once there was a night beneath a moonless sky
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once there was a night beneath a moonless sky

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MessageSujet: once there was a night beneath a moonless sky Sam 1 Juin - 12:29

what is it then ?
« a long-dead past, lost in the rush of madder dreams »

La nuit était encore jeune lorsque j'arrive devant les grilles délabrées de ce qui fut autrefois le plus incroyable parc d'attraction de la région. Le vent soufflait en bourrasque et soulevait d'immenses packs de poussières qui balayaient le chemin en volutes fantomatiques, ce qui ajoutait un peu plus à l'atmosphère pesante des lieux. Et pourtant, si je faisais bien attention, je pouvais entendre des cris à l'horizon, des sursauts de surprise doublés par des grincements métalliques d'attractions qui n'avaient pas servies depuis trop longtemps... C'était l'enfer sur terre et il y avait quelques abrutis assez inconscients assez pour risquer une petite virée. J'étais estomaqué. C'est vrai qu'il y en avait encore quelques uns qui fonctionnaient, mais fallait vraiment avoir une chance de cocu pour 1) trouver sur le bon appareil (de nuit en nuit, une attraction peut ne pas fonctionner, un peu comme si la malchance se décidait à foutre en l'air les mécanismes totalement aléatoirement) et 2) ne pas tomber sur un maccab', attiré par le vacarme. Peut-être qu'il y en avait de plus barrés que moi. Peut-être que le danger ajoutait au fun de ce parc aux yeux de ces idiots. Je n'en savais rien, et franchement, je m'en foutais... J'avais passé m'interroger sur la conscience humaine.

De toute façon, je n'étais pas là pour poser mon cul dans un de ces jeux pour adolescents en manque de sensations fortes. Non, j'avais passé l'âge et franchement, c'était d'un chiant incroyable. Non. Quand je me suis mis en route, je m'étais dit que le parc avait au moins l'avantage d'offrir une certaine neutralité, un calme relatif, et ce soir, c'était tout ce que j'aurais pu demander, même si je me demandais maintenant si l'endroit ne grouillait pas de non-morts au final. J'allumais une clope que je venais de prendre dans la poche intérieure de ma veste. J'aurais pu avoir une journée tranquille, pépère.. Même, ce soir, je n'avais pas cherché la petite bête, j'avais gardé un bas profil, mais il avait fallu que cette maccab' ne supporte pas de me voir en couleur pour que ça vire bien rapidement en règlement de compte. Le résultat, il était là: des marques de terre qui se frottaient dans un doux dégradé sur mon accoutrement délabré, ainsi que ce sang, noir, froid, qui gardait encore le haut de ce vêtement légèrement humide. Ok, le plus gros du jet sanguin se fondait sur la noirceur de la veste, mais il restait néanmoins quelques petites gouttes de sang sur le col. Tenter de tirer ce dernier et courber la tête pour garder un oeil sur le tissu alors que j'essayais de gratter ne servait à rien d'autre qu'à me faire grimacer de douleur. Cette saleté m'avait salement secouée, dieu merci sans blessure ouverte (et donc sans contagion), mais je pense que je dois aimer ça, même si dans le fond je peux sentir son regard réprobateur posé sur moi. Elle. La seule pour laquelle je continue, même si elle n'est techniquement plus là pour quoi que ce soit. Une vision. Un rêve. Mon purgatoire... La voir continuellement marquait au fer rouge la culpabilité que je n'avais pas pu la sauver; la remarquer du coin de l'oeil alors que je me bat ne fait que motiver mon ardeur... Elle me garde en vie. La folie de sa présence me mine. Un bon équilibre, dans le fond, même si je mentirais en admettant ne pas aimer ça. Après tout, si ce n'était pas le cas, j'ignore ce que je ferais encore à en redemander, à continuer à ruiner le peu de fringues que j'avais l'un après l'autre... Je ne pouvais pas me décider sur ce qui était pire: la voir, me satisfaire d'avoir survécu ou bien être déçu de ne pas l'avoir rejointe.

Et avec tout ça, l'autre petite garce m'avait foutu sur les crocs en tentant de faire de moi son petit déj' ... Alors pour me calmer, je tire un peu plus sur cette cigarette que j'ai coincé entre mes lèvres, avant de m'emparer d'une petite flasque et de laisser couler le brûlant alcool me purifier le gosier un bon coup. Un luxe que je ne me permet pas tous les jours, les vivres sont bien assez rares comme ça. A remuer la tête en savourant tout en souffrant de l'agression de l'afflux soudain de cet alcool un peu trop fort, je rangeais tout ça et reprenait possession de ma clope, laissant mon regard vagabonder et tenter de capturer des yeux une attraction rouillée, vestiges d'un monde où les gens trouvaient encore à s'amuser de l'innocence d'un instant volé... Le fait que le parc était réputé à une époque ne voulait pas dire qu'il était automatiquement sans danger aujourd'hui, et lorsque j'ai entendu ces pas se rapprocher, j'ai su que la soirée que je voulais si tranquille était vraiment loin de s'exécuter comme prévu... D'un ennui à l'autre, je pense que j'étais servi. La prochaine fois, je resterais tout simplement au camp, quitte à m'emmerder comme ce n'est pas permis dans ce groupe de chieurs ... La silhouette s'approchait, les pas se faisaient plus pressants, et ma main commençait à démanger pour que j'agrippe le poignard qui se tenait dans sa gaine, à ma ceinture, baissant l'échine, fondant dans les ombres.

Surprendre pour ne pas être surpris...

© Chieuze

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MessageSujet: Re: once there was a night beneath a moonless sky Sam 1 Juin - 23:54


ft. Byron E. Forsythe
once there was a night beneath a moonless sky



parc d'attraction, à la nuit tombée.


La marche commençait à l'épuiser. Sa blessure à la jambe la lançait un peu et le peu d'eau qui restait avait été avalé sans plus de cérémonie. Il lui fallait se réapprovisionner et pour ça, trouver de l'eau et de préférence potable. Elle avait prévu de faire une halte du côté du vieux parc d'attraction qui n'avait plus grand chose à voir avec sa  splendeur passée. Aux vues de la distance qui lui restait à parcourir, Maura préféra ne pas traîner. Tant pis si sa jambe la faisait de plus en plus souffrir. Ce n'était pas le moment de se reposer, au milieu d'un sentier désert, à la nuit tombante. Ça aurait été le pire plan possible. Les macabés n'allaient pas tarder à faire la fête et elle ne préférait pas être invitée. D'une même façon, elle ne préférait pas être en terrain découvert si un groupe d'hommes, de barbares comme elle les nommait décidaient de passer par cette vieille route. C'était tout autant risqué pour elle et elle n'avait franchement pas besoin de ça.

Enfin arrivée à destination, elle se permit de souffler un peu. Montée sur les hauteurs d'un vieux manèges, Maura chercha un coin isolé et à l'abri pour le restant de la nuit. Elle n'avait aucune envie d'entreprendre la marche de nuit et rester ici, en plein vent était loin de lui convenir. C'était un coup à mourir de froid ! Une mort plutôt stupide par les temps qui courraient. Elle ferma un peu plus la légère veste qui lui servait de couverture la plupart du temps et observa ce qui se passait. Pas grand chose en soit. Elle aurait bien cassé du zombie mais malheureusement pour elle et heureusement pour eux, il semblait que la zone était dépourvu de chair en décomposition ambulante. Prête toutefois à s'amuser un peu, revigorée par le froid sans doute, elle saisit l'occasion. C'était trop beau. Un parc d'attraction pour elle toute seule, un véritable centre d'entraînement, un petit jeu de tir pour peu que les cibles viennent jusque là. Résolue à descendre un ou deux rôdeurs avant de dormir, Maura descendit de son manège et avança prudemment à travers les allées. Le bruit d'un manège mis en route la fit se retourner brusquement. Les cris d'imbéciles heureux la rassurèrent partiellement. Ce n'était que des jeunes sans cervelles qui avait du réussir à refaire démarrer un de ces vieux moteurs. Fabuleux ! Juste de quoi attirer d'une une tripoté d'affreux monstres … et avec un peu de malchance, ce sera elle qui se fera surprendre par leurs dents pleines de caries.

Les jeunes … elle n'était pas si bête à son époque … Quoique, sans doute n'aurait-elle pas agi différemment. Joaquin n'aurait pas agi différemment. C'était peut-être la fin du monde, un cauchemar et un enfer sur Terre, mais rien ne pouvait l'empêcher de profiter de ce qui s'offrait à lui. Il aurait pris beaucoup de plaisir à essayer de faire démarre un de ces vieux manèges, rien que pour une seconde de bonheur. Et Maura l'aurait laissé faire, rien que pour voir une seconde un sourire d'enfant orner son visage. Même si cela impliquait des heures de courses éperdues pour fuir les rôdeurs qui auraient été attiré. Mais maintenant, tout cela n'avait plus lieu d'être … Et Maura n'avait plus à faire plaisir à quiconque … Il n'était plus là et tout ce qu'elle pourrait imaginer faire avec lui n'arriverait jamais. Il était trop tard.

Certaine de pleurer si elle pensait une seconde de plus à Joaquin, elle s'éloigna progressivement des bruits du manège, guettant d'une certaine façon l'apparition des morts. Au bruit qu'elle faisait en marchant, Maura se rendit compte qu'elle pourrait être vite repérée, vite pourchassée. Plus discrète maintenant, elle garda son automatique en main et avança prudemment, écoutant les bruits. Des pas, des pas rapides. Un rôdeur, peut-être plusieurs. Soudainement ragaillardie de se voir bientôt en exterminer quelques uns, Maura afficha un sourire loin de signifier d'amicales choses. Les pas s'éloignaient, se rapprochaient, bifurquaient, cherchaient. Elle resta sur place, attendant de les voir apparaître. Elle ne tirait jamais avant d'être sûre. Son cœur battant un peu plus lentement à chaque bruissement, elle se préparait à tirer avec tout le sang-froid nécessaire. Une ombre se dessina. Ce n'était pas un rôdeur. Un homme. Un homme qui semblait lui aussi sur ses gardes. Il ne l'avait pas vu. Elle l'apercevait la première. Quel idiot ! Est-ce qu'il était le responsable de tout ce vacarme du côté des manèges ? Peut-être bien. Elle ricana doucement. Ils avaient du se traquer l'un l'autre mais apparemment, elle était plus forte que lui. Énervée de ne pas avoir son cota de morts de la journée, énervée de n'avoir pas pu s'amuser un peu et énervée de voir des personnes aussi inconscientes que lui, faire autant de bruit, Maura n'hésita pas longtemps avant de décider d'agir. Vu l'homme, aucun doute qu'au moindre bruit il tirerait dans le tas. Elle n'avait aucune envie de mourir aujourd'hui des mains d'un barbare. Elle allait devoir le désarmer avant toute chose. Peut-être même pourrait-elle l'amocher un peu. Elle n'était pas ignorante, elle avait entendu les bruits, les rumeurs tout ce qui se disait sur les différents grands groupes qui se formaient, des choses qui s'y passaient. La barbarie, la violence vis à vis des autres hommes et des femmes surtout. Elle était dégoûtée de savoir ça. Ca ne suffisait pas que l'homme soit en voie d'extinction, menacé par son propre futur ? Il fallait en plus qu'il s'entre-tue ?! Il était l'un d'eux à coup sûr. Ce serait sa façon à elle de participer à la vengeance de ses femmes bafouées.

Rapide et discrète, elle s'avança, lança sa jambe pour faire tomber l'arme qu'il tenait. Maura continua, saisissant l'occasion pour le mettre en position de faiblesse. Sans attendre, elle balaya au niveau de ses jambes, le laissant tomber lourdement sur le dos. Préférant avoir une prise sur lui, elle passa par dessus lui, s’asseyant de manière à bloquer ses mouvements.

« Le traqueur traqué … on ne vous a jamais appris à être discret ?! Vous auriez pu alerter toute une horde avec vos manèges ! » Elle le fixait, un sourire moqueur plaqué sur le visage.



Dernière édition par Maura S. Byrne le Mer 7 Aoû - 17:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: once there was a night beneath a moonless sky Lun 24 Juin - 15:58

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« a long-dead past, lost in the rush of madder dreams »

BYRON - Je suis trop vieux pour ces conneries.

La chute fut lourde, atterrissant sur le dos dans un "oomph" bien peu sérieux. Un nuage de poussière s'envola, s'éparpilla au vent et l'espace d'un instant c'était tout ce qui l'empêchait de distinguer la silhouette qui se tenait par dessus lui, narquoise, satisfaite d'elle-même, se targuant d'avoir chopé le chasseur avant même que le jeu n'ait véritablement commencé. Elle aurait pu continuer ainsi pendant un long moment, si seulement j'avais bien voulu lui laisser le bénéfice du doute et lui permettre de continuer de parler. 

BYRON - Disait celle marchant dans le vent. Le bruit n'est pas tout, rien que l'odeur aurait suffit s'ils avaient vraiment voulu.

Ce n'était pas une petite branche qui allait m'empêcher de bouger et l'entraînement militaire aidant, un roulement eu bientôt raison de la position de force de cette personne, inversant la tendance, la calant sous mon poids en lui empêchant toute possibilité de fuite. Oh, elle pouvait bien se débattre, je m'en moquais, et si un sifflement de souffrance atteignit mes oreilles, je n'étais pas exactement d'humeur à m'en soucier immédiatement. Non mais franchement. C'était quoi ces manières.

BYRON - Il ne vous ai jamais venu à l'esprit que peut-être, j'avais envie d'alerter ces lourdeaux ? Je n'aurais jamais cru attirer dans mes filets une si belle plante, en revanche. Vénéneuse, certes, mais pas mal…

L'entendre parler me fit tourner la tête. Sa voix se calqua avec celle de ma compagne, se mélangeant pour ne former qu'un amas incohérent de voix qui me brisèrent le coeur juste un peu plus. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ce soir ? Pourquoi est-ce que ses traits à elle se mêlaient à ceux de l'inconnue, me laissant l'impression d'avoir retrouvé celle que j'ai perdu à jamais ? La douleur me fait perdre pieds, je cherche à discerner réalité du fantasme et se faisant, je ne réalise pas que ma prise sur les poignées de ma captive se fait plus forte. L'étau se resserre. Je me perds dans une folie, désespérée, meurtrière, que seule une bonne chasse aurait un jour la chance de pouvoir endiguer. Mais non… J'allais devoir m'occuper de cette créature, cette personne qui pour l'heure restait brouillée par l'hallucination de mon épouse. Elle souriait, elle me souriait et avant que je ne puisse m'en empêcher, j'étais pris au piège dans les méandres d'un rêve tourmenté, un désir non exprimé, une hallucination bien trop réelle à mon goût. Mes lèvres se posèrent sur les siennes, tentatives feintes pour mêler le rêve à la réalité, à espérer pouvoir un jour l'embrasser à nouveau et perdre toute désillusion quant à nos chances de nous en sortir en vie.

Et puis le rêve pris fin.

Plutôt violemment, en fait… Il me fallu à peine un instant pour me demander pourquoi ma femme venait de m'inviter au baiser avant de me mettre un coup de poing phénoménal lorsque le geste avait pris fin. Et puis, les idées me revinrent. Réalité. Fiction. Pour autant que la personne que je maintenais sous moi était concernée, je m'étais forcée sur elle. Pour un simple baiser, certes mais… elle n'avait rien demandé. Et n'avait de toute évidence pas apprécié l'attention, si ma joue restait la moindre indication. Elle n'avait rien demandé. Je lui avais imposé le baiser… La réalisation de ce que le rêve m'avait poussé à faire me fit tourner la tête et c'est complètement paniqué (quoique la femme pourrait dire, psychotique) que je reculais vivement, trébuchais presque pour atterrir sur le cul et batailler pour m'éloigner de quelque pas. En toute hâte. Pour un simple baiser ou pour plus, je m'étais assimilé aux hommes qui avaient démoli ma vie et pour la peine, j'aurais bien adoré défoncer la gueule d'un maccab' à mains nues juste pour le plaisir d'en ressortir défoulé. Plus sain. Moins souillé. 

BYRON - Vous êtes blessée… Où sont vos compagnons de route ?

Parce que bien sûr, il fallait évidemment qu'elle soit en groupe. Une donzelle comme elle, si sauvage et indomptable qu'elle semblait être, ne pouvait décemment pas se promener seule. Et si je n'étais pas exactement modèle de bonté et, surtout en ce moment, blanc comme neige, je ne pouvais pas réellement concevoir qu'elle reste blessée et vagabonde. Il fallait au moins que j'ouvre ma gueule une fois de plus, pour la route…

BYRON - Vous avez été mordue ?

On savait elle et moi ce que cela signifiait, et ce que je serais appelée à faire si elle me répondait "oui". Ma main sur la gaine de mon poignard, j'observais attentivement sa silhouette, priant tous les saints que l'hallucination ne s'évanouisse, que l'apparence de mon épouse ne s'efface et que je découvre cette femme pour qui elle était réellement. Je me levais, ne la quittant pas des yeux, et n'étant pas exactement connu pour être un parfait gentleman, je la laissais se démerder seule pour se relever, au moins jusqu'à ce qu'il soit clair que sa jambe ne lui facilitait pas la tâche…

BYRON - Allez debout. C'est le meilleur moyen d'infecter tout ça, si vous continuez à vous traîner dans la poussière…

Je la soulève sans grand ménagement, avant de soudainement tendre l'oreille et d'entendre au loin un cri à faire glacer le sang de n'importe qui. Les jeunes payaient pour leur imprudence malhabile. D'une exclamation soufflée, je m'emparais de la jeune femme et la plaquait dans un recoin offrant un refuge temporaire, faisant écran entre elle et la chiée de maccab' qui accourait non loin, ameutée par les hurlements, plus intéressés par l'idée d'un dîner servi sur un plateau d'argent plutôt que d'un duo dissimulé dans les ombres, perdus dans un refuge bien sommaire. La meute avança, puis disparut. Et moi je restais là. Immobile. Emprisonnant une fois de plus ma compagne d'infortune en l'observant attentivement des pieds à la tête, cherchant à desceler où cessait le rêve et où commençait la réalité. Elle avait l'air si… vraie. Ma main glissa sur sa joue en capturant sa machoire, forçant le visage à s'élever doucement, et plongeant des yeux tristes dans la féroce attention des siens. Elle n'appréciait sûrement pas un tel traitement. Elle risquait sans doute de me le faire regretter si je vivais assez longtemps pour, mais poru l'instant, j'étais satisfait. A mes yeux, j'avais protégé, au moins une fois, celle que je n'avais pu défendre lorsque ça avait compté. Reculant doucement, gardant le regard fier et haut, j'attendais que la tempête se déchaîne, tout en posant les yeux sur la plaie qui continuait de suinter. Il allait falloir s'en occuper au plus tôt…

BYRON - Asseyez-vous là.

Mon ton ne laissait la place à aucune équivoque: si elle ne s'asseyait pas, j'allais la forcer. J'étais peut-être un véritable connard, mais nous étions peu assez pour que je trouve à m'intéresser un minimum à tout et n'importe qui et il était absolument hors de question que je la laisse repartir avec une plaie infectée ou saignant assez pour mener une piste sanglante au repas festif qu'elle pourrait bien représenter. Elle n'aura qu'à me casser la gueule plus tard…. ou essayer, du moins.

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Dernière édition par Byron E. Forsythe le Ven 6 Déc - 22:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: once there was a night beneath a moonless sky Mer 7 Aoû - 18:07


ft. Byron E. Forsythe
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parc d'attraction, à la nuit tombée.


Avoir le dessus sur quelqu'un qui n'était pas autre qu'humain lui était plutôt agréable. C'était même plutôt agréable … d'avoir pour une fois affaire à quelqu'un de vivant. Maura souriait. Oubliée la douleur lancinante. A l'instant, elle n'était plus que contente de son coup, en colère mais contente. Fortement appuyée, elle priait pour qu'il n'est pas l'idée de riposter brusquement. Malgré sa force dû aux heures d'entraînements et à la marche habituelle, elle restait certaine qu'il pourrait prendre le dessus. Heureusement pour elle, il semblait plus surpris qu'enclin à la réaction.

« Vous croyez vraiment que je vous ai attendu pour savoir comment survivre ? Je me passerai de vos conseils, merci. » Légèrement sèche, Maura n'aimait que peu qu'on lui dise comment faire et surtout ce qu'elle faisait mal.

Après tout, si elle avait survécu durant tout ce temps c'était sans doute parce que ça manière de faire n'était pas si terrible que ça. A peine cette constatation faite, elle se sentit basculer sous lui. Inversement des rôles. Sa jambe lui arracha un gémissement. Et l'homme commença à lui faire un reproche ou ce qui s'en approchait, justifiant de sa présence, la désignant, la décrivant brièvement. Et elle eut peur. Un instant de peur qu'il soit véritablement parmi ces hommes qui ne laissait aucune chance aux femmes, qu'il soit de ceux qu'il fallait impérativement se méfier. En pleine crise d'angoisse, son cœur fit un bond en sentant les lèvres de l'homme sur les siennes. Elle ne réagit pas, tout d'abord, trop surprise pour ça. Puis lorsque la pression fut relâchée, lorsque ses membres retrouvèrent une certaine mobilité, elle fit la première chose qui lui vint en tête, une chose qui lui offrirait peut-être un instant de répit et surtout un instant d'inattention pouvant lui permettre de fuir. Un coup bien senti et l'homme comprendrait qu'on ne jouait pas avec elle. La sensation de ses lèvres l'avait beaucoup perturbé mais Maura s'était vite ressaisit et espérait que le coup l'ait fait souffrir. Juste retour des choses.

Et c'est comme si elle l'avait brûlé, il se dégageait de l'emprise qu'il avait sur elle, reculant fortement comme si tout contact pouvait l'anéantir. Drôle de contraste. Du baiser forcé à la fuite incontrôlée. Elle était plus que perdue face à cette attitude. S'il avait été de ceux qui forçaient les femmes, il n'aurait pas reculé ainsi, il aurait insisté, encore. Maura mit alors l'instant d'égarement de l'inconnu sur le compte de la fatigue, de la solitude peut-être et aussi de l'étrangeté de la situation qu'elle avait déclenché.

Sursaut. Maura regarda l'homme alors que la douleur se faisait rappeler à son bon souvenir. Blessée. En effet, elle l'avait déjà oublié. Ses compagnons de route ? Elle haussa un sourcil : comme si elle en avait besoin.

Elle émit un rire cynique. « Comme si j'avais besoin de quelqu'un qui me retarde. Vaut mieux être seul que mal accompagné... »

Elle n'avait pas franchement envie de faire la conversation, surtout en pleine nuit, sans aucune visibilité sur les environs et avec un homme qui paraissait plus que douteux. Elle n'avait vraiment pas besoin de s'encombrer d'un gars psychotique par les temps qui courraient.

« Quoi ?! NON, non … » Réponse rapide, mains en l'air en signe de sincérité.

Elle n'était pas contaminée, surtout pas mordue. Ce n'était pas le moment de se faire tuer par ce cinglé s'il la jugeait « malade », elle préférait répliquer de suite sans tenter de trouver une réponse cynique ou de plaisanter. Un vague sourire rassurant mais peu sincère à l'inconnu, elle le laissa se redresser. Elle-même songea à se mettre debout mais sa jambe lui rendait la tâche pénible. Et le combat avec l'homme n'avait sans doute pas arrangé sa situation.

Elle se sentit soulevée et retrouva un équilibre précaire en même temps qu'il finissait de parler de soin. Hors de question. Elle se soignerait seule ou rien. Elle n'allait certainement pas le laisser toucher sa blessure sans même savoir si elle pouvait avoir confiance. Un cri déchira soudain le silence. Des rôdeurs. Ils étaient là et leur repas aussi. Avec leur conversation ridicule, Maura en avait oublié les zombies.

« Manquait plus que ça. Faut bou... »

Son murmure s'étouffa alors qu'il la poussait dans un coin. Douleur et peur soudaine. Il faisait nuit, elle se sentait désarmée et avait pour compagnon, un homme qui ne semblait pas très fiable. Et voilà qu'il recommençait, la touchant comme si … comme si elle n'était pas vraiment là. Elle ne comptait pas se laisser faire. Mais en même temps, elle tanguait dangereusement entre l'envie d'exprimer sa colère au risque d'attirer les rôdeurs et celui de voir jusqu'où il tenterait d'aller, sans faire un bruit, pour ne pas attirer les monstres. Il lui releva doucement la tête et elle ne trouva aucune réplique, se laissant faire. Ses yeux parlaient pour elle, lançant des éclairs, menaçant l'adversaire. Pas touche. Il recula enfin, lui laissant le champ libre, elle s'éloigna du mur derrière elle, murmurant entre ses dents.

« Faudrait pas que ça devienne une habitude ... »

Il regarda sa jambe ou la blessure, elle grimaça en avançant encore. Elle était en colère. S'il ne l'avait pas chahuté comme une malheureuse poupée, la blessure ne se ferait sans doute pas autant ressentir. Il lui intima presque l'ordre de s'asseoir.

« Ça va aller, c'est pas bien grave. Je me débrouillerai. »

Maura n'avait aucune envie de rester là plus longtemps, exposée de toute part, dans un vrai guet-apens si les rôdeurs venaient à passer dans le coin.

« Puis il fait nuit, on est dans un vrai labyrinthe et ça m'étonnerait que les cris de tout à l'heure aient été des cris d’allégresse. »

Elle se baissa, reprenant son sac qui était tombé dans la bagarre, vérifiant que l'objet le plus précieux qu'il contenait soit toujours là. Elle balaya la poussière de ses vêtements d'un vague geste de la main, le regard fixé sur le sol tout en concluant :

« Sans compter que j'évite de rester trop longtemps avec les hommes. Et vous êtes … un homme. »

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MessageSujet: Re: once there was a night beneath a moonless sky Sam 7 Déc - 0:19

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« a long dead past, lost in the rush of madder dreams »

S'il te plaît...

C'était presque prononcé comme une question, un doute soudain, une fragilité que j'enterrais le plus souvent sous une montagne d'insensibilité. C'était tellement plus facile de ne rien ressentir. Une demande sincère, et un regard qui en disait long: j'étais confus, perdu, égaré entre le fantôme de mon passé et la preuve tangible de ce presque sosie devant moi. Elle allait partir. Elle allait s'en aller en saignant toujours, risquant d'attirer les meutes comme un morceau de viande sanguinolente attirait les squales. Et juste à penser que... Elle lui ressemblait trop, l'imaginer même était trop douloureux. Le tutoiement me passa par dessus la tête et pendant un instant je voyais à nouveau les traits de mon épouse se fondre sur ceux de l'inconnue, si bien qu'il me suffit de secouer la tête pour dissiper la confusion qui se mêlait à mon esprit. Femme, morte. Inconnue... vivante, tigresse, violente et sacrément douée du droit.

Je m'excuse pour tout à l'heure. Vous ne pouvez pas continuer comme ça, ils vous auront en un rien de temps et c'est difficile de se soigner soi-même avec une plaie pareille, il faut une tierce personne... S'il vous plaît ?

J'alternais entre la familiarité et la politesse, la crainte de ce qu'elle représentais pour moi et le soin à pouvoir dire de m'occuper de quelqu'un. Ce n'était pas courant. J'étais le genre de mec à être prêt à laisser crever n'importe qui qui ne soit pas moi. Mais... elle... tout était différent. Elle semblait furibard lorsque je l'attirais, main dans la main, vers un bas promontoire qui pourrait aisément faire office de siège improvisé; un peu à l'écart , bas, derrière une carcasse, le confort était superflu et la sécurité, bancale, mais si on devait soudainement se mettre à courir pour fuir ces monstres, elle n'allait pas pouvoir suivre. J'eus l'étrange pensée à me dire que si les regards pouvaient tuer, elle aurait sûrement déjà creusé la tombe. Mais elle capitula. Enfin, elle s'asseya lorsque je l'y invitais, avant de me toiser lorsque je m'apprêtais à arracher ce qui ne l'avait pas été lorsqu'elle avait été blessée. Elle me mit au défi de terminer mon geste, m'imposant presque d'être furtif. Est-ce que c'était moi qui devenait soudainement terriblement convaincant, ou alors la douleur qui lui arrachait ses grimaces de mécontentement ? Je ne pouvais le dire. Je n'osais même pas m'imaginer qu'elle devait se surprendre de la dualité qui s'était emparé de moi: le militaire et le veuf éploré. L'amant et le guerrier. Le bon et la brute. L'homme qui avait imposé son poids sur une blessure qui devait être bien douloureuse, avant de vouloir tout faire pour réparer son erreur.... et éviter plus que tout que la jeune femme ne finisse au menu de ce soir. Au moins, elle restait vive: le fait qu'elle ait manqué de me casser le bras lorsque j'eus sous-entendu qu'il me fallait un accès net à la blessure, et donc libérer la jambe de son fourreau vestimentaire, fut preuve assez. Elle se débattit un instant et si j'étais tenté de vouloir l'immobiliser à nouveau, je préférais esquiver et raisonner... Pour une fois.

Libre à vous de faire le pansement autour d'un jean sale, enfermé la gangrene et la laisser vous dévorer la jambe jusqu'à ne plus avoir l'utilité du membre. Vous voulez que cette blessure guérisse, oui ou non?

Je grommelais un "prochaine fois, z'aviez qu'à viser l'épaule" qu'elle risquait d'avoir entendu mais qui sembla la laisser de marbre: elle avait l'air de batailler contre elle-même, ce n'était pas tous les jours qu'un rustre inconnu lui demander de se dénuder à moitié. Pas sûr que moi je l'aurais fait. Levant vers elle un regard la suppliant de me laisser prendre soin d'elle, promettant aucune entourloupe et de ne pas prendre plus de temps qu'il ne fallait pour faire mon dû. Elle capitula, bien que je cru lire dans son regard une fierté et une promesse.. C'était un sacré bout de femme, celle-là. Ôtant le vêtement, ne laissant pas balader mon regard et restant digne en m'occupant d'elle, je me mis à la tâche. Dans le fond, il n'y avait rien qu'il ne me semblait pas avoir déjà vu: mes gestes restaient calculés, francs, sans agenda ultérieur que de vouloir m'occuper de la blessure. Mes doigts pianotèrent sur la cuisse lacérée, examinant, jaugeant, déterminant le mal qui avait été fait. Seigneur, mais dans quoi est-ce que cette femme avait bien pu aller se fourrer pour finir avec une jambe pareille.

Vous me rappelez quelqu'un que j'ai connu.

Il n'y avait rien de plus normal que de faire de la petite conversation pendant que je me voyais confier des pansements. Ma discipline militaire gardait mon regard sur mon travail, et j'espérais secrètement qu'elle se sentait un peu plus à l'aise en comprenant l'absence de mauvais augure: je ne lui voulais pas de mal, quoique la secouer un peu si elle recommençait à me taper sur le système me tentait dangereusement. Je mêlais les soins à mes propres matériaux, prenant une petite flasque de scotch que je gardais sur moi pour en utiliser un peu sur la blessure afin de la nettoyer. C'était un bien très rare, de nos jours et j'espérais en bougonnant dans ma barbe que la blonde allait pouvoir apprécier le sacrifice que je faisais pour elle. Elle hissa et je dus faire preuve de bien des efforts pour ne pas plaquer ma main sur sa bouche pour lui imposer le silence. Déjà que sa "chaise" grinçait quand elle bougeait, mais si en plus elle devenait vocale....

C'est bientôt fini... juste... voilà

Le contraste était saisissant. J'aplanissais doucement le pansement dans une caresse, après avoir noué le bandage; le silence qui pesait était assourdissant, mais j'étais soudainement perdu à nouveau. La plaie était nettoyée, le bandage propre était appliqué, si elle ne commençait pas à faire les dingues, elle devrait pouvoir tenir quelques jours avec. Je m'étais installé à côté d'elle et j'avais délicatement posé la jambe blessée sur mon genou le temps de m'en occuper. J'étais proche, mais pas trop. La brusquerie de mon attitude précédente ne trouvait écho qu'en le soin que je prenais à m'occuper de la blessure: rapidement, avec efficacité, parce qu'il était hors de question de la laisser filer. Me doutant que si elle venait à partager ma route, elle allait me rendre dingue (plus que je ne l'étais déjà, en tout cas), au moins j'aurais la conscience tranquille en sachant avoir renvoyé cette blonde impétueuse sur les routes sans pancarte annonçant le buffet du siècle.

Même si renvoyer quelqu'un qui lui ressemblait tant me déchirait le coeur.

Etrange créature, fantôme de mon passé... indomptable casse-pied (non mais vraiment, depuis quand une femme vient vous mettre la raclée sans que vous ne crisiez, vous ?!) qui me troublait... et qui j'espère allait bientôt déguerpir. Elle me troublait, perturbait les limites entre le présent et le passé, ravivant des sentiments qui appartenaient à une autre époque mais dont je ne m'étais jamais réellement débarrassé.

A terre, vite !

Elle avait à peine le temps de remettre son vêtement que déjà je l'attirais au sol, priant pour que le "siège" de fortune ne fasse pas une cacophonie qui allait alerter le trio de morts-vivants qui se traînaient vers nous. J'étais tombé en premier, l'attirant avec moi, prenant soin de ne pas salir ce que je venais d'opérer. Gardant une main sur sa bouche, je lui intimais le calme alors que je m'appuyais de tout mon poids sur mes bras pour éviter de l'écraser sous mon poids. Okay, là ça commençait à devenir sérieusement embarrassant.

Restez ici. Ne bougez pas. Et plus important de tout... pas un mot !

Un sourire triste et à la fois heureux, je gardais en mémoire l'illusion de protéger celle que j'avais aimé. Un sosie allait suffire, au moins pour l'impression d'avoir été là pour cette étrangère alors que je ne l'avais pas été pour elle. Si la blonde lisait dans mon esprit (elle était une survivante aussi, qui sait...) elle saurait ce que j'allais faire et si elle tenait à moi, m'en aurait probablement empêché. C'était du suicide, mais qu'était notre vie désormais si ce n'est un acte de folie et de défiance après l'autre, hein ? Peut-être que ce n'était pas plus mal que je ne lui inspire que du mépris, donc... Mes lèvres épousèrent les siennes dans un baiser qui me laissait à me demander s'il ne s'agissait pas de ma dernière fois. Après tout, il me suffisait simplement de me lever, m'éloigner, attirer l'attention du petit groupe avant de courir dans la direction opposée. Simple. Elle n'aurait qu'à attendre, se relever et s'en aller. J'allais avoir ma chasse, et elle aurait la paix.

Au final, tout le monde en sortirait ravi.

*coups de feux répétés*

J'étais bien con d'avoir utilisé mon arme. En plus du trio d'affamé, c'était la meute entière que je risquais de récupérer au cul. J'étais fou, au moins l'étrangère avait au moins du le comprendre et je l'étais assez pour servir d'appât à un jeu qui n'en voyait que trop peu revenir. Des grognements, des râles, quelques coups de feu plus tard, un hurlement de ma part et le silence retomba sur la plaine. Combien de temps cela dura-t-il ? Difficile à dire. Un coyote hurla, la nuit reprenait son cours...

Un peu plus tard...
Il y avait quelque chose de curieux, chez elle. D'animal, presque. Tu le vois, tu le sais, mais tu ne peux pas le reconnaître. Parce que reconnaître cette femme qui se trouve devant toi serait comme retrouver une part de toi-même que tu imaginais désertée depuis longtemps, comme une ancre que tu parviens finalement à fixer quelque part. Elle est seule. Elle semble vulnérable. Elle ne t'entends pas... Presque pas. Tu fais craquer une brindille, presque volontairement et tu souris avec un air maniaque au sursaut exclamé qui s'échappe de ses lèvres. Les lèvres. Doux carmin noyé sous la lune, tu as du mal à en détacher le regard. A comprendre ce qu'elle te dit. Tu souris comme un abruti, oui tu es fou et alors ? L'important c'est que ça a marché, non ? Tu as même trouvé un autre pour servir de proie à ta place, mais elle n'a pas besoin de le savoir. Une part de toi est immorale, elle ne restera pas longtemps assez pour s'en rendre compte. Tu la salues, elle semble perdue, tu lui souris en réponse. Un jeu s'installe, un défi, une reconnaissance de ce que l'autre est... Un charmant fou pour toi, un délicieux mystère pour elle. Tu humectes tes lèvres comme si tu pouvais te souvenir du goût des siennes et tu l'inspectes ensuite comme pour vérifier que tout va bien.

Apparemment...

Tu t'approches. Frôle ce brin de femme, ignorant son espace vital, glissant une main fatiguée le long de son bras, rêvant éveillé au moins le temps qu'elle ne comprenne qu'elle ferait mieux de te cogner une fois encore. Tes doigts glissent le long du bras, capture une main, et avant même que tu ne lui rappelle à quel point elle est magnifique, tu embrasses sa main. Tu ravives un souvenir. Tu retrouves une part de toi qui est morte en même temps qu'elle. Le galant.

Je m'appelle Byron Forsythe. Et vous êtes ... ?

D'un pas tu te recules, ignorant la fièvre qui monte soudainement, vérifiant mentalement que l'un des maccab' ne t'aura pas eu. Non. Juste la course. Tu ne te fais plus si jeune et courir si vite n'est jamais bien bon. Tes jambes lâchent, tu n'as pas mangé depuis un bon moment. Tu ris comme un idiot à la soudaine impression d'avoir bu un verre de trop, vacillant jusqu'à t'installer sur le "siège" qu'elle occupait pendant que tu la soignais... et tomber à terre juste après.

Venez là.

Tu te perds à nouveau, tu l'attires à toi, comme si tu n'avais pas le droit d'être le seul à te retrouver affalé au sol. L'espace d'une seconde, tu te demandes comment s'en sort ton "ennemi", coursé par la horde que tu lui a transféré, et tu ricanes. Capturant le visage de l'étrangère dans la coupe de tes mains, tu la préviens, cette fois.

Je vais vous embrasser, maintenant. Ne demandez pas pourquoi, je n'en sais rien... Cognez-moi après si ça vous chante

Rien n'avait de sens, ce soir. Tu risquais bien de finir au tableau de chasse de cette créature, mais au moins, le temps de quelques instants, tu auras retrouvé la sensation de vivre. Avoir un but. Se soucier de quelqu'un. Tu l'embrasses. Le silence tombe à nouveau....


© Chieuze

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MessageSujet: Re: once there was a night beneath a moonless sky Sam 7 Déc - 18:02


ft. Byron E. Forsythe
once there was a night beneath a moonless sky



parc d'attraction, à la nuit tombée.


Prête à partir en laissant derrière elle, cette rencontre étrange, elle s'arrêta dans son mouvement. Son regard dévia vers l'homme et sa demande, sa supplique presque. Elle ne comprenait pas son insistance. Tour tournait. Dans un monde où ils n'avaient plus leur place, peut-être pouvait-elle trouver un instant de répit ici, même en présence de cet homme. Un homme qui s'était montré plutôt dérangé lui rappela sa voix intérieure. Et elle les évitait, comme la peste. S'il était comme ces autres qu'elle avait pu observer de loin en voyageant, elle risquait sa vie. Mais ce tutoiement, presque cette faiblesse dans sa voix la laissa en plein doute. Était-ce raisonnable de repartir alors qu'elle pouvait à peine marcher sans esquisser une grimace de douleur à chaque pas ? Certainement pas. Maura connaissait bien ce mot, déraisonnable, ces derniers temps. Elle allait au bout de ses ressources, elle oubliait tout pour marcher, simplement marcher et tuer. Il fallait qu'elle pense raisonnablement pour une fois. Un moment de répit dans ce monde de fou. Et puis, s'il tentait quoique ce soit, elle était encore armée. Elle n'hésiterait pas. Elle pouvait bien accepter de se soigner, ne serait-ce que pour éviter d'avoir tous les rôdeurs à ses trousses. Elle le regarda suspicieuse et l'entendit mettre des mots sur ce qu'elle pensait. C'était dangereux. Elle avait besoin d'aide. Dur de l'admettre pour elle qui aimait son indépendance. Même pour un instant, se retrouver dépendante d'un homme … elle ne le pensait plus possible. C'était dérangeant.

Elle n'eut pas voix à la réponse qu'il l'attirait vers une assise précaire. Ce qu'elle détestait qu'on prenne la décision pour elle.Une chance pour lui que ce soit le chaos dans son esprit et que sa faiblesse la rende plus docile. Elle ne manqua cependant pas de lui lancer un regard sombre, lui signifiant qu'il n'avait pas intérêt à choisir de nouveau à sa place et lui montrer par la même occasion qu'elle pouvait encore lui tirer une balle entre les deux yeux s'il ne se contentait pas de ce qui était prévu. Mais elle s'assit, soutenant son regard. Elle observa, analysa, eut un mouvement pour s'échapper quand il avança ses mains vers son pantalon, amplement déchiré. Son regard remplaça les mots, qu'il essaye donc de toucher au vêtement ou à ce qu'il en restait ! Elle saurait l'accueillir. Son semblant de geste pour se reculer au possible, toujours assise lui laissa une douleur cuisante. C'était un combat. Elle ne voulait pas être faible et montrer qu'elle souffrait de cette blessure. Elle ne voulait pas. Elle devait pourtant être soignée. Il fallait qu'elle soit raisonnable. Mais lui, lui … il la rendait méfiante. Elle ne voulait pas apprendre à le connaître, elle ne voulait plus connaître quiconque, elle était déjà restée trop longtemps. Elle nota son regard changeant. Elle se demanda ce qui pouvait lui traverser l'esprit, quel était son combat, son histoire. Elle ne devait pas se le demander. Indifférence. Il fallait qu'elle le soit. Au mouvement qu'il fit pour libérer la blessure de son emprise, elle réagit instantanément. Toute sa force alla dans ce geste. Elle se retint de la brutaliser. Qu'il ne compte pas sur elle pour être d'accord et enlever ce qui semblait être pour elle, une protection. Ces paroles firent cependant sens à ses oreilles et elle n'avait aucune envie de perdre sa jambe. Par les  temps qui courraient, c'était bien le plus utile des membres. Courir, fuir. C'était leur quotidien. Accepter ? C'était raisonnable. Refuser ? C'était signer sa reddition. Jamais. Elle se redressa.

« D'accord. »

Un simple mot pour tant de compromis. Un regard qui continuait à en dire long, une menace à peine voilée et une fierté durement refoulée. Le vêtement éloigné de sa propriétaire, la jeune femme évita le regard et tenta de discerner les ombres, peu encline à noter l'importance de sa blessure. Surprise par la douleur soudaine, elle retint un gémissement et se crispa alors qu'il semblait analyser l'angle d'attaque. C'était si terrible que ça ? La jambe engourdit, c'était vrai qu'elle ne pouvait pas tellement juger de l'importance de la plaie. Elle observa l'homme au travail et sourit légèrement, le cachant bien vite, en ne ressentant aucune douleur à son toucher, minutieux sans doute. Elle se questionnait sur le personnage, sur sa provenance, sur qui il était avant ça et même après. Fou, sans doute. Mais ne l'étaient-ils pas tous dans cet endroit où on achevait les souffrances de ceux qui avaient été nos proches, nos voisins ?

Il fit un instant la conversation, une phrase qui sonnait étrange, qui installa un malaise du côté de Maura. Que répondre à ça. Avant, elle aurait trouvé mille façons de poser des questions sur cette personne à qui elle pouvait le faire penser. Aujourd'hui, il n'y avait rien à dire.

« Je suis désolée. »

Pourquoi ? Parce qu'elle lui faisait penser à quelqu'un. Parce qu'à cette époque on pouvait supposer qu'il s'agissait d'un passé terminé et que la dite personne n'était sans doute plus là. Parce que ces suppositions étaient presque toujours exactes et qu'elle était désolée, désolée de lui rappeler des souvenirs quels qu'ils soient. Elle le laissa s'occuper de sa jambe et le regarda sortir une denrée rare de son propre paquetage. Un instant, elle réalisa qu'il utilisait ses propres ressources pour elle, l'instant d'après, elle s'horrifia en devançant la brûlure qui allait se faire ressentir. Elle l'avait prévue, elle ne put cependant pas retenir un cri, rapidement étouffé par une main en travers de sa bouche. Surprise, sonnée par la douleur, elle ne le repoussa pas immédiatement mais lui jeta un regard qui tuerait quiconque sur le champ. Il aurait pu prévenir ! Bien sûr, bloquer son bruit était un simple instant de préservation mais elle n'en restait pas moins mécontente. Ils allaient finir par s'exposer aux morts et elle n'avait aucune envie de devoir fuir sans avoir pu enfiler son pantalon. Elle attendait plus qu'impatiemment que ça finisse pour fuir à nouveau. La situation la mettait mal à l'aise. Elle détestait ça. La voix de son soigneur fit écho à ses pensées. Enfin. Il termina le pansement, la faisant frissonner par la douceur qu'il mettait dans son geste ou alors, était-ce le froid de la nuit. Elle ne savait pas comment définir l'homme non loin d'elle, il rivalisait d'agissements presque contradictoires qui l'étonnèrent.

Un instant de flottement avant qu'elle ne s'écarte de l'homme avec à peine un sourire pour remerciement. Elle s'empressa de récupérer son habit et vérifia la présence de ses armes à portée de main. Elle ne devait pas rester, la situation pourrait devenir encore plus gênante. Elle était troublée par son attitude, énervée par ses agissements, également reconnaissante pour l'aide qu'il lui avait apporté et pour son insistance exaspérante pour qu'elle puisse repartir sur ses deux jambes. Trop de sentiments pour un même moment.

Aussi vite que ses émotions arrivèrent, on l'entraîna au sol dans un faible éclat de voix. De nouveau collée à l'inconnu, Maura songea aux probabilités pour que cela arrive plus de trois fois d'affilées … quasi nulle et pourtant. Ce schéma récurrent commençait à l'embarrasser plus que l'énerver. A nouveau bloquée par le corps de l'homme, elle ne put dire un mot, une main de nouveau plaquée sur la bouche. Ses yeux lançaient des éclairs alors que l'inquiétude s'insinuait en elle. Les rôdeurs. Elle n'avait pas été dans une telle situation de faiblesse à côté d'un troupeau de monstres depuis très longtemps. Elle était toujours préparée, prête à tirer ou à leur enfoncer une arme suffisamment profondément pour les exterminer. Ne bougez pas ?! Ce n'était pas contre lui mais à l'instant présent, elle ne pouvait pas faire grand chose de toute façon. Mais il était hors de question qu'il réduise en bouillie quelques lambeaux de chairs sanguinolent sans elle ! Il lui donnait des ordres, c'était ça. Comme si elle allait les respecter, il était fou. Elle était folle. De quel droit se permettait-il de la commander et de décider pour elle ?! Pas un mot … sérieusement énervée, elle se retint de répliquer, prenant tout de même en considération le fait que la discrétion devait être de mise mais elle ne se retint pas pour enfoncer méchamment ses ongles un bref instant en signe de désaccord. Elle n'était pas femme à avoir besoin d'être protégée. Et certainement pas par … mais qu'est-ce qu'il faisait ?! Non … pas encore ?! Sa colère fut mise de côté sans qu'elle ne put rien faire, la surprise prenant le pas, appréciant malgré les circonstances, le baiser offert par l'homme. Sonnée par le déferlement d'informations, d'actions, pas sa blessure aussi, elle ne réagit pas à son départ soudain.

« Non mais quel id... »

Son arme en main, Maura écouta les bruits, fut interrompu dans son bref monologue par des coups de feu. Idiot. Imbécile. Il risquait d'avoir tous les rôdeurs du coin à ses trousses. Des pas traînants, un rôdeur. Il n'eut pas le temps de s'approcher que son couteau s'enfonçait profondément, recouvrant sa main de chair en décomposition. Elle écouta. Il n'y avait plus rien. Plus aucun bruit. Son souffle se fit plus long comme si elle attendait un quelconque signe de vie dans les environs pour prendre sa bouffée d'air. Non. Un tel imbécile ne pouvait pas mourir aussi bêtement. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle savait qu'il ne fallait pas qu'elle s'approche de lui comme de n'importe qui. L'humanité. Elle s'accrochait à ce qui lui restait et devenait faible. Elle voulait survivre mais elle s'attachait. Eusse-t-il était le plus monstrueux des hommes, elle s'attachait à ce qui restait. Ils étaient si peu à être encore debout. Elle était là, debout, le corps prêt à en découdre, l'âme en peine et la peur l'entourant. Elle écoutait mais n'entendait rien. Ils étaient trop nombreux, trop de rôdeurs pour un seul homme. Il devait être mort, avoir fini dévoré. Elle ne voulait pas avoir le constat de cette supposition. Elle attendait. Une main pointant l'arme, l'autre s'accrochant le plus possible. Aux aguets, elle attendait.

Les minutes passèrent.

Un craquement, Maura sursaute et s'exclame. Elle n'avait rien entendu, le bruit était proche. Elle regarde dans la direction. L'inconnu. Il a pu s'enfuir et les semer. Si elle n'en montre rien, elle en est soulagée et reprend un souffle plus normal.

« Vous êtes fou ? »

Son exclamation ne semble pas trouver de récepteur. Il la regarde mais ne dit rien. Elle est gênée, perturbée. Elle ne comprend pas ce qu'il se passe.

« Vous cherchiez juste à vous faire tuer c'est ça ? Vous êtes complément fou. »

Il répond à côté, se moque de ce qu'elle peut bien dire. Elle le fixe, soutient son regard, se questionne. Qui est-il ? Pourquoi ? Pourquoi sa façon d'agir, pourquoi sa façon de la regarder, pourquoi ? Il s'approche et elle, elle ne bouge pas. Elle ne sait pas quoi faire. Elle est mal à l'aise, crispée. Elle n'a pas peur, elle appréhende. Elle frissonne en sentant sa main sur son bras. Elle n'esquive pourtant pas, l'observe, le questionne du regard. Sa main se déplie, attend la sienne. Elle se demande s'il est vraiment là, il se laisse aller à la galanterie. Elle ne sait pas s'il la voit elle et pas celle qu'elle lui rappelle. Elle n'a pas été droguée, elle n'est pas saoule mais elle pourrait paraître envoûtée. Calme et sans réaction, elle le laisse parler. Byron. Et elle ? Elle ne sait finalement pas si elle doit répondre, se présenter c'est supprimer l'inconnu, c'est enlever une barrière, c'est …

« Maura. »

A peine prononcé à haute voix, le regard vacillant fixé sur le visage de Byron. Il semble à bout. Sans doute l'est-elle aussi. Était-ce pour ça qu'elle ne réagit pas, qu'elle ne s'enfuit pas ? Il s’assoit sur le siège de fortune, rit, tombe. Elle s'inquiète mais son sourire la rassure sur sa santé à la suite de l'épisode des rôdeurs. Il n'est pas atteint. Pas de leur virus tout du moins. Il l'appelle à lui et elle, elle se laisse faire. Elle glisse au dessus de lui et se recule à peine quand il saisit son visage. Elle est inquiète. Elle ne veut pas de ça. Elle ne bouge pourtant pas. Elle ne sait pas. Elle ne veut plus se battre. Il la prévient. Elle sourit et pourtant réplique :

« Non, j... »

Mais comme souvent aujourd'hui, elle ne finit pas sa phrase, se laisse embrasser, ne réagit pas. Pas tout de suite. Puis sa raison implose, la laissant seule avec elle-même, avec Byron. Peu importe. C'était la fin du monde. C'était un inconnu charmant. Cinglé mais charmant. C'était un simple moment. Elle répondit, appuyant sur ses lèvres, montant la main jusque dans ses cheveux, les ébouriffant plus si c'était possible, l'autre parcourant son flanc. C'était agréable. Ce n'était pas bien. Elle se recule légèrement.

« Ce n'est pas … il n'faut pas. »

Elle le regarde. Il ne faut pas. Elle cède à ses yeux.

« Vous êtes fou Byron. »

Elle l'embrasse. Ça n'a pas de sens, aucun sens. Exposés aux rôdeurs, survivants de la fin du monde, rien n'a de sens. Elle l'embrasse et s'impose comme maître de la situation. Elle entreprend de se débarrasser de son fusil en bandoulière, se jette de nouveau sur les lèvres qui l'embrassaient plutôt. Elle a peur. Elle est sauvage et désorientée mais elle l'embrasse. Est-ce qu'elle pleure ? Elle pourrait, presque. Elle pourrait, elle y pense, parce que sa vie n'est qu'un musée des horreurs comme celle de tous, parce qu'elle avait juste l'impression de survivre, parce qu'embrasser quelqu'un, même un instant, lui offre la sensation d'être vivante, de vivre, parce que la dernière fois qu'elle a ressenti ça, c'était avec Joaquin, parce qu'elle était seule. Elle se recule à nouveau et évite le regard, reprend son fusil, son sac, se recule encore, toujours au sol.

« Désolée. »

Elle retrouva sa raison et sa méfiance, son mécontentement aussi peut-être. Oublié l'égarement.

« Vous n'auriez pas du. Je … Je ne voulais pas ! »

Elle évita son regard et contracta les phalanges jusqu'à ce que le sang ne puisse plus passer. Elle n'aurait pas du. Elle était faible. Elle avait oublié dans quel monde ils vivaient. Elle avait honte.



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MessageSujet: Re: once there was a night beneath a moonless sky Dim 29 Déc - 1:04

what is it, then ?

« a long dead past, lost in the rush of madder dreams »

Le jury délibère...

Moi? Fou? Oh que oui, mais je n'allais certainement pas me mettre à le lui avouer non plus hein? D'un autre côté, le simple fait de survivre, de se battre quand toutes les chances sont contre vous, que le futur se fait bien terne en dépit de vos efforts, n'est-ce pas une folie en soi ? Et si je préférais aller au devant du danger et risquer ma peau, c'était mon affaire... non ?

Je l'avais dit, à Jefferson, qu'il n'avait pas à se balader la nuit tout seul. C'est un brave gars, il est pas con, il trouvera à semer les loups et en attendant on a un peu de répit...

J'aurais pu lui balancer la météo locale que je n'aurais pas eu l'air moins décontracté, comme si tu lâchais une meute de morts vivants tous les jours sur le casse-pied du coin. Normal. La normalité, c'était si superflus.

Et vous feriez bien de faire gaffe à vous, imaginez si ça n'avait pas été moi, hein? D'accord, ces zombies ne sont pas les plus discrets avec leurs gargouillements sans fin, leurs râles et leur essoufflement, mais quand même.... J'aurais pu faire n'importe quoi, lire le journal, prendre un café, vous chatouiller ou que sais-je encore pendant que madame zonait dans la quatrième dimension... Il faut être plus prudente.

J'étais complètement à côté de la plaque et mon côté paternelle, parfaitement hors sujet. J'avais l'air saoûl, fatigué, épuisé, aussi incohérent qu'un gosse de 5 ans essayant de se faire comprendre. Passer du coq à l'âne, c'était ma spécialité, ça. Le manque de vivres de ces derniers jours, la course, le stress et la fatigue me montaient à la tête, je me présentais d'un air que je voulais galant mais qui semblait surtout maladroit considérant que je tenais à peine debout. J'avais besoin de répit, j'avais besoin d'une minute. Les présentations étaient faites, nous n'étions plus des inconnus même si l'urgence de l'appeler par le prénom d'une autre brûlait mes lèvres comme de l'acide. Elle me suit, chute presque par ma faute, atterrit sans grand ménagement si proche de moi. Et là... le calme. Je suis subjugué, perdu dans le souvenir de quelqu'un d'autre, d'une vie passée, même si je m'efforce de reconnaître la femme que j'ai devant moi plutôt que m'attendre à la resurgence d'un fantôme du passé.

Elle n'est pas moi...

Je ferme les yeux, supplie l'ombre de ma défunte épouse de me laisser seul et prie tous les dieux possibles et imaginables que la confusion cesse dans son esprit, alors que je mêle mon "je sais" à un avertissement destiné à la dame affalée contre moi. Je sais qu'elle n'est pas elle... Mais lorsque mes lèvres touchent les siennes, quelle femme suis-je occupé à embrasser ? Suis-je occupé de me perdre dans un néant de souvenir, estimant reprendre possession du corps de la femme que j'aurais toujours aimé ? Ou bien est-ce un instinct primal me poussant à trouver le réconfort dans les bras de la première venue ? On ne pouvait pas exactement parler de coup de foudre, elle me tapait plus sur le système qu'autre chose avec son insolence et son entêtement... Alors pourquoi ? Elle avait quelque chose de féroce qui n’appartenait qu’à elle. Et je ne disais pas ça d’une mauvaise pensée, ça non : ça n’était qu’une constatation comme une autre alors que je me perdais de plus en plus dans ce contact que je n’aurais jamais imaginé à l’instant où je l’ai rencontrée.

Était-ce une forme de stress qui me poussait irrémédiablement à elle ?

La fatigue ?

Une folie passagère que nous mettrions dès demain sur le compte de l’incongru de notre situation ? Je l’ignorais, mais alors que la douceur de ses lèvres caressait d’un geste affamé les miennes, mon cerveau faillit à ne pas trouver ça d’une certaine manière « normal ». Comme s’il était correct de flirter avec une jeune demoiselle dont je ne connaissais que le nom et la profession. Comme si j’étais supposé être là, à resserrer un petit peu plus ma prise dans ses cheveux pour maintenir sa tête contre moi. Ses lèvres contre moi. Priant n’importe quel dieu d’inventer dans la minute qui suivait un moyen pour que l’homme n’ait à reprendre son souffle pour que je n’aie jamais à interrompre le plaisir qu’était ce baiser. Prière non exaucée. Essoufflés, quoique je ne pouvais me retenir un petit sourire qui lui resterait probablement invisible, je maintenais ma main dans sa chevelure en espérant qu’elle ne me briserait pas le poignet pour me permettre le plaisir de la maintenir précautionneusement contre moi, front contre front, alors que mon cœur se calmait doucement et cessait soudainement les cognements saccadés que je percevais contre ma poitrine. Je n'étais déjà pas bien gros d'ordinaire et pendant une seconde j'eus la certitude que si elle ne pouvait percevoir le battement affolé de mon coeur, elle devait probablement en entendre un cognement feint. Je laissais la main toujours prisonnière de sa chevelure glisser jusqu'à sa machoire, la soulignant d'un doigt avant de laisser mon pouce caresser doucement, de manière tentative, la chair de sa joue qui se faisait délicieusement délicate sous mon toucher.

Son visage était si familier, mais j'étais comme un artiste qui redécouvrait encore et toujours son oeuvre favorite, étudiant le moindre détail, savourant l'écho de la perfection que cela représentait à mes yeux.... Une seconde chance. Un rêve devenu réalité.

Je me rapprochais déjà d'elle pour la ravir à nouveau lorsqu'un bruit de verre tombé et roulant non loin me ramena brusquement à la réalité. Je l'inspirais, profitait de son souffle chaud contre mon visage, grognant presque d'un air féroce ces lèvres qui m'appelaient, furieusement tenté de la reconquérir et terriblement agacé d'être dérangé. Quel abruti, bien sûr qu'aucun répit n'était présumé dans notre situation... mais... quel dilemme, survivre et profiter plus tard ou se fiche du risque et continuer de glisser ma main le long de son flanc dans des zones qu'aucun presque inconnu ne devrait avoir le droit de frôler. Cruel choix que voilà.

L'oreille tendue que je prêtais depuis plusieurs longues minutes ne captura rien de plus pour l'instant et cela sembla au contraire renforcer ma conviction.

Fou. On est entourés de hordes qui doivent être prêtes à tout moment à rebrousser chemin et risquer de nous tomber dessus, ma main glissa toujours, préférant la chair au vêtement, nous sommes probablement sur la liste du gibier de ce soir, et pourtant je reste là à..., un mouvement de la main -ou était-ce mes doigts?- et elle se cambre légèrement comme par défi. Le geste termine ma phrase pour moi, alors que je travaille doucement la femme que je tiens contre moi.

Est-ce folie que de me permettre une telle intimité si rapidement? Peut-être. Je ne suis pas encore trop intime mais je pense me permettre la prétention de savoir ce qui peut faire réagir une femme. Sur quel morceau de chair respirer, lequel mordiller, caresser, adorer. Maura est une merveille que je m'excelle à ciseler, façonner, découvrir. Pourquoi le fais-je, me direz-vous? Peut-être est-ce à cause de ma défunte épouse, ou peut-être est-ce un impératif constant chez moi de faire plaisir à une dame si l'occasion se présente.... et la chance était trop belle. Folie. Etait-ce folie que de risquer le courroux de cette furie blonde? Sans nul doute, mais seigneur ce que ça valait la peine. La longueur de ses jambes, le creux de son abdomen, le galbe de sa poitrine, mes lèvres et mes mains faisaient de cette étrangère un véritable temple que je me jurais de passer la nuit entière à vénérer. Au moins une fois. Sentir le contact d'une femme se tendre, souffler, gémir, manquer d'être vocale assez pour nous faire repérer, il y avait un mélange d'interdit et de danger que je ne pouvais ignorer.

Elle ne semblait pas exactement contre non plus.

Je la travaillais de main de maître, et on aurait bientôt pu croire que nous n'étions qu'un couple comme un autre occupés à fricoter dans la nuit, si l'apocalypse ne nous entourait pas de manière si évidente. J'adorais Maura de baisers et de caresses, je dédiais les heures à venir à la mettre en avant et à me perdre dans ses bras. Je me redécouvrais homme et je lui rappelais la femme qu'elle était toujours. Il n'y avait pas de raison de sentiment, ce n'était que du sexe.... mais cela ne voulait pas nécessairement dire qu'il fallait être rustre ce faisant. Nous restions humains et pour ma part, je me faisais un devoir de tout faire pour me différencier des animaux qui avaient volés notre existence.

... SHHHHH !

Un bruit de trop, un gémissement interrompu, je n'avais jamais manqué d'amener une femme par delà le précipice de l'extase par le simple toucher auparavant mais Maura ne semblait pas bien loin de l'oblivion sensoriel. Juste avec des caresses. Je jetais un oeil sur la femme que je surplombais désormais pour me faire attentif à nouveau; la jeune femme, elle, semblait prête à m'assassiner pour avoir osé interrompre ce que j'avais commencé. Oh, si elle savait à quel point c'était réciproque.

On ne peut pas rester ici...

L'instant d'après, j'étais debout. Une seconde plus tard, je me penchais pour récupérer sa silhouette légèrement tremblante dans mes bras (elle restait blessée et je n'avais pas envie d'avoir à fuir en ayant une blessée à surveiller).

Si tu me mords juste parce que je t'emmène en sûreté, je te jure que....

Mon camp n'était pas bien loin, juste un peu plus sécurisé que le lieu à découvert que nous avions manqué de baptiser de cris et de râles adultes. Il fallu cependant une bonne demie-heure pour parvenir au campement, la moitié étant passé à éviter les hordes et, à deux reprises au moins, savourer notre victoire et nos quelques instants de survie par un baiser échauffé qui me laissait pantois et me demandant presque lequel de nous deux était le plus à plaindre, question folie. Lorsque nous sommes arrivés dans mon périmètre, elle était toujours dans mes bras, mais ses jambes autour de ma taille en me laissant désespéré de trouver une surface plane contre laquelle la plaquer et la soutenir afin de la ravir jusqu'au lendemain. Je savais que j'étais de ces tordus qui sont carrément excités par le danger et qui trouvent leur fix dans la moindre situation dangereuse qu'ils trouvent mais elle.... J'ignorais que manquer de se faire choper par des morts-vivants pouvait rendre quelqu'un si... vivace. Comment nous en étions arrivés là, ou pourquoi, je m'en moquais. Je désirais juste l'opportunité de pouvoir m'occuper d'elle dans tous les sens du terme, au moins comme je n'avais pas pu le faire avec elle.

Laisse-moi t'aimer, s'il te plaît. Juste ce soir. Laisse-moi juste...

Elle restait dans mes bras alors que je posais le nez dans le creux de son cou, inspirant profondément. "Faire l'amour" avait une résonnance qui ne me plaisait que peu, je lui préférais "aimer". Que Maura me permette d'oublier la rancoeur, d'oublier la peine, de me souvenir ce que ça peut faire de se soucier de quelqu'un, d'admirer une femme basculer à cause de vous. Je voulais retrouver un peu de ce que cette fin du monde nous avait arraché. Une normalité que peu ne s'octroyaient désormais.

S'il te plaît.

Un baiser. Si con, et pourtant si important, c'est tout ce qu'il fallu pour sceller le reste de la soirée.

© Chieuze

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MessageSujet: Re: once there was a night beneath a moonless sky Mer 12 Mar - 22:19


ft. Byron E. Forsythe
once there was a night beneath a moonless sky



parc d'attraction, à la nuit tombée.


Elle voulait reculer, reculer et ne plus croiser son regard. Le monde dans lequel elle évoluait n'était pas propice à ce genre de choses. Le passé la tirait toujours plus loin, l'entraînait dans un univers dépourvu de sens. La passé, c'était ce qui la poussait, finalement, à rencontrer l'avenir. Elle aurait pu lâcher prise, simplement attendre, assise, qu'on vienne lui déchirer la chair et abréger la souffrance qu'était chaque jour dans cette apocalypse, sans Joaquin. Comment pouvait-elle se laisser aller maintenant ?! Était-elle folle ? Ils l'étaient tous sans doute un peu. Que devait-elle faire ? Revenir à la réalité, du lieu comme de la situation. Gênante, déplacée. Et ses caresses n'aidaient en rien. Soumise à la situation, entièrement pliée à ce qu'on lui dirait. Devait-elle résisté ? Quelque chose en elle lui signifiait vigoureusement qu'elle aurait du, qu'elle devrait encore.

Son recul ne servait à rien qu'ils reprenaient déjà au même endroit où elle les avait arrêté. Tout en elle lui criait de partir, de fuir. Ce monde n'était plus le leur, elle ne devait pas s'attarder si elle espérait passer la nuit. On pouvait les trouver là d'un moment à l'autre. Les bruits qu'elle surprenait alentour ne la rassurait pas. Une furieuse envie de se rebeller face à la situation la prit. Une lutte qu'elle ne cessait jamais et qu'elle devait reprendre. Cette attitude ne lui ressemblait pas. Elle était prudente d'ordinaire bien que ce mot n'est plus trop de sens dans un tel environnement. Il parla. Elle l'écouta, ne pouvant s'empêcher de réagir à des touchés bien loin de l'innocence.  Pouvait-elle seulement s'échapper de l'emprise qu'il avait sur elle à cet instant précis. Comment un inconnu pouvait-il la contrôler à ce point ? Le désespoir ? Leur vie ne se résumait à rien d'autre que survivre, était-ce cet instant d'autre chose qui la convainquait de ne pas s'échapper ou simplement l'homme en lui-même ? Il avait une étrangeté, une particularité, un quelque chose qui rendait le personnage irrésistible. Pas attachant non, ça il aurait fallu plus de temps, simplement irrésistible. Alors comment résister dans un cas pareil, comment s'échapper de son emprise ? Trop de questions l'envahissaient, m'empêchant d'être totalement dans le moment. Lui, se prenait à activer des sensations en elle, endormies depuis longtemps.

La déraison la contrôlait. Les sentiments se mélangeaient. Elle avait envie de claquer sa joue et de s'éloigner, de le punir pour lui faire perdre le contrôle. Une colère qui augmentait finalement les sensations. Une mélange de sentiments qui achevait de faire tomber ses barrières. Mais alors que plus rien ne la retenait d'être cette femme, soumise au bon vouloir de Byron, celui-ci réagit enfin à la situation, lui tirant une moue de mécontentement. Une moue rapidement remplacée par un trait net de désaccord. Il agissait maintenant comme si elle était une chose fragile, un objet … pourtant les objets n'avaient plus rien de précieux dans cet univers et elle n'était pas fragile, certainement pas ! Elle avait réussi à survivre toute seule pendant longtemps, elle avait réussi là où bien d'autres avaient échoué. Peut-être parce que, justement, ils avaient quelqu'un d'autre sur qui il fallait porter de l'attention. Combien de situations de ce genre avait-elle vu au cours de sa marche ? Beaucoup, beaucoup trop.

« Non...pas un camp, s'il v...te plaît. »

Mais ses protestations restaient vaines et elle se débattait à peine, accrochée à lui ne sachant plus bien ce qu'elle faisait, laissant tomber la dernière barrière, frontière entre le bien et mal qu'elle s'était voulu garder. L'homme aussi étrange semblait-il être, l'émouvait. Toute cette situation n'était qu'un flou constant. Elle voulait y mettre de la lumière. Comprendre comment elle avait pu passer si vite de la solitude à la possibilité d'une soirée avec Byron.

Ils étaient à l'écart des autres, elle n'en avait vu aucun, c'était préférable. Maura était tiraillée entre l'envie de partir ou de se reposer, de s'enfuir ou de répondre à l'homme contre elle. Il l'embrassa. Elle trouva la force de poser sa question.

« Pourquoi … moi ? »

Pour elle, il n'y avait plus rien qui pouvait attirer un homme chez elle. Elle n'avait plus rien de la femme qu'elle était. Elle était juste … une survivante.

« Je ne sais pas. »

La réponse au reste, à sa demande. Le temps avait passé, elle n'était plus sûre de savoir … d'être capable. Des tremblements imperceptibles la prirent et elle se colla à Byron, enfouissant les mains dans ses cheveux, plaquant à nouveau sa bouche sur la sienne pour détourner l'attention de son manque de confiance.

« Une seule nuit. »

Il l'avait sa réponse. Elle ferma les yeux, imaginant la suite, sa bouche déviant finalement vers le cou de cette homme particulier, rude mais qui semblait encore respecter la valeur qu'elle pouvait avoir dans cette vie et respecter un choix, lui laisser le choix.


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