AILEEN → "It sets the air on fire. No pain. An end to sorrow, grief, regret. Everything."
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LOVE LOVE:
 

× A propos du vaccin : :
Plutôt crever que de faire ce foutu vaccin !

× Âge du perso : :
31 ans, bientôt 32.

× Localisation (+ avec qui) :
en Californie, et plus précisément à Yosemite.

× Avant, j'étais : :
serveuse dans un bar.

× Messages : :
21395

× Points de vie : :
388

× Copyright : :
© lux aeterna (avatar), © schizo' (code signa)

× Avatar : :
Kristen Bell.

× Et ton p'tit pseudo ? : :
Schizophrenic.

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MessageSujet: AILEEN → "It sets the air on fire. No pain. An end to sorrow, grief, regret. Everything." Ven 2 Nov - 14:31

Aileen L. Blackhood
PRÉNOM(S) † Aileen, prénom que sa mère voulait à tout prix faire porter à sa première fille et qu'Aileen a toujours particulièrement aimé. Peut-être parce qu'il vient de sa mère. Ou peut-être pour une raison tout ce qu'il y a de plus logique : elle l'aime comme tel. Son second prénom est Lilith, qu'elle a héritée de sa grand-mère maternelle et que, en revanche, elle ne partageait pas avec grand monde. Pour son aspect provocateur et son origine. NOM † Blackhood, nom de famille courant et qui vient de la famille de son père, avec laquelle elle n'a eu que très peu de contacts. Des oncles dispatchés un peu partout aux Etats-Unis et dans le reste du monde, des grands-parents très tôt décédés. ÂGE † 31 ans à l'heure actuelle, elle en aura bientôt 32. DATE DE NAISSANCE † c'est le 4 juin 1985 qu'elle a vu le jour pour la première fois. LIEU DE NAISSANCE † née à New-York, c'est aussi là qu'Aileen a passé le reste de sa vie. Autant dire que l'apocalypse a au moins le mérite de lui faire voir du pays ... ANCIEN LIEU D'HABITATION † lorsque l'épidémie a frappé, Aileen était à San Francisco, mais c'est bel et bien à New-York qu'elle vivait. Elle y est d'ailleurs vite retournée, dans l'espoir de retrouver sa famille. ANCIEN MÉTIER † avant que tout cela n'arrive, Aileen était serveuse dans un bar relativement bien fréquenté de New-York. Alors, elle adorait les contacts humains et elle adorait parler avec autrui. Les choses ont bien changé, depuis. STATUT FAMILIAL † célibataire, Aileen admet néanmoins ne pas être insensible au charme qu'un certain survivant, avec qui elle voyage depuis un bout de temps déjà. ORIENTATION SEXUELLE † hétérosexuelle. CÉLÉBRITÉ SUR L'AVATAR † Kristen Bell la magnifique. GROUPE QUE TU SOUHAITES REJOINDRE † Les vagabonds deux de l'époque. CRÉDIT AVATAR † Swan.



OMG. Allez, je laisse tel que je l'avais écrit à l'époque : Bonyouuuuur ! Moi c'est Emilie, alias schizophrenic sur le web. J'aurai bientôt dix-huit ans, et j'ai connu ce fo ben... par moi-même, en fait. Qui, d'ailleurs, est perfecto en tout point de vue... Ok, j'arrête de me vanter ! Je suis présente autant que possible, c'est-à-dire minimum une fois par semaine et dès que j'ai la possibilité de passer, en fait... Pour avoir le code, il te faudra lire toi-même le règlement, désolée

Décris ton caractère d'avant l'épidémie puis de maintenant.
Autrefois, Aileen était une personne joviale. Elle souriait, était très sociable et profitait de chaque instant que la vie lui offrait. Elle trouvait le bon dans le mauvais, le bonheur dans le malheur. Bref, elle réussissait à tout - ou presque - trouver parfait, et réussissait à mettre un peu - voire beaucoup - de son optimisme dans à peu près toutes les situations. Elle aimait beaucoup faire rire les gens, remonter le moral à chaque personne qui l'entourait et qui lui semblait au plus mal. Et des gens comme cela, elle en voyait à la pelle sur son lieu de travail. Peut-être aurait-elle dû devenir psychologue, et elle aurait très bien pu se tourner sur cette voie-là si les choses n'avaient pas pris une telle tournure. Il était également très rare de la voir s'apitoyer sur son sort, elle voulait que les gens autour d'elle se sentent bien et pas qu'ils l'entendent se plaindre à longueur de temps. Cela lui jouait des tours parfois, à trop tout garder pour elle,  elle frôlait parfois la crise de nerfs. Mais jamais aux yeux du monde.
En bref, Aileen était une véritable boule d'énergie, qui masquait ses peines pour, plutôt, se préoccuper des autres. Et puis, il y a eu l'invasion.
Sa vie entière en a été bouleversée, tout comme celles de milliers, de milliards, d'autres. Si, au départ, elle est restée fidèle à elle-même, avec son lot de moments de frayeurs et de sentiments d'injustice, elle n'a pas tardé à changé du tout au tout. Pour survivre, elle a dû traverser certaines épreuves, affronter certaines personnes devenues tout simplement inhumaines. Et, peu à peu, elle s'est transformée. Elle est devenue quelqu'un d'autre, une personne aux antipodes de ce qu'elle était autrefois. De la Aileen entourée d'amis plus ou moins proches, elle est passée à une jeune femme froide et avide de solution. La seule personne ayant réussi à briser certaines de ses barrières, c'est Ezeckiel. Elle ne le savait pas au début, ne voulait en tout cas pas l'accepter. Et puis ... elle a peu à peu baissé les armes. Avec lui, en tout cas. Avec les autres, et en particulier les hommes, c'est une toute autre affaire : elle est froide, solitaire, un peu aigrie sur les bords aussi.
Que ressens-tu quand tu vois un zombie ? Est-ce que tu les tues ? Si oui, que ressens-tu ?
Les premiers jours, les premières semaines voire même les premiers mois, elle était terrifiée. Littéralement à bout de nerfs lorsqu'elle croisait l'une de ces ... choses. Le simple fait de se retrouver face à l'un d'entre eux la statufiait sur place. Il faut dire que le spectacle n'est généralement pas ragoûtant - et que cela empire de jour en jour - : leurs peaux en décomposition, leurs bouches bien souvent couvertes de chair et de sang, leurs membres coupés, déchirés, arrachés, etc ... Alors, au départ, la jeune femme faisait tout pour les éviter, pour ne pas avoir à être confrontée à eux. Surtout qu'à ce moment-là, elle ne parvenait pas à oublier qu'ils avaient un jour été humains, eux aussi. Ils avaient des amis, une famille, une vie.
Mais plus rien n'est comme avant. A présent, Aileen ne ressent plus le moindre remords à leur ôter leur semblant de vie. Bien au contraire, elle ressent presque le sentiment de les soulager d'une manière ou d'une autre, de leur permettre de reposer enfin en paix. Bien sûr, elle ne le fait jamais de gaieté de coeur - qui pourrait en arriver là ? - et il lui arrive encore de se demander qui ils étaient, à quoi ils aspiraient, etc ... Mais elle les tue. Parce que c'est eux, ou elle. Eux, ou Ezeckiel parmi d'autres.

As-tu perdu beaucoup de proches et les pleures-tu encore ?
Lorsqu'elle est retournée chez elle, à New-York, quelques semaines après le début de l'épidémie, elle a découvert ses parents transformés dans la maison familiale, qu'elle avait quittée bien des années auparavant. Ce jour-là, elle a donc dû tuer deux des personnes qui lui étaient le plus chères. Il y a aussi eu Aelisia, sa sœur cadette ... Dans son cas, la situation est toute autre : Aileen l'a retrouvée dans son appartement, en très mauvaise compagnie. Des dealers - elle avait des relations très néfastes, oui - profitaient déjà de la situation, du chaos extérieur pour faire du mal autour d'eux. Pour céder à leurs plus bas instincts et à leurs pulsions les plus atroces. C'est sous les yeux d'Aileen qu'ils ont tuée Aelisia, elle qui était déjà mal en point. En plus de ces trois membres de sa famille, Aileen a également perdu ses amis, qu'ils soient proches ou éloignés. Elle ne les a pas vus, mais elle imagine qu'il n'a pu que leur arriver du mal. A tous.
Malgré tout, Aileen s'efforce de ne plus les pleurer, pas même sa sœur de laquelle elle était pourtant très proche. Parce que, dans l'état actuel des mondes, montrer ses faiblesses c'est signer son arrêt de mort. Et elle n'est pas encore prête à baisser les bras.
Penses-tu avoir évolué depuis le début de l'invasion ?
Indéniablement, oui. Dans un sens positif d'une part, puisqu'elle est moins fragile et moins idiotement optimiste. C'est ce qui lui permet de survivre, puisqu'elle a moins d'hésitation lorsqu'il s'agit de tuer un rôdeur ... ou un humain aux mauvaises intentions indéniables. Et, d'autre part, dans un sens plutôt négatif. En effet, Aileen s'est atrocement renfermée sur elle-même ces dernières années. Elle privilégie dès qu'elle le peut la solitude, par peur de perdre des personnes auxquelles elle pourraient s'être éventuellement attachées au préalable. Elle n'est plus la même. Plus du tout. Et, en même temps, elle a dû mal à imaginer qu'il soit ne serait-ce qu'envisageable de rester semblable à celui qu'on était autrefois.
Changer est une nécessité. Presque une obligation.


_________________
en présence très réduite jusqu'au 9 août
Maybe it was all too much. Too much for a girl to take.
I don't want to play this game no more. I don't want to stay 'round here no more. Like rain on a Monday morning, like pain that just keeps on going on. Look at all the hate they keep on showing, look at all the stones they keep on throwing.



Dernière édition par Aileen L. Blackhood le Sam 5 Nov - 22:00, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: AILEEN → "It sets the air on fire. No pain. An end to sorrow, grief, regret. Everything." Ven 2 Nov - 14:32


It sets the air on fire. No pain. An end to sorrow, grief, regret. Everything.

" Swing my heart across the line "

« Dis Maman, c'est vrai que si je mange trop de bonbons j'aurais un ventre comme le tien ? » La délicatesse d'un enfant. L'innocence d'un petit être pur, cinq ans à peine, les deux dents de devant en moins et l'air mutin. Un peu effrayé aussi si l'on y regarde de plus près. Sa mère, les cheveux comme les blés dont la petite a hérité, explose de rire. Un rire cristallin qu'Aileen adore entendre ... d'habitude. Là, elle a trop envie de comprendre pour accepter de l'entendre. Elle veut savoir. Que risque-t-elle, à manger trop de bonbons ? C'est qu'elle les aime, ses bonbons. Si elle peut éviter d'avoir à arrêter d'en dévorer, elle le fera. Encore faut-il qu'elle sache les potentielles conséquences que cela peut engendrer. « Bien sûr que non, ma chérie. Tout ce que tu risques, c'est quelques vilaines caries et plus de rendez-vous chez le dentiste ... » Le dentiste ? Brr. Comme tant d'autres enfants, Aileen a horreur de cela. Bien, elle mangera moins de bonbons alors. « Tu veux que je te dise un secret ? » L'air amusé de sa mère, ses yeux brillants et ses cheveux légèrement décoiffés suffisent à faire oublier toutes ses préoccupations à Aileen. A moins qu'il ne s'agisse seulement de ce secret qu'elle tient visiblement à partager avec elle ... Elle hoche la tête vivement sans se soucier de ses articulations qui finiront par lui faire mal, un jour ou l'autre. « Tu vas être grande sœur. » Quoi ?! Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? Plusieurs fois, les yeux d'Aileen font le voyage entre le visage de sa mère et son ventre arrondi. Soudain, elle se rappelle de ce dont elles ont déjà parlé toutes les deux. Une petite sœur ? Elle n'est même pas sûre d'en vouloir une.
(...)
« Papa ! C'est quand que Maman revient ? » L'air courroucé, Aileen se plante face à son père, assis sur le canapé. Elle, est debout, sourcils froncés et ses petits poings enfoncés dans ses hanches. « Je te l'ai déjà dit. On va la chercher dans une heure. Avec Aelisia. » Il insiste beaucoup sur le Aelisia, à croire qu'elle n'a toujours pas compris ce que cela signifiait. Mais si, elle a finit par assimiler l'idée que cette petite intruse allait s'immiscer dans sa vie. Dans sa famille à la bonne réputation. Si elle l'a assimilée, elle ne l'a néanmoins pas acceptée. Et elle ne le fera pas. Elle refuse son rôle de grande sœur, c'est aussi simple que cela. Qu'on la ramène là d'où elle vient. Malgré son petit âge, Aileen réussit à faire la tête à son père - même si elle sait pertinemment que cela ne durera pas - et s'installe sur le canapé à côté d'elle, bras croisés sur son torse et les traits plus tendus que jamais. C'est sa mère qu'elle veut voir, pas sa soit-disant petite sœur voleuse de maman ! Attendez qu'elle la franchisse le pas de cette porte, Aileen lui fera vite comprendre qui est à sa place ici et qui ne l'est pas. Cela fait des semaines qu'elle essaye convaincre sa mère de faire quelque chose contre cela mais rien à faire. Elle a refusé et la voilà maintenant qui doit appeler ce bébé Aelisia. Et puis quoi encore ? Elle ne va pas non plus devoir lui donner de petits surnoms et la garder quand elle sera plus grande et que ses parents auront besoin de son aide, si ?!
(...)
Lorsque ses yeux se posent sur la petite fille dans les bras de son père, Aileen doit bien reconnaître qu'elle se sent ... bizarre tout à coup. Jusque-là, elle refusait tout bonnement de faire ne serait-ce que la regarder. Et maintenant qu'elle l'a fait - au départ décidée à la remettre à sa place -, elle ne peut plus tourner les yeux ailleurs. Elle est si petite. Si mignonne. Et ses petites mains ... ses petits pieds. Si elle le pouvait, il est évident qu'Aileen serait en train de fondre devant elle. Cette petite Aelisia. Sa petite sœur. La sienne. « Elle peut dormir dans ma chambre ? » Trop occupée à regarder les petits doigts d'Aelisia qui sert avec force sa propre main, Aileen ne remarque pas le regard d'abord interloqué puis amusé qu'échangent ses parents, juste au-dessus d'elle. Ils n'en reviennent pas de ce revirement de situation, quoi qu'ils auraient dû s'en douter. N'est-ce pas récurrent qu'une fille aînée se sente dépossédée de sa famille avec l'arrivée inopportune d'une nouvelle venue au sein de la famille ? La sage-femme leur en a vaguement parlé, a dit que cela allait se tasser d'elle-même. Et très bien se passer du moment qu'ils ne déclenchent pas la jalousie de l'une ou de l'autre d'une manière ou d'une autre. « Oh tu sais, elle va avoir sa propre chambre. Elle ne va pas beaucoup dormir la nuit, dans un premier temps. » Aileen hoche la tête à plusieurs reprises, très concentrée. Cela signifie-t-il qu'elle va faire des cauchemars ? Ou qu'elle va mal vivre son arrivée ici ? Foi d'Aileen, elle fera tout pour que ce ne soit pas le cas et qu'elle se sente merveilleusement bien ici, au sein de cette maison.

" Lately i've been losing sleep "

Aileen se réveille en sursaut dans son lit. Elle n'est pas en proie aux cauchemars, d'habitude, mais la situation avec Aelisia est de plus en plus compliquée et tendue. Autant avec elle qu'avec ses parents. Surtout avec eux, d'ailleurs. Elle fait n'importe quoi. Elle n'a que seize ans et déjà un sacré palmarès de conneries. Aileen qui a, elle-même eu sa période turbulente, n'en est jamais arrivée là. Elle n'a jamais touché à la drogue, ne buvait que très modérément. Aelisia, elle, fait conneries sur conneries. Sa sœur aînée a vu, une fois, avec quel genre de personnes elle traîne. Qui pourrait s'étonner de voir à quel point elle a mal tourné ? Mais il n'est pas trop tard pour la remettre dans le droit chemin, Aileen veut y croire. Elle doit y croire. Elles ont toujours été proches toutes les deux alors, elle veut essayer de lui parler. Elle n'a rien à perdre, de toute façon. Aileen tend l'oreille, entend distinctement le grincement caractéristique des marches d'escalier, à quelques pas de sa chambre. Pas la peine d'être devin pour deviner qui vient de rentrer à la maison. Il est trois heures du matin ... « Aelisia ? » La voix d'Aileen n'est qu'un chuchotis, mais Aelisia l'entend distinctement. Elle se redresse, la lueur de la chambre l'éclairant désormais. Ses yeux sont rougis et il est évident que ce n'est pas parce qu'elle a pleuré. « On peut discuter, viens ... » Mais Aelisia lève le bras et tend son majeur dans sa direction. « Occupe-toi de ton cul ! » Cela a au moins le mérite d'être clair ... Aileen bat en retraite, vaincue. Elle sait que ce n'est pas en lui parlant alors qu'elle est dans cet état qu'elle parviendra à quoi que ce soit. Demain, elle le fera. Oui, demain.
(...)
Allez, respire Aileen, ce n'est qu'un mauvais moment à passer. La dite-Aileen prend une profonde inspiration, arrange des plis imaginaires sur sa chemise avant de souffler un bon coup. Ce n'est qu'une impression, mais elle se sent comme si c'était elle qui allait au purgatoire. Comme si elle était celle qui allait se faire tuer par leurs parents d'un instant à l'autre. Comme si c'était elle, qui avait fait une grosse connerie. Ce n'est pas le cas, pourtant. Loin de là, même. Sa petite sœur est enceinte et elle a décidé de prendre la responsabilité de tout dire à leurs parents. Si Aelisia le fait elle-même, ils risquent fort de la tuer, voire même de ne pas l'écouter. Aileen, elle, peut le faire. Ils ont une bonne image d'elle. Une bonne opinion. Elle ne sèche jamais de cours, n'a jamais pris de drogue de sa vie, ils s'imaginent même qu'elle n'a jamais touché à une seule goutte d'alcool. Ce dernier point est totalement faux, bien sûr, mais ils ne sont pas obligés de le savoir. Aileen a vingt ans, elle n'est plus une gamine. Elle est même plus responsable que la majorité des filles de son âge. « Maman, papa, il faut que je vois dise quelque chose. » L'air plus sérieux que jamais, Aileen se poste face à eux. Elle ne se sent pas assez décontractée pour s'asseoir alors elle se contente de rester là. Deux regards blasés finissent par se poser sur eux. Quand sont-ils devenus ces personnages aigries et distantes l'une avec l'autre ? Il y a bien longtemps qu'il n'y a plus d'amour entre eux. Mais là n'est pas la question. « Je vous en prie, garder l'esprit ouvert. Et n'oubliez pas qu'il s'agit de votre fille, elle a besoin de votre soutien. De notre soutien. Aelisia va ... elle attend un bébé. » Préoccupé, Aileen regarde le visage de ses parents se transformer, puis passer du détachement à la fureur. Et merde, ils ne vont sans doute pas garder l'esprit ouvert comme elle l'aurait espéré.
(...)
« Vous n'êtes pas sérieux ? » Aileen a beau fixer son père avec insistance, celui-ci ne prend même pas la peine de tourner la tête dans sa direction. « Si, parfaitement. » La réponse horripile la jolie blonde au plus haut point. Comment peut-il se montrer aussi ... insensible ? Aelisia a beau être ce qu'elle est, elle reste sa fille. Sa fille qui ne cherche qu'une seule chose : attirer l'attention et être un peu moins vue comme le "boulet de la famille". « Et quand t'auras mise enceinte ta maîtresse, tu te comporteras de la même façon ? Tu la feras avorter avant de l'envoyer dieu seul sait où pour que le secret reste un secret ? » Enfin son père la regarde. Enfin il comprend qu'elle ne laissera pas tomber l'affaire aussi facilement. En même temps, depuis le départ de toute cette histoire elle essaye de faire au mieux pour tout le monde. Mais là, elle n'en peut plus. Elle ne veut même plus essayer alors que, visiblement, elle est la seule à vouloir faire quelque chose pour sauver cette famille. Il n'y a plus rien à faire, et elle s'en rend tout juste compte. « Tu n'es qu'un sale hypocrite. Et, tu sais quoi, Aelisia te détestera encore plus quand elle sera majeure et enfin libre et elle aura parfaitement raison de le faire. » Les mots en eux-mêmes suffisent à faire taire son père qui la regarde désormais, un air choqué ancré sur le visage. Quoi, il s'étonne encore qu'elle ait du répondant ? Elle aussi sait le faire. Ce n'est pas parce qu'elle s'est tue pendant des années qu'elle n'est qu'une petite intello, tout juste bonne à couvrir sa petite sœur et à accéder aux requêtes et attentes de ses parents. Et elle est tout autant capable qu'Aelisia d'aller boucler ses affaires dans sa chambre pour quitter cet endroit au plus vite. Sauf qu'elle, elle n'est ni forcée, ni contrainte. Et elle, c'est définitif.


" We'll be counting stars "

Bras croisés sous sa poitrine, son pied commençant à taper le sol à intervalles réguliers, Aileen cherche du regard une petite tête blonde qu'elle connaît bien. Sa soeur a enfin l'âge de quitter l'internat dans lequel les parents l'ont foutue, cinq ans plus tôt, et Aileen a décidé de l'héberger un temps. Le temps qu'elle trouve un job, un appartement, bref une certaine stabilité. Enfin Aelisia fait son apparition. Si elle est surprise de voir à quel point elle a changé, elle n'en montre rien. Mais il ne lui faut que quelques minutes et une distance beaucoup moins avancée entre elles pour se rendre compte que ce n'est pas uniquement sa manière de se vêtir qui a été radicalement modifiée. Des cernes soulignent ses yeux, lesquels sont rouges et en piteux état. Les signes, Aelisia les connaît, mieux que personne, mieux qu'Aileen elle-même. Mais elle décide de garder cela pour elle ... au moins pour un temps. Elles viennent de se retrouver, ce n'est pas le moment de la faire chier sur un sujet comme celui-là. Aileen la serre dans ses bras, plus qu'heureuse de la retrouver après tout ce temps. « Je suis contente que tu sois là. » La dernière fois qu'elles se sont vues, c'était il y a six mois pour les vacances de Noël. Des fêtes qu'elles ont passées entre elles, peu désireuse qu'elles étaient de se retrouver au milieu du foyer familial complètement éclaté. A ce stade-là, elles ne savent même plus pourquoi leurs parents restent ensemble alors qu'il est évident qu'ils ne se supportent plus depuis des années. Presque autant qu'Aileen ne supporte plus son père, et sa mère parfois. « Moi de moi-même Leen. » Ces années passées à l'internat ont été bénéfiques mais l'idée d'être enfin majeure et libre de ses mouvements l'enchante bien plus qu'elle ne le montrera jamais. Et, pour couronner le tout, elle retrouve enfin sa grande sœur. Elles ont plein de choses à rattraper.
(...)
« Pour de vrai, dis-moi ce qu'il t'est arrivé. » Aileen, assise face à Aelisia, hausse les sourcils. Qu'est-ce qu'elle veut dire par là ? « Aelisia, ça fait cinq ans, bien sûr qu'il s'en est passé des choses. » Aelisia, dans toute son immaturité habituelle, lève les yeux au ciel. Elle ne va quand même pas se foutre de sa gueule et prétendre que tout est ok dans le meilleur des mondes, hein ? Aileen ne parle presque plus à leurs parents. Elle s'habille différemment. Ne passe plus tout son temps le nez dans des bouquins. Travaille même dans un bar alors qu'elle aspirait à devenir une brillante avocate. Et, pire que tout, elle semble avoir plongé dans les mêmes vices qu'elle à l'époque. Aelisia est devenue la plus sage des deux, c'est affligeant. « Je sais que tu prends ... » Aileen lève la main pour l'interrompre. « J'ai arrêté il y a des années. » Bon, elle s'est peut-être trompée sur ça, mais tout le reste est bien là. Parce que si Aileen ne prend plus de drogues - on peut remercier son vieil ami Conrad pour ça -, elle n'en reste pas moins ... apathique. Comme si elle n'avait plus d'objectifs, plus de volonté propre. Elle n'a jamais quitté New-York. A arrêté ses études à l'instant même où Aelisia a été envoyée à l'internat et où elle a pris son propre appartement. « Ma vie me va très bien comme elle est, ne te fais pas de bile. » Aileen lui sourit, désireuse de la rassurer. Une fois par semaine au grand minimum, les deux sœurs se retrouvent chez l'une ou l'autre autour d'un verre. Et ce n'est pas la première fois qu'Aelisia aborde ce sujet. Mais Aileen refuse d'admettre que quelque chose cloche chez elle. Être serveuse lui va très bien, quoi qu'en pense sa famille. Et pour rien au monde elle ne changerait sa vie actuelle.
(...)
C'est en courant qu'Aileen débarque son salon. Juste à temps pour décrocher le téléphone, avant que la personne au bout du fil n'ait eu le temps de tomber sur son répondeur. Et cette personne, c'est ... « Conrad ? » Son interlocuteur lui répond brièvement, juste avant qu'Aileen ne se mette à parler. Longuement, l'excitation teintant derrière chacune de ses paroles. Il faut dire qu'il y a de quoi l'être. « J'ai revérifié mon billet, j'arriverai le 11 décembre à San Francisco. Le temps de me poser à l'hôtel et on pourra se voir ? » Pour la première fois de toute sa vie, Aileen va quitter New-York. Elle a vingt-huit ans et il était grand temps pour elle de faire quelque chose, de bouger un peu. C'est Aelisia qui a achevé de la convaincre et elle s'est lancée. Elle connaît quelqu'un à San Francisco, alors pourquoi pas ? Elle est persuadée que ce voyage lui sera bénéfique. Il ne peut que l'être. « Parfait, à la semaine prochaine ! » Toute souriante, Aileen raccroche et pose son portable sur la petite table de son salon. Après toutes ces années, elle va enfin revoir Conrad ! Il lui a été d'une grande aide, à un moment de sa vie où elle était au fond du gouffre. Mais puisqu'ils habitaient si loin l'un de l'autre, ils n'ont jamais eu l'occasion de se revoir. Cette occasion s'est enfin présentée. La semaine prochaine, Aileen s'envolera pour San Francisco ... sans savoir qu'elle signe là pour plus d'aventures et de complications que ce qu'elle pensait au départ.

You kill or you die or you die and you kill. † the walking dead.

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