[flashback] ruled by the happening | mee
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MessageSujet: [flashback] ruled by the happening | mee Mer 6 Aoû - 20:01


Ruled by the happening
« Bienvenue à Chadron. » Les yeux rivés sur le panneau à la peinture effritée, les pensées d'Elli sont vides de toute impression. Ses pas s'arrêtent quelques mètres devant. Les pieds plantés sur le goudron usé de la route 20, son regard glisse sur la petite ville qui s'étale derrière l'écriteau. Rien de s'en émane. De là où il est, il ne voit qu'une chaussée droite, quelques voitures abandonnées, des commerces vides, des maisons se dégradant lentement - un spectacle auquel il assiste depuis plusieurs mois maintenant. Il n'y a aucun bruit. Pas de vent, pas de pluie, rien. Peut-être un grincement de temps en temps, mais ni voix humaine, ni grognement sordide. Cela ne veut rien dire, évidemment. Mais cela fait bien longtemps que le nebraskan n'a pas rencontré de ville sur sa route. Celle-ci n'est pas très grande, et les provisions commencent à se faire rare. Peut-être est-il temps pour lui de marquer un arrêt dans cette bourgade à l'abandon.
Il faut dire que cela fait une semaine - peut-être plus, peut-être moins, ça n'a pas d'importance - qu'il marche le long de cette voie. C'est la première fois qu'il se retrouve seul aussi longtemps, et cela lui laisse une sensation bizarre, proche de la lassitude. Cependant, l'objectif - survivre - ne change pas. Il n'a pas le temps de penser à autre chose pour l'instant. Et puis c'est mieux comme ça. Essayer de retrouver les anciennes membres de son petit groupe n'aurait fait qu'empirer les choses. Ça s'est suffisamment mal passé comme ça. Et puis il ne les a pas vues mourir, avec un peu d'espoir, il les recroisera pas hasard. C'était tout ce qu'il peut faire pour le moment.

Sur cette note, il ajuste sa poigne sur son pied de biche et reprend son chemin. Ignorant au mieux l'appréhension, il s'efforce de faire attention à tout, comme il a appris à le faire depuis le début de cette apocalypse. Sa première étape est le supermarché - probablement dévalisé, mais sait-on jamais - et la seconde, un abri. Les nuages sombres au dessus de sa tête ne lui disent rien qui vaillent, et il lui prend l'envie luxueuse d'avoir un toit et des murs, au moins pour la nuit.
Dès qu'il pousse la porte de verre sale du supermarché, une violente odeur de pourriture lui attaque les narines. Il réprime au mieux un haut-le-cœur et amène son écharpe sur son nez pour s'abriter de l'air putride. Décidément, il ne s'y fait vraiment pas même après tout ce temps. Ce n'est pourtant pas ça qui l'arrête, et il scrute un instant les rayons qui se présentent devant lui. L'odeur vient manifestement de celui des fruits et légumes, mais tout est possible. Heureusement, les portes vitrées offrent assez de lumière pour voir correctement. Aucun bruit suspect ne lui parvient malgré le grincement du battant. Il a de la chance cette fois-ci.
Naturellement, il ne reste plus grand-chose sur les étagères. Plus grand-chose, mais pas rien. Trouver quelques boites de conserve dont il n'ose pas regarder la date de péremption est une aubaine, ainsi qu'un paquet de céréales et des sachets de biscuits apéritifs. L'eau manque, cependant. Mais c'est déjà ça. Le soulagement ôte un infime poids sur ses épaules à l'idée qu'il puisse encore tenir le coup quelques jours.

C'est sans compter le bruit qu'il entend non loin de là. C'est soudain, mais son corps réagit plus vite que son esprit et son dos se plaque contre le rayon, le pied de biche relevé. Après cela, le silence, un moment de latence qu'il insupporte. Il doit se concentrer sur la provenance plus que l'origine pour l'instant. Rôdeur, être humain ? Les deux sont mauvais signes. Il jure silencieusement alors qu'il se rapproche de la sortie et reste attentif au moindre bruit. Il perçoit du mouvement, c'est sûr. Mais aucun son guttural, aucun claquement aléatoire ou gémissement équivoque. Elli est en présence d'un être humain conscient, mais ce n'est pas pour autant qu'il baisse sa garde. Au contraire. « Qui va là ? » Sa voix n'est pas forte - crier est une très, très mauvaise idée - mais pas faible pour autant. Il ne tente pas de fuir, au cas où  le nouveau venu aurait une arme à feu. Il ne manquerait plus que ça.



codes par shyvana
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MessageSujet: Re: [flashback] ruled by the happening | mee Sam 9 Aoû - 20:21


It’s a very very mad world



Dans ce genre de monde, les décès ne se comptent pas en temps. Mais en kilomètres franchit. Au bout d’un moment on en vient à délaisser les cartes à force de les connaitre par cœur. Les villes deviennent des points de relais. Des destinations éloignées où l’on se donne l’impression de délaisser l’horreur. De l’abandonner derrière soi, sans retour possible. Mee ne se posait pas la question de savoir ce qu’elle ferait face au pacifique. Dans quoi elle s’embarquerait alors, quelle décision elle prendrait. Elle suivait instinctivement le plan de route de son frère. Car suivre ce plan signifiait détenir une logique. Et plus prosaïquement, il lui semblait que Michael continuait de la guider ainsi. Michael, et ses précieuses règles.

Chadron accueillit donc une jeune fille proche de la folie. Moins d’un an auparavant, c’était une étudiante en droit de Lewiston, plutôt pas mal foutue bien que quelconque, brillante mais sans talents. Celle qui franchit le panneau d’entrée de cette ville du Nebraska avait perdu entre temps une dizaine de kilos. Ses cheveux noirs étaient sans éclats. Son visage émacié, qu’un crâne blanc. Avec des yeux cernés, enfoncés dans leurs orbites. Sa parka jaune était tâchée de sang. Elle portait en dessous un jean élimé, un tee-shirt, un pull. Un couteau. Ses chaussures étaient les seules à être à peu près en bon état. Elle en changeait à chaque ville, toujours la même marque, toujours plus neuve. Ses chaussures pouvaient lui sauver la vie. Son alimentation aussi, mais Mee arrivait parfois à ne pas y penser.

Ou pire, à oublier.

Chadron, c’était un nom comme un autre. Une réserve de bouffe potentielle. Une réserve de morts vivants aussi – ils préféraient les villes, ces salauds. Chadron c’était 483 milles à l’Est de Fort Lodge. 483 milles. 777 kilomètres. Un homme normal, marchant tout droit, pouvait rallier les deux points en l’espace de deux semaines, en se trainant un peu. Elle, elle l’avait fait en un mois. Mais Mee n’en avait pas conscience. Tout simplement parce que les espaces entre les villes devenaient des trous noirs. Des trous où elle se perdait en mode automatique. Avait-elle couru, avait-elle combattu ? Elle n’aurait pas pu le dire. Il n’y avait que les cauchemars, dont elle se rappelait. Et les instants troubles où elle parlait à Michael comme s’il était là.

Entre ça, pas grand-chose.

A Chadron elle trouva donc un point pour dormir. Une carte de la ville. Des morts aussi, à moitié dévorés. D’autres avec la tête éclatée. Peu de rôdeurs. Elle dormit 12h, la hache à la main. Barricadée dans une pièce sans fenêtres d’une maison sans nom. Des photos poussiéreuses la suivaient de leurs regards fixes. Presque avec de la curiosité.

Le mois de mars 2014 était encore froid. Ainsi ce matin-là elle boutonna calmement son imperméable. S’y reprenant à plusieurs fois pour le fermer – ses mains tremblaient trop. Après avoir changé de chaussures, elle fit couiner ses nouvelles rangers sur le sol carrelé du supermarché du coin. La majorité des rayons avait été dévalisés mais Mee s’en foutait. Elle avait dans son sac à dos deux bouteilles vides qu’elle avait remplies directement au cumulus de son actuelle maison de location. Elle ne perdit pas de temps à fouiller les rayons des conserves ou même des pâtes. Et se dirigea vers le rayon des animaux.

Règle numéro 7 :
ces cons de gens pensent pas que dans la bouffe pour bestiaux y’a tout ce qui faut pour un homme. Si c’est assez bon pour les chiens, c’est aussi bon pour nous.

Et les paquets de croquettes n’étaient pas encore très prisés par les survivants.

Mee en attrapa deux de moindre taille, en soupesant leur poids. Michael ne serait pas là pour les porter à sa place cette fois. Mais cette pensée n’arrivait pas à la faire tressaillir. Il y avait les ombres pour ça, les cris cachés dans ce magasin. Après tout Michael s’était fait bouffer dans un supermarché. C’était sans doute pour ça qu’elle avait sa hache à la main – ça allait être compliqué pour tout porter. Elle n’arrivait pas à se rappeler à quel moment elle l’avait extirpé du sac. Mais son poids dans sa paume était rassurant. Un peu de temps perdu pour un trauma - pas assez pour l'empêcher de survivre.

Et dans le magasin, pas un chat.

« Ne passez pas en caisse, ne payez pas la taxe » coassa-t-elle d’une voix rouillée à force de n’avoir été utilisée. L’écho de sa voix retentit bizarrement sous la voute du magasin. Comme des chuchotements absents.

Elle allait faire demi-tour quand les portes s’ouvrirent.

Son esprit fit un ricochet.

Un instant il y avait le rayon des croquettes dans son champ de vision. Et voilà qu’elle se retrouvait face aux produits nettoyants. Son souffle, ténu, ne pouvait pas la trahir. Une douleur sourde aux cuisses lui fit comprendre qu’elle était accroupie. Son sac, toujours dans son dos, formait un appui contre le rayon où elle s’était adossée. Qu’attendait-elle au juste ? Y avait-il eu un rôdeur ? L’avait-elle tué ? La lame de sa hache brandie était encore nette. Que se passait-il ?

Michael ? Quelqu'un ?

Il y eut du bruit, des bruits de pas, pas très loin. Pas de sons gutturaux si reconnaissables des mange-gueules. Un homme, ou une femme d’un certain poids. Un être humain. Ca ne la rassurait pas. Les humains étaient presque pires que les mange-gueules. Les humains avaient de l’imagination eux, en plus de l’instinct.

Et il n’y avait pas que l’instinct de tuer chez eux.

Elle essaya de se relever. Mais son sac bouscula deux bouteilles qui s’entrechoquèrent dans son dos. Et aussitôt :

« Qui va là ? »


Mee changea de rayon. Mais le couinement de ses chaussures n'était pas difficile à repérer.

A ce stade elle n’a pas reconnu la voix – comment pourrait-elle, malgré la rareté des humains ça fait des mois qu’elle l’a croisé.

Mais quand elle lui fit face, hache brandie, regard fixe, quelque chose s’éveilla en elle. Quelque chose proche de la surprise.

Elle n’avait pas l’intention de lui parler. Mais il est déjà trop tard pour s’en empêcher.

« … comment tu fais pour être encore vivant en hélant les gens comme ça ? »
dit-elle. Sa voix est basse. Pas réellement menaçante. Pas encourageante non plus. « Tu es seul ? » Il pourrait mentir – mais elle a l’impression qu’il est seul. Pas seulement parce qu’elle n’entend pas de bruit. Simplement parce qu’elle se sait animale. Animale et perdue.

Un peu comme un enfant.



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