I wish I could lie, And never could fail
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MessageSujet: I wish I could lie, And never could fail Lun 27 Avr - 22:30

Sur le toit du dernier bâtiment intact de la Zone, Ezeckiel s’était installé, dos à une paroi bétonnée. Il fixait le vide, ne parvenant plus à concentrer véritablement son attention sur les zombies qui hantaient les parages, toujours plus nombreux. Il déglutit difficilement et porta sa cigarette à ses lèvres, en tirant une longue latte qu’il rejeta dans un nuage de fumée, vite dissout dans l’atmosphère. Il était venu là pour s’isoler, loin de l'ambiance pesante en contrebas. Le spectacle était certes désolant vu d’en haut, mais ce n’était pas plus terrible que d’affronter les visages angoissés, rébarbatifs voire réprobateurs. Certains considéraient peut-être qu’il n’aurait pas dû jouer au héros en partant chercher Aileen coûte que coûte. N’importe quoi aurait pu leur arriver. Et si le garagiste avait pour envie de leur répliquer que cette décision ne concernait personne d’autre que lui, il avait pourtant décidé de garder ses lèvres closes. Il se fichait bien de ce que l’on pouvait penser de lui. L’important, c’est qu’il avait fini par la ramener. Depuis qu’ils avaient réussi à prendre un peu de repos et à reconstituer leurs forces, un sentiment de satisfaction et de sérénité l’accompagnait pas à pas. Il renouait avec la curieuse sensation du devoir accompli, alors même que la situation des survivants s’avérait plus que critique. Leandro avait d’ailleurs décidé de les convoquer tous très prochainement, histoire de mettre les choses au point et de débattre de la suite. Il ignorait s'il sortirait quoi que ce soit de positif d’une telle réunion, mais il serait bien évidemment présent. En attendant, il s’était déchargé du sac de briques qu’il traînait comme un boulet quasiment en permanence. Il avait également eu l’occasion de rejouer mille fois la scène nocturne entre Aileen et lui. Leurs retrouvailles, d’abord catastrophiques, s’étaient finalement muées en quelque chose de réconfortant, un serment muet de loyauté l’un à l’autre. De son côté, les choses étaient claires depuis longtemps, mais pouvoir le lui faire sentir était encore une autre expérience. Il prit une autre bouffée, et cette fois se mit à sourire tendrement. Mordillant sa lèvre inférieure un peu trop sèche à son goût, il passa sa main libre contre sa nuque, satisfait de ne plus sentir les mèches rebelles s’y battre avec ardeur. Il avait demandé à l’une des habitantes de la zone, une gamine âgée de pas plus dix-huit ans, de lui filer un coup de ciseau quelques heures plus tôt, ce qui ne serait pas du luxe. Il se fichait bien du résultat final, pourvu qu’il ne se trimballe pas avec une tignasse trop imposante, mais celui-ci n’était pas trop mal. Puis, il avait déniché un reste de crème à raser qu’il avait décidé de sacrifier, conscient qu’il ne pourrait plus s’offrir un tel luxe avant longtemps. Résultat : sans le spectacle macabre qui dansait sous ses prunelles, il aurait pu se croire revenu dans le monde « normal ». Douce illusion qu’il balaya rapidement, tout en écrasant consciencieusement sa cigarette à ses côtés, observant les infimes parcelles de braise rougeoyantes s’éteindre lentement. Ezeckiel soupira et fit craquer ses cervicales douloureuses. Il tuerait pour un massage, oui. Lui qui n’aurait pas supporté qu’on le touche auparavant. Un comble.

Ses prunelles vrillèrent le point d’horizon qui les avait vus s’échapper quelques jours auparavant. Il se figurait encore parfaitement comment il avait foncé dans le tas, frôlant l’inconscience pure. Tout plutôt que de rester coincé. Un élan de panique contrôlé, animal, qui l’avait décidé à ne plus réfléchir et à rouler comme un dératé. La méthode s’était révélée payante, mais maintenant que l’adrénaline était pleinement retombée, il ne pouvait s’empêcher de se demander ce qui se serait passé, si…
Un frisson d’horreur le dissuada d’aller plus loin dans le raisonnement. Il se sentit brusquement fatigué, mais cela n’avait rien à voir avec l’état de harassement total qui l’avait laissé abruti de torpeur lorsque lui et son amie avaient enfin réussi à trouver le sommeil. Il avait peine à croire à cet exploit d’ailleurs, compte tenu de la conversation… Ezeckiel s’en voulait d’ailleurs un peu, de s’être ouvert à ce point. Il craignait toujours le regard d’Aileen sur lui, sur chaque geste, chaque mot. Pas le droit à l’erreur, à ses côtés. Pas le droit. Et certainement pas l’envie.

Au moment où il envisageait de se griller une seconde cigarette, des pas se firent entendre dans son dos, éclairant son visage d’un sourire. Il n’y avait qu’une personne au monde capable de le rejoindre alors que la nuit était tombée dans un endroit pareil.

« Je vois que je ne suis pas le seul à vouloir prendre l’air. »


Dernière édition par Ezeckiel L. Livingston le Lun 4 Mai - 0:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Lun 4 Mai - 0:11

 
Ezeckiel & Aileen
 
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Adossée à un mur, Aileen fixe un point invisible devant elle. Elle a beau sembler dans la lune, elle n'en reste pas moins attentive à ce qui peut se passer autour d'elle. Hors de question de se laisser aller à la rêverie. Pas comme ça. Pas maintenant. Ce n'est plus possible. Elle ne peut que tâcher de rester en vie, et de suivre Ezeckiel là où il décide d'aller. Parce qu'elle a beau jouer les solitaires, les associables, elle ne pourra plus faire croire le contraire à qui que ce soit : elle est incapable de rester loin de lui. De lui tourner le dos et de partir de son côté. Aussi étrange cela puisse-t-il paraître, elle a besoin de lui pour survivre. Pour tenir tout court. Et maintenant qu'il est a risqué sa vie pour partir à sa recherche, là dehors, c'est pire. Elle se sent complètement redevable. Ce serait mentir que de dire que ce n'était pas déjà le cas auparavant. Mais après cette soirée qu'ils ont passé, quelque chose a changé. Ils ont passé un accord tacite, celui de rester ensemble coûte que coûte. D'une certaine façon, ils sont plus liés encore qu'ils ne l'étaient déjà auparavant. Un soupir las lui échappe. Qu'elle déteste ici. Qu'elle déteste faire semblant. Cet endroit lui donne l'impression d'étouffer, d'être prisonnière une fois de plus. Ils ne peuvent pas sortir sans risquer leur vie, ils ne peuvent qu'attendre. Mais attendre quoi, au juste ? Qu'un miracle se produise ? Ça n'arrivera pas. Les rôdeurs sont à peine ralentis par le froid, la faim ne semble pas non plus avoir grand effet sur eux. Aileen chasse ces pensées de sa tête, il n'y a rien qu'elle puisse faire dans l'immédiat pour remédier à cela. Elle n'a plus qu'à, sans grand espoir, espérer que la réunion projetée par Leandro amène des idées intéressantes. En attendant, elle doit prendre son mal en patience. Et arrêter de s'encombrer l'esprit avec des réflexions futiles et des peurs idiotes. Désireuse de se vider la tête une bonne fois pour toute afin de réussir, à un moment ou un autre, à trouver le sommeil, Aileen grimpe sur le toit du bâtiment. En quelques minutes, elle est en haut. Et en quelques secondes, elle remarque qu'elle n'est pas la seule à avoir eu cette idée.

Et ce n'est pas n'importe qui, qui est là : c'est Ezeckiel. Malgré elle, ses lèvres s'étirent en un mince sourire. Non seulement parce qu'il est là mais aussi parce qu'il la reconnaît sans même avoir besoin de la voir ou de l'entendre. C'est ridicule. Tellement ridicule qu'elle s'efforce de prendre une expression neutre avant de s'avancer de quelques pas pour se positionner à sa hauteur, avant de s'asseoir à ses côtés. « C'est qu'on a une très belle vue, d'ici. » Ou pas. Il fait nuit, donc ils ne peuvent que deviner quelques rôdeurs là, en bas. Mais les bruits de leurs grognements leur parviennent bien mieux qu'à l'intérieur. Enfin, il fait bon, c'est l'essentiel. « J'adore cet endroit. » Et cette fois, aucune trace de plaisanterie dans sa voix. Ce n'est pas la première fois qu'elle vient là, à l'époque où tout allait bien déjà, elle s'y était faufilée une fois ou deux. Pour voir l'horizon au loin et pour avoir la paix. Bizarrement, ce soir, elle ne se sent pas dépaysée à l'idée de ne pas être seule. Sans doute parce qu'il s'agit d'Ezeckiel et que jamais, oh grand jamais, sa présence ne la dérangera. Enfin, ça, c'est vite dit. Elle a agit comme une garce pendant de nombreux mois, l'évitant et le maintenant à distance. Mais c'est du passé, tout ça. Du moins, elle l'espère. Ce serait bête de revenir en arrière maintenant qu'ils ont tant avancé. De toute façon, elle en est certaine, elle ne pourrait tout bonnement pas s'en sortir sans lui. Aileen tourne la tête dans sa direction, aperçoit malgré la pénombre le paquet dans ses mains. Elle se mord la lèvre un instant, hésitante. Ce serait con de redevenir accro à ce genre de merde, n'est-ce pas ? Mais ils pourraient tout aussi bien crever demain alors ... « Je peux ? » Demande-t-elle, pas certaine de faire le bon choix. Et puis ... Ezeckiel n'en a peut-être plus. Elle détesterait l'idée de profiter de ce qui les unit, quoi que ce soit, pour obtenir une cigarette. Mais elle est avant tout persuadée que cela ne pourra pas lui faire de mal. Et à Ezeckiel non plus : c'est toujours une clope en moins dans ses poumons ... A moins que ce ne soit juste une excuse pour faire taire sa culpabilité.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Lun 4 Mai - 1:34

Rapidement, la blondinette était venue s’installer près de lui, renforçant son sourire. Là. Ça y était. Il n’avait absolument besoin de rien d’autre. Plénitude curieuse, quand on pensait aux créatures qui rôdaient à leurs pieds, à leur situation encore précaire si peu de temps auparavant. Ezeckiel s’adossa plus confortablement contre la paroi, comme pour se préparer à savourer une bonne soirée pizza/film cool à la télé. Il pouvait presque s’y croire, à la différence que le spectacle sous leurs yeux était nettement plus appréciable. Et la compagnie se passait de mots.

« J’avoue. La vue est géniale. »

Il soupira de contentement et laissa passer un silence. Comme beaucoup d’individus de la gent masculine, il n’éprouvait pas particulièrement le besoin de meubler ce silence, cette absence de paroles. Au contraire. Il aimait ça. C’était l’un des rares points positifs de ce nouveau monde : on s’entendait penser de nouveau. On n’était plus pris dans un tourbillon étouffant de contraintes régies par une société occidentale aliénée, par tout un tas de responsabilités à honorer à peine sorti de l’enfance. Terminé. Il ne restait plus que les préceptes les plus naturels du monde pour survivre. Se nourrir. Éviter le danger. Fuir. Comme des animaux qu’ils avaient toujours été. Peut-être que tout cela était logique, finalement. Peut-être que toutes ces conneries de rumeurs de fin du monde n’étaient pas si connes que ça. Peut-être qu’il s’agissait d’une punition méritée, envoyée par on ne savait qui. Ezeckiel ne pouvait pas peser le pour et le contre décemment, se demander si tout cela en valait la peine au prix de rencontrer son amie. Mais il savait qu’il se sentait suffisamment bien pour voir le verre à moitié plein. Pour une fois.  

« J’aime bien aussi. Même si j’y allais moins souvent que toi. »

Du temps où la Zone n’était pas un tas de ruines, il savait qu’il lui était arrivé de se retrancher dans les parages, mais avait justement pour règle de s’interdire de la rejoindre la plupart du temps, où qu’elle soit dans ce genre d’endroit. Pour respecter son besoin d’isolement, pour ne pas la pousser à fuir plus encore en quittant les murs d’enceinte. Les choses avaient bien changé. Il tourna la tête en sentant le regard d’Aileen posé sur lui, en train de zyeuter son paquet de cigarettes, ce qui lui fit pousser un rire bref et affectueux. Les clopes. Quelques gouttes de Saint-Graal dans ce monde dévasté. Lorsqu’elle lui en demanda une, il soutint le feu de son attention avant de lui tendre le paquet et le zippo qui allait avec.

« Profites-en. Il en reste plus que trois. »

Un trésor. Il humecta ses lèvres, la regardant s’en allumer une.

« J’savais pas que tu fumais. »

Pas un reproche. Juste un constat, sans conséquences. Sans réfléchir, le jeune homme passa le bras autour des épaules d’Aileen, la calfeutrant contre lui. Il pencha la tête, jusqu’à ce que sa joue redevenue lisse trouve la tempe de la demoiselle, s’y reposant doucement. Son sourire s’affadit, pas sa belle humeur. Elle l’emporta loin, loin de ces terres désolées, loin de leurs congénères survivants qui se faisaient tout un mouron là, en bas. Ils se trouvaient protégés du monde, comme seuls. Ezeckiel se figura avec amusement l’éventualité qu’ils étaient les deux derniers humains « normaux » sur Terre. Comme dans Je Suis une Légende. Il eut une pensée pour Will Smith, qui avait probablement rejoint le cercle des défunts ou des rôdeurs.

« Hey… Je me disais. »

Il déglutit, prenant le temps de rassembler ses pensées pour les formuler au mieux.

« J’ai pas mal réfléchi. Je sais pas ce qui va se dégager de tout ça. Tu sais, la réunion. Mais je sais pas pourquoi, j’ai pas vraiment confiance en un projet viable. »

Un tel pessimisme pouvait étonner venant de lui. Mais après avoir failli la perdre une fois encore, il se rendait compte que son centre d’intérêt s’était durement recentré autour d’elle et elle seule.

« Alors je me disais… Si tu veux qu’on se détache du groupe une fois dehors… Si tu veux qu’une fois qu’on ait fait notre part, qu’on ait aidé de notre côté… on prenne le large. Rien que toi et moi. Bah… je dirai pas non. »

L’étreinte de son bras se renforça sur elle. Pourtant, il ne la regardait pas, se concentrant obstinément vers la ligne d’horizon.

« J’ai pas envie qu’on soit encore séparés parce qu’on n’est pas d’accord… ce genre de conneries. Et vu comment s’est finie la Zone… J’aurais même plus d’arguments à t’objecter. Alors si tu veux qu’on parte juste toi et moi, on partira. J’te le promets.»
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Lun 4 Mai - 23:01

 
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Cet endroit a tout pour lui plaire, à Aileen. La vue pour le moins intéressante - avant que les rôdeurs ne s'accaparent les lieux, bien sûr - et la tranquillité. C'est pour cela qu'elle venait souvent s'y réfugier, elle pouvait ainsi observer le coin sans paniquer à l'idée d'être rattrapée par la réalité. Ici, elle pouvait être elle-même. S'évader l'espace de quelques minutes, heures parfois. C'était surtout le soir qu'elle appréciait, lorsque les températures étaient agréables. Un peu comme ce soir. Parce qu'elle se sent bien, et que la présence d'Ezeckiel n'y est sans doute pas étrangère non plus. Elle l'a longtemps, trop longtemps, évitée. A présent, c'est terminé et elle se rend compte qu'elle a été stupide d'agir de la sorte. Referait-elle la même chose si elle avait la possibilité de retourner en arrière ? Oui, malgré tout. Parce que, dans le fond, c'est ce qui leur permet d'en être là aujourd'hui, ce qui lui permet de ne pas être effrayée à l'idée d'être seule avec lui même si elle lui a plus ou moins toujours fait une confiance aveugle. Ces quelques mots lui ont ouvert les yeux, lui ont permis d'y voir plus clair. Et de faire un peu de tri dans ses pensées diffuses. Elle en avait bien besoin. Un peu comme là, tout de suite, elle a besoin de fumer une clope. C'est un sentiment qu'elle avait oublié, depuis le temps. Sa dernière cigarette remonte à il y a bien longtemps mais, franchement, ce n'est pas ce qui va la tuer. Il y a environ 80% de chances pour qu'elle crève avant d'avoir trouvé un paquet plein de ces petites merdes, alors ... « J’ai arrêté il y a longtemps. » Très longtemps, aurait-elle dû préciser. Mais pour l'heure, elle a mieux à faire que d'évoquer de vieux souvenirs pas nécessairement agréables compte tenu de la situation. Comme ... allumer sa clope, et en tirer une première taffe. Cela lui fait un bien fou, elle n'aurait jamais imaginé en arriver là un jour pourtant. Aileen repose le paquet et le briquet sur le sol, il ne faudra quand même pas qu'elle oublie de le récupérer avant de partir pour le rendre à Ezeckiel, ce serait con de paumer une telle denrée rare.

La jeune femme ne bronche même pas quand il passe son bras autour de son épaule et pose sa joue sur sa tempe. Elle remarque aussitôt qu'il est plus lisse à l'accoutumée. Est-il possible qu'il se soit rasé et qu'elle n'ait pas eu l'occasion de voir le résultat ? Elle s'apprête à lui demander quand, et comment, il a fait ça mais il reprend la parole le premier. Et elle se statufie presque sur place pour entendre chacune de ses paroles. Pathétique. Aileen essaye tout de même de rester naturelle et tire plusieurs fois sur la clope, qui disparaît à vue d’œil. C'est possible, ça ? Qu'elle se consomme aussi vite ? Enfin, là n'est pas sa préoccupation principale : les mots d'Ezeckiel sont étranges. Pas parce qu'ils sont pessimistes, il est limite logique de le devenir à un moment ou un autre, mais parce que cela vient de lui. Entre eux, c'est toujours elle qui a eu le rôle de la rabat-joie, à ne faire confiance à personne et à trouver des failles partout où il n'y en avait pas - ou là où il y en avait, à l'occasion -. C'est étonnant qu'il dise des trucs pareils. Qu'il ne semble pas plus ... enthousiaste à l'idée de cette réunion qui se profile et des éventuelles retombées qu'elle occasionnera ensuite. Après que Ezeckiel ait conclut son discours, le silence s'installe, paisible mais assourdissant, sans doute parce qu'il n'est pas complet à cause de ces foutus rôdeurs là, en bas. « C'est vraiment ce que tu veux ? » Elle en doute. Ce n'est pas possible. Ezeckiel est plutôt du genre à chercher le positif de partout, et en particulier lorsque cela concerne des groupes de survivants. « Ça va te paraître surprenant mais ... on devrait peut-être attendre de voir avant de prendre une décision ? Parce que ... tu sais, je pense quand même qu'on serait plus aptes à s'en sortir avec eux plutôt qu'à deux dehors. » Ce n'est pas pareil que dans la zone. Et Aileen a le sentiment que rien n'est plus pareil. Ne se serait-elle pas ramollie à tout hasard ? En tout cas, elle n'est pas bien certaine de savoir ce qu'elle veut. « Tu crois qu'on s'en sortirait tous les deux ? » Question à moitié rhétorique, il paraît évident que, chacun à leur façon, ils sont tous deux faits pour la survie. Mais la donne a changé.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Mar 5 Mai - 7:29

Il ne savait pas vraiment ce qu’il voulait. Il avait peut-être peur de chaque décision importante, désormais, chaque décision capable de remettre en cause leur harmonie. Chat échaudé craint l’eau froide. Ezeckiel avait compris qu’il ne pourrait pas continuer à imposer sa vision des choses à une Aileen qui n’en ferait qu’à sa tête et qui finirait probablement par partir une bonne fois pour toutes s’il s’obstinait. Ils avaient frôlé de trop près la catastrophe, et maintenant que le temps de l’adrénaline était passé, c’était le plein sentiment d’horreur qui s’était installé dans son ventre, atténué par sa présence ici et maintenant. Il ne savait pas s’il voulait continuer de se battre, militer pour demeurer avec un groupe comme ils l’avaient fait par le passé. Il y avait eu tant de désillusions, tant de liens créés pour se voir défaits en quelques secondes. Devoir abattre un compagnon de route pour éviter de le voir se changer en créature immonde, devoir accepter de tourner les talons pour courir et sauver sa peau en entendant les hurlements de ceux qui étaient restés derrière…
Pourtant, le jeune homme avait senti son amie se tendre contre lui, ce qui ne le surprit pas vraiment. Il s’attendait à l’étonner par ce genre de déclarations, mais s’en serait voulu de ne pas tenter une telle approche, pour sonder réellement son état d’esprit du moment. C’était nécessaire. Lorsqu’enfin elle réagit, ce fut pour poser le doigt sur les failles de son discours.

« J’en sais rien. »

Les mots tombèrent, lourds de sens. Il soupira, cette fois moins légèrement que précédemment.

« J’en sais vraiment rien. Je me pose des questions, c’est tout. »

Pour lui. Pour eux. Parce qu’il ne concevait pas sa destinée au singulier.

« Je me souviens juste que tu avais tellement rechigné à rejoindre la Zone… C’est bien pour ça aussi qu’on a commencé à prendre des distances, non ? Et j’te l’ai dit je veux pas revivre ça. On a suffisamment à faire pour se créer des problèmes entre nous, et comme je ne sais pas ce que toi tu veux… »

Comme il l’avait pensé dans cette église sombre et froide, Aileen restait un mystère. Un profond mystère, un lac à la surface d’émeraude, attrayant mais dont l’eau gelée et le fond invisible et inaccessible poussaient à la prudence la plus élémentaire. Elle était le genre de femme qu’on ne parvenait pas à conquérir. Son instinct le lui murmurait. Ce ne serait sûrement jamais lui qui parviendrait à faire céder les barrières de glace entre eux deux, barrières qu’il ne s’avouait pas, puisqu’elles n’avaient pas de raison d’être, n’est-ce pas ? Tout comme il n’avait aucune raison valable de la désirer en secret. En soi. Non. Ce ne serait pas lui. Ni sa tchatche, ni son physique d’ancien beau gosse du vieux monde, ni leurs pulsions de vie entre deux bulles de mort. Aileen décidait.
Elle le lui prouvait par sa réflexion même, qui lui tira un sourire. Il tourna la tête vers elle, se redressant pour ce faire.

« Eh bien… Oui, en effet je ne m’attendais pas vraiment à ça mais de toute manière c’est clair qu’il vaut mieux voir ce qui va se goupiller… Fin j’t’avoue que j’fonde aucun espoir là-dessus, perso. Je sais que ça a l’air dur, mais… À part Leandro et Noah… »

Ezeckiel haussa les épaules. Ne pas penser à Luke. Ne surtout pas penser au petit.

« Je ne me sens pas vraiment attaché à la communauté. Plus maintenant. Quand tout a explosé, je n’ai pensé qu’à toi et à ces deux-là. »*Mensonge*  « Mais eux, je savais qu’ils étaient en sûreté. Toi, c’était le brouillard. Le choix était vite fait. Et en admettant que Leandro sait ce qu’il fait, si le groupe se faisait attaquer, c’est toi encore qui passerais en priorité. » *N’est-ce pas, puisque le dernier gosse auquel tu tenais encore, toi et les autres n’avez pas été foutu de le protéger.*

Il haussa les épaules.

« Dans ce cas-là, si on se retrouvait seuls tous les deux, bien sûr qu’on survivrait. On l’a déjà fait. Puis on passe plus facilement inaperçus, c’est plus facile pour se nourrir… J’avoue que j’ai toujours trouvé l’idée de groupe rassurant, mais je sais pas… C’est un peu le bordel dans ma tête, je crois. »
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Mer 6 Mai - 0:17

 
Ezeckiel & Aileen
 
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La quiétude a laissé place à des émotions plus brutes, mais nécessaires. D'une certaine façon, ils ont besoin de parler de tout ça. Ils ne savent pas encore ce qui va résulter de cette fameuse réunion mais ils ne peuvent pas attendre d'en arriver là pour songer au futur. Futur, quel terme pourri par les temps qui courent. Il peut disparaître en un claquement de doigts, s'évaporer dans la nature avec une bourrasque de vent. Il est imprévisible, froid, rarement rassurant. Aileen évite généralement d'y penser. De la même façon qu'elle essaye de ne pas trop songer au passé. Pourtant, elle n'oublie rien de son comportement minable de ces derniers mois. Ezeckiel non plus, semble-t-il. En même temps, c'est ce qui a fait qu'Aileen était hors de la zone lorsque l'explosion s'est produite. C'est ce qui a poussé Ezeckiel à prendre des risques inouïs pour tenter de retrouver sa trace. La jeune femme prête une oreille attentive à ce qu'il lui dit, elle ne veut rien laisser au hasard et entendre son point de vue est donc très important. Elle sait qu'elle a pas mal foiré, ces derniers temps. Mais elle n'a aucune envie de voir Ezeckiel se forcer à cause des désirs égoïstes d'une pauvre idiote. « On devrait ... attendre de voir et aviser. » Elle ne pourrait pas dire mieux que ça. Elle-même s'étonne d'en arriver à une telle conclusion mais il lui paraît impensable de tirer un trait sur tout ça. C'est dingue, venant d'elle mais c'est comme ça. Malgré elle, elle s'est attachée à certaines personnes présentes dans les bâtiments. Aucun n'est encore ici, cela va de soit. Le silence s'installe, très vite rompu par le rire gêné d'Aileen. « J'ai été stupide, hein ? » Et pas qu'un peu. Ezeckiel a toujours été là pour lui et comme elle lui a récemment confessé, cela ferait bien longtemps qu'elle ne serait plus là si lui n'avait pas été là au bon moment. Pour le remercier, elle n'a rien trouvé de mieux à faire que de s'éloigner. C'était stupide, et immature. Face à tout ce qu'ils peuvent perdre, tous les dangers qui rôdent, elle n'a rien trouvé de mieux à faire que de s'éloigner. Comme ça.

Aileen tire une dernière fois sur la cigarette avant d'écraser le filtre et de jeter les restes le plus loin possible d'eux. Elle aurait cherché une poubelle, autrefois mais tout cela n'a plus grande importance : ils vont tous crever de toute façon, sur un plus ou moins long terme. Bouffés par des rôdeurs ou exterminés par des crétins de survivants. « Je le ferai plus, j'te le promets. » Et Aileen ne fait jamais de promesse en l'air. Ce n'est pas censé être toujours le cas, tout le monde fait un peu tout ce qu'il veut à présent, mais elle ne mentirait pas avec Ezeckiel. Pas après tout ce qu'il a fait pour elle. Pas après tous les risques qu'il a courus pour aller la chercher elle, l'ingrate. « On prendra toutes les données en considération et sérieusement. » Un sourire tente de se faire une place sur son visage, non sans peine. Il finit par y parvenir : Aileen n'a aucune envie de laisser sa rancœur habituelle gâcher ce qu'elle a avec Ezeckiel, quoi que ce soit. Et quoi qu'elle en pense, quelque chose a changé entre eux, quelques soirs plus tôt. Ils se sont l'un et l'autre promis de rester ensemble en toutes circonstances, et elle compte bien tenir cette promesse aussi. « On restera ensemble quoi qu'il arrive. » Sans réfléchir, sans s'attarder plus longuement sur des détails futiles, Aileen attrape la main entre les siennes et les pose sur sa cuisse à lui. « Maintenant dis-moi, j'ai cru deviner que tu avais des cheveux et une barbe en moins ... T'as perdu dix ans dans le processus ? » Ses paroles sont en totale inadéquation avec la conversation on ne peut plus sérieuse qu'ils viennent d'avoir mais elle n'est plus certaine d'avoir très envie de discuter de tout cela. C'est important, bien sûr, mais elle reste persuadée qu'ils doivent profiter de ces moments de répit. Ils risquent d'être de très courte durée et surtout de ne plus exister sous peu ... Parce qu'il faudra bien tenter de forcer le barrage crée par les rôdeurs à un moment ou un autre, et rien ne dit qu'ils s'en sortiront indemnes. Comme toujours. En somme, Aileen attend avec anxiété que tout bascule. Comme si elle sentait que c'était un de leurs derniers moments ensemble avant que le chaos ne s'installe de nouveau, plus destructeur que jamais.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Mer 6 Mai - 3:49

Ezeckiel décida donc de se ranger derrière l’avis de son amie. Ils n’aviseraient de rien tant que le groupe n’avait pas mis au point une solution ou des idées concrètes officiellement. Pendant quelques heures, ils pourraient au moins profiter d’une petite once de battement, éphémère, mais il avait appris à prendre au vol toutes les occasions possibles et imaginables pour ménager ses nerfs et ainsi ne pas devenir totalement fou. Le lâcher prise, il ne lui tournait jamais le dos, pas masochiste au point de se complaire dedans. Il acquiesça donc franchement pour ne pas aller à l’encontre de ses derniers mots, avant d’être immédiatement pris de court par son rire et sa réflexion.

« Hein ? »

Il fronça doucement les sourcils avant de secouer gentiment la tête.

« Ah non… Recommence pas à te torturer avec ça. C’est du passé on a dit. C’est plié. C’est pas le plus important. T’as agi comme t’as cru devoir le faire. On en est tous là, alors oublie maintenant. »

Il était sincère. S’il avait pointé du doigt leur historique un peu défaillant, ce n’était pas tant pour replonger Aileen dans ses démons que pour s’expliquer honnêtement. Le  temps des reproches était passé. La gifle avait été dure à encaisser, pour tous les deux. Pas manichéen pour un sou, le jeune homme essayait de faire tout son possible pour opérer sa propre remise en question, et la conclusion n’était pas fameuse. Inconsciemment, il avait probablement dû faire pression sur elle, la pousser à se sentir oppressée jusqu’à réagir de cette façon. En somme : les torts étaient partagés, la communication aux abonnés absents. Quelle relation n’avait pas connu ça ? Les conditions drastiques de leur existence ne les vaccinaient pas pour autant de ce genre d’erreurs.

« J’te fais confiance, de toute manière. Ça changera pas. »

Il la couvait d’un regard à la fois amusé, légèrement moqueur et affectueux, la commissure de ses lèvres retroussée dans une moue bien trop rare depuis l’Apocalypse. Quelque part, il lui était reconnaissant de lui permettre de recouvrer cette sorte de belle humeur trop souvent oubliée à présent. La suite se passait de commentaires. Il frissonna lorsqu’elle saisit sa main des siennes, ne faisant rien pour l’en retirer, serrant au contraire de ses phalanges celle qu’il pouvait attraper en premier. Fort. Son pouce allait et venait contre sa peau gentiment, comme il l’avait fait lorsqu’ils s’étaient endormis ensemble. Ensemble. Ce mot prenait tout son sens avec elle.

« Eh bah, j’sais pas à quoi tout ça ressemblera dans une semaine, mais franchement le programme m’a l’air plutôt sympa. »

Comble du moment, un rire lui échappa lorsqu’elle lui fit remarquer ses joues nues et sa nuque dégagée. Il ne put s’empêcher de se marrer et de prendre une pose plus aguicheuse, délibérément provocatrice. Les yeux légèrement plissés en une fente « mystérieuse », sa paume libre vint encadrer son propre menton brièvement tandis qu’il soufflait :

« Ahan, j’te plais comme ça ? »

Il lui donna un coup d’épaule de la sienne.

« Que veux-tu… J’ai que 33 piges hein, j’ai pas encore un pied dans la tombe, j’y peux rien si la barbe vieillit toujours. »

Plus sérieusement, il reprit :

« Non, j’sais pas… J’avais envie. J’ai l’impression qu’on est partis pour un bon bout de temps dans la nature, alors je me suis dit que je pouvais bien m’offrir ce dernier luxe, histoire de. Profites-en, parce que ça va pas durer. En tout cas je suis ravi de voir que cela te redonne l’occasion de te foutre de ma gueule. Mon côté masochiste approuve, fais juste gaffe à pas en prendre l’habitude, blondinette.»

Il lui tapota la cuisse, se sentant envahi par une bouffée de tendresse telle pour elle que cela lui coupa le souffle un instant. Bon dieu. Cette fille était son espoir à lui. Il lui devait tellement, mais se croyait de son côté à ce point inopérant à lui rendre la pareille qu’elle lui apparaissait comme plus angélique, plus belle, plus agréable qu’elle ne l’était sans doute réellement d’un point de vue objectif. Mais qu’est-ce qu’il pouvait s’en foutre, en cet instant. Il détourna les yeux pour ne pas se rendre la tâche plus difficile et reprit sa contemplation de l’horizon.

« Et toi ? Si tu pouvais t’accorder un truc quasiment introuvable, ici et maintenant ? Ce serait quoi ? Ce qui te manque le plus depuis tout ce bordel ? »
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Mer 6 Mai - 23:48

 
Ezeckiel & Aileen
 
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Ezeckiel aura beau dire tout ce qu'il veut pour l'empêcher de culpabiliser, il y aura toujours une part d'elle qui l'incitera à s'en vouloir d'avoir été aussi distante avec lui pendant aussi longtemps. Il n'avait pas mérité cela et pas une seule fois, Aileen n'a daigné lui donné une quelconque explication. Alors, oui, elle s'en veut. Et si ce n'est plus son cas à lui, il n'en reste pas moins que c'est différent de l'autre côté. Cela n'a pas été l'affaire que de quelques semaines, cela a été beaucoup plus long. Des mois et des mois à l'éviter, à le fuir comme la peste. Bon, qu'il se rassure, il n'était pas le seul dans ce cas-là : elle agissait ainsi avec tout le monde ... ou presque. Un mince sourire étire ses lèvres, néanmoins elle ne répond rien. Hors de question de (re)lancer un débat maintenant, hors de question de s'acharner à lui prouver par A + B qu'elle a agit comme une garce. Autant laisser couler et songer à autre chose, comme à l'étrange proposition qu'il vient de lui faire. C'est vrai que c'est étrange, et c'est peu dire. Aileen est complètement étonnée face à cela. Comment ne pourrait-elle pas l'être ? Ezeckiel est celui qui a toujours souhaité les amener dans les groupes, les faire vivre en communauté. Elle, avait toujours essayé de fuir tout cela. Mais elle était restée, elle l'avait suivi parce qu'elle était tout bonnement incapable de survivre sans lui, sur tous les points de vue. En a-t-il conscience ? Probablement pas. C'est qu'elle le cache plutôt bien, estimant que c'est là leur seule chance. Elle ne peut pas se permettre de trop se laisser aller. Pourtant, elle va à l'encontre de ses pensées. Elle attrape ses doigts et, à aucun moment, n'a l'intention de le laisser filer ou s'écarter d'elle. Oh, comme c'est stupide et contradictoire. Elle fait des choses aux antipodes de ce qu'elle se promet à elle-même depuis des mois. Et ça ne changera pas dans l'immédiat, elle en est persuadée. Zappant totalement le reste de la conversation, Aileen s'autorise une remarque sur ses cheveux qu'elle sent plus court.

C'est étrange mais plutôt que de se sentir mal à l'aise face à la réaction volontairement provocatrice d'Ezeckiel, elle en sourit. Ce n'est pas dans ses habitudes mais, depuis le temps qu'ils se connaissent, il a tout chamboulé. Ou plutôt, tout remis en ordre. Parce qu'elle était comme ça, autrefois : heureuse et insouciante. Quand tout allait bien, quand cet étrange virus n'avait pas encore tout ravagé. « J'te vois pas, tu sais mais ça ne pourrait pas être pire qu'avant. » Elle plaisante, bien sûr et le léger rire qui lui échappe le prouve bien. Elle imagine que ça doit beaucoup le changer, c'est certain : peut-être paraît-il réellement plus jeune ? A tous les coups ce sera le cas. Une barbe, pas de barbe, il en faut peu pour changer un homme. « Enfin bref, tu as eu raison d'en venir à bout pendant qu'il en est encore temps. On ne sait pas combien de temps il nous reste, à passer ici et tu aurais fini par ressembler à un véritable homme des cavernes. » Aileen observe longuement Ezeckiel là, à ses côtés. Il détourne le regard mais relance tout de même la conversation, poussant la jeune femme dans une intense réflexion. Que répondre à cela ? Il y a tant de choses qui lui manquent quand elle y songe avec sérieux : une douche chaude - même si elle y a eu droit, dans la zone -, de l'eau potable aisément accessible, un oreiller, un canapé confortable, une télévision fonctionnelle. Bref, toutes ces choses qui faisaient partie de son quotidien et qui lui paraissaient presque dérisoires alors que, aujourd'hui, elle se rend enfin compte de la valeur de tout cela. Et, tout bien réfléchit, ce n'est pas ce qui lui manque le plus. Hormis sa famille bien sûr qui n'entre même pas en ligne de compte, la bouffe, et autres variantes du même acabit, arrive en tête de liste. Il faut dire qu'ils n'ont plus trop de quoi prendre du poids. Régime drastique. « Je donnerai probablement cher pour un hamburger. Ou un cocktail fait maison. Oh, non, un café du Starbuck, tiens ! » Presque inconsciemment, Aileen laisse tomber sa tête sur le côté, juste sur l'épaule d'Ezeckiel. Là, c'est parfait. « Mais pour être sérieuse, je ne sais pas. Il y a beaucoup de choses qui me manquent mais rien que je ne choisirai de faire revenir à la place de certaines personnes. » Elle n'a jamais clairement évoqué le passé, les personnes qu'elle a perdues, devant Ezeckiel. Et lui non plus, d'ailleurs. C'est un sujet tabou pour tous les survivants et, pourtant, c'est presque ... libérateur de prononcer ces mots, de dire à voix haute une vérité si évidente.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Jeu 7 Mai - 2:18

Il était vrai que la pénombre s’accrochait à eux. Mais pas au point de l’empêcher de discerner les jolis traits de son visage qu’il croyait connaître par cœur, pour mieux se rendre compte dès qu’elle n’est plus à ses côtés que l’image des hommes s’envole si vite. La mémoire est traîtresse, et c’est avec horreur qu’il déplorait quasiment tous les jours de ne plus avoir à portée de main les photos de son passé, celles qui, à une époque, avaient compté tellement. Sa mémoire, elle était prisonnière d’un bout de plastique qui ne quittait jamais son sac. L’un des derniers vestiges d’une civilisation écoeurante de technologie, épatante de génie. Un petit bout du géant Apple, criant d’inutilité, depuis des lustres déchargé. Il n’y avait pas plus grande frustration que de se tenir à portée de main des images de ceux qu’il avait aimés, en vain. Ses parents… Il peinait de plus en plus à redessiner parfaitement les traits de ses parents. C’était leurs voix qui avaient disparu les premières, réveillant en lui une peur panique, une peur immémoriale qui l’avait renvoyé au deuil que les événements ne lui avaient jamais laissé l’occasion de faire correctement. Il y avait autre chose à penser, alors. C’était comme toujours la nuit que la réalité le frappait le plus durement, impitoyable. Cruelle d’acuité, lorsqu’il se retrouvait là, à buter contre le mur bétonné de l’absence, du vide. Partis. Partis à jamais. C’était lui le dernier vestige du couple Livingston. Il avait une responsabilité, un devoir de survie. Pour les faires vivre à travers lui encore un peu. C’était toujours ainsi que les choses avaient fonctionné depuis l’aube de l’humanité. Ils n’étaient que des machines à procréer dans le but de préserver l’espèce, pas autre chose. Toutes les pulsions de sexe et d’attirance pour un autre être humain étaient tournées vers ce seul objectif. Mais ils étaient aussi tous un héritage vivant, et le désir de continuer d’enfanter était régulièrement motivé par l’idée de continuer d’exister par le biais de sa propre descendance. Idée qui, lorsqu’il poussait le raisonnement à son extrême, conduisait Ezeckiel à penser à quelque chose de morbide, de particulièrement sombre, qui le laissait indécis et profondément triste. Mais la présence d’Aileen éloignait heureusement ces ombres indésirables. En attendant, il essayait de contempler le plus précisément possible ses joues encore un peu rondes, sa peau si pâle qu’elle l’en inquiétait régulièrement, et surtout ses yeux brillants et tellement expressifs à leurs heures. Le plus important : il la voyait sourire, sentait ses lèvres s’étirer et l’embellir encore un peu plus.

« Non, t’as raison… C’est pas du grand art, mais ça suffira largement. J’ai évité le stade Néandertal de l’évolution. »

Il dirait n’importe quelles conneries pour la faire rire, bordel. Comme avant. Quand il suffisait de sortir une blague de merde pour séduire une fille, pour lui montrer qu’on pouvait être de bonne compagnie toute une soirée avant de passer aux choses sérieuses. La situation était bien différente ici, néanmoins ça ne l’empêchait pas d’apprécier cette tournure inédite. La jeune femme lâchait tellement peu du lest qu’il profitait de toutes les opportunités possibles et imaginables pour la dérider. Ce qui ne s’était pas produit depuis très très très longtemps. Quand elle émit la liste des choses qui lui manquaient le plus, ce fut à son tour de se marrer et de réagir aussitôt :

« Oh gosh… Grave. Un cheeseburger. Je donnerais n’importe quoi pour un MacDo, là. Un menu maxi best-of XXL, avec Royal Cheese, potatoes et un SEAU de Coca. Le bon repas dégueulasse par excellence. »

C’en était comique, lui qui évitait de fréquenter trop souvent les fast-food, dégoûté pour y avoir trop travaillé comme serveur polyvalent. Comme quoi, l’ironie était d’une tristesse… Il sursauta soudain, doucement, mais tout de même. La joue d’Aileen contre son épaule. Tout simplement. Ezeckiel en profita alors pour la caler plus confortablement encore contre lui. Ses mains, prisonnières de la jeune femme, entre sa cuisse et le bras passé autour d’elle. Étroitement. Ce qui coïncida avec le changement de ton de la conversation. Plus… mélancolique. Perdant un peu de son enthousiasme, il laissa passer un silence et reprit plus posément :

« Les gens me manquent aussi. »

Les gens. Quel terme barbare. Il pinça les lèvres et décida, comme le soir de l’église, de céder en premier. Comme par reconnaissance envers la proximité qu’Aileen avait elle-même instaurée entre eux deux.

« J’ai jamais pu dire au revoir. À mes parents. Tu sais. »

Son corps se tendit imperceptiblement. Ezeckiel comprit qu’il ne s’agissait que d’un ultime réflexe pour ne pas faillir et conserver une voix ferme, ce dont il se remercia intérieurement. Ce n’était que la seconde fois qu’il parlait de ce jour maudit. Pourtant, il lui semblait ne s’en être jamais ouvert tant il se sentait à fleur de peau.

« J’bossais le jour où c’est arrivé. Je m’en rappellerai jusqu’à la fin de ce putain de moment. Je revois la gueule de mes gars… Surtout Lucas. On a cru qu’il était devenu taré, il voulait pas nous dire ce qui arrivait. Tu m’étonnes. Pauvre vieux… Il doit être mort, maintenant, lui aussi. »

Il soupira et, mû par une envie aussi capricieuse qu’égoïste, embrassa la tempe d’Aileen. De longues secondes. Avant de terminer dans un chuchotement.

« Parfois… J’me dis que c’est qu’un cauchemar. Que je vais me réveiller dans mon appart, que j’aurais pas envie d’aller au taff… Que la vie n’aura pas bougé d’un iota. Ça te donne pas cette impression, des fois ? »

Un rire nerveux le secoua.

« Mais bon. J'me console en me disant que ç'aurait été un peu nul. On se serait jamais connus. »
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Ven 8 Mai - 15:46

 
Ezeckiel & Aileen
 
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Les émotions sont traîtresses mais pas incontrôlables. Aileen est passée maître dans l'art de prendre sur elle, de ne montrer que ce qu'elle choisit de montrer de son plein gré. Il arrive encore qu'elle en soit incapable, que la charge émotionnelle d'une situation soit trop forte, trop brusque, trop soudaine. Mais c'est rare. Elle a pris le contrôle, elle ne veut surtout pas se laisser abattre. Quand tout espoir semble perdu, elle sait qu'elle aura toujours une personne vers qui se tourner : Ezeckiel. Si elle est devenue professionnelle dans l'art de garder le contrôle sur ses émotions, lui a parfaitement appris à la dérider dans les moments les plus sombres. Parfois, c'est effrayant, de se dire qu'il la connaît si bien et il lui arrive de prendre peur, d'imaginer qu'il a déjà tout deviné, qu'elle ne peut plus avoir aucun secret pour lui. C'est un peu ce qui s'est produit ses derniers mois : cette peur-là mais aussi l'idée terrifiante d'être un peu trop attachée à lui. Elle ne compte pas de nouveau se conduire comme une illustre imbécile parce qu'elle sait que, quoi qu'elle fasse, il est déjà trop tard. Sa présence lui est devenue indispensable et survivre sans lui relèverait de ... L'exploit. Oui, vraiment. Elle en a une nouvelle preuve ce soir : il arrive à la faire rire alors qu'elle songeait encore à la dangerosité et l'imprévisibilité de leur situation. Ils pourraient tous crever demain, ici, dans la zone et rire ne peut pas leur faire de mal. Alors elle évite de ramener ses pensées à des sujets fâcheux ... Pour l'instant, en tout cas. Aileen sourit lorsqu'Ezeckiel évoque une nouvelle fois sa coiffure, qu'il a bien fait de raccourcir. Il va lui falloir un peu de temps pour s'habituer mais pas d'inquiétude à avoir : ses cheveux repousseront vite. Trop vite. En revanche, pas sûr qu'ils ne trouvent le temps de plaisanter sous peu. Alors, autant en profiter tant que cela dure.

« Du Coca avec des bulles. Des frites chaudes avec la sauce mayo fabuleuse du McDo. Argh, quel bonheur. » D'y songer ? Non, c'est loin d'être du bonheur. Au contraire, c'est de la torture pure et dure. Aileen a presque l'impression d'avoir la saveur du cheeseburger sur la langue, à sa portée mais pourtant inaccessible. C'est mal ... de songer à tout ça alors qu'ils crèvent tous la fin. Très mal. Mais c'est encore pire de penser à ce qui suit ensuite. Le problème, c'est que songer à ce qui manque à Aileen, ce n'est pas nécessairement s'arrêter - pas en priorité en tout cas - sur la bouffe, sur la télévision et toutes les conneries qui régissaient autrefois nos vies. C'est avant tout songer à des personnes. A des visages, des contacts, des connaissances, des amis, des membres de la famille. Tous ceux qui lui ont permit, un jour, de devenir ce qu'elle est aujourd'hui. Enfin, celle qu'elle était avant son petit séjour à New-York parce que beaucoup de choses ont changé depuis. Toujours est-il qu'elle ne peut pas ne pas évoquer tous ces gens dans une discussion pareille. Comme toujours avec elle, c'est bref et elle ne tarde pas à se caler contre Ezeckiel, à la fois pour profiter pleinement de sa présence et pour se détendre un peu aussi. Cela ne fonctionne pas réellement. Ezeckiel laisse un silence s'installer, mais il rompt bientôt celui-là. Et ses mots ne leur permettent pas de retrouver leurs taquineries et plaisanteries en tout genre ... L'humour a laissé place à une discussion sérieuse et grave qui ne peut que les mettre dans un sale état. Quoi que ... il est, encore et toujours, question de contrôle et Aileen pense pouvoir s'en tirer indemne. Mais l'évocation des parents d'Ezeckiel et de son histoire est loin d'être plaisante.

C'est dans le silence le plus complet que la jeune femme l'écoute se délivrer. Peut-être que ça fait du bien, qui sait ? Aileen, elle, ne se sent pas capable d'en dire plus. Du moins, pas à propos de certains détails qui la chagrinent encore et sont les responsables de son comportement pas toujours des plus sympathiques. La blonde ferme les yeux lorsqu'Ezeckiel vient déposer un long baiser sur sa tempe. Là, elle réussit à se détendre. Rien qu'un peu. « Si, quelques fois. » Ce n'est pas totalement un mensonge mais Aileen n'est pas, pour autant, tout à fait certaine de dire l'entière vérité. C'est qu'elle est toujours sur ses gardes. Elle a le sentiment permanent d'être en danger, sur le point de se faire attraper par un ennemi, rôdeur ou survivant. Elle n'est pas certaine d'avoir déjà eu l'occasion d'imaginer que tout cela n'était qu'un cauchemar. Hormis au tout début s'entend. Un sourire parvient à reprendre sa place sur son visage quand Ezeckiel conclut son discours. « En effet, ça aurait été con. » Et pas qu'un peu. Mais Aileen aurait tout de même préféré que cela se fasse dans d'autres circonstances. Pas sûr qu'ils se seraient déjà croisés mais ça aurait été mieux qu'ils se rencontre à un autre moment, dans un autre endroit. Mais pas comme ça, alors qu'ils doivent prendre la fuite en permanence et qu'Aileen est totalement différente de celle qu'elle était autrefois. Nul doute qu'il en va de même pour Ezeckiel. « Tu avais des frères et sœurs ? » La question est lancée un peu trop brusquement, peut-être. Il lui paraîtrait plus qu'évident qu'Ezeckiel ne veuille pas lui répondre, car encore trop perturbée par des pertes potentiels. Mais sa curiosité à son propos ne date pas d'hier et elle profite de ce bref moment d'intimité pour se glisser entre ses lèvres, s'immiscer au beau milieu de leur conversation. Pas sûr que cela soit une bonne chose, parce que cela implique une discussion à double sens voire pas de réponse du tout mais qui ne tente rien n'a rien, n'est-ce pas ?

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Sam 9 Mai - 6:16

Il ne se sentait pas vraiment triste. Simplement nostalgique. La nostalgie, ça ne blessait pas vraiment, ça remuait lentement les vieux souvenirs, en douceur. Parce que c’était nécessaire. Parce qu’il y a des fois où on se sent obligé de regarder vers l’arrière, de temps en temps. Comme pour  vérifier qu’on est bien sur le bon chemin, qu’on ne se trompe pas de voie. Et puis c’est elle. En parler  à quelqu’un d’autre aurait peut-être posé plus de questions. Gênantes, intimes, étranges. Avec elle, tout lui semble plus naturel, plus évident. Il lui en parle parce qu’il se sent presque obligé de faire preuve d’honnêteté après tant de mois passés à cheminer ensemble. La distance qui les a séparés ne change rien à l’affaire, pour lui. Il ne lui demandera pas la réciproque. Car il se doute qu’elle n’en est tout bonnement pas capable. Aileen était plutôt capable de se protéger avec obstination, de recouvrir ses secrets d’une chape métallique agrémentée d’un cadenas qu’aucune clef n’était capable d’ouvrir, hormis la sienne. En revanche, pour ce qui était de se libérer d’une partie de sa parole, de lui ouvrir la porte de son passé… c’était autre chose. Il ne comptait plus les fois où il avait tenté de la sortir de sa carapace, de sa bulle de silence, en vain. Il avait fini par accepter cette fatalité, bien que ce mutisme lui pèse, parfois. Ses espoirs n’étaient pas tout à fait morts, mais ses tentatives l’étaient. C’était ainsi.
Il entendit à peine ses brèves réponses. Définitivement tourné vers elle cette fois, il écouta le bruit de leurs souffles concomitant, se fracassant sans heurt l’un contre l’autre. Il captura un peu du sien, la respira, son nez échoué contre son front s’imprégnant de son parfum naturel, déserté de la pollution, des autres fragrances humaines. Non. Il n’y avait plus qu’elle. Il répéta, songeur, sans vraiment y réfléchir :

« Ouais. Ça aurait été con. »

En douceur, il releva son bras, le décalant de ses épaules, et il se défit de leurs mains enlacées. Pas pour longtemps. Ezeckiel bougea, remua un peu puis s’allongea, prenant son temps jusqu’à s’installer dans une position reposante pour son dos et ses muscles. Sa tête trouva refuge contre la cuisse de la jeune femme, et dans l’obscurité, il lui offrit un sourire tendre qu’elle ne verrait peut-être pas. Il soupira, cala sa nuque avec plaisir sur la partie la plus charnue de sa jambe.

« Là… Là, c’est parfait. »

Il reprit l’une de ses mains et ce fut lui qui, cette fois la cala entre les siennes. Il croisa ses chevilles l’une contre l’autre et ferma les yeux avant de se résigner à renouer avec la question qu’elle lui avait posé.

« Non, j’étais fils unique. Quelque part, tant mieux. Ça m’a épargné des larmes inutiles. »

Il jouait avec ses phalanges féminines, les caressant avec délicatesse, s’amusant à redessiner du bout des ongles le contour de ses articulations. Bref : il s’occupait histoire de ne pas partir trop loin dans ses pensées.

« Ils me l’ont jamais dit, mais ils ont galéré à avoir un gosse mes parents, j’suis sûr. Alors je risquais pas d’avoir des frangins. Fin bon… C’est bizarre de se dire ce genre de trucs, maintenant. Ça me paraît tellement loin, tout ça. Un peu irréel. Au moins, y’avait personne à la maison pour se foutre de la gueule de mon prénom chelou. »

Un rire léger lui échappa, sans conséquences. Son nom, bordel.

« Aileen, c’est joli. Aileen… »

Il rouvrit les prunelles pour chercher à discerner les traits de la blonde, ralentissant dans le jeu de ses paumes.

« Je voulais te dire aussi, puisqu'on discute. C’est pas grave si tu parles jamais de l’avant. Si tu parles jamais tout court. Moi j’te parle, mais c’est pas obligé d’être réciproque. C’est pas du chantage implicite, y’a pas d’échange de bons procédés derrière… Parfois, je me dis que c’est toi qui a raison, dans l’histoire. J’cause trop. J’ai tellement dû te saouler depuis que je t’ai ramené au camp la première fois. Y’a pas des fois où t’en as eu marre sérieux ? »
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Dim 10 Mai - 12:05

 
Ezeckiel & Aileen
 
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Leur discussion est détendue alors qu'elle pourrait être douloureuse. Évoquer des instants passés, révolus car tâchés du sang de leurs proches ne devrait pas être aussi facile. Aileen ne parvient pas à laisser les mots franchir ses lèvres alors qu'ils la brûlent, désireux d'être libérés, désireux de s'ôter de son crâne une bonne fois pour toutes. Elle n'y parvient pas et elle trouve nettement plus simple d'écouter les confessions d'Ezeckiel. C'est plutôt égoïste comme comportement, peut-être se sent-il obligé de répondre à ses questions, mais maintenant qu'il est lancé, elle n'a plus aucune envie de l'interrompre. Elle aime écouter sa voix, ses mots qui, parfois, sont le reflet de ce qu'elle pense sans qu'elle puisse le dire d'elle-même. Et puis, leur proximité est plaisante aussi. Jamais ils n'ont été aussi proches sans qu'Aileen ne ressente une pointe d'anxiété. Là, c'est le calme plat. Elle est un peu tendue, peut-être, parce que des émotions depuis longtemps abandonnés dans un coin reculé de son esprit étrique l'assaillent avec force. Mais à part ça, elle se sent bien. Mieux que jamais. Alors, forcément, quand Ezeckiel bouge et défait leur étreinte, elle ne peut s'empêcher de jeter un regard presque affolé dans sa direction. C'est ridicule, elle ne devrait pas. Mais c'est rare qu'elle trouve la quiétude et elle n'a aucune envie que ce moment se termine aussi vite qu'il n'avait commencé à la base. Quel soulagement de le voir rester à ses côtés, plus aussi proche mais toujours là. Il cale sa tête contre sa cuisse, attrape l'une de ses mains dont elle perd instantanément l'usage et un sourire attendri fleurit sur les lèvres d'Aileen. Oui, c'est tout aussi bien ainsi. Sa seconde main vient se glisser dans les cheveux d'Ezeckiel et elle doit se retenir de grogner, mécontente, lorsqu'elle ne rencontre pas la tignasse qu'il avait autrefois. C'est pratique pour lui tout ça, mais pas pour elle. Définitivement pas. Elle réussit néanmoins à prendre sur elle et à ne pas montrer à quel point elle est dérangée par cela. De toute façon, il ne verrait probablement rien dans l'obscurité ambiante. Tant mieux. Toute la concentration d'Aileen se dirige vers ses doigts, avec lesquels Ez joue, avant de se diviser pour écouter sa réponse.

Fils unique. Elle ne le dit pas mais le pense très fort : les larmes n'auraient pas été inutiles. Avoir un frère, avoir une sœur, il n'y a rien de mieux. Quand elle était plus jeune, Aileen rêvait de voir sa sœur disparaître, mais elles étaient très proches. C'était l'amie qu'elle chérissait le plus parce qu'elle pouvait lui faire une confiance aveugle, elle lui aurait confié sa vie les yeux fermés. Alors non, les larmes n'ont pas été inutiles. Parce que, malgré la tristesse qui lui étreint le cœur lorsqu'elle songe à elle, elle garde aussi tous les bons souvenirs qu'elles ont partagés ensemble. Uniques, et aujourd'hui chéris. « C'est joli Ezeckiel. » Original et un peu spécial peut-être, mais joli. Au moins, c'est unique. Sentant le regard d'Ez posé sur elle, Aileen baisse la tête par réflexe. Ses yeux ne lui permettent pas de voir avec discernement ses traits mais elle réussit à en voir quelques bribes. Il a le regard rivé sur elle et elle ne tarde pas à comprendre pourquoi. « Je n'en ai jamais eu marre. » Non, jamais. Et pas seulement parce qu'il lui permettait d'entendre autre chose que le silence et les bruits ignobles faits par les rôdeurs mais aussi parce qu'elle adorait, et adore toujours, l'écouter. Elle n'a pas besoin d'en dire plus, pas besoin de faire de grands discours, Ezeckiel comprendra. C'est lui qui supporte ses silences depuis le début, lui qui a dû finir par les raisons pour lesquelles elle ne parlait pas à tel ou tel moment. Elle lui doit au moins ça, et quelque chose lui dit que cela soulagera aussi sa conscience, d'une façon ou d'une autre. La main qui était dans les cheveux d'Ez les quitte pour plonger dans la poche de sa veste. « J'ai toujours pensé que le mieux c'était d'oublier. De ne plus penser à l'avant, tu sais. Mais j'ai fini par comprendre que ce n'est pas le cas, que c'est la pire idée qui soit. » Pendant tout ce temps, elle gardait une photo de sa mère, sa sœur et elle. Elle a dû la regarder une fois, ou deux peut-être, depuis le début. Par peur de soulever des souvenirs douloureux, par peur de perdre le sentiment de sécurité qu'elle avait, à l'idée de ne plus être Aileen Blackhood, avec ses peurs, ses rêves, et tout ce qui allait avec, mais juste Aileen. Celle qui survit. La blonde sort de sa poche la photo et la pose distraitement sur le torse d'Ezeckiel. Pas besoin de dire quoi que ce soit, pas besoin de présenter les personnes sur la photo. Il devinera. Comme toujours.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Mer 13 Mai - 1:24

De ça aussi il avait perdu l’habitude. La main d’une femme dans ses cheveux. Un sourire de plaisir fleurissait en permanence sur ses lèvres, revenant chaque fois qu’une parole, qu’une pensée l’en délogeait temporairement. La main d’Aileen. Il s’en serait pâmé. C’était loin d’être la première fois que ce tic gestuelle agitait la jeune femme à son égard. En revanche, cela faisait une éternité – hormis la nuit de l’église – qu’elle ne s’y était pas adonnée avec un plaisir aussi manifeste. Sensible à l’attention et à ce genre de plaisirs tactiles, les caresses le renvoyaient  au bonheur de se sentir cajolé, de se décharger de tous les aspects emmerdants d’une vie pour ne plus se focaliser que sur le moment présent. Et se dire finalement qu’elle vaut bien la peine d’être vécue, merdes comprises ou pas. Il pourrait au moins la remercier pour cela. Pour ce break improvisé qui était toujours bon à prendre. C’est pourquoi il lui abandonna lâchement, pas convaincu mais sans l’envie d’imposer son point de vue sur la question, juste pour l’embêter :

« Non, c’est un peu pourri comme prénom. Avoue. Ma mère était légèrement excentrique sur les bords. »

Pourtant, il la sentait plutôt honnête, ce qui l’étonnait. Il n’avait jamais considéré son prénom comme un atout charme, personnellement. M’enfin, il y en avait toujours pour aimer. Et d’autres qui se foutaient bien de son nom, tout compte fait. Tant que le reste compensait. Il vit qu’elle avait baissé la tête, et il regretta alors amèrement de ne pouvoir discerner clairement l’éclat de ses prunelles. Foutue pénombre. Même pas un lampadaire comme avant pour s’éclairer un tant soit peu et s’émerveiller de sa clarté douceâtre, bulle dorée au milieu de tout ce noir. Non. Rien qu’une mélasse totale, entrecoupée de grognements bestiaux, du bruit serein de leur respiration.  « Je n'en ai jamais eu marre. » Son sourire s’accrut, reconnaissant. Elle ne pourrait probablement pas le voir, mais cela importait peu. Elle le sentirait, il en était persuadé. Ce genre de choses traverse l’air aisément, comme des ondes reçues avec une simplicité plus enfantine que les téléphones d’autrefois. Parce que c’est de l’instinct.

« T’es mignonne. »

Il le murmura sans complaisance, sans moquerie dans la voix. Attendrissante, elle l’avait toujours été pour lui. Pas seulement à cause de ses mèches blondes et de ses traits enfantins. C’était quelque chose de plus profond qu’il avait cru percevoir en elle depuis qu’il l’avait rencontrée la première fois, boule de vulnérabilité en acier chromé. Aileen fouilla dans sa veste, et il attendit, buvant ses paroles. Aux aguets. Quelque chose avait changé. Un vibrato dans l’atmosphère, une corde qui le poussa à plus d’attention encore. Elle parlait. Aileen parlait du passé. Ezeckiel retint son souffle à s’en faire mal à la cage thoracique, n’osant y croire. Leur situation s’était-elle brutalement améliorée à ce point ? Il voulut y croire. De toutes ses forces. Et s’il ne lui répondit pas immédiatement, ce fut autant parce qu’il la pensait prête à s’exprimer encore qu’en la sentant poser quelque chose contre son torse. Fronçant les sourcils, il tâtonna jusqu’à sentir le bout de carton sous ses phalanges.

« Oh… Attends. »

Une photo. Ce ne pouvait être qu’une photo. Il se redressa sur un coude et s’étira vers l’arrière, récupérant le briquet qu’Aileen avait posé à ses côtés avec les clopes. La flamme jaillit du zippo pour les éclairer, eux et l’image qui brûla immédiatement ses rétines. Elle. C’était bien elle, entourée de deux personnes aisément reconnaissables, bien qu’il ne les ait jamais vues auparavant. Il comprit. Ce qui ne l’empêcha pas de rester là à contempler inlassablement chaque centimètre imprimé. Ses iris passaient et repassaient sur les trois visages souriants, dont deux avaient disparu pour toujours. Une vague d’émotion le submergea, silencieuse et discrète. Une bouffée d’empathie pour Elle, pour elles trois, en réalité. Pour cet instant figé à jamais. Presque dépourvu de sens compte tenu de leur présent apocalyptique.

« Comment est-ce qu’elles s’appelaient ? »

C’est la première phrase qui lui vient à l’esprit. Pour ne pas laisser le vide ni la peine s’installer trop longtemps, et probablement aussi pour bannir ce qu’il venait de se formuler. Redonner du sens. Ne pas oublier ces visages. Porter leur héritage, hein. C’est ce qu’on a dit.

« Et tu as raison. Ce serait la pire idée qui soit. »

La flamme s’éteignit, soufflée par un brusque coup de vent, brise éphémère qui ne l’empêcha pas de rallumer. Cette fois pour tourner la tête vers elle. La voir vraiment. Cet éclairage changeait du tout au tout leur rapport physique. Leur nez se frôlaient presque, et il s’en voulut de cultiver une proximité aussi troublante qu’appréciable. Il baissa les yeux pour mieux les relever dans les siens. En cet instant, une autre chaleur naissait dans son ventre, lui donnant l’envie déraisonnable de l’embrasser. Comme si c’était le moment.

« Je te souhaite de ne jamais perdre cette photo. C’est cool que tu aies réussi à en prendre une. C’est cool… »

Avec une immense déférence, il lui rendit le cliché, hésitant à refermer le clapet du zippo. Il avait envie de la regarder, encore un peu. Ce qu’il fit, tantôt à la dérobée, tantôt franchement.

« T’es une fille bien, tu sais. Je l’ai pensé depuis le début. Je m’en fous de ce que pensent les autres à ce sujet. Je veux même pas le savoir. J’ai toujours su que tu étais une fille bien. Même si tu fais semblant de mordre, parfois. »
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Ven 15 Mai - 1:27

 
Ezeckiel & Aileen
 
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Aileen ne prend pas plus la peine de soulever la remarque d'Ezeckiel à propos de son prénom. Il a l'air d'avoir un sacré problème avec celui-là et la jeune femme sent qu'elle ne pourra pas le faire changer d'avis. Pourtant, il n'est pas si mal. Original juste comme il faut et agréable à prononcer. Cela dit, elle peut comprendre qu'il ait eu du mal à le porter, à l'époque. A un certain âge, les gens sont ingrats, incapables de garder leurs remarques pour eux. Pourtant Ezeckiel, ça n'a rien de laid. Mais le simple fait qu'il sorte du commun a pu gêner, à une époque. Une époque révolue. Aujourd'hui, on se fiche pas mal de qui porte quel prénom. Seule compte la survie. Seul compte l'instant présent, surtout. Il est pourtant difficile de ne pas s'égarer dans le passé, de ne pas se laisser à des vagues de nostalgie souvent trop fortes pour leurs cœurs meurtris. C'est souvent Ezeckiel qui ramène Aileen à la réalité, qui l'empêche de se laisser emporter par certains souvenirs trop douloureux. Il n'en a pas conscience, il pense même l'ennuyer quand il parle trop. Mais c'est loin d'être le cas. Quand il parle, elle l'écoute avec attention, elle ne songe à rien d'autre qu'à ce qu'il lui raconte. Bien sûr, certaines discussions sont plus plaisantes que d'autres, mais c'est logique. Il en a toujours été ainsi et cela ne changera pas de si tôt. Et même là, alors qu'elle évoque un passé douloureusement révolu, elle se sent tout au plus nostalgique. Pas triste. Pas malheureuse. Juste teintée d'une certaine nostalgie qui lui permet, d'une certaine façon, de garder les pieds sur terre.

Elle ne s'aventure pas pour autant à regarder la photo, elle. Quand elle peut l'éviter, elle le fait. Elle la garde en permanence sur elle parce qu'elle pourrait bien lui être utile à un moment ou un autre, vitale même. Et aussi parce qu'elle apprécie l'idée de l'avoir près de son cœur. Mais la regarder, c'est prendre un risque certain. Et elle n'a aucune envie de craquer. Pas maintenant. Et surtout pas devant Ezeckiel. Alors que le jeune homme éclaire la photo et se met à l'observer sous tous les angles, Aileen préfère le regarder lui. Son visage plus masqué par l'obscurité, son visage aux traits durcis par la survie. « Aelisia. Et Arwenn. » Pas la peine de dire qui est qui. de toute façon, Aileen n'a pas la force de poser ses yeux sur cette photo. Certes, elle ne veut pas oublier, elle ne veut pas les oublier mais elle n'a pas besoin de se remémorer quoi que ce soit. Elle se rappelle de leur visage dans les moindres détails. La flamme s'éteint, pour mieux réapparaître quelques secondes plus tard. Elle devrait être surprise, voire horrifiée, par leur soudaine proximité. Mais ce n'est pas le cas ; elle ne bronche même pas. Elle se contente de le regarder en silence. Elle l'écoute, comme souvent. Finalement, ils se sont vraiment bien trouvés, ils se complètent sur tous les plans. Si elle n'est pas troublée par leur proximité, Aileen l'est par l'intensité du regard qu'il a planté dans le sien. Elle récupère sa photo, un peu lentement, un peu gauche, un peu tremblante aussi. Sans même y jeter un coup d’œil, elle l'enfouit de nouveau dans sa poche. Poche qu'elle referme aussitôt, ce serait quand même stupide qu'elle la perde. Surtout après tout ce temps passé à la garder jalousement.

« Je ne la perdrai pas. » C'est dit avec une telle conviction qu'il est impossible de la contredire. Elle ne sait pas comment elle réagirait si l'inverse venait à se produire, mais ce serait une catastrophe ... de toute évidence. Aileen profite de l'éclairage temporaire produit par le briquet pour offrir un sourire sincère à Ezeckiel. Ce n'est pas le moment de se remettre à culpabiliser, elle le sait. Mais elle sait aussi qu'elle ne lui montre pas assez souvent à quel point il lui est devenu vital. Elle ne lui dira jamais ça cash mais cela ne doit pas l'empêcher d'être un peu plus démonstrative. « Je ne fais pas semblant. » L'occasion est peut-être mal choisi pour plaisanter mais elle ne peut pas s'en empêcher ; c'est sa manière à elle de détendre l'atmosphère, sans doute. Et de ne plus penser à cette photo qui se fait plus lourde que jamais ce soir. En parler lui a un peu plus encore rappelé sa présence. Ce n'est pas une mauvaise chose qu'elle soit là - loin de là - mais penser à sa sœur et à sa mère, les évoquer à voix haute, elle n'est pas sûre que ce soit une bonne chose. Pas pour elle, en tout cas. « T'es un mec bien, tu sais. Je sais que je ne te le dis pas souvent mais je le pense. » On est même bien loin de ses réelles pensées mais ce n'est pas nécessaire d'en faire - ou plutôt d'en dire - trop. Brusquement - un peu trop peut-être - Aileen avance son visage, juste un peu, et dépose un furtif baiser à la commissure de ses lèvres. C'est rapide, trois fois rien, mais elle s'écarte aussitôt et va même jusqu'à souffler sur la flamme du briquet pour l'éteindre. « Faut que tu gardes ton gaz. » C'est surtout qu'elle était trop gênée, oui ! A la fois par ce qu'elle vient de faire - alors que, bon sang, c'était rien du tout - et par l'étrange sentiment qu'elle a ; elle a l'impression d'avoir laisser toutes ses barrières s'effondrer. En une seule soirée. Difficile de dire si c'est une bonne, ou une mauvaise chose.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Ven 15 Mai - 2:21

Aelisia et Arwenn. Il sourit, comprenant soudainement pourquoi le prénom d’Ezeckiel ne choquait pas plus que ça la jeune femme. C’était beau, original et poétique. À côté, le nom d’Aileen semblait presque plus courant, mais il savait que rien n’était plus faux. Car rien de ce qu’il associait à Aileen ne pouvait relever du « courant ». Aileen, c’était son exception à la règle, sa boussole dans les nuits sombres et au milieu des vastes plaines désertées. Aileen, c’était sa bulle d’énergie auprès de laquelle il venait puiser lorsque la sienne lui faisait défaut. C’était la source de chaleur lorsque les températures se faisaient traîtresses. C’était l’amie dans le noir. C’est ce que ses yeux lui murmuraient, à défaut de pouvoir le lui hurler. La situation devenait de plus en plus dangereuse, de plus en plus tendue. Ezeckiel avait bien trop d’expérience en la matière pour comprendre que la pente glissante qui s’étalait devant eux, c’était ensemble qu’ils y avaient posé le pied. Il ne restait plus qu’à voir si la porte était définitivement fermée sur la question ou si les récents événements avaient fini de changer complètement la donne. Son cœur battait la chamade à un point qu’il lui sembla s’être descendu une cafetière entière de dopant. Pourtant, ses veines étaient clean. Contrairement à sa tête qui brûlait de se mettre en veille pour laisser parler autre chose. Il la sentit troublé, mais ne fit rien pour diminuer l’intensité de la façon avec laquelle il la contemplait. Il en avait marre de se cacher derrière des faux-semblants fades et désuets. Il voulait croire. Croire qu’ils n’en étaient plus là, qu’ils avaient clairement franchi une limite, une barrière. Les espoirs chantaient à ses oreilles comme des sirènes douces et cruelles à la fois.
Il sourit en entendant sa voix, ferme. Elle était forte. Très forte. Il l’admirait, elle et sa faculté de résister à toutes les tempêtes. Jamais il ne l’avait vue pleurer. Jamais il ne l’avait vue s’effondrer. D’une pudeur extrême bien que parfois nocive, Aileen n’avait jamais été un fardeau lourd à porter. Elle était la compagne de route idéale. Et plus encore. Il la regardait et se demandait s’il l’aurait trouvé aussi belle et aussi attirante avant. Son instinct lui souffla que oui. Elle dégageait une aura que leur présent seul n’aurait pu lui conférer. C’était trop injuste de douter de cette réalité. Puis il se mit à rire, doucement et en silence. Ouais. Elle pouvait mordre pour de vrai. Il secoua la tête, attendri, se mordant l’intérieur de la joue lorsqu’elle lui rendit les compliments qu’il lui avait offerts spontanément.

Mais quand elle se pencha pour l’embrasser timidement au coin de sa bouche, quelque chose en lui explosa. Une plainte sourde résonna entre eux deux, rauque. Ses gestes ralentirent, comme engourdis. Ses doigts faibles manquèrent de laisser tomber le zippo, qu’ils abandonnèrent bien vite près de son genou, dans un cliquetis mécanique qui lui sembla provenir de très loin. Un autre espace-temps. Putain. Alors il fit ce qu’il brûlait de faire à nouveau depuis des mois. Ses paumes encadrèrent sa joue et sa nuque, et il planta ses lèvres contre les siennes, avec une volonté qui dépassait de très loin l’hésitation d’Aileen un peu plus tôt. Il l’embrassa assez longtemps pour lui faire sentir la lave qui le dévorait, qui le rongeait à petit feu. Assez longtemps pour lui faire comprendre qu’il livrait les armes, qu’il acceptait de cesser d’être ce qu’il n’était pas. Il n’était qu’un survivant. Un homme, mû par l'état d'urgence de son espèce en voie d'extinction. Un homme qui rêvait encore que les rôdeurs n'avaient pas tout détruit de ce qui autrefois remplissait leur vie.
Ce ne fut qu’à grand-peine qu’il rompit l’étreinte, en réalité terrifié à l’idée qu’elle ne le repousse avant. Il ne l’aurait pas supporté.

« J’suis désolé… Désolé… »

La nuque cassée, ses mains la relâchèrent pour tomber quelque part sur ses cuisses, toujours en mouvement, n’osant pas la toucher pour de vrai. Son front s’échoua contre la gorge de son amie, et il inspira son odeur, embrassant une portion de cou.

« J’ai envie de toi, Aileen. Je suis désolé. »

Désolé de ne pas pouvoir me contenter de ça. Du reste. Il se sentit trembler, sentit son corps entier protester sous la retenue qu’il lui infligeait une fois de trop. Dans un grognement de dépit, il se recula et déplia ses jambes pour se remettre debout. Horrifié à l’idée d’avoir brisé sa propre promesse de ne plus la harceler ou l’effrayer par ce biais, il lui tourna le dos, fixant l’horizon en parvenant à peine à remplir ses poumons correctement. Il jucha l’une de ses paumes contre sa hanche, que ses ongles mordirent férocement. L’autre était plongée dans ses cheveux bruns, qu’il agrippait.

« Je peux pas… J’peux pas… »

Il ne pouvait pas faire autrement. Ses paupières finirent par se fermer, espérant par la même que ce simulacre d’obscurité lui permettrait de retrouver son calme, comme il avait réussi à le faire dans l’église. Sauf que ça ne marchait pas comme ça. Pas pour maintenant.

« Tu devrais redescendre. »

Et cesser de me faire confiance.
Cesser de croire que je peux faire abstraction.
Autant de mantras gravés dans sa tête, comme définitivement.
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Ven 15 Mai - 21:07

 
Ezeckiel & Aileen
 
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Il ne s'agit plus de prétendre, de jouer sur les apparences. Aileen ne veut pas être éternellement cette personne aigrie qu'elle est devenue au fil des mois. Pas devant Ezeckiel. Il ne mérite pas ça, pas après tout ce qu'il a fait pour elle. C'est de la reconnaissance, mais pas seulement. Parce qu'elle tient à lui, c'est un fait. Elle a beau leur avoir imposé certaines distances, il n'en reste pas moins qu'elle aurait été tout bonnement incapable de partir loin de lui. Pas de manière définitive, en tout cas. Pour une fois, elle s'autorise à lui donner une ébauche de ce qu'il peut représenter pour elle. Rien qu'une ébauche mais venant d'elle, c'est un miracle. Elle n'est pas sûre d'être capable de plus, pas sûre de pouvoir faire face à l'afflux intense d'émotions qui lui tombe dessus à chaque fois qu'elle doit faire face à Ezeckiel. Ce soir plus qu'un autre soir ; les yeux du jeune homme sondent les siens, indéchiffrable mais intense. C'est avec quelque chose qui s'apparente fortement à du soulagement qu'Aileen accueille la soudaine obscurité ambiante. La flamme n'est plus mais c'en est une autre, totalement différente, qui brûle toujours entre eux. Impétueuse et indomptable. D'eux deux, c'est sans aucun doute Aileen qui est la plus à même de le maîtriser, de l'empêcher de s'étendre et de prendre le contrôle. Ezeckiel n'est pas le dernier lorsqu'il s'agit de gérer des situations de crise mais celle-ci est plus délicate encore. Si fragile que c'en est étouffant. Si fragile que ce semblant d'équilibre pourrait s'effondrer à tout moment, ravageant tout sur son passage.

Et, d'une certaine façon, c'est exactement ce qu'il se passe. Non content de semer la zizanie dans leur tête, cet étrange sentiment qui les lie depuis si longtemps achève de brûler les dernières traces de résistant. Chez Ezeckiel, d'abord. C'est dans un élan soudain qu'il s'empare de ses lèvres, passionné et débarrassé de tout doute. Le processus est un peu plus long pour Aileen, qui met bien quelques secondes à réagir. D'abord prise au dépourvue et incapable de comprendre ce qu'il se passe, elle finit par poser ses mains autour de son cou. Difficile de ne pas céder à l'appel de ses lèvres, de ne pas à céder à cette tension qui règne en maître entre eux depuis trop longtemps. Le cacher, Aileen sait le faire. Mais dans un contexte comme celui-là, il n'est plus question de prétendre et de faire semblant. En même temps, encore faudrait-il en être capable. Sur ce coup-là c'est Ezeckiel qui, le premier, reprend contact avec la réalité. Il s'écarte d'elle, et tout contact entre eux disparaît alors que leurs mains retombent sur leurs cuisses. Comme si ce qui venait de se produire n'avait jamais eu lieu. Comme si cela n'avait été qu'une interlude de courte durée. Mais, non, pas cette fois. Ezeckiel ne prétend plus. Quand il laisse son front toucher son cou, son cœur rate un battement. Quand il pose un baiser sur sa peau avant de s'éloigner brusquement d'elle, sa respiration se coupe. Qu'est-elle censée faire ? Qu'est-elle censée dire ? Putain. Si elle ne le sait pas elle-même, ils sont foutus. Mais une chose est sûre : il est hors de question qu'elle parte maintenant et qu'ils en restent sur ça. Discuter n'est plus son truc mais elle ne peut pas se tirer et espérer que les choses s'arrangent d'elle-même.

Ils sont allés trop loin. Ils en ont trop dit, Ezeckiel le premier. « Quoi ? ... Non ! » La croit-il réellement capable de partir sur ça ? De tourner les talons et prétendre que cet instant n'a jamais existé comme ils ont pu le faire la première fois ? Les jambes flageolantes, un peu - beaucoup - gauche, Aileen se remet sur ses pieds et s'approche de l'endroit vers lequel Ezeckiel s'est éloigné. Elle entraperçoit sa silhouette, ses yeux se sont habitués à la nuit depuis bien longtemps. « Tu ne peux pas dire un truc pareil et attendre que j'reparte comme si de rien était. » Ce serait bien son genre, pourtant. Mais la donne a changé. A moins qu'elle n'ait toujours été ainsi et qu'elle ne soit, aujourd'hui, plus capable de prétendre. Ce n'est pas aussi simple. Ça ne l'a jamais été. « Pourquoi est-ce que tu t'excuses pour ... ça ? » Parce que c'est bien là que se trouve le fond du problème, non ? Elle n'est pas sûre d'être prête à entendre la vérité, pas sûre d'être capable de l'assumer et d'y faire face mais c'est mieux que de jouer les autruches une fois de plus. Elle refuse de rester la Aileen lâche qu'Ezeckiel a malheureusement trop connu. Elle refuse de s'éloigner. Pas maintenant. Et pour faire comprendre à son ami qu'elle n'a pas l'intention de partir dans l'immédiat, la jeune femme pose sa main sur son épaule, patiente mais déterminée à obtenir une réponse.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Sam 16 Mai - 19:09

Il n’était pas question pour lui de commencer à analyser les réactions d’Aileen. Lui avait-elle rendu l’étreinte, ou bien était-il le seul qui brûlait de l’envie de transgresser enfin cette tension insupportable qu’il était en passe de ne plus pouvoir supporter ? S’apprêtait-elle effectivement à le repousser, ou bien ne s’agit-il que d’un effet de son imagination troublée par leur proximité que plus rien n’avait séparé pendant ces interminables secondes ? Ezeckiel sait qu’il a senti ses mains contre son cou, et pas dans une réaction désespérée pour lui échapper. Il s’agissait bien d’un geste spontané, absolument pas réfléchi. Un geste pour venir vers lui. Mais ses peurs et ses angoisses résonnent faux, s’opposent à lui faire miroiter cet espoir qui lui apparaît comme soudain bien cruel. Il n’en peut plus de se poser ces questions qui ne devraient pas avoir lieu d’être. Face au vide et aux immensités silencieuses, il guettait, attend de l’entendre se relever et s’éloigner, ou bien parler, ce qu’elle fit. Le souffle court, les nerfs au bord de la rupture, il déglutit péniblement. Et maintenant, hein ? Ils allaient partir en diatribe pendant une heure pour débattre du pourquoi et du comment ? Aileen s’approche, jusqu’à toucher son épaule. Alors il décida de se retourner, attrapant au passage son poignet pour l’en déloger, sans le lâcher. La fragile articulation féminine de son amie, ses doigts s’étaient enroulés autour d’elle, dans une tentative de l’accrocher de toute son attention, comme il l’aurait fait d’un regard.

« Tu sais très bien pourquoi je m’excuse ! »

Vraiment ? Le savait-il lui-même ? Son absence de certitude en la matière le déstabilisa et manqua de le faire chanceler.

« Qu’est-ce que tu veux que je dise de plus, 'Leen ? J’crois pas t’apprendre quelque chose de nouveau depuis tout ce temps, tu ne penses pas ? »

Alors seulement, il la lâcha.

« Ça fait longtemps. Très longtemps. Me dis pas que tu t’en es jamais doutée… Ne serait-ce que… la dernière fois. »

Il leva la tête vers le ciel noir, désespérément noir.

« Dans l’église. Je t’ai dit que je voulais pas te faire de mal. D’aucune façon. Parce que tu sais très bien comment les choses fonctionnent, maintenant. Que d’autres gars te regardent… »

Il prévint aussitôt toute réplique contraire en poursuivant :

« Et ne dis pas le contraire. J’ai vu des gars de la Zone te reluquer plus souvent que tu ne le crois. Prends-le comme tu voudras, mais… Mais je tenais simplement à faire attention. Pour être sûr qu’il t’arrive rien, d’accord ? »

C’était un point tellement sensible, qu’il avait gardé pour lui pendant des mois, ajouté à l’incompréhension du silence de son amie. Un point douloureux, intrinsèque à l’espèce humaine, et encore plus dans les temps de survie. Combien de ceux qui étaient toujours prêts à partager leurs maigres ressources avaient-ils néanmoins posé des yeux plus que concupiscents sur la silhouette d’Aileen, lorsqu’elle traînait encore dans les bâtiments ? De nombreux. Il n’y avait rien à redire, alors. Rien à répliquer. On ne pouvait provoquer une mésentente, une dispute, une bagarre juste pour une femme. D’autant plus qu’ils n’avaient probablement rien tenté, même si Ezeckiel brûlait de lui demander si certains avaient déjà tenté leur chance auprès d’elle.

« J’voulais pas leur ressembler. C’est tout. Mais j’peux pas faire autrement. Et ça remonte à bien avant la Zone de toute façon. C’est pas un truc qui se contrôle. »

Il ne manquait plus que ça : qu’il se justifie. Le jeune homme leur épargnerait ce genre de couplet hypocrite. Il croisa les bras contre son torse.

« M’enfin, maintenant je suppose que c’est un peu tard pour ça. Mais au moins, voilà. Tu sais pourquoi je m’excuse. Juste… Si tu ne veux pas, sache que j’me vexerai pas. Que j’te pèterai pas un scandale. Que je t’insulterai pas, que j’t’esquiverai pas. Tout ce que je te demande c’est de tenir la promesse que tu m’as faite. Que tout ça… ça recommence pas. Et je me tiendrai. J’suis pas encore devenu totalement un animal. Je crois. »

Maigre dose d’humour pour cacher une peur terrible. Celle du rejet. Celle de la condamnation. Son instinct lui disait que si Aileen était encore là, devant lui, c’était bien qu’elle ne devait pas lui en vouloir tant que ça. Mais une autre part de lui la croyait prête à lui répondre que si un baiser pouvait être agréable à recevoir comme à rendre, cela ne pourrait pas aller plus loin. Elle venait à peine d’évoquer sa famille défunte devant lui, et cette scène ne lui avait que prouvé davantage à quel point elle était encore fragile sur bien des points. Et lui avait voulu aller trop vite. Comme beaucoup d’hommes.
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Mer 20 Mai - 0:04

 
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Est-ce vraiment ce qu'Aileen désire ? Des explications ? D'une certaine façon, oui. Elle a besoin de savoir, besoin de comprendre. En tout cas, il est hors de question qu'elle tourne les talons et s'éloigne sans rien dire. Pas cette fois. Mais en même temps, elle est terrifiée à la seule idée d'imaginer ce qui va suivre, d'imaginer ce qu'Ezeckiel pourra bien lui dire. Et mal à l'aise, aussi, parce qu'elle n'est pas sûre de savoir que lui répondre. Tout se mélange dans sa tête, flou et désagréable. Et, comme elle avait vaguement eu le temps de se l'imaginer, les mots d'Ezeckiel ne la rendent que plus confuse encore, la soudaine absence de contact anxieuse. Dans toute sa naïveté, elle s'était imaginée que leur relation tiendrait le cap, ne souffrirait d'aucun affront, d'aucune vague quelconque. Et dans toute sa fausse naïveté, elle avait prétendu ne rien voir. Pourtant, il paraît évident qu'elle n'a pas été aveugle à ce point tout ce temps. Elle avait bien vu. Elle avait bien compris. Elle a prétendu ne se rendre compte de rien pour ne pas s'alourdir l'esprit d'ennuis supplémentaires. C'était stupide parce que, aujourd'hui, tout est brusquement ramené à la surface. Et elle comprend que ce n'était pas la bonne chose à faire, autant pour elle que pour Ezeckiel. Alors, elle ne trouve rien à redire, rien à rétorquer. Dans le silence le plus complet, dans le noir total, Aileen reste silencieuse. L'oreille tendue. Les grognements des rôdeurs ne sont plus qu'un fond sonore désagréable mais à peine audible. Seule compte la voix d'Ezeckiel et les paroles qu'il prononce enfin. Les paroles qui viennent éclaircir quelques zones d'ombre, jusque-là totalement laissées pour compte.

Tandis que le jeune homme continue d'énumérer diverses réalités abasourdissantes, Aileen reste parfaitement immobile, lèvres pincés et sourcils froncés. Comme prévu, elle ne sait pas quoi dire. Doit-elle le rassurer ? Lui faire part de ses craintes ? De ses émotions propres ? Sans doute un peu de tout ça. Mais elle n'en est pas capable. La Aileen d'autrefois aurait trouvé les mots justes en un rien de temps, aurait su pointer du doigt leurs réelles difficultés et faire remonter à la surface une solution miracle. Plus maintenant. Tout ce qu'elle est capable de faire, c'est conserver le silence et attendre. Que le temps passe, qu'Ezeckiel conclut son discours comme si cela pouvait leur permettre de retourner à une relation platonique. Mais en ont-ils seulement déjà eu ? Aileen n'a fait que se voiler la face, et elle s'en rend amèrement compte à présent. « Tu ne leur ressembleras jamais, Ez'. » Maigre réponse après tout ce qu'il vient de lui dire. Aileen avale, difficilement, sa salive et fait un pas en avant, désireuse de discerner un peu mieux les traits de son ami malgré l'obscurité. Cela ne l'aide pas franchement mais lui permet au moins de gagner un peu de temps. De grappiller quelques secondes pour achever de remettre ses idées en place et pour éviter de tout gâcher en balançant des inepties sans fin. « Je te suis reconnaissante de tout ce que tu as fait pour moi, même quand tu pensais que je ne le voyais pas et ça ne changera pas. » Parce que c'est bien là l'un des problèmes, non ? Il s'imagine qu'elle va lui en vouloir ou quelque chose allant dans ce sens-là.

Mais ce n'est pas le cas. Ce ne sera jamais le cas. Ezeckiel ne doit toujours pas avoir tout à fait conscience de tout ce qu'il représente pour elle. En même temps, elle ne fait jamais rien pour que cela change. « J'aimerai que les choses soient plus simples mais je ... C'est compliqué. Tu sais que c'est compliqué. » Et pour quelle raison ? La question n'est plus de savoir si elle lui fait confiance ou pas, le problème réside dans le fait qu'elle est terrifiée. Terrifiée à l'idée de le perdre mais aussi terrifiée à propos de tout un tas d'autres sujets. Il lui est malheureusement impossible de démystifier ses peurs, de les exprimer à voix haute. Elle n'a jamais eu le courage d'essayer, cela dit. Comme tous les mots du monde ne vaudront jamais mieux que des gestes, Aileen décide de prendre les choses en main à sa manière. Elle pose une de ses mains sur la nuque d'Ezeckiel et enfouit son visage dans son cou, de l'autre côté. « Je suis terrifiée, tu sais. » Il ne peut pas vraiment la voir de toute façon mais ainsi positionnée, elle se sent plus libre. Suffisamment en sécurité pour laisser les mots lui échapper. Ce n'est pas encore fantastique mais, venant d'elle, c'est un exploit. Et il ne fait nul doute qu'Ezeckiel s'en rendra tout de suite compte.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Mer 20 Mai - 6:30

Il tiendrait ses promesses. Si Aileen le repoussait définitivement, il ne lui tournerait pas le dos. Ils étaient allés trop loin pour ça, et la trahir à nouveau serait cette fois au-dessus de ses forces et de toutes les valeurs qui l’avaient vu devenir l’homme qu’il était à présent. Pourtant, en son for intérieur, Ezeckiel se préparait au pire. À le voir, comme à l’entendre. Il la devine face à lui, tendue et attentive, mais pas plus ouverte, pas plus décidée à lâcher les rênes de leur amitié pour s’embarquer dans autre chose. Il la connaissait bien. La jeune femme était suffisamment forte et tenace pour ne pas faillir ni manquer aux positions qu’elle défendait. Elle en avait fait un mantra, et il la respectait y compris pour cela. Il la sentit s’approcher, mais lui ne bougea pas davantage, craignant trop de retrouver son contact. La tension était presque électrique entre leurs deux corps, et le jeune homme savait bien qu’elle émanait principalement de lui, évidemment. Les premiers mots de sa compagne de route résonnèrent, portés par une voix malhabile, qui se voulait… rassurante ? Amicale ? Prudente ? Un peu des trois à la fois, sans doute. En tout cas, il détesta cette voix. Cette façon de s’exprimer, de peser bien ses mots pour être sûre de ne pas trébucher. Il en aurait hurlé. Il l’en aurait secouée. Il aurait dû s’estimer heureux de se voir confirmée la promesse que leur relation ne s’échouerait pas juste parce qu’il n’était pas capable de contenir ses pulsions. C’était déjà énorme de sa part à elle. Alors pourquoi se sentait-il comme un gosse qu’on prive de son rêve le plus cher ? Comme un alcoolique qu’on prive de sa bouteille. Un sentiment dégueulasse en somme, que rien ne viendrait consoler. Et encore moins ces mots-là. Il les considéra avec une pointe de dégoût, pour eux comme pour lui-même. À cheval sur sa fierté, il comprenait que celle-ci était en train de se faire piétiner mili militari par des préceptes moraux et raisonnables qui n’étaient pas les siens. Qui ne l’avaient jamais été.

C’est compliqué.

Un début de rire, particulièrement jaune et amer, secoua dramatiquement ses épaules pendant quelques secondes. Les bras le long du corps, les poings désormais serrés, le dos et la mâchoire crispés, il était prêt à frapper ou à faire n’importe quoi pourvu qu’on le libère de ce carcan de chair et de nerfs au supplice qu’était devenu son corps. Et elle plongea le couteau dans la plaie encore sanglante, pour s’emparer de sa nuque et se réfugier dans l’ombre de sa gorge. Ezeckiel crut basculer vers l’arrière, mais il était resté roide. Presque à regret, son bras passa autour de sa taille pour l’arrimer. Mort. Oui, c’était ça. Il fixait un point dans le noir en se sentant crever, un peu. Crever doucement. Insidieusement. Et au lieu de se séparer d’elle, au lieu de lui crier au visage qu’elle n’avait pas à le ménager, qu’elle n’avait pas à prendre de gants avec lui, il inspira un bon coup, s’obligea à faire le vide et répondit vaguement :

« Non. Non, je ne sais pas, justement. »

Et débriefer ce genre de refus était plus pénible qu’autre chose, surtout pour celui qui vient de se recevoir le vent en question. Mais il ne pouvait pas le lui retirer. Ça n’aurait pas été bien. Alors, comme d’habitude, il se fit violence.

« Tu ne m’expliques pas. Et je ne suis pas télépathe. Je ne peux pas tout comprendre. Surtout là-dessus. »

Parce qu’ils étaient on ne peut plus différents sur certaines choses, et ce point en faisait douloureusement partie.

« Je ne peux pas savoir ce qui te terrifie et ce qui te semble si… compliqué là-dedans. Il me semble au contraire qu’il n’y a rien de plus simple. »

C’était déjà le cas pour lui à l’époque. Il ne saisissait pas l’intérêt de se dramatiser l’existence comme ça. Pour lui, tant que les intentions et les volontés étaient claires, il n’y avait pas à se rendre la tâche plus difficile. Cependant, faire la sourde oreille aux propos de la jeune femme était le meilleur moyen de les plonger dans un chaos duquel ils ne s’en sortiraient peut-être pas, cette fois. Alors il se tint prêt à l’écouter.
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Mer 20 Mai - 18:36

 
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Non rien, dans tout ça, n'est simple. Malheureusement. Les mots d'Ezeckiel ont un impact certain sur Aileen. Bien sûr qu'il ne sait pas, puisqu'il a à faire à un mur. Un mur érigé depuis des mois, des années, qu'elle ne se sent pas encore tout à fait prête à détruire. Mais le sera-t-elle seulement un jour ? Probablement pas. Chaque seconde qui s'écoule est un bloc de ciment supplémentaire. Chaque seconde qui s'écoule l'éloigne un peu plus encore d'Ezeckiel. Ce n'est pourtant pas comme ça que cela fonctionne entre eux. Depuis le départ, ils n'ont fait que des progrès. Lents, mais des progrès évidents. Enfin, c'est surtout Aileen, Ezeckiel est resté le même. Même s'il semble plus perdu que jamais. ne voit-il pas qu'elle l'est au moins autant que lui ? Cela ne l'excuse en rien mais c'est un fait : elle est complètement paumée. Partagée entre l'envie de lui dire ce qu'elle a sur le cœur et celui, déraisonné, de continuer à se protéger. A sa façon, étriquée mais sûre. Lui ne sait pas, ne comprend pas. Et c'est logique : elle a toujours fait en sorte de maintenir certains secrets bien à l'abri derrière son impassibilité, derrière ses airs froids et distants. C'est pathétique parce que, aujourd'hui, tout est différent. Elle n'est plus la Aileen pré-épidémie mais elle n'est plus non plus celle qu'Ezeckiel a rencontré au tout début. Elle a changé. Grâce à lui. Pourtant, c'est encore difficile de se délester de tout ce qui lui pèse. C'est encore difficile de franchir les barrières qu'elle a elle-même construites. Les tourments d'Aileen sont bien réels, mais ceux d'Ezeckiel aussi. Evidemment. La jeune femme défait brusquement leur étreinte et fait quelques pas en arrière, disparaissait totalement dans la pénombre aux yeux de son ami. C'est là qu'elle se sent le plus à l'abri, le moins vulnérable. Ouvrir son cœur, c'est une chose. Le faire en étant aussi proche de lui, c'en est une autre.

Si elle se sent presque plus à l'aise plus loin de lui, elle n'en reste pas moins au bord de la crise de nerfs. Ses yeux et ses poumons la brûlent, son souffle est erratique. Elle perd les pédales. Complètement. Pourtant, aucune larme ne lui échappe. Comme toujours, elle parvient un tant soit peu à se contrôler. Ce n'est pas fantastique, mais c'est toujours ça de pris. « C'est compliqué. » Répète-t-elle dans une litanie sans fin. Quelle avancée ! Aileen lâche un rire nerveux, luttant contre son cœur qui essaye de sortir de sa cage thoracique. Elle est complètement tiraillée, et son esprit avec : les mots restent coincés dans sa gorge, bloqués par des mois de silence, des mois à tout garder pour elle, des mois à prétendre en continu. Et les souvenirs désagréables qui affluent derrière ses paupières désormais closes ne l'aident en rien. Bien au contraire. « Avant toi ... Avant de te rencontrer, j'étais à New-York. Je n'ai pas été seule longtemps. Et tu sais que les survivants ne sont pas tous ... Ils ne sont pas tous comme toi. » Lâche-t-elle dans un souffle, seul moyen qu'elle a trouvé pour ne pas se braquer en cours de route et faire demi-tour avant d'avoir pu aller jusqu'au bout des choses. Non, ils ne sont pas tous comme Ezeckiel, sur qui elle a eu la chance de tomber. Bienveillant et pas scrupuleux pour un sou. Il n'a fait rien d'autre que l'aider pendant des mois, supportant son silence, supportant son caractère trop facilement irritable. « Alors, non, rien n'est simple. Rien. » Crache-t-elle avec hargne. Elle n'a aucune envie d'entrer les détails et, de toute évidence, Ezeckiel s'en passera bien aussi. Elle n'a plus qu'à espérer qu'il comprenne, qu'il devine. Il n'est pas télépathe, certes, mais il y a certaines choses qui ne trompent pas, n'est-ce pas ? « Et pour t'offrir un peu de simplicité : tout me terrifie. » Excepté lui, peut-être. Encore un peut-être, une supposition fondée sur son instinct bancal et incertain. Peut-être qu'elle finira par y voir plus clair. Oui, peut-être.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Sam 30 Mai - 4:40

Il attend de pouvoir comprendre, souhaitant saisir la clé du problème. Du vrai problème. Il se demande s’il percera cette nuit une partie des mystères qui entourent Aileen. Au bout de tout ce temps, ce serait la moindre des choses, mais qui peut juger les blessures de l’intime ? Comment estimer la durée d’une guérison, lorsque la blessure purulente se situe au fond du fond ? Qu’il n’y a plus rien aujourd’hui pour permettre de se soigner dans les règles ? C’en est désespérant. Alors Ezeckiel reste triste. Pour lui, pour elle, pour eux. Pour eux tous. Il n’y a pas de nouveau départ possible. Les quelques murmures qui se répandent déjà dans les quelques couloirs qu’il leur reste, ceux qui soufflent qu’il faut partir pour reconstruire ailleurs en espérant faire mieux… tous se trompent probablement. Il n’y a pas d’ailleurs. Il n’y a pas de seconde chance, et encore moins d’une troisième. Ils sont coincés. Dans ce monde qui n’est pas toujours l’enfer, purgatoire qui les rend tous sourds, aveugles et muets tour à tour. Aileen était muette. Lui était visiblement aveugle. Elle ne pouvait pas lui donner ce qu’il convoitait. Il aurait dû s’en douter depuis le début. Plutôt que d’interpréter ses réserves comme une étape nécessaire à tout, et plus encore au vu de leur situation, il aurait dû se méfier. Accepter de regarder la réalité en face. Et il n’imaginait pas à quel point les mots de la jeune femme allaient le conforter dans son opinion…
Il la sent respirer plus bruyamment, comme si elle commençait à faire une crise de panique. Cette réaction l’aida à sortir quelque peu de la torpeur qui avait engourdi ses bras. Il ne la relâcha pas, ne lui permit pas de s’enfuir tout de suite, mais baissa un peu la tête pour s’assurer qu’elle avait bien. Qu’elle avait juste… peur. Cette peur qu’il aurait tant voulu lui arracher définitivement.

C’est compliqué.

Ça lui faisait mal de l’entendre. Ça lui faisait mal. Ezeckiel s’en voulut alors pour toutes les pensées qui avaient eu le temps de le traverser. Il s’en voulut pour la part de lui-même qui en hurlait de frustration, de voir cette porte close sans possibilité d’y changer quoi que ce soit. Il l’entendit rire, et sa mâchoire se crispa un peu plus. Trop de douleur. Il caressa son dos pour l’inciter à rester calme, sans desserrer les dents. Il ne pressa rien, comme à l’ordinaire. Il attendait toujours. Savourant le silence qui précéderait probablement des révélations désagréables. Quand elle reprit la parole, tout son être se figea. Ses yeux étaient restés grands ouverts. Il ne perdit rien. Pas une syllabe. Jusqu’à ce que ce qu’elle sous-entendait fasse jour dans son esprit, et dessine le portrait glauque, macabre, de ce qu’avaient probablement vécu des centaines de survivantes sur le continent.
En réalité, il n’accepta pas tout de suite. Elle, toujours blottie dans ses bras. Lui, sentant les rouages de son cerveau fonctionner à plein régime. Accepte-le. Accepte. Comprends.

Un soupir tremblant lui échappa, comme si la température venait subitement de descendre d’une dizaine de degrés. C’était comme si on venait d’allumer une lumière qui allait jusqu’à lui brûler les rétines. Il comprit. Il tenta de prononcer son nom, en vain. Que dire, après ça ? Il rit à son tour, tout aussi nerveusement. Putain. Ils étaient bien barrés, tiens. Alors, vu qu’il ne parvenait pas à parler, il resserra son étreinte sur elle et la pressa contre lui un peu plus fort. Ses lèvres vinrent chastement trouver sa joue, qu’il embrassa avec une affection de père, de frère et d’ami. Il ne trahit pas sa confiance, ne sortit pas du cadre, des limites. Il ne le ferait jamais plus. Il faisait son deuil par cette embrassade pudique, qui n’existait que pour lui témoigner la tendresse inconditionnelle qu’elle lui inspirait.

« Je suis désolé… »

Désolé qu’elle ait subi cela.
Désolé pour lui avoir infligé une pression supplémentaire.
Il se mordit la langue pour ne pas sortir une ineptie. L’instant était précieux. Il n’avait pas le droit de le gâcher. Pas après une telle confidence. Il se redressa, remit une mèche blonde sagement en place derrière l’oreille de son amie, et la contempla d’un air pensif et attentif à la fois. Il gonfla sa poitrine d’une nouvelle goulée d’air.
Faire le deuil.

« Ça n’arrivera plus. Tu le sais, ça, hein ? »

Son pouce frôla sa pommette, en caressant la rondeur gentiment, afin d’ancrer son regard au sien. Secoué, il savait qu’il ne prendrait pleinement conscience du secret d’Aileen que quelques jours plus tard. Au beau milieu de la nuit, probablement. Seul. Des cauchemars plein la tête.

« Si l’un des gars de la zone te regarde d’une façon qui ne te convient pas… Ou si moi, je remarque quoi que ce soit de bizarre… Tu sais que ça n’arrivera pas. »

Ezeckiel hésita une seconde puis rajouta dans un murmure fou :

« J’les buterai. Tous, s’il le faut. Tous… Okay ? J’en ai rien à foutre… Y’a plus personne pour me mettre en taule, de toute façon… Dis-moi juste que ceux qui… Dis-moi qu’ils sont morts. S’teplaît. »
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Sam 13 Juin - 17:29

 
Ezeckiel & Aileen
 
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Elle se sent comme ... libérée d'un poids. Libérée du fardeau de ces secrets trop longtemps gardés. Si elle avait su plus tôt que ce serait un tel soulagement, elle s'en serait déchargée bien avant. Mais c'est sur les épaules d'Ezeckiel à présent ... en partie, en tout cas. Elle n'ose imaginer ce qu'il ressent, maintenant qu'il sait. Dégoût ? Colère ? Tristesse ? Pitié ? Un mélange de tout ça ? Mieux vaut pour elle qu'elle n'en sache rien. Qu'elle ne s'aventure pas sur un terrain aussi dangereux. Les mots ont enfin réussi à sortir et elle ne sait pas encore trop comment se positionner. Ezeckiel ne va-t-il pas mal le vivre ? De son côté, elle s'y est presque ... habituée. Cela a changé du tout au tout sa manière d'être, sa manière d'agir en présence des autres. Elle s'y est fait. Ez', lui, semblait ne pas s'y être attendu le moins du monde. En même temps, il a raison sur toute la ligne : il n'est pas devin. Il ne peut pas comprendre des situations extrêmes comme celle-là en se contentant de l'observer. Certains signes ne trompent pas, mais il est parfois préférable pour tout le monde de fermer les yeux. De prétendre n'avoir rien vu. Notre inconscient fait son travail, et parfois il le fait très mal. Pour toute réponse à la question du jeune homme, Aileen hoche la tête. Elle ne se sent pas en état de dire quoi que ce soit. Ses aveux ont tout brûlé sur leur passage, l'ont laissée plus épuisée que jamais. Ce n'était pas aussi difficile qu'elle l'avait imaginé, cela dit. Et elle avait pourtant tourné ce moment dans sa tête dans tous les sens, imaginant sa confession accompagnée d'un torrent de larmes et de multiples excuses inutiles.

C'est Ezeckiel qui s'excuse pourtant. Elle ne sait pas trop pourquoi, mais il le fait. Et elle ne l'en prive pas, si ça peut le soulager lui aussi. Il sait, de toute façon, qu'elle sera prête à l'écouter si jamais il en ressent le besoin, n'est-ce pas ? En tous les cas, elle est on ne peut plus soulagée de ne pas lire la moindre trace de pitié dans son regard. C'est tout ce qu'elle voulait éviter, tout ce qu'elle appréhendait du plus profond de son être. Elle ne veut pas que son attitude vis-à-vis d'elle ne change. Ils avaient besoin tous les deux que les choses soient clairement dites - enfin, clairement comprises par l'un et l'autre -. Mais simplement pour avancer. Regarder en arrière n'a aucun intérêt. Regarder en arrière serait une erreur à ne surtout pas commettre. « Ils sont morts. Tous sans exception. » Elle s'en est personnellement assurée. Elle se contente de ces quelques mots pour toute réponse, consciente de ne pas pouvoir aborder un sujet aussi délicat plus en profondeur. Une chose est sûre : elle n'y est pas allée de main morte, ce jour-là. Ils ne le méritaient pas. Ezeckiel doit s'en douter mais le dire à voix haute rendrait la chose trop ... réelle. Il n'est peut-être pas nécessaire d'en arriver là. Aileen plonge son regard dans le sien, essayant de s'assurer que rien n'a changé. Elle ne veut pas qu'il la regarde de manière différente. Elle ne veut pas qu'il s'accapare le poids de la culpabilité ou un truc de ce genre. Cela serait tout à fait plausible, hein ? Elle ne s'y connaît pas trop en psychologie mais ce doit être un cas typique.

Ezeckiel n'y est pour rien, pourtant. Il n'a jamais rien fait d'autre que la protéger et la défendre envers et contre tous. Sur ce point, elle est persuadée que rien ne changera. Mais elle ne veut pas le voir s'éloigner - comme elle a pu le faire ces derniers mois, de manière tout à fait stupide - sur un prétexte aussi ridicule que celui-là. Elle ne veut pas que ses aveux, aussi difficiles et douloureux soient-ils, viennent tout bousculer. « Je ne veux pas ... que quoi que ce soit change, d'accord ? » Maintenant qu'elle est lancée, elle semble avoir plus de facilités à s'exprimer. Ce n'est pas encore extraordinaire mais c'est déjà un bon point de départ. Enfin, elle arrive à avancer. Mettre des mots - aussi flous soient-ils - sur ce qu'elle a vécu semble agir comme une vrai thérapie. Les choses ne changeront pas non plus du tout au tout du jour au lendemain, mais c'est un pas de géant en avant qu'elle vient de faire. A elle de faire en sorte que cela ne gâche pas tout et qu'elle en fasse dix en arrière à la moindre contrariété. « Ça ne change rien pour moi. Tu es toujours Ezeckiel, la personne en qui j'ai le plus confiance. J'ai encore besoin de temps mais tout ne pourra qu'aller pour le mieux à présent. J'en suis sûre. » Elle espère ne pas se tromper sur toute la ligne, en tout cas. Soulagée d'avoir enfin réussit à s'expliquer, la jeune femme laisse tomber sa tête en avant, le front posé sur l'épaule d'Ezeckiel. Non, il ne changera pas de comportement. Elle pense le connaître suffisamment pour pouvoir l'affirmer et le confirmer.

 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Dim 5 Juil - 3:18




Non. Elle ne le dégoûte pas. C’est bien tout le contraire. Il se sent totalement impuissant. Pire : inutile. Que dire après ça ? Incapable de se projeter, de s’imaginer à sa place, il ne peut qu’espérer cesser de trébucher. Cet aveu va changer beaucoup de choses dans leur relation, mais ce n’est pas grave. Il s’y fera. Tant qu’elle guérit de son mieux, c’est tout ce que lui demande. Il se sent triste, oui. Parce que sans le monde tel qu’il se trouve aujourd’hui, Aileen n’aurait probablement jamais vécu un truc pareil. Et lui qui, quelques instants plus tôt, arrivait presque à se réjouir de l’état des choses… Il aurait volontiers sacrifié sa rencontre avec elle, si cela avait pu lui épargner une telle épreuve. Mais jamais il n’aurait pu voir, non. Il ne sait pas détecter ce genre d’indices, même en les ayant constamment sous les yeux. Il se sentait… foutrement stupide. Tellement con. Pourtant, il avait déjà côtoyé parmi les différents groupes, des femmes qui avaient visiblement souffert de violences masculines depuis le début de la fin. Toutefois, leur comportement était différent de celui d’Aileen. Certaines n’acceptaient même plus d’être approchées par des hommes, et il avait bien évidemment respecté cela. Pour son amie, c’était autre chose. Elle s’était bien montrée farouche au début, mais il avait mis cela sur le compte de l’éternelle méfiance du survivant, rien d’autre. Et maintenant, tandis qu’il se repassait comme un film en avance rapide tous les souvenirs avec elle, il ne pouvait que constater l’évidence. Il avait eu la réalité sous les yeux. Et il n’avait rien vu.

Il n’avait rien vu.

Au moins, les salauds qui avaient fait ça – comment pouvait-on s’y mettre à plusieurs pour tabasser une femme ou la violer, comme une bonne équipe de crevards ? – étaient morts, selon ses dires.

« Okay… Tant mieux… Tant mieux. »

Ezeckiel préféra ne plus insister là-dessus, mais il priait pour que tous aient souffert. Et pas qu’un peu, évidemment. Est-ce que ses mecs étaient déjà des tarés en puissance Avant ? Ou bien l’Après avait-il réveillé le mal en eux ? Avaient-ils pété un câble ainsi, du jour au lendemain, sans prévenir ? Il finit par croiser son regard, qu’il soutint sans faillir. Il lui devait bien ça. Il aurait voulu qu’elle sache à quel point il ne demandait qu’à porter le fardeau de ses souvenirs, tout en devinant qu’elle ne l’accepterait pas. Elle était suffisamment digne pour refuser de se laisser porter, même par son plus fidèle compagnon de route. Touché par ses craintes, sa paume trouva refuge contre la nuque de la jeune femme lorsqu’il sentit son front s’appuyer à son épaule. De son pouce, il allait et venait sur la peau fragile, s’ingéniant à créer des frissons qu’il ne souhaitait pas ambigus, mais apaisants et affectueux. Il en profita pour fermer les yeux et imaginer les prochains jours, les prochaines semaines. Il devait faire preuve de raison, mobiliser tout ce qu’il y avait de bon en lui pour dès le départ se fixer comme ambition de ne pas les compter, de ne pas… la guetter. Traquer le moindre signe qui prouverait que le moment serait venu. Déjà parce qu’il n’était pas dit que ce jour viendrait, et ensuite parce que ce serait mauvais pour elle. Elle ne pourrait pas guérir en se sentant scrutée. Encore moins par celui qui était censé représenter son soutien le plus fiable.

« Ça changera pas. Promis. »

Un silence passa avant qu’il ne sourit sans qu’elle ne puisse le voir.

« Enfin, si… Ça changera, ouais. En mieux. Ça peut qu’aller mieux de toute façon. »

Oui, il voulait croire. Maintenant que des barrières conséquentes étaient tombées entre eux deux. Chacun porterait sa croix, mais avec plus d’honnêteté. Elle savait pour lui. Il savait pour elle.

« C’est forcé. On est ensemble… on va le rester. Y’a rien qui changera ça. Pour moi aussi, tu es toujours… Aileen. Ma p’tite blondinette qui ne tient pas en place. »

Sa main libre chatouilla gentiment ses reins, même si le cœur n’y était pas. Il n’aspirait plus qu’à tenter de trouver le sommeil, quitter ce toit et méditer pour de bon sur tout ce qui s’était dit.

« Et si… si mon comportement te semble inapproprié, ou si ça te gêne… même si c’est con, je veux que tu me le dises. Y’a des trucs parfois, je fais pas gaffe. Tu me connais. »

Il soupira, et consentit au bout d’un long moment à relâcher son étreinte sur elle. Frustré mais… soulagé lui aussi, quelque part. Un abcès de taille venait d’être percé. Restait une question qui le tarauda, et qu’il ne posa qu’à mi-voix :

« Est-ce que tu me l’aurais dit si je n’avais pas… essayé ? Tu me l’as dit parce que tu te sentais obligée ? »
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Sam 11 Juil - 20:23

 
Ezeckiel & Aileen
 
ONE BY ONE. HOLLOW HEROES SEPARATE. AS THEY RUN. YOU'RE SO COLD. KEEP YOUR HAND IN MINE. WISE MEN WONDER WHILE STRONG MEN DIE.

Soulagée, Aileen l'est. C'est indéniable. Elle vient de faire tomber les masques pour de bon, se livrant comme jamais à Ezeckiel. Elle ne se serait jamais crue capable d'un tel aveu parce qu'elle n'avait jamais, ne serait-ce que songé à le faire. Pour elle, c'était un sujet tabou. Un sujet bien trop présent dans son quotidien puisque c'est ce qui fait d'elle ce qu'elle est dorénavant. Mais en présence d'Ez' elle parvenait presque ... à l'oublier. A l'occulter, plutôt. C'était pas si mal, dans le fond. Mais ce n'est en rien comparable à ce qu'elle ressent, à présent que la bombe est lâchée. Elle devrait peut-être se sentir un peu coupable, aussi. Parce qu'elle ajoute du poids sur les épaules d'Ezeckiel. Parce qu'elle lui demande de partager un tant soit peu sa peine, de prendre un peu de son chagrin et de son désarroi face à la monstruosité humaine. Mais ce n'est pas le cas. Elle est juste ... bien. Égoïstement, elle est soulagée que les mots aient pu sortir. Soulagée de ne plus être la seule sur cette Terre à savoir ... ça. Elle n'est pas la seule, elle le sait. Depuis le début de l'épidémie, elle en a rencontré des femmes dans le même cas qu'elle. Elle n'en a jamais parlé clairement et c'est peut-être pour ça que la confession s'avère aussi libératrice. Son seul souci actuel, qui la taraude bien plus qu'il ne le faudrait, c'est sur la suite des événements. Et si cela changeait quelque chose dans le comportement de son ami ? Et si elle le ... dégoûtait ? Ce serait compréhensible. Pas juste peut-être, mais compréhensible. Avec une facilité déconcertante, Aileen fait part de ses doutes à Ezeckiel. Est-ce que ce sera toujours comme ça, à présent ? Si simple. Si naturel. La réponse du jeune homme, entrecoupée par quelques silences qui sont le bienvenue, la fait doucement sourire. Il est sincère, elle le sent. Et il le pense, ce ne sont pas des mots en l'air simplement destinés à la rassurer. Il le pense. Et elle le croit sans problème. Il a toute sa confiance et il est bien le seul. Le seul à pouvoir poser ses mains sur elle, aussi. Elle le sent à la fois sur sa nuque et sur ses reins et ça ne la dérange en rien.

Au contraire, ce contact la rassure plus que toute parole. « Je le ferai. » Mais quelque chose lui dit qu'elle n'aura pas à le faire : Ezeckiel lui a prouvé maintes et maintes fois qu'il savait où étaient les limites. Celles qu'il ne faut franchir sous aucun prétexte ... tant qu'elle ne l'a pas explicitement désiré. Certes, il l'a embrassée deux fois sans chercher à avoir son accord au préalable. Mais peut-elle pour autant prétendre que cela lui a déplu ? Qu'elle l'a repoussé ? Non, loin de là. Mais elle avait besoin de se libérer de ce fardeau pour aller de l'avant. « Non je crois que je te l'aurais dit. » 'Je crois', elle pourrait peut-être faire preuve d'un peu plus de conviction mais comment être sûr de quoi que ce soit dans ces conditions ? Elle n'est certaine de rien. De rien si ce n'est qu'elle veut être franche avec lui. Elle n'est pas là pour lui inventer des histoires qui lui feront plaisir et qui seront satisfaites à ses yeux. Ce n'est pas ce qu'il attend d'elle, de toute façon. « Ça faisait un moment que ça avait besoin de sortir ... Le moment était idéal, d'une certaine façon. » Pour elle, en tout cas. Pour eux aussi mais pas pour lui. Il aurait sans doute préféré qu'elle choisisse un autre moment ... ou alors il aurait préféré que cela ne sorte jamais. Que cela reste un sujet tabou jusqu'à disparaître complètement de sa tête, de son comportement, de tout. C'est un obstacle à leur relation, c'est certain. Ça l'était en tout cas. Parce que maintenant que cela a été dit, Ezeckiel a raison, ça ne peut qu'aller pour le mieux, n'est-ce pas ? Il faudra quand même un peu de temps au jeune homme pour digérer ... accepter l'idée même. En théorie, ils ont du temps. Tant qu'ils sont dans ce bâtiment, ils n'ont pas grand chose à craindre de l'extérieur ... si tout va bien. Aileen finit par s'écarter de lui, enfin consciente de l'endroit où ils se trouvent et de l'heure tardive qu'il est. Ce n'est que là que les bruits produits par les rôdeurs, un peu plus bas, lui parviennent de nouveau aux oreilles. Diable, que c'est agaçant. « Tu devrais aller te reposer un peu. Je vais monter la garde moi. » Elle lui doit bien ça, non ? Et puis ... il doit avoir besoin de dormir, de se retrouver seul. Loin d'elle et du fardeau insoutenable qu'elle vient de lui poser impunément sur les épaules.
 
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail Lun 27 Juil - 20:16

Toute la nuance du propos tenait dans ce « je crois ». Ezeckiel tenta de relativiser. Malgré la fatigue, malgré la tension et malré les révélations fracassantes qu’il venait d’encaisser. Relativiser, oui. Cela semblait être la meilleure solution. Il hocha la tête, vaguement. Il regrettait déjà un peu l’ambiance agréable qui avait été la leur au début de la soirée. Discuter, évoquer le passé comme ils l’avaient rarement fait, mais avec quelque chose de… différent. Ce qu’il avait pris pour une atmosphère propice à développer et aborder un autre domaine, et qui en réalité s’était transformé en épreuve pour son amie. Il voyait bien que cela l’avait apaisée, de parler. Au moins un peu. La ligne de ses épaules s’était relâchée, elle souriait plus volontairement, quoiqu’un peu lasse. Comme lui. Ils étaient encore si jeunes, et déjà si épuisés. C’en était effrayant.

« D’accord… »

Ce n’était pas la peine de se torturer avec des questions de ce genre de toute façon. Ce qui avait été dit, était dit. Ne restait plus qu’à avancer, à trouver des solutions, à laisser faire le temps qui panserait les blessures des souvenirs de cauchemar d’Aileen. Et en attendant… survivre. Ils n’étaient plus bons qu’à ça. Mais au moins, ils étaient doués. Ils l’avaient bien prouvé jusqu’alors.

« C’est bien… Qu’on ait pu parler. Ne te sens jamais coupable de m’avoir fait part de tout ça. Au contraire. »

Il glissa une main dans sa poche pour pouvoir en dissimuler les tics nerveux, ceux qui agitaient ses doigts. Il fallait qu’il parte. Qu’il s’éloigne, qu’il aille reposer au moins son organisme à défaut de pouvoir s’endormir ; son cerveau n’était pas prêt à se mettre en veille. Comme elle ne semblait pas prête à quitter ce toit. Ezeckiel soupira, bougea, se rapprochant moins d’elle que du bord du toit, pour jeter un coup d’œil aux rôdeurs et à leurs borborygmes qu’il avait presque réussi à oublier.

« Eh ben… Une nuit de folie qui t’attend. »

Il se redressa et lui sourit du mieux qu’il put.

« Tu n’es pas obligée. On est en sécurité maintenant. Et tu dois avoir besoin de dormir. En tout cas, si tu sens que le sommeil vient… N’essaye pas de lutter. Okay ? On aura encore du chemin à faire bientôt, à mon avis. Il faut en profiter tant qu’on a encore des murs… »

C’était ce qui allait le plus lui manquer. La sécurité des bâtiments. M’enfin, il s’y était déjà fait une fois, il pourrait bien recommencer. Un cycle éternel, qui serait le leur jusqu’à ce que la mort se décide enfin à les prendre. Puis il recula et se détourna, manquant clairement de motivation pour l’abandonner là, mais ressentant le besoin de s’isoler un peu de son côté. Pour penser. Pour… mettre de l’ordre dans ses idées. Et penser à demain. À la semaine d’après. Au mois d’après.

« On se voit demain ? Et… il faudra qu’on discute aussi d’autre chose. »

Cette fois, son visage était on ne peut plus sérieux, et il pesa lourdement ses mots.

« J’étais sérieux tout à l’heure. Quand je parlais de quitter le groupe. Toi et moi sait vivre ensemble. Rien que tous les deux. On sait comment se procurer de la nourriture et comment se protéger mutuellement. Et on est plus discrets, plutôt que de se trimballer avec un groupe de je ne sais combien de personnes. J’aimerais que tu y penses de ton côté. »

Il leva une main préventive, celle qui n’était pas enfoncée dans la poche de son jean.

« Et pour être certain que je ne suis pas en train de perdre les pédales non plus… je vais encore y songer. Même si ça fait quelques jours déjà que je me demande ce que cela nous a vraiment apporté de faire confiance aux autres et de nous reposer sur eux. »

La détresse qui émanait de leur situation catastrophique, la récente conversation… tout cela contribuait à noircir le tableau du jeune homme. Toutefois… la vérité, derrière, n’était pas loin. Il commençait à se résigner. À tristement se résigner.

« À demain, Aileen. »

Il entreprit alors de quitter le toit pour rejoindre les couloirs et le silence, enfin, seulement troublé par les ronfleurs qu’il s’apprêtait à rejoindre dans le sommeil. Ou du moins… il tenterait, sans être certain d’y parvenir.
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MessageSujet: Re: I wish I could lie, And never could fail

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I wish I could lie, And never could fail

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