|Libre|Find me where the wild things are
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MessageSujet: |Libre|Find me where the wild things are Dim 1 Mai - 22:17



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Une goutte. Deux gouttes. Trois gouttes.

D’infimes petites tâches rougeâtres, venant colorer le sol de l’Angel’s Camp. Peut-être les hurlements retentiraient d’ici quelques secondes. Peut-être les plus excités de la gâchette sortiraient, arme au poing, et mettraient à feu et à sang cette grande rue peuplée. C’était ça, le monde dans lequel il vivait. Tout du moins, c’était vrai avant Angel’s Camp. Car il n’y aurait pas d’incident aujourd’hui, cette bulle protectrice dans laquelle ils vivaient tous, elle maintenait sa paroi fragile pour un jour de plus. Ce sang qui dégoulinait sur la peau de cet homme là-bas, léchant son poignet et allant côtoyer son coude, il n’était le fruit que d’une malheureuse manipulation avec une hache. Pas de morsure, pas de pleurs, pas de coup de feu décisif.

La tranquillité de cette petite ville, elle pouvait vite devenir oppressante. Malaury, il le déglinguait ce calme. Ici, on arborait un beau sourire. On disait bonjour à tous ses voisins, on leur portait main forte s’il avait besoin d’un service. Ici, les gens étaient sympas. Pourquoi ? Sur les routes, Malo avait croisé des gens malveillants, profondément mauvais. Des individus belliqueux, prêts à dépouiller leurs victimes de tout jusqu’à leur amour propre. Ils étaient où tous ceux-là ? Ailleurs. Soi-disant. Malaury, comme tout le monde, savait que le croquemitaine était bel et bien parmi eux et pourtant il la fermait, il souriait. Il jouait le jeu.

Aujourd’hui, il avait besoin de se rendre utile. Parce que ses parents lui manquaient, parce qu’il avait du mal depuis ce matin à les imaginer vivant. Parce que son frère lui manquait, parce que Delgado lui manquait. Il avait chialé toute la nuit, roulé en boule comme un escargot à qui on aurait arraché sa coquille. Malaury, c’était la limace d’Angel’s Camp. La limace qui s’attendait à ce qu’un jour ou l’autre, quelqu’un lui jeta une poignée de sel à la gueule et qu’on n’en parle plus. Il se dissoudrait sur le bitume, deviendrait mollasse et rejoindrait ses parents, son frère et Delgado.

C’est précisément pour éviter ce genre de pensées nocives que Malo se dirigeait vers l’infirmerie. Il était nouveau dans le domaine, Lexie lui apprenait les rudiments mais il était loin de savoir soigner quelqu’un. Tout au plus, le garçon savait désinfecter et recoudre une plaie puis faire un pansement correct. Opérer, même pas en rêve. Mais plus de temps Malaury passait à l’infirmerie, à scruter les gestes médicaux des soigneurs, plus il en apprenait. L’autre jour, le blond était parvenu à refermer une sale plaie bien sanguinolente. Ça avait suffis à lui rendre le sourire et le moral.

- Qu’est-ce qu’on a ?

Il avait toujours rêvé de dire ça mais de le dire pour de vrai ! Comme le faisaient les médecins avant, quand les hôpitaux fonctionnaient encore. Ils débarquaient, bloc-notes à la main et regard perçant puis jetait aux infirmières un « qu’est-ce qu’on a ? » qui faisait sourire n’importe quel patient. Malaury n’était pas médecin mais se satisfaire des petits plaisirs de la vie vous permet de mettre un pied devant l’autre.

- Bonjour !

Malaury s’était présenté à cette personne venue pour Dieu sait quelle raison. Il n’allait sans doute pas pouvoir la soigner ou même l’aider mais au pire, il servirait de messager et irait demander son aide à un vrai docteur ...

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MessageSujet: Re: |Libre|Find me where the wild things are Ven 6 Mai - 23:05



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Angels Camp, JUILLET 2016 How To Save A Life

Les regards bas, les sourires forcés, même le plus ignorant du camp aurait réussi à comprendre que quelque chose clochait. Il est vrai que ce qui s'était produit à la cafétéria était malheureux et Luke serait le premier à le dire, pour ne pas en être sorti sans une égratignure. Mais il fallait continuer d'avancer malgré tout... Malgré les circonstances dramatiques Luke était toujours debout aujourd'hui. Cette balle qui lui avait emporté une moitié du visage dans sa course ne serait pas celle qui l'enterrerait, même s'il aurait préféré y rester une bonne fois pour toute. Perdre des morceaux devenait de plus en plus problématique. Qu'allait-il devoir subir par la suite ? De quel autre handicap allait-il se voir attribué ? A force de cumuler les blessures, Luke allait réellement finir par devenir ce qu'il redoutait le plus depuis les premiers mois de l'épidémie : l'incarnation même de la faiblesse. Être ce boulet de service que personne ne veut avoir à ses côtés... Et en parlant de boulet, une pensée s'envola directement vers Malaury qu'ils avaient repêché avec Nikolaï et d'autres survivants lors de l'une de leurs sorties. Une rencontre pour le moins incroyable et inattendue, mais pour pour autant déplaisante. Même si Luke ne lui avait pas posé la question directement, il était convaincu que Malaury était bien ici, en sécurité dans le camp. Tout le monde se complaisait à Angel's Camp. Quoi qu'il en soit, depuis l'incident de la cafétéria on ne lui demandait plus rien. Cela faisait bien deux semaines que Luke était sorti de l'infirmerie et pourtant les gens osaient à peine lui adresser la parole si ce n'était autre que pour le saluer à la va vite. A croire que perdre son œil l'empêchait également de remplir la moindre fonction dans le camp ou la moindre petite corvée insignifiante. Même passer le sel à table semblait être quelque chose de surhumain à lui demander. Luke n'avait perdu qu'un œil, pas ses deux mains. Être ainsi mis de côté frustrait au plus haut point le garçon qui, une fois de plus, se laissait dépérir sur le canapé de leur maison. Tous étaient dehors, à vaguer à leurs occupations habituelles tandis que Luke végétait en silence, n'ayant ni la force de lire, ni celle de dormir... Alors il restait là, allongé à attendre l'heure de ses cachets le regard vide bien fixé vers le plafond blanc. Comptant les secondes en supportant la douleur comme il avait pu le faire lors de son long séjour à l'infirmerie. C'était insoutenable, comme situation. Luke ne supportait pas de rester ainsi inactif. Surtout après ce qui s'était passé. Le danger était partout, l'heure n'était pas au repos. Le mal pouvait venir de l'extérieur, mais également de l'intérieur. Luke ne pouvait pas rester à attendre sagement qu'un autre taré décide de brandir une arme pour refroidir des habitants du camp... Surtout si ce fou prenait pour cible Nikolaï, Abby, Maebh, Bonnie ou Lori ou Cassandra ou...  « Putin. »  lâcha-t-il avec rage en serrant le poing contre son front. Se redressant difficilement sur le canapé, Luke resta un moment immobile et le dos arrondit, se tenant la tête douloureuse entre les deux mains. Tout dansait autour de lui et pourtant Luke était droit comme un piquet, le cul bien enfoncé dans un canapé qu'il ne connaissait que trop bien et les deux pieds campés fermement sur le sol.  « Aller Luke...Putin. »  Un soupire de désespoir s'extirpa de ses dents resserrées par la frustration et dans un élan de motivation, Luke tenta de se redresser totalement. Direction l'infirmerie. Tant pis pour l'heure, il allait prendre ses cachets un peu plus tôt, cela aura au moins le mérite de l'occuper quelques minutes et qui sait, peut-être qu'avec un peu de chance il tombera nez à nez avec Alycia ou Cassandra. Autant profiter de leurs doigtés légers pour refaire un bandage correct en évitant les regards un peu trop curieux à son égard des survivants lambda du camp.

D'un pas lourd, Luke fit son entrée dans l'infirmerie et très vite, fut accueillit d'un bonjour pour le moins enthousiaste. Inutile de chercher de qui venait cette bonne humeur, Luke aurait pu reconnaître cette voix entre mille, ou presque. La tête légèrement basse, Luke ignora complètement cette interpellation pour passer outre le principal concerné. A peine avait-il prononcé un mot que son mal de crâne revenait au galop, il fallait bien avouer, ce type avait un don pour taper sur le système des gens. Ou peut-être était-ce Luke et sa mauvaise humeur chronique qui s’obstinait à vouloir le rabaisser pour ce qui avait pu se passer entre eux à la zone 51... ? Non, ça serait mal le connaître. Malaury devait juste être lourd. Une micro tape sur l'épaule du blond, qui se voulait amicale, et Luke continua sa route chancelante vers l'étagère où était entreposé les divers médicaments du camp. "Qu'est-ce qu'on a". Il avait vraiment osé sortir un truc comme ça... ? Il fallait bien avouer, Luke avait esquissé un petit sourire. Sourire qu'il s'était empressé de faire disparaître, ne voulant rien laisser paraître devant Malaury et encore moins l'encourager dans sa connerie, aussi dégaina-t-il la clé de l'étagère d'un petit mouvement sec.  « Juste un borgne à huit doigts qui vient pour s'refaire son bandage. Excitant, je sais. »  lâcha-t-il avec sarcasme sans poser son regard sur le garçon. Plus les semaines se succédaient et plus l'infirmerie se transformait en véritable moulin. Ça venait en masse et pour un rien qui plus est... ! Luke se remémorait quelque fois son arrivée à Angel's Camp il y avait quelques mois de ça maintenant, où il n'y avait qu'un seul médecin chargé de tous les malades du camp... Aujourd'hui, il devait y avoir près de quatre médecins dont plusieurs apprenti. Une belle avancée pour le camp... Ils avaient énormément de chance.  «... Elles sont pas là les filles ? »  Enchaîna-t-il sur le même ton, lançant un regard planant sur l'infirmerie à la recherche de Cassandra, Alicia ou Lexie. Rien. L'endroit semblait vide de vie. Il n'y avait plus que Malaury et lui. Encore et inlassablement. Et lui qui comptait sur une des filles pour l'aider, il allait devoir se démerder tout seul. Attrapant un produit antiseptique ainsi que plusieurs compresses, Luke referma l'étagère avec son pied avant de prendre place aux côtés de Malaury.  « T'as rien d'mieux à foutre aujourd'hui ? »  Demanda-t-il d'un ton désintéressé avant de se mettre à retirer son bandage.

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MessageSujet: Re: |Libre|Find me where the wild things are Sam 7 Mai - 21:20



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Il y en avait pourtant des blessés à Angels Camp ! Des petites coupures à la machette, des blessures par balles à soigner, des malades imaginaires à calmer. Mais de tous les balafrés du coin, il avait évidemment fallu que ça soit celui-là qui passe le pas de la porte. Malaury garda le sourire, ce qui ne l’empêchait pas d’être complètement mort à l’intérieur. C’était devenu un mécanisme de défense, imaginons deux secondes qu’il soit non seulement le magnifique boulet qu’il était mais qu’en plus il fasse la gueule à longueur de journée. Clairement, les autres l’auraient viré à coup de pieds au cul depuis longtemps. Garder son entrain quand l’ourson mal léché venait d’entrer restait plus difficile, Malo n’avait pas envie de rester là. Pas envie de supporter son regard sur lui, ses moqueries, son cynisme cinglant.

Parfois, Malaury se demandait comment Luke et Niko pouvaient être aussi différents. Ils se ressemblaient sur certains points, il fallait bien l’avouer ! Mais leur caractère était tout de même assez opposé et leurs réactions n’avaient rien à avoir. Luke finit par répondre à la question de Malo qui perdit le sourire une seconde. Un borgne à huit doigts. Cette remarque persista dans l’esprit de Malaury qui repassa mentalement sa propre trajectoire. Mis à part avoir failli se faire tuer au moins un million de fois sur le chemin menant de la zone 51 à Angels Camp, le blond avait été relativement épargné. Son corps était intact, sa dignité plus ou moins aussi. Tous n’avaient pas eu la même chance.

Discrètement, Malo se tourna vers une armoire et commença à trifouiller dans les affaires pour les ranger. Son esprit était ailleurs. Luke en avait pris plein la gueule et la culpabilité le rongeait de rester là à ne rien faire. Son cas de conscience fut interrompu par ce cher borgne qui réclama les demoiselles de l’infirmerie. Malaury se retourna vers lui et haussa les épaules.

- Bah comme tu le vois, non.

Il n’avait pas voulu paraître méchant mais Malo était tellement méfiant envers Luke que chacun de ses mots était pesé, lourd de sous-entendu. Luke finit par prendre ce dont il avait besoin pour se soigner et vint s’asseoir à côté du blond, commençant à ôter son bandage et lançant une nouvelle question de son ton désinvolte habituel. Malaury tentait de ne pas prendre chaque parole sortant de la bouche de son interlocuteur comme une attaque personnelle. Ce n’était pas si facile car entre eux, c’était toujours aussi tendu.

- Je me rends utile en l’absence des autres.

Malaury tourna la tête, honnêtement, il redoutait l’instant où le pansement de Luke serait retiré et que sa plaie serait visible. Si le blond avait appris à serrer les dents lorsque le sang giclait ou les viscères sortaient, il n’était toujours pas totalement à l’aise dans l’exercice. Pourtant, le garçon finit par se lever et se tourner vers Luke. Il lui prit les compresses et le produit antiseptique, mieux valait que ça soit fait correctement plutôt qu’à l’arrache.

- Laisse, je vais le faire.

Il ignorait si Luke allait le laisser faire mais Malo avait comme l’impression que tout seul, il allait faire un beau carnage ! Franchement, qui se désinfecte une plaie par balle à l’œil ? C’était déjà invraisemblable qu’il ait survécu à ça alors mieux valait ne pas trop pousser sa chance. Le blond pencha la tête, inspira profondément et tendit les doigts vers le pansement de Luke, à tout moment, son interlocuteur pouvait le repousser ou l’envoyer chier mais il était décidé à ne pas le laisser se soigner lui-même, ils avaient beau ne pas être les meilleurs amis du monde, Malaury ne tenait pas à avoir sa mort par septicémie sur la conscience.

- Est-ce que tu as ... vu quelque chose ? Je veux dire, pendant que t’étais dans le cake ?

La question qui les taraudait tous. Parce qu’ils avaient beau être armés jusqu’aux dents, savoir utiliser une machette, un katana ou un fusil à pompe, quand ils en arrivaient à la mort tous étaient sur le même pied d’égalité. Luke avait frôlé de peu de passer l’arme à gauche, il avait sans doute du ressentir quelque chose ou voir quelque chose. Ou peut-être pas. Peut-être que le néant lui avait répondu, qu’il avait juste perdu conscience comme dans un rêve sombre et opaque. Après tout, tout le monde n’était pas bercé par des utopies comme Malo.


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MessageSujet: Re: |Libre|Find me where the wild things are Dim 8 Mai - 17:58



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Angels Camp, JUILLET 2016 How To Save A Life

A sa première question, il ne tarda pas à avoir sa réponse. Les filles n'étaient pas là. Luke l'avait bien constaté lui-même seulement, la façon dont Malaury lui avait répondu le fit légèrement froncer les sourcils. Comme 'il le voyait'... Était-ce une attaque masquée à son encontre ? A sa blessure ? Il valait mieux pour Malaury que ce ne soit pas le cas, car même avec un œil en moins, Luke ne se retiendrait pas de lui refaire un ravalement de façade gratuit. Qui sait, peut-être même qu'il lui ferait bouffer un de ses yeux pour qu'il ressente ne serait qu'une parcelle du malaise qui l'habitait quand les gens usaient du terme 'voir' en sa présence. Détachant son regard assassin du dos de Malaury, qui trifouillait il ne savait quoi dans une armoire voisine, Luke serra les dents pour garder le silence. Depuis toujours, leurs conversations étaient semblables à des matchs de Roland Garros. Une fois la balle mise en jeu, elle ne faisait qu'être relancée inlassablement de l'autre côté du filet par des répliques cinglantes et fermées. Pourtant, ils continuaient de venir se parler, ou du moins se forçaient à le faire. Luke avait bien remarqué le rapprochement de Malaury et Nikolaï. C'était inquiétant, car Nikolaï ne le connaissait pas comme lui le connaissait. Peut-être le blond avait-il réussi à tromper Nikolaï d'une certaine façon, mais lui... Lui savait qui il était réellement, son petit jeu ne prenait pas ici. « Certains ne se donnent pas cette peine. » maugréa-t-il à moitié dans sa barbe, ne souhaitant pas que ce compliment prenne trop d'ampleur dans leur courte entrevue. Car oui, même si ça n'en avait pas l'air, entendre Malaury dire qu'il se rendait utile alors qu'il venait tout juste d'arriver dans le camp, lui plaisait. Combien de fois Luke avait-il mal regardé certains survivants du camp qui ne passaient que leur journée à lire ou se promener tranquillement dans le camp ? Bien trop de fois...

Les mains tremblantes d'anxiété, Luke peinait toujours à retirer son bandage pris dans les innombrables mèches qui couvraient son front. Quand Malaury dit qu'il allait s'en charger, Luke l’arrêta immédiatement dans son élan, attrapant l'un de ses poignets avec précipitation pour l'empêcher de s'approcher davantage de lui. Il resta ainsi quelques secondes, silencieux à l'observer de son regard suspicieux. « T'es sûr de toi ? J'ai pas gagné la palme d'or du trou d'balle le plus chic. » Préféra-t-il prévenir sur la ton de la plaisanterie et l'humour noir plutôt que de voir Malaury tourner de l’œil l'instant même où le bandage tomberait. L'autoriser à le désinfecter maintenant reviendrait à lui donner les moyens de le blesser plus tard. Pas physiquement, car même s'ils pouvaient se détester sur de nombreux points, Luke ne le considérait pas comme une menace à part entière. Ou comme un sadique sans cœur prêt à lui enfoncer le bout de cervelle de trop qui dépasserait du cratère qui lui servait à présent d’œil droit. Non... Il ne ferait jamais ça. Mais psychologiquement, Luke était vulnérable. Et le laisser raconter à d'autres ce qu'il y avait sous son bandage le blesserait au plus haut point. La question qu'il se posait restait donc la suivante : pouvait-il lui faire confiance... ? Bien sûr que non, il était resté le même qu'à la zone 51 et la rancœur qu'il avait pour lui était toujours bien présente... Pourtant, Nikolaï l'appréciait... « T'as pas intérêt à ouvrir ta sale gueule. Sinon j'te jure que j'me chargerai de t'la fermer une bonne fois pour toute. » Rajouta-t-il d'un ton sec et impartial avant de libérer le poignet de Malaury de son emprise. Tout seul, Luke ne s'en serait pas sorti quoi qu'il arrive. Alors il n'avait pas vraiment le choix, enfin si. Il aurait pu ranger tout ce barda et attendre le retour de l'une des filles. Mais il n'en pouvait plus d’attendre constamment, Malaury s'était proposé sans qu'il n'ait eu besoin d'insister alors... Luke voulait lui laisser une chance. Peut-être plus pour Nikolaï que pour lui, car il voyait bien que nombreuses étaient les personnes à apprécier le blond dans leur colocation. A la longue, Luke devrait bien finir par l'accepter parmi eux... C'était indéniable.

Surpris de sa question, Luke l'était, si bien qu'il resta un long moment à observer Malaury. S'il avait vu quelque chose... Encore et toujours ce terme. Mais il fallait passer outre et arrêter d'être parano. A vrai dire, Luke ne s'était même pas posé la question. Tout s'était passé si rapidement qu'il n'avait rien eu le temps de comprendre. Pourtant il réfléchissait, se remémorant les derniers souvenirs encore intacts de sa mémoire embrumée. « La déception... » Commença-t-il doucement d'une voix creuse. « Je n'ai vu que la déception dans les yeux des personnes que j'aimais. Parce qu'ils me pensaient invincible et qu'ils ont pris conscience en même temps que moi que j'étais tout l'contraire. J'me suis senti con. J'me suis senti faible. Puis j'me suis senti lâche... Parce que j’espérais y rester pour de bon. » * Et que j'espère toujours...* s'était-il retenu d'ajouter. Ne souhaitant pas que ces paroles ne terminent un jour dans les oreilles de Nikolaï. « J'ai pas vu de lumière. J'suis juste tombé comme une merde dans le noir complet, jusqu'à mon réveil. Sans comprendre ce qui s'était passé. J'ai d'abord cru a un mauvais rêve, puis... Y a eu le retour à la réalité, qui n'a pas été une mince affaire... » Dit-il en pointant très légèrement du doigt sa blessure à l’œil que Malaury était en train de nettoyer. « Désolé de briser tes doux rêves de monde meilleur après la mort ou même de Paradis. Mais façon, tu t'adresses pas à la bonne personne. C'est clairement pas là que je terminerais de toute manière. » Triste réalité que celle-ci. Pourtant Luke planquait son désespoir du mieux possible derrière un visage inexpressif et calme. Comme la plupart des survivants sans doute, Luke se questionnait sur ce qui se passerait après la mort. Mais même après l'avoir frôlé à un poil de cul, Luke n'avait pas eu plus de réponses... C'était désespérant. « Et toi... T'as pu te trouver un coin où crécher ? J'sais que c'est un peu blindé en ce moment avec les nouveaux qui viennent d'arriver. Au pire t'as l'infirmerie. C'est pas l'must mais, les lits sont quand même pas trop dégueulasses... Puis y a pas un chat en ce moment... »

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MessageSujet: Re: |Libre|Find me where the wild things are Lun 9 Mai - 22:38



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Ses doigts glissaient dans ses cheveux blonds si pâles, presque blancs même. Les gens d’Angels le reconnaissait à sa couleur de tignasse, ça ne le dérangeait pas, Malaury était simplement une cible plus alléchante que les autres pour les tireurs d’élite.  Heureusement, il ne croisait pas des snipers tous les jours. À l’abri au camp, le garçon se rendait utile comme il le pouvait et cela sembla satisfaire Luke qui maugréa ce qu’on aurait presque pu appeler un compliment. Malo ne le prit pas trop sérieusement, ne sachant jamais sur quel pied danser avec son interlocuteur. C’était le plus gros problème du cynisme et du sarcasme, à force, différencier le vrai du faux devenait presque impossible.

Malo se porta alors volontaire pour aider Luke avec sa blessure, celui-ci lui attrapa le poignet subitement. Presque automatiquement, le blond se recula un peu. C’était un mécanisme de défense que tous les survivants avaient adopté. Se faire attraper était très mauvais, dans leur nouveau monde. En général, ça signifiait que les choses se compliquaient. Malaury ressentait cette désagréable sensation d’être à nouveau une petite chose fragile entre les mains de quelqu’un plus fort. Luke lui avait mis quelques coups dans le passé, à la zone 51 mais ça n’avait été que du pipi de chat comparé à ce que Malo avait pris dans les dents dans certains groupes de survivants avec lesquels il était resté. Le blond ne se plaignait cependant pas, s’il lui était arrivé de tomber sur des brutes, ça n’avait été que très rares et relativement rapides puisqu’à chaque fois Malaury avait pris la fuite à la première opportunité.

- Tu fréquentes l’infirmerie depuis quelques temps, tu sais le genre de blessures qu’on voit fréquemment par ici ... c’est bon, je suis rodé.

Peut-être surjouait-il la confiance en lui ? Malaury avait bien vu les doigts tremblants et hésitants de Luke quand il s’était approché de son propre bandage. Avec des phalanges inexpérimentées et le stress de se faire mal, le garçon risquait de se blesser davantage ou de faire pire que mieux. Malo pouvait gérer. Tout du moins, il l’espérait. Luke restant Luke, il se sentit obligé d’intercaler une petite menace toute amicale à l’adresse de Malaury s’il ouvrait sa magnifique sale gueule. Le blond ne répliqua même pas, il savait que le second Harrison était au cœur de cette réplique cinglante. Luke cherchait sûrement à protéger son frère, chose que bizarrement l’ancien benjamin d’une fratrie pouvait comprendre. Ce que le blessé ne prenait pas en compte, c’était l’amitié de Malaury pour Nikolaï. Aller lui raconter comment la plaie à l’œil de Luke était profonde n’aurait fait qu’aggraver l’inquiétude de Niko pour son frangin. Malo ne voulait pas lui infliger ça, au contraire.

- Ça va, pas la peine de me rappeler à quel point t’es sympathique ! Je dirais rien. Maintenant fous-moi la paix et laisse-moi te soigner.

Malaury tenta de se dégager de la poigne de Luke, le blessé finit par le libérer. Quand le ton retomba et que les tensions s’apaisèrent, le blond en vint à poser une question très personnelle à celui qui avait frôlé la mort. C’était légitime puisqu’ils côtoyaient la Faucheuse et voyait même les pans de sa robe à chaque lever du soleil. Ils n’étaient qu’une infime partie de l’humanité encore en vie et tôt ou tard, ils finiraient par clamser à leur tour. Malo tenait à savoir si ses proches l’attendraient de l’autre côté ou s’il devait envisager de n’être finalement que fumée et poussière.

À la grande surprise de Malo, Luke commença à se confier. C’était peut-être la première fois qu’ils avaient une discussion dépassant le stade des piques et aussi profonde. Le blond était perturbé par ce que lui disait son interlocuteur mais pas autant que par ce que ses yeux à lui voyaient en cet instant. Ses doigts avaient ôté en douceur le pansement qui recouvrait l’œil de Luke.  Une cavité obscure laissait apparaître la chair à vif de ses muscles faciaux. Un bout de chair pendouillait à l’endroit où aurait dû se trouver l’orbite. En temps normal, Malaury aurait couru au dehors pour aller rendre son maigre déjeuner mais l’heure n’était pas à ça.

- Il t’a pas raté cet enfoiré.

Le blond l’écoutait en même temps, l’écoutait lui expliquer comment il n’avait pas retrouvé ses proches décédés. Comment toutes leurs utopies n’étaient en réalité que des fantasmes. Luke pointa son doigt vers sa blessure, la désignant comme la réalité. Et quelle réalité. Malaury écarta les mèches des cheveux de son interlocuteur qui lui revenaient sur le visage et qui risquaient de toucher la plaie. Il avait beau être d’avis mitigé à son propos, le blond comptait bien le soigner du mieux qu’il le pouvait. Il ne put tout de même s’empêcher d’ajouter sur le ton de la plaisanterie suite à ce que venait de dire Luke :

- Là-dessus, on est bien d’accord !

Malo esquissa un petit sourire narquois, il ne pensait pas sérieusement que Luke méritait l’enfer. Après tout, c’était tout de même lui et Niko qui l’avait ramené à Angels Camp. Disons que c’était plutôt une boutade, une façon de se détendre face à la tâche qui l’attendait. Ses doigts attrapèrent une compresse et il versa du produit antiseptique dessus puis l’approcha de la chair rosée de Luke. À voix basse, il le prévint :

- Ça va piquer mais ça, tu le sais déjà ...

BOUM. Concrètement, ce ne fut que la rencontre entre la compresse imbibée de produit et la blessure de Luke. En réalité, c’était beaucoup plus. Malo put sentir sous ses phalanges la chaleur émanant de la plaie et sa texture molle. Il sentit un frisson parcourant sa peau à moins que ça n’ait été le patient qui avait sursauté au contact de la compresse. Malaury inspira, bloqua sa respiration pour empêcher la nausée de l’assaillir puis reprit son souffle. Lentement, il tamponna la zone. Ses gestes se faisaient doux et précautionneux, trop peut-être mais l’entaille était si profonde et si impressionnante que le blond n’osait y aller franco.

Luke lui demanda alors où il dormait, Malaury se demandait si le garçon lui faisait la conversation pour oublier que des doigts inconnus étaient occupés à nettoyer son œil endommagé ou s’il s’intéressait un tant soit peu à la réponse. Quoi qu’il en soit, le blond haussa vaguement les épaules. Il n’avait pas de lieu précis, pour tout dire.

- Je me débrouille. La semaine passée j’ai créché chez un couple de quadra, ils étaient sympas mais j’ai senti que si je restais ils allaient me couver comme leur gosse. Depuis, j’ai passé une nuit par-ci par-là chez des gens sympas qui ont accepté que je squatte un canap’ ou un lit de camp.

Malo ne s’en plaignait pas. Il avait, comme tous les autres survivants, déjà dormi à la belle étoile avec pour seul matelas un tas de terre devenue boueuse au petit matin grâce à la rosée. Le blond tendit la main et pencha la tête de Luke légèrement en arrière pour appuyer sous sa paupière supérieure. Merde, c’était vraiment dégueulasse.  Malaury n’avait jamais mis les pieds dans une boucherie même avant l’apocalypse mais dans son imaginaire, c’était à ça que devaient ressembler les produits de ces commerces.

- J’ai perdu Delgado après l’explosion de la zone 51.

Malaury ne savait pas pourquoi il lui en parlait à lui. Lui qui s’était foutu de sa gueule si souvent, qui l’avait frappé, insulté et humilié. Qui avait probablement du détester Delgado de toutes ses forces quand le soldat était venu lui demander des comptes et lui en coller une ou deux. Mais Luke l’avait connu, son nom devait probablement lui rappeler vaguement un souvenir, un visage ou une impression. Malo ne pouvait pas parler de Delgado aux autres du camp puisqu’ils ne le connaissaient pas, à leurs yeux, il n’était qu’un énième dommage collatéral d’une désolation planétaire.

- Et pourquoi toi t’as plus de chance ? T’as Niko. J’aurai bien voulu avoir Niko moi aussi ... s’il avait été mon frère, ça aurait été bien plus facile.

Malo baissa les yeux un instant puis les reposa sur la blessure qui, désormais, le dégoûtait moins. Il ne comprenait pas pourquoi Luke avait autant de chance, il avait auprès de lui l’un des mecs les plus cool du camp. Un frère, c’est sacré. Ça ne vous abandonne pas parce que vous le ralentissez. Des amis, c’est remplaçable. Malaury en avait eu des tas des potes depuis le début de toute cette merde. Soudain, il réalisa ce qu’il venait de dire et pouffa d’un rire nerveux, commentant à voix basse :

- Je deviens vraiment dingue ! Je te parle de chance alors que je te soigne un trou que t’as dans la tronche ...

Il pouffa encore un peu de rire parce que Luke allait sûrement l’envoyer chier très fort, comme d’habitude. Et puis, pour une fois, il aurait bien raison ! Malaury acheva enfin de désinfecter la plaie mais pencha la tête et tourna le regard pour capter celui de Luke quelques instants, une poignée de secondes tout au plus car ses yeux menaçants et souvent hostiles l’impressionnaient.

- Bonne nouvelle, j’ai fini de nettoyer. Mauvais nouvelle, je crois t’as un peu de cheveux et peut-être un peu de terre à l’intérieur. Je peux laisser une des filles t’enlever ça mais je sais pas si ça va pas commencer à être douloureux avant ton prochain pansement ...

Malo lui jeta alors un regard interrogateur. Paradoxalement, ne pas être trop ami avec Luke lui permettait d’avoir ce recul nécessaire pour ne pas avoir peur de lui faire trop mal. Malaury sentait la nausée évanouie et pour achever son boulot, il aurait été capable de plonger les doigts dans la cavité mais encore fallait-il que le Harrison accepte ...


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MessageSujet: Re: |Libre|Find me where the wild things are Sam 23 Juil - 13:17

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MessageSujet: Re: |Libre|Find me where the wild things are

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|Libre|Find me where the wild things are

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