Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily
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Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily

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MessageSujet: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Dim 10 Avr - 20:40

Trippin' on that work, trippin' off that purp
Pierce Higgins & Emily C. Foster

Pierce jeta un regard du haut de la fenêtre du premier étage de la baraque dans laquelle il était. En bas, dans l’allée, trois gars discutaient. Au loin, il apercevait une silhouette féminine s’éloigner vers une autre maison. Son regard passait d’une maison à l’autre, dans la superficie qui lui était visible. Des maison, et des maisons, et des bâtiments. Autant de lieux où pouvaient se cacher des connards, s’approchant furtivement de leur groupe pour leur voler des trucs, ou pour les buter. Y avait des jours comme ça, Pierce se levait, et s’énervait sur ces choses là. Parce que si c’était pas clairement nettoyer, ils pouvaient se faire avoir. Y avait des patrouilles, mais certains jours, ça lui paraissait pas assez. Et puis qui pouvaient faire confiance à ces gars-là ? Certainement pas lui. Lana était affairée dans la pièce d’à côté à faire il ne savait quoi, tandis que Phoenix était sorti. Ca le démangeait, et avant même qu’il ne bouge, il savait déjà ce qu’il allait faire. Il s’éloigna de la fenêtre, sortit de la pièce pour aller d’en celle d’en face et annoncer : « J’vais faire un tour. » . Un signe de tête de la jeune femme et déjà il dévalait les marches, balayant le rez-de-chaussée du regard avant de sortir. Les trois types le regardèrent tandis qu’il fermait la porte des lieux derrière lui. « Z’avez rien d’autre à foutre ? » qu’il grogna à leur attention, supportant voir de les voir glander là. Mais, sans attendre une réponse et s’en accorder d’importance à leur réaction, il s’éloigna. Son inspection, il allait pas la faire seul. Y avait du monde sous la main, et pas que des mecs inutiles, alors autant assurer ses arrières, même si au final, on était toujours plus ou moins seul dans la merde. Malgré tout, depuis le temps qu’il était là maintenant, il avait appris des autres. Il les regardait, les observait, dans leur façon de faire, leur façon d’être, leur façon de réagir. Il avait ciblé les bons éléments. Pour prévoir, et surtout pour anticiper ceux qui allaient faillir, et qu’il fallait mieux pas avoir à ses côtés quand ça allait arriver. Finalement, il rangeait un peu les épaves échouées ici, entre les bonnes, et les mauvaises. Les utiles, et les inutiles. Y avait plus que ça dans ce monde, l’utilité.

Il s’engagea dans plusieurs allées, regardant toujours autour de lui, ne baissant pas le regard quand il croisait quelqu’un. Fallait se faire respecter, et ici c’était pas une démocratie. Fallait obéir à Phoenix, et pas se poser un millier de questions quand un ordre était donné. Mater les troupes, et surtout les rebelles, passait surtout par l’attitude. S’imposer, en imposer, voilà tout un art que Pierce maîtrisait depuis qu’il avait fait l’armée. Il arriva à sa destination et monta les quelques marches montant au perron d’une maison, en bois, comme toutes celles de ce trou paumé. Avant même de s’orienter vers la porte, il bifurqua à droite et jeta un coup d’œil à travers la fenêtre. Il crut bien voir une ombre mais avec la crasse collée au carreau, c’était pas facile d’en dire davantage. Ayant désormais connaissance de la présence de quelqu’un dans la baraque, il ouvrit la porte et entra en ces lieux sans se donner la peine de frapper ou d’annoncer sa présence d’une autre façon. Pourquoi faire ? Comme lorsqu’il entrait n’importe où, son premier réflexe fut de balayer la pièce du regard et d’examiner les lieux. Ce ne fut qu’une fois cette première tâche faite que ses yeux se posèrent sur la jeune fille qui se tenait là. Une gamine, comme il y en avait trop ici. « Il est où ton vieux ? » lança Pierce sans aucune introduction préalable, la porte toujours ouverte derrière lui. C’était lui qu’il cherchait, et non pas sa gosse. Il avait besoin de quelqu’un de capable, quelqu’un qui sache comment faire, comment réagir, comment tuer et surtout, faire le tout rapidement et de façon logique. Autant dire un ensemble qu’une fillette d’à peine vingt ans ne pouvait maîtriser, et ne maîtriserait sans doute jamais.


Dernière édition par Pierce Higgins le Lun 11 Avr - 15:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Lun 11 Avr - 11:34

Trippin' on that work,
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Pierce & Emily
J’étais aller encore jouer aux écureuils très tôt ce matin. Je m’étais faufilée dans des maisons abandonnées que, visiblement, personne n’avait réussi à forcer jusqu’ici. Mais vu les chemins exigües que je prenais pour arriver à mes fins, ce n’était pas pour ramener de la nourriture. Du moins, seule, j’avais du mal à porter des charges qui pouvaient être importantes ou tout simplement faire une passe à un complice. De même, je  ne souhaitais pas m’attarder pour éviter les mauvaises rencontres comme mes amis sans bandelettes ou les locataires des lieux. Parce qu’après tout, durant ces trois ans, tous les endroits fermés où je me rendais avait été ; soit vraiment inviolable, soit en réalité habité. Là encore, ne tuant pas, ce n’était pas une bonne idée de voler le garde mangé d’autres survivants… Sous peine de risquer d’être un nouvel élément dans leur garde-manger. Je n’avais rencontré qu’une seule fois des survivants qui procédaient de la sorte, étrangement, je n’avais pas envie d’en recroiser. Mais l’idée ne me sortait pas de l’esprit qu’il était possible que certaines personnes à Bodie n’était pas contre ce genre de pratique. Au-delà de ce que je pouvais craindre lorsque la mascarade sur mon père serait tombée, c’était bien cela. Bien que j’ignorais encore ce qui me dégoutait le plus : finir en repas ou finir avec mes amis sans bandelettes.

Sur le lit poussiéreux que ni moi ni mon père n’avait jamais utilisé, j’étalais mes trouvailles : des piles. J’étais têtue et si je devais prendre la route seule un jour, il me fallait cette foutue musique. Bien sûr, j’avais toujours l’espoir de convaincre Graham de quitter ce lieu maudit, mais en attendant… Le problème étant aussi que ma durée de vie était limitée. J’étais bien la seule dans ce camp de sauvages à ne pas tuer mes semblables. J’étais d’ailleurs la seule fille assez stupide pour être encore en vie alors qu’elle ne tuait pas les rôdeurs. A ma décharge, contrairement à d’autres survivants, je ne les tuais pas, mais il ne m’effrayaient pas le moins du monde ! Toutes les autres personnes que j’avais rencontrées qui ne les tuaient pas, étaient seulement pétrifiées. Aucune n’avait survécue, les trois quarts étaient mortes de façon les plus horribles les unes que les autres et mon père s’était chargé du quart restant. Je n’étais pas faible, mais j’avais une morale et des principes. Je pouvais leur briser des membres s’il le fallait, mais tuer, non. Je ne voulais pas franchir cette ligne invisible qui risquait de me faire perdre la notion entre le bien et le mal. Il suffisait de voir à quel point le meurtre était devenue chose courante. J’envoyais quelques piles valser dans la pièce, avec un cri de frustration coincée dans ma gorge. Même écouter de la musique c’était trop demander ? C’était sans doute trop d’honneurs à offrir à une race qui s’entre tuait. Il me fallait à tout prix un arc avant de quitter ce camp, je pourrais chasser des animaux sans me soucier des bruits des balles. D’ailleurs, par mesure de précaution, je sortais l’arme de mon père et m’habituait à la monter et la démonter. Je n’allais pas non plus tirer à l’intérieur. Je m’étais suffisamment entraînée à ce niveau-là pour le moment.

Vif et rapide, alors que quelqu’un rentrait en infraction là où je demeurais, je pointais le revolver sur la poitrine de l’étranger… Avant de reconnaître la seconde suivante : Pierce. Immédiatement je remettais le cran de sécurité et rangeait l’arme, coincée dans ma ceinture. « Bonjour Pierce… Je viens de mettre une tarte aux pommes au four, repasse dans quelques minutes si tu veux. » Du sarcasme encore et toujours. Mais même quand la vie semblait des plus ordinaires, c’était un trait de caractère profondément ancré en moi. Autant dire qu’avoir une forte personnalité était nécessaire pour survivre, encore plus ici. « Désolée, il est parti tôt ce matin… Mais il n’a pas touché à son petit déjeuner si tu le veux. » Proposais-je en haussant les épaules. Il était l’un des rares à Bodie que je respectais réellement. C’était l’un des seuls qui méritaient la politesse quand je m’adressais à lui. « Il doit fouiller le quartier d’une ville voisine j’imagine… Je suis partie de mon côté alors je n’ai pas eu le temps de lui demander. Je peux peut-être t’aider pour cette fois ? » Suggérais-je en positionnant légèrement ma tête sur le côté. Je connaissais déjà la réponse et le sarcasme avec la tarte n’était pas pour rien le concernant. Ce n’était pas tant mon âge qui devait le déranger, mais tout simplement le fait que je sois une fille. Pourtant j’arrivais à l’apprécier, il faut dire qu’il avait un certain charisme qui aurait été dur à louper. N’importe qui d’autre aurait eu le droit à une réponse bien plus sarcastique et impoli à cette question, que l’on me retournait sans cesse depuis plusieurs jours : Il est où ton vieux ?





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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Lun 11 Avr - 15:25

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Le réflexe était bon, et plus encore quand il s’agissait de quelqu’un de Bodie. Qui ne pointe pas une arme quand il est pris par surprise ? Qui n’a pas pour premier réflexe de se défendre en mettant en joue celui qui interrompt ? L’effort aurait pu être salua, si seulement Pierce ne s’était pas trouvé être la personne mise en joue, celle menacée par l’arme. Etonnamment, il n’était jamais très agréable de voir un flingue, de n’importe quel calibre, être pointé sur soi. Enfin bon, elle rangea l’arme dès qu’elle le vit, dès qu’elle le reconnut, et sans doute dès qu’elle se resitua dans l’organisation des lieux. En haut de la chaîne alimentaire, il y avait Phoenix, et juste à côté, Pierce. Quant à elle ... bah elle était tout en bas, avec la marmaille dans son genre, et à essayer de se faire son trou, ou tout du moins de se la jouer discrète. « Bonjour Pierce… Je viens de mettre une tarte aux pommes au four, repasse dans quelques minutes si tu veux. » qu’elle balança en guise d’introduction. Pierce haussa légèrement les sourcils. Elle se foutait de sa gueule ? Et en plus en prenant le rôle de la petite ménagère ? Et surtout, ce ton qu’elle prenait, tellement détaché. Franchement, il appréciait pas tellement ce qui semblait être un trait d’humour, et pourtant il était pas avare quand il s’agissait d’être bon public. Sauf que là, ça passait pas. Il répondit rien, ne faisant que poser sur elle un regard un peu plus froid sans doute. Pierce voulait juste savoir où était planqué William, le déloger et l’embarquer avec lui. Pas la peine de s’attarder avec cette gosse. « Désolée, il est parti tôt ce matin… Mais il n’a pas touché à son petit déjeuner si tu le veux. » lui signala-t-elle. Pas de chance bordel, il aurait préféré que ce soit William qui vienne avec lui, parce qu’il savait y faire, il savait s’y prendre, et il avait pas peur d’y aller. « Vas-y, file son p’tit dej’. » répliqua-t-il, estimant que ce serait pas une mauvaise chose de piquer dans les réserves des autres pour épargner les siennes. Il mangeait ce qu’il y avait, et il décampait, pas la peine de s’attarder ici.

Son regard balaya de nouveau la pièce et s’arrêta un moment sur le lit crasseux qui ne semblait pas servir, et sur lequel il y avait des piles. Elle cherchait une source d’énergie ? Pour quoi faire ? Y avait tellement de raisons de vouloir de l’énergie de toute façon. « Il doit fouiller le quartier d’une ville voisine j’imagine… Je suis partie de mon côté alors je n’ai pas eu le temps de lui demander. Je peux peut-être t’aider pour cette fois ? » expliqua la jeune fille, ayant tendance à vouloir faire la discussion avec Pierce. Ouais, les gens fouillaient, c’était la principale activité puisqu’il fallait bien trouver de quoi survivre. Et ici, on ne mettait pas tout en commun, on se démerdait un peu chacun dans son coin. « J’comprends qu’il t’emmène pas, tu dois une vraie plaie en sortie. » déclara Pierce sans ménagement. Elle connaissait parfaitement l’idée qu’il se faisait d’elle, c’est-à-dire un boulet. Pourquoi ? Sans raison en fait, il se fiait à ses préjugés : les jeunes, les filles, ça n’allait pas. Elle accumulait les deux la pauvre, alors forcément. Sans demander la permission, il s’approche du lit et choppa une pile entre ses mains. « Pourquoi tu cherches des piles ? C’pour faire fonctionner quoi ? » demanda-t-il, pas vraiment suspicieux, mais plutôt intéressé. Si elle avait un appareil utile, il allait sans doute essayer de se l’approprier. Elle en aurait besoin pour quoi de toute façon ? Et puis son vieux n’était pas là pour s’occuper de sa petite. C’était même pas sûr qu’elles soient encore chargées, ou même compatibles avec ce qu’elle voulait faire fonctionner. « Tu les as trouvé toute seule ou c’est ton vieux qui te les ramène ? T’en as un paquet, ça fait un moment qu’tu collectes. » constata-t-il, à la fois pour lui-même et à son attention. Il lui posait un tas de question à la manière d’un enquêteur, comme s’il inspectait les lieux. Savoir ce qu’il se tramait dans les autres baraques, ça pouvait toujours être utile. Pierce laissa la pile qu’il tenait retomber sur le lit et se tourna vers elle. Si elle avait fouiné comme ça, elle devait mieux connaître les environs qu’il ne le pensait. Elle avait peut-être même repéré des trucs qui lui avaient échappés.
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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mar 12 Avr - 11:36

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Pierce & Emily
Son côté irritant n’était pas paru inaperçu pour moi. J’étais trop fière pour admettre que je l’admirais, surtout vu la façon dont lui me voyait. On n’était pas une meute, bien que parfois je me posais la question. Mais alors dans ce cas, même moi je ne pouvais donner tords à Pierce. Je n’étais pas un loup, mais un renard. Bien que je ne chassais que de petites proies, je me contentais d’être sournoise, maligne et de m’adapter à mon environnement. Heureusement pour moi, j’étais rusée, c’était bien la seule chose qui rattrapait ma réticence à tuer ce qui avait pu être des êtres humains. N’empêche qu’il y avait bien que lui pour ne pas recevoir un regard condescendant en retour du sien. Néanmoins, peut-être qu’en lui montrant mon respect, je ne lui montrais pas assez ma combattivité ou ma personnalité, ce qui ne m’aidait pas à me relever un peu dans son estime. Tant pis, si je changeais d’attitude ou de comportement, l’absence de mon père ne s’en ferait que plus ressentir. Parce qu’elle était là, la clef. Si finalement je ne mettais jamais vraiment préoccupé du fait que Pierce me voyait plus bas que terre, c’est parce qu’il semblait respecter mon père. C’était pourtant lui qui était plongé dans la terre maintenant…

S’il te plaît, merci, t’es sûr que ça ne te gêne pas ? J’étais sûre d’avoir une poussée d’urticaire à me retenir de lui répondre comme je le faisais avec n’importe qui d’autre. Mais voilà, j’étais malgré tout bel et bien une gamine et j’avais envie de me faire bien voir par lui. Alors non, je me retenais de lui faire remarquer une fois de plus qu’il était profondément désagréable. Je me retenais même de soupirer. Ce qui paraissait normal pour lui était pour moi un honneur que je lui faisais. Finalement, il n’y avait que deux personnes dans Bodie qui n’avait pas le droit à mes réflexions ou une certaine méprise de ma part. Prenant l’élastique que j’avais au poignet, j’attachais mes cheveux dans une sorte de chignon avant de me déplacer de façon rapide, mais toujours avec légèreté, vers l’assiette témoin que j’avais préparé comme un symbole. Autant dire que si Pierce n’avait pas été là, je l’aurai prise pour moi. Amicale, j’ajoutais même des couverts. Il pouvait faire ce qu’il en voulait. Je lui posais le tout sur une table proche de lui, avant qu’il s’intéresse à tout autre chose. Quant à sa réflexion sur le fait que mon père ne m’emmenait pas avec lui, je me contentais de lever les yeux au ciel. De toute façon, pouvais-je vraiment lui donner tort ? Pas vraiment… Quoi que, j’étais utile quand on me demandait tout le reste sauf de tuer.

Alors voilà maintenant où nous en étions. Ce n’était plus Pierce que je voyais, mais un rapace. Je n’étais pas idiote, je le respectais profondément même si ça m’arracherait la bouche de l’avouer, mais ce qui était certain, c’est que je n’étais pas naïve. J’étais assez petite, il savait que je ne pointerais pas mon arme sur lui, même s’il me volait. « Un mp3… » Affirmais-je comme sur le ton de la discussion, bien que je cachais ma satisfaction de savoir qu’en apprenant que mon trésor, c’était ça, il serait déçu. Au pire des cas, j’en retrouverai un, après tout, je ne sais toujours pas quelle genre de musique il contient. « Je les trouve toute seule. » Lui répondis-je tout en gardant le même ton. Inutile de se montrer un minimum fière, sinon je descendrai encore plus bas dans son estime. Bien qu’il n’y avait, évidemment, aucune demande de sa part, je tentais le coup. « Qu’est-ce que tu veux qui fonctionne avec des piles ? Je peux toujours trouver pour toi. En général, tout le monde s’arrête sur les couteaux, les armes en tout genre… Mais certains objets restent dans les maisons et peuvent être soient utiles, soient servir d’armes. Ça ne me dérange pas de trouver ce qui pourrait t’être utile… » Me mordillant la lèvre un bref instant, je tentais ma chance. « Je me faufile dans des endroits qui fait que ma carrure le permet. Alors je connais des maisons qui contiennent peut-être encore de la nourriture… Ou ce qui y ressemble. Mais je n’aime pas me balader avec des vivres sur mon dos alors que j’ai besoin de toute ma liberté de mouvement pour me faufiler. Je cherche pour toi, si nourriture, on se la partage et tout le reste sera pour toi, deal ? » Bien sûr, même s’il acceptait, il fallait fortement parier sur le fait que Pierce me laisserait qu’un quart de la nourriture trouvée et encore, seulement si jamais de la chance. Mais le pari risqué valait le coup.



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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mar 12 Avr - 14:55

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Pierce remarqua très bien qu’elle avait joliment disposé le repas dans une assiette et qu’elle avait même la délicatesse de mettre des couverts. Nulle utilité, puisqu’il ne faisait plus dans ce genre de manière depuis belle lurette. D’ailleurs, dans l’immédiat, il préféra regarder ce qu’il y avait sur le lit plutôt que de s’attarder sur l’assiette, sans pour autant ne pas prévoir d’y revenir par la suite. Fouineur, il pouvait l’être quand il sentait qu’il pouvait y avoir quelque chose d’intéressant. Non pas qu’il allait mater chez les autres à leur insu pour voir ce qu’ils avaient planqués, mais bon, si quelque chose passait sous ses yeux, il prenait la peine de s’y attarder. « Un mp3… » répondit-elle, faisant retomber toute la curiosité de Pierce. Un mp3 ? Le regard qu’il lui lança fut sans détour : du mépris, un mépris tellement profond, particulièrement réservé aux jeunes qui, comme il le pensait, ne comprenait pas ce qu’étaient les priorités dans ce monde. De la putain de musique. Elle allait risquer sa peau à fouiller des maisons pour de la putain de musique. C’était de belles conneries tiens. « Qu’est-ce que tu veux qui fonctionne avec des piles ? Je peux toujours trouver pour toi. En général, tout le monde s’arrête sur les couteaux, les armes en tout genre… Mais certains objets restent dans les maisons et peuvent être soient utiles, soient servir d’armes. Ça ne me dérange pas de trouver ce qui pourrait t’être utile… » qu’elle lui proposait maintenant. Comme si elle se dressait en experte de ce type de ressources énergiques. Il n’avait pas d’appareil qui fonctionnait avec des piles, il n’avait pas même une lampe torche mais il en cherchait une. Pas question de lui confier la tâche d’aller essayer de lui en dégoter une, il n’avait certainement pas besoin d’elle pour trouver son propre équipement. « Rien pour l’instant. Mais garde-le. » ordonna-t-il, sans préciser pourquoi. Avait-il vraiment besoin de le faire ? Elle était quand même suffisamment intelligente pour capter toute seule qu’en avoir sous la main pourrait se révéler utile à l’avenir. D’autant plus qu’il pouvait désormais avoir un nouveau regard sur certains appareils sachant qu’ils avaient potentiellement, dans leur zone, les piles nécessaires pour le faire fonctionner.

Sans trop qu’il sache comment, elle en venait à lui inventorié ses capacités et ses techniques : « Je me faufile dans des endroits qui fait que ma carrure le permet. Alors je connais des maisons qui contiennent peut-être encore de la nourriture… Ou ce qui y ressemble. Mais je n’aime pas me balader avec des vivres sur mon dos alors que j’ai besoin de toute ma liberté de mouvement pour me faufiler. Je cherche pour toi, si nourriture, on se la partage et tout le reste sera pour toi, deal ? » . Et voilà même qu’elle lui proposait de faire équipe, le temps d’une excursion. Pierce s’approcha de l’assiette tout en la regardant, la jaugeant, évaluant l’intérêt d’une telle proposition. « Avec toi ? » répéta-t-il, pour être bien sûr que c’était bien ce qu’il envisageait. Il attrapa entre ses doigts le contenu du plat à plusieurs reprises pour l’avaler en seulement une minute. Pierce ne fit même pas attention au goût, il mangeait ce qu’il y avait à manger, point. « J’avais besoin d’ton père pour aller fouiller quelques baraques. » déclara-t-il après avoir terminé, se déplaçant dans la pièce pour trouver un tissu pas trop dégueulasse afin de s’essuyer la main dessus, apportant peu d’importance à l’utilité de ce tissu. Il évita de préciser pourquoi : certes, s’il trouvait des trucs utiles il les prendrait, mais sinon, c’était surtout pour vérifier qu’il n’y avait pas de squatteurs inconnus au bataillon. « T’vas prendre sa place, et on verra bien c’que t’as dans l’ventre. Mais j’te préviens, j’joue pas au baby-sitter, j’vais pas te donner l’biberon toutes les heures et accourir dès qu’tu t’seras foutue dans la merde. T’as plutôt intérêt à assurer. » accepta-t-il, la prévenant directement. En réalité, quand on faisait équipe, on assurait un peu les arrières de l’autres, et bien entendu que si elle se faisait attaquer, Pierce allait tenter de la tirer de là. Sinon ça sert strictement à rien d’y aller à deux. Mais autant éviter de lui donner trop confiance et de lui dire que toutes ses conneries seront rattrapées, car ça pourrait lui donner de trop mauvaises idées. « Prends un sac, j’vais l’porter. » ajouta-t-il rapidement, n’ayant pas pris le sien. Il avait quand même toutes ses armes sur lui, ne se promenant jamais sans, puisque le danger était partout. L’ancien militaire s’avança près de la porte et donna quelques instants à la jeune fille pour qu’elle se prépare. Mais elle avait plutôt intérêt à se bouger parce qu’il allait pas non plus l’attendre plusieurs minutes. Fallait juste qu’elle prenne de quoi porter, ses armes et ses trucs, pas besoin d’se faire une beauté pour aller dire bonjour aux zombies.
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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mer 13 Avr - 10:36

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C’était une vieille habitude, comme une vieux tic, mais j’avais lu Sa majesté des mouches et je savais combien c’était facile de s’oublier, ou d’oublier tout simplement notre humanité, quand on décidait de complètement larguer notre éducation. Même si cette dernière est maîtrisée par la société. Ces codes sont à la fois bon et mauvais. Alors, c’est vrai, je continuais de manger avec une assiette et des couverts. Je comprenais le point de vue de Pierce ou même des autres qui se préoccupait très peu des manières et mangeaient même, parfois, à la façon d’un chien errant qui n’aurait pas eu de nourriture à se mettre sous la dent depuis plus d’une semaine. C’était tous ce que nous étions devenus au fond. Mais plus nous agissions par instinct et par égoïsme et puis nous provoquions notre propre perte. Sans compter que dans le livre, eux, au moins, n’avait pas de zombies comme voisin. Retomber à l’état sauvage était pourtant ce qui nous attendait tous. C’est sûrement à ce moment qu’un soi-disant sauveur prendrait les décisions pour ceux qui ne veulent plus se donner la peine de réfléchir… Bodie c’était l’enfer, mais Bodie était honnête. J’avais eu l’occasion de passer trois jours à l’Angel Camp. Ils existent, ces survivants qui ne vivent pas dans un groupe de sauvages. Mais peut-on vraiment croire à ce mirage ? A vrai dire je ne sais plus, je suis totalement perdue. La générosité n’était déjà pas forcément le propre de l’homme quand nous étions avec nos maisons chauffées, nos cinémas et nos lits douillets. Alors entre mon espoir fou que ce camp se vende tel qu’il est et ce qui est réellement… Trop de fois, malgré la protection de mon père, j’avais assisté ou subis cette soi-disant générosité. J’aurai pu avoir de la viande humaine dans mon assiette une fois et force est de constatée que mes convictions concernant les autres êtres humains s’émiettaient avec le temps. Pierce lui, au moins, se montrait honnête. Insupportable, mais honnête.

Révélant le véritable objet de ma collection, je comprenais une fois de plus son regard. Je comprenais son opinion, mais je comprenais le mien aussi. J’aurai pu me défendre sur ce regard, mais c’était Pierce et je n’allais pas lui monter un manège. C’était pour la musique que je l’avais pris, non pour une quelconque autre utilité. Survivre devait être la priorité. Mais à quoi bon survivre pour survivre ?... Je n’en voyais tout simplement pas l’intérêt. D’autant plus que l’être humain est la seule espèce vivante qui se meurt si elle s’ennuie. Si l’envie de musique me maintenait plus en vie et combattive, alors c’était un plus et non une faille. Malgré tout, j’avais déjà pensé qu’en branchant une petite enceinte dessus, la musique pouvait attirer les rôdeurs dans une direction pendant que moi ou quelqu’un d’autre cherchait ou s’enfuyait dans une autre. Je n’étais pas idiote, j’avais seulement envie de l’utiliser pour ce à quoi il servait à la base. J’avais encore ma raison, mes pensées, je n’avais pas envie de les perdre à force d’avoir comme seul objectif : survivre. Peut-être que seul Théodore aurait pu me comprendre, mais je n’espérais pas le voir à Bodie le pauvre. Je me contentais d’hocher la tête quand il me demanda de garder le mp3. Ce qui me surprenait néanmoins, c’est qu’il ne m’ait pas envoyé boulet complètement quand je lui avais proposé de chercher pour lui. Je me taisais, mais j’aurai bien aimé bricoler. C’était toujours grâce à Théodore, mais passer du temps avec lui m’avait beaucoup appris et même une fois séparée, je prenais souvent des livres dans les maisons pour apprendre deux ou trois choses. J’étais persuadée qu’avec un peu d’entrainement, je pourrais très bien forcer des machines qui marchent avec un peu d’électricité à marcher avec des piles. Mais il me fallait des outils pour ça.

Restant droite sur mes deux jambes, les bras croisés, je me forçais à rester patiente. J’attendais avec calme qu’il me dise non et reparte pour chercher quelqu’un qui saurait remplacer mon père. Je ne cillais pas non plus quand monsieur se décida à utiliser la chemise que j’avais lavé hier pour s’essuyer les doigts. Aie… Je ne m’y étais pas attendue. Il venait de dire oui à demi-mot ou je rêvais ? Bravo Emily, tu as juste suggérer à une personne haut placée à Bodie de l’accompagner dans une excursion alors que tu ne tues pas. La palme d’or de la meilleure actrice me revenait, mais un peu trop sur ce coup-ci. La survie avec mon père, c’était totalement différent. Il le savait, je ne pouvais pas tuer. Jusqu’où devrais-je aller pour venir en aide à Pierce ? Même si cela ne m’enchantait pas, s’il le fallait j’utiliserai un moyen draconien pour l’aider, même s’il fallait mutiler l’agresseur d’en face. Heureusement pour moi, cela ne m’était que rarement arrivé. Mais mon père était mort, alors j’imaginais qu’il faudrait que je me fasse une raison sur mon pacifisme trop prononcé. Etrangement, depuis le début de toute ces horreurs, ma propre survie ne m’avait jamais réellement préoccupée. Tout simplement parce que penser au fait que je pouvais être en danger risquait de me mettre en danger. Si je prenais conscience du monde réel, du fait que je ne survivrais sans doute pas très longtemps maintenant, je risquais d’abandonner les armes. Et puis, plus personne ne m’attendait. Plus personne n’avait besoin que je sois saine et sauve. Pierce lui, peut-être que quelqu’un l’attendait…

Je me dépêchais de faire ma tresse avant de coincer mes cheveux dans un chignon très serré. Inutile de prendre des risques, les cheveux longs étaient devenus un véritable danger. Je prenais un flingue que mon père n’aimait pas tellement, je n’y étais pas attachée, alors au pire… Si Pierce me le confisquait, ce ne serait pas important. Je vérifiais le chargeur et prenait aussi un cutter et un couteau, ainsi qu’un marteau. Ce dernier se révélait beaucoup plus utile que l’on ne peut penser. J’attrapais au vol un sac à dos. Celui que l’on utilisait souvent avec mon père quand on était sur les routes pour collecter tout ce que l’on trouvait. Sortant alors sur le pallier, je me contentais de tendre le sac vers lui. « Je n’aurai pas besoin de baby-sitter. » Me contentais-je de lui répondre, comme pour lui dire que j’avais bien compris ce à quoi je m’exposais en venant avec lui. « Il y a un quartier en particulier que tu veux fouiller ? » Le quartier m’importait peu, en réalité, au bout de trois ans, il y avait toujours des maisons qui n’avaient pas été réellement fouillé ou qui était restée inviolable. C’était celles-ci qui m’intéressaient le plus. Bien que le danger en soit parfois encore plus réel.



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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mer 13 Avr - 15:32

Trippin' on that work, trippin' off that purp
Pierce Higgins & Emily C. Foster

Il ne ressentait nullement le besoin d’expliquer pourquoi il avait dit oui alors qu’il passait son temps à la rembarrer et à déterminer tout ce qu’elle faisait comme étant relativement minable. Mais le tas de piles sur le lit avait tendance à lui prouver qu’elle savait particulièrement fouiner, et son gabarit lui laissait comprendre qu’elle pouvait se faufiler effectivement dans des endroits inaccessibles pour lui, comme elle le lui avait affirmé. Piètre partenaire de substitution certes, mais elle pouvait éventuellement lui être utile. Maintenant qu’il était là en plus, il était décidé à aller faire son petit tour, histoire de calmer ses angoisses. Comme il le lui demandait, elle fut brève dans ses préparations, s’évitant une belle engueulade de la part de Pierce, et un claquement de porte avant qu’il ne dégage sans elle. La jeune fille s’attache les cheveux, ce qui était une bonne chose, avant de s’armer d’un flingue chargé, de deux lames et d’un marteau. Il haussa légèrement les sourcils devant le choix de l’arme, sans pour autant être surpris. C’était fou ce que les gens avaient de l’imagination quand il s’agissait de se défendre face à la mort. Si bien que bon nombre de survivants avaient des armes qui auraient été insolites avant, mais qui ne l’étaient plus dans ce nouveau. Malgré tout, il ne put s’empêcher de la piquer, se moquant une nouvelle fois d’elle. « T’as assez de force pour t'servir d’ça ? »  ricana-t-il tandis qu’elle prenait un sac, semblant être finalement prête. Pierce attrapa le sac qu’elle lui tendait et le hissa sur son épaule. « Je n’aurai pas besoin de baby-sitter. » qu’elle affirmait la petite, comme un challenge. Il y croyait pas un mot, c’était son père qui la protégeait, depuis le début sans doute, ce qui était bien la preuve qu’elle avait besoin d’un protecteur, d’être surveillée. « On verra. »  grogna-t-il simplement en guise de réponse. Il n’allait pas épiloguer sur les mille arguments pour qu’il pourrait balancer afin de lui prouver le contraire. Qu’elle fasse la fière, ils verraient bien ce qui allait se passer sur le terrain. « Il y a un quartier en particulier que tu veux fouiller ? »  demanda-t-elle alors qu’ils descendaient les quelques marches menant au perron de la baraque afin de rejoindre la rue. « Par là. »  répliqua-t-il, en accompagnant sa réponse d’un signe de tête en direction des lieux qui l’intéressaient. Encore une fois, il ne ressentait pas le besoin d’être plus explicite et de préciser ce qu’il avait en tête. Elle verrait bien par elle même.

Drôle d’équipe qu’ils formaient, et il n’était pas commun de voir Pierce partir en vadrouille (même si ça restait dans Bodie) avec une petite jeune. Lui qui les méprisait tellement, eux et leur manque d’expérience, leur immaturité. Il s’alourdissait d’un fardeau, car ses gaffes auraient nécessairement une répercussion sur lui. Mais il prenait le risque aujourd’hui, pour voir, pour constater réellement. L’ancien militaire avait pris les devants et marchait un bon mètre devant la jeune fille. Il jeta un petit coup d’œil par dessus son épaule pour vérifier qu’elle suivait bien. Regardant de nouveau face à lui, il secoua légèrement le visage de gauche à droite, ayant du mal à imaginer qu’il avait accepter ce merdier. On l’y reprendra tiens. « J’préfère même pas te d’mander combien de rôdeurs t’as buté. »  qu’il lança, n’ayant nullement envie d’écouter les piètres performances de la jeune fille. Lui-même était incapable de le dire, mais parce qu’il en avait planté tellement qu’il avait cessé de tenir les comptes depuis des années maintenant. Ils avaient traversés quelques allées quand Pierce ralentit l’allure, jetant un regard autour de lui. « On va inspecter cette zone. »  annonça-t-il en faisant un signe de la main afin de se faire comprendre. Déjà il s’engageait vers une maison, montant les quelques marches du perron et frappant à grands coups à la porte. Même si la ville était fantôme, on savait jamais. Des survivants avaient pu se réfugier là, crever et se transformer en rôdeurs. Pierce attendit quelques secondes et, n’entendant finalement rien à l’intérieur, il pénétra sans difficulté dans la maison. Préalablement, il s’était saisi de son arme qu’il tenait fermement, pénétrant dans les lieux tout en étant à l’affût du moindre bruit, du moindre mouvement. Il se déplaçait à la manière d’un militaire : c’était méthodique, planifié, rigoureux. Cette maison n’avait pas d’étage, si bien qu’il fit rapidement le tour des deux seules pièces qui la composaient. Ne trouvant rien de menaçant, il déclara finalement : « C’est bon. » . La petite pouvait fouiner si elle le souhaitait. L’ancien militaire regarda également autour de lui. C’était crasseux, comme partout ici, et en ouvrant les placards, il ne trouva rien d’intéressant. S’avançant vers une table, il marcha sur quelques choses et souleva le pied pour voir ce que c’était. Au sol se trouvait un bracelets faits de perles roses flashy en forme d’étoiles. Pierce se pensa pour ramasser l’objet. Sans doute une gamine de touristes qui l’avaient perdu plusieurs années auparavant, alors que la famille visitait les lieux. Il se tourna vers Emily et l’appela : « Hey. » . Dès qu’elle se fût à son tour tournée en sa direction, il lui jeta le bracelet dans les mains en ajoutant quelques commentaires : « T’pourras porter ça la prochaine fois qu’tu voudras faire la belle d’vant les mecs. Avec un truc aussi girly, tu devrais bien t’attirer deux trois pédophiles sur toi. » . C’était noir, c’était glauque, et ça fit légèrement rire Pierce. Mais c’était d’l’humour, il avait aucune sympathie pour les pédophiles et de toute façon, il lui semblait qu’elle était majeure. Enfin majeure, ça voulait plus dire grand chose maintenant, mais le principe restait le même. Un adulte qui s’tape un gosse, c’est dégueulasse.

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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Lun 18 Avr - 23:07

Trippin' on that work,
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Pierce & Emily
Lui offrant mon plus beau sourire d’agacement face à sa remarque sur mon marteau, je croisais les bras sur ma poitrine, tentant de maintenir son regard malgré ma petite taille. « Si je ne savais pas m’en servir, je reposerai déjà sous terre depuis un bout de temps… C’est un excellent compagnon de voyage. » Ce qui était vrai. Je ne tuais pas, mais je brisais des os s’il le fallait. J’avais appris aussi d’une sacrée tarée même si je serrais les dents rien qu’à m’en rappeler. Dans le genre fêlé, elle se rangeait là, mais paradoxalement, ce sont ses techniques qui me permettront peut-être de survivre encore quelques jours à Bodie. Ce que j’aimerai que cette grande malade mange les pissenlits par la racine en ce moment-même… Même en version rôdeur, je ne voudrais pas la revoir. Bonjour les cauchemars. Bref, qu’importe, Pierce ne risquait pas de l’évoquer puisque la seule personne qui connaissait vraiment son existence était mon père. Vu ce qu’il a fait du frère de cette folle, ça m’étonnerait qu’il se soit amusé à en parler à Bodie. Sans parler de mon pseudo kidnapping qui avait quand même duré presque un mois… Elle, peut-être que je serai capable de la tuer si je la croisais. Remarque, si elle était en vie, elle serait sûrement ici (elle aurait sa place dans cette folie barbare) alors… On va se convaincre qu’elle est six pieds sous terre.

Après que Pierce ait émis son énième grognement à mon encontre alors qu’il avait quand même accepté de faire équipe avec moi, je ne pouvais m’empêcher de lui donner raison dans son dos. Je gonflais mes joues et croisaient mes yeux alors qu’il avançait à trente mètres devant. La testostérone, quelle hormone détestable quand un homme la transpirait autant que lui. Moi mâle, toi femelle. Moi avoir raison, toi avoir tort et en plus être faible. C’est bon, j’avais appris le couplet par cœur, surtout ici. Néanmoins j’avais appris quelque chose à force. Si je voulais qu’il m’encadre un peu mieux, il était inutile de faire la conversation. C’était un homme d’action, agir comptait bien plus pour lui que des vanités ou faire ami-ami, encore plus avec une gamine. Pourtant, du haut de mes vingt ans, je ne me considérais plus comme une enfant. Alors reprenant totalement mon sérieux, je restais proche de lui, essayant d’évaluer les lieux. Voir où pouvait se cacher les dangers, mais aussi et surtout les échappatoires. C’était à cela que mon œil était principalement aiguisé.

A la question sur les rôdeurs, je me mordais rageusement la joue pour ne pas exploser de rire ou lui rétorquer quelque chose comme : En effet, la réponse risque de ne pas te plaire. J’avais mes principes, mais j’avais aussi mes solutions. Seulement je le savais, mon père n’était plus là. William, homme respecté de Bodie s’était donné la mort pour sauver une pauvre chose, c’est-à-dire moi. Mais c’est sûrement ce que Pierce penserait s’il l’apprenait. Alors, peut-être que malgré moi, j’allais devoir mettre mes principes de côté et me battre. Même si cet homme ne m’appréciait pas le moins du monde, si cela pouvait lui sauver la vie, je le ferai sans hésiter. Les larmes seules dans la maison où j’habitais seraient quand personne ne risque de frapper dans la porte… M’indiquant que l’on s’arrêtait là, je me contentais de hocher la tête, sortant mon arme à feu (ou plutôt celle de mon père) tout en retirant le cran de sécurité. Pierce rentrait dans la maison et bien que je n’avais jamais tué, je savais viser comme personne. Alors je surveillais le dehors, juste au cas où. Surtout par les coups qu’il avait donné à la porte, sait-on jamais. Parfois, même éternuer ramenait un rôdeur sorti de nulle part. Ils avaient un côté horriblement magique parfois… La mort était souvent le clou du spectacle. Jetant un dernier coup d’œil alors que l’un des hauts placés de Bodie me disait que c’était bon, je franchis le pas de la porte. D’un coup d’œil, j’évaluais tout ce qui était à portée de regard. Voyant Pierce rester les mains vides, c’est que quelqu’un était déjà passé dans le coin. S’il avait logé là, il avait pu aménager des cachettes. C’est ce que je préférais trouver. Les double fonds dont les survivants les moins patients ne trouvaient pas. M’attelant à sentir ce que j’espérais tant, je me retournais quand il m’interpela. Attrapant le bracelet au vol, je lui retournais un rire plat à sa vanne. Pourtant je rangeais le bijou dans ma poche. « Il aurait été plus utile s’il avait été fait en métal, mais je lui trouverai bien une autre utilité que celle… Que tu me suggères. Heureusement pour moi, je suis loin d’être la fille la plus intéressante à Bodie. » Soulignais-je au passage. Surtout qu’après que mon père m’ait fait jeter le maquillage que j’avais récupéré, j’étais loin d’être provocatrice pour tous ces sauvages en manque.

Soupirant face aux découvertes toutes plus ridicules les unes que les autres, je fini par enfin trouver ce double fond que j’espérais tant. Retirant le pull que je portais, je recouvrait le tiroir avec avant d’apporter un bon coup de marteau dessus. On ne sait jamais, faire du bruit n’était jamais une bonne idée et j’aimais être discrète. « Ok, c’est pas grand-chose, mais j’ai récupéré trois balles… Je ne connais pas le calibre. » C’était vrai, en observant une de près, on aurait seulement dit une fabrication maison. C’était vraiment étrange… Mais si ça marchait, qui étais-je pour juger. « Et… Un chiffon qui vu le sang, ne m’inspire pas à le déballer… Vu la forme, je dirai que quelqu’un s’est amusé à charcuter l’un de ses compagnons… » J’avais l’impression de deviner deux doigts, autant dire que si j’avais été avec mon père, j’aurai pu me permettre de frissonner, mais pas là. Je déposai sur la table près de Pierce les trois balles avant de tenter ma chance dans la pièce d’à côté. Les miracles existent peut-être, mais sans doute que seul le tiroir brisé par mes soins avaient un trésor moindre à nous confier.




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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mar 19 Avr - 10:17

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Elle pouvait bien dire tout ce qu’elle voulait, et se vanter de tous les exploits du monde, elle restait la gamine qu’elle était aux yeux de l’ancien militaire. Il lui semblait que désormais le monde n’était plus un lieu multi générationnel. Il suffisait de regarder autour de soi : peu de vieux, quelques enfants, mais les personnes d’âge adulte étaient majoritaires et ce n’était pas anodin. La force physique y jouait pour beaucoup, mais il y avait aussi la maturité et la capacité d’adaptation. Qu’est ce qu’un gamin y connaissait vu le peu temps vécu avant d’être plongé dans un environnement d’une telle hostilité ? N’importe où, n’importe quel endroit était rempli de dangers et c’était une attention de tous les instants qui assuraient la survie. Et il n’y avait eut aucune période de réelle transition pour apprendre, tout était arrivé si vite, ils avaient été plongés dans ce merdier sans préavis, sans formation préalable. Ceux qui avaient pu trouver un moyen de s’en sortir étaient peu nombreux, et ceux qui avaient survécu sur la longue durée encore moins. Certains apparaissaient comme des parasites dans ce milieu, et n’étaient rendus là que par chance. Ils avaient trouvés les bonnes personnes pour veiller sur eux, et ne contribuaient pas réellement à la survie des leurs. Emily faisait clairement partie de ceux-là aux yeux de Pierce. La protégée de son père, arrivée ici par hasard, et qui ne collait pas au décor. Et plus aucun décor ne pourrait jamais lui convenir. Tout était devenu beaucoup trop dangereux pour s’alourdir de ces fardeaux-là, de ces poids qu’il fallait, en plus de sa propre personne, surveiller à chaque instant. La mort veillait constamment, et Pierce ne comptait pas se laisser prendre, pas tant qu’il y aurait encore des gens comme Emily sur terre. Ce n’était pas possible que cela se déroule de cette façon, ce n’était pas naturel, et encore moins logique.

La maison était abordable, rien de dangereux ne s’y trouvait. De toute façon, les lieux avaient été désertés depuis si longtemps qu’ils ne risquaient pas d’y trouver grand chose. Et ayant déjà le tour des environs, le peu qui pouvait être utilisé l’avait déjà été. C’était l’inconvénient des lieux : il n’y avait plus eut d’habitants depuis tellement longtemps qu’il n’y avait rien pour leur survie en dehors des baraques elles-mêmes. La nourriture, les armes, les vêtements ... tout ça, y en avait plus depuis belle lurette. A part ce bracelet de fillette, qui avait sans doute été dévorée par les morts dès le début des événements. « Il aurait été plus utile s’il avait été fait en métal, mais je lui trouverai bien une autre utilité que celle… Que tu me suggères. Heureusement pour moi, je suis loin d’être la fille la plus intéressante à Bodie. » répliqua-t-elle après qu’il lui eut balancé sa trouvaille pour la rabaisser une nouvelle fois. Y avait des filles intéressantes à Bodie ? Première nouvelle, y avait que des plaies et des boulets à se traîner au pied, à part Lana bien sûr. « S’tu l’dis. » qu’il marmonna en guise de réponse, n’ayant que faire de ses problèmes de confiance en elle. Pierce se posa finalement contre un meuble en attendant qu’elle ait terminé son tour, doutant qu’elle réussisse à trouver quelque chose. Mais bon, puisqu’il était là pour voir si ce qu’elle disait c’était des conneries, fallait au moins qu’il en ait des preuves. Preuves que, sur ce coup-là, elle ne lui donna pas. Elle ouvrit un tiroir et tapa dessus, débloquant un double-fond. Il plissa légèrement les yeux et s’approcha pour voir ce qu’il y avait dedans, particulièrement étonné. Tout était tellement à portée de mains qu’il ne cherchait pas vraiment de cachettes. Ce n’était pas un cambriolage, puisque personne n’habitait ici. Et cette donnée l’empêchait clairement d’envisager des cachettes de ce type. « Ok, c’est pas grand-chose, mais j’ai récupéré trois balles… Je ne connais pas le calibre. » déclara-t-elle en fouinant dans sa trouvaille. « Et… Un chiffon qui vu le sang, ne m’inspire pas à le déballer… Vu la forme, je dirai que quelqu’un s’est amusé à charcuter l’un de ses compagnons… » compléta-t-elle, avant de déposer le tout juste à côté de lui. Pierce commença par les balles qu’il tourna dans ses mains tout en les examinant. Elles étaient loin d’être parfaites, ou du moins industrielles. « On dirait du calibre 22. » marmonna-t-il plus pour lui-même qu’à l’attention d’Emily. Reposant les balles, il se saisit ensuit du chiffon qu’il ouvrit et grimaça à l’odeur qui s’en dégagea. Des doigts en décomposition et infestés de vers gisaient sous ses yeux. Il jeta le chiffon et son contenu dans le tiroir ouvert. « Y a un moment qu’la personne qui créchait ici s’est tirée. » conclut-il, à la fois rassuré mais aussi perplexe. Cette personne avait-elle rejoint leur groupe désormais ?  Ou bien avait-elle continué sa route ? L’idée qu’on puisse les observer et évaluer leur capacité, non seulement de défenses mais également matérielles, avaient tendance à l’angoisser. Les vivants pouvaient être les pires, il n’en doutait plus désormais.

Il passa dans la pièce suivante pour rejoindre la jeune fille qui continuait de chercher, mais lui-même doutait qu’elle trouve autre chose. Pierce avait laissé les balles dans l’autre pièce. Elles n’étaient pas parfaites et pouvaient s’avérer dangereuses lorsque tirées. Autant éviter de prendre le risque. De toute façon, il n’avait pas de calibre 22, donc aucune opportunité des les utiliser. Balayant de nouveau la pièce d’un regard circulaire, il décida qu’ils avaient suffisamment inspecter cette maison. Après tout, il ne cherchait pas de matériels, mais des personnes. « On a fini ici, on change. » annonça-t-il d’un ton autoritaire, sortant de la maison de bois avec Emily sur ses talons. Pas la peine de passer une éternité dans chaque lieu. Ils redescendirent le perron et Pierce tint fermement son arme tandis qu’il traversait l’allée, direction la maison d’en face. Elle était plus grande et dotée d’un étage. Ca restait quand même une petite habitation, datant d’une époque où les gens possédaient moins de choses et moins grand. « Tu vas vérifier celle-là. » déclara-t-il dans un murmure, se tournant vers elle. Puisqu’elle se pavanait devant ses soi-disant compétences, elle pouvait entrer la première et vérifier que tout était ok avant qu’ils ne cherchent des trucs. Il verrait bien si elle avait les couilles pour le faire.
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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mer 18 Mai - 23:38

Trippin' on that work,
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Pierce & Emily
Ce monde était froid, d’un froid ardent, brûlant. Il semblait que le soleil avait décidé un jour de se couche pour ne plus jamais se relever. Ma pupille de jeune adulte tentait parfois de se tourner vers le soleil comme pour vérifier qu’il existait encore. Dans un monde qui perd pieds, l’humain a tendance à penser que tout dépéri, que si notre ciel s’écroule, tout tombe. En réalité, la Terre se renouvelait régulièrement. Elle avait seulement décidé que le règne de l’homme devait prendre fin. Alors pourquoi s’attacher autant à ce que la Terre cherche tant à reprendre ? La vie était un don et il fallait la rendre tôt ou tard. Alors pour moi, toute cette histoire était injuste. Notre génération payait pour les précédentes. Il me semblait qu’une coulée de lave ou un séisme aurait été une fin plus douce que ce nous vivions tous. Finalement, les dinosaures avaient eu de la chance. La tête qu’ils auraient faits si les cadavres de leur famille essayait de les manger… Ce n’était pas d’une apocalypse dans la douleur et le sang ou encore même l’injustice. C’était une apocalypse psychologique. Il ne s’agissait pas que d’être bon dans la survie, il fallait réussir à taire ce que l’on voyait. Certains avaient la foi, d’autres se déchainaient, étant tout simplement plus proche d’un sociopathe que d’une personne « normale ». Il me semble que jusqu’ici, j’avais tenu pour mon père. Il me semble que maintenant, même si je ne me l’avoue pas vraiment, je tiens bon pour Graham. Personne ne devrait plus avoir à perdre personne. Trop de vies avaient déjà été prises et pour quoi au juste ? Qui pourrait donner une réponse sincère et honnête et en étant parfaitement objectif ? Personne.

Alors pourquoi mon regard d’enfant prenait ce modèle masculin qu’était Pierce comme un modèle ? Je n’en savais rien au fond, mais je gardais un profond respect pour cet homme. Même lorsqu’il était bourrin, rentre dedans et peu aimable. Même s’il me voyait comme un tapis que l’on foule du pied. Finalement, il arriverait presque à me faire regretter d’être une gamine de vingt ans et non un bonhomme de quarante-cinq ans. Mais bon, j’aimais être une fille, quand je n’avais pas l’impression d’être jugée de la tête aux pieds. Néanmoins, la logique n’avait plus sa place dans le monde. C’était une énorme roulette russe. Même quelqu’un comme Pierce pouvait se faire avoir par une enfant comme moi. Ce qui faisait que j’étais plus éveillée que certains du camp de Bodie, c’est que, justement, je ne me surestimais pas et je savais garder les yeux ouverts. Vu les morts qui continuaient à s’accumuler du côté du règne des humains (et non fait par les zombies), c’est que tout le monde n’avait pas cette présence d’esprit. Pierce avait beau me prendre pour un déchet, il m’aidait pour ma survie malgré moi. Je n’avais pas l’intention de paraitre plus faible qu’il ne le pensait. J’avais envie de me surpasser et même de faire semblant que j’étais un peu trop prétentieuse sur mes maigres capacités. J’étais un écureuil et ils s’en sortent plus facilement que les lions comme Pierce, selon certaines situations. De toute façon, rien ne peut être vraiment fort et indestructible seul, il faut savoir faire confiance. Même dans ce monde qui ne tient plus debout et c’est bien là l’ennui.

D’un regard plus blasé qu’à mon habitude quand je faisais face à Pierce, je comprenais un minimum ce qui se passait dans sa tête après ma réflexion sur les filles plus intéressantes que moi. « Pour un mec en manque, une paire de boobs est toujours plus intéressante qu’une gamine qui ne cherche pas à mettre les mecs dans son lit. Point. Et j’en ai strictement rien à faire de savoir si des gens s’amusent à coucher à Bodie de toute façon. » Secouant la tête, mes pensées avaient fusées d’elles-mêmes. Mais j’étais sincère, ce n’était pas le moment de faire ce genre de choses alors qu’une attaque de zombies ne prévient pas. Sinon, on serait beaucoup plus de survivants. Combien était mort de façon stupide après tout ? Pour cinq minutes de plaisir créé par la chimie du cerveau, c’était un peu bête quand même. Heureusement pour moi, le coup du tiroir me récupérait un peu sur mon impertinence. Répondre, peu importe à qui dans Bodie, c’était presque comme signer un arrêt de mort. Bien que c’était là une réaction comme deux amis qui se chamaillent pour un rien, Pierce était un ancien militaire de ce que j’avais entendu. Je doute que ma façon de répondre, même minime, soit à son goût. Alors j’allais m’abstenir comme d’habitude à l’avenir. Mon regard posé sur celui de l’homme qui était avec moi en disait long. C’était stupide, mais rien que le fait qu’il sache d’un coup d’œil ce qu’était le calibre de ces balles m’impressionnait.

D’un pas assuré, je m’étais rendue à la seconde pièce, histoire de faire semblant que je n’étais pas admirative. Pierce ne cherchait pas un public, mais quelqu’un capable de lui être utile. Bien sûr, mon père lui avait toujours beaucoup plu, à lui et au reste du camp… A juste titre. Peut-être qu’un jour, je ressemblerai plus à mon père, mais, sans doute que je ne survivrai pas jusque-là. Le coup d’envoi était lancé, et je suivi le militaire sans broncher. Mais des questions me restaient en tête. « Pierce… Les gars de Bodie ont le droit de torturer des personnes en dehors du camp ? » Ces doigts me restaient en tête et la question était : pourquoi avoir commis cet acte et à quel but ? Avant même d’avoir l’opportunité d’avoir une réponse, il me désigna une maison. Très bien, peut-être avais-je murmuré trop faiblement ou qu’il ne trouvait pas que discuter avec moi en vaille la peine. Ou les deux. Quoi qu’il en soit, je me contentais d’acquiescer d’un signe de tête et sortait l’arme de mon père.

Mon père l’avait fait un million de fois et contrairement à ce que l’on pouvait penser sur moi, ma survie restait un élément important dans mon esprit. Tuer n’était juste pas l’une de mes options, mais la mutilation si j’y suis obligée par contre… Reproduisant chaque geste de mon père, je vérifiais quand même les fenêtres, écoutait silencieusement les bruits et finissait par tourner la poignet de l’entrée. Une chance pour moi, je savais me déplacer sans bruit, ce que l’on me reprochait avant l’arrivée des zombies. L’arme posée contre ma poitrine, j’étais prête à tirer à des endroits stratégiques, mais toujours pas des endroits mortels. D’autres étaient plus intelligents à utiliser. Le hall d’entrée était vide, le salon aussi. Alors que mon cœur s’emballait malgré tout, j’avançais jusqu’à la cuisine et découvrit un indice plutôt… Préoccupant. Un linge couvert de sang. « C’est du sang frais. » Murmurais-je pour moi-même. Evidemment. Passant ma tête par la fenêtre de la cuisine, sans même me préoccuper vraiment d’apercevoir Pierce, je faisais un geste à son attention. Ne pas entrer. Une gamine s’en sort toujours mieux seule qu’avec un homme adulte face à un groupe. J’avais déjà été utilisée malgré moi et je savais comment agir. Cela ne marchait pas tout le temps et plus le temps passait, moins les gens étaient naïfs face à un visage d’ange. C’est au premier étage que je fis une mauvaise surprise. L’escalier était coupée d’une porte, en l’ouvrant, un rôdeur me sauta littéralement à la gorge. Le coup de feu partit de lui-même et je lui décrochais la mâchoire. « Merde ! » Disais-je à ma propre intention, quelle idiote ! Ce rôdeur n’avait plus de mains. Il était là pour prévenir de l’arrivée de quelqu’un. Sauf si l’occupant ou les occupants étaient déjà partis. Mon cœur s’emballait alors que je fini par reprendre mon marteau en main. Arme plus intelligente, moins bruyante. Serrant la mâchoire, je brisais les genoux de ce pauvre malheureux. Sans mâchoire, sans mains, sans jambes, l’alarme était désactivée. Personne n’arrivait, c’était une chance. Ils n’étaient pas là. Mais pour combien de temps encore ?... Après avoir vérifié chaque pièce, sous chaque lit, meuble ou qu’importe, je dévalais les marches quatre à quatre. Cherchant Pierce du regard, je commençais déjà à murmurer. Sachant qu’il devait être proche et je n’avais pas entendu d’autres pas alarmant. « Soit quelqu’un de Bodie est très joueur, soit c’est un problème… Parce que cette maison était munie d’une alarme plutôt particulière. » Pour être sincère, je m’attendais à recevoir une baffe de la part de Pierce pour avoir osé tirer sur le rôdeur, et elle serait méritée.





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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Lun 23 Mai - 12:05

Trippin' on that work, trippin' off that purp
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Le problème de ce nouveau monde, c’était que n’importe qui pouvait avoir la sensation d’être puissant, juste parce qu’il était en vie. Après tout, des milliards d’humains étaient sans doute morts, si bien que la poignée d’élus pouvait se lancer quelques fleurs de temps à autre. Sauf qu’il y avait une grande différent entre être un survivant, et être encore en vie. Le survivant existait toujours grâce à sa capacité à se défendre, à son adaptation. Alors que la personne toujours en vie pouvait très bien l’être grâce à d’autres personnes, des gens qui ont su la protéger et la garder vivante. Ces gens là ne pouvaient pas se permettre d’ouvrir leur gueule, et pourtant, ils le faisaient. Pierce avait bien évidemment casé la jeune fille dans cette catégorie des gens ayant survécu grâce à leur opportunisme. La tactique s’était avérée payante, mais dans le cas d’Emily, elle devait cela à son père. L’ancien militaire ne supportait pas de s’encombrer d’âmes inutiles, mais qu’en aurait-il été s’il avait été père et que sa fille avait été dans la même situation ? Sans doute aurait-il fait pareil, sans doute se serait-il affaibli pour garder une personne qu’il aime en vie. Heureusement pour lui, il n’était pas dans cette situation. Les deux seules personnes à qui il tenait réellement étaient Phoenix et sa sœur, et aucun des deux n’était un boulet. Leur survie, ils la devaient désormais à leur travail d’équipe, à la confiance qu’ils avaient les uns en les autres. Certes, Pierce avait survécu seul avant de les rencontrer, mais la vie n’était plus la même. Moins de solitude, moins de peur aussi, même si elle ne pouvait pas disparaître. Ils avaient certes créé leur groupe ici, mais il n’y avait que les de La Vega que Pierce considérait comme ses gens, comme son véritable groupe. Emily, comme les autres, n’étaient qu’un élément périphérique, qu’il gardait uniquement parce le nombre pouvait faire la force. En aucun cas il n’irait la secourir si jamais elle se faisait prendre par d’autres survivants, et il ne se jetterait pas devant une meute de zombies pour lui donner l’occasion de s’enfuir. Pour autant, il savait bien que si elle était dans une situation délicate, il l’aiderait s’il en avait la possibilité. C’était le seul moyen de donner du sens à Bodie, et à ce rassemblement de survivants.

La situation demeurait assez inhabituelle. L’ancien militaire n’était pas du genre à s’entourer de gens qu’il considérait comme faibles quand il partait en vadrouille, même si c’était dans Bodie même.  Il fallait pourtant essayer d’optimiser les ressources du groupe en utilisant les capacités de chacun, et aussi incroyable que cela puisse paraître, malgré les gros aprioris de Pierce, Emily avait quelques aptitudes. Grâce à son père, de toute évidence. Si bien qu’ils se retrouvaient à faire quelques découvertes dans cette maison, et même à engager une conversation qui prenait une drôle de tournure. « Pour un mec en manque, une paire de boobs est toujours plus intéressante qu’une gamine qui ne cherche pas à mettre les mecs dans son lit. Point. Et j’en ai strictement rien à faire de savoir si des gens s’amusent à coucher à Bodie de toute façon.  » déclara-t-elle, comme piquée par son absence de répondre. Pierce fronça les sourcils, n’ayant pas la moindre idée de comment la conversation ait pu dériver de cette façon, bien que c’était de sa faute. « Ces gens f’raient mieux d’se concentrer sur la survie. » grogna-t-il, de mauvaise humeur. Comment pouvaient-ils trouver le temps d’avoir ce genre de loisir ? De compliquer les gens avec des relations sociales qui étaient davantage un fardeau qu’autre chose ? Une chose était sûr, ils n’avaient pas tous la même conception de la survie et des sacrifices qu’il fallait faire pour rester en vie. Pierce ne pensait qu’à ça, comment faire pour passer une autre journée ? Comment davantage sécuriser la zones contre les morts ? Contre les vivants ? Comment nourrir tout le monde ? Comment maintenir le précaire équilibre du groupe ? C’était bien les seuls questions qui occupaient son esprit, la peur les alimentant chaque jour. La peur de s’faire bouffer par la mort.

Les deux membres de Bodie évacuèrent le lieu pour s’engager vers une autre maison, Pierce annonçant qu’elle allait mener la fouille. « Pierce… Les gars de Bodie ont le droit de torturer des personnes en dehors du camp ? » entendit-il la jeune fille lui demander, mais sur le coup, il n’y fit pas attention. Il était concentré, c’était dans sa nature. La moindre erreur pouvait coûter la vie, alors il demeurait aux aguets, écoutant les bruits alentours et non pas les questions de la petite. Emily s’engagea dans les lieux après les vérifications de base, et Pierce fut surpris en constant qu’elle était méthodique dans sa fouille. Il la suivait, tout en lui laissant l’espace pour mener son opération à bien. Son côté gradé de l’armée ressortait : apprendre aux soldats, les laisser faire leur preuve tout en les guidant afin qu’ils s’améliorent. Pierce n’avait jamais été du genre casse-couille du moment que les gars suivaient les règles, qu’ils faisaient les choses correctement. « C’est du sang frais. » murmura-t-elle, tandis qu’elle observait un linge tâché de rouge. L’ancien militaire en pris note, mais il fallait d’abord mener à bien la fouille avant de s’intéresser de plus près à ce genre de choses. Il s’attarda dans la cuisine, tandis qu’il l’entendit monter les escaliers. Elle était discrète, il devait bien l’admettre, et ne pouvait deviner ce qu’elle faisait que parce qu’il savait comment s’y prendre. Le coup de feu qui partit le fit sursauter. Lui-même tenait son arme depuis le début, et il ne fit que se redresser. Avançant méthodiquement vers l’escalier, le zombie était à terre quant il arriva, toujours grognant. Après un bref coup d’œil vers Emily pour vérifier qu’elle allait bien, il tira son couteau au niveau de la ceinture de sa main libre pour l’enfoncer dans le crâne du zombie. La jeune fille avait sans doute attaquer ses genoux broyés dans le feu de l’action, pour se débarrasser d’une mâchoire avide. A aucun moment il ne la soupçonna d’avoir délibéré mis les genoux du mort hors service.

Lorsqu’il ressortit sa lame, la gamine était déjà montée, vérifiant seule l’étage. Ce n’était pas le moment de jouer les aventurières et de se jeter dans la gueule du loup. L’attendre aurait été plus avisé. Pierce essuya la lame sur les vêtements crasseux du zombie mort et la rangea avant de se relever, tandis qu’elle réapparaissait. « Soit quelqu’un de Bodie est très joueur, soit c’est un problème… Parce que cette maison était munie d’une alarme plutôt particulière. » spécula-t-elle pour tenter de comprendre la situation. L’ancien militaire se précipita par une fenêtre pour inspecter l’extérieur, et voir si quelqu’un avait été attiré par le coup de feu. Comme il n’apercevait rien, il revint vers Emily, le visage dur. « Si quelqu’un joue à ça, j’lui arrache les tripes. » répliqua-t-il, n’appréciant pas du tout la plaisanterie. Mais il doutait que ce soit un jeu, c’était trop bien préparé. Qui prendrait le risque de manipuler un zombie juste pour faire une petite peur à un membre du groupe ? Désormais, la question qu’il avait rudement ignorée le taraudait. Posant fermement sa main dans la nuque d’Emily, il la força sans délicatesse à rejoindre la cuisine, là où se trouvait le tissu. Il la lâcha pour se penser dessus et l’observer. « C’t’une planque. Y avait quoi en haut ? Des affaires récemment bougées ? » demanda-t-il, persuadée que si elle était encore utilisée, un couchage serait en place. Laissant ses doigts remuer le tissu, il remarqua qu’il était peu imbibé de sang. Quoiqu’ait été la blessure, elle avait du être légère, et certainement pas mortelle. Se redressant brutalement, il s’avança d’un pas rapide vers la jeune femme qu’il bloqua contre un meuble. « C’quoi cette histoire de torture ? De quels gars tu parles ? » demanda-t-il d’un ton rude, craignant d’apercevoir un bout de complot derrière cette affaire. Levant sa main, il pointa son doigt sur son visage, prenant menaçant. « S’tu sais un truc, t’as intérêt à parler. Sinon j’me chargerais d’te convaincre d’ouvrir ta gueule, c’clair ? » assena-t-il la voix pleine d’animosité. Il doutait qu’elle ait quelque chose à voir dans une histoire suspecte, elle avait sans doute juste été la témoin. Cependant, il préférait la faire cracher le morceau rapidement en adoptant cette posture, plutôt que de se montrer compatissant.
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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Sam 2 Juil - 0:59

Trippin' on that work,
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Pierce & Emily
L’illusion n’était pas présente, cette dernière ne pouvait pas être permise. Si j’étais arrivée jusqu’ici, c’est parce que l’on avait tué pour moi, d’autres s’étaient souillés, étaient devenus des animaux pour préserver mon innocence. Mon minois y était sans doute aussi pour quelque chose. Mon père avait été la première et la dernière personne à avoir pris les armes pour moi. J’avais eu plus désagréable compagnie que lui et j’avais eu bien meilleure aussi. Mais la vérité m’arrachait la gorge. Les plus ignobles qui avaient été dans mon camp se débrouillait bien mieux, mais au point de vendre leurs âmes au diable lui-même. Le prix était peut-être trop cher à payer. Tuer des êtres humains ne seraient jamais une option qui me viendrait en tête. Pourtant, mutiler me venait en tête. Personne n’est parfait et ma façon de garder mes principes n’était sans doute pas la meilleure non plus. Me tirer une balle dans la tête était la solution de facilité. La première que l’on envisage, qui fait un soubresaut dans votre tête avant d’être aussitôt balayée. Pierce devait me voir comme un insecte ou une sorte de petite sangsue, ou pire, un moustique. Il n’avait pas tords dans le fond, mais les choses allaient devoir radicalement changer. Tel un petit parasite, il est vrai que je cherchais déjà la protection de Graham, qui logeait aussi dans le camp Bodie. Mais je n’avais qu’un mince espoir d’arriver à mes fins. Je n’étais pas seulement en vie, j’étais aussi une survivante discrète, mais avec des gros points négatifs qui faisaient que je préférais encore fermer ma gueule que l’ouvrir. Surtout en face d’un homme comme Pierce, mais j’avais aussi ma personnalité qui faisait que je sortais souvent les crocs pour protéger ma personne.

Ne pas pouvoir détester Pierce était un handicap. L’apprécier à ce point, l’admirer était un mauvais point. Parce que je le savais, il ne donnerait pas sa vie pour moi, mais il y avait un risque que moi je le fasse pour lui. S’attacher à trop de personnes était un défaut de taille si l’on souhaitait survivre. Mon père l’avait compris bien mieux que moi dès le départ. Il ne s’était attaché qu’à moi seul et c’était justement pourquoi je devais cesser de juste vivre, mais aussi commencer à savoir ce que signifiait réellement être une survivante. Même lorsque l’on est protégé, on n’est jamais à l’abri d’être seul et sans personne pour nous venir en aide. Alors quand, sans le savoir, Pierce partageait ma vision des choses concernant les ébats sexuels dans une telle situation, je ne pouvais cacher un sourire. « On est bien d’accord sur ce point… C’est con de rester en vie jusqu’ici pour finir tuer bêtement parce que l’on est occupé à ce genre de… Enfin bref, on s’en fout. Après tout, peut-être qu’à Bodie, personne ne le fait, mais j’y crois moyen. » Les doigts me restaient en mémoire et alors que je fouillais une nouvelle maison, suivit de près par Pierce sans y prêter une réelle attention, je réfléchissais à ce qui venait de se passer. Ce piège, ce zombie qui avait surgit pour prévenir d’une éventuelle intrusion… Et si mon père c’était fait mordre bêtement de cette manière ? Toujours attentive à ce que je faisais, être méthodique ne m’empêchait pas de réfléchir. J’avais tout de suite pensé torture en voyant les doigts, à cause de l’une de mes connaissances. Mais si… En réalité, les doigts avaient été coupés pour éviter une contamination ? Je ne savais rien des gens qui avaient habités dans l’autre demeure après tout. Je me hâtais dans mes conclusions. Il faut dire que dans un milieu non sécurisé, les raccourcis sont rapides à prendre.

Le ton de voix qui changeait radicalement, cet air sombre. Pierce me rappelait quelqu’un, bien que lui, heureusement, avait normalement toute sa tête. Mais je savais reconnaître les intonations qui montraient qu’une personne en voulait à quelqu’un qui était présent dans la pièce ou ailleurs. Là, le ton était aussi dirigé vers moi. Je fronçais à mon tour les sourcils, cherchant à comprendre en quoi ce piège aurait pu être ma faute. Quand il attrapa ma nuque pour me diriger sans aucune délicatesse dans la cuisine, j’en vains à regretter la claque que j’avais imaginé me prendre un peu plus tôt. Mais malgré son geste qui m’avait semblé très agressif, il me posa une question bien plus rationnelle. Néanmoins, je n’eus pas vraiment le temps de répondre qu’il me coinça contre un meuble et dans ses questions agressives, je compris enfin qu’il n’avait pas du tout compris le sens de ma question de tout à l’heure. Mais ce n’était pas la gentille Emily qui allait répondre, mais celle qui se sent agressée sans raison. « Je t’en prie, mais ne te donne pas la peine de commencer par les dents du fond pour me faire parler. Quelqu’un d’autre s’en est chargé… Il me reste néanmoins mes ongles à me retourner, mes phalanges à couper et si tu es d’humeur imaginative, tu peux toujours me sectionner mes orteils. » Maintenant son regard, comme une personne qui ne fait que défendre son intégrité physique, je finissais par soupirer et secouer la tête. « C’est ridicule… Pierce, tu pourrais me demander n’importe quoi que je le ferai tout simplement parce que tu es quelqu’un que je respecte sincèrement dans le camp. Alors fais ce que tu veux, ça m’est bien égal, on est tellement dans la merde que je pense que je serai capable d’encaisser une injustice de plus. » Expirant une nouvelle fois, parce que cette situation était plus que gênante et que ce n’était pas le moment, j’appuyais quand même mes dires. « Je n’ai pas toujours été avec mon père, d’accord ? J’ai été trainée de force par une nana complètement tarée qui se tapait son frère. Son truc à elle, c’était la torture, alors j’ai fait un raccourci en voyant les doigts dans le tiroir. C’est tout… Je cherche juste à comprendre ce qu’ils faisaient là. Après… J’ai pensé à une éventuelle morsure, ce n’était peut-être pas un règlement de compte. Mais cette maison, celle-ci, ne semble pas être occupée par des gens de Bodie, on est d’accord ?... Ne serait-il pas plus intéressant de se préoccuper d’abord de cette question-là ? » Penchant la tête sur le côté, j’ajoutais une franchise qui risquait de ne pas lui plaire, mais qu’importe. « Avoue que le camp de Bodie comporte quand même plusieurs personnes qui ne semblent pas être des agneaux. J’ai tendance à penser torture, comme viol ou comme vols etc, etc. Je suis qu’une gamine comme tu me le rappelles souvent, je ne suis pas en mesure de deviner qui trempe dans quoi. Alors je fais des suppositions… Désolée, d’accord ? Mais si j’entends parler de torture à Bodie, je t’en informerais… Après tout, les gens font moins attention à une gamine quand ils parlent que le bras droit du camp. » Levant un doigt en l’air, comme pour rappeler l’étage, j’avançais enfin d’autres arguments. « On peut revenir à ce qu’il y a en haut ? J’ai vu un sac à dos… Une paire de chaussures, dans une chambre. Dans une autre, il y avait des vêtements éparpillés sur le sol qui ne semblaient pas si… vieux. Donc je pense qu’il y a au moins deux personnes qui occupent les lieux. Si je me fie au linge imprégné de sang, je dirai qu’avec de la chance… On a une personne blessée et une personne valide sur le territoire de Bodie mais qui, de toute évidence, n’appartiennent pas à Bodie… Tu veux que je descende le sac à dos ? » Demandais-je pour essayer de faire retomber la pression qui venait de s’immiscer dans la pièce.






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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mar 19 Juil - 15:34

Trippin' on that work, trippin' off that purp
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Que la petite montre un peu de quoi elle était capable, et qu’elle parvienne à justifier qu’elle était encore là, debout, à respirer, à manger le peu de nourriture qu’il restait dans le monde, et à nécessiter la protection de tiers. Certains disaient que chaque survivant était une chance, que chacun avait quelque chose à offrir au groupe, et que c’était l’immense complémentarité des restes de l’humanité qui viendrait à bout de ce merdier. Mais Pierce n’en croyait pas un traitre mot. Il savait lui, ce que les maillons faibles provoquaient. Il savait ce que c’était que de se tirer un boulet au pied, et de n’avoir d’autres choix que d’avancer en le traînant, affaibli par le ralentissement qu’il causait. La complémentarité des un et des autres ? Une chimère, une vaste plaisanterie qui jamais ne viendrait le convaincre. Quand quelqu’un avait du potentiel, il le voyait, l’utilisait. Mais la plupart des survivants n’en avait guère en réalité, tout du moins, un potentiel qu’il était bon de noter. Non. Il demeurait persuadé qu’il ne devait rien à personne, et qu’il n’avait en aucun cas l’obligation de donner une chance aux uns et aux autres, juste parce qu’ils étaient encore en vie. Bodie ? Les concessions avec cette bande de bras cassés ? Une illusion seulement, parce qu’un groupe faisait plus peur, et qu’on n’attaquait moins un groupe. Un genre d’assurance, qui ne marchait pas à tous les coups. Et tous les systèmes mis en place ici entretenait cette illusion : les tours de gardes et tout ce bordel. Certes, on s’organisait un peu ensemble, mais Pierce savait que lui et les de La Vega pouvaient se débrouiller tout seul, parce qu’ils l’avaient déjà fait. Cette nouvelle méthode était une tentative, une trêve, un repos. Mais il n’était pas dupe, il savait parfaitement bien que viendrait un moment, Bodie allait éclater, et que les résidus allaient s’étaler, s’éparpiller. Il n’en pleurerait guère, il n’avait que faire des autres. Ce qu’il voulait, c’était dormir un peu plus, craindre un peu moins, histoire de se remettre en scelle. Bodie avait tout d’un club Med, juste qu’il était au milieu de l’apocalypse.

« On est bien d’accord sur ce point… C’est con de rester en vie jusqu’ici pour finir tuer bêtement parce que l’on est occupé à ce genre de… Enfin bref, on s’en fout. Après tout, peut-être qu’à Bodie, personne ne le fait, mais j’y crois moyen. » qu’elle déblatéra, ou plutôt qu’elle continua de déblatérer. Oui, parler de ça avait une gamine avait tendance à le foutre mal à l’aise, et un résidu de grognement qui ne voulait strictement rien dire tenta de clôturer une bonne fois pour toute cette satanée conservation. Ils n’étaient pas là pour ça, et Pierce avait bien décidé à mettre à profit le moment pour débusquer. La suite s’annonça pleine d’embûche, des trucs qu’allaient pas, des trucs qui étaient pas censés être là. La merde, encore et toujours. Et la petite, elle parlait trop, mais pour le coup, elle n’avait pas dit assez avec ces questions mystérieuses. Alors il la coinça, c’était elle qu’il voulait débusquer pour le coup. Elle et ses petits secrets, ses petites connaissances. Peut-être bien qu’elle avait été témoin de certaines choses, parce qui se méfiait d’elle au fond ? Fallait qu’elle parle, qu’elle crache, c’était le moment. « Je t’en prie, mais ne te donne pas la peine de commencer par les dents du fond pour me faire parler. Quelqu’un d’autre s’en est chargé… Il me reste néanmoins mes ongles à me retourner, mes phalanges à couper et si tu es d’humeur imaginative, tu peux toujours me sectionner mes orteils. C’est ridicule… Pierce, tu pourrais me demander n’importe quoi que je le ferai tout simplement parce que tu es quelqu’un que je respecte sincèrement dans le camp. Alors fais ce que tu veux, ça m’est bien égal, on est tellement dans la merde que je pense que je serai capable d’encaisser une injustice de plus. » déclara-t-elle, se lançant dans un véritable discours. Pierce n’avait aucune envie de la torturer, ce genre de choses, ça n’avait jamais été son truc. La torture était divertissante uniquement quand elle avait un côté comique, mais quand elle prenait la forme de la douleur charnelle, putain, ça lui dressait les poils dans la nuque. « Je n’ai pas toujours été avec mon père, d’accord ? J’ai été trainée de force par une nana complètement tarée qui se tapait son frère. Son truc à elle, c’était la torture, alors j’ai fait un raccourci en voyant les doigts dans le tiroir. C’est tout… Je cherche juste à comprendre ce qu’ils faisaient là. Après… J’ai pensé à une éventuelle morsure, ce n’était peut-être pas un règlement de compte. Mais cette maison, celle-ci, ne semble pas être occupée par des gens de Bodie, on est d’accord ?... Ne serait-il pas plus intéressant de se préoccuper d’abord de cette question-là ? Avoue que le camp de Bodie comporte quand même plusieurs personnes qui ne semblent pas être des agneaux. J’ai tendance à penser torture, comme viol ou comme vols etc, etc. Je suis qu’une gamine comme tu me le rappelles souvent, je ne suis pas en mesure de deviner qui trempe dans quoi. Alors je fais des suppositions… Désolée, d’accord ? Mais si j’entends parler de torture à Bodie, je t’en informerais… Après tout, les gens font moins attention à une gamine quand ils parlent que le bras droit du camp. » en vint-elle à se justifier, évoquant son passé, ses mésaventures. Depuis que tout ça était arrivé, tout le monde avait des cadavres dans son placard. Tout le monde, sans exception. Pas étonnant qu’elle se soit faite chopper par des tarés, si elle avait été seule. C’était pas une grande guerrière de ce qu’il pouvait en dire, elle n’était qu’une proie facile. Et pourtant, toujours en vie la petit. « Evite à l’av’nir d’poser des questions d’genre sans donner l’fond d’ta pensée, tu m’éviteras des putains d’tourments. » déclara-t-il, avant de la lâcher d’un geste sec. Non, il n’était pas satisfait, parce qu’il aurait largement préféré qu’elle lui donne des réponses. Malgré tout, il reste près d’elle, à la bloquer entre son corps et le meuble, comme s’il la jaugeait. La croire ? Honnêtement, son résonnement tenait la route, et elle faisait partie de ceux qui avaient tout intérêt à maintenir la sécurité de Bodie. Aussi insalubre soit l’endroit, c’était certainement mieux que ses anciens compagnons qu’elle venait de mentionner.

« On peut revenir à ce qu’il y a en haut ? J’ai vu un sac à dos… Une paire de chaussures, dans une chambre. Dans une autre, il y avait des vêtements éparpillés sur le sol qui ne semblaient pas si… vieux. Donc je pense qu’il y a au moins deux personnes qui occupent les lieux. Si je me fie au linge imprégné de sang, je dirai qu’avec de la chance… On a une personne blessée et une personne valide sur le territoire de Bodie mais qui, de toute évidence, n’appartiennent pas à Bodie… Tu veux que je descende le sac à dos ? » se mit-elle à proposer, histoire de régler le problème autrement plus pressant. Pierce réfléchissait à toute vitesse. Deux personnes ne pouvaient pas renverser Bodie, mais ça pouvait foutre la merde. Malgré tout, aucune chance de parvenir à les dégager pour prendre l’endroit, ils n’étaient pas assez. Alors quel intérêt ? La protection : la proximité avec une tel groupe conférait un minimum de sécurité, car fallait être sacrément certain de son coup pour venir s’attaquer à une trentaine de personnes de la trempe de ceux qui étaient ici. « On monte. » lâcha-t-il, s’écartant pour s’engager dans l’escalier, estimant qu’elle allait le suivre. Si elle l’admirait tant que ça, elle avait qu’à obéir. Il s’engagea dans une pièce, trouva le sac à dos et l’attrapa dans une main avant de le jeter en direction de la petite. « Fouille-le. » ordonnait-il déjà tandis que lui s’approchait de la fenêtre, ne se mettant pas devant mais à côté, contre les planches de bois, avant de se dissimuler un maximum. Il bénéficiait d’une vue sur la rue, afin de vérifier que personne ne venait. « C’des p’tits futés. S’foutre ici, à proximité d’un gros groupe, comme ça bénéficient d’notre effet dissuasif. Pis discrets, qui s’raient v’nus les chercher là ? » dit-il, cherchant à mettre de l’ordre. C’était le genre de technique que lui-même aurait pu appliquer, mais c’était sans compter sur le soupçon de paranoïa qui l’habitait parfois. « Si j’étais eux, j’changerai d’baraque selon les tournées. Quand des gens d’notre groupe fouille une zone, s’y installent juste après, l’temps qu’le reste soit fouillé. Doivent pas rester bien longtemps dans la même maison. » conclut-il de ce côté-là. Ca commençait à faire sens. « Après, à savoir si l’blessé est blessé d’avant ou d’puis son arrivée ici, j’sais pas. Mais si j’avait un blessé sur les bras, j’me foutrais dans un endroit comme ça, l’temps d’récupérer. C’p’t’être ça leur plan, ça tient la route. » continua-t-il, trouvant que ce qu’il disait avait de plus en plus de sens. Après tout, dans ce merdier, y avait pas quinze mille solutions. « Deux types, c’pas bien dangereux. Mais c’qu’y z’ont pu voir, c’déjà trop. On peut pas les laisser courir. » déclara-t-il enfin. Fallait mettre tout ça en place, mais il semblait que les gens de Bodie allaient devoir se lancer dans une traque.
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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mar 16 Aoû - 21:40

Trippin' on that work,
trippin' off that purp
Pierce & Emily
Le problème c’était souvent posé à moi, étais-je utile ou inutile à la survie des autres ? Ou même utile simplement à ma propre survie. Une seule chose me faisait douter et pour sûr : je ne pouvais pas tirer sur un rôdeur ou sur un humain si c’était dans l’optique de le tuer. Autrement j’étais une excellente tireuse et quelque part, c’était encore plus triste. Néanmoins je savais me faufiler, je n’avais pas peur de l’avenir, je ne tremblais pas, je ne pleurais que le soir, quand j’étais parfaitement seule. Et puis je pleurai le décès de mon père, j’étais avant tout un être humain, je n’allais pas m’excuser pour avoir encore envie de pleurer mes morts, même en pleine apocalypse dans la mesure où je le faisais dignement et seulement si j’étais persuadée qu’aucun danger n’était à guetter. Autrement j’étais assez douée pour me comporter comme une souris pour trouver des barres de céréales ou des petites cachettes que d’autres ne penseraient pas forcément. J’avais pris le coup d’œil pour ça, parce qu’il fallait que quelqu’un le fasse. Je pouvais aussi jouer les escaladeuses.  En gros, j’étais loin d’être la plus inutile en matière de survie sur une île. Sauf que l’on n’était pas sur une île, on était sur notre bon vieux continent infesté de morts vivants et si je ne voulais pas que Pierce tombe à cause de moi, peut-être allais-je devoir me surpasser et tuer malgré moi… Mais je tenais bien trop à survivre, même dans cet enfer, alors je ferais ce qu’il faut. Juste avant de rejoindre Bodie avec mon père, quand on fit connaissance avec une personne du camp, on avait croisé la route de deux parents et de leur fille qui avait à peu près mon âge. Cela faisait déjà un mois tout ou plus que j’avais décidé de ne plus m’attacher aux personnes de notre groupe. Mon père faisant régulièrement le ménage. Mais je l’avais remarqué, sans doute en même temps que lui, j’étais peut-être sous certains aspects une assistée au niveau de la survie, mais ce n’était rien comparé à la gamine de ces parents. Quand nous fûmes pris en embuscade par des rôdeurs, le groupe se sépara malgré lui, mais cette fois au moins, j’étais bien avec mon père et la gamine… Elle s’effondra en larmes et peu importe ce que je tentais pour la raisonner, il était impossible de la faire se déplacer. Elle était tétanisée dans un monde d’horreur et tout cela depuis plus de deux ans. Deux ans que ses parents respiraient pour elle, marchaient pour elle, tuaient pour elle, vivaient à sa place. Il n’a fallu que deux secondes à mon père pour lui tirer une balle dans la tête. D’un simple regard, je compris sa décision et son explication qui se faisait sans mots. Il avait eu pitié finalement. Ce n’était plus vivre à son stade et c’était mettre la vie des autres en danger. Si cette terre ne pouvait plus lui offrir de moments où elle se sentait bien, ça ne servait à rien de continuer. Je me suis moi-même posée la question un bref instant en découvrant que j’étais seule, maintenant, sans mon père. Mais j’apprends à survivre, j’apprends à changer et à trouver des plaisirs de vivre ailleurs. C’était toute la différence entre moi et cette gamine.

Le sujet de conversation pouvait paraître glauque entre Pierce et moi, à vrai dire, je ne me rendais plus vraiment compte des barrières à adopter entre adultes et jeunes adultes. Alors ça aurait pu être ce sujet comme un autre, ça m’était égal. Mais je comprenais que cela puisse transformer Pierce en ours mal léché. Plus qu’à l’accoutumer tout du moins. Je n’insistais pas, parce que premièrement je n’en avais pas envie, tout comme lui. Parce que deuxièmement, j’aimerai éviter lui donner l’occasion de me couper la langue. Pour finir, je préférais largement en apprendre de Pierce sur le côté survie et si je continuais à l’angoisser avec mes sujets de conversation, il finirait par me donner un coup de pied pour que je rentre seule au camp. Malgré mes inquiétudes, je devais avouer une chose. J’aimais beaucoup cette maison dans laquelle des occupants non voulus avaient investis la place. La lumière rentrait étrangement dans la bâtisse et l’éclairait de façon chaleureuse. Si seulement Pierce ou d’autres éléments ne me permettaient pas de me réveiller quant à ma situation, le cadre était idyllique pour oublier au moins l’espace de cinq minutes que la fin du monde avait sonné il y a plus de trois ans maintenant. Bien que j’admirais énormément l’ancien militaire, force était de constater qu’il collait bien à l’image des bourrins qui s’abritaient à Bodie. Je le mordrais presque pour le faire lâcher prise si nous n’étions pas dans le même camp. Un coup je parle trop, un coup pas assez. J’aurai dû être muette, ça m’aurait évité bien des problèmes ! Mais je serrais les dents, attendant que Pierce fasse le tour de la question et décide de lâcher prise. Encore heureux… Sinon la journée allait être longue. Le fixant de la même manière qu’il me fixait, je ne bronchais pas. Montrer des signes de faiblesses ne faisait pas partie de mon code génétique. La preuve avec mon père et le fait qu’il était apprécié à Bodie. Alors qu’il me lâchait pour me sermonner, j’aurai préféré me mordre la langue plutôt que de lui répondre, mais c’était plus fort que moi. « Je parle trop Pierce, j’essayais d’abréger pour une fois. La prochaine fois je garderais mes questions pour moi… » C’était une réalité. Comme un besoin fondamental de combler la conversation quand l’autre partie ne souhaitait pas se résoudre à parler. J’avais l’impression d’être un véritable moulin à paroles près de lui, c’était atroce. Impossible de remonter dans son estime ne serait-ce qu’un minimum si je continuais à ouvrir la bouche comme une vrai pipelette.

Deux mots, là où j’en utilisais peut-être une centaine, Pierce en lâchait deux gracieusement. Les pauses déjeuners avec lui devaient être passionnantes. Enfin, c’était peut-être toujours mieux de manger dans le silence qu’avec une jeune adulte qui raconte sa vie… Evidemment, alors que je montais les escaliers à sa suite pour en savoir plus sur les occupants de la demeure, je recroisais mon copain de tout à l’heure. Pierce avait fait le ménage derrière moi. J’allais le regretter, parce que ma dernière question m’avait mis dans de sales draps, mais tant pis. « Si jamais tu ne souhaites pas agir tout de suite vis-à-vis d’eux… Est-ce qu’il ne faudrait pas que l’on remplace le rôdeur par un autre ? Comme celui-ci ne sert plus du tout… » C’était peut-être un détail pour certaines personnes, mais j’avais toujours appris à remettre tout en place pour éviter que des personnes que l’on voulait filer… ne se taillent en voyant qu’un autre groupe les avait repérés. J’attrapais le sac en vol, sans demander mon reste. Je m’engageais dans la même pièce que mon compagnon de fortune et prenais place en m’agenouillant sur le sol, de façon à n’être visible d’aucune fenêtre. Sinon, là, c’était certain, il me tuait si je faisais cette erreur de débutant. Tout en trouvant tout ce qui semblait être logique dans le sac à dos lambda d’un survivant, j’écoutais aussi Pierce d’une oreille attentive. « Toi. » murmurais-je plus pour moi-même. Mais c’est vrai, je commençais à me demander si ce que Pierce était venu chercher, ce n’était pas justement des personnes qui n’ont rien à faire là et non forcément de la nourriture. Donc qui serait venus les chercher jusqu’ici ? Lui-même. CQFD. « Je comprends le raisonnement… Mais rester proche d’un groupe est aussi très dangereux quand on tombe dessus. Tu penses qu’ils séjournent ici depuis un moment en changeant de maison ? » Trouvant un paquet de piles de six, je demandais au cas où, sait-on jamais. « Ça te dérange si je pique deux piles ? Elle en a six dans son sac. » Et oui c’était une fille, mais je n’allais pas expliquer quel objet spécifique m’avait éclairé sur la question. « Je pense que c’est un sac de secours, au cas où elle perdrait le sien dans une expédition. Il y a le minimum de survie que l’on a tous plus ou moins sur soi. Sinon je pense qu’ils sont au minimum deux, ce n’est pas sûr qu’ils ne soient que deux… Tu veux m’utiliser comme appât ? Une gamine ça inquiète moins et au pire tu ne perds pas un bon élément de ton groupe, non ? » J’avais souvent servi d’appât, même avec mon père finalement. Il était toujours plus facile d’inspirer la confiance avec mon visage et mon air chétif que les crocs acérés de Pierce. « Et s’ils étaient vraiment bons ? Peut-être que tu pourrais les prendre à Bodie. On ne sait jamais tant que l’on ne sait pas à qui on a affaire après tout. » J’ignorais totalement comment ils géraient réellement les entrées et les sorties dans le camp. Mais j’imagine que pour ceux qui veulent se barrer du camp, ils n’ont qu’une seul échappatoire. Une balle dans la tête, sauf s’ils sont plus malins et arrivent à disparaitre sans un bruit.






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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mar 30 Aoû - 9:58

Trippin' on that work, trippin' off that purp
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« Je parle trop Pierce, j’essayais d’abréger pour une fois. La prochaine fois je garderais mes questions pour moi… » qu’elle lui dit. Elle touchait dans le mille, toujours à parler, parler, parler. Incapable d’être brève. Soit c’était dans sa nature profonde, soit elle se sentait seule et ne pouvait pas s’empêcher de parler quand elle se retrouvait avec quelqu’un. Son père lui avait-il demandé de la boucler un peu, histoire de respirer ? Peut-être bien, peut-être pas. Quoiqu’il en soit, Pierce aurait bien du mal à vivre dans la même baraque que la gamine, qui devait sans cesse raconter sa vie et étaler ses états d’âme. Non seulement ça manquait un peu de pudeur à son goût, mais en plus, qu’y avait-il vraiment à raconter maintenant ? Avant, peut-être que le soir on pouvait raconter sa journée de boulot, ou se remémorer des souvenirs. Mais maintenant ? Plus de journée de boulot, que des journées d’angoisse et de patrouilles, et d’expédition. Plus de souvenirs, car le monde d’avant revenait assez rarement à la surface. C’était une chose commune à quasiment tous les survivants qu’il avait pu croiser : on ne parlait quasiment pas, si ce n’était pas du tout, de sa vie d’avant. Comme si ça n’avait pas existé, comme si les gens avaient pénétré dans une nouvelle ère, une nouvelle vie, et que tout ce qui avait pu être avant l’apocalypse n’avait plus aucune importance. Sans était-ce aussi douloureux pour certain d’évoquer cette ancienne vie, avec tous ces gens qui désormais étaient morts, morts et déambulant. Pierce n’avait, quant à lui, jamais été un grand bavard. Donc ça ne changeait pas grand chose à avant, ou peut-être que si. Peut-être qu’il tolérait encore moins les déversements de paroles, les gens qui ne parvenaient jamais à s’arrêter. Aurait-il été plus clément avec la jeune femme si toute cette merde n’était pas arrivée ? Mais l’aurait-il seulement croiser dans ce cas ? Et si oui, y aurait-il eu une quelconque forme d’interaction ? Sans doute pas. Si l’apocalypse obligeait des gens qui n’ont rien à faire ensemble à l’être, ce n’était pas le genre d’efforts qu’on aurait fait avant, et surtout pas Pierce. Déjà que dans la situation actuelle, cet effort lui semblait énorme. Mais comment faire la fine bouche quand la majeure partie de l’humanité avait péri et s’était transformée en morts-vivants ? Ils avaient pris ce qui venaient, ce qu’ils croisaient. D’où le résultat très hétéroclite du groupe qu’ils formaient tous aujourd’hui. Un groupe en apparence seulement, car il n’y avait pas de véritable unité. Tout le monde était là par intérêt, car le nombre formait une sécurité alléchante et reposante, et parce qu’ici, il y avait peu de rôdeurs.

Et pourtant, cette distance ne les mettait pas à l’abris. L’évènement d’aujourd’hui tendait à le prouver une nouvelle fois. Des putains de survivants, planqués à deux pas seulement du noyau du camp. Qu’avaient-ils vu ? Que prévoyaient-ils ? Pierce ne pouvait que s’aventurer en conjectures. Tout ce qu’il savait, c’était qu’ils étaient plusieurs, et que l’un d’eux était blessé. Maigres informations. Mais en observateur qu’il était, il parvenait à étayer des scénarios plus que plausibles. Et puis, ce n’était pas deux planqués qui allaient renverser Bodie. Même avec un plan solide, même en foutant une pagaille d’enfer, ils étaient trop peu nombreux pour y parvenir. Quoiqu’il en était, le problème devait être réglé. « Si jamais tu ne souhaites pas agir tout de suite vis-à-vis d’eux… Est-ce qu’il ne faudrait pas que l’on remplace le rôdeur par un autre ? Comme celui-ci ne sert plus du tout… » fit-elle remarquer, et franchement, c’était plutôt judicieux. Le problème : comment trouver un rôdeur ? Parce qu’ici, ça ne courrait pas les rues. Maintenant qu’ils étaient tous les deux au premier, les choses devenaient un peu plus clair, un peu moins dangereuses même. « Si t’sais où en trouver un rapid’ment, vaudrait mieux. Mais s’ils sont futés, savent comment est leur rôdeur. Vont r’marquer qu’c’est pas l’même. Et pas question d’changer les vêt’ments, c’trop dangereux. » répondit-il. Emily n’était peut-être pas un élément moteur du groupe, mais la perdre pour échanger les vêtements de deux rôdeurs, c’était vraiment stupide. Il ne le permettrait pas. Malgré tout, il supposait qu’un autre rôdeur pouvait faire diversion le temps d’aller monter une petite équipe pour régler ce problème. Tout cela ne devrait pas prendre bien longtemps, mais le problème demeurait le même : quand est-ce qu’ils allaient revenir ? Ils pouvaient tout à fait arriver dans la minute qui suivait. Bien que, s’ils étaient un minimum futés, ils se déplaceraient davantage la nuit, lorsque la majorité des gens de Bodie dormait et qu’il y avait moins de risque de se faire prendre. C’est ce que lui ferait, mais tout le monde n’avait pas la même logique. Il se mit à réfléchir sur les survivants qui créchaient là, essayant de comprendre leur tactique, leur mode de fonctionnement. « Toi. » répondit-elle, tandis qu’il ne posait pas vraiment la question. C’était plutôt rhétorique, mais enfin bon. « Je comprends le raisonnement… Mais rester proche d’un groupe est aussi très dangereux quand on tombe dessus. Tu penses qu’ils séjournent ici depuis un moment en changeant de maison ? » fit-elle remarquer, lui faisant hocher la tête. Ils n’était pas suffisamment idiots pour rester dans la même baraque, ce serait beaucoup trop risqué. S’ils étaient encore en vie, c’était qu’ils avaient su faire preuve d’un minimum de jugeote jusque-là. « Z’ont fait un choix. C’tait rester dehors et bouger tout l’temps, ou s’planquer ici et essayer d’se r’poser. Y avait un risque à prendre, l’ont pris. » répliqua-t-il. Quand un choix devait être pris, fallait bien se décider. Et le petit groupe qu’ils constituaient ne leur permettait pas de trouver un lieu sûr. Se rapprocher d’un gros groupe était la tactique la mieux pensée, selon lui.

« Ça te dérange si je pique deux piles ? Elle en a six dans son sac. » demanda Emily qui fouillait le sac. Ah oui, son histoire de pile et de musique. « S’tu veux. » marmonna-t-il entre ses dents, ne cachant pas son désintérêt total pour cette histoire de piles. Si encore elle avait trouvé un moyen de produire de l’énergie ou un truc du genre, mais non, c’était juste pour se divertir. Une gamine restait une gamine, encore que l’apocalypse interdisait à quiconque d’avoir une enfance véritable. Puis il tiqua, se tournant vers elle, sourcils froncés. « Elle ? » répéta-t-il, comprenant pas vraiment comment elle en était arrivée à cette conclusion. Pierce jeta de nouveau un regard autour de lui, comme pour vérifier qu’il n’avait rien oublié, qu’il avait bien tout vu. « Je pense que c’est un sac de secours, au cas où elle perdrait le sien dans une expédition. Il y a le minimum de survie que l’on a tous plus ou moins sur soi. Sinon je pense qu’ils sont au minimum deux, ce n’est pas sûr qu’ils ne soient que deux… Tu veux m’utiliser comme appât ? Une gamine ça inquiète moins et au pire tu ne perds pas un bon élément de ton groupe, non ? » se proposa alors Emily. Le plan du sacrifice lui fit légèrement secouer la tête. Franchement, c’était pas la peine d’en faire autant. Mourir pour ce groupe de glandus ? Voilà bien un truc que Pierce ne se proposerait jamais de faire, c’était tellement stupide. Soit elle essayait de l’amadouer, pour qu’il compatisse et qu’il décline par pitié. Soit elle était vraiment comme ça, niaise et naïve. Faible, en un mot. Il ne préférait pas vraiment le savoir, car de toute façon, la question ne se posait. « Non, y a moyen d’régler ça sans perdre quelqu’un. Faudra qu’j’aille chercher des gars, on s’planquera, et on les chopera. Mais t’façon, j’pense pas qu’y vont r’venir avant la tombée d’la nuit. » répondit-il. Difficile d’en être certain, mais un sac de secours, ça prouvait qu’ils réfléchissait un minimum. Il aurait été franchement débile de ne pas se méfier quand on avait choisi pour solution de coller un groupe d’étrangers. La proximité ne faisait pas l’alliance, bien au contraire, elle faisait le danger. « Et s’ils étaient vraiment bons ? Peut-être que tu pourrais les prendre à Bodie. On ne sait jamais tant que l’on ne sait pas à qui on a affaire après tout. » déclara la petite, faisant montre une fois de plus de pitié et de compassion. En être totalement dépourvu n’était sans doute pas bon, mais trop en avoir, c’était sacrément risqué. Car ça signifiait qu’elle était ouverte à toute négociation, et qu’elle pouvait facilement se faire berner par quelques personnes qui tenteraient de la prendre par les sentiments. Chose que Pierce n’allait pas oublier : s’il y avait des prisonniers, il ne les laisserait pas en compagnie de la gamine. De toute façon, il ne l’aurait pas fait avant non plus. Pierce ne fit qu’hausser les épaules. « On verra. Si s’font prendre en vie, c’pas à moi d’prendre la décision. On les emmènera à Phoenix. Mais si s’défende, c’pas impossible qu’y crèvent en essayant d’sauver leurs peaux. C’dépendra d’eux, de c’qui décident. » répondit-il simplement. Ils pouvaient tout à fait baisser les armes, se rendre, et dès lors ils avaient une chance d’intégrer le groupe. Mais s’ils se défendaient, ils ne sortiraient sans doute pas d’ici vivants. Il était assez difficile d’estimer et d’anticiper leur réaction, car tout dépendait des évènements, de comment eux-mêmes allaient gérer la chose. L’un ou l’autre des cas, peu importait à Pierce de toute façon.
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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Mar 6 Sep - 23:03

Trippin' on that work,
trippin' off that purp
Pierce & Emily
Il était dur, voir incompréhensible d’expliquer ce sentiment d’admiration que j’avais pour Pierce. Encore plus en sachant que cette même personne se retenait sans doute de grimacer à chaque fois que son regard se posait sur moi. Mais les sentiments ne se commandaient pas. Le fait qu’il ne me remarquerait jamais était une chose, le fait que je l’admirais en était une autre. Ces deux choses étaient obligées de s’accommoder l'une de l’autre. Après tout, pourquoi n’aurais-je pas le droit de vouloir un modèle, aussi tordu possible qu'il soit par moments. Pierce n’était pas du tout comme moi, en aucun point. En apparence en tout cas, mais quelque chose me rattachait à lui de façon inexorable. Ce n’était pas à cause du fait que j’avais perdu mon père, je l’admirais bien avant déjà, mais je me la fermais là-dessus. C’était la première fois que je pouvais tenter de me montrer bonne élève, tout en sachant que tout au mieux, son rictus serait peut-être amoindri à l’avenir quand il verrait la gamine que j’étais se balader dans le camp. Et encore. Pierce était pragmatique, il n’allait pas s’empêtrer dans les sentiments. En façade tout du moins. Il ne fallait pas que j’oublie que même si j’avais un profond respect pour lui, je devais jouer ce rôle de composition qui avait pris forme à Bodie. Feindre l’indifférence, me montrer justement pragmatique. Sans doute qu’au fond, c’était ce rôle qui m’avait poussé à admirer Pierce pour sa force de caractère, peu importe qu’il ressemble à un ours mal léché. On l’était tous plus ou moins maintenant.

On dit que parfois, il vaut mieux rester à l’écart des personnes que l’on admire quand on ne les connait pas réellement. Parce qu’une fois cette barrière franchise, on voit l’homme avant le modèle qui nous inspirait. Mais je n’étais pas de ces gens, j’étais capable de faire la part des choses. Il y avait le Pierce humain et l’image qu’il donnait au monde, à ceux qui n’avaient pas franchis sa barrière. Pierce pourrait peut-être me décevoir dans ses actions, mais ça ne m’enlèverait toujours pas l’image que j’avais de lui. Ce nouveau monde n’était pas fait de licornes et d’arc-en-ciel et vu comment je grimaçais moi-même face à ce genre de choses, ce n’était pas plus mal. Quoi qu’il en soit, je me surpris moi-même à réfléchir sur ce sujet-là plutôt que sur un sujet plus présent. On était dans une maison, une maison vieille et remplie de souvenirs et comme toutes celles que l’on avait pu fouiller, ça n’avait vraiment plus d’importance. Il fallait être pragmatique, mettre ses sentiments de côté. Finalement, je n’avais qu’à essayer d’adopter la façon de penser de Théodore, mais il n’était pas évident de l’adopter non plus. Mais c’était un bon compromis entre ma façon de voir les choses et celles de Pierce. Le militaire était totalement désillusionné face au monde et ce n’était pas forcément le bon chemin à suivre non plus. Le mien menait encore plus à la catastrophe, c’est clair… Quoi qu’il en soit, on était là, à fouiller les affaires d’autres êtres humains survivants et je le savais. Il y aurait de nouveaux des morts, comme si toute cette merde ne suffisait pas. Parfois j’avais juste envie de leur faire remarquer à quel point ils étaient crétins de s'entre-tuer. Et puis, je me souvenais que l’être humain était en réalité le véritable danger, les zombies n’étaient que des échardes sur le chemin. L’homme est cruel et vil lorsque cela concerne sa survie. « Je suis d’accord… » Concise, il fallait que je le sois. Il avait raison, changer de rôdeur serait dangereux s’il fallait s’amuser à changer les vêtements. « Ça fait un moment que je ne suis pas allée dans le coin, je pense qu’il n’y a plus de rôdeurs à l’endroit où je pense… » C’était à deux rues d’ici environs, il y avait une maison qui avait déjà été fouillée, mais les personnes qui y étaient passées avaient condamnées la chambre parce qu’au moins deux rôdeurs continuaient de gratter à la porte si on s’approchait. Ne tuant pas les rôdeurs, je ne m’étais pas amusée à faire le ménage moi-même. Mais à cette époque j’avais prévenu mon père alors… Il était peu probable que ma solution tienne toujours.

Je me taisais alors qu’il évoquait les raisons du pourquoi ce groupe s’était installé ici. Etre brève était la clef du succès pour être un peu moins insupportable pour Pierce, ou pour tout militaire tout court. Mais je continuais de réfléchir malgré tout, c’était plus fort que moi. Voulaient-ils juste se reposer ? Avaient-ils réfléchis à la possibilité de rejoindre le groupe ? Si j’avais été avec mon père, sans doute qu’il aurait convaincu le groupe de les éliminer sans réfléchir. Je savais ce que voulait dire pragmatique maintenant dans cette vie, cela ne voulait pas dire que j’étais d’accord avec ça. J’aurai toujours l’occasion d’évoquer la chose brièvement, mais pas tout de suite. Alors quand le chapitre des piles était remis en jeu, je ravalais un soupir pour moi-même avant de montrer un côté plus pratique et intelligent à Pierce. « Je collectionne les piles pour ce que tu sais, mais pas seulement. Je les garde pour les lampes et aussi pour une perceuse qui fonctionne avec des piles. Mon père n’en trouve pas l’utilité, si tu veux je te la passe quand on rentre. J’ai pas mal de piles qui fonctionnent pour elle. » Evidemment, je n’allais pas remonter dans son estime avec ça, mais je ne voulais pas qu’il pense que j’étais futile au point de risquer ma vie que pour des morceaux de musique. C’était un moteur, une récompense pour mes recherches, mais je pensais souvent pratique avant détente et encore heureux, surtout suite au décès de mon père. Un léger sourire étira mes lèvres, lui qui voulait que je sois concise, j’allais l’être sans émettre un mot. Je n’avais qu’à sortir trois objets du sac pour confirmer qu’il s’agissait bien d’une fille. Je les lui présentais alors comme si je m’apprêtais à faire un tour de magie avec : une boite de tampons – à la limite, vu les blessures qu’un mec pouvait aussi avoir et le manque de pansements, ce n’était pas le plus évident –, un test de grossesse et une boîte de pilules du lendemain. « Sauf si c’est un sac volé, mais il appartenait à une fille. » Je le savais que trop bien, même si personnellement, je ne m’adonnais pas au plaisir de la chair. Je ne voudrais pas d’enfants non plus dans cette nouvelle vie à la con.

« Comme tu préfères, je te le proposais parce que jusqu’ici, je suis assez bonne à ce jeu. Mais c’est vrai que l’on n’a pas forcément assez d’informations pour savoir si ce ne sont pas des types qui tirent à vues…. » Réfléchir comme Théodore et ne pas être vexée du fait que Pierce pensait que je finirais forcément avec une balle dans la tête. Mais après tout, je n’avais pas assez d’éléments pour savoir s’ils allaient pouvoir accorder leur confiance à une jeune fille. La réponse de Pierce me fit réfléchir une nouvelle fois concernant ces survivants dont on ne connaissait rien, et si je mettais de côté mes sentiments, c’était clair. « Soient ils meurent, soient ils rejoignent le groupe. Mais comment leur faire confiance alors qu’ils vont se faire attraper. C’est Phoenix qui décide, je le sais. Mais je ne suis pas idiote non plus, c’est plus rationnel de choisir la première option… » Sans parler du fait que ça ferait deux bouches à nourrir de plus… « Vu que leur sécurité est complètement craquée. » Je parlais du rôdeur évidemment. « Tu veux attendre la nuit, ou est-ce que l’on prend ce qui peut être intéressant à piquer ? » Moins de sentiments, plus de logique, plus de réflexions à la Bodie. Même si au fond, je détestais devoir penser comme une personne sans scrupules qui pensent qu’à sa gueule.



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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Lun 19 Sep - 15:15

Trippin' on that work, trippin' off that purp
Pierce Higgins & Emily C. Foster

Manquait plus que ça pour venir foutre le bordel. Comme si y avait pas déjà assez de problèmes à Bodie, camp provisoire où les gens étaient ensemble sans vraiment en avoir envie. Si on y réfléchissait bien, une telle situation ne se serait sans doute pas produite dans un camp où les gens formaient un véritable groupe uni. Mais ici, chacun pensait plutôt à sa survie, pas vraiment à celle des autres, le résultat se traduisait par ce genre de négligences. On laissait des mauvaises habitudes s’installer, alors que le résultat pouvait en être catastrophique. Pour autant, Pierce n’avait pas la moindre intention de palier à ce problème et d’essayer de créer une cohésion de groupe. Déjà, l’objectif même de Bodie n’était pas la durée dans le temps, et tout le monde en était parfaitement conscient. Le groupe était amené à disparaître, et les gens à se disperser. Alors à quoi bon dépenser de l’énergie pour obtenir un tel résultat ? Et puis de toute façon, Pierce n’avait pas la moindre intention de tenter de créer un quelconque groupe, lui-même voyageait à trois, avec les de La Vega. Il ne s’imaginait pas un seul instant faire confiance à quelqu’un d’autre, intégrer véritablement quelqu’un dans leur micro-groupe. Plus on avançait dans le temps, plus les survivants devenaient dangereux, méfiants. Le bonheur du début lorsque l’on se trouvait face à un vivant avait depuis longtemps disparu, et maintenant, la vie était devenue synonyme de danger. Et puis, qu’on se le dise, Pierce n’avait pas envie de s’acoquiner véritablement avec les gens de ce camp. Ils ne pensaient pas suffisamment comme lui, n’agissaient pas suffisamment comme lui. Il était devenu incapable de s’adapter à qui que ce soit d’autre, incapable de tolérer ce qu’il considérait comme des écarts. Il y avait trop en jeu, la moindre erreur pouvait être fatale, et il n’était pas question de prendre le risque. L’équipe qu’il formait en ce moment même avec Emily n’était qu’éphémère, et disparaîtrait au moment même où ils auraient rejoints le camp pour chacun vaquer à ses occupations. Non pas que Pierce percevait les autres comme des ennemis, mais il ne les rangeait pas dans le camp de ses alliés. Pour l’heure, ils n’étaient que deux opportunistes travaillant ensemble dans le but de renforcer leur sécurité personnelle, ce qui renforçait par là-même la sécurité de tout le groupe. Voilà pourquoi il fallait se la jouer fine, et surtout éviter de faire comprendre à ceux qui vivaient ici qu’il était temps pour eux de déguerpir s’ils ne voulaient pas se faire buter. Or, changer le zombie des lieux s’avérait trop dangereux. « Je suis d’accord… » approuva Emily, justifiant par là-même que sa proposition, de toute façon, n’était pas réalisable : « Ça fait un moment que je ne suis pas allée dans le coin, je pense qu’il n’y a plus de rôdeurs à l’endroit où je pense… » . On avait rarement besoin de rôdeurs, et ça tombait plutôt bien, parce que par ici, y en avait plus des masses.

Emily remettait le couvert avec son histoire de piles, ce qui agaçait Pierce. Tout le monde galérait à survivre, et elle elle voulait écouter de la musique. Pierce avait perdu quasiment toute notion du loisir, l’angoisse permanente de se faire dévorer l’avait progressivement changé, lui faisait oublier ce que c’était que d’être détendu. La guerre avait déjà largement entamé ce processus, et les morts qui avaient fini de l’achever. « Je collectionne les piles pour ce que tu sais, mais pas seulement. Je les garde pour les lampes et aussi pour une perceuse qui fonctionne avec des piles. Mon père n’en trouve pas l’utilité, si tu veux je te la passe quand on rentre. J’ai pas mal de piles qui fonctionnent pour elle. » expliqua Emily, qui se sentait obligée de se justifier. Et pour le coup, ce qu’elle disait avait beaucoup plus de sens. Sous le coup, Pierce ne pensa pas grand chose d’utile. Mais il n’empêche, avoir une perceuse sous la main se révélait être une bonne chose. « Garde-la. » répliqua-t-il, estimant qu’il valait mieux qu’elle reste dans une baraque comme celle d’Emily que dans une autre. Surtout que si la jeune fille lui en parlait, c’était qu’elle mettait vraiment l’outil à sa disposition, et que ce n’était pas une proposition en l’air. « Si y en a b’soin j’viendrais t’la d’mander. » ajouta-t-il. C’était fort probable, notamment en ce qui concernait l’entretien des baraques. Peut-être même qu’il pourrait l’utiliser pour renforcer la sécurité des cabanes, éviter de se faire piéger la nuit. L’affaire était à creuser. La discussion bascula sur l’identité du possesseur du sac. En guise de réponse, la gamine se chargea de sortir tous les éléments qui indiquaient que c’était une fille. Et Pierce fut franchement atterrée. Un test de grossesse ? Son visage devint pâle, et il en aurait presque eu la nausée. Il n’avait jamais été un grand amateur d’enfants, mais imaginer un bébé dans cet environnement, ça lui retournait l’estomac. Il entendit à peine Emily évoquer la possibilité d’un sac volé, repoussant les objets d’un geste de la main. « C’te garce peut pas être en cloque. » murmura-t-il pour lui-même, cherchant à se convaincre. De toute façon, la pilule du lendemain qui venait avec présentait la solution. Mais bordel, maintenant que le doute s’immisçait dans sa tête ...

Non, ça ne devait rien changer, rien du tout. Les choper, et puis laisser l’choix entre les mains du boss. C’est comme ça que ça fonctionnait, et pas autrement. « Comme tu préfères, je te le proposais parce que jusqu’ici, je suis assez bonne à ce jeu. Mais c’est vrai que l’on n’a pas forcément assez d’informations pour savoir si ce ne sont pas des types qui tirent à vues…. » s’expliqua Emily, concentrée sur la possibilité qu’il y ait des pertes. Peut-être que oui, peut-être que non. Mais ce que Pierce avait du mal à faire, c’était se dégager de l’esprit qu’un embryon allait peut-être y passer. Ce genre de considération ne devrait même pas constituer un frein, c’était la faute de l’autre, elle avait qu’à faire gaffe. Et puis en pareille, comment elle pouvait encore se faire tringler ? « Si y tires à vue, sont morts. Laissent pas l’choix à la négociation, donc on s’ra obligés d’les buter. Devraient pas tirer à vue. » continua-t-il, mais c’était là des espoirs plus qu’un véritable pronostic. « Soient ils meurent, soient ils rejoignent le groupe. Mais comment leur faire confiance alors qu’ils vont se faire attraper. C’est Phoenix qui décide, je le sais. Mais je ne suis pas idiote non plus, c’est plus rationnel de choisir la première option… » qu’elle poursuivait, insistant sur leur sort. Pierce commença à marcher lentement, pas vraiment pour marcher, mais surtout pour réfléchir. Ca lui faisait froid dans le dos, à lui. Alors qu’il en avait vu des trucs, qu’il en avait fait des choses. « Vu que leur sécurité est complètement craquée. Tu veux attendre la nuit, ou est-ce que l’on prend ce qui peut être intéressant à piquer ? » l’entendait-il dans son dos. Elle en tout cas, ça n’avait pas l’air de la perturber. Alors pourquoi ça le troublait, lui ? Il s’en foutait bordel, c’était une question de sécurité là, c’était leur peau ou la sienne. « J’sais pas. » qu’il grommela, d’un ton qui signalait qu’il n’était plus vraiment dans la conversation. Phoenix avait soiffe de sang, et il n’était pas impossible que l’arrivée de deux captifs constitue une opportunité de serrer les rangs. Qu’il les livre au groupe, pour qu’ils se chargent de les buter, et on les problèmes s’éloigneraient quelques jours. Quelques jours avoir un peu moins de pression. Mais et si la nana était enceinte ? Bordel, ça lui paraissait impossible, qu’on puisse faire ça dans le merdier ambiant, c’était du délire. Plus il y songeait, plus il se disait que les captifs, qui qu’ils soient, allaient y passer. Même s’ils se rendaient. La méfiance allait l’emporter, de savoir qu’ils avaient campé à proximité, qu’ils n’avaient en fait pas d’autre choix que d’intégrer leur groupe s’ils voulaient sauver leur peau, forcément que la sentence serait la mort. Dos à Emily, Pierce se perçait dans des pensées qu’il n’avait plus depuis longtemps. De la pitié ouais, c’était de la pitié. « On fait rien. » laissa-t-il tomber après un long silence. Se tournant rapidement vers elle, il s’approcha de la fenêtre pour voir ce qu’il s’y passait. « R’mets les trucs dans l’sac. » ordonna-t-il, tandis qu’il scrutait la rue. Personne ne semblait être par ici, personne n’était en approche. « Vont voir que l’zombie a disparu, vont capter qu’ils sont grillés, et vont s’barrer. » annonça-t-il. Puis il s’approcha d’Emily, et la toisa de toute sa hauteur. Sa voix se fit plus basse, mais menaçante, cinglante : « Et toi t’fermes ta gueule. T’as rien vu, on a rien trouvé. T’dis rien, à personne, pas même à ton père. C’est clair ? » . C’était de la folie, il aurait du ramener les affaires, prévenir, régler le problème. Mais quelque chose en lui le bloquait, le rendait fou, et détraquait sa paranoïa habituelle. C’était comme si là il pouvait pas, il pouvait pas avoir cette mort-là sur la conscience.
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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily Dim 22 Jan - 13:40

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MessageSujet: Re: Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily

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Trippin' on that work, trippin' off that purp - Pierce & Emily

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