leurs méninges réfléchissant à toute allure pour anticiper tout ce que cette maudite infection allait leur envoyer. Deux humains ; deux intrus dans ce monde où les morts-vivants tuaient tout ce qui passait à leur portée. Il semblait qu'à présent, la vie se résumât à repousser au plus tard possible, de quelques jours ou quelques mois, mais sûrement pas quelques années, la date de la mort prochaine. Les vivants ne fonctionnaient plus que par leur instinct de survie, la plupart n'avaient pas de réel but. Ils se contentaient de chercher de la nourriture, et de continuer à faire en sorte que leur cœur batte. Le bonheur était-il encore accessible, dans ce monde où la mort avait repris ses droits ? Julian en doutait, parfois. La présence de la zone donnait l'espoir de reprendre une vie un tant soit peu normale, mais il préférait ne pas trop s'y accrocher. Se bercer de fausses illusions ne rendrait que la descente sur Terre plus difficile. Il devait accepter le monde dans lequel il vivait, sans chercher à s'en évader.

Alors que l'écho des coups frappés résonnait encore dans ses oreilles, la masse d'un ou plusieurs corps se jetant violemment contre les planches de bois brisa le calme si fragile. Il y avait bien des rôdeurs, là-derrière. Dangereux, affamés, prêts à tuer et à infecter. C'était impressionnant de voir combien ils avaient été excités par trois petits coups frappés d'une main légère. L'instant d'avant ils étaient comme en hibernation, silencieux, endormis après tant de temps sans que rien ne vienne réveiller la faim atroce qui les dévorait. Mais maintenant, ils étaient redevenus des monstres enragés, grattant le bois de leurs mains grisâtres, grognant, des râles douloureux s'échappant de leur gorge, tandis que tous les bruits qu'ils faisaient en percutant la porte laissaient imaginer le désespoir avec lequel ils pourchassaient leurs proies. Cela faisait pourtant un certain temps, quelques jours en tout cas, que Julian n'avait pas croisé la route d'un rôdeur. Comme coupé du monde et de sa réalité, il en était venu à croire qu'il s'était suffisamment éloigné d'un foyer de l'infection, et que peut-être il pourrait espérer un petit peu de tranquillité. Vains espoirs. Il s'en était bercé avec joie, profitant de ces instants de répit après tant de mois de fuite, mais à présent il comprenait la triste et cruelle vérité. Où qu'il aille, quoiqu'il fasse, ces monstres seraient toujours là. À tenter de le tuer, de l'infecter, de le dévorer. Il allait devoir l'accepter.

Cette fois-ci, ce fut Joshua qui regarda Julian, avant de murmurer, doucement, afin de ne pas exciter plus encore les rôdeurs. Pourtant, la simple phrase dite à voix basse, suffit à faire redoubler d'ardeur les monstres affamés de l'autre côté du battant en bois.

« A trois, j'ouvre la porte ... Un ... »

Julian marqua son accord par un simple hochement de tête, leva son couteau devant lui, bien campé sur ses jambes, et se prépara à affronter les rôdeurs. Au vu du bruit qu'ils faisaient, ils devaient être au moins trois, peut-être quatre. Probablement pas plus en tout cas, à moins que quelques uns ne se terrent en silence, plus loin dans la réserve, n'ayant pas entendu les coups frappés par l'adolescent. En tout cas, le combat ne serait pas bien difficile : tant qu'on ne se laissait pas encercler par un grand groupe de rôdeurs, et qu'on était armé, ils ils ne constituaient pas un réel danger. Là, à deux contre quatre, ils n'auraient aucun mal à tuer les zombies.

« Deux... »

Julian savait parfaitement qu'ils réussiraient sans trop de mal à aller dans la réserve en tuant les quelques rôdeurs déchaînés. Ils avaient tout deux fait pire. En tout cas, c'était vrai pour l'adolescent, et il y avait peu de chances pour que Joshua ait échappé à tout ça. Pourtant, il y avait toujours cette peur, cette appréhension. Bientôt la porte serait ouverte, les quelques morts sortiraient en gémissant, et se retrouveraient rapidement avec un couteau dans le crâne. Et Julian sentait le stress envahir son esprit, circuler dans ses veines sous la forme d'adrénaline. Son rythme cardiaque avait légèrement augmenté, et sa respiration se faisait plus rapide. Il détestait cette sensation, qui lui donnait l'impression d'être totalement vide de l'intérieur, sans énergie. Ce léger moment d'attente avant le début de l'action. Cela lui rappelait sa vie d'avant, lorsqu'il participait à quelques compétitions de Judo. Rien de bien important, des petits tournois locaux, où il réussissait plutôt bien sans décrocher la première place à chaque fois non plus. C'était exactement le même sentiment, lorsqu'il attendait au bord du tatami. Puis son nom était appelé, tandis qu'un autre combat commençait. À ce stade, il savait que ce serait son tour quelques minutes plus tard. Alors il sautillait, faisait bouger ses articulations. Officiellement, c'était pour s'échauffer, mais en réalité, cela lui permettait surtout d'évacuer son stress. Et finalement, il était appelé au centre du tapis, et là encore, quelques secondes d'attente. Les pires secondes, où il sentait son souffle se faire court et l'appréhension monter dans tout son corps. Tout se dissipait sitôt le « hajime » de l'arbitre prononcé – là il devenait calme, presque froid, et se contentait de combattre. Le pire n'était pas le temps d'action en lui-même, mais bien l'attente qui précédait. Ce moment qui semblait s'allonger à l'infini.

« Trois... »

Ce fut presque un soulagement d'entendre la porte grincer pour finalement s'ouvrir. Les grognements se firent plus fort, et le premier rôdeur apparut dans le rectangle noir donnant sur la réserve. Joshua, d'un geste sans hésitation qui trahissait son habitude, planta son arme dans le crâne du mort, et le retira d'un mouvement fluide et rapide. Il enchaîna immédiatement, s'attaquant au deuxième, tandis que le troisième s'avançait déjà dans l'ombre, mains tendus dans une tentative désespérée de se nourrir. Julian, bien que se doutant que le jeune homme aurait pu sans difficulté continuer son massacre, passa à l'action et lui planta la lame en plein visage. Il put ressortir son arme de la boîte crânienne de sa victime avant l'arrivée du dernier rôdeur, et ainsi n'eut pas de mal à le tuer définitivement aussi.

Le calme revint, tandis que les cadavres restaient bien étendus sur le sol. C'était étrange de se dire qu'ils pouvaient se faire déchiqueter du coup aux pieds, coupés en morceaux, transpercés de balles, ils resteraient dans ce semblant de vie qui les habitait, qu'ils ne mourraient que lorsque leur cerveau serait touché. Combien de nouveaux morts est-ce que cela avait causé, au début de l'invasion, alors que leurs faiblesses étaient mal connues ? Combien de gens avaient été mordus en pensant qu'ils avaient tué le rôdeur alors qu'en fait, il rampait silencieusement, prêt à se nourrir enfin.

La réserve était plongée dans le noir, et il était peu probable que l'électricité fonctionne encore. Julian avait bien une lampe torche dans son sac, mais il devait avouer que s'avancer entre les étagères sans voir clairement autour de lui le rendait nerveux. Il se tourna vers l'autre.

« Tu cherches quoi en fait, toi ? »

Question totalement innocente – il était simplement curieux. Et puis, au moins, s'il trouvait ce que Joshua cherchait, il pourrait lui donner, au lieu que les deux survivants ne fassent le tour. Autant se partager les rayons à fouiller... Si par chance ils n'étaient pas encore vidés.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Mer 27 Nov - 14:26



nothing to loose
(thirty seconds to mars) ▽ In the middle of the night when the angels scream; I don't wanna live a lie that I believe; Time to do or die. I will never forget the moment.
De nos jours, il n'y avait plus vraiment de place pour l'amitié, pour les histoires parfaitement bien débutés, qui se terminent sur une note plaisante. A présent, en effet, tout était fait de sang, de larmes, de ruines, d'espoirs envolés et de pertes à n'en plus finir. S'attacher à quelqu'un signifiait prendre des risques inconsidérés. Nous pouvions tout perdre en une minute, une seconde, juste le temps qu'il fallait à un rôdeur pour nous sauter dessus, et nous mordre. Il fallait donc préférer la solitude à la compagnie de qui que ce soit, et c'était exactement ce que je mettais en pratique depuis le début de tout cela. Déjà à la base, j'étais complètement seul, ayant perdu ma fiancée et tous mes proches dès le début de l'invasion. Quand j'étais arrivée dans mon groupe, ensuite, je m'étais efforcé tant bien que mal de ne pas me lier avec qui que ce soit. Tout ce qui importait réellement pour moi, de toute façon, c'était de me maintenir debout, de continuer à avancer coûte que coûte. Cela avait très bien fonctionné jusque-là puisque c'était ce qui me permettait de continuer à avancer sans trop me poser de questions. Il y avait toujours Elizabeth, bien sûr, mais ce n'était pas vraiment la même chose. Je voulais la protéger à tout prix, tout en restant à une distance suffisante d'elle. C'était peut-être trop tard pour me convaincre de ne pas m'attacher à elle, mais je pouvais au moins tout mettre en oeuvre pour ne pas aggraver les choses. C'était sans doute un peu pour cela, aussi, que je passais le plus clair de mon temps dehors, tout en la sachant en sécurité dans la zone. Je n'étais pas bien loin, et je pouvais aller chercher tout ce dont j'avais besoin, sans pour autant l'avoir dans mes pieds. Parce qu'il n'y avait rien de pire, à mes yeux, que de devoir protéger quelqu'un quand on était dehors. C'était certainement ce qui avait causé la perte de bon nombre de personnes, puisqu'il fallait veiller sur une autre personne, en plus de soi-même. Si quelque chose m'arrivait, au moins, je n'avais pas à m'inquiéter de ce qu'une énième personne deviendrait : j'étais seul.

C'est sans doute ce qui m'avait permis d'accorder assez rapidement ma confiance au jeune homme face à moi. Je ne voulais pas tuer d'autres personnes bel et bien vivantes, sans pour autant prendre de risques inutiles. Là, il n'y avait pas de raison pour que l'une situation ou l'autre arrive. Il semblait plus ou moins inoffensif, et je n'avais pas le moins du monde l'intention de m'en prendre à lui, alors tout allait pour le mieux. Et puis, je devais forcément prendre en compte le fait qu'être à deux était un avantage non négligeable. Non pas que cela me dérangeait de tuer les rôdeurs - bien au contraire, c'était devenu une habitude plus qu'autre chose - mais c'était un petit plus pour ma sécurité. Or, cette pharmacie ne m'inspirait guère confiance. Un tas de personnes était déjà passé par là, au vu de son état, et du peu de médicaments restant sur les étagères mais la porte de la réserve était fermée. Pourquoi, au juste ? Cela voulait sans doute dire qu'il y avait de quoi récupérer derrière, mais c'était aussi le signe évident de la présence de zombies. Seul, j'aurais forcément fait l'effort d'y aller, pour prendre tout ce dont j'avais besoin, mais cela aurait été atrocement risqué ... Là, j'avais plus de chance de m'en sortir, puisqu'une autre personne était là pour me filer un filer un coup de main en cas de besoin. Il était grand temps pour nous d'y aller. Mieux valait éviter de trop prendre notre temps, au risque de nous laisser surprendre par une nouvelle arrivée inopportune. Si j'avais d'ores et déjà su me faire à la présence du jeune homme, je n'étais pas certain de pouvoir le faire avec quelqu'un d'autre. Et puis, il ne fallait surtout pas que l'on se laisse décourager en patientant, alors que les rôdeurs derrière la porte nous attendaient, eux aussi. Je pris tout de même le temps de faire un décompte, avant de me décider à ouvrir la porte. Il y avait tellement de choses à prendre en compte avant de nous lancer dans un tel guêpier, que je ne pouvais pas juste leur laisser une possibilité de nous attaquer. Un minimum de préparation était nécessaire, aussi futile et inutile cela soit-il.

Avec des gestes calculés et rapides, je tuai les deux premiers rôdeurs qui tentèrent de nous attaquer, avant de détourner le regard de leurs deux cadavres, pour voir le jeune homme en faire de même. Quatre zombies. C'était un chiffre non négligeable. Je m'en serais peut-être sorti, seul, mais pas avec autant de facilités, de toute évidence. J'aimais voyager seul plus que tout, mais je devais aussi avouer qu'un peu de compagnie et d'aide n'était pas toujours déplaisant. Cela pouvait même s'avérer très utile et ... Vital, évidemment. J'essuyai mon couteau plein de sang et de je ne sais pas trop quoi encore sur le vêtement du rôdeur le plus proche, avant de me redresser pour regarder l'entrée de la réserve. Il y faisait totalement noir. Impossible de voir quoi que ce soit, plus loin comme à l'entrée. Néanmoins, j'eus beau tendre l'oreille au maximum, je n'entendis pas le moindre bruit provenir de là-dedans. C'était plutôt rassurant. « Tu cherches quoi en fait, toi ? », me demanda Julian, me faisant tourner la tête dans sa direction pour pouvoir le regarder. Je haussai les épaules, faussement ignorant. « Un peu de tout. Je suis dans un gros groupe, alors on a tous les besoins possibles et imaginables. », répondis-je, miment le détachement le plus total. Je n'avais pas vraiment envie de lui dire que ce que je cherchais avant tout, c'étaient des anti-dépresseurs. Personne n'était au courant jusque-là, alors pourquoi me livrer maintenant, à un parfait inconnu qui plus est ? « Et toi ? », lui retournai-je sa question. Je finis par tourner les talons, et allai récupérer mon sac un peu plus loin, pour finalement revenir avec auprès de Julian. Je fouillais dedans, à la recherche d'une lampe torche. Il était évident que je ne sortais jamais sans, nous ne savions, après tout, jamais ce qui pouvait nous tomber dessus, ou nous arriver. Tout était possible, désormais, du meilleur au pire, en passant par les choses anodines, qui avaient autrefois appartenues à notre quotidien. Je réussis finalement à la trouver, et je l'en sortis, bien décidé à m'aventurer dans cette réserve au plus vite. Le noir n'était pas vraiment effrayant, c'était plus le fait que nous pouvions très bien être attaqué par un rôdeur, sans que l'on puisse s'y préparer auparavant.

Pour l'instant, je n'entendais pas le moindre bruit mais cela ne voulait pas pour autant dire qu'il n'y en aurait pas à coup sûr. Mieux valait s'y préparer psychologiquement, donc. « Tu en as une, toi aussi ? Je pense que cela va nous être utile ... », dis-je en accompagnant le tout d'un bref signe de menton en direction de la porte désormais grande ouverte de la réserve. Il était hors de question que je m'aventure là-dedans sans lumière et pourtant, j'avais vraiment besoin d'y aller au plus vite, pour récupérer à peu près tout ce qui pouvait être utile. « Ce qu'on peut faire, c'est récupérer tout ce qui nous paraît important, des médicaments les plus courants, aux antibiotiques super puissants. On avisera après sur ce qu'on garde, ce qu'on ne garde pas, et ce qu'on doit partager, ok ? », proposai-je, sûr de moi. Je ne voyais pas vraiment d'autres solutions pour aller dedans sans prendre trop de risques inutiles, qui ne serviraient à rien à part à cause notre perte. Je n'avais plus qu'à avoir la chance de tomber sur ce que je voulais le premier. Je ne voulais pas avoir à lui mentir après. Qui pouvait avoir besoin d'anti-dépresseurs, sérieusement ? « J'y vais le premier, si tu veux. », le prévins-je avant de m'aventurer dans la pièce sombre, la lampe torche braquée face à moi, et un peu en direction du sol, histoire de ne pas me faire surprendre par un rôdeur décapité. C'était le genre de trucs qui arrivaient, malheureusement...
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Ven 29 Nov - 23:09


« Nothing to loose »
Joshua M. Fitzgerald & Julian E. Delson



    This city's buried in defeat, I walk along these no name streets, And wave goodbye to all, As I fall...
    At the dead end I begin, To burn the bridge of innocence, Satisfaction guaranteed, A pill full of catastrophe.

    (Sum 41)


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Au début de l'invasion, les gens ne réalisaient pas vraiment ce qui se passait. La plupart étaient totalement dans le déni, et on ne pouvait pas vraiment leur en vouloir. Comment croire que tout ça était la vérité ? Tant que l'épidémie ne touchait pas votre voisinage, vous pensiez que ce n'était qu'une mascarade, un beau jeu d'acteurs. Et finalement, les gens avaient commencé à comprendre l'effroyable vérité, et dans quel monde ils se retrouvaient plongés. À ce stade-là, ceux qui étaient encore vivants s'étaient rués vers les magasins de toute sorte. D'ailleurs, ceux qui n'étaient plus vivants s'étaient aussi rués vers les magasins déjà cités, parce que beaucoup de bruit en provenait et qu'il s'agissait donc pour eux d'une jolie source de nourriture. Tout avait alors été dévalisé. Coutelleries et magasins d'armement en tout genre, pharmacies, supérettes, boucheries, épiceries, tout y était passé. Le peu de ce qui n'avait pas été pillé avait été récupéré par des survivants dans les mois suivant cette panique générale, et le reste était peu à peu devenu totalement périmé. Dans un monde où survivre un an relevait d'un exploit, on ne pense pas au danger qu'est manger un aliment dont la date d'expiration est passée depuis longtemps, mais pourtant, il y avait probablement eu un beau paquet de personnes affaiblies, et donc mortes car ici la faiblesse était fatale, par de la nourriture avariée. Et les maladies faisaient aussi plus de victimes, c'est en tout cas ce que l'on pouvait supposer, les statistiques étant relativement faussés par la soudaine chute de la population. Mais étant donné qu'il n'y avait plus de docteurs, plus vraiment de médicaments, et pas de moyens de se reposer tranquillement, au chaud sous sa couette, avec un bon petit-déjeuner apporté directement au lit, et ce durant quelques jours, eh bien les chances de survie en cas de maladie persistance baissaient considérablement.

Au fur et à mesure que le temps passait, les médicaments devenaient donc de plus en plus rares, et de plus en plus précieux. La réserve de cette pharmacie, à condition qu'elle n'ait pas encore été sauvagement pillée, pouvait constituer une chance immense pour les deux survivants. L'occasion rare de se faire un petit stock, d'avoir de quoi soigner quelques petites choses, même si on n'allait pas guérir un cancer avec du paracétamol. De toute manière, un cancer n'avait pas le temps de vous tuer, les rôdeurs avaient généralement l'occasion de le faire avant. Mais cela pouvait tout de même se révéler utile, d'avoir de quoi soigner un mal de tête, car affronter un rôdeur avec une affreuse migraine n'était pas la meilleure façon de rester en vie. Et tant qu'à faire, c'était toujours mieux de ne pas avoir mal, risque de mourir ou pas.

Tout comme la plupart des gens, Julian avait rapidement exploré tous les magasins qu'il croisait sur sa route, faisant des réserves pour la suite. Et plus le temps passait, plus il comprenait la nécessité d'économiser le peu qu'il avait, car tout ce qu'il transportait s'épuisait rapidement. Avec Loup et Kilian, ils se débrouillaient pour toujours trouver de quoi manger. Certes, ils avaient beaucoup maigri, mais ils avaient toujours réussi à se nourrir, en tout cas suffisamment pour ne pas mourir de faim. Il fallait dire qu'à condition de ne pas se faire attraper par une bande de rôdeurs, les maisons étaient une source en apparence inépuisable de nourriture. Mieux encore, les fermes qu'ils croisaient sur les petits chemins éloignés des grandes villes. Là, il n'y avait généralement pas plus de deux ou trois rôdeurs – ne surtout pas penser qu'ils étaient, pas si longtemps auparavant, une famille heureuse – et souvent de belles réserves dans les placards, les anciens habitants préférant ne pas devoir faire une heure de route pour aller acheter de quoi manger tous les trois jours. Peu à peu, beaucoup d'aliments étaient devenu périmés, supprimant une bonne partie de ce que l'on pouvait retrouver en fouillant. Mais il restait tout de même de quoi se nourrir, d'autant plus que la population mondiale avait considérablement baissé. Au pire, les arbres produisaient des fruits, les plantes des légumes, il y avait toujours des animaux assez stupides pour se jeter sous son sabre, et si parfois les trois vagabonds se couchaient le ventre vide, au moins étaient-ils capable de survivre.

En revanche, si la baisse des réserves de nourriture ne leur posait pas un problème immédiat, ils avaient bien rapidement manqué de médicaments. Julian avait réussi à trouver une trousse de premiers secours intacte dans un camion d'urgentistes, ce qui pouvait toujours se révéler utile. En revanche, depuis de nombreuses semaines, ils n'avaient plus aucun antibiotiques en cas de maladie. Alors ils en étaient réduits à prier pour que ça passe, ou tout simplement pour qu'aucune maladie trop grave ne les atteigne. Il fallait avouer qu'ils s'en étaient plutôt bien sortis : en dehors des migraines récurrentes qui se remettaient à harceler Julian, ils évitaient la plupart des maladies. En tout cas, les plus graves, un rhume n'étant pas non plus une catastrophe, c'était simplement désagréable. Cependant, l'adolescent savait parfaitement que leur chance actuelle ne serait pas éternelle. Ils se doutaient que bientôt, une grippe ou quelque chose du même genre viendrait les frapper, et alors ils devraient avoir un peu plus que de la chance pour espérer survivre. Trouver de la nourriture, marcher, trouver un abri, combattre les rôdeurs, c'était déjà pas facile en temps normal, mais alors lorsqu'on est malade comme un chien... Avoir de quoi se soigner, un tant soit peu, serait donc déjà une étape de plus pour leur survie dans ce monde hostile. Les réserves de médicaments ne dureraient pas éternellement, mais avoir deux boîtes d'un quelconque antibiotique, c'était toujours mieux que de n'avoir absolument rien.

Les quatre cadavres de rôdeurs étaient étendus sur le sol, enfin rendus à la mort. Leur peau grisâtre se détachait par lambeaux, leurs yeux avaient perdu toute leur couleur d'origine, et de nombreuses traces sanglantes déchiraient leurs corps. Leurs vêtements étaient sales, ensanglantés eux aussi, certains étaient déjà en décomposition. L'odeur n'était pas des plus agréables, mais au bout de mois à devoir supporter ça, les capteurs olfactifs s'habituaient et cela devenait de moins en moins dur de respirer cet air. En revanche, ce que Julian n'aimait pas, c'était le sentiment d'insécurité que lui inspirait le gouffre noir s'ouvrant devant lui. La pharmacie elle-même n'était d'ailleurs pas très rassurante, image parfait de l'apocalypse. Les étagères n'étaient plus du tout parallèles, une était même tombée au sol. Des boîtes vides et des notices jonchaient le sol, vestiges abandonnés dans une fuite de l'endroit. Par les vitres crasseuses, les rues vides montraient leur sinistre abandon. Tout cela aurait peut-être été plus supportable sans le sombre silence. Les grognements ne seraient-ils pas préférable à cela ? Julian ne s'en était jamais rendu compte avant l'épidémie, mais jamais il n'avait réellement connu le silence. Il y avait toujours eu des parasites auditifs. Souvent, de la musique résonnait, par des enceintes dans sa chambre ou ses écouteurs dans les oreilles. Et sinon... Les oiseaux chantaient, les voitures roulaient bruyamment, des klaxons faisaient hurler de rage les voisins et des trains venaient briser encore plus le silence déjà inexistant.
Mais maintenant qu'il n'y avait plus rien de tout cela...

« Un peu de tout. Je suis dans un gros groupe, alors on a tous les besoins possibles et imaginables. »

Julian accueillit la réponse de Joshua comme un divertissement bien apprécié de ses sombres pensées. Il n'eut aucune raison de remettre en doute les paroles de son allié du moment, ce dernier montrant un tranquille détachement. Mais l'adolescent se raidit. Ce gros groupe, où était-il ? À la zone 51, ou... Tout proche, à l'attendre, en embuscade ? Cependant, il se força à se calmer. Il devait avoir confiance, même si peu.

« Et toi ? »

« Pareil, rien de particulier. Je préfère avoir de quoi guérir... Au cas où. »

Il n'était pas détendu au point de révéler ce qu'il cherchait vraiment. Après tout, ces migraines étaient une foutue faiblesse, et il n'allait pas la dévoiler au premier venu. Il n'en parlait même que très peu à Loup et Kilian, de peur de les inquiéter.

« Tu en as une, toi aussi ? Je pense que cela va nous être utile ... Ce qu'on peut faire, c'est récupérer tout ce qui nous paraît important, des médicaments les plus courants, aux antibiotiques super puissants. On avisera après sur ce qu'on garde, ce qu'on ne garde pas, et ce qu'on doit partager, ok ? »

Julian se contenta d'un hochement de tête approbatif, n'ayant rien à redire à la proposition de l'autre. Peut-être s'arrangerait-il pour récupérer un peu de médicaments contre la migraine... Mais il se pouvait qu'il y en ait largement suffisamment, alors il n'allait pas commencer dès maintenant à monter des plans stupides pour récupérer plus que sa part. Joshua sortit une lampe torche de son sac, et Julian en fut soulagé. Au moins étaient-ils deux à avoir de quoi s'éclairer.

« J'y vais le premier, si tu veux. »

Et sur ces paroles, Joshua s'enfonça un peu dans la pièce sombre, braquant sa lampe torche en avant et sur le sol, pour être certain de ne pas se faire surprendre. Julian sortit la sienne de son sac, et fouilla rapidement l'étroite allée dans laquelle il allait s'engager. Le faisceau lumineux ne dévoila rien de dangereux, et avec une grande inspiration, il pénétra dans la réserve. Il se sentit aussitôt oppressé par les ténèbres, mais continua. Au moins, le silence signifiait qu'il n'y avait aucun rôdeur tentant de les tuer. Histoire d'être sûr que Joshua était toujours là, en vie, et qu'il n'avait rien vu non plus – et peut-être aussi de combler le silence pour se rassurer – Julian déclara :

« Je vois rien, et à l'oreille y a pas l'air d'avoir un rôdeur... Je pense qu'il n'y a pas trop de risques, mais je propose qu'on fasse quand même vite. Je n'aime pas trop ça... »

Là-dessus, Julian ouvrit son sac et fourra tout ce qu'il trouvait dans les étagères, tout en fouillant régulièrement autour de lui du regard, souhaitant éviter les mauvaises surprises. Au moins eut-il la satisfaction de découvrir que les rayons n'avaient pas été pillés, et qu'il restait donc encore un nombre tout a fait encourageant de boîtes en carton sur les étagères.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Dim 1 Déc - 20:57



nothing to loose
(thirty seconds to mars) ▽ In the middle of the night when the angels scream; I don't wanna live a lie that I believe; Time to do or die. I will never forget the moment.
Les médicaments étaient l'une des denrées devenues les plus rares, à présent. Il ne s'agissait plus seulement de se lever un matin, de prendre un cachet dans un tiroir pour un mal de tête persistant, avant d'attendre que le temps et tous les maux passent. Oh non, c'était devenu bien plus compliqué que cela. Il n'y avait plus de médecin pour nous prescrire tel ou tel médicament, à telle ou telle dose. Les pharmaciennes ne pouvaient plus nous conseiller dans nos choix, ou aller fouiller d'elles-mêmes dans les réserves pour nous donner ce que l'on attendait. C'était même pire que l'eau, pire que la nourriture, dans le fond ... Une simple grippe, autrefois rapidement éradiquée, pouvait tuer plus d'une personne, avant de les faire revenir en rôdeurs avides de chair fraîche. C'était forcément arriver, parce que les antibiotiques n'étaient pas à portée de mains, et parce que les conditions de vie ne prêtaient pas à une guérison naturelle. Il fallait donc faire extrêmement attention à ne rien gâcher, que ce soit au niveau de la nourriture ou des médicaments. Pour ma part, je faisais généralement attention à ne pas penser à tout ce qui nous attendait encore. Parce que si vivre avec les rôdeurs ne me dérangeaient plus autant qu'aux premiers jours - je m'y étais fait, un point c'est tout - l'idée de ne bientôt plus avoir accès à des antidépresseurs me terrorisaient. Je n'étais tout simplement plus capable de vivre sans, et ce n'était pas quelque chose qui allait changer de si tôt. Tout cela avait de quoi me mettre dans des états pas possibles et là aussi, sans anti-dépresseur je ne pouvais pas m'en tirer sans m'énerver, ou m'emporter pour un rien. Le pire restait donc à venir ...

Trouver une pharmacie qui ne soit pas déjà vidée ou complètement détériorée était devenu l'une des tâches les plus compliquées. Il fallait généralement faire de nombreux magasins avant de trouver le bon, un de ceux qui contenait encore quelques trucs importants. Ce n'était pas simple, mais c'était tout ce à quoi notre vie se résumait désormais : tuer des rôdeurs, survivre, courir à droite et à gauche, et se battre au quotidien pour s'en sortir indemne, autant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Parce que rien n'était simple. Il fallait se méfier de tous, en plus de devoir se battre pour s'en sortir à l'extérieur. Pourtant, cela ne m'empêchait pas - bien au contraire, même - de préférer rester dehors, plutôt que dans la zone même. Je n'y allais maintenant que pour me reposer quelques heures, pour manger chaud de temps à autre, pour ramener des provisions trouvées dehors, ou même pour prendre des douches. Sinon, j'étais plutôt dehors, à la recherche d'une pharmacie, ou d'un magasin quelconque. C'était ainsi que je concevais ma vie, et pas enfermé je ne sais trop où, avec tout un tas d'inconnus, tous plus chiants les uns que les autres. J'avais toujours eu beaucoup de difficultés avec l'autorité, autant dire que cela ne s'était pas amélioré depuis que l'apocalypse avait débuté. Je ne vivais que pour et par moi-même, et ma vision des choses n'étaient pas prêtes de changer. Et puis quoi encore ? Je ne voulais pas dépendre totalement de qui que ce soit, tout en profitant tout de même des aspects positifs que cela avait, cela allait de soit. Maintenant, je n'étais pas certain de ce que je ferais, une fois que toutes les pharmacies du coin auront été totalement vidées ...

Partir ou rester ? Telle était la question. Question à laquelle je ne pouvais, et ne voulais, pas répondre. C'était trop compliqué, trop prise de tête, et il était parfaitement inutile que je me torture avec tout cela alors que je savais qu'apporter une réponse à cela n'était pas pour tout de suite. Si je me mettais à trop penser à tout cela, j'étais complètement et carrément foutu. J'avais déjà toujours eu du mal à me confier, à parler de ce que je pensais et ressentais, avec toutes ces conneries, cette partie de ma personnalité ne s'était pas arrangée, bien au contraire même. La preuve en était, ma rencontre avec ce parfait inconnu était loin d'être un modèle de sociabilité. J'avais eu l'occasion d'entendre pas mal de résidents de la zone parler de leurs rencontres avec d'autres survivants, au cours de leurs péripéties, et il était rare que cela se passe de la sorte. Je lui avais accordé ma confiance relativement rapidement, mais nous n'avions pas un seul instant cherché à savoir qui venait d'où. Bien sûr, je m'étais empressé de vérifier s'il était bien seul - dans le coin, en tout cas - pour éviter de me faire attaquer au moment où je m'y attendais le moins, et il en avait fait de même mais cela s'arrêtait là. Nous allions sans doute nous entraider aujourd'hui, dans cette pharmacie, pour avoir plus de chances de réussite - autant dans la bataille contre les rôdeurs, que dans la recherche de médicaments encore utilisables - avant de repartir chacun de notre côté. J'allais peut-être - éventuellement, et c'était encore à voir - lui proposer de venir dans la zone, histoire de, mais il fallait encore que j'y songe.

Ce n'était pas tant que je ne lui faisais pas confiance, quoi que peut-être que si dans le fond, mais parce que je n'aimais pas spécialement parler. Et puis, il m'avait vue dans cette pharmacie, il ne manquerait plus qu'il découvre pourquoi j'étais réellement là. Personne ne devait le savoir, ou on m'empêcherait purement et simplement de retourner dehors en récupérer. Et ça, c'était parfaitement hors de question. Je ne pouvais pas vivre sans, et personne n'allait m'empêcher de prendre ce dont j'avais urgemment besoin. J'en avais pris ce matin, mais j'avais l'impression que cela faisait déjà une éternité que je n'avais pas mis la main dessus. Il faut dire qu'il ne me restait plus grand chose, aussi. Bref, il m'en fallait au plus vite, et j'avais sans doute une chance folle, d'être tombée sur un autre survivant, inconnu au bataillon, pour me filer un coup de main dans ma quête sans en avoir forcément conscience. Nous nous entraidions et comme je le lui avais dit, je lui passerais sans soucis et sans rechigner ce dont il pouvait avoir besoin. Je n'étais pas du genre à lui dire quelque chose, avant de lui planter un couteau dans le dos pour récupérer tout le butin. J'étais un homme de parole, quoi qu'on en pense. « Je vois rien, et à l'oreille y a pas l'air d'avoir un rôdeur... Je pense qu'il n'y a pas trop de risques, mais je propose qu'on fasse quand même vite. Je n'aime pas trop ça... », déclara-t-il à son tour. Je me tournai dans sa direction, et me contentai de hocher la tête avant de m'aventurer dans l'ouverture.

Il faisait totalement noir, dans la réserve, ce qui avait de quoi nous effrayer. Mais je ne voulais pas trop penser à cela, ou je risquais bel et bien de me mettre à imaginer tout un tas de scénarios horribles. Il valait mieux éviter cela, ou je risquais de faire une crise de nerf. J'avais beau être courageux et ne pas avoir spécialement peur du noir, je n'aimais pas trop l'idée de pouvoir être surpris par un rôdeur. S'il me repérait à l'odeur, je pouvais sans doute le faire aussi, mais autant l'éviter si possible. C'est qu'ils étaient rapides les enfoirés. J'ouvris mon sac à mon tour et, sans lâcher mon couteau, je me mis à fourrer divers médicaments là-dedans. Je ne regardais pas spécialement ce que je prenais - il y aurait forcément quelques anti-dépresseurs dans le tas, n'est-ce pas ? -, préférant la quantité à quoi que ce soit pour l'instant. De toute façon, si jamais il n'y avait pas ce que je souhaitais, je reviendrais. Seul, ou pas, peu m'importait : je voulais mes anti-dépresseurs, point. Après avoir vidé quelques étagères, je m'aventurai un peu plus, ma lampe braquée face à moi. Il n'y avait toujours aucun bruit qui puisse indiquer la présence de rôdeurs, alors autant en profiter pour aller plus loin. « Il y a des cartons plein de médocs ici. Tu crois qu'on devrait les sortir de là ? J'sais pas trop ce que c'est ... », dis-je en braquant ma lampe sur divers flacons. J'étais purement et simplement incapable de mettre des noms logique sur ceux-là. A part les noms scientifiques, rien ne me permettait d'identifier leur contenant ...
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Dim 1 Déc - 22:01


« Nothing to loose »
Joshua M. Fitzgerald & Julian E. Delson



    This city's buried in defeat, I walk along these no name streets, And wave goodbye to all, As I fall...
    At the dead end I begin, To burn the bridge of innocence, Satisfaction guaranteed, A pill full of catastrophe.

    (Sum 41)


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Parfois Julian se demandait, à quoi bon ? À quoi bon continuer de marcher vers une destination incertaine, où ils ne trouveraient probablement rien ? À quoi avancer, chaque pas plus lourd que le précédent, juste parce que Loup espérait encore, naïvement, qu'elle pourrait retrouver Eve ? Mais surtout, à quoi bon survivre dans ce monde ? Pourrait-il être heureux, pourrait-il un jour vivre ? Il en avait marre de se contenter d'exister, de survivre laborieusement entre deux rôdeurs et un jour sans nourriture. Il ne savait plus ce qui le poussait à continuer. Certes, il était toujours bien vivant, alors que tant d'autres étaient morts. Et parfois il culpabilisait de ses sombres pensées, son esprit se souvenant de tout ceux qui avaient succombé aux dangers alors qu'ils auraient bien aimé rester. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il n'avait plus rien à rechercher. Ce n'était pas comme avant l'épidémie, lorsqu'il aurait pu espérer être heureux. Trouver un travail, une maison, une femme, avoir des enfants, voyager dans le monde et découvrir des endroits merveilleux, des gens merveilleux. Mais maintenant ? Il ne pouvait plus rien faire de tout ça. Il n'y avait plus grand monde encore en vie, et il les croisait trop rarement et trop peu longtemps pour avoir l'occasion de se faire des amis, des gens à qui il tiendrait. D'autant plus qu'il ne voulait pas prendre le risque de souffrir inutile, en perdant quelqu'un qui comptait pour lui. Certes il y avait bien Loup et Kilian, et ils étaient probablement les deux seules personnes encore en vie à qui Julian tenait. Mais il devait se rendre à l'évidence : il n'était pas heureux, malgré la présence de ses deux amis. Il souffrait trop, et pire encore, lorsque la douleur ne lui déchirait pas le cœur, il se sentait vide. Affreusement, atrocement vide. Il n'avait plus de but, plus d'objectif, plus rien à quoi se raccrocher. Son père, il était probablement mort, comment aurait-il pu s'échapper de New-York, devenu un piège mortel dès que l'infection s'était propagée ? Et même s'il était encore en vie, quelque part, il n'avait quasiment aucune chance de le retrouver. Alors il s'efforçait de mettre de côté l'espoir. Et du coup, il n'avait plus rien. Le reste de sa famille était mort, ses anciens amis étaient morts. Même s'ils retrouvaient Eve, qu'ils s'installaient dans une maison et qu'ils survivaient en trouvant de la nourriture et en tuant les rôdeurs... À quoi bon ? Il ne pourrait pas être heureux, il le savait bien. Il ne se satisferait pas de cette pâle vie. La zone 51 représentait un espoir, mais il savait ne voir que les points positifs. En y vivant, cela ne serait peut-être pas si bien que ça, et encore faudrait-il qu'il y aille, justement. À quoi bon ? À quoi bon tenter de vivre, si jamais le bonheur ne reviendrait l'accueillir ?

Il n'en savait rien. Alors avec un soupir, il continua de remplir son sac de toutes les boîtes qui se trouvaient devant lui. À défaut de le rendre heureux, cela le maintiendrait peut-être en vie quelques mois de plus. Peu à peu, les étagères se vidaient, leur contenue finissant dans les affaires de l'un ou l'autre des deux jeunes hommes. Julian ne cessait de se tourner, se retourner, et se retourner encore une fois. Il avait toujours eu peur du noir. Son inconscient y faisait naître de terribles images, et son esprit se mettait alors à imaginer des dizaines de choses plus affreuses les unes que les autres, qui l'attendaient. Il en arrivait presque à sentir le souffle d'un rôdeur sur sa nuque, son odeur écœurante, à entendre ses grognements désespérés. C'est fou tout ce qu'un cerveau peut imaginer, lorsqu'il ne voit pas à deux mètres. Depuis tout petit Julian avait la mauvaise habitude de faire ça, faire naître des images effrayantes alors que cela ne faisait que lui faire encore plus peur. Il n'arrivait pas à s'en empêcher. C'était comme de se dire « ne pense pas à un éléphant rose », l'idée était immédiatement implantée dans son cerveau et plus il essayait de l'éradiquer, plus il y pensait, et plus les images devenaient obsédantes. Et il avait beau balayer régulièrement les ténèbres avec le puissant faisceau de sa lampe, il n'était pas rassuré. Au moins l'action de vider les étagères lui permettait de se vider l'esprit, encore qu'il craignait que soudain, derrière une petite boîte cartonnée, une main aux ongles terreux et à la peau grisâtre ne se tende vers la sienne pour l'attirer inexorablement vers des mâchoires avides de chair fraîche. Alors Julian gardait son couteau dans la main, les doigts crispés sur le manche comme si sa vie en dépendait – ce qui après tout était peut-être le cas. Il y avait aussi la présence de son sabre dans son dos. Et certes, dans un espèce étroit comme où il était, dégainer l'arme et s'en servir serait plus difficile qu'utiliser simplement le couteau. Mais le poids familier n'en était pas moins rassurant, c'était comme quelque chose à quoi se rattacher pour éviter de sombrer dans la panique totale.

L'adolescent avait développé cette technique des années plus tôt, lorsque le noir était presque une phobie pour lui. Dès qu'il sentait son souffle devenir saccadé et son rythme cardiaque augmenter rapidement, alors que la peur venait lui tordre les entrailles de sa main glacée, il se concentrait sur quelque chose, n'importe quoi. Un objet de préférence familier, avec si possible une valeur sentimentale, et il se concentrait uniquement sur cela. Que ce soit par la vue, le toucher, ou même parfois l'ouïe, lorsqu'il s'agissait d'une musique qu'il écoutait en fond sonore. Cela lui avait souvent permis d'éviter de paniquer pour rien, et peu à peu d'être moins effrayé dans l'obscurité. Lorsque l'invasion l'avait forcé à s'enfuir et à faire route avec Kilian et Loup, il s'était peu à peu habitué au noir, l'électricité n'étant plus fonctionnelle, et les piles n'étant pas quelque chose que l'on pouvait gaspiller. Il avait donc dû s'y faire, bien que les premières nuits, il n'ait dormi que difficilement et très peu. Sa peur s'était donc peu à peu atténuée, mais elle ressurgissait là, dans cet espace restreint où il craignait de devoir faire face à un rôdeur.

Après avoir parlé, il se tourna vers Joshua, d'une part pour être sûr qu'il était toujours là et en vie, d'autre part pour voir si lui non plus n'avait rien repéré, bien que cela soit peu probable étant donné le silence. Et en effet, le jeune homme hocha la tête, montrant que pour le moment rien ne venait troubler la paix de la réserve. À nouveau, Julian se demanda s'il pouvait lui faire confiance. Et si, une fois sortis avec tous les médicaments, l'autre le tuait d'un coup de couteau dans le crâne pour récupérer les deux parts du butin ? Mais il avait l'impression que non, l'autre ne ferait pas ça. Au pire, il le tiendrait simplement à l'œil, histoire de ne pas avoir une mauvaise, douloureuse et mortelle surprise.

Il continua de récupérer tout ce qu'il trouvait, tandis que le silence s'installait à nouveau. Peu à peu, alors que ses yeux s'accoutumaient à l'obscurité et que son esprit comprenait qu'il n'y avait rien à craindre, il parvenait à se calmer, effectuant avec monotonie la tâche qu'il s'était fixée. C'est pourquoi il sursauta en entendant la voix de Joshua, craignant dans un premier temps que finalement, il y ait bien des rôdeurs.

« Il y a des cartons plein de médocs ici. Tu crois qu'on devrait les sortir de là ? J'sais pas trop ce que c'est ...  »

Pas de rôdeurs, donc. Mais la découverte du jeune homme semblait intéressante. Julian s'avança jusqu'au bout de la réserve, où se trouvait déjà son allié, abandonnant les armoires. Il y avait quelques cartons entreposés ici, visiblement plutôt bien remplis. En revanche, à la lueur de la torche de Joshua, Julian pouvait lire les indications données sur leur contenu... Et il n'y comprenait absolument rien. Il y avait le nom scientifique des substances des divers flacons et boîtes, mais rien qui ne puisse être compris par le commun des mortels.

« Je vois pas du tout ce que c'est mais au pire, on peut les sortir histoire de voir s'il y a pas d'autres indications... »

On ne sait jamais, après tout. Mieux valait s'assurer de ne rien perdre s'il y avait une chance de trouver quelque chose de récupérable. Surtout que les cartons, s'ils contenaient quelque chose d'utiles, pourraient se révéler être de véritables mines d'or. Cette réserve était vraiment une jolie découverte. Julian n'aurait pas cru pouvoir trouver autant de choses en une seule journée. La vie pouvait encore réserver de joyeuses surprises, finalement, même s'il s'agissait plutôt de compensations bien méritées pour supporter une telle existence. L'adolescent éclaira les différents cartons, mais aucun d'eux ne portaient d'inscriptions qu'il pouvait comprendre. C'était à peine s'il pouvait les déchiffrer et leur trouver une prononciation possible, tant les lettres semblaient avoir été placées dans un ordre totalement aléatoire. Il prit un flacon sur la boîte la plus proche de lui, le fit tourner sous le faisceau de sa lampe, mais cela ne lui apprit rien de plus sur la nature de la substance.

« Y aurait pas un médecin ou un pharmacien, dans ton groupe ? Ou n'importe qui, quelqu'un qui pourrait comprendre et savoir ce que c'est tout ça ? Parce que ça ne sert pas à grand chose de s'encombrer de tout ces cartons s'ils ne contiennent rien d'intéressant, mais s'il s'agit de médicaments utiles... »

Après tout, Joshua n'avait-il pas parlé d'un gros groupe ? Les probabilités qu'il y ait quelqu'un s'y connaissant en noms scientifiques de médicaments étaient faibles, mais pas non plus inexistantes.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Mar 3 Déc - 15:51



nothing to loose
(thirty seconds to mars) ▽ In the middle of the night when the angels scream; I don't wanna live a lie that I believe; Time to do or die. I will never forget the moment.
Les temps étaient durs, et chacun réagissait à sa façon. Il y avait ceux qui avaient préféré abandonner, par la manière la plus brutale et la plus rapide qui soit : le suicide. D'autres continuaient à se battre, avaient sombré malgré tout dans une folie sans limites, ou bien réussissaient à se sortir de toute cette merde grâce à leurs proches, maintenus en vie. Mais il ne faisait aucun doute que, pour ceux qui avaient perdu tout le monde et n'avaient plus personne à qui s'accrocher, tout en était devenu d'autant plus compliqué. Pour ma part, je ne pouvais pas réellement me classer dans cette catégorie là. Certes, j'avais perdu tous ceux auxquels je tenais, mais en même temps, si j'y réfléchissais plus longuement, à part ma fiancée, je n'avais pas de famille, à proprement parlé. J'étais limite soulagé que mon père ait enfin eu ce qu'il méritait, et soulagée que ma mère n'ait plus à vivre sous son crochet. L'essentiel était, en réalité, que j'ai toujours les anti-dépresseurs auxquels m'accrocher tant bien que mal. Cela pouvait paraître absurde, mais c'était un peu ma seule raison de vivre aujourd'hui. Cela, et Elizabeth, bien sûr. Je ne parvenais pas à m'imaginer sans cette routine, sans tout le temps que je passais dehors, à la recherche de médicaments, c'était aussi simple que cela. Et même là, alors que j'étais censé me méfier de Julian, que je ne connaissais pas le moins du monde, je n'avais qu'un seul objectif, le même qu'à l'accoutumée. Je me doutais que, de son côté, il ne pouvait pas me faire pleinement confiance, c'est pourquoi j'essayais d'être le moins brusque possible. Ce n'était pourtant pas du tout dans mes habitudes. Mais avais-je seulement le choix ? A deux, nous avions plus de chances de trouver de quoi nous donner un sacré coup de main, et nous pouvions plus facilement faire face à des rôdeurs.

Heureusement pour nous, à part les quatre qui étaient là avant qu'on les en déloge, il semblerait qu'il n'y en avait plus. C'était un sacré coup de chance, et je comptais bien profiter de cela pour remplir nos sacs, et peut-être même le coffre de ma voiture, tiens. Enfin, je comptais aussi partager le butin avec Julian, je n'étais vraiment pas du genre à tout prendre, ou à lui planter un couteau dans le dos. J'osais espérer qu'il en allait de même de son côté ... Parce que j'étais plutôt du genre à bien vouloir lui accorder ma confiance, et même à partager mes découvertes comme je venais de le faire. Des cartons remplis de médicaments en tout genre, mais de médicaments qu'ils nous étaient impossible de connaître. Tout cela était expliqué en termes beaucoup trop scientifiques, et nous n'étions pas médecin. Etait-il utile de les prendre avec nous ? D'un côté, j'imaginais parfaitement que s'ils étaient dans la réserve d'une pharmacie, ils devaient l'être. Mais pouvions-nous réellement nous fatiguer et nous charger de choses que nous ne connaissions même pas ? Je préférais questionner Julian, plutôt que de prendre une décision seul. Après tout, nous agissions à deux, alors autant décider tous les deux. Peut-être que cela lui prouverait que je n'avais aucunement l'intention de le trahir ? Enfin, rien ne pouvait être totalement sûr, de toute façon. « Je vois pas du tout ce que c'est mais au pire, on peut les sortir histoire de voir s'il y a pas d'autres indications... » Je détournai le regard en même temps que lui, et cherchai à éclairer autant que possible les différents cartons et leurs contenus. Mais il n'y avait rien pour nous mettre sur la voie, rien d'autre que des termes scientifiques impossibles à déchiffrer.

Je me redressai, et passai une main dans mes cheveux, en pleine réflexion. Il y avait des situations comme celle-là, où je ne savais vraiment pas quoi faire. Habituellement, j'aurais sans doute déjà refermé les cartons, et fait demi-tour pour récupérer tout ce qui était à notre portée, mais pas là. Parce que je n'étais pas seul, et que je voulais bien leur donner un coup de main. Si je m'en référais à ce qu'il m'avait dit un peu plus tôt, ils n'étaient que trois. A trois, ils ne pouvaient pas s'en sortir de manière aisée, ce devait être compliqué pour eux, et j'imaginais parfaitement à quel point cela les pousserait encore plus vers l'horreur si l'un d'eux tombait malade. Je n'étais pas du genre à être le bon samaritain, à tendre la main au premier venu, mais là si ... Bizarrement. Avec mes maigres moyens, je voulais les aider. Et peut-être même leur proposer de venir à la zone 51, pourquoi pas ? Mais pour l'instant, nous devions juste régler au plus vite cette histoire de médicaments indéchiffrables. « Y aurait pas un médecin ou un pharmacien, dans ton groupe ? Ou n'importe qui, quelqu'un qui pourrait comprendre et savoir ce que c'est tout ça ? Parce que ça ne sert pas à grand chose de s'encombrer de tout ces cartons s'ils ne contiennent rien d'intéressant, mais s'il s'agit de médicaments utiles... », me demanda-t-il. Je soupirai, éclairai de nouveau les cartons comme si cela pouvait me donner brusquement des réponses. Réponses qui ne viendraient pas aussi facilement, malheureusement. « Oh si, il y a quelques médecins. Mais il faudrait transporter tout ça là-bas. », répondis-je en lui jetant un rapide coup d'oeil, alors que je ne pouvais pas vraiment le voir. « Emmenons déjà les cartons hors de cette putain de réserve, et on avisera après. », conclus-je, désireux de sortir de là au plus vite. Dans tout ce que nous avions chopé, nous devions bien avoir récolté quelques anti-dépresseurs - pour sûr, j'avais réussi à en glisser quelques uns dans mon sac -. Et puis, l'obscurité de l'endroit n'était franchement pas rassurant. Je tirai quelques cartons jusque dehors, puis m'adossai contre le mur voisin, à bout de souffle. C'est que ces merdes étaient sacrément lourdes. « Bon ... Ton groupe et toi avez entendu l'appel radio y a quelques semaines ? », lui demandai-je. Si nous devions agir, c'était au plus vite, alors autant faire tout cela dès maintenant pour ne pas perdre de temps.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Dim 8 Déc - 20:00


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Julian se demandait, parfois, à quoi ressemblerait sa vie s'il n'y avait pas eu cette invasion. À vrai dire, il se le demandait plus que « parfois ». Cette question venait harceler son esprit au moins une fois par jour, généralement le soir, lorsqu'il s'étendait sur le sol, levant les yeux vers les étoiles, et qu'il avait enfin le temps de laisser ses pensées dériver. Il y a des mois, il appréciait cet instant, lorsqu'il allait dormir, et qu'un peu avant de sombrer dans le sommeil, il pouvait repenser à tous les événements de la journée, et penser à tout ce qu'il aurait aimé faire les jours suivants. Oui, c'était un moment agréable, de détente, de profonde relaxation, tandis qu'il se pelotonnait sous les couvertures, sur un matelas confortable, avec le ronronnement sourd et rassurant de la télévision regardée par ses parents. Maintenant, il haïssait ce moment, où il ne pouvait plus s'occuper l'esprit avec une tâche épuisante. Il se retrouvait seul face à ses doutes, à sa douleur, à ses regrets et ses remords. Mais quoiqu'il en soit, il ne pouvait rien faire contre ses pensées. Il imaginait donc régulièrement comment serait sa vie. À cette époque de l'année, peut-être serait-il en train de réfléchir à sa future orientation. Il rigolerait avec ses amis, regarderait du coin de l'œil les jolies filles passer, se disputerait avec sa sœur parce que bon, c'est comme ça, et aussi avec ses parents d'ailleurs, longue histoire de crise d'adolescent rebelle. Il continuerait le Judo, et peut-être aurait-il une compétition prévue pour bientôt. Mais à aucun moment il ne se dirait qu'il aurait pu être victime d'une invasion de zombies. Jamais il aurait pu ne serait-ce qu'imaginer voir sa sœur et sa mère se faire dévorer vivante, avant de revenir pour tenter de le tuer. Et encore moins le fait qu'il les tue lui-même.

À une époque, un petit peu avant le début de l'épidémie en fait, Julian avait commencé à se poser des questions sur ce qu'il aurait souhaité faire, plus tard. Évidemment, à aucun moment la réponse « chasseur de zombies professionnel » ne lui avait traversé l'esprit. En revanche, la médecine l'avait vaguement intéressé, durant un moment. Il s'était beaucoup renseigné, même si la longueur des études ne le tentait pas forcément. Aussi se disait-il parfois que l'invasion aurait bien pu attendre quelques années. Avoir un peu plus de connaissances en médecine que les informations floues qu'il avait retenues des cours de secourisme n'aurait pas été de refus. D'un autre côté, s'il avait pu choisir, il aurait aussi bien fait de demander « jamais », cela n'aurait pas été plus mal. Tant qu'à faire, autant soigner des patients qui, s'ils mourraient, n'allaient pas se relever pour tenter de se venger. Certes, il y avait la culpabilité de ne pas avoir réussi à sauver le patient, mais qu'il revienne en tant que zombie ou pas, il était mort, alors autant éviter de risquer sa vie. Mais finalement, il n'était pas un médecin talentueux qui aurait peut-être même pu trouver un quelconque traitement. Non, il était juste un lycéen un peu paumé, dépassé par la monde dans lequel il avait été, bien trop brutalement, plongé.

Joshua jeta à son tour un coup d’œil aux étiquettes sur les cartons, mais il apparut rapidement qu'aucun des deux jeunes hommes n'étaient capables d'y comprendre quoique ce soit. Encore quelque chose qui aurait pu se révéler avantageux si l'invasion était arrivée un peu plus tard... Mais bon.

« Oh si, il y a quelques médecins. Mais il faudrait transporter tout ça là-bas. »

« Il y a quelques médecins »... Ils devaient être plutôt nombreux, pour qu'il n'y ait pas un mais plusieurs médecins. À nouveau, Julian se questionna. Joshua venait-il de la zone 51 ? Après tout, s'il était dans un aussi gros groupe que ça, il était peu probable qu'ils aient survécu aussi longtemps en étant aussi nombreux. Plus l'on est, plus de zombies on attire, et même si l'on est beaucoup aussi pour se défendre, une vingtaine d'humains armés ne peuvent rien contre un véritable raz-de-marée de zombies avançant dans de sinistres grognements. Les munitions n'étaient pas éternelles, et en plus, beaucoup de personnes signifiait beaucoup de bouches à nourrir. Non, à moins d'avoir un abri réellement sûr, la seule solution était en fait de ne pas être trop nombreux. À trois, le petit groupe survivait sans avoir trop à combattre. Ils n'attiraient pas l'attention des rôdeurs, car ils n'étaient pas bien bruyants. Et au pire, il y en avait tout au plus deux ou trois, faciles à tuer d'un coup de couteau ou de sabre. Pas besoin de tirer un coup de feu, dont la détonation en attirerait d'autres. Et trois bouches à nourrir, ce n'était pas tant que ça : il suffisait de tomber sur un garde-manger bien rempli pour survivre ensuite durant au moins une ou deux semaines, alors que la même quantité de nourriture ne tiendrait que quelques repas à un groupe plus important. En faisant ce raisonnement mental, Julian comprit qu'en fait, ils avaient finalement eu de la chance, en n'ayant pas à faire de durs choix. En effet, s'il avait dû choisir entre sa famille, ses amis, ou des gens avec qui il avait de nombreuses chances de survie ? Il n'aurait pas pu voyager avec tout le monde sous peine de mourir en quelques jours, et comment se décider sur la marche à suivre, alors ? Il n'en venait pas à être satisfait que sa famille soit morte avant que la décision ne soit à prendre, mais disons qu'il était soulagé de ne pas avoir eu à se poser la question.

La deuxième partie de la phrase retint aussi l'attention de Julian. D'après les paroles de Joshua, leur camp se situait à une certaine distance. Comment se faisait-il que le jeune homme se trouve si loin de l'unique endroit où il était en sécurité ? Peut-être avait-il une voiture. Après tout, elles ne manquaient pas, pour peu qu'on sache les faire démarrer ou qu'on ait la chance de trouver des clés. Le seul problème pour les trois adolescents, c'était qu'aucun ne savait conduire, et après un accident qui avait manqué de les tuer et attirer tous les rôdeurs des environs, ils avaient décidé de continuer leur périple à pied. Mais ce n'était probablement pas le cas de tout le monde, et cela pouvait expliquer la distance séparant la pharmacie du camp.

Julian se demanda un instant comment ils allaient faire. Si les médicaments étaient utiles, il ne pouvait pas se permettre de voir tous ces cartons lui passer sous le nez, même s'il n'avait pas l'impression que Joshua tentait de l'arnaquer. Cependant, il ne pouvait pas vraiment accompagner l'autre jusqu'à son camp, attendre le verdict des médecins, puis retourner ici comme si de rien n'était, peut-être avec un sac rempli de médicaments. La situation pouvait donc poser problème ; mais il décida de cesser de se questionner là, dans le noir d'une réserve plongée dans l'obscurité, entre des étagères qui gênaient sa vision et ses mouvements. Il aurait tout le temps de réfléchir à une solution lorsqu'il pourrait surveiller partout autour de lui.

« Emmenons déjà les cartons hors de cette putain de réserve, et on avisera après. »

Julian acquiesça, étant arrivé à la même conclusion. Inutile de trainasser ici. Alors il poussa ces fichus cartons jusqu'à la pièce principale, bien éclairée et beaucoup plus rassurante. Malheureusement, le chargement n'était pas des plus légers, et il se retrouva rapidement essoufflé, malgré l'excellente condition physique qu'il avait acquise. Il remarqua que Joshua était dans le même état, celui-ci s'adossant contre un mur, visiblement pour se reposer un peu. Un court silence s'installer, rapidement brisé.

« Bon ... Ton groupe et toi avez entendu l'appel radio y a quelques semaines ? »

Julian resta un instant silencieux, avant de hausser les épaules.

« Par rapport à la zone ? Ouais, on est tombé dessus par hasard, on a eu plutôt de la chance... »

Il laissa s'écouler un instant, puis poursuivit sans attendre la question suivante de Joshua. Elle était de toute façon assez facile à deviner, non ? Probablement quelque chose du genre « vous comptez y aller ? Pourquoi ? ».

« On réfléchit justement à y aller ou non. Personnellement je suis plutôt pour... J'en ai assez de marcher sans but, sans certitude de retrouver quoique ce soit, en craignant chaque nuit d'être réveillé par un rôdeur en train de me bouffer vivant. J'en ai marre de cette peur constante, et de ces doutes. J'aimerais juste trouver un endroit où je pourrais dormir sans faire de cauchemars, où je serais en sécurité, un tant soit peu. Avec des gens, des gens normaux, et des trucs à faire pour m'occuper l'esprit. »

Il n'avait pas voulu parler autant. Jamais il ne parlait de ce qu'il ressentait vraiment à ses deux amis, alors à un inconnu croisé au hasard dans une pharmacie ? Sentant que sa voix allait se briser s'il continuait sur cette voie, il poussa un soupir et continua.

« Les deux autres sont pas trop pour... Y en a une qui cherche quelqu'un, mais à vrai dire je pense que c'est peine perdue, même si je lui dis pas. Enfin bref, j'en sais rien en fait. Pourquoi ? Tu y vas ? Ou... Tu y es ? »
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Dim 15 Déc - 15:06



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En décidant d'aller à l'extérieur seul, je ne m'étais clairement pas attendu à croiser qui que ce soit. Des rôdeurs, pour sûr, mais des survivants, certainement pas ! Ils se faisaient de plus en plus rares. Quoi qu'en même temps, je ne devrais sans doute pas m'en étonner. Depuis l'appel radio, bon nombre de personnes avaient dû venir dans cette direction, sans peut-être oser tenter leur chance dans la zone. Le groupe dans lequel j'étais n'avait eu que très peu d'hésitations, et c'était pour le mieux puisqu'à présent, nous étions tous en sécurité. Bien sûr, je passais plus de temps dehors que dedans, mais c'était un choix personnel, que très peu avait suivi. J'étais un solitaire de toute façon, vivre en compagnie de trop de personnes n'était pas dans mes cordes. Je préférais risquer ma vie pour trouver mes foutus anti-dépresseurs plutôt que d'être là-bas à longueur de journée. Au final, Julian n'avait rien d'un survivant complètement dérangé, et prêt à tout pour rafler tout le butin. Je ne lui faisais pas non plus une confiance aveugle mais pour autant, je me méfiais au minimum. Il n'avait définitivement pas la tête d'un cinglé. Et si je ne voulais pas me laisser surprendre par une mauvaise rencontre, j'avais l'intuition qu'il n'était pas du genre à me laisser sans rien, après m'avoir assommé ou pire ... Tiré dessus. Heureusement, d'ailleurs. Parce que je voulais ces foutus anti-dépresseurs, coûte que coûte. Pour l'instant, tout semblait sur la bonne voie, et j'étais certain que tout se passerait bien. Il n'y avait pas de raison, après tout, pour que cela tourne mal.

Au contraire, j'étais même prêt à lui parler plus longuement de la zone 51, même s'il en avait déjà entendu parler. Pour plein de raisons, c'était la meilleure chose à faire. Nous avions eu une chance inestimable, en tombant sur ces cartons remplis de médicaments divers et variés, et nous ne pouvions pas juste la laisser passer. Ce n'était pas rien, et nous en étions tous les deux parfaitement conscients. Mais encore fallait-il savoir quoi en faire. Il y en avait beaucoup trop. Les partager ne serait pas bien compliqué, mais il fallait tout de même trouver quelqu'un qui puisse comprendre ce que chacun de ces médicaments étaient. Et justement, nous avions cela à la zone : un tas de médecins plus ou moins compétents, désespérés de ne pas avoir assez de médicaments et de trucs dans ce genre là. C'était une aubaine sans nom. Il était donc carrément temps de lui parler de la zone plus longtemps. Du temps, nous en avions de toute façon. « Par rapport à la zone ? Ouais, on est tombé dessus par hasard, on a eu plutôt de la chance... », répondit-il, avant de laisser planer un silence loin d'être pesant. Nous étions plus ... en pleine réflexion. Pour ma part, je réfléchissais à la manière dont je pouvais tourner ma question. Je ne voulais pas lui faire croire que je voulais tout embarquer pour moi et moi seul, et en même temps ... Il ne pouvait pas partir avec des cartons remplis de médicaments dont il ne connaissait pas l'utilité. Pourquoi ne pas le faire venir dans la zone, plutôt ? Cela me paraissait clairement plus utile, et logique même.

« On réfléchit justement à y aller ou non. Personnellement je suis plutôt pour... J'en ai assez de marcher sans but, sans certitude de retrouver quoique ce soit, en craignant chaque nuit d'être réveillé par un rôdeur en train de me bouffer vivant. J'en ai marre de cette peur constante, et de ces doutes. J'aimerais juste trouver un endroit où je pourrais dormir sans faire de cauchemars, où je serais en sécurité, un tant soit peu. Avec des gens, des gens normaux, et des trucs à faire pour m'occuper l'esprit. », enchaîna-t-il, presque aussitôt. Je me contentai de hocher la tête, toujours pensif. Je comprenais parfaitement son point de vue, pour l'avoir vécu, quelques mois auparavant. Si je passais toujours énormément de temps, je ne pouvais pas dire le contraire : vivre avec un toit sur la tête, en sachant que l'endroit était sécurisé était loin d'être déplaisant. Bien au contraire, même. « Les deux autres sont pas trop pour... Y en a une qui cherche quelqu'un, mais à vrai dire je pense que c'est peine perdue, même si je lui dis pas. Enfin bref, j'en sais rien en fait. Pourquoi ? Tu y vas ? Ou... Tu y es ? », me questionna-t-il à son tour. Je hochai la tête, avant de me racler la gorge, prêt à essayer de le "convaincre". « J'y suis. Depuis quelques temps, déjà. », répondis-je tout simplement, peu désireux d'en dire trop pour rien. Nous ne pouvions pas vraiment nous permettre de rester là éternellement, on ne savait jamais sur quoi nous pouvions tomber, après tout ... « Mais je me disais que le mieux serait peut-être d'aller à la zone avec les cartons pour leur demander de quoi il s'agit. Bien sûr, si tu ne veux, ou ne peux, pas rester après, rien ne t'empêchera de partir avec ta moitié. Mais au moins, tu sauras ce que c'est avant de les utiliser sans plus de précisions... », proposai-je, clairement incertain. Le braquer n'était pas dans mes plans, mais je ne pouvais pas faire mieux que cela.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Jeu 19 Déc - 18:20


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    (Sum 41)


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Julian regarda à nouveau par la vitrine poussiéreuse. Aucun mouvement dans la rue. Comment était-ce possible, que tout ait autant changé ? Que tant de gens soient morts ? L'adolescent se questionnait souvent. La police, l'armée. Certes l'invasion avait été brutale et inattendue. Certes ce n'était pas quelque chose à quoi les forces de l'ordre étaient préparées, et personne n'aurait pu prévoir une catastrophe d'une telle ampleur. Mais tout de même ! Après un certain temps, l'armée ou la police aurait bien pu s'adapter. Tous ceux qui avaient survécu à disons, la première semaine, avaient ensuite compris la nature exacte, ou presque en tout cas, de la menace. Avec toutes les bases militaires, toutes les armes à disposition, pourquoi est-ce que rien n'avait été fait ? Les gens avaient paniqué, mais si quelqu'un leur avait dit « allez là-bas si vous n'êtes pas infectés, ne sortez pas, on s'occupe de tout », alors ils auraient obéi. Il aurait suffit d'instaurer une sorte de quarantaine, d'attendre quelques jours avant de laisser entendre chaque personne, afin d'être certain qu'elle n'était pas contaminée, et cela aurait suffit à garder l'endroit sûr. Ensuite, il aurait évidemment fallu tuer un maximum de rôdeurs, et trouver des solutions. Cela n'aurait bien sûr pas été facile, mais ce n'était sûrement pas impossible. Après tout, la zone 51 semblait bien fonctionner. Alors pourquoi seulement maintenant, alors que les rôdeurs devaient être presque plus nombreux que les humains encore en vie ? Il aurait suffit d'une certaine organisation dès le départ pour éviter ces centaines de morts inutiles. Tant de vies auraient pu être sauvés ! Mais non. Rien n'avait été fait. Les bases militaires avaient été infestées, l'armée n'avait rien fait, et les gens avaient dû se battre seuls pour survivre. Quitte à tuer les autres, d'ailleurs.

Mais d'un autre côté, c'était bien facile pour lui, Julian, de trouver les solutions maintenant, mais au départ, il avait été comme tous les autres. Pendant des jours, il avait vu aux infos des présentateurs parler de cette étrange maladie qui se développait et se propageait à toute vitesse, mortelle. Mais jamais il n'avait cherché à en savoir plus – et lorsqu'il avait compris le risque, c'était déjà trop tard. Personne n'avait pu ne serait-ce qu'imaginer ce qu'il se passait avant que l'épidémie n'atteigne la ville. Rien n'aurait pu être fait tant l'apparition des rôdeurs, le réveil des morts, avait pris tout le monde au dépourvu. Et même si l'armée avait réussi à réagir plus rapidement, à protéger une certaine zone, si elle avait décidé d'évacuer les populations, celles-ci n'auraient peut-être même pas bougées. Car si elles n'avaient pas encore été touchées, elles n'auraient jamais cru à la gravité de la situation. Et lorsqu'elles avaient été touchées... Le virus se transmettait si rapidement, les pertes étaient si grandes et si rapides qu'il était immédiatement trop tard. Une morsure tuait en quelques jours à peine – et même une mort naturelle entraînait une transformation. Cela, Julian ne l'avait découvert que longtemps après le début de sa fuite, et durant longtemps il avait refusé d'y croire. Car cela supprimait encore plus tout espoir de survie. En effet, même si dans la zone 51, on surveillait qu'aucun infecté ne rentrait... Que se passait-il si l'un des résidents mourrait, de maladie, de vieillesse, ou d'un bête accident ? S'il se réveillait et se transformait, surtout en pleine nuit, il ne lui faudrait pas longtemps avant d'infecter et de tuer de nombreuses autres personnes. C'était d'ailleurs l'une des rares raisons qui poussaient Julian à hésiter quant au fait de rejoindre la zone. Était-ce réellement moins risqué ? Il y avait probablement des murs, des portes barricadées, qui protégeaient la ville. Mais dans ce cas, comment en sortir rapidement en cas d'invasion interne ? Ou peut-être se posait-il simplement trop de questions...

Julian tourna son regard pour reporter son attention sur Joshua, juste à temps pour le voir hocher la tête. Ainsi, il était à la zone... C'était une occasion en or. De poser toutes les questions dont il souhaitait une réponse avant de vraiment se décider. De trouver des arguments pour convaincre Loup et Kilian de venir – si lui-même souhaitait toujours intégrer l'endroit après le résumé de la vie là-bas. Apparemment, les personnes qui y vivaient avaient le droit d'en sortir, même seules, et c'était déjà quelque chose d'important aux yeux de l'adolescent. Il ne voulait surtout pas être privé de sa liberté de mouvement, et il savait aussi que c'était ce que craignaient le plus ses deux camarades. En revanche, il se demanda si ce n'était pas lié aussi à l'âge de Joshua... Celui-ci paraissait relativement jeune, mais tout de même plus âgé que Julian. Lui n'était même pas majeur, du point de vue à la loi en tout cas. Mais cela faisait longtemps que celle-ci n'apportait plus rien, et il avait survécu là où de nombreux adultes avaient péris. Les dirigeants de la zone – d'ailleurs, comment cela se passait-il ? - oseraient-ils l'empêcher de sortir sous prétexte qu'il n'était pas vraiment adulte ? Si c'était le cas, il ne tiendrait probablement pas bien longtemps là-bas. Une question à rajouter à la liste.

« J'y suis. Depuis quelques temps déjà. »

Simple confirmation, qui n'avança pas vraiment Julian. Aucune remarque, aucun commentaire, ni positif ni négatif. Et aucun moyen pour l'adolescent de deviner ce que pensait l'autre. Aimait-il l'endroit où il vivait ? Hésitait-il encore à rester ? Il devait sûrement s'y plaire un minimum, sinon il en serait parti, étant donné qu'il était apparemment libre de ses mouvements...

Durant quelques instants, un nouveau silence s'installa, les deux jeunes hommes réfléchissant à la suite. Amener les cartons aux docteurs de la zone... Là se posait un premier problème. Julian ne voulait pas perdre autant de produits qui peut-être seraient utiles, mais ne pouvait pas non plus prendre le risque de s'encombrer et de les utiliser sans connaître leurs effets. Mais alors, que faire ? Aller à la zone ? Cela serait l'occasion idéale d'en savoir un peu plus sur l'endroit, après tout. Cependant, il ne fallait pas que l'endroit soit trop loin. Il avait encore un bon moment devant lui avant que Loup et Kilian ne s'inquiètent, car il les avait prévenu qu'il voulait être seul durant quelques heures. Ceux-ci n'étaient peut-être pas bien rassurés de le savoir sans soutien dans ce monde dangereux, mais au moins ne s'attendaient-ils pas à le voir revenir immédiatement. En revanche, il  ne pouvait pas pour autant se permettre de disparaître trop longtemps, cela serait les inquiéter pour rien – et aussi ralentir leur progression.

« Mais je me disais que le mieux serait peut-être d'aller à la zone avec les cartons pour leur demander de quoi il s'agit. Bien sûr, si tu ne veux, ou ne peux, pas rester après, rien ne t'empêchera de partir avec ta moitié. Mais au moins, tu sauras ce que c'est avant de les utiliser sans plus de précisions.. »

Joshua était honnête et tenait parole, des qualités rares à présent que l'humanité avait totalement changé de visage. Il ne tentait visiblement pas de l'arnaquer, de récupérer plus de choses qu'il ne le devait, et Julian appréciait cela chez le jeune homme. Les quelques rencontres humaines qu'il avait faite n'avaient pas été les plus cordiales, et il savait que cela aurait pu être encore pire – que pour d'autres, cela avait été encore pire. Mais là, il ne regrettait pas d'avoir accordé un peu de sa confiance à l'inconnu. Comme quoi, la méfiance n'était pas toujours de mise – bien qu'il préféra ne pas relâcher son attention trop tôt.

Néanmoins, le même problème se posait toujours. Comment faire ? Alors il se contenta de demander, avant de ne prendre une quelconque décision :

« C'est loin d'ici ? Je ne peux pas partir trop longtemps, mais c'est vrai que si ces cartons contiennent quelque chose d'utile, j'aimerais pouvoir en récupérer un peu. »

Il tourna la tête vers les boîtes, mais il n'y eut pas de miracle. Les inscriptions incompréhensibles écrites dessus ne devinrent pas lisibles. Le mystère était toujours totale. Sans attendre la réponse de l'autre, Julian enchaîna. Généralement il n'était pas bavard, mais là, la curiosité était trop forte. Cet endroit, c'était une chance inespérée de survivre, et de reprendre une vie un peu plus calme, sans crainte, sans vivre au jour le jour sans savoir ce que l'avenir réserve.

« Et... C'est comment, là-bas ? La zone ? L'organisation, tout ça... Ça se passe bien ? »

C'était étrange, de sentir l'espoir revenir. Il avait peur d'être déçu, d'entendre l'autre lui dire que tout n'était pas aussi rose que cela pouvait en avoir l'air. De se dire que finalement, il valait peut-être mieux qu'il continue son périple avec ses deux compagnons, que la vie ne serait pas plus facile entre les murs de la zone. La désillusion lui ferait mal, mais il comprenait à présent qu'il n'en pouvait plus. Qu'il en avait marre, totalement marre, de cette vie-là. Il avait toujours rêvé de voyager, mais dans son imagination, il ne dormait jamais à même le sol, il ne tuait jamais de rôdeurs, et il ne mourrait jamais à moitié de faim dans l'espoir de trouver une ferme. Il voulait simplement se poser, en sécurité, ne serait-ce qu'une semaine.
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Dim 29 Déc - 21:03



nothing to loose
(thirty seconds to mars) ▽ In the middle of the night when the angels scream; I don't wanna live a lie that I believe; Time to do or die. I will never forget the moment.
Les temps étaient durs, et rares étaient les personnes sur lesquelles on pouvait compter. En fait, c'était même à se demander s'il y avait vraiment des survivants à qui on pouvait accorder une confiance aveugle. Les plus gentils qui soient pouvaient être devenus de véritable monstres, en quête de bouffe, et de survie à tout prix. Le monde actuel ne laissait plus vraiment de place pour les sentiments, l'amour, l'amitié, et tout ce genre de trucs qui faisaient pleurer dans les chaumières, à une époque. Pour ma part, je ne vivais que pour les anti-dépresseurs et au final, peut-être un peu pour Elizabeth aussi, même si je n'étais pas prêt de l'admettre à voix haute. S'attacher à quelqu'un, à l'heure actuelle, c'était un peu comme signer son arrêt de mort, ou même sauter dans une cage remplie de ces foutus rôdeurs. Parce que c'était le début de la fin. Une fin lente et atrocement douloureuse, bien sûr. Quant à moi, et bien je n'étais pas de ces survivants qui venaient en aide à à peu près tout le monde, mais je n'étais pas non plus du genre à tuer le premier venu, pour un paquet de chips ... Ou de mouchoirs. Je n'étais peut-être pas le type le plus droit et correct qui soit, je n'étais ni un tueur, ni un voleur, ni rien de ce genre. Je préférais m'en sortir par mes propres moyens, sans avoir à blesser qui que ce soit dans ma lancée. C'était sans doute ce qui m'avait poussé à lui parler de la zone 51. Il était rare que je fasse un truc dans le genre, mais là, cela me paraissait presque ... évident.

Il devait avoir quoi, dix-sept ans ? Dix-huit ans ? Il ne méritait pas qu'on le laisse crever dans son coin sans tenter de lui venir en aide. Certes, je ne faisais pas non plus un miracle, mais c'était déjà un grand pas en avant que de lui proposer de m'accompagner jusqu'à la zone, avec tous nos cartons. Ce que je redoutais le plus en fait, c'était qu'il ne me fasse pas confiance. Après tout, je n'étais pas totalement certain de ce que j'aurais fait à sa place. Parler avec moi, fouiller dans une pièce sombre avec moi, c'était des choses assez "simples", alors que monter dans ma voiture, et me faire confiance pour l'amener là où nous le prévoyions, c'était encore autre chose. Il fallait qu'il m'accorde énormément de sa confiance. Je lui avais déjà prouvé à deux ou trois reprises que je n'avais pas de mauvaises intentions à son égard - si je le voulais vraiment, il serait peut-être même déjà mort -, mais cela n'était pas suffisant. Accorder sa confiance ou non, c'était une lourde décision à prendre, quelque chose qui ne se faisait pas en un claquement de doigts, pour des survivants comme nous. « C'est loin d'ici ? Je ne peux pas partir trop longtemps, mais c'est vrai que si ces cartons contiennent quelque chose d'utile, j'aimerais pouvoir en récupérer un peu. », me demanda-t-il, sans doute déjà pas mal en confiance. Tant mieux, parce que c'est le mieux que nous puissions faire à l'heure actuelle. « Non, c'est pas très loin, t'inquiète pas. On aura fait l'aller-retour en ... Deux heures, grand maximum. C'est pas comme s'il y avait de la circulation, de toute façon. », dis-je, en ajoutant une petite touche de plaisanterie à tout cela. Comme si c'était le moment de rire ...

« Et... C'est comment, là-bas ? La zone ? L'organisation, tout ça... Ça se passe bien ? », me questionna-t-il ensuite, sans doute curieux. Je pouvais le comprendre, je me posais tout un tas de questions, moi aussi, avant d'y arriver. Et aujourd'hui ... et bien j'étais totalement dedans, donc j'avais des réponses à la plupart de toutes ces questions. Je me penchai un peu en arrière, m'adossant contre le mur, bras croisés sur ma poitrine. Bah, nous avions un peu de temps devant nous, de toute façon. Et puis, je comprenais qu'il ne veuille pas partir avant d'avoir obtenu de plus ample informations. En plus de cela ... Il avait l'air vraiment intéressé par la zone. Avec un peu de chance, il allait nous rejoindre et cesser de vivre dehors, là où le danger était triple, voir quadruple. « Franchement, ça se passe bien. On a pas de "chef" désigné, du coup c'est plus simple comme ça. Pas de tentative de prise de pouvoir, ou ce genre de trucs qu'on pouvait voir dans les films. », dis-je en haussant les épaules. Heureusement, d'ailleurs, parce que cela aurait pu vite tourner au bain de sang. « Sinon, y a quelques règles, bien sûr. Mais rien de bien grandiose. », ajoutai-je presque aussitôt, sans embellir les choses. Je n'aurais eu aucun intérêt à cela. « Tu penses que tu finiras par réussir à convaincre tes compagnons de route ? Vivre comme ça, dehors ... Tu as peut-être l'habitude maintenant, mais une fois que t'es dans la zone, tu te rends compte à quel point c'était horrible, comme vie. » Oh oui, je le pensais ...
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Sam 4 Jan - 19:51


« Nothing to loose »
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    This city's buried in defeat, I walk along these no name streets, And wave goodbye to all, As I fall...
    At the dead end I begin, To burn the bridge of innocence, Satisfaction guaranteed, A pill full of catastrophe.

    (Sum 41)


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Julian n'avait jamais été croyant. Né dans une famille profondément athée, il n'avait jamais ne serait-ce qu'imaginer n'importe quelle religion comme possible. Il avait toujours pensé que les gens ne se raccrochaient aux croyances que parce qu'ils avaient peur. Parce qu'ils ne voulaient pas avoir à faire face à la dure réalité de la vie : alors ils essayaient de trouver quelque chose qui leur permettrait d'espérer. Quelque chose qui expliquerait tout. Les coups durs de la vie ? C'était Dieu qui les mettait à l'épreuve pour les pousser à grandir et à avancer. Et ils profitaient des bonnes nouvelles pour se dire « j'ai fait une bonne action, Dieu m'aime ! ». Julian n'était pas capable d'expliquer la création de l'univers ; pas plus qu'il n'était capable d'offrir une réponse à ceux qui lui demandaient ce qu'il y avait après la mort. Mais à vrai dire, il s'en fichait. Il avait à assez à se soucier de son présent, de son avenir, pour en plus avoir à se demander ce qu'il s'était passé il y a des milliards d'années. Quant à la mort... À quoi bon tenter de se rassurer ? Il allait mourir un jour, et il n'y aurait probablement rien de l'autre côté. Il n'existerait plus, tout simplement – à condition qu'il se soit fait explosé la cervelle, évidemment.

Après l'invasion, l'adolescent s'était finalement posé la question. Que s'était-il passé ? Un simple humain, un chercheur, un scientifique, aurait-il était capable de créer quelque chose d'une telle ampleur ? Quelque chose qui infesterait non seulement les morts, réveillant une partie de leur cerveau pour les faire dévorer les humains, mais aussi les vivants, les condamnant à se relever même une fois tués ? Tout le monde, sans exception, était contaminé par l'étrange virus (Julian l'avait compris en voyant le nombre de rôdeurs ne portant pas la moindre trace de morsure), et était-il possible que ce soit un simple être humain à l'origine de cette catastrophe ? Certains écologistes devaient penser que c'était la Terre qui finalement, se rebellait face à toutes les horreurs que ces petits êtres se croyant surpuissants lui avaient fait subir. Mais Julian ne croyait pas non plus à cette option. Après tout, si la planète avait vraiment voulu éradiquer les humains, et qu'elle avait la possibilité de faire quelque chose de tel, elle aurait plutôt exterminé tout le monde immédiatement, tout en supprimant purement et simplement les villes de sa surface, histoire de ne plus être trop encombrée. L'adolescent ne voyait donc pas d'où pouvait venir cette étrange maladie, et là venait donc la question : et si c'était un être divin ? Mais pour un jeune homme qui avait toujours vécu sans croire à aucune religion, cette réponse n'était pas non plus satisfaisante. Alors il se contentait d'ignorer ce qu'il s'était passé, et de tenter de survivre.

Mais n'était-ce pas une sorte de destin, qui l'avait amené ici ? Il se posait des questions sur la zone, hésitait à la rejoindre, tentait de convaincre les autres d'aller au moins voir le fonctionnement... Et voilà qu'il rencontrait quelqu'un qui en venait. N'était-ce pas l'œuvre d'une sorte d'ange gardien, ou peu importe le nom que l'on donnait à ces êtres dans les différentes religions ? Cette possibilité effleura l'esprit de Julian. À peine une fraction de seconde, avant que ses certitudes ne se remettent en place. Implacables. C'était une simple coïncidence – pas tellement étrange, d'ailleurs. Après tout, il ne se trouvait probablement pas très loin de la zone, quoi de plus normal, donc, de croiser l'un de ses habitants dans une pharmacie ? Rien d'autre qu'une coïncidence. Une heureuse coïncidence, même.

« Non, c'est pas très loin, t'inquiète pas. On aura fait l'aller-retour en ... Deux heures, grand maximum. C'est pas comme s'il y avait de la circulation, de toute façon. »

Julian eut un petit rire. Les seuls embouteillages qui existaient encore étaient ces cimetières de voitures, où les véhicules s'alignaient dans le chaos le plus total, portières ouvertes dans une ultime tentative de fuir une horde qui arrivait soudain. Et il supposait que Joshua avait pris des routes désertes pour venir, et qu'il reprendrait les mêmes pour partir. Aucun souci, donc... A priori en tout cas. Rien n'était sûr, ici.

Il était reconnaissant à l'autre d'essayer de détendre l'atmosphère. Le plus âgé devait avoir compris que Julian était tendu, qu'il craignait d'accorder sa confiance à quelqu'un qui ne la méritait pas, et qu'il se méfiait toujours. Mais il devait aussi avoir compris que l'adolescent était à deux doigts d'accepter d'aller jusqu'à la zone. Il ne lui restait qu'une certain réticence due à son indépendance et à son instinct de survie. C'était une chose d'exploser deux trois zombies et de récupérer des boîtes de médicaments dans la réserve d'une pharmacie – bien que cela soit déjà pas si courant que ça, deux personnes coopérant ainsi. Mais monter dans la voiture d'un autre sans savoir réellement si on pouvait lui accorder sa confiance... Mais Joshua devait avoir compris ça, car il ne pressa en aucun cas Julian. Au contraire, il s'adossa contre un mur, croisa les bras, et commença à réponse à son autre question.

« Franchement, ça se passe bien. On a pas de "chef" désigné, du coup c'est plus simple comme ça. Pas de tentative de prise de pouvoir, ou ce genre de trucs qu'on pouvait voir dans les films. »

C'était déjà une bonne chose, en espérant évidemment que cela continuerait. Cependant, l'organisation pouvait être plus difficile sans une personne pour vraiment diriger, même de façon démocratique... Mais après tout, cela semblait fonctionner ainsi, sinon le jeune adulte aurait probablement fait une réflexion là-dessus.

« Sinon, y a quelques règles, bien sûr. Mais rien de bien grandiose. »

Julian aurait aimé plus de précisions, mais il n'osait pas trop en demander non plus. S'il allait à la zone, il aurait l'opportunité d'en savoir plus, après tout. Mais à nouveau, s'il n'y avait pas eu assez de règles pour que l'organisation soit stable, Joshua en aurait parlé. Les habitants de la zone avaient-ils trouvé le juste milieu ? Mis en place suffisamment de règles pour que tout tienne en place, sans pour autant oppresser tout le monde ? Cela semblait être le cas. Mais il faudrait évidemment le vérifier, afin de ne pas avoir de mauvaise surprise au bout d'une semaine.

« Tu penses que tu finiras par réussir à convaincre tes compagnons de route ? Vivre comme ça, dehors ... Tu as peut-être l'habitude maintenant, mais une fois que t'es dans la zone, tu te rends compte à quel point c'était horrible, comme vie. »

Julian se demanda un instant pourquoi est-ce que l'homme en face de lui l'aidait ainsi. Il n'y gagnait absolument rien : au contraire, il perdait la moitié des médicaments qu'il avait réussi à dénicher, ce qui n'était pas rien, par des temps pareils. Il semblait répondre le plus sincèrement possible, et il y avait dans ses paroles cet accent de vérité qui  n'existe que lorsque l'interlocuteur sait de quoi il parle. Peut-être était-ce pour cela, après tout. Lui aussi avait connu la dure existence que menaient actuellement Julian, Loup et Kilian. Il savait ce que c'était que de s'endormir la peur au ventre sans la moindre certitude quant à un lendemain possible. Et surtout, il semblait savoir le soulagement que c'était de se retrouver dans un endroit sûr, enfin, après des mois d'une vie dangereuse et incertaine. Alors il voulait les aider, parce qu'il comprenait ce qu'ils ressentaient.

C'était peut-être aussi pour cela que Julian souhaitait lui faire confiance. Parce qu'il semblait sincère, et qu'il savait de quoi il parlait. Cela inspirait confiance, d'autant plus que ces derniers temps – depuis le début de l'invasion en réalité – l'adolescent était perdu. Plus rien à quoi se raccrocher, plus personne à qui se fier, seulement ses pieds qui l'entraînaient chaque jour plus loin, vers un objectif qui lui semblait flou. Et voilà qu'un inconnu semblait vouloir vraiment l'aider, et lui offrait l'opportunité de rejoindre un endroit beaucoup plus sûr...

Julian resta un instant indécis, avant de prendre une inspiration.

« Je te suis. »

Il garderait son couteau à portée de main. L'opportunité était trop belle pour être gâchée. De plus, Joshua aurait les mains sur le volant : il serait donc en désavantage. Et puis, Julian avait confiance en lui. En tout cas, autant confiance qu'il aurait pu en avoir étant donné les circonstances. S'il avait voulu le tuer, il l'aurait déjà fait, s'approchant dans son dos dans la pénombre de la réserve. Découvrir la zone était tellement tentant... Deux heures... Ce n'était pas si long que ça après tout. Loup et Kilian ne devraient pas trop s'inquiéter.

« Je n'en ai aucune idée... En fait, ça dépendra surtout des règles qu'il y a là-bas, je pense. Ils tiennent beaucoup à leur indépendance. Moi aussi d'ailleurs, et c'est sûr que si on m'oblige à rester enfermer dans une pièce sans bouger je ne resterai pas. Mais eux c'est encore pire, la moindre règle peut les décider à ne pas y aller. »

Julian se tut un instant.

« Et merci. Vraiment. »

Peut-être était-il trop tôt... L'autre pouvait toujours lui faire un sale coup. Mais Julian n'avait pas envie d'y croire...
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Mar 14 Jan - 13:18



nothing to loose
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J'avais bien compris, deviné même, qu'accorder sa confiance était loin d'être aisé, dans un monde comme le nôtre. Julian ne pouvait pas juste me dire ok, et s'embarquer avec moi dans une folle aventure, dont il ne pouvait pas être certain de l'issue. Alors, non, je ne lui voulais aucun mal - ça ne m'aurait rien rapporté de lui faire quoi que ce soit, de toute façon - mais lui ne pouvait pas juste le savoir. C'était plus compliqué que cela. Beaucoup plus compliqué, même. Je devais donc être patient, et prendre le temps de bien expliquer les choses. Je n'avais pas envie de le presser si c'était pour que ça parte en guérilla après. Je n'avais jamais tué de survivant, et j'avais l'intention de faire en sorte que ça continue ainsi. Je n'avais pas cet instinct de tueur comme certains de la zone semblaient l'avoir. Dans le fond, j'étais encore trop jeune pour tout ça. Donc, tant que je pouvais éviter d'avoir à commettre l'irréparable sur des personnes bel et bien vivantes, je le faisais. Et puis, ce Julian m'inspirait confiance. Je ne le connaissais pas, mais sa jeunesse, peut-être, m'atteignait plus qu'autre chose. Je ne pouvais pas m'empêcher d'essayer de lui trouver diverses alternatives, de le proposer de rejoindre la zone même. Mais si ses compagnons n'étaient pas d'accords, je ne doutais pas qu'il ne viendrait pas. C'était comme ça, dans le monde tel qu'il l'était aujourd'hui : il y avait ceux pour qui on était prêts à tout, ceux desquels on se méfiait, et les neutres.

J'osais espérer que je faisais partie de la catégorie des "neutres" pour Julian, je n'avais pas très envie de me prendre une balle pendant que je conduisais direction la zone. Mais mon instinct me soufflait qu'il n'était pas comme ça. De toute façon, qui ne tente rien, n'a rien, n'est-ce pas ? Et bien, pour mes anti-dépresseurs, j'étais prêt à tout. Même à faire confiance à un parfait inconnu, et à le guider jusqu'à notre lieu de vie. De toute façon, ce n'était pas comme si les fondateurs de la zone cherchaient à la rendre discrète. Elle était plantée là, et tout le monde - ou en tout cas, la majeure partie des survivants, le savaient très bien. Ce n'était pas une grande nouveauté pour tout le monde. « Je te suis. » Me dit-il finalement. Je lui accordai un sourire, et me redressai. « On a plus qu'à charger tous les cartons dans ma voiture. » Je répondis, neutre. Il y avait donc pas mal de boulot mais à deux, ça ne devrait pas être bien long. Tout en extirpant un énième carton de la réserve, j'écoutai ce que Julian avait à me dire sur ses compagnons de route. Je ne doutais pas un seul instant qu'il se rendait compte à quel point l'opportunité était magnifique. Combien de survivants, habitants de la zone, avait-il croisé jusque-là ? Très peu, voir uniquement moi, à n'en pas douter.

J'avais la possibilité de lui parler de la vie là-bas, et de lui expliquer tout un tas de choses que je ne pouvais que savoir. Après, je comprenais aussi que les personnes avec qui il voyageait soient aussi récalcitrants. Tout était devenu si complexe et synonyme de duperie, de piège, et de dangerosité ... Moi-même, j'avais eu beaucoup de mal, au départ, à me faire à l'idée de venir vivre là-bas. Me plier aux règles, vivre en communauté, tout ça n'était p as censé être pour moi. Et résultat, je sortais aussi souvent que possible de la zone pour ne pas être trop "oppressé". Tout se passait plutôt bien, même si mon addiction me posait parfois - voir souvent - quelques problèmes. Des problèmes vite résolus. « Vous avez quel âge ? Tous les trois. » Je demande soudainement. Il ne va sans doute pas comprendre, mais j'ai mes raisons. Les mineurs ne sont pas autorisés à sortir de la zone sans être accompagné ... Et je ne doute pas que ça va leur poser un problème s'ils ont bel et bien en dessous des dix-huit ans requis. Mais au pire, ils peuvent aussi mentir, non ? Plus personne n'a de papiers. Et l'horreur de notre monde les a, sans aucun doute, transformés. « Je t'en prie, c'est normal. C'est plutôt rare de croiser des marginaux alors ... Autant aider un peu. » Je réponds sincèrement, sourire aux lèvres. Ce n'est pourtant pas vraiment mon genre de venir en aide aux inconnus ... Mais le monde nous change, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: julian ∆ nothing to loose. Mer 13 Aoû - 21:10

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