« On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ]
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« On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ]

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YOSEMITE
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Non, elle n'en a pas trop entendu parler et de toute façon Emelie a été élevé dans une mentalité "anti vaccin", bouh le gros méchant vaccin contre la grippe qui rend malade

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MessageSujet: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Dim 5 Fév - 18:59



« On se quitte parfois pour

mieux se retrouver ensuite. »
Iain Parks & Emelie C. Grahams

   

   



Novembre 2016, 17h passées, la nuit tombe doucement sur le parc Yosemite et la fourmilière se calme petit à petit.

Je suis là depuis 1 mois. Enfin je crois. Ce n'est pas tellement mon truc de compter les jours, j'essaie autant que possible mais parfois j'oublie et je me perds dans mes comptes. Dans tous les cas, ça fait déjà quelques semaines que mon camping-car prend racine dans ce parc. C'est l'avantage du coin, je ne pensais pas tomber sur un lieu comme ça. Attention, je ne suis pas en train de vous vendre un paradis où les habitants se tiennent la main et sourient en chantonnant des chansons douces que me chantait ma maman. Je dis juste qu'ici, ça forme une sorte de clan et que même si chacun reste méfiant et que des campements fourmillent à gauche à droite du parc, on se débrouille pour ordonner une certaine entente et assurer un roulement pour les surveillances. D'ailleurs je crois que j'ai bientôt mon tour de garde un de ces soirs, faut que je me renseigne. Le souci c'est que ça fait vite boule de neige, tu demandes ce que tu dois faire une fois et au lieu de te filer une seule tâche, quand on voit que t'es plutôt débrouillarde, on t'en donne douze à accomplir et puis tant que t'es là, tu peux aussi faire ça et essayer de te renseigner pour ça.

Bon. Je n'ai pas trop à me plaindre. J'ai placé mon camping-car un peu dans un coin, près d'un lac et d'une forêt, j'ai de l'eau près de moi et j'essaie de cultiver quelques légumes. C'est pas trop la saison, mais Nono me disait que c'était à cette période qu'il fallait tracer et délimiter les champs. C'est fou comme en jardinant, moi qui passais des heures dans le jardin avec lui, l'odeur de petrichor me rappelle des souvenirs. Ça me colle pas mal les larmes aux yeux, mais je m'en fiche un peu, je passe pas mal de temps seule ces temps-ci, faut dire qu'en un mois, j'ai fait quelques rencontres mais, entre un Argentin maigre comme un clou qui a essayé de piquer mes conserves et un Mexicain qui m'a fait les yeux doux pour passer la nuit dans mes draps, je reste sur mes gardes et je préfère ma solitude pour l'instant même si c'est vrai que ce soir, elle est pesante. J'ai trainé avec moi pendant toute la journée une mélancolie et une nostalgie étrange. Pas comme des boulets, mais comme deux présences qui me suivaient en chemin ; sans me toucher, sans me parler, juste en m'observant et en me faisant sentir leur présence. J'ai le coeur gros et un sentiment de vide depuis quelques jours.

J'étais de sortie du parc aujourd'hui, j'étais partie à la chasse dans l'espoir de ramener une belle bête, mais je rentre avec deux lièvres. C'est déjà ça. Je fais un détour pour m'arrêter au coin des échanges. Je ne sais pas comment ça s'est fait, comment ou qui a eu l'idée, mais y a un point dans le parc où on peut faire des échanges. Ceux qui savent chasser échanges leurs butins contre des médicaments, ceux qui savent soigner négocient des armes contre des médicaments. Chacun y va de son savoir pour gagner sa croûte. J'ai l'avantage d'avoir pas mal de conserves d'avance, de même pour les médicaments et les armes mais j'aimerai bien aller négocier des graines ou de quoi semer pour quand les beaux jours reviendront.

Ma cape noire m'obombre le visage et je me déplace rapidement jusqu'à un groupe. Il y en a trois réunis, une jeune femme en train de se faire panser une plaie, et dans l'autre clan, un homme insulte un autre de connard de voleur, alors que ce dernier répond que ce n'est que des calomnies et que gentilhomme qu'il est, il ne ferait jamais cela. L'apocalypse mélange tellement les gens que l'avantage, c'est que toutes les classes sont mélangées depuis. Que tu t'appelais Delahautemaisonroyale ou que tu habitais dans une cité, ici si tu ne veux pas tirer le diable par la queue, tu te débrouilles pour te civiliser dans un clan si t'es maladroit, sinon tu apprends à te débrouiller.

Je m'insère donc dans un petit groupe, écoute ce qu'ils proposent, négocie ce que je cherche et repars bredouille. Si c'est pour échanger mon lapin contre une promesse d'un petit sac de graines, faut pas rêver, je préfère encore manger ma viande ce soir. Je ne crois plus aux promesses. D'un geste rapide de la main, je replace ma capuche sur mes cheveux puisque le temps se gâte et des gouttes de pluie commencent à perler. Je soupire, une fine buée s'échappe de mes lèvres. Mon regard défile de visage en visage, j'ai la drôle d'impression qu'il y a quelque chose de familier dans le coin. Une voix, mais comme il fait déjà sombre et que le soleil s'est presque totalement couché, j'ai un peu de mal à reconnaître les visages, surtout que les groupes ne sont pas très proches. L'avantage c'est que je suis assez grande, je ralentis quand je passe près du groupe où la jeune femme se fait soigner. Rien. Je m'approche du suivant, trois hommes négocient, la voix qui s'élève m'est familière et la pluie augmente d'un cran.

C'est complètement irréfléchi, l'homme me tourne le dos. Mais sa voix me dit tellement quelque chose que je suis prête à parier mon lapin que c'est Iain. Je m'éloigne légèrement, m'appuie sur un lampadaire à quelques mètres de lui. J'attends qu'il ait fini son troc, on ne sait jamais, si ça se trouve il a besoin de quelque chose. Et je l'observe, je le vois de profil, je reconnais ce visage familier. Au fond de moi, j'ai l'impression que mes trois compagnons, solitude, nostalgie et mélancolie, viennent de s'éloigner de quelques mètres, me laissant respirer, emportant avec eux le poids qui peser sur ma poitrine. J'ai envie qu'il me prenne dans ses bras, je n'entends pas leur conversation, mais l'un des deux hommes avec qui il converse fait un geste brusque et s'en va. Iain ne tarde pas à laisser en plan le dernier et à se retourner.

Je n'ai qu'à faire un pas pour quitter le lampadaire contre lequel j'étais appuyé pour me mettre en travers de son chemin. On se fait face, la pluie s'abat toujours un peu plus fort. Je ne sais pas s'il a eu le temps de me reconnaitre, mais nos regards se sont croisés avant que je me serre contre lui. Un câlin avec deux cadavres de lapin dans les mains comme retrouvaille, on aura vu mieux, mais qu'est-ce que ça me fait du bien de le retrouver.

« - Iain ? »

Iain, c'est Iain. C'est compliqué à expliquer, c'est compliqué à décrire. On s'est connus marmots, quand nos mères passaient des après-midi ensembles. Petite je l'aimais pas trop je crois, enfin, c'était pas lui que j'aimais pas, c'était les après-midis au centre-ville. Faire des boutiques, boire du thé brulant, entendre parler chiffons et torchons... Ça me saoulait. Moi je voulais être chez mon grand-père. Puis Iain et moi on s'est retrouvé à l'école, une fois dans la même classe, puis séparés de classe en classe. On passait pas notre temps ensemble, mais on avait une bande d'amis commune je crois, ça remonte. Je me souviens juste de cette conne de June qui m'énervait au plus au point avec son côté princesse capricieuse qui emmerdait Iain. Alors je sais pas, je prenais sa défense tout comme il prenait ma défense quand j'avais des soucis. À y repenser, c'était spécial puisque nous ne nous parlions pas plus que ça. Par contre, je lui ai toujours trouvé ce petit truc spécial, je sais pas, son sourire me faisait quelque chose, on a fini par se tourner autour. Sans être de l'amour clair et net, c'était un sentiment qui s'en rapprochait quand même beaucoup. Je sais juste que ça m'a fait mal de savoir qu'il déménageait, et qu'avec mes compétitions et mes entrainements, c'était impossible de se voir. Puis l'eau à couler sous les ponts, le temps est passé et par le plus fou des hasards, un soir de grande déprime après l'Évènement* et de gros soucis pour lui aussi, on s'est retrouvé dans un bar. On a passé la soirée ensemble, la nuit, la journée suivante. Confidences, partages de secrets, échanges de sentiments, explications de nos vécus... Mais le sur lendemain, il a dû repartir et moi j'avais un examen important pour devenir professeur. Étrangement, on ne s'était pas dit qu'on se reverrait, on ne fixait pas de date ni rien.

Alors le retrouver, lui, ici, maintenant, je crois que c'était ce dont j'avais besoin pour éloigner encore un peu plus mes démons de routes non désirés et repartir encore plus déterminée et motivée. Autant qu'on peut l'être dans ce monde du moins. Je renforce un peu l'étreinte pour me serrer contre lui avant de m'éloigner de quelques pas, mon regard plongé dans le sien.

   
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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Mar 7 Fév - 23:52


On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite.

Mon dos se portait mieux depuis quelques temps, ce qui m’inquiétait plutôt que de me réjouir. Cela signifiait que mon sac devenait plus leste. J’étais prêt à retrouver les maux d’épaules contre une nouvelle réserve de provisions. La nourriture comestible devenait plus difficile à trouver avec les jours, surtout après quatre ans. Lors de mes fouilles, je récoltais toutes les conserves et les aliments secs que je pouvais trouver, mais je ramassais également les objets de valeurs qui pouvaient être troquées contre ma pitance. Ces derniers jours, je trouvais plus d’articles à échanger que d’aliments, signe qu’il était temps pour moi de retourner faire un tour à Yosemite. Le temps était sombre, la pluie tombait paresseusement et je portais un ciré sombre par-dessus un amoncellement de pulls pour me protéger du vent froid. Alors que le soleil approchait de la ligne d’horizon, les barrières du parc firent irruption dans mon champ de vision.

Si j’avais à rejoindre un camp, je ne savais pas si ce serait Yosemite. J’aurais autrefois dit Angel Camp sans hésiter, mais disons que mes ardeurs s’étaient refroidies quand j’avais entendu raconter ce qui s’y était produit. Quant à Bodie… n’y pensez même pas. Yosemite pour sa part offrait un compromis intéressant entre sécurité et liberté. L’entrée était gardée et les alentours grillagés, ce qui empêchait tout indésirable d’entrer, quel que soit son état de putridité. À l’intérieur, les gens étaient plutôt du genre « vivre et laisser vivre », permettant ainsi à tout le monde d’agir comme il lui plaisait. Les fainéants pouvaient continuer de rêvasser dans leur coin, les paranos pointaient leur fusil sur tout ce qui respirait trop fort de l’autre côté des grilles, les anciens militaires gueulait des ordres à la figure de tous ceux qui venaient offrir leurs services. De petits groupes se formaient ici et là, jetant des regards suspicieux du côté des types qui s’approchaient trop près à leur goût. C’était justement cette méfiance, ce manque de coopération, qui faisait la faiblesse de Yosemite autant que son attrait. En cas d’attaque, personne ne s’arrêterait pour aider le voisin à se relever. Cette sécurité était factice, propice à s’envoler dès que les ennuis pointeraient leur nez au-delà de la grille. Néanmoins, ce camp restait ce qui se rapprochait le plus d’une vie « normale et paisible ». Tandis que je passais à l’intérieur des limites du parc, je me dis qu’une fois las de parcourir la Californie, Yosemite serait une option possible pour m’installer.

C’est d’un pas faussement assuré que je m’approchai de la place des échanges. Je tentai de donner une certaine contenance à mon visage, mais je n’arrivai pas à chasser ce sentiment que j’avais dans ma poitrine. Je détestais avoir à marchander. La plupart de ces types essayait de me rouler sans vergogne, et je n’avais pas la force de caractère ou un physique suffisamment imposant pour leur tenir tête. Vivre coupé de tous les autres survivants avait émoussé mes capacités sociales, ce qui ne jouaient pas en ma faveur non plus. J’avais souvent dû accepter des marchés inéquitables au début, mais après quelques visites j’avais appris à connaître ceux qui étaient plus honnêtes. Il y avait d’abord celle que tout le monde appelait La Vieille Li, qui m’offrait toujours un bol de soupe chaude en plus de ce que je demandais. Un homme bourru du nom de Boyle (je n’avais jamais connu son prénom, même ceux à qui j’avais posé la question n’en savaient rien) demandait cher pour ses articles, mais ils étaient tous de bien meilleure qualité que la camelote que la concurrence essayait de vous fourguer. Aucun des deux n’était présent ce soir-là et je dû me résigner à faire affaires avec les frères Barrow, deux types que je savais plus ou moins réglos dépendamment de leur humeur. Et malchance pour moi, il pleut ce soir !

Les Barrow étaient effectivement plus hargneux que jamais. Avant que je ne puisse vider mon sac pour leur montrer ce que j’avais à échanger, le plus massif des deux me reprocha d’avoir fait affaires avec Halliwell lors de ma dernière visite. Je restai muet, pris la main dans le sac. Les Barrow et Halliwell se partageaient le commerce de l’alcool, ici et ailleurs. Tout le monde savait que les deux frères coupaient leurs bouteilles avec de l’eau. Ils étaient par contre les seuls à savoir dénicher de l’alcool d’avant-épidémie. Halliwell offrait quant à lui un tord-boyaux artisanal absolument infect et qui menaçait de rendre aveugle à chaque gorgée. Ses réserves étaient toutefois plus constantes et vous donnaient l’effet recherché. J’avais recommencé à boire de façon intermittente maintenant, surtout le soir, une fois installé bien en sécurité. Je savais que ce n’était pas recommandé compte-tenu de mes anciens démons, mais je me consolais en me disant que l’alcool n’était plus aussi facilement accessible qu’auparavant, ce qui me limitait dans ma consommation. Ce penchant pour la bouteille me coupait ma source d’approvisionnement ce soir. Touchés dans leur orgueil, les Barrow ne voulaient rien m’échanger. Face à mes efforts pour leur faire changer d’idée, l’un me tourna le dos. L’autre commença à me mettre en garde d’acheter chez Halliwell, mais je me détournai à mon tour, écœuré.

Elle était là, près du lampadaire. Les yeux fixés sur les miens, elle s’avance et m’enlaça avant que je ne puisse faire un pas de plus. Si son regard m’était familier, c’est sa voix qui produisit l’étincelle nécessaire pour réveiller ma mémoire. « Emelie ! » Alors qu’elle avait prononcé mon nom comme une interrogation, j’avais mis toute l’assurance du monde dans ma voix pour me convaincre que je ne rêvais pas. Je lui rendis son étreinte avant que nous nous séparions pour nous faire face de nouveau. Malgré le capuchon qui ombrageait son visage en partie, il n’y avait pas de doute : il s’agissait bel et bien d’Emelie. Étais-je surpris de tomber sur elle ici ? La réponse était à la fois oui et non. Les visages familiers n’étaient pas chose courante et toutes ces années sans nouvelles pouvaient laisser croire au pire. Toutefois, dans notre cas, ces retrouvailles représentaient un simple retour du balancier. Emilie et moi étions comme deux astres en orbites contraires, c’était ainsi que j’aimais me le représenter. Au cours de nos vies, nous n’avions cessé de nous croiser pour ensuite nous éloigner de nouveau, ne sachant jamais quand aurait lieu la prochaine rencontre. Ou si elle aurait même lieu. Mais voilà que le destin (ou le hasard, appelez ça comme vous voulez) se montrait encore une fois plus rusé que nous le pensions.

Sortant de mon état d’hébétude, mon visage se fendit d’un immense sourire. « Si je m’attendais à ça ! Ça fait… quoi ? Six ans ? Sept ? Au moins ! » Il me semblait bien que mon compte était correct. Et avant cette soirée au bar, il y avait eu un autre écart de plusieurs années où nous avions complètement perdu contact. C’était ainsi entre Emelie et moi, et ce depuis toujours. Enfants, nous nous voyions à certaines occasions, quand nos deux mères décidaient qu’il était temps de mettre leurs nouvelles à jour. Ces rencontres n’étaient que ponctuelles, nous n’avions pas « grandi ensemble », et elles s’étaient avérées de plus en plus distanciées avec le temps. Plusieurs années plus tard, lors de nos études secondaires, nous avions eu la surprise de nous retrouver dans la même classe. C’est à ce moment que June est devenue carrément toxique pour tout ce qui l’entourait, moi en particulier. Elle encourageait ses copains de l’équipe de football à m’en faire baver quand ils me croisaient dans les couloirs et elle et ses copines me lançaient des railleries de leur table de la cafétéria. Emelie avait été une alliée précieuse, peu encline à se faire impressionner par les petits jeux mesquins de June. Elle avait du caractère Emelie, et c’était une chose qui m’avait toujours impressionné chez elle. Nous nous sommes toujours bien entendus elle et moi, mais nous avions fini par disparaître de nos vies respectives quand nous avons eu notre diplôme. Emelie était une sportive de haut niveau et elle passait chaque jour presque autant d’heures à pratiquer l’escrime qu’il n’y en avait sur l’horloge. Pour ma part, j’avais besoin de quitter la Californie, de m’enfuir aussi loin possible de ma sœur. Tout de même, je mentirais si je disais que je n’avais pas eu de pincement au cœur en me disant que c’était sûrement la dernière fois que je voyais Emelie…

« Tu ne peux pas savoir à quel point je suis content de te revoir ! J’aurais dû me douter que les zombies n’auraient pas aussi facilement une pro de l’épée comme toi. » J’enchaînais les phrases les unes après les autres, sans prendre une seule seconde de répit pour lui laisser le temps de me répondre. « Tu habites Yosemite ? Ou bien tu es seulement de passage, comme moi ? Ce serait tout un hasard alors ! » Je me mis à rire nerveusement, réalisant que j’étais en train de lui servir un véritable monologue. « Désolé, je parle trop ! C’est juste… la surprise. » Malgré la pluie qui me fouettait le visage, j’avais l’impression d’être ailleurs. J’étais remonté des années en arrière, assis sur un tabouret raide d’un bar poisseux et sirotant un gin tonic dégueulasse. J’étais expulsé de mon université, Carly ne répondait plus à mes messages textes et je vivais chez mes parents, qui chuchotaient sans cesse dans mon dos quand ils me croyaient suffisamment éloignés. Le bar était sombre, mais la lumière du soleil couchant avait jailli et se reflétait dans les bouteilles du bar pour m’aveugler. Me retournant, j’avais aperçu une silhouette familière dans l’encadrement de la porte et la surprise m’avait presque fait échapper mon verre. Là, maintenant, c’était la même chose que je ressentais.


You kill or you die or you die and you kill. † the walking dead.

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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Mer 8 Fév - 12:59



« On se quitte parfois pour

mieux se retrouver ensuite. »
Iain Parks & Emelie C. Grahams

   

   



Mes yeux sont bêtement fixés sur son visage. Il m'a reconnu, il a sourit, c'est un peu tout ce qui compte. C'est complètement stupide mais cet instant sonne comme une évidence, comme si c'était ce qu'il me fallait pour filer un bon coup de pied à solitude, nostalgie et mélancolie que je traine avec moi comme trois animaux de compagnie. Je souris, un sourire sincère, pas un fourbe en coin. Notre étreinte s'éternise juste assez pour échanger un peu de chaleur et contraster avec la fraicheur ambiante. On se recule de quelques pas pour pouvoir mieux se regarder, se reconnaitre, connaitre les nouveaux détails du visage de l'autre. Ses traits se sont durcis, il semble fatigué comme tout les humains que l'on peut croiser de nos jours de toute façon, le teint frais et éclatant est devenu une légende urbaine. Aujourd'hui le seul objectif des vivants c'est de gagner leurs croûtes pour ne pas tirer sur la queue du diable et vivre autant que possible. Alors qu'aujourd'hui, tout ce qui compte pour moi à cette minute précise, c'est de l'avoir retrouvé.

Comme saisi par un coup dans le dos lui rappelant que dire quelque chose serait une bonne idée, il semble se lancer d'un coup dans un flot de parole. Il est le plus bavard de nous deux je crois, enfin quand on se voit on est un peu du genre à se ramener nos valises de souvenirs, nos boulets, nos histoires et nos démons et à se les poser l'un devant l'autre. Pas pour se faire plaindre, pas pour chercher de la pitié. Juste parce qu'on sait que l'autre comprendra et même s'il ne pourra rien changer aux faits, au passé ou au présent, le simple fait d'avoir une oreille attentive et une présence rassurante... C'est tout ce qu'on demande parfois.

Six ? Sept ans ? Je ne sais plus. J'écarquille les yeux, j'ai l'impression de porter une part de lui en permanence avec moi, comme si j'attendais nos retrouvailles sans même savoir quand est-ce qu'elles se reproduiront. Ce qui est sûre c'est qu'avec la chance et le hasard que l'on a eu de se retrouver ici, aujourd'hui, ensemble, il est hors de question de laisser au hasard le choix de notre prochaine rencontre. Faudra qu'on trouve une solution, quelques instants l'idée de voyager avec lui me traverse l'esprit, mais son côté solitaire, le mien, mes habitudes, les siennes... Je crois qu'il y a un léger faussé entre nous à ce niveau là. Je n'en sais rien, et je n'ai aucune envie d'y penser, je veux juste profiter de l'instant malgré la pluie qui s'abat sur nous. Mes cheveux ondoient dans le vent alors que les siens se soulèvent légèrement par moment, plutôt abattus par la pluie.

Dans ma tête je me repasse notre rencontre, je ne m'en souviens plus, on était trop petit. Je fais défiler chaque moment que l'on a partagé et c'est littéralement un véritable baume au coeur que cela me produit. Je veux prendre la parole mais je ne saurai même pas trop quoi dire, je réfléchis, cent, deux-cent idées me traversent l'esprit, j'ai tellement de choses à lui dire que tout se bouscule dans ma tête et à part un large sourire, je n'affiche rien. Je prends une inspiration, j'ai envie de lui dire la chose la plus évidente qui s'affiche dans mon esprit comme éclairée par des spots géants ; J'avais besoin de te revoir. Encore plus fort qu'un "tu m'avais manqué", c'était plus de l'ordre du besoin que du manque. On s'habitue au manque avec le temps alors qu'un besoin est quelque chose d'ancré en nous, quelque chose qu'on cherche à combler et que l'on attend de combler d'une façon ou d'une autre. Et là, ce besoin était comblé simplement par sa présence.

Je souris, j'en ris parce qu'il débite un flot de paroles maladroites, il enchaine sans prendre le temps de me laisser en placer une ni même de reprendre correctement sa respiration. Je souris encore plus largement à sa référence à ma capacité à me défendre, j'hausse les épaules et penche la tête pour détailler un peu plus son visage. Ça me fait tellement de bien de voir un visage connu. Il enchaine sur plusieurs questions... Va-t-il me laisser la place pour répondre ? La pluie s'intensifie et la nuit tombe, ce qui obombrer un peu plus encore ses traits.

Son rire nerveux me tire de mes pensées. Je n'aime pas le savoir nerveux, je préfère qu'il soit à l'aise. C'est fou comme cette rencontre est une brèche improbable dans le temps, comme un cadeau de l'univers, un message que je prends comme une raison de ne pas baisser les bras. Comme une bouteille à la mer me disant, d'accord, tu as perdu des proches, mais regarde, il en reste. Et pas n'importe qui. L'eau dégouline totalement sur nos visages et nos vêtements et la fraicheur du vent s'infiltre sous et sur le tissus. On a beau n'être ni l'un ni l'autre maigre comme un clou, nous ne sommes pas très épais non plus et la fraicheur devient désagréable. Une évidence me traverse l'esprit.

« Viens, j'ai un camping-car à quelques pas d'ici, on y sera mieux pour parler ! Tu as un abris où dormir, ou quelqu'un qui t'attend peut-être ? » c'est en lui proposant de venir se réchauffer chez moi que l'idée qu'il en soit pas seul m'est venue. Après tout, c'est carrément un bel homme, il est du charme, il est rassurant, il a un tas de qualité et ça ne m'étonnerai pas qu'en 7 ans il est su trouver quelqu'un et qu'ils traversent l'apocalypse ensemble. Un pincement au coeur à l'idée qu'il ne soit pas seul me tiraille la poitrine, ce n'est pas de la jalousie je vous vois venir. Non. Je suis pas jalouse moi de toute façon, vous interprétez mal. Ok, peut-être un peu, enfin je crois... « Sinon, mon camping-car est sec et plutôt chaleureux, et j'ai des vêtements de rechanges, j'ai encore quelques affaires de Stan dans un placard si t'as besoin de te changer... »

De toute façon, la pluie s'intensifie trop pour que l'on reste là et l'orage commence à se faire entendre. Je siffle Zorya qui arrive en courant, remuant la queue et cherchant à se frotter à moi, elle adore la pluie et l'orage alors que l'autre chien, le moins coeur de lion des deux, doit se terrer sous mon lit en entendant le tonnerre gronder. C'est une deuxième raison qui fait que j'aimerai vite rentrer chez moi. De toute façon, je tilte qu'il vient de me dire qu'il est seulement de passage et qu'il n'est pas installé au camp. Avec cette météo, je doute qu'il puisse rejoindre quelqu'un en dehors du parc. Ce serai trop dangereux, on ne voit pas à 3 mètres devant nous et on entend absolument rien à ce qu'il se passe autour de nous, par ce temps on est la proie des vivants comme des crevés. Hors de questions que je le laisse partir par cette pluie. « Tu n'es que de passage non ? Passe la nuit ici, par ce temps tu ne peux pas repartir maintenant, tu vas t'attraper une crève pas possible ou tomber sur des crevés... Viens ! »

Je lui attrape la main par réflexe et adopte un pas rapide pour que l'on arrive rapidement chez moi. Je soupire en observant le loquet casser de ma caravane. Depuis que Carolyn l'a crocheter, je n'ai pas su le réparer. Va falloir que je trouve une solution, je n'aime pas l'idée de laisser en permanence un de mes chiens ici. Je pousse la porte et laisse mes chaussures à côté de la porte, c'est pas grand alors c'est plutôt compliqué de ne pas se cogner partout. Je dégage le chemin pour laisser rentrer Iain et attrape une serviette pour frotter Zorya, premier réflexe avant même de me sécher moi. Sinon elle va me tremper l'intérieur et salir partout, et nettoyer les draps en période d'apocalypse, c'est pas la chose la plus amusante que je connaisse.

«- Tu veux des affaires sèches ou tu as de quoi faire dans ton sac ? » Je lance un regard à son sac qui n'a pas l'air très lourd, ni très rempli. J'enlève ma veste après avoir libéré Zorya de sa serviette et l'observe rejoindre Pinpin qui se planque sous un meuble. Je souris, attendrie. Mon regard se reporte sur Iain et je me dirige vers les placards où je stock les affaires. Le camping-car n'est pas très large, mais je pense que même un pro de Tetris n'aurait pas su mieux remplir que moi les placards et les zones disponibles. Je suis assez méthodique. Tout à gauche c'est là où est le clic clac, replié la journée car sinon il bloque l'accès à plusieurs rangements. à côté il y a une table, elle aussi pliable pour faciliter le passage. C'est en dessous de celle ci que se sont tapis les chiens. Le côté cuisine est lui remplit de placards, de rangement, de listes aussi d'ailleurs.


   
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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Dim 12 Fév - 17:30


On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite.

Le temps était loin d’être propice aux retrouvailles. Les gouttes de pluie heurtaient mon visage comme une multitude de petites aiguilles, ma figure devenant aussi irritée qu’une cible de dards à la fin d’une soirée. Quant au vent, chaque petit interstice entre ma peau et mes vêtements était pour lui une invitation à venir me transir. Malgré tout, même si mes genoux s’entrechoquaient à force de trembler de froid, je n’osais pas proposer de bouger. Ce fut Emelie qui prit l’initiative en m’invitant dans sa caravane, s’enquérant du même coup si j’avais quelqu’un à retrouver. « Non, il n’y a pl… pas personne qui m’attend. » Je fus secoué d’un tremblement lorsqu’une bourrasque plus forte que les autres gonfla mon capuchon et s’engouffra dans mon cou. J’espérais que cela ferait passer mon changement de mot pour un bégaiement dû au froid. Je ne voulais pas raconter à Emelie que je n’avais plus aucune nouvelle de ma sœur jumelle depuis longtemps déjà, alors que nous avions passé presque quatre ans à voyager ensemble. Tout d’abord, je voulais que ces retrouvailles soient encore teintées de joie avant de plonger dans les sujets plus sombres. Ensuite, je savais qu’Emelie et June ne s’étaient jamais entendues, loin de là. Comprendrait-elle la sensation de manque qui m’habitait depuis ce jour où nous avions été séparés ? Moi-même je n’arrivais pas bien à m’expliquer pourquoi nous sommes restés si longtemps en équipe, ni même comment nous avions fait pour ne pas nous entretuer. Malgré nos différends, sa présence rendait le monde plus familier, comme si une partie de moi n’avait pas besoin de s’adapter aux conséquences de l’épidémie.

Lorsqu’Emelie évoqua le nom de Stan, je ne sus d’abord pas de qui elle parlait. Avant de me souvenir qu’il s’agissait du nom de son frère, mes méninges avaient évoqué plein de possibilités : membre du même groupe, petit ami, mari… Ainsi, je n’étais pas le seul d’entre nous deux à ne plus avoir de nouvelles de ma fratrie. Le contraire aurait été plutôt étonnant, non ?, me rétorqua la voix de ma sœur, qui n’avait pas tort, à mon grand désarroi. Une rapide réflexion me fit déduire que, si Emelie possédait toujours des affaires de son frère, ils avaient dû voyager ensemble au départ. Je ne voulais pas entrer dans les sujets sensibles immédiatement, mais il me semblait que nous n’aurions pas le choix de crever l’abcès à un moment ou un autre, sans quoi nous ne ferions qu’éluder ces sujets en faisant semblant que nous prenions le thé quelque part avant 2012.

Emelie émis un sifflement, un son à demi enterré par les rafales de vent, mais le principal intéressé avait entendu. Un énorme molosse dont je ne pouvais identifier l’espèce accourut dans notre direction. La bête avait un aspect comique de mon point de vue, comme si la gravité attirait ses babines et ses paupières vers le sol, mais elle n’était pas déplaisante à regarder. Il me semblait qu’Emelie m’en avait déjà parlé, mais je n’avais jamais eu l’occasion de voir le chien en vrai. Celui-ci ne semblait nullement importuné par la température. Il tournait autour des jambes d’Emelie et cherchait son attention, un comportement qui m’indiquait qu’il était plutôt affectueux. À moins que ce ne soit uniquement avec sa maîtresse… Cette dernière m’invita ensuite à passer la nuit dans son camping-car, proposition qui semblait déjà décidée d’avance, puisqu’Emelie m’empoigna la main pour m’y mener dès sa phrase terminée. Je la laissai faire, pressé de fuir la pluie pour pouvoir continuer la conversation. Nous atteignîmes bientôt la caravane et, une fois à l’intérieur, je me mis à observer les alentours tandis qu’Emelie se jetais sur son chien avec une serviette. Elle me demanda ensuite si j’avais besoin d’affaires sèches, ce à quoi je répondis : « Mon sac est plutôt imperméable, je devrais bien avoir un pull de rechange. » J’enlevai mes chaussures et les posai à côté de celles d’Emelie, histoire de ne pas souiller le sol de sa demeure, puis je fouillai dans mon sac à la recherche de vêtements chauds.

J’hésitais à me changer devant Emelie. J’avais toujours eu un côté pudique, mais ma gêne était surtout due aux ravages que ces quatre années avaient eu sur mon corps. J’étais blême et maigre, le peu de muscles que j’avais fondait de jour en jour. Mes côtes saillaient de façon marquée sous ma peau, relief presque douloureux à regarder. Je n’étais pas le seul dans cette situation. Pratiquement tout le monde galérait à trouver de la nourriture, souvent trop peu pour remplacer les calories perdues à fuir les rôdeurs. Nous avions tous changé, nous portions tous plus de traces de combat, nos cicatrices hurlant « J’ai survécu ! » à la face du monde. Néanmoins, je ne pouvais pas me débarrasser de ma fierté, encore trop attaché à l’image que je projetais avant que l’épidémie n’explose. Il y avait aussi le fait que je ne voulais pas qu’elle me voit ainsi. Je voulais rester pour Emelie le même Iain qu’elle avait connu, même s’il restait si peu de cet Iain aujourd’hui. Cette rencontre était comme un retour dans le passé, et celui que j’étais alors n’avait jamais connu ce que c’était de ne pas manger à sa faim. Elle devait bien avoir vu que mon visage était plus anguleux et que j’avais pris un coup de vieux avec les années. Mon front était moins lisse, certes, et la fatigue avait creusé mes yeux, mais mon visage s’en était plutôt bien tiré comparé au reste de mon corps. Je tournai le dos à Emelie pour enfiler mon t-shirt, puis un jean. Je posai ensuite mes vêtements près de l’entrée pour les faire sécher avant de jeter un coup d’œil du côté d’Emelie.

Je pu apercevoir un autre compagnon canin, semblable au premier, terré sous un meuble. Et moi qui croyais que ces molosses étaient sans peur ! Celui-ci tremble dès qu’une goutte frappe trop fort sur le toit. J’émis un sourire amusé. Laissant mon amie à ses recherches, je m’approchai du chien près de la porte et lui tendis la main pour qu’il me renifle. Je ne fis toutefois aucun geste pour lui caresser la tête avant d’être sûr que ma main n’y risquait rien. « Est-ce que ton chien est amical avec les inconnus ? » Je n’avais jamais eu d’animaux de compagnie et je ne pouvais pas comprendre leur comportement aussi clairement que je le voudrais. En attendant sa réponse, je jetais des coups d’œil à gauche et à droite pour admirer l’intérieur. Le camping-car était assez petit, mais il semblait y avoir tout le nécessaire pour y vivre. Le matériel était classé de façon méthodique, constatai-je lorsqu’Emelie ouvrit les placards. À croire qu’elle s’était préparée longtemps avant de prendre le volant, à la différence de June et moi. « Tu es plutôt bien installée avec ce camping-car. C’est plus commode qu’un sac à dos en tout cas. »

Bien sûr, je n’avais pas toujours parcouru la Californie en emportant mes maigres possessions sur mon dos. Au départ, June et moi avions quitté notre commerce au volant d’un van de livraison. Une chance pour nous à vrai dire. Avec tous les infectés qui avaient déboulé dans l’épicerie, impossible de rejoindre nos voitures respectives dans le stationnement. De plus, nous avons eu une réserve de provision substantielle dans la boîte du véhicule, que nous avions emportée avec nous quand les routes étaient devenues impraticables. La frayeur collective avait vite fini par nous rattraper malgré notre avance. « Quand je suis parti de Sacramento, la panique venait à peine de s’installer. C’était durant la toute première vague d’infection, quand les gens ne comprenaient pas encore ce qui se produisait et se faisaient mordre par surprise. Nous avons eu de la chance pour sortir de la ville, mais par la suite les embouteillages et les barrages routiers de l’armée ont rendu les choses plus difficiles. Depuis je continue à pied. Moins rapide, mais plus pratique pour contourner les obstacles. » Voilà, j’avais abordé le sujet sans préambule. Peut-être était-ce le fait de retrouver Emelie qui me faisait me confesser autant, comme si j’essayais inconsciemment de recréer notre dernière soirée. Emelie et moi nous étions toujours compris, ou du moins nous savions suffisamment faire preuve d’empathie envers ce que vivait l’autre. Peut-être était-ce aussi les circonstances qui nous forçaient la main quant aux sujets de conversation. Après tout, que s’est-il passé de majeur dans ma vie ces dernières années, outre que les zombies essayaient de me dévorer en permanence ?

L’idée d’agir comme si Emelie et moi avions vécu dans une bulle m’avait quitté. Je voulais maintenant savoir comment elle avait atterrit ici, quel chemin elle avait parcouru pour finalement se poser dans le parc. Je voulais connaître ce qu’avait traversé l’ancienne Emilie pour mieux cerner celle que j’avais devant moi. « Et toi ? Tu es à Yosemite depuis longtemps ? » Autant débuter doucement. Tout comme je n’avais pas abordé le sujet du « nous » dans mon histoire, je n’allais pas lui demander directement ce qui s’était produit avec Stan pour qu’elle garde toujours des affaires à lui dans son camping-car. J’avais perdu plusieurs aptitudes sociales avec le temps, mais je savais encore faire preuve d’un minimum de tact dans mes questions.


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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Mer 15 Fév - 15:43



« On se quitte parfois pour

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Depuis que la conversation a commencé, j'ai l'étrange impression qu'on tourne autour d'un pot, chacun un boulet dans le dos, à essayer de ne pas montrer notre boulet à l'autre. Comme si on essayait de faire comme si de rien était depuis la dernière fois, que la terre n'est pas devenue ce qu'elle est et que tout va bien dans le plus beau des mondes. J'hésite, j'aimerai crever l'abcès mais ce semblant de normalité me fait du bien pendant quelques minutes au moins.

Je le vois poser ses fesses au sol pour enlever ses chaussures puis pour fouiller dans son sac, me rassurant en m'expliquant qu'il doit encore avoir quelque chose de sec. Je lui tourne le dos pour attraper un pull épais, noir que j'ai trouvé dans l'une des maisons que j'ai fouillée. J'enlève rapidement la chemise qui me colle à la peau et m'essuie brièvement le buste et la poitrine une fois le tissus trempé retiré. Machinalement, j'enfile le pull chaud et fais glisser mon jeans. Ça par contre ça relève de la torture de l'enlever quand il est mouillé. Déjà que de base, c'est serré, mais en plus quand c'est trempé, ça devient un challenge total. Je m'appuie sur un placard pour tirer sur le bas de mon pantalon et le faire glisser petit à petit. Concentrée sur ma tâche, je ne fais pas attention à ce que fait Iain, je lui laisse de l'intimité dirons nous, mais c'est surtout que j'ai hâte de quitter mon pantalon dont j'ai la désagréable impression d'être prisonnière. Personnellement, je ne ressens pas spécialement de gêne ou de pudeur. Je n'ai jamais été pudique ni timide, et après des années à bronzer à chez moi en topless, je ne crois pas pouvoir compter sur les doigts d'une main mes proches qui ne m'ont jamais vu simplement vêtue d'un shorty ou d'un bas de maillot de bain. Et même si avec cette nouvelle aire, mon corps a changé, je ne me prends pas trop la tête à ce niveau là. Des cicatrices se sont rajoutées à celles déjà présentes avant. De toute façon, depuis l'Évènement qui m'en a laissé une terriblement longue dans le dos, je ne fais plus ma chochotte quand un crevé me griffe ou que m'ouvre en tombant quelque part en ville.

Je n'ai jamais été trop axée sur le physique de toute façon, j'adore modifier mon corps. Chose prouvée par mes tatouages de part et d'autres de mon corps de toute façon. Mon premier sur le bas du dos, une citation, puis une constellation sur l'épaule, une autre citation sur l'avant bras, un dessin sur les cottes, un autre dans la nuque, un suivant sur la hanche, un dernier sur la cheville et hors deux sur les mains, je crois que n'oublie personne. D'ailleurs je ne sais même pas s'il les connait. Tiens c'est vrai ça. On s'est vu pour la dernière fois quand je venais d'arrêter le sport à haut niveau, mon terrain glissant à moi, et je commençais doucement à tomber dans ces sables mouvants de tristesse et de mélancolie nostalgique. Ah oui donc c'est fort probable que la dernière fois que l'on s'est vu, je n'avais encore rien de tout ça.

Enfin ! Je libère ma deuxième jambe du tissus et soupire de soulagement. Je l'étends et le pose sur une chaise pour qu'il sèche, je le rincerai demain de toute façon. J'attrape ma serviette pour m'essuyer les jambes et tire sur le pull que j'ai enfilé, il m'arrive au niveau des cuisses. Je m'enveloppe dans un plaid posé sur un des cartons et je me dirige vers la cuisine. Je lance un regard à Iain pour observer ce qu'il fabrique, c'est vrai qu'entre mon jeans et mes pensées, j'étais occupée autrement et je n'ai pas fait attention à sa présence. Il faut dire que j'ai l'habitude d'être seule ici et que sa présence n'est pas une gêne ou quelque chose qui fait que je me comporterai différemment.

Sa voix me ramène à la réalité lorsqu'il me pose une question sur mes fauves. « Non t'inquiète vas y, ils aiment bien les câlins, le côté prédateur près à tuer c'est juste l'air qu'ils se donnent pour effrayer les inconnus. D'ailleurs si tu grattes Pinpin, le gros tremblant, tu le rassuras peut-être un peu, pauvre bébé effrayé par l'orage... » Je lance un regard dans la direction de la bête qui semble observer Iain en attendant quelque chose. Ce sont des chiens intelligents, ils savent garder une maison, un terrain, un véhicule, ils savent défendre leur maitre, ils savent protéger, mais ils arrivent aussi à comprendre de qui il faut se méfier et qui n'est pas un danger. Je pense qu'ils déduisent de mon comportement naturel et pas stressé que la présence du jeune homme est désirée. Je vois Iain balader son regard dans le camping-car. Je me retourne et fouille dans un des placards.

J'ai moyen de faire du thé, pas grand chose d'autre. J'allume une bougie sur la table, puis deux autres et plonge le camping-car dans l'obscurité. Nono s'était débrouillé pour que des panneaux solaires rendent l'intérieur plus ou moins autonome, mais je préfère toujours éviter d'allumer quoi que ce soit la nuit pendant trop longtemps. Je n'ai ni envie d'attirer les crevés, ni les vivants maigre comme des clous tirant sur la queue du diable à force de ne pas trouver de solution pour gagner leurs croûte. Iain commente l'intérieur du camping-car, organisé méthodiquement... Mon regard s'arrête sur son sac qui sèche dans l'entrée. J'ai l'impression que l'on est à nouveau là à tourner autour du pot, boulets cachés derrière notre dos, à afficher un sourire de façade. « Thé ? J'ai menthe, thé vert, thé noir, ou fruits jaunes... Je te propose pas de café, j'en ai pas et ça pue. » Mes yeux s'arrêtent rapidement sur la dizaine de bouteille d'alcool accumulées au fond du placard. Je me souviens de notre état et de notre taux d'alcoolémie à la fin de la soirée la dernière que l'on s'est vu, alors j'hésite quelques instants. Je griffe une allumette et allume le gaz. J'essaie de l'économiser le plus possible et je m'en fais rarement, ayant conscience que c'est un luxe fou d'avoir accumulé tout ça. Mais pour l'alcool, je me dis qu'il vaut mieux être clair lorsque nous percerons l'abcès de ce qu'il s'est passé entre le début de la fin et aujourd'hui... Après nous verrons.

L'eau chauffe, le gaz diminue, ça boue, la cocotte siffle. J'attrape deux tasses, une rose et une rouge avec un poème niais dedans. « Je voudrais être le soleil de tes jours, la lune de tes nuits, les larmes de tes yeux, le remède de tes douleurs, le sourire de tes joies et l'unique personne de ta vie. »... C'est niais à en mourir mais c'est ce que j'avais trouvé en premier et je m'en fiche un peu d'avoir une cuisine dépareillée et des tasses pas assorties à mes chaussettes. Je laisse tomber deux sachets de thé au fond des tasses après avoir coupé le gaz, économie économie, et fais couler l'eau dans les récipients. Je me retourne, Iain a les yeux perdus dans le vague et semble pensif. Je lui tends la tasse que j'ai dans la main gauche machinalement, celle avec le poème sans arrière pensée.

Je me laisse tomber sur le clic-clac replié en canapé et croise les jambes pour les cacher sous le plaid. Il semble redescendre de ses nuages et prend la parole, faisant sursauter le gros Pinpin. L'abcès vient d'être découvert, au lieux de tourner autour du pot, on se pose nos boulets et on verra ce que ça donne. Servons nous du pot pour mélanger nos soucis et essayer de souffler. Depuis que les crevés se relèvent et se balade, on peut vite avoir la sensation de porter le monde et tout le malheur de la terre sur les épaules. Je l'écoute attentivement, les doigts serrés sur ma tasse chaude. Il m'explique ce qui est, pour lui, le début de l'aventure. C'est une version des faits que je connais très peu et très mal puisque de la ferme, nous étions à l'opposé des autoroutes et routes principales. De notre côté, c'était routes à peine goudronnées et nids de poules en veux tu en voilà... Alors c'est pas par là que les gens ont eu l'idée de fuir après la première vague d'infectés. Je hoche la tête, souffle sur mon thé. Son visage se ferme légèrement et son regard se perd, je sais que ça ne doit pas être facile de déballer sa vie comme ça... Peut-être que l'obscurité aide à se confier justement. Il me retourne délicatement la question, avec un timbre de voix très doux, comme s'il avait peur de faire déborder un vase dont les gouttes ne faisaient que s'accumuler, menaçant à chaque mouvement de s'effondrer. Je souris, un sourire sincère mais légèrement tinté de tristesse... Je n'en ai jamais parlé depuis Sam je crois, mon compagnon de route quand j'étais en chemin. Je respire et me lance.

« - De notre côté, là où il y avait la ferme de Nono, c'était plutôt calme en fait... On a vu des infectés, mais que très peu de hordes. Tout les vivants quittaient la ville et semblaient mourir sur l'autoroute dès qu'ils se retrouvaient bloqués à un barrage et qu'un infecté sortait de nul part. On est resté à 5 pendant 2 ans, puis 1 an à 3 avec Nono, Stan et les chiens. Nono s'occupait de la ferme, mon père Stan ou moi allions visiter les alentours pour faire des provisions. On stockait tout ce qui pouvait être utile, on avait de la place, du terrain, et moyen de se défendre. Ça fait un an que je suis sur les routes et je suis arrivée ici il y a peu pour être honnête. » Je m'arrête là pour l'instant, consciente d'avoir posé mon boulet sur la table à côté du sien. Se confier comme ça c''est comme pour faire un puzzle, on commence par le plus simple, les angles puis les contours avant de s'attaquer au plus difficiles, l'intérieur...

« - Et tes proches ? Tu voyages seul depuis longtemps ? June...   » Je m'arrête. Je manque cruellement de tact depuis toujours et je n'ai pas son talent pour arrondir les angles. Je me souviens de son insupportable soeur, et même si je ne lui pardonnerai jamais ce qu'elle faisait à son frère, je sais que Iain y tient énormément. En plus, par effet boule de neige, je suis sûre qu'il va me reposer la question. Je pense que j'arriverai à lui en parler, j'essaierai du moins. Ça me fait bizarre cette brèche dans le passé, comme si nous remontions le temps. Peut-être devrions nous faire cela chacun notre tour ? Lui déballer tous mes démons et qu'il me déballe ensuite les siens ? Ou continuer l'un après l'autre ainsi..? Je ne sais pas... L'orage gronde toujours énormément sur le parc.


   
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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Mar 21 Fév - 0:16


On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite.

En attendant la réponse d’Emelie, je pris une gorgée du thé bien bouillant qu’elle m’avait servi. Il y avait tellement longtemps que je n’avais pas eu le plaisir de tremper mes lèvres dans une boisson autre que l’eau tiède de ma gourde ou le tord-boyaux dégueulasse de Halliwell ! Un liquide chaud qui plus est. Rien de plus réconfortant tandis que l’orage dehors battait son plein et que le vent frappait les côtés du camping-car avec la force d’un poing. J’avais dit plus tôt qu’Emelie semblait bien organisée, mais il y avait plus encore. Elle était bien équipée. Une cuisinière fonctionnelle, ça valait son pesant d’or désormais. Je pouvais le confirmer, moi qui me nourrissais de champignons secs, de cannes de thon température pièce et de pâtes crues et dures. Toutes ces choses auraient le goût d’un festin une fois cuisinées sur un four et servies ensemble dans la même assiette. Je me doutais bien que ses réserves de gaz ne seraient pas éternelles, mais je souhaitai silencieusement à Emelie de pouvoir en profiter encore longtemps. Et dans le plus grand secret. Il était vrai que si cela s’ébruitait à Yosemite, mon amie serait alors en grand danger. L’envie n’était pas un péché mortel pour rien, il pouvait pousser les plus désespérés là-dehors à s’en prendre à Emelie pour sa simple réserve de thé.

Je fis un signe au chien d’Emelie (réalisant après plusieurs minutes qu’il s’agit en réalité d’une femelle). La bête compris et s’approcha pour que je puisse la gratter entre les oreilles. Son pelage était encore humide, malgré les efforts d’Emelie pour le sécher, et je savais que ma main allait finir par sentir le chien mouillé. Peu importe à vrai dire, ce ne serait pas la pire odeur que j’aurais trainé avec moi ces derniers temps. Je reportai mon regard sur Emelie, bien que mon attention se soit toujours fixée sur ses paroles. Assise sur le clic-clac, vêtue d’un pull sec et les jambes sous sa couverture, mon amie me fit le récit des premiers mois d’épidémie qu’elle a vécus. Sans vouloir dire qu’elle l’avait eu facile, disons plutôt qu’elle avait eu de la chance d’avoir toute sa famille avec elle et de vivre sur une ferme autosuffisante, à distance du plus gros des rôdeurs. Cela expliquait assez bien comment elle s’était retrouvée avec tout cet attirail dans son camping-car. Par contre, je réalisai par la suite que d’avoir ses proches avec elle avait dû rendre plus dure leur perte. Je ne pouvais que supposer pour Emelie, mais cela avait dû frapper encore plus quand ses parents l’avaient quittée, comme si le petit monde qu’elle avait conservé au prix de tant d’efforts venait de se réduire de moitié. À vrai dire, c’était plutôt ce que moi j’avais ressenti lorsque j’avais été coupé de ma jumelle. Et c’était justement sur ce sujet que la conversation embarquait…

« J’étais effectivement avec June, aussi étrange que cela puisse paraître. » Je lui offris un léger sourire, histoire qu’elle ne se sente pas mal d’avoir abordé le sujet de ma sœur. J’avais cru comprendre à sa façon de terminer sa phrase qu’elle craignait de jeter un certain malaise dans la pièce et je ne voulais pas qu’elle s’empêche de me poser toutes les questions qu’elle voulait par la suite. Après tout, nous en étions à notre première rencontre en plusieurs années. Il fallait bien se replonger un peu dans nos mauvais souvenirs avant de pouvoir continuer sur une voie plus brillante. « Nous avons été séparés il y a peu, voilà pourquoi je voyage seul. » Je décidai de ne pas donner tout de suite de détails sur la raison derrière. Si la question venait de la bouche de mon amie, je répondrais alors, mais d’ici là je préférais ne pas lui faire savoir que tout était de ma faute. Il était facile de me confier à Emelie, mais certaines choses étaient quand même plus dures à exprimer que d’autres. Même en compagnie de celle qui en sait plus sur moi que plusieurs, plus que ma propre jumelle. Je ne pouvais pas expliquer clairement pourquoi il en était ainsi. Émilie et moi étions bien sûrs amis au secondaire, mais je ne me souvenais pas que nous fussions alors des « confidents ». Par la suite, nous avions même cessé de nous voir entièrement, comme cela arrive si souvent dès le diplôme en poche.

Peut-être que c’est justement parce que nous avons été si souvent séparés l’un de l’autre qu’il devient plus facile de se confier, un parfait mélange de connu et d’inconnu. Suffisamment en confiance pour dévoiler les pans les plus douloureux de nos vies, mais assez éloignés pour ne pas devenir étouffant à force de se livrer. Peut-être que les absences pouvaient avoir du bon après tout, même si à chaque fois la séparation faisait l’effet d’un étau au départ. Quoi qu’il en soit, raconter mon parcours ce soir me paraissait naturel, comme si c’était aussi facile que d’attacher mes lacets ou faire du vélo, quelque chose d’instinctif quoi. « Il te manque une grande partie de l’histoire pour mieux comprendre. La dernière fois qu’on s’est vus, j’étais en pleine chute libre, tu as pu le constater. Par la suite, j’ai commencé à travailler au commerce de mon père et puis June est venu nous rejoindre une fois son diplôme en poche. Mon père a fini par nous laisser l’entreprise et prendre sa retraite. Et comme tu peux imaginer ce fut l’enfer. » Je laissai échapper un petit rire mi-amer, mi-sincère. Y repenser maintenant ne faisait plus autant mal qu’autrefois, comme si je n’arrivais pas à réaliser que cela m’était arrivé à moi. En même temps, j’avais les cicatrices émotionnelles de nos affrontements gravés au fer rouge et la douleur remontait parfois par réflexe. « Nous étions tous les deux au commerce quand les zombies ont attaqué. Nous avons eu beaucoup de chance, même si c’est horrible de le voir ainsi. Les rôdeurs étaient concentrés sur les clients agglutinés à l’entrée du commerce, June et moi avons pu fuir par le fond. Et il y avait une camionnette de livraison stationnée là, comme si elle nous attendait. »

Y repenser fait remonter tous les événements de cette journée à mon esprit. « Ce jour-là, on s’était engueulé au sujet des congélateurs à réparer. June voulait refaire la façade plutôt que de remplacer notre équipement. Quand j’y repense aujourd’hui, tout cela me semble tellement stupide… Mais ça ne s’est pas amélioré par la suite. Je voulais aller à droite et June à gauche. Je voulais contourner un village et June l’explorer. Malgré tout elle me manque. C’était… c’est ma sœur. » Ma voix était toujours stable, mais je la sentais sur le point de se briser, alors j’arrêtai de parler. Même si cela faisait du bien de tout mettre sur la table avec Emelie, je ne voulais pas non plus perdre le contrôle de mes émotions et devenir une larve larmoyante. Tout comme j’avais ressenti un feu vert pour m’exprimer plus tôt, je sentais que le signal était maintenant au jaune très orangé.

Un coup de tonnerre retentit, un énorme craquement qui fit sursauter le second molosse. Me rappelant des paroles de sa maîtresse, je tapotai le sol à mes côtés pour qu’il se rapproche. Le geste l’intrigua, mais la frayeur pris le dessus sur lui et il resta terré sous le meuble. Lâchant un léger soupire amusé, je me rapprochai et je tendis la main pour qu’il puisse la renifler avant de le flatter, comme pour sa compagne. J’espère qu’ils sont d’une plus grande aide pour Emelie lorsqu’il ne pleut pas. Après tout, des chiens de cette taille pouvaient facilement effrayer tout individu mal intentionné, à moins que celui-ci ne soit convenablement armé. L’odorat de ces bêtes devait également être d’un secours précieux lors des excursions. Capables de sentir plus rapidement que nous l’odeur putride des rôdeurs, les canins pouvaient permettre à leurs maîtres de contourner les hordes en mouvement et d’éviter les lieux infestés. Je me demandais toutefois si les avantages surpassaient les inconvénients. Est-ce que les jappements des chiens attiraient les rôdeurs, ou savaient-ils qu’ils valaient mieux rester silencieux ? Et pour la nourriture, fallait-il leur trouver des sacs de croquettes ou bien pouvaient-ils se débrouiller pour trouver leur pitance dans la nature ? Je préférai rester muet quant à ce sujet. Même si ces animaux avaient la possibilité de représenter des fardeaux pour les survivants, je ne pouvais nier l’attachement émotionnel qu’ils représentaient. De la même façon qu’on n’abandonnerait pas une grand-mère malade, on ne pouvait pas simplement s’enfuir en laissant ses chiens derrière soi. Je continuai de caresser le molosse tout en regrettant mes pensées négatives. Le fait de vivre dans un monde hostile me faisait raisonner de façon purement rationnelle, sans réaliser que certaines choses comme l’amour inconditionnel existaient encore aujourd’hui.

Le contact avec les animaux de mon amie m’avait permis de retrouver le contrôle de mes sentiments. Maintenant que j’étais remis, je voulais montrer que je savais aussi bien écouter que parler. Néanmoins, je savais la séparation d’Emelie avec ses proches plutôt récente. Un an sur les routes, seule, c’était peut-être trop peu encore pour qu’elle puisse tout me raconter sans que cela l’affecte. « Tu n’es pas obligé de me dire ce qui est arrivé à Nono et Stan si tu ne veux pas. En fait, j’espère que je ne t’importune pas avec mes souvenirs et mes problèmes. » Après tout, il n’y avait aucune obligation de replonger tous les deux dans notre passé ce soir. J’avais ressenti le besoin de le faire, je l’avais fait, j’avais terminé. Si Emilie ne voulait pas faire de même et préférais se concentrer sur le présent ou l’avenir, ainsi soit-il. Je repris une nouvelle gorgée de mon thé avant que celui-ci ne refroidisse.

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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Mer 8 Mar - 22:05



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Mon chien vient se frotter à la main tendue de Iain et lui montre intelligemment les zones préférées pour les caresses. Il y a des zones où mademoiselle préfère être caressée vous voyez, entre les oreilles c'est bien, sous le menton c'est très bien, le bout du nez c'est carrément cool, le front c'est potable, l'arrière du crâne c'est grand bonheur tout comme le bas du dos, par contre, pas touche à sa poitrine, sinon elle vous mâche le bout des doigts pour que vous dégagiez. Elle a des réflexes tout doux c'est amusant. Je l'observe, l'oeil attendri presque comme une mère pourrait regarder ses enfants.

Iain prend la parole avec un léger sourire lorsqu'il aborde le sujet de sa soeur, on se souvient tous les deux les conflits que cette peste a pu créer mais bon, avec la peste qui s'est répandue dans le monde actuellement, les histoires de gamins c'est plus vraiment d'actualités. Mais son sourire me rassure, j'avais peur de mettre le pied sur une mine en abordant un sujet délicat et je n'apprécie pas les phrases toutes faites du genre « Je n'ai pas envie de parler de ça » ou « Je ne préfère pas aborder le sujet », ça a le don pour me foutre mal à l'aise. Enfin, c'est pas de la gêne genre j'ai envie de devenir une petite souris et de disparaitre dans un coin de la pièce tellement je rougis de honte. Non, c'est plutôt que j'ai envie de secouer la personne si c'est un proche pour lui dire « Aller accouche, les mots qu'on garde pour soi finissent par moisir à l'intérieur, fais sortir ça, crache moi ce qui coince et on en fera quelque chose ensemble, je m'en fiche que ça ai du mal à sortir, moi je vais pas laisser ça là. » J'aime pas ne pas savoir les démons de mes proches, mais ironiquement, mes démons a moi, rare sont ceux qui en connaissent l'existence. Rares sont ceux aussi qui en soupçonnent l'existence d'ailleurs. Et c'est très bien comme ça.

Iain continue de caresser ma Zorya qui se rapproche de lui de plus en plus confiante en cet inconnu qui a le droit d'entrer dans notre chez nous, et moi j'en profite pour siffler Pinpin qui tremble toujours planqué dans son coin. Il ne se fait pas désirer et si je n'avais pas eu le réflexe de soulever ma tasse, il aurai foncé droit sur mon thé brulant. Il n'est pas l'animal le plus adroit qui existe surtout quand il est apeuré par l'orage. Je souris et j'encaisse les 80 kg qui se couchent sur le coté du clic clac, posant sa grosse tête sur mes cuisses et me lançant un regard suppliant. Je pose ma main libre sur sa truffe et lui caresse le bout du nez, cette petite zone entre les yeux et la truffe toute douce et surtout très sensible pour eux.

Mon ami continue son récit alors que nous continuons nos thés. J'écoute silencieusement, j'ai l'habitude de fixer les gens dans les yeux quand ils parlent mais je vois que le sujet est frais et douloureux, je préfère me contenter de croiser son regard quand il cherche le mien, sinon, mes yeux sont posés sur Pinpin dont la respiration semble se calmer à mesure des caresses. Je remarque que Iain hésite après certaines phrase, je ne sais pas s'il hésite sur les choses à me confier ou bien s'il pèse ce qui peut être raconté et ce qui ne peut pas l'être. Après tout, on a tous nos tiroirs intérieurs que l'on bourre de toutes ces choses que l'on a vu, que l'on a entendu, que l'on a vécu et que l'on ne peut expliquer simplement parce qu'aucun mot n'est assez fort pour exprimer réellement l'étendu des dégâts.

Son regard se balade quelques instants dans le vide, après tout nous avons la nuit pour nous si ce n'est plus, il n'est pas obligé de repartir tout de suite et on a du temps à rattraper. Il me lance un second sourire que je lui retourne le plus sincèrement du monde puis il reprend son récit. Je me doute qu'il me manque beaucoup de l'histoire, comme s'il ne me donnait pas tous les chapitres, mais au moins tous les titres et quelques résumés, les grandes lignes, on verra plus tard pour les détails. Au final, les détails, c'est la chose qui rend particulière une histoire non ? Je l'écoute sans en perdre une miette. Avant l'apocalypse, un petit rire amer quand il fait référence à sa soeur, son regard dans le vague quand il m'explique sa fuite avec June. Sa voix reste stable quand il me raconte les embrouilles avec sa soeur, embrouilles que j'aurai pu prévoir toute seule la connaissant. Lorsqu'il fait référence au manque, il a beau rester fort et stable, je sens la fêlure douloureuse que crée l'absence d'un proche en nous. Vous aurez beau être aussi fort et aussi solide que possible, l'absence 'une personne aimé laisse cette trace indescriptible et irremplaçable en nous. Ceci dit il garde une certaine contenance et ne semble pas exprimer plus de douleur que ça, si je n'avais pas vécu la même perte qu'est la perte d'un frère ou d'une soeur, je ne pense pas que j'aurai reconnu ce timbre dans la voix...

L'orage éclate encore un peu plus alors que je finis la dernière gorgée de mon thé. Je sursaute, moins que Iain qui lui même est moins surpris que Pinpin qui semble pris de léger tremblements. Je pause ma tasse en me penchant en avant et use de mes deux mains pour caresser mon tout beau. Zorya quant a elle mordille la manche de Iain qui se stop dans ses caresses. Ouais, quand un est câliné, faut que l'autre est sa dose aussi. Surtout quand on trouve un de leur point sensible, là on les a dans la poche et près de nous pour un bon moment, mais c'est un avantage non négociable quand il fait frais comme aujourd'hui, ce sont des boules de chaleur.

Iain tend sa main pour s'approcher de Pinpin, un peu rassuré mais pas beaucoup alors que Zorya laisse s'échapper un couinement pour rappeler que quand même, elle aussi elle est là et elle aussi elle veut des câlins. Cette scène m'arrache un sourire et un sentiment de bonheur, mes deux chiens, Iain, un sentiment de sécurité, je suis bien. Je ferme les yeux quelques secondes et profite de l'instant, ces moments de bien être son tellement rare.

Je me demandais justement combien de temps Iain allait mettre pour poser mes boulets sur la table. Je les avais déjà fait rouler jusqu'à lui en lui sous entendant alors je me doutais qu'il allait les attraper et les poser délicatement sur le sujet, à sa façon, sans me forcer à en parler, mais en me tendant une assez grande perche pour que je n'ai pas l'impression d'amener moi même le sujet sur la table. S'il y'a une chose que je déteste faire c'est bien ça, parler de moi sans que l'on m'ai posé de questions. Même quand ça va mal, si on ne m'a pas tendu au moins une perche si ce n'est plus, je serai incapable de m'expliquer sans me sentir stupide. C'est embêtant, mais mes proches s'habituent et savent me tanner pour que je crache le morceau et ils finissent par ne plus me laisser tant que je n'ai pas dit ce que j'avais sur le coeur. Iain fait parti de ces proches là qui savent que j'ai besoin qu'ils insistent pour me lâcher.

Je lui lance un regard mi reproche, mi affectueux, cette façon qu'il a de me dire que je ne suis pas obligée de me confier me ferai presque me sentir coupable, mais tant pis, aujourd'hui je prends sur moi, et je me lance. J'imagine la difficulté que ça a du être pour lui de mettre des mots sur ce qui lui est arrivé et je suis prête a essayer de mettre des mots aussi sur mon passé. Je me relève quelques instants pour éteindre des bougies, on apprend vite à être économes et nos yeux se sont largement habitués à la noirceur de la pièce. Je lui lance une pique pour le taquiner.

« - Je te préviens c'est rien de très joyeux, si je te raconte tout depuis le début, tu vas te sentir obligé de me prendre dans tes bras pour me réconforter, fais gaffe ! » je dis ça avec un sourire en coin, faisant référence à mon absence de côté tactile et à lui qui ne l'est pas plus que ça avec moi non plus.

Je reviens m'assoir près de lui, tire légèrement sur mon grand t-shirt pour recouvrir mes cuisses et avant même que je puisse couvrir mes genoux avec mon tissus, Pinpin s'était précipiter pour venir retrouver sa place contre moi, me lançant un regard suppliant et apeuré, comme si j'étais coupable de l'avoir abandonné trop longtemps. Je le caresse de plus bel et le serre contre moi comme je peux.

«- C'est moi qui ai trouvé mes parents morts à leurs cabinets ils étaient partis chercher la croix que ma mère adore, tu sais, elle en parlait toujours à l'époque. Ça lui avait pris comme ça, un matin, après presque 3 ans d'apocalypse. J'ai jamais su ce qu'il c'était passé, j'ai récupéré leurs bijoux et je suis partie en fermant le cabinet à clef. » Je passe ma main dans mon cou et en tire une longue chaîne en or, et je tapote sur deux bagues qui y sont accrochés de par et d'autre de ma croix...

«- On s'est débrouillé avec Nono et Stan pendant presque un an. Nono était génial, il m'a appris beaucoup en médecine et en culture, je sais gérer des petites cultures même à l'intérieur grâce à lui, et Stan m'a appris a tirer comme je tire aujourd'hui. On formait une équipe parfaite et je pense qu'on aurai pu tenir longtemps, la ferme c'était un peu un petit nuage, après le trajet que j'ai fait seule, je me rends surtout compte qu'on a eu beaucoup de chance de ne pas tomber sur des groupes bizarres et malsain. » Je respire profondément, ma voix ne tremble pas mais je ferme les yeux et je pose ma tête sur son épaule, pour une fois que je cherche un contact humain, c'est bien une première. « J'ai retrouvé Nono mordu, qui avait une balle dans la tête. Stan n'était plus à la maison, ni lui, ni son chien. Je suis persuadée qu'il est en vie, quelque part, qu'il s'en sort, qui survie, qu'il se débrouille. Je ne peux pas me faire à l'idée qu'il a vraiment disparu...»

   
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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Mer 15 Mar - 0:55


On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite.

Je fus rassuré quand Émilie commença à raconter son propre parcours. À vrai dire, malgré mon invitation à changer de sujet si c’était ce qu’elle désirait faire, j’avais espoir qu’elle me relate ce qu’elle avait traversé. En partie par empathie, afin de mieux comprendre l’Emelie que j’avais devant moi, et en partie pour des motifs égoïstes, pour me convaincre que je ne plombais pas l’ambiance avec ma négativité. Retrouver mon amie avait été comme un rayon de soleil dans cette journée orageuse, un interlude entre les éclairs. J’aurais voulu que ce sentiment dure éternellement, mais en même temps je ne pouvais pas balayer les quatre ou cinq dernières années d’un mouvement de la main. J’eu un sourire quand Emelie me dit que je serais obligé de lui donner l’accolade vu la tristesse de son histoire. Je compris cette phrase comme une allusion à mon côté plus froid, moins porté sur les contacts humains. Je n’avais été ce genre de personne qui posait la main sur les épaules des autres ou sur leur propre main en signe de réconfort. Outre les poignées de main, je n’étais aucunement tactile. D’aussi loin que je me souvienne, l’accolade que nous avions eu sur la place du marché, il y avait tout au plus une heure, était la première. Le fait que ce soit Emelie qui l’ait initié n’était pas surprenant. Mon amie commença son récit par la mort de ses parents. Durant ce temps, le chien d’Emelie continuait de me mordiller les vêtements pour que je retourne à elle plutôt qu’à son homologue plus peureux. Je recommençai à la gratouiller entre les oreilles tandis qu’Emelie sortait les anneaux de ses parents, suspendus à sa chaîne.

À vrai dire, je n’avais pas de souvenirs de cette croix, pas un seul. Cette histoire me laissait un certain sentiment de malaise, comme si je ne savais pas quoi penser. Je ne voulais pas porter de jugement hâtif sur la mère d’Emelie, mais ma première réaction avait été : « Tout ça pour une croix ? » Je n’en laissai rien transparaître sur mon visage. Je trouvais toutefois déplorable que deux personnes soient mortes pour un objet dont la vocation était plus décorative qu’utilitaire. Je parlais en tant que non croyant, je le savais bien, et la réponse d’une personne hautement religieuse aurait pu différer grandement de la mienne. Une croix pouvait représenter du support émotionnel, une illusion de protection qui permettait d’affronter les horreurs qui pullulaient en dehors des endroits sûrs. Et puis, n’avions-nous pas tous agi ainsi au moins une fois depuis cette épidémie ? Les parents Grahams n’avaient pas été les premiers à faire fi du danger et à regarder la mort dans les yeux pour préserver une portion de leurs vies de jadis. Cette réaction était humaine après tout. Alors que nos vies avaient connu un virage à cent-quatre-vingt degrés, nous faisons tout en sorte pour nous convaincre que ce n’était pas le cas. Une croix, c’était peut-être une petite fenêtre sur le passé pour la mère d’Emelie, une époque où elle entrevoyait de l’espoir dans le monde pour ses enfants… Ce que je ressentais face à cette histoire n’était finalement ni de la pitié, ni de l’indignation, mais surtout une immense tristesse pour mon amie qui avait dû affronter cela seule. Cette vision devait s’être imprimée sur sa rétine de façon indélébile.

La noirceur était bel et bien installée dans le parc de Yosemite. Depuis qu’Emelie avait soufflé les bougies, il semblait que la caravane était plus petite. Il ne s’en dégageait pas une impression de claustrophobie, non, c’était plutôt comme un cocon protecteur. La pluie et le vent de dehors ne pouvaient pas nous atteindre et le froid de l’extérieur ne pouvait pas m’affecter tant que je continuais de boire mon thé chaud. Je ne pouvais plus discerner les mots à l’intérieur de la tasse, que j’avais entrevus au travers de la boisson brune, mais cela m’importait peu. C’était les mots d’Emelie qui se révélaient précieux. Malgré la mort de ses parents, il semblait que la suite des choses avait réservé des instants plus lumineux pour mon interlocutrice. Face à la perte de deux d’entre eux, le nouveau trio avait dû se resserrer d’avantage. Et puis Emelie avait toujours adoré son grand-père, il me semblait. C’était pratiquement lui qui l’avait élevé, ses parents étant les deux avocats les plus en demande de Sacramento et des environs. La ferme avait représenté pour les trois d’entre eux une bulle à l’intérieur de laquelle rien de mauvais ne pouvait arriver… pour un temps. Il semblait que le destin s’était acharné sur mon amie, la forçant à poser les yeux sur le corps de son grand-père après ceux de ses parents. Au fil de la soirée, nous avions raccourci la distance entre nous deux, et Emelie posait maintenant sa tête sur mon épaule en me racontant qu’elle ne savait toujours pas ce qu’il était advenu de Stan. Je restai immobile un instant, puis je penchai ma propre tête pour qu’elle touche celle de mon amie. Il y avait des moments où les actes se révélaient plus forts que les « Je suis désolé ».

Je ne me posai pas de question à savoir si ma joue mal rasée pourrait piquer son visage ou si mes cheveux gras saliraient les siens. Mon amie avait besoin de moi et j’avais besoin de lui montrer qu’elle n’était plus seule, du moins pas aujourd’hui. « Je comprends ce que tu ressens. D’un côté, on se dit qu’il faut être réaliste, que ça fait trop mal d’espérer. De l’autre, on se sent comme un traître dès qu’on évoque l’idée que peut-être on ne les reverra plus. » Je ne savais pas si mon amie voyait les choses du même point de vue, mais j’avais tout de même l’impression qu’elle pouvait me comprendre. La plupart des survivants étaient plus certains quant au sort des leurs, beaucoup les ayant vus mourir devant leurs yeux. Ce n’était pas notre cas à nous. « Pour ma part, j’ai l’impression que June me retiens sur les routes. J’ai toujours voulu me poser à quelque part pour un temps, vivre un peu plus à l’abri des zombies. June refusait. Je me dis que je vais la manquer si je ne reste pas en mouvement moi aussi. C’est là que j’ai le plus de chance de la revoir. » Tandis que nous discutions, le molosse continuait de tirer les manches de mon chandail pour que je continue de lui porter de l’attention. Ces chiens avaient l’air de vrais cerbères, mais ils étaient en réalité de gros toutous. « Bon ça va, ça va ! On redevient tout-joyeux-tout-content ! Allez viens ici toi ! » Détachant ma tête de celle d’Emelie, je rapprochai la bête de moi et commençai à lui gratouiller la tête et le dos tout en riant.

La noirceur et la distance que j’avais parcourue dans la journée commençaient à se faire sentir. Je réprimai un bâillement, combattant le sommeil pour profiter encore un peu de la présence de mon amie. Je craignais de me réveiller au matin pour me rendre compte que j’avais rêvé de cette rencontre. Et même si je me levais dans ce camping-car demain, cela ne voudrait pas dire que nous n’aurions pas à nous dire au revoir une fois de plus. Comme je l’avais dit, je ne pouvais pas me poser, pas encore. Je ne me le permettais toujours pas. Quant à Emelie, à voir comment elle était installée, il me semblait plus qu’improbable qu’elle décide de tout abandonner pour me suivre au-dehors et se mettre à chercher Stan à pied… Si nous voulions nous revoir, il fallait absolument que je revienne à Yosemite. Il y avait toutefois une seconde possibilité. « Il t’arrive souvent de sortir de Yosemite ? Ces deux lièvres que tu avais au marché, ils venaient de dehors ? »


You kill or you die or you die and you kill. † the walking dead.



HJ : C’est la fin des réponses de 1500 mots pour moi, je le crains… Razz
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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Sam 25 Mar - 11:32



« On se quitte parfois pour

mieux se retrouver ensuite. »
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Je sens sa joue mal rasée s'appuyer sur moi et ça me fait sourire, juste cette présence, juste ce contact, juste lui ici me fait du bien. Comme un baume au coeur qui souffle que c'est bon, tout peut arriver, ça vaudra quand même la peine d'avancer. Je suis loin d'avoir des idées suicidaires, mais que celui ou celle a qui ça n'est jamais arrivé de se demander ce que son absence changerai au monde me lance la première pierre. Surtout depuis que les crevés prennent la route comme compagnon de voyage. Surtout après avoir perdu un, puis deux, puis la casi totalité de notre entourage. Je suis persuadée que ça nous arrive à tous que cette idée nous traverse la tête, parfois aussi rapidement qu'un courant d'air, parfois s'installant carrément dans un creux de nos pensées. Après tout, ce n'est pas rare de retrouvé des corps pendus gigotant pour les plus stupides, ceux qui n'ont pas compris qu'ils allaient revenir, ou des corps intacts, morts, une balle dans la tête. Les premiers humains non infectés morts sont un choc. C'est différent d'un crevé, les crevés je m'en suis détachée, c'est comme du gibier, il faut les tuer pour survivre. Mais voir un humain même maigre comme un clou ayant eu l'idée d'aller jusqu'au bout de ses pensées, ça me fait toujours froid dans le dos.

Alors la présence de Iain ici, contre moi, et de mes deux chiens, ça me conforte un peu plus dans ma théorie que peu importe ce qui nous arrive, ce que l'on peut vivre, à quel point on tire sur la queue du diable, la vie en vaut toujours la peine. On finit toujours par trouver une raison de se battre, une motivation à avancer. Une petite récompense un instant, le temps d'une nuit ou de quelques jours, qui nous laisse penser que même si la vie s'est bien noircit et que notre quotidien parait plutôt sombre, il reste tout de même des belles choses à voir, des belles rencontres à faire et à refaire, et que même si c'est dur, il vaut mieux combattre que se laisser abattre.

Sa voix me tire de mes pensées et j'écoute ce qu'il a à me dire. Un frisson me traverse le corps alors que ses paroles me réchauffe le coeur. Les rares humains à qui j'ai parlé de Stan et de ma sensation qu'il est encore là, quelque part, me disaient tous que c'était aussi stupide comme idée que de croire que les morts n'étaient pas vraiment morts. C'est rassurant d'entendre quelqu'un qui pense comme nous. Surtout qui comprend ce sentiment désagréable qu'est le fait de se sentir mal en s'imaginant qu'un de nos proche est mort alors que l'on a aucune preuve, on a l'impression de baisser les bras lâchement, sans avoir tout fait pour le retrouver.

Je me sers contre lui légèrement plus fort, hochant silencieusement la tête pour lui faire comprendre que c'est ça, qu'il vise dans le mille et que c'est ce que je ressens, l'impression d'être une traître, cette peur d'être réaliste. Il reprend sa phrase, cela me fit comme un pincement au coeur. Son choix de rester sur les routes dans l'espoir de trouver sa soeur alors que moi je n'avais même pas su rester plus de deux semaines près de la ferme pour attendre mon frère. Faut dire qu'une horde comme je n'en avais jamais vu venait d'entourer champs et maisons... Mais peut-être que c'est lui qui a raison, il faudrait que je retourne voir à l'occasion. L'idée de laisser ma caravane seule ici ne me plait pas énormément par contre. C'est vrai que depuis que je me suis installée ici, je n'avais jamais pensé à comment faire si je sortais sur un long temps. Laisser un de mes chiens ? Je sais qu'ils sont courageux et coeur de lion, mais face à quelqu'un prêt à tout, ça ne me rassure pas. On verra.

«- C'est pas bête ton idée de rester en mouvement pour la revoir, bon je comprends toujours pas l'idée de June de ne pas vouloir se poser, mais le jour où l'on tombera d'accord elle et moi n'est pas encore arrivé...» Je souris et ricane, je fais attention à bien utiliser le présent, pas de conditionnel ou de passé, c'est tout con, mais je sais qu'un verbe au passé concernant mes proches me fait toujours un choc pas possible. Comme si la réalité me revenait à la gueule d'un seul coup. Et puis June et Stan ne sont sûrement pas morts, alors il n'y a aucune raison d'en parler au passé. « Je pense que je vais reprendre aussi la route, au moins jusqu'à la ferme pour voir si Stan a trouvé ou a répondu à mon mot.»

Mes yeux s'arrêtent sur mon fauve en train de tirer le pull de Iain. Ça aussi ça m'arrache un sourire. Le jeune homme se redresse et j'en profite pour m'étirer, faisant craquer tout mon dos et mes bras. Je ris en l'entendant parler et en le voyant faire tourner en rond Zorya toute heureuse qu'on s'occupe d'elle et qu'on lui gratte le haut du crâne et le dos, c'est grand bonheur ça. Je câline doucement Pinpin qui commence doucement, mais très doucement, à être moins effrayé, ses yeux fixent la chienne qui joue gaiment en mâchouillant le pull de l'humain qu'elle commence à apprécier apparement.

Sa question me tire de mes pensées alors que je gratouille mon chien sur le museau, lui arrachant des ronronnement discrets et a peine audible.  Je tourne mon visage vers le sien, l'interroge du regard. «- Je sors fréquemment, l'avantage d'avoir planqué ma caravane entre une forêt et un lac, c'est qu'il y a très peu de passage. Et si je sors plus d'une nuit, je laisse un des deux fauve à l'intérieur pour dissuader tout humain d'essayer de rentrer. Sinon en journée j'emmène les deux, pour chasser ou juste pour éviter de perdre la main avec les crevés, j'ai peur qu'à force d'être trop sédentaire, si un jour il arrive quelque chose à Yosemite, je perde ma capacité à me débrouiller sur la route... Puis quand je chasse, je ramène pour faire du troc contre des graines en général, j'aimerai bien planter différents légumes et fruits. »

Je réfléchis, je récapitule. Moi je suis plutôt sédentaire, j'ai posé ma caravane ici et j'évite de la déplacer trop loin, c'est ni pratique ni discret de rouler avec un aussi gros véhicule. Même si l'aspect extérieur est volontairement sali et usé par endroit pour éviter d'attirer les regards, j'ai déjà rencontré quelques soucis avec des humains qui essayaient de gagner leurs croutes en me la volant. Heureusement pour moi, les groupes n'étaient jamais nombreux ni organisés. Sauf que lui ne vit pas à Yosemite, si j'ai tout compris il y est de passage par moment mais sans s'y installer. Après tout, s'il reste dans le coin, il peut toujours venir me retrouver ici, nous pourrions trouver un moyen de communiquer ? Même si ce n'a jamais été dans nos habitudes de se fixer des dates et des RDV, avec la chance que l'on a de se retrouver, ça me ferai mal de vivre avec la peur qui lui arrive quelque chose et de plus jamais le revoir. Le hasard de se croiser était déjà infime.

«- Et toi, tu restes sur les routes c'est ça ? Tu restes dans les alentours du coup je pense ?» Je réfléchis à une solution, il nous faudrai un endroit pour que l'on puisse communiquer à défaut d'avoir la possibilité de se SMS ou de s'appeler. De toute façon je pense lui proposer de venir ici comme point de chute les soirs où il fera trop froid pour dormir dans une maison ou dans une voiture abandonnée, les soirs de cafards ou juste les moments où il n'aura pas envie d'être seul, parfois la solitude est la plus pesante des sensations. En plus c'est pas comme si je manquais de quoi que ce soit, j'ai des vêtements en plus, des médicaments, de la nourriture, et je continue encore et encore d'en accumuler, on est jamais trop prudent.

«- Je sais que ça n'a jamais été notre truc de se dire qu'on allait se revoir dans 23 jours précisément à midi, mais avec tout ce qui se passe dans le monde autour de nous, on peut juste pas laisser aux mains du hasard le choix de notre prochaine rencontre... J'aimerai beaucoup qu'on trouve une solution pour communiquer, se retrouver, passer du temps ensemble. » c'est sorti sans réfléchir, ça manquait peut-être de tact mais ça il sait que c'est pas mon truc. En plus je n'ai même pas vraiment d'idée précise comme solution pour communiquer... J'ai pas de pigeons voyageurs dressés malheureusement.

   
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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Mar 28 Mar - 23:54


On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite.

Comme je le pensais, Emelie quittait les grilles de Yosemite de temps à autres. Son raisonnement me faisait penser au mien : peu importe combien on se croit en sécurité dans ces camps, il fallait toujours prévoir le pire. Il était également vrai que les infectés n’étaient pas comme les autres ennemis, il fallait frapper leur unique point sensible pour s’en débarrasser tout en évitant les morsures. Pour ma part, les combattre était une option de dernier recours, une fois acculé au bas du mur. Emelie semblait voir les choses autrement, mais il était vrai qu’elle avait jadis été championne d’escrime. Peut-être voyait-elle dans ces affrontements un certain retour en arrière, quand elle se battait pour des médailles et non pour sa propre vie. Je ne pouvais que supposer, puisque le sujet ne fut pas abordé entre nous. Je craignais de manquer de tact. Je pensais qu’Emelie avait pris difficilement le fait de ne plus pouvoir pratiquer son sport. Même si nous avions souvent mis nos sentiments sur la table lors de nos discussions, il me semblait qu’elle n’avait jamais abordé ce point directement, du moins pas en profondeur. Nous avions déjà suffisamment plongé dans les mauvais souvenirs ce soir, inutile de recommencer.

Emelie me renvoya la question sur mes déplacements. « En fait j’ai dit les routes, mais c’est plutôt une façon de parler… J’évite les grandes villes et les autoroutes, je préfère me tenir un peu à l’écart des restants de la civilisation. Ces endroits grouillent de morts-vivants… » Tous ces immeubles rapprochés les uns des autres et ces voitures qui bloquaient les voies me donnaient un puissant sentiment de claustrophobie. Une main me tenait la gorge à chaque instant que je passais en milieu urbain. Je devais aussi me méfier en permanence. De chaque habitacle de voiture pouvait surgir un rôdeur, chaque fenêtre sombre camouflait un assaillant potentiel. Pour en ajouter une couche, j’avais l’impression de me trouver dans un véritable tombeau ouvert. Toutes les surfaces sur lesquelles je posais les yeux étaient souillées de sang ou présentaient une quelconque trace de mort. Je préférais grandement la quiétude des bois et leur odeur de terre et d’écorce. Il fallait s’aventurer dans les villes l’estomac vide tellement l’odeur putride était puissante. « Mais oui, je reste dans le secteur, à quelques jours de marche près. Je me suis habitué à parcourir le centre de l’état. Je vais parfois plus au sud, mais jamais je ne suis retourné dans les environs de Sacramento. » Pas encore.

Je ris lorsqu’Emelie dit que de nous donner des rendez-vous, ce n’était pas trop notre truc. Effectivement, nous nous étions toujours quittés sans prévoir la suite, presque comme si on espérait ne jamais se revoir. Ce n’était pas le cas, bien sûr, mais je ne pouvais pas expliquer pourquoi nous avions choisi d’agir ainsi. Je ne savais pas si c’était par confiance en l’avenir, sachant que nos chemins trouveraient toujours un embranchement commun, ou par crainte de trop s’attacher, voyant bien que le monde autour de nous s’occuperait trop ou tard de nous séparer. Peu importe. Emelie disait vrai, cette fois on ne pouvait pas faire pareil. Attendre une demi-douzaine d’années pour nous revoir était un pari risqué à prendre. « Tu as raison. Je t’aurais bien donné mon numéro de portable, mais le signal est trop nul dans le coin. » Une petite blague pourrie que je regrettai presque d’avoir envoyée, de crainte qu’Emelie croit que j’essayais de ridiculiser son idée. Il y avait bien un moyen pour nous de garder contact, c’était assuré, mais il fallait y réfléchir d’abord. « Je t’aurai dit que je peux essayer de passer plus souvent par Yosemite, mais comme tu sors du camp à tout moment nous risquons de nous manquer. On ne peut pas compter sur les visites impromptues pour se revoir, et je dois t’avouer que ma vie au-dehors est trop peu routinière pour que je puisse te dire que je serai ici un jeudi sur deux, par exemple. D’ailleurs, je ne sais même pas quel jour on est aujourd’hui… »

Je continuais de passer ma main dans le pelage du chien, le regard fixé vers le sol, en attendant un coup de génie qui tardait à se pointer. « Le mieux serait encore que je m’installe à Yosemite. J’y ai pensé, souvent, mais comme je te l’ai dit plus tôt je sens que je ne peux pas encore le faire. Un jour peut-être, mais je sens qu’il faut que je la cherche encore. » Si l’idée de me poser était au début de cette journée presque impensable, le fait de savoir qu’Emelie se trouvait ici rajoutait du poids dans la balance. Puis, notre discussion m’avait fait réfléchir et douter de mes positions. Si June me cherchait de son côté, il serait plus facile pour elle de me retrouver si elle me savait posté à un seul endroit, non ? Ce ne serait pas elle qui adopterait le mode de vie sédentaire, ça non. Il fallait que je le fasse. Sinon, combien de temps allions-nous nous chercher sans jamais nous trouver ? Super Iain, mais ce n’était pas le problème à résoudre présentement. Comment Miss Grahams et toi allez-vous prendre des nouvelles de l’autre ? Je détestais quand la voix de ma sœur avait raison. « Il serait temps que l’un de nous deux ait une ampoule qui lui apparaisse au-dessus de la tête. Je ne trouve rien pour l’instant. » J’étouffai un bâillement. Mon cerveau était si fatigué que je ne pouvais pas lui demander de solutionner notre dilemme ce soir.

Je repris ma tasse de thé et en but la dernière gorgée. En laissant mes pensées dériver de notre problème, je me souvins qu’Emelie avait parlé de vérifier si son frère était retourné à leur ancien refuge. « Si jamais tu as besoin de compagnie pour retourner à la ferme, fais-moi signe. Lorsqu’on aura trouvé comment se faire signe, bien entendu. » Je n’en dis pas plus, mais il y avait dans cette proposition une demande de ma part. Sacramento agissait de façon étrange sur ma personne. Nous étions, la ville et moi, comme deux aimants : dépendamment de quelle face j’exposais, Sacramento pouvait m’attirer tout comme me repousser. Pour l’instant, j’avais toujours résisté à mes envies d’y retourner, me disant qu’il n’y avait plus rien là pour moi. Je pouvais très bien imaginer ce qui était arrivé à Parks’ Fine Food & Groceries puisque j’avais vu des commerces semblables durant mes voyages. Et puis je savais que mes parents ne s’y trouvaient pas. Des milliers de personnes jeunes, en bonne condition physique et en santé avaient connu la mort par la faute des rôdeurs. Comment deux retraités auraient pu leur échapper alors ? Néanmoins, je commençais à me dire qu’il me fallait peut-être y revenir pour m’en séparer complètement. La douleur serait vive, mais ce serait comme arracher un pansement : autant y aller d’un coup et arrêter de se torturer à vouloir le décoller lentement.

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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Jeu 6 Avr - 13:42



« On se quitte parfois pour

mieux se retrouver ensuite. »
Iain Parks & Emelie C. Grahams

   

   



Il completa sa phrase par rapport à ses tours sur les routes et m'explique qu'il évite les grandes villes, les zones trop fréquentées et même les villages supposés habités. C'est totalement logique comme raisonnement et c'est clair que ça fait de lui un bon survivant. Je me contente d'hocher la tête, c'est aussi ce que je fais quand je sors, j'essaie d'éviter les sentiers découverts et les zones à risques... Il m'arrache un frisson quand je l'entends parler de Sacramento. Cette ville fait raisonner en moi un tas de souvenirs divers et variés, tous toujours un peu entaché par la fin violente et sanglante qu'on a connu. Je fronce les sourcils, le visage obscurcit par l'ombre régnant dans la caravane et me mordille la lèvre. J'inspire silencieusement et ne dis rien. Logique qu'il ai évité les grandes villes. Nous évitions aussi d'y aller seul, à deux c'est bien, trois ou quatre je trouve déjà que c'est trop. À deux, on peut veiller l'un sur l'autre constamment, un regard pour assurer nos arrières et un regard vers notre partenaire. Rajoutez une ou deux personnes, et le tour de vérification se rallonge et pendant que vous vérifiez que Numéro 4 n'a pas de soucis ou n'a pas loupé un crevé, c'est vous qui vous faites prendre comme cible. Mauvaise idée.

Ceci dit, c'est vrai aussi que ça fait un moment que je n'ai plus mis les pieds dans une grande ville. Dernièrement j'ai surtout fréquenté les petits villages, les campements et les abris pour piller la nourriture. C'est dingue mais les grandes villes et les grands points de rassemblement ont beau être les plus dangereux, les plus habités et les plus tristement vivants, c'est aussi les zones où l'on trouve le plus de nourritures, d'armes et de médicaments. Et ce n'est pas que j'en manque, mais tout de même, on a jamais trop de réserves et c'est dommage de laisser à d'autres ce qui pourrait me servir. Vision très égoïste des choses, mais je pense sincèrement que plus j'ai de ressources, plus je pourrai aider des gens que j'aime et qui pour moi, le mérite.

Je propose donc logiquement d'essayer de trouver un point de chute pour nous retrouver et garder un contact. Son rire raisonnant dans la caravane et éveillant pinpin qui l'observe d'un air curieux m'arrache un sourire. C'est agréable comme moment. Il rebondit et lance une vanne, moi un rire sincère et amusé malgré que je le vois mal remplir une salle de théâtre avec ce genre d'humour un peu noir et un peu glauque, n'empêche que moi c'est l'humour qui m'amuse le plus. Si déjà on est dans la merde et que le monde change autant, pourquoi se priver d'ironiser. « - Ben ça tombe mal, de toute façon un crevé m'a piqué mon téléphone... Ces voleurs, c'est plus ce que c'était je t'assure. » Je lui lance un regard et un sourire en coin.

Nous reprenons tous les deux notre sérieux lorsqu'il réfléchit à voix haute à une solution pour nous retrouver. Mes yeux ne quittent pas son visage et je sais que je ne le quitterai pas tant que nous ne serrons pas sûr d'une solution pour communiquer et se trouver si l'un a besoin de l'autre. Évidemment ça ne sera pas instantané mais au moins nous aurons toujours des nouvelles et c'est une idée rassurante.

Je hoche la tête lorsqu'il remarque que le fait de passer plus souvent à Yosemite ne nous garantit rien à cause de mes sorties fréquentes. Iain me fait tilter lorsqu'il remarque qu'il ne sait plus quel jour on est. Je souris et pose mon regard sur Pinpin que je continue de caresser. Je tiens un calendrier, mais il est posé à l'autre bout du camping car et mon chien me réchauffe trop les cuisses pour que je me motive à me lever. Je réfléchis quelques instants. « - on est le 18 novembre je crois, à deux jours près... J'ai un calendrier là bas, mais pour les jours de la semaine c'est autre chose par contre. Au début c'était Stan qui gérait le compte et il se débrouille mieux que moi mais bon, c'est pas ça qui va nous aider à trouver une solution... »

Je me gratte doucement le nez du bout du doigt en me concentrant. Faut dire que c'est la première fois que je cherche ce genre de solution, avant ça ne m'était jamais venue à l'esprit. Mon regard et mon esprit errent ensemble dans le vide. Iain fait référence au fait de s'installer un jour à Yosemite mais pas tant qu'il n'en saura pas plus pour sa soeur. Je peux totalement le comprendre. Mes yeux s'arrête sur les deux banquettes qui se font face dans ce qui me sert de cuisine. L'une d'elle est squattée par des cartons de conserves diverses et variées puisque je mange toujours seule mais cette place inoccupée me fait penser qu'à la base, le camping car était fait pour une famille. Ce qui sert de canapé peut faire effet de clic clac, et avant j'avais un troisième lit du genre mais je l'ai retiré pour faire de la place pour un peu plus de vivres. Une demi début d'ampoule s'éveille en moi. Ce n'est pas une solution mais c'est un début, un petit pas... Lui vient de me dire qu'il n'a pas d'idée en étouffant un bâillement qui semble en provoquer un à la chienne qu'il caresse. Je garde mon début d'ampoule dans un coin de ma tête et me concentre dessus, espérant faire germer cette petite idée qui peut faire une base, un point de départ.

Iain se ré-approprie mon attention lorsqu'il me propose sa compagnie pour aller faire un tour à la ferme de Nono et à mon ancien chez moi. J'ai l'impression que ce n'est pas tant une proposition mais plus un sous entendu qu'il me glisse, m'annonçant sans vraiment me le dire que lui aussi compte y faire un tour dans les jours à venir. Prenons les choses une par une, je lève un doigt et me redresse, me réveillant un peu en me sortant des bras de Morphée qui commençait à m'attirer contre lui. On doit pouvoir trouver une solution.

« - Je comprends presque totalement ton besoin d'être sur les routes pour ne pas avoir l'impression de laisser tomber mais... Je peux te proposer ma caravane comme point de chute. Attends, laisse moi parler avant de dire quoi que ce soit. J'y suis plus ou moins fréquemment et je continue à cumuler les vivres, la nourriture ne manque pas, et tu peux éviter de tomber malade puisqu'on peut arriver à maintenir un peu de chaleur à l'intérieur. Je ne dis pas qu'il y a de la place pour deux sans se rentrer dedans, faudra jouer un peu de la souplesse pour évite de se percuter, mais n'empêche que tu peux venir te reposer et passer du temps ici. En plus, si t'as besoin de laisser des choses auxquelles tu tiens, c'est un peu mieux qu'un sac à dos sans vouloir te vexer... Je peux même t'apprendre quelques trucs de jardinage, comme ça tu pourras mettre la main à la pâte quand tu te tourneras les pouces ! » Je réfléchis quelques instants à ma proposition, j'ai parlé assez vite mais assez distinctement, comme si tout était logique. « Je sais que tu veux continuer à parcourir les alentours et attendre avant de t'installer ici, mais au moins y venir quand tu as besoin de te reposer ou de te poser, ça nous fera déjà une sûreté pour se retrouver ? »

Je laisse couler quelques instants sans oublier sa proposition de compagnie de route jusqu'à Sacramento. « Et ce serai avec plaisir d'être ta compagne de route jusqu'à la ferme, et pourquoi pas essayer un petit tour au centre pour ramener des vivres et des provisions..? »

   
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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Dim 9 Avr - 1:52


On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite.

Je n’aimais pas dépendre de personne. J’étais loin d’être un survivant modèle, je l’admettais d’emblée. Néanmoins, je tirais une certaine fierté du fait que depuis près de cinq ans, j’avais été capable de survivre par le fruit de mes propres efforts. June et moi trouvions nous-même armes, nourritures et autres lors de nos explorations. Nous avions appris à cueillir les champignons comestibles, à fouiller là où personne n’avait eu l’idée de chercher et même à rafistoler nos vêtements lorsque nous n’étions pas à proximité d’un commerce. Même après la disparition de a sœur, j’avais été en mesure de poursuivre ma vie de survivant et le fait que j’étais encore présent pour en parler témoignait bien de mes réalisations. C’est pourquoi, lorsqu’Emelie me proposa d’utiliser sa caravane comme point de chute, j’eu comme réflexe de refuser d’emblée. Elle me connaissait bien, Emelie, et donc elle ne me donna même pas le temps de protester avant de poursuivre. Je devais dire que sa proposition était du genre difficile à refuser. Un abri contre les intempéries, des leçons en jardinage et une amie en cas de besoin… « Tu as de bons arguments toi, il faut te le donner. Si tu insistes, je n’ai pas d’autres choix que d’accepter. » Je lui envoyai un sourire moqueur, car j’étais loin d’accepter à contrecœur.

« En sachant que tu es dans le coin, je risque de venir plus souvent à Yosemite, tu as raison. Tu vas me voir plus souvent à la porte du camping-car… MAIS à une seule condition : je compte bien te rembourser pour chaque instant que je passerai ici. Je te rapporterai des trouvailles de mes explorations, je t’aiderai à jardiner, tout ce que tu voudras, mais je ne profiterai pas de ton hospitalité, ça c’est sûr. » Je pouvais moi-même témoigner de la nécessité de l’entraide, que ce soit lorsque June et moi parcourions les routes à deux ou lorsque j’avais attrapé la main secourable d’un autre rescapé pour me tirer d’un mauvais pas. Cet arrangement avec Emelie serait dans la même veine. « Tu me diras s’il te manque un truc et je m’efforcerai d’ouvrir l’œil quand je serai à l’extérieur. » Je savais mon amie capable de faire elle-même ses recherches, mais étant plus nomade qu’elle, mon cercle d’action s’en trouvait plus grand. Si je pouvais profiter des avantages de sa sédentarité, il n’y avait pas de raison pour qu’elle ne puisse pas faire de même de mon mode de vie.

Emelie poursuivit en acceptant ma proposition d’aller à Sacramento ensemble. Elle voulait même que nous poussions jusqu’au centre-ville, histoire de renflouer nos provisions. « Bien sûr. Tant qu’à remonter au nord, autant en profiter pour recueillir tout ce qui nous semblera utile. » L’idée de mon amie était excellente, puisqu’elle nous permettrait également de nous concentrer sur autre choses que les souvenirs qui afflueraient à nous dès que nous poserions les pieds dans notre ville natale. J’étais descendu jusqu’à Pasadena récemment, une ville où j’avais passé du temps enfant pour y revoir mes cousins, et j’avais été submergé par toutes ces visions de mon passé. Je n’étais même pas entré dans la ville en elle-même et j’avais tout de même été bouleversé de voir des lieux si chers ravagés. Je savais qu’ils le seraient, je n’étais pas dupe, mais le savoir et le voir était deux choses qui ne s’équivalaient pas. J’étais content de savoir qu’Emelie serait à mes côtés, comme une ancre pour m’empêcher de dériver trop loin dans la nostalgie et la mélancolie. Une vague de soulagement venait de me traverser, comme si j’entrevoyais maintenant ce voyage avec une vision moins sombre.

Il me semblait que j’avais épuisé mes dernières ressources en conversation pour ce soir. Je retirai ma main de la tête du chien d’Emelie pour étouffer un nouveau bâillement. Mes yeux peinaient à rester ouverts et je sentais mes paupières attirées vers le sol comme le métal par un aimant. Dans le silence qui baignait la caravane, je laissai aller mes pensées. Emelie m’avait dit que nous étions le 18 novembre à quelques jours près. À cette date, habituellement, ma mère insistait déjà pour que nous fassions le sapin de Noël en famille. Elle était comme ça Maman, elle aimait le temps des fêtes parce que le commerce fermait et que mon père pouvait passer du temps avec nous. Monsieur avait toujours été trop occupé pour les soupers en famille ou les sorties du week-end. Dès la mi-novembre, il fallait commencer à préparer le seul jour de l’année où mon père nous honorait de sa présence. Une image s’imposa à mon esprit : June critiquait mon agencement de décorations et menaçait de m’étrangler avec les guirlandes quand je suggérais de remplacer sa vieille crèche en papier mâché à laquelle elle tenait tant. Parlant de June, à quelle date avons-nous été séparés, elle et moi ? Déjà la fin novembre… Le temps filait entre mes doigts et chaque jour sans ma sœur faisait croître ma crainte de la retrouver morte. En ce moment même, avait-elle trouvé un abri pour la pluie ? Dormait-elle au chaud ou grelottait-elle, serrée contre un arbre ? Un nouveau bâillement mis fin à mes réflexions et mes angoisses. Mon cerveau n’avait plus la force d’être anxieux.

« Je suis désolé de casser l’ambiance, mais je crois que je ne suis plus en mesure de combattre le sommeil. J’ai eu une longue journée, je sens qu’il faut que j’aille me coucher. Je vais étendre mon sac de couchage ici, si ça ne te dérange pas. » Toujours assis par terre, je me déplaçai vers mon sac, près de l’entrée, et je fouillai de nouveau à l’intérieur pour y retirer le sac de couchage. Il s’agissait d’un de ces nouveaux modèles qui se roulait sur lui-même jusqu’à la taille d’un melon d’eau, plus faciles à traîner avec soit que les anciens modèles aussi gros qu’une bonbonne de propane. J’avais mis la main dessus il y avait peu de temps, lorsque porter plusieurs couches de vêtements ne s’était plus révélé suffisant pour braver le froid nocturne de l’hiver. Avec les incertitudes qu’apportaient mes multiples déplacements, je n’étais jamais assuré de dormir sous un toit et entouré de quatre murs, d’où la nécessité de bien s’outiller. « On pourra continuer la conversation demain si tu veux. Je ne suis pas obligé de quitter immédiatement Yosemite. » Et advenant le cas, nous savions maintenant que j’y reviendrais dès que possible.

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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ] Mar 9 Mai - 21:16



« On se quitte parfois pour

mieux se retrouver ensuite. »
Iain Parks & Emelie C. Grahams

   

   



J'observe son sourire moqueur lorsqu'il encaisse mes arguments de choc. Il faut dire qu'en pesant le pour et le contre, la balance tranche rapidement. À l'heure actuelle, c'est un privilège d'avoir un ami plus ancien que l'apocalypse qui s'abat sur la terre. Je lui souris, je sens comme un baume autour de mon coeur, de mon esprit, de mes pensées, j'ai l'impression de flotter sur un petit nuage et j'aime autant que je déteste ce sentiment trop fragile à mon goût... Il me ramène dans le présent avec sa condition. Je l'écoute, curieuse, avant de ricaner. Monsieur exige de pouvoir ramener un peu de ses trouvailles et de m'aider à jardiner. Je l'écoute jusqu'au bout de sa phrase et laisse quelques secondes de silence.

« - Ola ! Minute papillon. Ça me va pour squatter une partie de tes trouvailles, ça me fait plaisir que tu te sentes un peu chez toi ici. Et puis tu sais que je ferai n'importe quoi pour celui qui me ramènera un carreau de chocolat. Bref ! Mais pour le jardinage, ça dépend, si t'as deux mains gauches c'est pas la peine ! »

Je lui lance cette dernière phrase en tirant sur une de ses mains comme pour l'observer. C'est vrai que j'ai beau le connaitre assez bien, je crois que je connais mieux ses boulets et ses démons que ses qualités dans la vie de tous les jours. Ensemble, nous sommes plus facilement arrivés à parler de ce qui n'allait pas que de nos derniers progrès quotidien. Alors je n'ai aucune idée de si quelqu'un lui a appris à planter des tomates, à cultiver des concombres et des salades.

Il intervient ensuite pour me demander une petite liste de ce qui me manque. Je tourne la tête en direction de la pièce remplit de cartons. « Du chocolat ? Et plus sérieusement,  je tiens un petit carnet avec les comptes, plus ou moins à jour je crois... Mais s'il manque quelque chose, c'est écrit dedans. Actuellement, je suis pas mal à la recherche de couvertures et de quoi bricoler le camping-car... Tu sais bricoler ? »

Parce que même si Nono et Stan m'ont chacun appris quelques trucs basiques du style comment changer une roue, les essuies-glaces ou différents liquides du moteurs, y a certaines choses que je gère pas bien sur le véhicule. Je colmate un peu les fuites par ci par là, mais c'est assez aléatoire et plutôt basique comme façon de faire. Si Ian sait se débrouiller à ce niveau, on formerait la paire idéale. Mais bon, même si ce n'est pas le cas, il m'aidera sûrement à trouver des idées pour bidouiller l'ensemble. Je me serre un peu plus dans mon pull, commençant doucement à sentir la morsure de la froideur de la nuit.

La conversation s'engage ensuite sur une visite à Sacramento et un accord de quelques détours par-ci par là. Un voyage a deux, depuis que j'étais arrivée ici, je voyageais en solitaire, ça va me changer de reprendre mes vielles habitudes et mes réflexes de protections.

Petit à petit la conversation s'essouffle, plutôt à cause de la fatigue que du manque de choses à se dire. Le silence s'installe doucement entre nous sans pour autant être gênant, appuyée sur un coin du lit, je ferme les yeux entre deux brides de conversation. Je comate légèrement, j'admets. Pour ma défense, j'ai toujours du mal à trouver le sommeil quand je suis seule. Malgré la présence de mes chiens, la présence d'un humain la nuit, même simplement dans la pièce sans pour autant être contre moi, m'a souvent manqué. J'ai du mal à rejoindre Morphée et je peux me prendre la tête plusieurs heures avant d'enfin m'assoupir. Assis par terre, c'est Ian qui lance en premier l'idée de s'arrêter là pour ce soir.

Je souris, baille et m'étends les bras, faisant craquer bruyamment mes épaules. Avant même que j'ai le temps de comprendre l'alignement de ses mots, il commence déjà à étendre un sac de couchage à côté de ce qui sert à moitié de lit, à moitié de canapé. Je fronce un sourcil et me penche pour lui tendre un épais coussin. « Tiens, prends la couverture posée sur la chaise aussi, je la garde pour l'hiver mais elle fera toujours une épaisseur entre le sol et toi... »

Même pas sûre qu'il ai compris tout les mots que j'enchaine, la fatigue m'a prise d'un coup, comme rassurée par sa présence et celle de mes bêtes. Sinon je pense que je lui aurai proposé de partager mon lit canapé, enfin ce qui me sert de matelas. C'est p'tête un truc qu'on devrait se noter à ramener, s'il compte dormir là plus ou moins régulièrement, autant qu'il profite de ces nuits pour avoir un sommeil un minimum agréable. Les nuits complètes et reposantes se font aussi rares que les familles nombreuses, mais parfois c'est possible d'enchainer plusieurs heures de sommeil sans interruption, si on ne compte pas les cauchemars où les rêves souvenirs.

Instinctivement, je me roule en boule, mal réveillée du sommeil dans lequel je glissais quelques minutes avant que Ian commence à préparer son lit de fortune. Je me roule en boule et range mes jambes dans mon grand pull, formant une petite bulle de chaleur. Je l'entends dire quelques mots par rapport à Yosemite mais je ne les comprends pas, faut dire que ça fait plusieurs jours que je dors peu. « Bonne nuit Ian... » dis-je doucement, alors qu'un coin de ma tête reste pensive.

   
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MessageSujet: Re: « On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ]

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« On se quitte parfois pour mieux se retrouver ensuite. » [ PV Iain Parks ]

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