Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy
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Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy

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MessageSujet: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Mar 20 Mai - 22:44

Alistair avait passé deux jours dans les bois non loin de Price avant de se décider à s'y risquer. Après bientôt six mois de road-trip à travers les États-Unis, il était à bout et avait grand besoin de matériel. Vivres, médicaments, n'importe quoi qui n'aurait pas été pillé et qui pourrait servir à le maintenir en vie un peu plus longtemps. Et il lui fallait se poser, au moins quelques jours, pour récupérer. Il était épuisé, affamé, sale et les vêtements déchirés. De loin, on allait finir par le prendre pour un Rôdeur.

Il avait passé l'hiver en pleine nature et avait bien failli y laisser sa peau. Alistair n'avait jamais été un as de la survie. Il n'avait même jamais fait de camping auparavant et comme il n'avait pour ainsi dire jamais quitté Chicago, la notion de « pleine nature » le rendait un peu nerveux. Seule sa débrouillardise et son aptitude à recycler tout et n'importe quoi en choses utiles lui avait permis de ne pas finir son aventure en hors-d’œuvre pour grizzlis. Les zombies encore, il avait su les éviter. Encore heureux, d'ailleurs, car il aurait bien eu du mal à s'en débarrasser. Alistair ne savait pas se battre et n'avait pas trouvé d'arme à feu. Tout ce qu'il avait, c'était un arc fabrication maison dont il se servait pour chasser. C'était mieux que rien, certes, mais il n'allait pas se montrer téméraire pour autant.

Bref, il avait fini par se décider et après être sûr que la station-service de la ville était déserte, il s'y était aventuré. Beaucoup de choses avaient été pillées, mais il avait quand même réussi à trouver un peu de nourriture qui n'avait pas moisie et divers objets qui pouvaient toujours servir. Il avait emprunté l'escalier de service pour découvrir qu'il menait sur le toit, via une solide porte type coupe-feu. L'endroit était un peu exposé mais comme l'escalier était le seul moyen d'y parvenir, Alistair y avait installé un abri de fortune. Avec une bâche, quelques morceaux de ferraille et un peu de patience, il avait bricolé une sorte de tente, qui n'était pas un modèle de design mais pourrait au moins l'empêcher de prendre la pluie. L'été s'installait et le temps était plus que clément, mais Alistair avait appris à ne pas trop tenter le diable.

Il s'était ensuite occupé de renforcer la porte en la bloquant avec un autre morceau de métal. Depuis l'invasion, il ne dormait que sur une oreille de toute façon, mais là, à moins que les zombies n'aient appris la varappe et l'atteignent en grimpant les murs, il devait être assez tranquille de ce côté-là.

Il avait passé une journée complète à se reposer, essayant de récupérer des forces dont il manquait cruellement. Dénutri et épuisé, il commençait à se dire qu'il allait vraiment y passer s'il continuait comme ça. Il faudrait qu'il trouve d'autres gens… s'il en restait. Dans le chaos qui était autrefois son pays, il commençait à se demander sérieusement s'il n'était pas le seul survivant. La pensée était clairement déprimante. S'il parvenait à se faire accepter d'un petit groupe, il avait clairement plus de chance de s'en sortir. Il y aurait forcément des gens plus doués que lui pour se défendre, chasser et reconnaître les fruits mangeables et ceux qui vous clouaient dans un buisson avec l'intoxication alimentaire de votre vie. Ses capacités en mécanique pouvaient être appréciées, en retour. Il se demanda s'il n'allait pas explorer un peu Price voir s'il ne trouvait pas des gens, même s'il avait peu d'espoir, puisque personne n'avait eu l'air d'avoir été alerté par sa petite installation. Mais avant ça, il fallait qu'il soit à peu près d'aplomb, histoire d'avoir une chance de survivre s'il y avait des zombies dans la ville. Et il y en avait probablement. S'il avait évité les zones urbaines jusqu'à présent, c'était surtout pour cette raison.

Le deuxième jour, il avait passé la station-service au peigne fin histoire de récupérer et de recycler tout ce qui pouvait encore l'être. Alistair avait toujours eu un don pour retaper des choses que le reste des gens considéraient comme bonnes pour la casse ; depuis l'Apocalypse, cette capacité avait évolué en quelque chose proche de MacGuyver. C'était probablement cette adaptabilité qui l'avait maintenu en vie, d'ailleurs.

Une fois la récupération terminée, il était remonté sur le toit pour la partie bricolage. Alors qu'il terminait de mettre au point un système de récupération de l'eau de pluie, des grognements ô combien typiques attirèrent son attention. Il étouffa un cri, lâcha tout et tomba à plat ventre, avant de ramper jusqu'au bord du toit pour jeter un coup d’œil au dessus de la petite rambarde en pierre.

A une dizaine de mètres de la station-service, un type arrivait en courant, poursuivi par trois zombies, bien sûr arrivant à une allure plus modeste. Néanmoins, d'après sa première estimation de la situation, Alistair commença à se dire que l'autre risquait de se faire rattraper sous peu. Il n'hésita qu'un instant avant de se décider à l'aider. C'était le premier humain qu'il voyait depuis six mois. Cela valait le coup d'essayer de lui sauver la mise. Il se redressa donc de façon à être un peu plus voyant et siffla entre ses doigts.

- Hé ! Vous là ! Ici !

Il agita les bras, et apparemment l'autre l'avait vu. Les zombies aussi, d'ailleurs. Alistair balaya les alentours du regard, repéra un morceau de gravats et le lança en bas. Il manqua un Rôdeur d'un bon mètre et renonça donc à les canarder d'en haut. Il se remit debout et courut jusqu'à la porte, l'ouvrit et dévala les escaliers, espérant retrouver en bas le type pour lui indiquer le chemin vers le toit. Là, ils seraient en sécurité… du moins, il espérait.
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Mer 21 Mai - 21:42

the summer sun, it blows my mind, is falling down on all that I've ever known. Time will kiss the world goodbye. Falling down on all that I've ever known. Is all that I've ever known.
a dying scream makes no sound


ANTON
ALISTAIR

Marche ou crève, c'est ainsi que cela fonctionne de nos jours. Anton le sait pertinemment. Ses jambes sont à deux doigts de tomber en mile morceaux. Les muscles de ses cuisses sont contractés et il n'ose même pas imaginer l'état de ses orteils. Il marche, court, trottine, depuis bientôt vingt-quatre heures. Honnêtement, il ne sait pas comment il tient encore sur ses guibolles. La lumière du jour lui harcèle la rétine depuis que l'aube n'est plus. Anton avance sans avoir de destination précise. Il n'est pas perdu, non. Il trouve toujours son chemin. Les panneaux indiquaient une petite ville du nom de Price. C'est toujours mieux que de marcher sur du bitume brûlant, avec un soleil de plomb et sans oublier le détail le plus important, quelques rôdeurs aux fesses. Il ne panique plus depuis vingt bonnes minutes. Il a sursauté quand ils sont sortis des bois, alors qu'il s'adossait difficilement à un tronc d'arbre pour reprendre son souffle. Il a d'abord courut, puis trottiner et le voilà entrain de marcher plus ou moins vite, les gémissements des monstres atteignant toujours ses oreilles. Il ne sont pas loin. Il le constate en pivotant sans s'arrêter et en observant les cadavres ambulants, les bras tendus dans le vide en espérant lui attraper un bout de chair. Le principal problème avec eux, c'est qu'ils sont tenaces. Et qu'Anton, grâce à sa gigantesque fatigue avance de moins en moins vite. Il doit faire une trentaine de degrés et la légère brise qui secoue les feuilles des arbres ne lui suffit pas. Sur son torse, il n'a qu'un tee-shirt blanc, couvert de crasse et trempé de sueurs. Son pantalon est déchiré et ses chaussures, trouées. « Vous allez pas me lâcher, hein. » murmure-t-il dans sa propre barbe, marchant en arrière. Il soupire. Sa cheville droite le lance d'un seul coup, dernier avertissant de son corps en date. T'as plus vingt ans. En plus de cela, Anton n'a jamais été du genre athlétique. Il a un corps capable d’endurer beaucoup de choses mais par les temps qui courent, ce n'est plus possible. Il se retourne alors que la route entame un virage et débouche sur l'entrée d'une petite ville. Un panneau Price sonne comme le salut qu'il attend depuis l'aube.

Les rôdeurs sont proches mais plus question pour lui de courir avec sa cheville qui lui donne l'impression qu'on lui arrache les ligaments petit à petit. Il essaye d'aller plus vite mais rien n'y fait. Dernière solution, alors qu'il est maintenant dans la ville fantôme, il sort son beretta collé à sa ceinture. Il vérifie les minutions, la chambre à tir et enlève le cran de sécurité - qu'il pense toujours à mettre, même si cela n'a plus aucune utilité maintenant - Anton, il n'est pas doué avec les armes. C'est un néophyte. Et les nouveaux utilisateurs respectent toujours les consignes de sécurité, même si le temps qu'il enlève le cran peut largement suffire à un mort revenu à la vie pour le mordre à pleine dents. Il boite sévèrement. Si bien que d'un point de vue externe, on pourrait le confondre avec un rôdeur. Eux, ça ne les dérange pas de chasser les vivants sans pieds alors une petite cheville foulée ? Derrière lui, ils ont accélérés. Ils doivent le sentir, n'est-ce pas ? Ils doivent sentir la peur qui apparait dans les entrailles d'une proie désespérée. Il aurait pu les neutraliser avant, un coup de ciseaux dans la caboche et on n'en parle plus. Mais Anton n'est pas courageux. Il ne réfléchit pas comme un attaquant, il n'a pas de plan pour s'occuper de trois rôdeurs à la fois. Il préfère les semer, à chaque fois. Malheureusement pour lui, aujourd'hui, son endurance, son corps, tout part en vrille. « Merde, merde, merde. » répète-t-il alors qu'il essaye tant bien que mal de courir, l'arme à la main et le sac à dos sur l'épaule gauche.

Il s'arrête brusquement et se tourne vers eux. Il pointe le canon du pistolet sur les corps déchiquetés. Le stresse lui monte à la tête, sa respiration est haletante et sa cage thoracique se broie sous la pression. Il n'arrive pas à se calmer. Il ferme une paupière, concentrant sa vision sur le premier. Un bras en charpie, la peau du visage qui se décolle, la vision même de l'horreur. Son tic nerveux le trahit, ses paupières clignent rapidement. Finalement, c'est un bruit qu'il ne s'attend pas à entendre qui sonne comme une douce libération. Un sifflement. Sa tête se tourne immédiatement vers la droite, en haut de la station d'essence en ruine. Quelqu'un agit les bras. « Hé ! Vous là ! Ici ! » C'est ça alors, une intervention divine. Anton ne réfléchit pas, il abaisse immédiatement son beretta et se rue sur la porte à moitié brûlée de la station. C'est un bâtiment plutôt ancien. L'architecture ne le trompe jamais. Alors qu'il cherche les escaliers menant au toit, un rôdeur entre également. Il essaye de se faufiler à travers les étagères effondrées et les plantes qui ont poussés à des endroits étranges. Finalement, il entend l'inconnu dévalé les escaliers derrière lui. Il tire une fois sur le rôdeur, le touchant à l'épaule, renonçant rapidement à gâcher des balles pour rien. Il grimpe les escaliers, manquant de tomber tant sa cheville est dans un sale état.

Le toit. La porte blindée se referme derrière eux. Anton s'écroule, assis par terre. Son échine est complètement pliée en deux et ses mains essayent de soutenir son visage, même sa nuque n'arrive plus à faire son job. Son sac est toujours accroché à son dos. La sueur perle partout sur son front, sur sa colonne vertébrale. Il n'a même pas encore regardé son sauveur. « J..j'ai...bes...oin de... quelq...ue secon...des... pour... » Reprendre son souffle. Il lève la main en direction de l'inconnu en essayant de parler mais ses poumons ne sont pas d'accord. « M...merci. » Il dirige enfin son regard vers l'homme aussi sale et barbu que lui, c'est la norme maintenant. Une ou deux minutes après, il reprend ses esprits. « J'espère que vous êtes pas le fruit de mon imagination... ça fait tellement longtemps que j'ai pas vu... » Il se redresse difficilement, agitant sa main devant son visage et pointe son doigt vers l'homme puis sur lui-même. « Un vivant. » Le gémissement des rôdeurs est bruyants, ils tapent désespéramment contre la porte du toit. Anton essuie les gouttes de sueurs qui débarquent sur ses lèvres et observe la porte. « Désolé... d'avoir tiré... J'ai paniqué. » Plus qu'à espérer que la porte tienne le coup. Il est livré à lui-même depuis quelques jours et n'a définitivement pas la capacité de gérer les situations de crises comme celle-ci.





Dernière édition par Anton C. Crawford le Ven 23 Mai - 6:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Ven 23 Mai - 1:51

Entendant le coup de feu, Alistair accéléra dans la mesure du possible et sauta presque la moitié du dernier escalier.

- Ici !

Injonction bien inutile puisque l'autre avait l'air de l'avoir repéré. Derrière lui, un zombie qui tenait de traverser avec peine le champ de ruines qu'était la station service – probablement la cible du coup de feu entendu. Alistair lassa passer le type devant lui et tous deux gagnèrent le toit. Une fois là-haut, il referma la porte et ajusta la sécurité qu'il avait bricolé. Ma vieille, s'adressa-t-il mentalement à elle, c'est le baptême du feu. Me lâche pas, je compte sur toi. Il la tapota même, pour faire bonne mesure. Si la porte lâchait, ils étaient mal. Il n'y avait aucune autre issue et ils seraient obligés de combattre. Son nouveau compagnon d'infortune était peut-être plus doué que lui en la matière mais il n'avait pas l'air trop en état. Il s'était effondré sur le sol, à bout de souffle. Alistair le laissa se remettre de ses émotions, ne sachant de toute façon pas vraiment quoi dire. Cela faisait six mois qu'il n'avait pas parlé avec quelqu'un. Ni même croisé quelqu'un. Qui soit vivant et pas en état de décomposition avancée – si on pouvait considérer que les zombies soient encore « quelqu'un ». Alistair n'était certes pas un grand bavard mais l'isolement était une chose difficile à supporter, même pour lui. Il resta là un moment, se disant que la situation avait un côté presque surréaliste.

- J'espère que vous êtes pas le fruit de mon imagination... ça fait tellement longtemps que j'ai pas vu...  un vivant.

Alistair avait beaucoup de choses à répondre à ça. Que lui aussi, il se sentait incroyablement bien d'un coup, de rencontrer un autre être humain, de se dire que non, il n'était pas le seul survivant de ce merdier, le dernier représentant de son espèce (heureusement pour elle) et que quelques jours de plus, il aurait sans doute commencé à parler aux arbres. Mais comme Alistair était quelqu'un de plutôt synthétique, il répondit plutôt :

- Je crois pas, non.

Ça faisait bizarre d'entretenir un dialogue. Il avait presque oublié comment on fait, depuis le temps. La simple présence du type, même s'il avait l'air un peu patraque, lui redonnait confiance et même avec la menace zombie, il se sentait un peu moins au fond du trou que quand il était arrivé dans cette petite ville. Il y avait un peu de lumière au bout du tunnel, finalement.

Les zombies se rappelèrent à son bon souvenir en frappant un grand coup contre la porte, essayant de la faire céder. Alistair, qui se trouvait encore à côté, fit un énorme bond en arrière et manqua de tomber à la renverser. La porte trembla de nouveau, et il adressa une prière au premier dieu qui passait par là, celui des portes tant qu'à faire. Apparemment, elle tenait le coup pour le moment.

- Désolé... d'avoir tiré... J'ai paniqué.

Alistair haussa simplement les épaules. Du moment que c'était pas sur lui qu'on tirait… Des nouveaux coups se firent entendre sur la porte et il recula encore de deux mètres. Puis reporta son attention sur l'autre type toujours assis par terre. A bien y réfléchir, il avait l'air assez mal en point et il l'avait vu approcher en boitillant. Il alla lui chercher de l'eau et revint s'accroupir en face de lui, pour être à sa hauteur.

- Vous êtes blessé ? s'enquit-il en lui tendant la gourde.

Puis il se rappela qu'il avait quand même oublié quelque chose de fondamental.

- Au fait, je suis Alistair.

Son nom de famille lui paraissait bien dérisoire aussi ne pensa-t-il même pas à le donner. Par réflexe, il lui tendit la main. C'était un peu idiot de s'en tenir à des politesses formelles compte tenu de la situation, mais finalement, un contact humain, aussi simple soit-il, était bienvenu.


Dernière édition par Alistair O'Sullivan le Ven 23 Mai - 14:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Ven 23 Mai - 7:03

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ANTON
ALISTAIR

Admettre avoir paniqué deux minutes plus tôt, ce n'est pas spécialement la meilleure façon de s'introduire à quelqu'un, de nos jours. C'est comme se marquer soi-même au fer rouge afin de prévenir toutes les nouvelles rencontres que vous n'êtes pas quelqu'un de fort et qu'il ferait mieux de ne passer essayer de survivre à vos côtés. C'est qu'Anton n'a pas l'habitude des nouvelles têtes. Il est resté pendant six mois avec les mêmes personnes. Des brutes de taulards mais des êtres humains, avant tout. Il n'avait pas besoin de paraître fort ou courageux alors qu'il ne l'était pas. Ils savaient tous que ce n'était qu'un professeur d'histoire avec les plombs qui sautaient occasionnellement. Il ne ferait mieux de ne plus y penser. C'est une bonne tactique, pour éviter de souffrir inutilement. Ils sont tous morts, après tout. Il n'a pas cherché à trouver des survivants, après le passage d'une gigantesque horde de rôdeurs. Il a juste fuit, emportant son sac, quelques vivres et des armes. Lorsque l'inconnu referme la porte, il observe l'ingéniosité de la sécurité et l'apparente solidité de la chose. Il est tombé sur une sorte de génie de la porte blindée ? C'est une chance. Il observe difficilement tant le souffle lui manque mais il arrive à poser ses yeux sur le dos de l'homme qui s’attelle à assurer la sécurité de la porte alors que les gémissements infâmes se sont entendre de l'autre côté. « Je crois pas, non. » Anton hausse un sourcil quant à la réponse de son vis-à-vis sur le fait qu'il ne soit pas un mirage pour un esprit éreinté comme le sien. Le sauveur ne semble pas enclin à la conversation, ce qui est normal, sois disant-en passant. Anton, il n'est seul que depuis deux longues semaines. Lui, il a l'air d'être ici depuis pas mal de temps, à en juger par le véritable campement qui s'éparpille sur le petit toit. Il sourit en baissant la tête, parce qu'il est quand même sacrément heureux de rencontrer une personne dans la ville fantôme. Il sait pertinemment qu'il y a d'autres survivants, ayant passé la majeur partie du temps avec un groupe mais il commençait à se demander si en six mois, l'humanité n'avait pas perdu cette guerre contre la mort.

Il essaye de se relever mais abandonne vite l'idée tant la douleur est puissante. Il émet un léger cri de souffrance, qu'il retient pour ne pas signaler toutes ses faiblesses à un inconnu dès le début, ce qui résulte par un petit gargouillement et une main venant soutenir la cheville blessée. Il s'excuse, vainement. Ça ne sert à rien puisque c'est déjà fait. L'inconnu vient de sursauter à cause du tapement d'un rôdeur contre la porte et il s'en sent responsable. Ce tir, il a certainement rameuter tous les autres morts en décomposition du coin. Il observe l'homme s'écarter avec précaution de la porte, les pupilles bleues d'Anton se posant successivement sur l'humain puis sur la seule chose qui les sépare d'une mort douloureuse. Oh, ils pourraient certainement résister quelques temps, si la porte lâchait. Les rôdeurs s'entasseraient dans l'espace étroit de la porte, se coinçant entre eux. Au final, le résultat serait le même. Il lâche sa cheville et enlève les lanières de son sac qui lui coupent les épaules, tant il est lourd. Le beretta est posé à ses pieds et ce sont ceux de sa nouvelle connaissance qui attire son attention, alors qu'il s'accroupit devant lui, une gourde d'eau en guise d'offrande. « Vous êtes blessé ? » Les lèvres déshydratées d'Anton s’entrouvrent sans qu'aucun mots ne puissent en sortir. C'est qu'il a presque oublié à quoi ça pouvait bien ressembler, la bonté humaine. Quelque peu cynique après l'adultère dont il a été victime et les quelques trahisons dans sa vie, il ne pensait pas trouver quelqu'un de gentil dans ce merdier total. Il agrippe rapidement la gourde, sans quitter son sauver des yeux. Est-ce parce que le professeur a passé autant de temps avec des êtres imbuvables qu'il soupçonne cet homme à sa hauteur, d'être trop naïf pour ce monde ? Si Anton était un salopard, un tueur ? Inutile de penser à ces choses-là. Il porte immédiatement l'eau à sa bouche avant même de le remercier. Une gorgée d'eau et l'impression de revivre plus tard, il passe le dos de sa main sur ses lèvres pour y essuyer l'eau collant à flot sur sa barbe épaisse. Les manières, c'est bon pour le passé. « Non, non merci, ça va. Enfin, j'ai connu des jours meilleurs. » Il ne dirait pas non à un anti-douleur, certes, ou quelque chose pour faire dégonfler sa cheville mais c'est comme espérer gagner au loto, maintenant.

Puis, une main se tend sous ses yeux alors qu'il ricane légèrement de son envie désespérer d'anti-inflammatoire. « Au fait, je suis Alistair. » C'est peut-être sous le coup de l'émotion - c'est très certainement le cas - et son impulsivité qui agit à sa place mais Anton ne lui serre pas la main, non. De la manière la plus simple qui soit, il agrippe fermement la poigne du désormais Alistair et le tire vers lui, de manière assez brusque - Il renverse même quelque peu l'eau de la gourde - S'en suit une accolade assez gênante, alors qu'il commence à enfin se rendre compte de son geste, la joue collée sur l'épaule de l'autre barbu. C'est que..Il faut le comprendre. L'humanité est finie. Les gens s'entretuent. Anton, il a vu un homme - vivant - se nourrir des entrailles d'un autre homme. Une femme a voulu lui vendre son fils en échange d'un peu de nourriture. Les hommes de son groupe ont fait des choses horribles à des gens innocents. Il perd peu à peu foi en ce qu'est l'homme. Alors oui, ça parait stupide. Il passe certainement pour un mec très bizarre aux yeux de l'autre, sur le moment. Mais son geste est sincère. La main qui tapote sans retenu la colonne vertébrale d'Alistair est rassurante mais aussi rassurée.

Finalement, il met fin à ce moment d'embarras intense en s'écartant et en lâchant la main de l'autre. Raclement de gorge. Reniflement nasal viril pour éteindre la pincette d'émotions que les mâles ne devraient pas ressentir, évidemment. « Hum, désolé, pour... euh... » Il gesticule de manière assez chaotique pour mimer l'accolade qu'il vient de lui adresser. « J'ai tendance à être un peu impulsif, parfois. Et tu débarques comme une sorte de miracle avec de l'eau, un endroit sûr... » Il ricane légèrement, essayant de dérider son visage. D'ailleurs, il le tutoie tout naturellement. « Moi c'est Anton. » dit-il, alors qu'il porte son attention sur le boucan des rôdeurs derrière la porte. « Ça a l'air solide, ça. » Son pouce se positionne par-dessus son épaule et indique la porte blindée qui est malmenée par les griffes des monstres. « C'est ton œuvre ? » Anton n'est pas du genre à raconter sa vie. Il aurait pu expliquer qui il était, d'où il venait. Il reporte son regard sur Alistair. Ils ont autant l'air de sans-abri l'un que l'autre. Le soleil tape lourdement mais le toit est légèrement à l'ombre, fort heureusement.





Dernière édition par Anton C. Crawford le Mar 27 Mai - 8:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Ven 23 Mai - 22:56

- Non, non merci, ça va. Enfin, j'ai connu des jours meilleurs.

Alistair n'était pas forcément convaincu, mais il ne dit rien. Enfin dans un sens, c'était une bonne chose car il n'avait comme matériel médical qu'une bouteille de vodka, des pansements adhésifs avec des imprimés Captain America et une connaissance à peu près nulle dans ce domaine. Retaper des choses, pas de problème. Des gens, déjà plus compliqué. L'autre avait quand même paru en mauvais état quand il l'avait vu arrivé de loin ; peut-être ne voulait-il pas montrer de faiblesse devant un inconnu ? Alistair réalisa qu'il filait de la flotte et amenait sur son toit un type qui pourrait très bien le tuer pour lui piquer ses affaires. Soudain, le beretta entre eux pesa comme une menace. Peut-être avait-il été un peu trop content de voir un autre être humain, et qu'il aurait dû le laisser se faire bouffer. Non, à peine la pensée formulée, Alistair la rejeta. Jamais il n'aurait pu tolérer de laisser quelqu'un se faire tuer sans qu'il intervienne, juste pour sa propre sécurité. Il refusait de tomber aussi bas. Il avait fait le bon choix, peut-être pas le meilleur d'un point de vue survie ; enfin il serait vite fixé. Si ça se trouve, l'autre aurait la décence de le tuer dans son sommeil.

Alors qu'Alistair lui tend la main, l'autre le regarde sans répondre, les paupières clignotantes. Bon, c'était gênant. Il s'apprêta à retirer sa main et à faire un geste qui disait non non, je voulais pas te serrer la pince, mais me passer la main dans les cheveux d'un air super naturel. Il n'en eut pas le temps ; l'inconnu lui attrapa le poignet et le tira à lui, son visage finissant sur l'épaule d'Alistair. Ce dernier, persuadé que le rescapé avait été mordu et venait de muter en rôdeur et s'apprêtait à le mordre à son tour, vit sa vie défiler devant ses yeux. Et puis non, finalement. C'était juste un câlin. Ou une accolade virile, si on voulait sauver les apparences. En tout cas, pour le coup, c'était vraiment gênant. Certes, le contact humain lui avait manqué, mais c'était beaucoup en une fois. Ou peut-être que c'était l'instant de la trahison et qu'il allait lui planter un couteau dans le dos ? Manifestement non. Le geste était bizarre, mais Alistair était assez proche pour sentir la tension de son vis-à-vis se relâcher un peu. Il lui tapota donc maladroitement l'épaule, à court de mots appropriés – s'il en existait en pareille situation.

Finalement, il le relâcha. Alistair se recula, mais pas trop précipitamment, histoire de ne pas donner l'impression à l'autre qu'il fuyait, même s'il en avait envie. Il devrait instaurer une distance de sécurité, au cas où ça le reprenait.

- Hum, désolé, pour... euh...

Alistair fit un vague signe de « c'est pas grave ». Lui qui s'attendait presque à une agression, il préférait se faire câliner sauvagement que égorgé, à choisir. Il ramassa la gourde afin d'éviter de perdre trop d'eau. Il avait des réserves mais comme il ne savait pas combien de temps ils allaient rester coincés ici, mieux valait être prudent.

- J'ai tendance à être un peu impulsif, parfois. Et tu débarques comme une sorte de miracle vivant avec de l'eau, un endroit sûr...

L'Apocalypse changeait bien des choses. Alistair était en règle général le type discret qui faisait parti des meubles, gentil mais un peu angoissant parfois à causer par monosyllabe, et voilà qu'on le voyait comme un sauveur inopiné. Il laissa échapper un rire bref, faisant écho à celui de l'inconnu. Décidément, la situation était bizarre.

- T'as de la chance que je t'ai vu arriver.

C'était une simple constatation, une façon de minimiser son rôle dans cette histoire. En même temps avec des rôdeurs aux fesses, Anton n'avait pas été très discret. Bref. Il ne savait pas vraiment quoi répondre à ça. Il se releva et alla examiner la porte, pour faire bonne figure. Les zombies cognaient toujours dessus mais elle avait l'air de tenir.

- Ça a l'air solide, ça. C'est ton œuvre ?

- Ouais. Enfin je l'ai juste renforcée.

Il marcha vers sa tente de fortune, puis revint vers Anton, toujours aussi. Il ne savait pas vraiment quoi dire. La situation était vraiment surréaliste.

- Faim ? J'ai trouvé des trucs en bas.

Majoritairement des gâteaux, mais bon c'était mieux que rien. Et puis il en avait trouvé tout un stock dans la réserve après avoir fait sauter la serrure, il pouvait partager. Peut-être même qu'Anton avait de quoi manger dans son sac ? Ou qu'il allait se montrer suspicieux. Après l'embrassade inopinée, Alistair ne savait plus vraiment quoi penser.

Il revint s’asseoir devant Anton et prit une gorgée d'eau, les récents événements lui avaient filés soif. Et puis le soleil commençait à taper dur, surtout vu leur situation exposée sur le toit.

- T'es tout seul ?

Question un peu con, la réponse sautait aux yeux. Il se corrigea rapidement :

- Depuis combien de temps ?

Anton avait un peu la même allure décrépie que lui, mais cela ne voulait pas dire grand-chose. Même avec d'autres gens, s'il avait beaucoup voyagé, le résultat serait le même. Il devait sentir le bouc, mais Alistair s'était tellement habitué à sa propre odeur qu'il n'y faisait même plus attention.
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Mar 27 Mai - 8:40

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ANTON
ALISTAIR

Entendre les gargouillements de sang coincés dans une gorge arrachée, ce n'est pas relaxant. Pas du tout, même, alors que ses yeux céruléens sont plantés sur la porte en métal renforcée qui sembler accuser le coup. Les rôdeurs s'acharnent mais de manières chaotiques, ils ne savent pas utiliser leurs forces au moment propice, ils ne font que s'écraser en masse contre la paroie, en espérant qu'elle cède. Pourtant après s'être coltiné des rôdeurs toute une matinée, sans jamais être tranquille, Anton arrive tout de même à se sentir bien. C'est qu'il a raison l'Alistair, c'est un homme chanceux aujourd'hui. Combien de survivants sont restés seuls une quinzaine de jours avant de tomber sur une âme qui vive ? Le pourcentage doit être faible. Il se dit que c'est une bénédiction d'un dieu quelconque, tout en levant la tête vers les cieux, observant le seul nuage qui fait son chemin dans l'océan bleu. « Ouais. Enfin je l'ai juste renforcée. » Anton hausse un sourcil en admirant le juste renforcée. C'est qu'il n'est pas capable de réparer - ou de renforcer - quoi que ce soit , le professeur. Ce n'est pas un aventurier qui peut être lâché dans la nature avec une corde, du ruban adhésif et l'espoir de le retrouver en vie trois jours plus tard. Donc toutes les personnes douées dans les domaines de réparation, d'invention, il les admirent particulièrement. On se demande encore comment il a survécu autant de temps ? C'est définitivement un chanceux, en réalité. Et puis, sa capacité à se repérer où qu'il soit, même la nuit grâce aux étoiles, c'est un don de survie, dans le fond. Il observe Alistair faire quelques pas en arrière tandis qu'il comprend la précaution que ce dernier emploie pour s'éloigner de lui. Il aurait la même réaction si un taré venait de lui faire une accolade sortie du fin fond d'on ne sait où. « Faim ? J'ai trouvé des trucs en bas. » dit-il tout en farfouillant dans sa tente. Ce n'est pas le luxe mais c'est quelque chose qu'Anton souhaite depuis des jours, une toile pour s'abriter la nuit. Même si actuellement, le soleil tape sur le système nerveux du professeur, la météo de cette zone est tellement surréaliste qu'il pourrait très probablement pleuvoir à la nuit tombée. « C'est vrai que c'était une station service ici avant...T'as pas du trouver de la bouffe excep... » Même si son arrivée fût brusque, il avait tout de même remarquer les pompes à essences détruites à l'entrée et une carcasse de voiture, très certainement habitée par quelques cadavres. Alistair lui tend un snickers, une friandise qu'il ne pensait pas revoir après l'apocalypse des morts-vivants. La barre chocolatée le coupe net dans ses paroles dénigrantes et il agrippe le papier brun. « Oh putain. » Yeux rivés sur le précieux quelques secondes, il jette un merci dans le vent et déchiquette l'emballage pour gober une bonne moitié de nougat, de cacahuètes grillées, de caramel, bref, un petit goût de paradis pour un homme qui ne mange que des haricots en conserves depuis six mois.

Pendant qu'il redécouvre l'utilité d'un palet, Alistair s’assoit en face de lui pour boire un peu d'eau. Anton mange comme un souillon, engouffrant le plus de chocolat qu'il peut en une bouchée. Le chocolat est légèrement fondue, l'état de ses doigts, de ses lèvres et de se barbe doit être majestueux, n'est-ce pas.  « T'es tout seul ? » Il lève les yeux vers son vis-à-vis, visiblement aussi éreinté par le soleil que lui. Anton passe son index sur sa joue barbue. C'est une question que le sauveur est en droit de se poser, après tout. « Depuis combien de temps ? » corrige-t-il sans que le professeur n'ait le temps de répondre. Ayant finis son encas, il passe le dos de sa main pour essuyer le cacao fondu. « J'avais un groupe... » Sa main se pose sur sa cuisse, alors qu'il étend légèrement la jambe propriétaire de la cheville meurtrie. « On s'est arrêté à Springville et tout est parti en vrille. » Se remémorer les événements plombent son esprit serein. La tête baissée, le visage grave, son expression illustre bien à quel point Anton déteste perdre des personnes - aussi ignobles soient-elles - et se retrouver seul. Ce sentiment d'abandon mêlé à la soudaine solitude, c'est le pire pour lui. Il se confie à Alistair, peut-être possède-t-il toujours cette capacité à faire confiance à autrui ? « Ça fait quelques semaines... Je sais pas si j'aurai tenu plus longtemps, pour être honnête. » Au beau milieu de sa phrase, il se met à rire, d'un seul coup, étirant les lèvres tristes. Ce n'est pas un rire sincère mais plutôt celui d'un homme désespéré qui essaye de ne pas attirer la pitié. « La solitude... tu sais. » Il doit savoir. Alistair et lui semblent dans le même état. Son visage redevient sérieux. « Ça rend dingue. » Anton est quelqu'un d'émotionnellement instable et ça se voit plutôt clairement, pour le coup.

« Et toi ? » Il lève les yeux vers l'autre légèrement moins barbu. « Tu sembles installé ici depuis pas mal de temps. » C'est ce qu'il déduit, en ayant observer les alentours. C'est un camp. Un camp pour une seule personne. Anton ne pourrait pas rester seul, à attendre. Il finirait très certainement par se jeter du haut du toit. Finalement, laissant Alistair répondre, il décide de se lever. Avec beaucoup de mal, certes. S'appuyant le moins possible sur son pied droit pour épargner sa cheville et sauver son quota de résistance à la douleur. Il se dirige vers le rebord du toit. La vue sur la petite ville n'est pas extraordinaire, l'établissement n'est pas haut. Mais c'est suffisant pour se repérer. Il regarde à l'horizon, abritant ses yeux sous la paume de sa main, reconvertie en visière pour l'occasion. « Tu sais qu'il y a une sorte de communauté mormone pas loin d'ici. Genre figée dans le temps depuis 150 ans. Sans technologies, rien. » Ses études l'ont dirigés vers des endroits étranges des Etat-Unis. Et Anton aime beaucoup parler de sa culture. Cette communauté, peut-être s'en sortent-ils mieux que les autres, habitués au confort de la modernité et de la technologie soudainement renvoyés à l'âge de pierre. Enfin ce système d'avoir plusieurs femmes et de les traiter comme des génitrices sans autre utilité, ça le dépasse, aussi impartial qu'un professeur doit l'être.





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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Mar 27 Mai - 22:32

Anton se jeta sur le Snickers comme un rôdeur sur un bout de cerveau. Malgré lui, Alistair afficha un petit sourire, se remémorant qu'il avait fait pareil la veille, en tombant sur la réserve. Il s'était enfilé un gros paquet de Dragibus. Valeur nutritionnelle proche du néant, et en plus ça donnait soif, mais il s'en moquait bien. Il avait passé presque six mois à manger du gibier, des racines, des conserves délaissées par les pillards et plus récemment des fruits en croisant les doigts pour ne pas se retrouver infesté par tous les parasites de la création. Donc oui, il comprenait la réaction d'Anton. Heureusement, il en avait pas mal en stock. Il avait de la chance que personne avant lui n'ait réussi à forcer la serrure de la réserve. Grandir à Chicago dans une banlieue un peu chaude lui avait appris quelques trucs qui s'avérait utile maintenant.

- J'avais un groupe... On s'est arrêté à Springville et tout est parti en vrille.

L'expression d'Anton s'assombrit et celle d'Alistair aussi, par empathie.

- Désolé. Ça a dû être dur.

C'était un euphémisme, un peu ridicule et pas forcément très réconfortant, mais Alistair ne savait pas vraiment comment exprimer ses émotions, surtout après avoir passé autant de temps sans entraînement. Il ne pouvait qu'imaginer ce qu'avait pu traverser Anton. L'avantage d'être seul, c'est qu'on ne risque pas de perdre des gens. De plus, il n'avait personne à pleurer quand l'épidémie est arrivée, à part sa mère ; et puis, il n'était pas présent, ce qui était sans doute un peu moins pire. Il espérait pour Anton que les gens qu'il avait perdu était des compagnons de fortune et non pas des proches, mais n'osait pas lui demander. Il avait peur de se montrer indiscret, ou de remuer de vieilles blessures. Et puis après tout ils venaient à peine de se rencontrer.

- Ça fait quelques semaines... Je sais pas si j'aurai tenu plus longtemps, pour être honnête. La solitude... tu sais.  Ça rend dingue.

Alistair ne répondit rien. Oui, il savait. Dans ses moments les plus sombres, il avait eu peur de finir comme sa mère. De voir des choses qui n'existaient pas, d'entendre des voix désincarnées. Il avait craint que son cerveau ne parte en vrilles et fabrique des illusions pour mieux supporter tout le reste.  Ça n'était jamais arrivé. Il avait tenu le coup, bizarrement. Il n'aurait jamais cru cela de lui ; à croire que dans les situations désespérées, où il faut donner le meilleur de soi-même, il avait su résister. Avant l'épidémie, il ne s'en saurait jamais cru capable. Peut-être que son côté taciturne et son manque de sociabilité en temps normal avaient joué et l'aider à s'en sortir sans finir taré. En tout cas, la présence d'Anton lui rappelait à quel point la solitude lui avait pesé. Si ça se trouve, Anton allait finalement s'avérer être un vile salopard, mais peu importe : il allait faire en sorte de rester avec, si possible. Il se rendait à présent compte qu'il ne pourrait pas supporter de redevenir seul.

Il referma la gourde et se leva, hésita avant de tapoter maladroitement l'épaule d'Anton. Vu qu'il ne trouvait pas les mots de circonstance, il voulait montrer qu'il compatissait, bref que ces confidences ne tombaient pas dans l'oreille de quelqu'un qui s'en moquait. Il s'y prenait très mal et cela redevenait gênant, comme après le câlin surprise. Bon, au moins, il avait essayé. Il s'éloigna de nouveau et alla finir d'installer l'appareil de recueil de l'eau de pluie. Il se sentait mieux avec les mains occupées. Les zombies continuaient de cogner contre la porte mais il n'y prêtait presque plus attention. Apparemment, son installation tenait et passait les premières sueurs froides, il avait fini par s'habituer au bruit.

- Et toi ? Tu sembles installé ici depuis pas mal de temps.

- Ici ? Non, ça fait que trois jours.

C'est vrai qu'il s'était bien installé, mais il faut dire qu'il avait monté tout ce qu'il avait trouvé d'utile sur le toit pour le bricoler, ce qui faisait qu'il y avait pas mal de bazar. Alistair pouvait faire pousser un campement improvisé comme un champignon. Il avait eu l'occasion de travailler cette aptitude depuis l'épidémie. Il s'essuya les mains sur son pantalon élimé.

- Mais je suis tout seul depuis l'épidémie. J'ai beaucoup bougé.

C'était rien de le dire. Il avait traversé une bonne moitié des États-Unis en mode routard de l'extrême. Il se sentait plus en sécurité d'être en mouvement, même si c'était plus fatiguant.

Pendant qu'Alistair continuait de trifouiller son bricolage, Anton se leva, non sans difficultés, et s'approcha du toit. Le mécanicien remarqua que son collègue semblait toujours avoir du mal à se déplacer, mais ne fit pas de remarque. De toute façon, il n'avait rien d'utile pour le soigner, et il massait très mal – outre le fait que ça serait gênant, encore.

- Tu sais qu'il y a une sorte de communauté mormone pas loin d'ici. Genre figée dans le temps depuis 150 ans. Sans technologies, rien.

Alistair haussa un sourcil.

- Non, je savais pas. Ça devait être un peu chiant.

Il ne connaissait pas vraiment les mœurs de ce genre de personnes mais l'idée de vivre sans un minimum d'appareils modernes le rebutait. Non pas qu'il tenait à son confort, mais il n'aurait rien à bricoler, surtout pas de voitures. L'horreur. Il ne s'y serait jamais fait.

- Je me demande comment ils s'en sont tiré.

Alistair pensait rapport à l'épidémie. Peut-être que s'ils avaient été isolés ils avaient pu échapper à la première vague de zombies, mais il doutait qu'ils s'en soient tirés à si bon compte.

- Tu sembles connaître le coin. T'es d'ici ?

A croire que la solitude l'avait rendu bavard. Il n'avait pas aligné autant de mots depuis une éternité, même avant l'épidémie. Mais ça, c'était comme le chocolat. Alistair n'avait jamais particulièrement aimé le chocolat, mais depuis qu'il en était privé avec l'épidémie, il lui arrivait de mourir d'envie pour une simple tablette. C'était un peu pareil avec la conversation, en fait.

Un des boulons qu'il était en train de visser se faussa et il poussa un juron coloré.

- Ah, désolé.

Saloperie de boulon. Alistair lui jeta un regard meurtrier.
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Sam 7 Juin - 21:08

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a dying scream makes no sound


ANTON
ALISTAIR

C'était des enfoirés. Cette pensée lui tire le moral au plus bas lorsque son sauveur compatit quant à ses pertes. Il ne commente pas et continue d'aborder le sujet de cette solitude, plus problématique que la perte de son groupe. Ce n'était pas si dur que ça, en réalité. C'est très étrange pour Anton. Perdre des gens, c'est tout simplement insupportable pour lui. Mais eux, ce n'était que des bêtes sans esprits qui ont fait choses terribles pendant les mois qu'il a passé à leur côtés. La solidarité des taulards, c'est ce qui a permis à Anton de vivre aussi longtemps et de ne pas être la cible des monstres qui lui permettaient de rester en vie. Il était le pacifique du groupe qui s'attirait les railleries des autres lorsqu'il ne voulait pas piller, voler ou même tuer. Le mot dingue le scelle dans un profond silence. Il devenait fou avec eux, de toute manière. Il redoutait le moment où il allait franchir la ligne. Cette zone rouge où son humanité allait s'abandonner pour devenir un machine de survie sans conscience. Ils sont tous morts avant. Avant de le noyer pour de bon dans les atrocités. Il n'en reste pas moins un témoin et il n'arrivait pas à protester lorsqu'un homme de son groupe battait à mort un autre survivant. C'était son instinct de survie qui l'empêchait de l'ouvrir. Anton est rongé par la culpabilité de toutes ces choses qu'il n'a pas pu arrêter. Pendant ses six long mois, il s'est rendu compte que ce ne sont pas les rôdeurs les plus dangereux. Mais les hommes, poussés dans leur dernier retranchement, poussés à devenir des animaux.

Finalement debout, un frêle sourire sur le visage suite à la main d'Alistair posée maladroitement sur son épaule, il est collé au bord du toit, observant successivement deux rôdeurs errant dans la rue et l'horizon bordée de montagnes. Il ne fait pas attention à ce que fait sa nouvelle connaissance jusqu'à entendre un bruit de collision de métal qui lui fait tourner la tête, curieux. Le propriétaire des barres chocolatées semble bricoler quelque chose, le champ de vision d'Anton est restreint par le soleil qui lui tape sévèrement sur les nerfs - optiques, pour la peine - et il se retourne complètement. La colonne vertébrale s'écrase contre le muret le séparant d'une mort violente quelques mètres plus bas, au sol, suivi d'une dégustation gratuite pour les rôdeurs. Un bruit sourd cogne contre la porte blindée. Les pupilles céruléennes s'y fixent par réflexe mais ne s'y attarde pas, comprenant sans peine la source. Allez, Anton. Il est temps de socialiser. Il observe le campement de son interlocuteur plus loin en face, tout en haussant les épaules. Petite tape mentale contre lui-même. Si seulement il était capable de se débrouiller si bien tout seul. Tout ce qu'il a réussi à faire, durant ces semaines de solitude, c'est se cacher sur l'épave d'un bus, à l'abri des rôdeurs. Faire un feu, aussi. Mais sans savoir le rallumer par la suite. « Ici ? Non, ça fait que trois jours. » Clignements rapides des paupières, Anton est admiratif, là. « On dirait que t'es là depuis des mois, c'est dingue. » Ses pensées sont jetées sur la place publique à haute voix, inconsciemment. Il prend appuie sur ses deux bras, posant les mains en arrière sur les briques de la paroi, voulant lâcher du leste à sa cheville. La lumière du jour l'aveugle et met en relief l'état crasseux de son corps. Son tee-shirt blanc est parsemé de traces suspectes, ses bras ont l'air couvert de cambouis alors qu'il n'a pas approché de moteur depuis bien longtemps. Il s'en fiche un peu, de son allure. Ils sont tous comme ça, maintenant. Alistair ne déroge pas à la règle mais il semble légèrement moins pouilleux que le professeur. Anton l'observe bricoler son drôle de truc. Truc, parce qu'il n'a aucune idée de ce que ça peut-être. « Mais je suis tout seul depuis l'épidémie. J'ai beaucoup bougé. » Silence, alors que les yeux sont fixés sur le dos de son sauveur. Seul depuis le début. Un frisson remonte le long de son échine pour lui glacer les cervicales. Il n'ose même pas imaginer son état après un tel isolement. Il ne préfère pas répondre.

Anton, c'est une source de savoir. Inutile à la survie, pour la plupart, ce qui est malheureux dans ce genre de monde. Alors quand ça lui revient en mémoire, soudainement, qu'il y a une communauté mormone conservatrice pas loin de Price, il n'hésite pas une seule seconde avant de l'ouvrir et d'étaler sa culture. Même si c'est un inconnu, ça fait toujours de la discussion qui couvre le brouhaha incessant des rôdeurs de l'autre côté de la porte - bruit qui attire toujours le regard d'Anton lorsqu'il est plus intense qu'accoutumé - « Non, je savais pas. Ça devait être un peu chiant. » Le professeur sourit, toujours heureux de partager son savoir, en bon pédagogue. Il le partage peut-être un peu trop, c'est le problème. Bref, c'est son discours qui est chiant, au final. Il remarque aussi qu'Alistair emploie instantanément le passé pour parler de cette petite bourgade mormone. C'est vrai qu'il n'y a pas vraiment d'espoir pour qu'ils soient encore vivants. « Je me demande comment ils s'en sont tiré. » « Comme le reste du monde, j'imagine. » Rétorque-t-il en baissant la tête. « Enfin, je sais pas trop à quoi ressemble le reste du monde, tu me diras. Mais j'imagine que c'est pas mieux qu'ici. » Il regarde par-dessus son épaule pour espionner les rôdeurs dans la rue, pour observer le silence de mort qui règne dans la ville.

« Tu sembles connaître le coin. T'es d'ici ? » Sa tête pivote de droite à gauche. Négatif. « Portland. »  Il ne préfère pas parler de sa vie d'avant, pour le moment mais ajoute avec un sourire nostalgique; « J'aimais bien raconter ce genre de choses à mes élèves, avant, désolé si j'ai l'air un peu bizarre. Chassez le naturel... » L'autre semble toujours concentré sur son bricolage. C'est quand il repère un boulon lui échapper des mains et entend un merde poussé soudainement qu'Anton constate enfin l’œuvre d'Alistair, ce dernier s'écartant légèrement de surprise. Il s'excuse pour avoir juré alors qu'un boulon roule sur le sol. Rapidement, Anton se décolle de son muret et jette littéralement son pied - non blessé - sur le boulon pour stopper sa course effrénée, par pur réflexe. Réflexe idiot, puisqu'il s'appuie de tout son poids sur sa cheville blessée pour garder l'équilibre. Une grimace apparait sur son visage, accompagnée d'un léger putain. Il est vif, parfois. Mais dans le cas présent, ce n'est pas une bonne chose. Il ramasse le boulon et se dirige vers Alistair, en boitant. Il n'essaye plus de cacher sa blessure, c'est plutôt évident maintenant. Il lui tend le boulon, sourire aux lèvres. « Tiens. Y en a qui essaye de se faire la malle, on dirait. »  Phrase qui prend tout son sens quand on pense qu'Anton a côtoyé l'univers carcéral et qu'il aurait aimé s'échapper, lui aussi. Il se penche légèrement, essayant d'observer le...machin. Oh, un réservoir. « C'est toi qui a fabriqué ça ? Me dis pas que tu l'as juste renforcé, cette fois. J'te croirai pas. » Il se redresse convenablement, non sans mal. « Dire que j'arrivais à peine à changer une ampoule, chez moi. » Il repense rapidement aux nombreuses tentatives de réparations du broyeur à ordure dans sa cuisine sous le regard exaspérée mais amusée de sa femme, tout en regardant la porte blindée secouée par les rôdeurs. Soupire. Sa femme lui manque, finalement. Sa vie aussi.




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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Mer 25 Juin - 1:31

- On dirait que t'es là depuis des mois, c'est dingue.

Alistair haussa très légèrement les épaules sans répondre, mais intérieurement la remarque lui fit plaisir. La futilité d'un tel contentement l'effleura, mais il préféra le savourer brièvement et contenter son égo. Après tout, il l'avait bien mérité, et ce n'était pas comme s'il avait reçu beaucoup de compliments ces derniers temps. Son aptitude à recycler, c'était une des rares choses dont il pouvait tirer un peu de fierté.

La petite remarque d'Anton sur les mormons l'avait amusé, aussi. Alistair n'avait pas pu faire d'études et ses passages en salle de classe avaient été peu studieux. Non pas qu'il n'aimait pas apprendre, mais il n'avait simplement pas le temps de s'y consacrer. Anton parlait bien, et distillait spontanément les informations comme quelqu'un de sûr de son savoir. Le mécanicien se sentait un peu impressionné. Il devait être vachement cultivé, pas comme lui. Cela devait être un intellectuel, quelqu'un avec un travail prestigieux, avant. Il se retient de demander, préférant commenter la remarque et questionner sur ses origines géographiques. Portland. Il dut réfléchir un peu avant de resituer, car il n'était pas non plus un crack en géographie. Une fois cela fait, il hocha la tête.

- C'est pas la porte à côté.

Lui pouvait parler.

- J'aimais bien raconter ce genre de choses à mes élèves, avant, désolé si j'ai l'air un peu bizarre. Chassez le naturel...

- Tes élèves ? Tu étais prof ?

Ca expliquait beaucoup de choses. Alistair sentit monter un certain respect. Ça n'avait pas l'air d'être n'importe qui, Anton. Pas comme lui, le petit garagiste de Chicago. Pourtant, ce genre de pensées toute faite sonna faux au moment où son esprit la formula. Dans la situation où ils se trouvaient, Alistair était sans doute mieux armé pour la survie qu'un professeur. Le savoir était un pouvoir, mais l'Apocalypse avait changé les choses, le rendant obsolète. Il ne pouvait s'empêcher de trouver ça dommage.

Il rassura Anton d'un haussement d'épaules.

- T'inquiète. C'est intéressant.

Cela pouvait sembler un peu sec, mais Alistair n'aurait pas réussi à développer ce qu'il entendait par cette phrase. Soit, qu'il était content d'avoir une conversation avec un autre être humain, peu importe le sujet, que vraiment, il s'intéressait à ce genre d'anecdotes parce qu'il trouvait cela enrichissant, et que de toute façon il préférait écouter plutôt que de parler et ne serait absolument pas gêné de subir un exposé, étant un auditoire attentif.

Mais comme il s'agissait d'Alistair, tout cela tenait en trois mots.

Anton récupéra le boulon fugitif, non sans grimacer de douleur et étouffer un juron. Alistair fit un mouvement pour le rejoindre, mais c'est Anton qui se dirigea vers lui en boitillant. L'autre était bien embêté de le voir dans cet état, mais ne pouvait guère proposer quelque chose pour l'aider, n'ayant ni antidouleurs ni médicaments d'aucune sorte d'ailleurs.

- Merci.

Il revissa le boulon à sa place. C'était plus ou moins terminé. Le bricolage comportait un entonnoir improvisé qui permettait de récolter l'eau de pluie dans un bidon cabossé qu'Alistair avait nettoyé. Il s'essuya les mains sur un vieux chiffon noir de crasse, observant le résultat d'un air critique.

- C'est toi qui a fabriqué ça ? Me dis pas que tu l'as juste renforcé, cette fois. J'te croirai pas.

Alistair se permit un léger sourire et hocha la tête.

- Je ne sais pas si ça sera très utile, il n'a pas l'air de vouloir pleuvoir.

Il leva la tête machinalement. Un soleil de plomb cognait sur le toit et il commençait à avoir vraiment chaud.

- Mais si jamais y a un orage...

Il s'interrompit, alors qu'une secousse plus violente anima la porte. La barre qui la maintenait claqua violemment contre le métal, le faisant sursauter. L'angoisse le submergea alors qu'il s'imaginait la voir céder à tout moment, libérant un flot de zombies. Cela les aurait certainement condamnés.

Si Anton n'avait pas été là, Alistair aurait vraiment eu du mal à trouver le courage d'aller jeter un œil. Mais l'autre lui mettait une pression, inconsciemment certes, mais qui le décida à se rapprocher prudemment. Il se déplaça presque par pas chassés vers la porte, prêt à bondir en arrière au moindre signe d'ouverture. De loin, il devait avoir l'air ridicule. Sur le coup, ce ne fut pas sa préoccupation principale.

Enfin, il fut devant la porte. Ignorant les coups répétés des zombies, il s'arma de courage et s'efforça de l'observer de plus près. Elle comportait quelques enfoncements ça et là mais le métal avait l'air de tenir le coup. La barre elle, était intacte. Elle avait simplement bougée, d'où le bruit. Alistair la recala correctement, avec des mouvements prudents, comme si la porte allait soudain lui sauter au visage, avant de faire machine arrière à reculons. Il souffla et s'essuya le front, puis pensa à Anton qui devait avoir besoin d'être rassuré.

- Ca devrait tenir. Mais ils ont l'air tenaces.

Alistair ignorait combien de temps les zombies pouvaient persister avant de partir. Ils avaient des vivres et de l'eau, mais la perspective de rester coincer des jours sur un toit n'avait rien de réjouissant. Au moins, il n'était pas tout seul, cette fois. Mine de rien, avoir quelqu'un à qui parler, cela était rassurant.

- Ca va aller… la cheville ?

Même s'il n'était pas sûr de pouvoir faire grand-chose, Alistair ne voulait pas continuer à faire comme si de rien n'était.
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Jeu 17 Juil - 19:02

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ANTON
ALISTAIR

Dans son lycée modeste de Portland, le professeur n'était pas le plus apprécié. C'était son impulsivité qui le rendait célèbre, bien plus que toutes les choses intéressantes qu'il pouvait balancer durant ces cours. Anton a toujours été vu comme un homme bien trop actif, trop sur les nerfs. Sans avoir une bougeotte énervante, il parcourait toujours les couloirs de l'établissement une tasse de café à la main, une mine déterminée mais légèrement saoulée et sa précieuse barbe de trois jours qu'il ne trouvait jamais le temps de raser convenablement. Sans oublier les traits noirs dévastateurs sous ses yeux, des poches qui résultaient des nuits passées dans un musée à arpenter des allées vides au lieu de se reposer aux côtés de son épouse. C'est un sourire nostalgique qui s'affiche sur son visage fatigué lorsqu'Alistair devine tout naturellement la profession qu'il exerçait lorsque le monde n'était pas encore dans un tel état. Il n'ajoute rien, même si rassurer de ne pas complètement saouler le premier être vivant qu'il croise depuis quelques semaines. Il se connait, il sait très bien que tout le monde n'a pas la patience de passer outre son apparence sérieuse et son discours d'historien refoulé. Dans le fond, Anton sait qu'il est loin d'être un humain parfait et que la liste de ses défauts est nettement supérieure à celle de ses qualités. Pourtant, il semble être tombé sur la réincarnation de Bouddha, tellement Alistair semble humble et calme face à une nouvelle connaissance étrange.

Toujours très admiratif, il observe le bricolage de l'autre tout en maudissant intérieurement cette cheville sur laquelle il ne peut même plus s'appuyer entièrement, tant la douleur est intense. C'est qu'il n'arrange pas les choses en forçant inutilement dessus pour récupérer un simple boulon égaré par Alistair. Les réflexes humains sont parfois les pires, n'est-ce pas ? Une vilaine grimace sur le visage, le pied relié à la cheville blessée survolant presque le sol, il se contente de hocher la tête face aux remerciements de la nouvelle tête. C'est qu'il aurait préféré ne pas intervenir, laisser Alistair ramasser le boulon et s'épargner une douleur inutile. Il change de sujet en complimentant l’œuvre du bricoleur. « Je ne sais pas si ça sera très utile, il n'a pas l'air de vouloir pleuvoir. » Les prunelles bleues d'Anton suivent le regard de son vis-à-vis qui se plante dans le ciel entièrement céruléen. Mains sur les hanches, le professeur est aussi pessimiste que son compagnon d'infortune quant à la météo. Le soleil lui brûle l'épiderme depuis l'aube et même si l'après-midi semble entamé d'après la position de l'astre dans l'océan atmosphérique, les nuages ne semblent pas pressés de se montrer. Malheureusement pour les pauvres diables comme Anton et Alistair, victimes de cette chaleur assourdissante, en plus de devoir gérer quelques rôdeurs affamés. « T'as vraiment de bon réflexes de survie, en tout cas. » Cela peut paraitre stupide à dire, puisque l'eau est la ressource principale que l'on doit préserver pour survivre mais Anton n'est pas aussi à l'aise avec le b-a ba de ces choses-là. Les yeux sont toujours rivés sur le ciel, il se contente de bouger légèrement la tête pour observer l'étendue céleste correctement. « Je pense que ton bricolage va servir, la météo est vraiment bizarre par ici. Les nuages vont apparaître comme par magie, j'en suis sûr. » C'est qu'il a subis les caprices météorologique de l'Utah pendant plusieurs jours. Sec et aride pendant des jours, suivi par des torrents d'eau qui s’abattent sur sa tête, puis à nouveau une sécheresse invivable. « Mais si jamais y a un orage... » Les orages sont particulièrement impressionnants et dévastateurs dans cette zone. Il grimace légèrement dans l'intention de répondre qu'il préférerait éviter d'ajouter la foudre à la liste de leurs problèmes déjà longue comme son bras mais c'est un effroyable bruit s'échappant de la porte qui se charge de répondre à sa place.

Comme le toast d'un grille-pain qui jaillit de l'antre de la bête en métal, Anton bondit de surprise, reculant de quelques pas en arrière, sa tête se détachant presque de son corps tant le choc contre la porte était beaucoup plus intense, cette fois-ci. Depuis le temps de son aventure, bloqué sur le toit, Anton essaye de s'habituer aux gémissements et aux petits coups contre la porte blindée mais cette fois-ci, ce coup puissant qui interromps une conversation banale lui soulève le cœur. « Merde, merde, merde. » Machinalement, il oublie pendant quelques secondes sa cheville foulée et se rue en boitant légèrement vers son sac à dos et son arme reposant sur le sol du toit. Il ramasse l'arme sans plan particulier en tête, autre que la survie au cas où la porte céderait pour de bon. Lorsqu'il pointe le canon de son beretta sur la porte, il observe du coin de l’œil Alistair, qui avance d'un pas de velours vers la porte. La tension est palpable. Ses paupières se ferment puis s'ouvrent à nouveau frénétiquement. Anton préférait nettement parler de la pluie et du beau temps, comme ils le faisaient vingt secondes auparavant. Il n'est pas du tout à l'aise derrière son arme, puisqu'il se sait aussi efficace qu'un enfant de cinq ans avec une arme de poing. Quand son ami du toit est suffisamment proche du métal blindé, le professeur retient sa respiration, en priant pour qu'aucun corps décharnés ne sorte d'un seul coup. Alistair recale simplement la barre en métal contre la porte, l'origine du bruit n'étant autre que le métal entrant en collision suite aux coups des rôdeurs de l'autre côté.

« Ça devrait tenir. Mais ils ont l'air tenaces. » Soulagement total pour Anton qui baisse son arme maladroitement, ses épaules et sa tête dans un même mouvement. La sueur de cette peur qui lui glaça pendant quelques minutes le corps, s'écoule doucement sur son visage. Il se laisse tomber lamentablement sur le sol, comme à son arrivée. Et son cerveau autorise à nouveau les messages de douleurs qui ses nerfs lui envoient, l'adrénaline ne faisant plus son effet. « J'ai failli avoir une crise cardiaque, bordel. » dit-il en posant le beretta au sol puis en essayant de calmer son cœur toujours très agité. « Je sais pas si je vais survivre à un autre coup dans ce genre... » Cette situation est une vraie torture, quand on y pense. Coincés dans un petit espace et leur seule issue est envahie par des rôdeurs qui ont surement beaucoup de patience. Anton ne fait pas seulement référence à son rythme cardiaque mais aussi à sa cheville qui subit une nouvelle fois l'étourderie du professeur. Il soulève son pantalon troué et usé au niveau de la cheville pour observer l'entorse évidente de cette dernière. Il grimace légèrement en passant son index sur la peau boursouflée et étend sa jambe meurtrie. « Ça va aller… la cheville ? » Son regard inquiet parle pour lui lorsqu'il lève la tête vers Alistair. « Je ne suis pas médecin mais je pense que cette bosse, là, c'est pas tout à fait normal. » Autant être honnête, il ne peut pas courir si jamais ça part en vrille. « Par hasard, avec des barres chocolatés, tu n'avais pas des anti-inflammatoires ? » Quelle blague, n'est-ce pas ? Cette fois-ci, il n'arrive pas à sourire, l'Anton sérieux et ennuyeux a repris du service. Parce qu'il pense vraiment que c'est foutu pour lui. Une entorse, c'est long à cicatriser sans aide extérieure. Il sait qu'il ne doit pas forcer sur les ligaments. Comment se permettre cela dans une telle situation ? Même coincé sur un toit, il y a bien un moment où la porte va céder. Et Anton, il est persuadé qu'il va y passer à ce moment-là. Il enfouit ses mains dans sa tignasse sale, y croisant ses doigts entre eux, baissant la tête de façon à ne pas affronter le regard de pitié - certainement - d'Alistair . « Survivre à tout ça, et crever à cause d'une entorse... C'est pas de chance... » Il ne s'est certainement pas rendu compte pendant son moment dramatique que les nuages se sont formés au-dessus de leurs têtes. Enfin une bonne chose dans cette journée décidément marquée par la malchance d'un pauvre professeur ?




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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Ven 25 Juil - 23:53

Anton avait sorti son arme, au grand malaise d'Alistair qui n'y avait pas fait attention avant de revenir une fois la porte renforcée. Il ne put s'empêcher de fixer le flingue jusqu'à ce que le professeur la repose sur le sol, le faisant se détendre légèrement. Non pas qu'il s'attendait à se faire tirer comme un lapin – Anton allait peut-être s'avérer être un vicieux, mais Alistair estimait que la probabilité restait faible – mais les armes à feu le mettait extrêmement mal à l'aise. Et pour cause, il n'en avait jamais eu entre les mains. Depuis l'épidémie, il avait tant pris soin d'éviter la civilisation de peur d'y trouver des zombies qu'il n'en avait pas trouvé. Oh, ce n'était pas la première fois qu'il en voyait, car il avait passé toute sa vie dans une banlieue un peu chaude de Chicago, ces choses-là ayant donc tendance à circuler un peu trop facilement ; néanmoins, il ne s'y faisait pas. La seule arme qu'il avait pu trouver, en dehors de son couteau-suisse qu'il avait sur lui le jour fatidique (si on pouvait appeler ça une arme) et d'un couteau à pain, était un arc qu'il avait improvisé et soigneusement customisé lors de ses soirées en solitaire. Ça aussi, il ne s'en était jamais servi avant, mais il avait appris peu à peu. Enfin, l'arme d'Anton serait sans doute bien plus efficace si jamais la porte venait à céder et qu'ils devaient faire face aux zombies, même s'il ne donnait pas cher de leur peau si c'était le cas. Mieux valait ne pas y penser, et espérer que le beretta resterait à sa place sur le sol.

Pendant qu'Anton se remettait difficilement de ses émotions, Alistair faisait le point sur la situation. Malgré son calme apparent, il n'en était pas moins très inquiet. La porte avait l'air de tenir, c'était déjà ça. Il avait suffisamment confiance en son travail pour pouvoir l'espérer. Mais combien de temps les zombies allaient s'acharner dessus, les privant d'une voie de sortie ? Pour le moment, il avait des réserves de nourriture qui allaient pouvoir leur permettre de tenir quelques temps, même à deux. Mais la perspective de rester coincés sur un toit pendant une durée indéterminée ne le réjouissait guère. A voir la tronche d'Anton, ses pensées étaient en train de suivre le même cheminement. Alistair préféra secouer la tête pour essayer d'y faire le vide, et changer de sujet. S'il y réfléchissait trop, l'angoisse allait finir par crever le plafond. Ce qui n'aiderait personne.

A la question concernant sa cheville, le visage d'Anton s'assombrit un peu plus. Pas bon, ça.

- Je ne suis pas médecin mais je pense que cette bosse, là, c'est pas tout à fait normal.

Alistair n'était pas médecin non plus, mais son regard était dépourvu d'équivoques, montrant qu'il partageait parfaitement l'inquiétude de son compagnon d'infortune. Ils étaient mal barrés – enfin surtout Anton – s'il était sévèrement blessé. Ce n'était pas vraiment le moment d'être limité dans ses mouvements et si Alistair savait bien réparer les choses, il était nettement moins doué quand il s'agissait de rafistoler les gens. Il se contenta donc d'un  « Hum », le front plissé par la préoccupation. A la question sur les anti-inflammatoires, il secoua la tête, navré.

- Je n'ai pas trouvé de médicament, désolé. Il fit une pause et le pli sur son front s'intensifia, mais sous l'effet de la réflexion cette fois-ci. Par contre...

Il fit volte-face et alla fouiller dans le fatras qu'il avait accumulé sous la tente improvisée. Il tira un morceau de tissu raide de crasse, qui avec le chiffon sur lequel il s'était essuyé les mains, ferait l'affaire. Il les déchira en bandes, les plus longues possibles. Puis il alla un peu plus loin sur le toit, jusqu'à repérer une palette à moitié moisie dont il détacha soigneusement toutes les parties qui étaient encore utilisables. Il ramena le tout vers Anton ainsi que le fameux couteau à pain et s'installa pour une opération qui allait risquer de lui prendre du temps. Anton lui, avait l'air salement déprimé, ce qui était compréhensible. Sa blessure n'offrait guère de perspective pour se réjouire.

- Survivre à tout ça, et crever à cause d'une entorse... C'est pas de chance...

Le ton lugubre ainsi que la phrase hautement pessimiste firent vivement réagir Alistair.

- Mais non. Je ne vais pas te laisser mourir.

Dit comme ça, ça faisait un peu extrême, pour un type qu'il avait rencontré depuis à peine deux heures. A peine sa phrase prononcée, Alistair en prit conscience et essaya de se rattraper.

- Je voulais dire, à deux, on aura plus de chance de s'en sortir.

Il inspira, comme pour ajouter quelque chose, mais renonça. Ce n'était pas la peine de s'enfoncer d'avantage. Ce n'était peut-être pas très malin de sa part de s'encombrer d'un blessé, mais Alistair en avait vraiment assez de vadrouiller en solo. Anton avait une arme, il pouvait toujours monter la garde ce genre de choses, puis il avait peut-être des talents cachés. De toute façon, le mécanicien en avait ras la casquette de la vie en solitaire. Tant pis s'il ramassait un éclopé, s'il accordait sa confiance trop vite ou si c'était des décisions trop précipitées. Si Anton était d'accord, il était prêt à travailler en tandem. En attendant, pour masquer sa gêne, il se concentra sur les planches de bois et commença à les retravailler pour leur donner une forme convenable, tout en retirant soigneusement toutes les échardes qu'il pouvait.

Entre temps, le ciel s'était obscurci au dessus de leur tête, leur apportant une soudaine fraîcheur. Alistair mourrait de chaud depuis quelques temps, aussi accueillit-il la chute de température avec un certain bonheur. Il s'interrompit un instant, levant le nez en l'air en ayant eu l'impression de sentir une goutte. Ça n'allait pas être très marrant de se tasser sous la bâche s'il pleuvait, mais au moins auraient-ils moins chaud et il aurait une utilité à son réservoir.
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy Sam 25 Oct - 16:01

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Maybe it was all too much. Too much for a girl to take.
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MessageSujet: Re: Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy

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Flashback - Anton || Hey, I just met you, and this is crazy

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